Wikileaks: Julian Assange, un an à l’ambassade d’Equateur et peu d’espoir immédiat d’en sortir



De Denis HIAULT (AFP)

LONDRES — "Nous avons gagné la guerre", assure crânement Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks reclus depuis un an entre les quatre murs de la modeste ambassade d’Equateur à Londres. Sans illusions sur ses chances de quitter de sitôt cette prison diplomatique.

"On représentait un petit site radical, déterminé à publier la vérité sur la guerre, sur les services de renseignement et sur la corruption à grande échelle, en s’attaquant de front au Pentagone, au département d’Etat… Nos chances de l’emporter? Elles étaient a priori nulles. Mais nous avons gagné", insiste dans un entretien à l’AFP l’Australien de 41 ans, qui se voit en David face au tout puissant Goliath américain.

Bête noire de Washington pour avoir diffusé des centaines de milliers de documents secrets diplomatiques et militaires, il évoque dans un filet de voix son arrestation à Londres, le 7 décembre 2010.

"J’ai passé 10 jours en cellule d’isolement et 590 jours en résidence surveillée", dit-il. Le temps de mener et de perdre une bataille contre son extradition vers la Suède, afin d’y répondre de deux agressions sexuelles présumées, qu’il nie.

Au marathon judiciaire a succédé l’imbroglio diplomatique.

Le 19 juin 2013, cela fera exactement 365 jours que l’ancien hacker reconverti en cyberguerrier de l’information a franchi le seuil de l’ambassade équatorienne en briques ocres, à deux pas du grand magasin de luxe Harrods, pour y demander l’asile politique.

Un bobby aux épaules de catcheur monte la garde dans le vestibule, à côté de la porte blindée donnant accès aux locaux diplomatiques, au rez-de-chaussée. D’autres policiers battent la semelle nuit et jour, sous le balcon où le réfugié a fait sa dernière apparition publique, à Noël.

Julian Assange est prévenu. S’il met un pied dehors, il sera arrêté et extradé en Suède.

Ce qu’il redoute le plus, c’est la suite: un éventuel transfert aux États-Unis, et un procès pour trahison. Car il en est convaincu, les États-Unis sous la présidence de Barack Obama ("un loup déguisé en agneau") "veulent se venger".

Le militant à la tignasse blonde évoque la poursuite de son combat, calé dans un fauteuil jaune d’or. Il est pâlichon, mal rasé. Curieusement, il a mis une veste, une cravate, mais se présente en chaussettes.

A quoi bon des chaussures quand on est confiné à quelques dizaines de m2 parquetés? Assange sourit, rétorque "je suis à la maison ici", avant d’évoquer une habitude prise sur les plages australiennes.

Derrière lui, la bibliothèque abrite des ouvrages disparates. Un recueil du poète uruguayen Emilio Oribe. Un traité sur la géographie et la géologie de l’Equateur. Les trois perroquets du tableau criard accroché au mur ne suffisent pas à égayer le salon étriqué où il reçoit. A proximité de la chambre ou il vit comme dans une "capsule spatiale" équipée d’une lampe à bronzer et d’un tapis de course.

Isolement

"Il y a pire sort que le mien", explique-t-il. De l’autre côté de l’Atlantique, le soldat Bradley Manning, ex-analyste du renseignement en Irak, comparaît en cour martiale pour avoir été à l’origine de "la fuite du siècle" sur WikiLeaks.

"Ce qui est en jeu, c’est l’avenir de la liberté de la presse aux Etats-Unis et partout dans le monde", assure Assange. Qui plus est, ce "procès spectacle" est aussi le sien propre, in abstentia, pour complicité.

Néanmoins, il se réjouit que d’autres "héros" aient pris le relais. Comme Edward Snowden, l’ex-employé de la CIA qui a révélé "à quel point les Etats-Unis sont devenus un état de surveillance de masse insidieux".

Le réfugié dit également puiser du réconfort dans le fait que WikiLeaks –"plus fort aujourd’hui qu’il y a deux ans"– poursuit ses révélations, a survécu à un embargo bancaire, et bénéficierait d’un regain de soutien aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et "dans tout le continent latino-américain".

En Australie, 25 à 28% des électeurs, selon des sondages, seraient prêts à l’élire au Sénat, et a renforcer du même coup "sa légitimité politique".

Intarissable sur sa croisade, il est moins disert sur son moral et son isolement.

Un noyau d’inconditionnels l’entoure, comme ce Guatémaltèque arborant un T-shirt imprimé à l’effigie de Martin Luther King, Mandela, Gandhi, Einstein et Assange.

Des personnalités hétéroclites ont défilé au début "du siège": la styliste Vivienne Westwood, Lady Gaga, le réalisateur américain Oliver Stone ou le représentant de la gauche radicale française Jean-Luc Mélenchon.

Mais il s’est brouillé avec nombre de ses partisans. Longtemps solidaire, Jemima Khan, fille du milliardaire James Goldsmith, redoute qu’il se transforme en gourou "exigeant de ses adeptes une dévotion sectaire et aveugle".

Dimanche, Julian Assange attendait la visite du chef de la diplomatie équatorienne Ricardo Patino. D’évidence, il n’escompte pas de percée diplomatique. Pas de sauf-conduit miracle.

Le dénouement se heurte "à un problème de prestige pour les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la Suède", observe-t-il.

Ou serai-je dans un an? "En Australie j’espère. Ou en Equateur. Ou à parcourir le monde".

"Vous me demandez comment je surmonte les difficultés inhérentes à l’enfermement? Mon esprit n’est pas enfermé".

Source:
http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5hOkurmcS29BhXiJ3nH4JQFkiPpbw?docId=CNG.a5d367a29472bb2402681f16b3415b5e.e1

Turquie: Ecoutes téléphoniques et politiques de la peur


Drapeau de la Turquie

Référence ID               Création                    Classification            Origine
09ANKARA1642      16-11-2009 17:07       CONFIDENTIEL      Ambassade Ankara

TURQUIE : ECOUTES  TELEPHONIQUES  ET POLITIQUES DE LA PEUR

SECTION CONFIDENTIELLE  01 DE  02 ANKARA 001642

Distribué par SIPRnet
Ministère : également pour EUR / SE

E.O. 12958: DECL: 16/11/2019
BALISES: PGOV PINR [Intelligence] TU
Objet: TURQUIE : ECOUTES ELECTRONIQUES ET POLITIQUES DE LA PEUR

REF: ANKARA 1576

Classifié par: Ambassadeur James Jeffrey, pour  raisons 1.4 (b, d)

1. (Classifié)
Résumé: L’inquiétude du public au sujet de l’utilisation des écoutes téléphoniques par le gouvernement pour arrêter des suspects dans le Procès Ergenekon s‘accroît à nouveau, même des membres du Parlement ainsi que l’ancien Président Suleyman Demirel ont fait part de leurs préoccupations à la presse. Bien que les écoutes téléphoniques ne soient rien de nouveau pour la société turque, l’utilisation des écoutes contre les bastions de l’Etat à grande échelle EST nouvelle et choquante, donnant à ceux qui ont un bon rapport avec la presse une excellente raison d’expliquer leurs préoccupations — ignorées par le gouvernement — au public. Les gens qui auparavant se sentaient à l’abri de telles méthodes d’investigation viennent vers nous pour se plaindre qu’ils ne parlent plus librement au téléphone, même pour des choses banales, de peur qu’ils soient inclus dans le champ toujours plus vaste de l’enquête Ergenekon.
En outre, beaucoup de personnes ici pensent que cette situation, ainsi que d’autres développements tels que l’affaire de fraude fiscale du groupe Dogan, sont perçus comme une atteinte à l’équilibre des pouvoirs pluralistes qui renforcent la démocratie turque.
FIN DU RÉSUMÉ.

2. (Non Classifié)
Les allégations selon lesquelles le Ministère de l’Intérieur abuse de son pouvoir afin d’écouter les communications des citoyens turcs ont atteint leur paroxysme, avec l’ancien Président Demirel déclarant dans un récent discours devant la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Antalya, que la Turquie est devenue un «empire de la peur ». Affirmant que le climat de peur en Turquie est pire encore qu’au temps du régime militaire (avec qui Demirel est familier, ayant été envoyé en prison après le coup des années 1980), il dénonce une société dans laquelle les citoyens ont à se faire du souci si leurs conversations sont sur écoute, et, par conséquent, la liberté d’expression et de pensée a cessé d’exister. Le quotidien Hurriyet a rapporté le 16 Novembre que  le député Tacidar Seyhan (CHP [Cumhuriyet Halk Partisi, parti républicain du peuple, ndt]), qui siégeait à la commission parlementaire chargée de l’enquête des écoutes illégales, allègue que les téléphones de 300 députés (plus de la moitié du Parlement), 3 000 juges et 613 journalistes sont actuellement sur écoute. Parmi ceux qui sont sur écoute, on pense qu’il y a certains juges qui président au procès Ergenekon, des procureurs qui ont ouvert les poursuites contre des  membres de l’AKP [Adalet ve Kalkınma Partisi : parti pour la justice et le développement, ndt], ainsi que des membres de la Cour d’appel.

3. (Non Classifié)
La peur que son téléphone soit sur écoute est maintenant répandue dans la société turque, en particulier parmi les universitaires, les avocats, les journalistes et les bureaucrates. Beaucoup craignent que par leurs activités routinières, leurs noms et numéros de téléphone aient été associés à quelqu’un sous investigation ou potentiellement lié à l’enquête Ergenekon, justifiant que leurs conversations soient mises sous écoute. L’enquête Ergenekon étant menée en vertu des lois antiterroristes turques, les autorités  enquêtrices  ont une très grande  marge de manœuvre pour détenir des suspects sans inculpation formelle. Comme un nombre croissant de politiciens, de bureaucrates et de militaires gradés — la plupart, mais pas tous, bien connus pour être de dévoués laïcs et de fiers kémalistes — ont été arrêtés, leurs amis et collègues commencent à craindre que ce ne soit bientôt leur tour.

4. (Confidentiel)
COMMENTAIRE: L’élite laïque turque se sent assiégée. Sa crainte de la détention — parfois renforcée par des procédures humiliantes, comme des arrestations à l’aube et d’interminables interrogatoires — a un impact sur ce dont les gens sont disposés à parler, et, par conséquent, étouffe le débat sur les politiques du gouvernement, les libertés, et l’affaire Ergenekon également. Dans un pays où l’Etat de droit et l’impartialité du système judiciaire ne sont pas fermement intégrés, la crainte de l’abus de pouvoir est réel, et ne peut être minimisé ou traité à la légère. Par ailleurs, la rapidité avec laquelle le procès Ergenekon est passé du stade d’investigation de suspects au sujet de caches d’armes illégales, au stade d’enquête sur ceux dont les conversations téléphoniques anti-AKP les ont stigmatisés comme étant des  putschistes, donne à réfléchir. Bien que les écoutes téléphoniques ne soient pas un phénomène nouveau en Turquie, l’élite laïque pense — et peut-être son système de valeurs — être la cible ultime.

5. (Classifié)
Commentaire (suite):

Pourtant, l’angoisse laïque doit être prise avec une grosse pincée de sel. Tout d’abord, jusqu’à présent, nous n’avons pas vu de preuve concluante indiquant dans tout cela — Dogan, mise sur écoute, Ergenekon, etc — que  le gouvernement va à l’encontre de la loi. Mais comme indiqué plus haut, le comportement de l’Etat et la définition large du «légal» ici ne soulèvent que des inquiétudes.

ANKARA 00001642 002 DE 002

Deuxièmement, Demirel définissant l’atmosphère  de la politique actuelle comme un «empire de la peur» semble excessif, particulièrement lorsque l’on regarde au-delà des élites traditionnelles au travers de toute l’étendue de la société. Demirel avait l’écoute d’une audience amicale à Antalya (zone géographique qui fait partie du cœur politique du Parti Démocrate dont il a été le chef).
Il semble également que les principaux points inclus dans son discours, ainsi que les remarques de Husamettin Cindoruk lors du Congrès du Parti démocrate (REFTEL), un autre large rassemblement de sceptiques au sujet d’Ergenekon, proviennent de la même source. La situation des élites traditionnelles telles que Demirel est, en effet, inconfortable et effrayante. Mais cela n’a pas pris — pour l’instant — l’ampleur de la répression des années 1980.

Traduit sur le Forum WikiLeaks par Mayya:
http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,19348.0.html

Câble d’origine:
http://wikileaks.org/cable/2009/11/09ANKARA1642.html

A lire sur ce sujet: "Le procès Ergenekon est-il toujours un vecteur de démocratisation en Turquie?"

Le programme PRISM de la NSA puise dans les données des utilisateurs d’Apple, Google et autres


prism-slide-4_1Un diaporama illustrant le programme top secret PRISM

Par Glenn Greenwald et Ewen MacAskill

Le Guardian, vendredi 7 juin 2013

La National Security Agency [NSA] a obtenu un accès direct aux systèmes de Google, Facebook, Apple et d’autres géants de l’Internet aux Etats-Unis, selon un document top secret obtenu par le Guardian.

L’accès de la NSA fait partie d’un programme non divulgué auparavant appelé PRISM, qui permet aux agents de recueillir des données, y compris l’historique de recherche, le contenu des e-mails, les transferts de fichiers et les discussions instantanées en ligne, dit le document.

Le Guardian a vérifié l’authenticité du document, une présentation de 41 diaporamas PowerPoint — classés top secret, avec aucune distribution pour ses alliés étrangers — une présentation qui a été apparemment utilisée pour former les agents de renseignement sur les capacités du programme. Le document affirme "collecter directement à partir des serveurs" des grands fournisseurs de services américains.

Bien que la présentation affirme que le programme est exécuté avec l’aide des entreprises, tous ceux qui ont répondu aux questions du Guardian, pour commenter, jeudi, ont nié avoir eu connaissance d’un tel programme.

Dans un communiqué, Google a déclaré: "Google se soucie profondément de la sécurité des données de nos utilisateurs. Nous transmettons les données des utilisateurs au gouvernement en conformité avec la loi, et nous examinons ces demandes avec soin. De temps en temps, les gens prétendent que nous avons créé "une porte arrière" pour le gouvernement dans nos systèmes, mais Google n’a pas de porte arrière qui permet au gouvernement d’accéder aux données privées de l’utilisateur."

Plusieurs cadres supérieurs de technologie ont insisté sur le fait qu’ils n’avaient pas connaissance de PRISM ou d’un quelconque schéma similaire. Ils ont dit qu’ils n’auraient jamais été impliqués dans un tel programme. "S’ils font cela, ils le font à notre insu", dit l’un d’eux.

Un porte-parole d’Apple a déclaré qu’il n’avait "jamais entendu parler" de PRISM.

L’accès de la NSA a été activé suite aux changements sur la loi de surveillance américaine, introduite sous le président Bush et renouvelée sous Obama en décembre 2012.

Le programme facilite la surveillance étendue et approfondie des communications en direct et de l’information stockée. La loi autorise le ciblage de tous les usagers des entreprises participantes qui vivent à l’extérieur des Etats-Unis, ou les Américains dont les communications incluent des personnes vivant en dehors des Etats-Unis.

Il ouvre également la possibilité de recueillir des communications faites entièrement à l’intérieur des Etats-Unis, sans mandat d’exécution.

La divulgation du programme PRISM fait suite à une fuite transmise au Guardian mercredi sur une ordonnance top secrète de la cour obligeant le fournisseur télécom Verizon à remettre les relevés téléphoniques de millions de clients aux Etats-Unis.

La participation des sociétés Internet à PRISM va s’ajouter au débat, qui est enflammé par la révélation Verizon, au sujet de l’ampleur de la surveillance par les services de renseignement. Contrairement à la collecte de ces enregistrements d’appels, cette surveillance peut inclure le contenu des communications, et pas seulement des métadonnées.

Certaines des plus grandes marques de l’Internet mondial sont reconnues comme faisant partie du programme d’échange d’informations, depuis son introduction en 2007. Microsoft — qui mène actuellement une campagne publicitaire avec le slogan "Votre vie privée est notre priorité" — a été le premier, avec une collecte commençant en décembre 2007.

Il a été suivi par Yahoo en 2008, Google, Facebook et PalTalk en 2009, YouTube en 2010, Skype et AOL en 2011, et enfin Apple, qui a rejoint le programme en 2012. Le programme continue de se développer, avec d’autres fournisseurs qui doivent entrer en ligne.

Collectivement, les entreprises couvrent la majorité des e-mails en ligne, des recherches, des réseaux de communications et de vidéos.

L’ampleur et la nature des données recueillies à partir de chaque entreprise varie.

Les entreprises sont légalement tenues de se conformer aux demandes pour les communications des usagers, en vertu de la loi américaine, mais le programme PRISM permet aux services de renseignement d’accéder directement aux serveurs des entreprises. Le document de la NSA remarque que les opérations ont "l’assistance des fournisseurs de communications aux Etats-Unis."

La révélation rend également compte des préoccupations soulevées par plusieurs sénateurs américains lors du renouvellement des amendements de la loi FISA [Foreign Intelligence Surveillance Act] en décembre 2012, qui ont mis en garde quand à l’ampleur de la surveillance que la loi pourrait permettre, et des lacunes dans les garanties qu’elle introduit.

Lorsque la FAA [FISA Amendments Act] a été promulguée, les défenseurs de la loi ont fait valoir qu’un contrôle significatif de l’abus causerait l’incapacité de la NSA à obtenir des communications électroniques, sans le consentement des entreprises de télécommunications et d’Internet qui contrôlent les données. Mais le programme PRISM rend ce consentement facultatif, car il permet à l’agence de saisir directement et unilatéralement les communications depuis les serveurs des entreprises.

Un graphique préparé par la NSA, contenu dans le document top secret obtenu par le Guardian, souligne l’ampleur des données qu’il est en mesure d’obtenir: e-mails, chats vocaux et vidéos, photos, discussions en direct de type voix-sur-IP (Skype, par exemple), transferts de fichiers, détails de réseautage social, et plus encore.

Le document est récent, daté d’avril 2013. Une telle fuite est extrêmement rare dans l’histoire de la NSA, qui se targue de maintenir un haut niveau de secret.

Le programme PRISM permet à la NSA, la plus grande organisation de surveillance au monde, d’obtenir des communications ciblées, sans avoir à les demander aux fournisseurs de services et sans avoir à obtenir des ordonnances individuelles de la cour.

Avec ce programme, la NSA est capable d’atteindre directement les serveurs des sociétés participantes et d’obtenir à la fois les communications stockées, aussi bien que d’effectuer une collecte en temps réel sur les utilisateurs ciblés.

La présentation affirme que PRISM a été introduit pour surmonter ce que la NSA considère comme des défauts de garantie de FISA dans le pistage des terroristes étrangers présumés. Il est écrit que les Etats-Unis ont un "avantage de terrain" dû à l’hébergement d’une grande partie de l’architecture d’Internet. Mais la présentation revendique que "les contraintes de FISA ont limité notre avantage de terrain", car FISA rend nécessaires les mandats individuels et les confirmations disant que l’expéditeur et le destinataire d’une communication se trouvaient tous deux à l’extérieur des Etats-Unis.

"FISA a été abandonnée, parce qu’elle accordait des garanties de confidentialité pour les personnes qui ne se référaient pas à eux", ajoute la présentation. "Il a fallu une ordonnance FISA de la cour pour pouvoir collecter des informations sur des étrangers vivant en dehors du terriroire, qui ont été en communication avec d’autres étrangers en dehors du territoire, simplement parce que le gouvernement faisait la collecte hors d’un fil aux Etats-Unis. Il y avait trop de comptes e-mail pour que FISA puisse, de manière pratique, les chercher tous."

Les nouvelles mesures introduites dans la FAA [FISA Amendments Act] redéfinissent la "surveillance électronique" pour exclure quiconque d’être "de manière raisonnablement fiable" à l’extérieur des Etats-Unis — un changement technique qui réduit la barre pour initier la surveillance.

La loi donne aussi au directeur du renseignement national et au procureur général le pouvoir de permettre d’obtenir des informations du renseignement, et indemnise les sociétés Internet contre toute action apparue comme un résultat de demandes de coopération avec les autorités.

En bref, là où auparavant la NSA avait besoin des autorisations individuelles, et d’une confirmation que toutes les parties se trouvaient à l’extérieur des Etats-Unis, ils ont désormais seulement besoin d’un soupçon raisonnable voulant que l’une des parties se trouvait à l’extérieur des Etats-Unis au moment où les enregistrements ont été recueillis par la NSA.

Le document montre également que le FBI agit comme un intermédiaire entre les autres agences et les entreprises de haute technologie, et souligne sa dépendance vis-à-vis de la participation des entreprises Internet américaines, affirmant que "l’accès est dépendant à 100% des approvisionnements FAI [ISP: Internet Service Providers].

Dans le document, la NSA salue le programme PRISM comme "l’un des accès les plus précieux, unique et productif pour la NSA".

Il se vante de ce qu’il appelle "une forte croissance" dans son utilisation du programme PRISM pour obtenir des communications. Le document souligne que le nombre de communications obtenues ont augmenté de 248% en 2012 pour Skype — conduisant dans les notes à remarquer qu’il y avait "une croissance exponentielle dans les rapports Skype; il semble que le mot sort de notre capacité contre Skype". Il y avait aussi une augmentation de 131% des demandes de données pour Facebook, et 63% pour Google.

Le document de la NSA indique qu’il prévoit d’ajouter Dropbox comme fournisseur de PRISM. L’agence cherche également, selon ses mots, à "étendre les services de collecte des fournisseurs existants".

Les révélations font l’écho des craintes soulevées sur le parquet du Sénat, l’année dernière, lors du débat accéléré sur les pouvoirs de la FAA [FISA Amendments Act], qui sous-tendent le programme PRISM, débat apparu quelques jours avant que l’acte ait expiré.

Le sénateur Christopher Coons du Delaware a spécifiquement averti que le secret qui entoure les différents programmes de surveillance signifiait qu’il n’y avait aucun moyen de savoir si des garanties étaient efficaces dans la loi.

Le problème est que: "nous ici au Sénat et les citoyens que nous représentons, nous ne savons pas dans quelle mesure fonctionnent réellement chacune des garanties", a-t-il dit.

"La loi n’interdit pas la collecte d’information purement intérieure. Nous savons qu’au moins un tribunal de la FISA [Foreign Intelligence Surveillance Act] a jugé que le programme de surveillance a violé la loi. Pourquoi? Ceux qui savent ne peuvent pas le dire et les Américains moyens ne peuvent pas le savoir."

D’autres sénateurs ont également soulevé des préoccupations. Le sénateur Ron Wyden de l’Oregon a tenté, sans succès, de trouver toute information sur le nombre d’appels téléphoniques ou de courriels qui avaient été interceptés dans le cadre du programme.

Lorsque la loi a été promulguée, les défenseurs de la FAA [FISA Amendments Act] ont fait valoir qu’un contrôle significatif de l’abus conduirait à l’incapacité de la NSA d’obtenir des communications électroniques sans le consentement des entreprises de télécommunications et d’Internet qui contrôlent les données. Mais le programme PRISM rend ce consentement inutile, car il permet à l’organisme de saisir directement et unilatéralement les communications depuis les serveurs des entreprises.

Lorsque la NSA examine une communication qui mérite, selon elle, une enquête plus approfondie, elle émet ce qu’elle appelle un "rapport". Selon la NSA, "plus de 2000 rapports PRISM" sont désormais publiés chaque mois. Il y en avait 24 005 en 2012, soit une augmentation de 27% par rapport à l’année précédente.

Au total, plus de 77 000 rapports de renseignement ont cité le programme PRISM.

Jameel Jaffer, directeur du Centre pour la démocratie de l’ACLU, a trouvé qu’il était étonnant que la NSA pouvait même demander aux entreprises de haute-technologie d’accorder un accès direct aux données des utilisateurs.

"Le simple fait que la NSA demande aux entreprises de le faire est assez choquant", a-t-il dit. "La NSA est une partie de l’armée. L’armée a obtenu un accès sans précédent aux communications civiles.

C’est une militarisation sans précédent d’une infrastructure de communications domestiques. C’est profondément troublant pour quiconque est préoccupé par cette séparation."

Un responsable senior de l’administration a déclaré dans un communiqué: "Les articles du Guardian et du Washington Post se rapportent à la collecte des communications en vertu de la section 702 de la loi FISA [Foreign Intelligence Surveillance Act]. Cette loi n’autorise le ciblage d’aucun citoyen américain ni d’aucune personne se trouvant à l’intérieur des Etats-Unis.

Le programme est soumis à un contrôle par la Cour de Surveillance du Renseignement Etranger [Foreign Intelligence Surveillance Court], la branche exécutive et le Congrès. Il implique des procédures étendues, spécifiquement approuvées par le tribunal, afin de s’assurer que seules les personnes non-américaines en dehors des Etats-Unis sont ciblées, et qui minimise l’acquisition, la conservation et la diffusion d’informations accidentellement acquises sur des personnes aux Etats-Unis.

Ce programme a été récemment reconduit par le Congrès après de longues auditions et des débats.

L’information recueillie en vertu de ce programme est parmi l’une des informations du renseignement les plus importantes et précieuses que nous recueillons, et elle est utilisée pour protéger notre nation d’une grande variété de menaces.

Le gouvernement ne peut utiliser que la section 702 pour obtenir des informations du renseignement étranger, ce qui est précisément, et de justesse, défini dans la loi FISA [Foreign Intelligence Surveillance Act]. Cette exigence s’applique à tous les niveaux, indépendamment de la nationalité de la cible."

Reportage additionnel par James Ball et Dominic Rushe

Source:
http://www.guardian.co.uk/world/2013/jun/06/us-tech-giants-nsa-data

Une partie de la société américaine doit aussi être condamnée pour non-assistance au soldat Bradley Manning


Procès de Bradley Manning

(*cet article reflète un point de vue personnel et n’exprime pas les idées des autres traducteurs présents sur ce blog)

Dans le conflit idéologique et juridique qui oppose le jeune soldat Bradley Manning au gouvernement des Etats-Unis, il convient de rappeler que Bradley Manning n’est pas seulement opposé au gouvernement de son pays, mais il est aussi opposé à tous les citoyens américains qui soutiennent les guerres meurtrières et inhumaines qui ravagent le monde depuis des années. Il est opposé à tous ces citoyens qui soutiennent l’action injuste de leur gouvernement.

Si Bradley Manning est en prison, ce n’est pas seulement à cause du gouvernement américain. Ce n’est pas seulement à cause des lois. Si Bradley Manning est en prison, c’est aussi à cause de tous ces citoyens qui se taisent et n’osent plus défendre les Droits de l’homme, et n’osent plus le défendre, s’enfermant dans une approbation passive des actes de leur gouvernement.

Une partie de la société américaine doit aussi être condamnée pour non-assistance au soldat Bradley Manning. Si demain, 70% des Américains soutenaient Bradley Manning, le gouvernement serait obligé de le relâcher. Le gouvernement américain serait contraint par la pression du public.

Ainsi, les Américains, par leur passivité, leur ignorance ou leur incompréhension, sont aussi responsables de la situation inhumaine que vit Bradley Manning en prison, de la torture psychique, de son isolement et de la dégradation de sa santé. Ils sont responsables de laisser le gouvernement faire ce qu’il ne devrait pas faire.

Ne dites pas que cette décision de le libérer n’appartient qu’au gouvernement. Ne dites pas qu’en tant que citoyens, vous ne pouvez rien faire. Le sort de Bradley Manning est entre les mains de chaque citoyen qui aura le courage de le défendre. Le sort de Bradley Manning est entre les mains de chaque citoyen américain.

L’affaire Bradley Manning reflète finalement le problème fondamental de la société américaine, une société de consommation qui a oublié le sens des Droits de l’homme, une société qui a échangé le mot "liberté" contre celui de "surveillance massive", en exerçant par ailleurs des pressions pour faire taire les opposants, en envoyant en prison les lanceurs d’alerte, en réprimant les hackers et les militants Occupy, en qualifiant de "terroristes" tout ce qui n’est pas labellé par la fascisme bienveillant du gouvernement américain.

La société américaine est imprégnée, en effet, par un fascisme sournois (qui se cache sous la belle apparence des films et des publicités américaines), un fascisme presque invisible qui justifie le meurtre et la répression des populations au nom du terrorisme, partout dans le monde. Mais qui aurait jamais osé comparer la liberté citoyenne à un acte terroriste? Qui aurait osé enfermer Bradley Manning pour avoir dénoncé la corruption et l’inhumanité de l’armée américaine, si ce n’est un Etat fasciste qui ne souhaite plus donner de liberté d’expression à ses citoyens, et qui souhaite enrôler la totalité de la société dans une idéologie malsaine?

L’affaire Bradley Manning entache l’histoire des Etats-Unis, comme le dénonçaient encore récemment des journalistes américains. L’affaire Bradley Manning entachera les Etats-Unis pendant encore de nombreuses années, et ce sera une ombre indélébile dans l’histoire des Droits de l’homme. Cela montre aussi, de manière beaucoup plus large, les injustices, la corruption, l’égoïsme, la violence et la cruauté qui existent aux Etats-Unis, et la manière dont les Etats-Unis agissent et incitent à la violence dans les autres pays, notamment dans les guerres et les conflits.

Et ces injustices, et cette violence, sont aussi celle de la société américaine, de la société dans son ensemble — car nous vivons tous dans des sociétés où l’on se préoccupe de moins en moins du bonheur des individus et de la liberté des citoyens, au nom de la sécurité suprême des gouvernements et du bien-être de nos présidents.

Ecrit par kimono

Stratfor Files: Re: [alpha]APERÇU – TURQUIE – la politique étrangère de l’AKP


Email-ID 73390
Date 2011-06-02 19:04:18
From bokhari@stratfor.com
To alpha@stratfor.com

Mes commentaires ci-joint

Le 01/06/2011  17h02, Michael Wilson écrit:

PUBLICATION: historique/analyse
ATTRIBUTION: n/a
DESCRIPTION de la SOURCE:
Chef de la branche DC de SETA, principal groupe de réflexion de l’AKP;
grand sympathisant de l’ AKP, proche de Davutoglu
Crédibilité : B
CRÉDIBILITÉ DE L’INFORMATION : 2-3
DISTRIBUTION: Alpha
CONTRÔLEUR  de la SOURCE: Reva

2012-634853902646114570-611_485x310Je reviens à l’instant d’un déjeuner qui a duré près de 3 heures avec cette source turque. Il dirige le principal groupe de réflexion de l’AKP (Adalet ve Kalkinma Partisi, parti pour la justice et le développement, ndt) pour le SETA de DC (*), et est le représentant de la politique étrangère de la Turquie aux USA. Davutoglu et lui sont proches (la source prend toujours la défense de Davutolgu et pense que (notre) George et D sont des âmes sœurs) et vient juste de rentrer d’Ankara, où il a beaucoup travaillé avec Davutoglu. SETA est l’objet d’une importante expansion en ce moment. Au lieu d’être simplement un groupe de réflexion turc, ils sont en train de le transformer en un groupe de réflexion régional avec des bureaux au Caire, à Bruxelles et à Moscou (qui s’ajoutent aux deux de Washington et Ankara).

L’AKP injecte énormément d’argent dans l’institut, essayant de le renforcer pour en faire une extension de la politique étrangère du gouvernement. Ayant moi-même été impliqué dans un important projet visant à développer un groupe de réflexion il y a quelques années, je sais que c’est une entreprise financière énorme! Même pour un seul bureau, et à présent il s’agit de passer de 2 à 5. D’où viennent les fonds? Ils ne peuvent sans doute pas utiliser les moyens financiers de l’état. L’AKP et Gülen disposent de fonds limités qui sont réservés aux dépenses de fonctionnement et aux projets en cours. Ou bien l’argent provient d’hommes d’affaires turcs pro-AKP ou bien de sources Khaleeji (Golfe Persique, ndt) qui partagent leurs idées.

(Parenthèse – j’ai demandé pourquoi à ces sites-là; il m’a répondu que la Turquie ne veut pas être établie dans le Caucase afin de ne pas "offenser" la Russie dans sa périphérie; le Caire est une bonne option parce que cela permet à la Turquie de se mettre à la portée du monde arabe, l’Afrique du Nord en particulier; la Turquie peut facilement être en contact avec l’Irak depuis Ankara et SETA ne veut pas être considéré comme une agence de renseignements dans ces pays). Le Caire a été choisi parce que C’EST LE LIEU où les Turcs (en particulier l’AKP) veulent étendre leurs activités en accord avec leur politique étrangère et également pour des raisons historiques.

Ils pensent maintenant que la transition vers un système multipartite est une opportunité à saisir. Il y a beaucoup à y gagner en utilisant leur influence pour façonner les différents courants de pensée. Je me souviens qu’il n’y a pas si longtemps, Gamal Moubarak a dit que l’Égypte est prête à accepter la Turquie en tant qu’acteur régional majeur, mais pas l’Iran. Dans le secteur civil égyptien, beaucoup voient la Turquie comme un modèle de développement politique où islamistes et laïcs peuvent coexister dans un cadre politique. De la même façon, durant la période post-Moubarak, l’armée égyptienne va regarder du côté de la TSK (les forces armées turques, ndt) pour voir comment elle a pu guider le processus démocratique.

De plus, en étant basé au Caire, on peut avoir une très bonne idée des courants géopolitiques qui traversent le monde arabe. L’Égypte est en voie de devenir le principal interlocuteur concernant la question israélo-palestinienne. Cela va également contribuer à atténuer les tensions découlant du fait que ni l’Égypte ni le monde arabe ne veulent d’une hégémonie turque. Donc, il y a beaucoup d’avantages à être installé dans la capitale égyptienne. Bruxelles est un choix logique en raison des relations avec l’OTAN. Il faut également se souvenir qu’une affiliation à l’OTAN va imposer des limites à une politique étrangère indépendante turque. Donc, l’AKP va vouloir comprendre comment faire face à cette situation. Leur présence à Bruxelles va les aider à réfléchir à l’OTAN. C’est beaucoup mieux que d’avoir un bureau à Londres, Paris ou Berlin. Moscou, ce n’est pas seulement parce qu’ils ne veulent pas faire chier les Russes en ouvrant un bureau dans le Caucase. Le Kremlin est une grande puissance à qui les Turcs auront toujours à traiter. Par ailleurs, l’état turc, l’AKP, SETA, tous ont une présence considérable à Bakou (capitale de l’Azerbaïdjan, ndt). Et puisque le bureau d’Ankara s’occupe de l’Irak, il peut également s’occuper du Caucase. Ce qui serait intéressant, c’est de découvrir quels sont leurs liens avec l’Iran. Il y a des groupes de réflexion en Iran et je suis pratiquement certain qu’il y a des relations entre ces derniers et SETA.

La Turquie, plus précisément l’AKP, se surmène en ce moment. Davutoglu dit que c’est étourdissant, mais que la Turquie doit saisir l’opportunité qui vient de s’offrir à elle. Auparavant, par exemple, il était très difficile pour la Turquie d’étendre son influence en Afrique du Nord. L’AKP n’avait pas de bonnes relations avec l’Égypte, pratiquement rien avec la Tunisie, &c. Maintenant, tout s’ouvre. SETA a organisé toutes sortes de conférences – plus spécifiquement sur les islamistes "réformés" – pour les groupes de l’opposition, dans presque tous les pays arabes. Certains de ces événements doivent être gérés avec le Centre pour l’Étude de l’Islam et de la Démocratie (CSID), auquel je suis affilié.

Le CSID travaille avec le DoS (Department of State, ministère des affaires étrangères US, ndt), la NED (National Endowment for Democracy, fondation nationale pour la démocratie, ndt), l’USIP (United States Institute of Peace, institut des USA pour la paix, ndt), le CIPE (Center for International Private Enterprise, centre international pour l’entreprise privée, ndt), et d’autres entités similaires de Washington DC. L’accent est mis sur les éléments post-islamistes qui partagent la position idéologique de l’AKP au niveau de l’interaction entre la religion et les affaires publiques. Ils les amènent à Ankara, leur font visiter des ministères, leur font observer les travaux parlementaires, leur enseignent la gouvernance, &c. (ils ne font pas de publicité, mais la source a déclaré que la NED a financé une de ces conférences avec un institut jordanien et a demandé à ce que la Turquie soit aux commandes). Tout cela dure depuis un certain temps. En 2006, je faisais partie du comité d’organisation impliquant SETA et l’Institut International de la Pensée Islamique qui a organisé une conférence sur le thème "Sécurité, Démocratie et Gouvernance".

À l’époque, il y avait juste le bureau SETA à Ankara. Le nombre d’activités menées depuis lors a énormément augmenté. Les forces intérieures de la sécurité turque forment les forces de sécurité dans des pays comme la Syrie, pour leur apprendre à gérer la désobéissance civile (par ex.: ne pas tirer sur les manifestants). La préférence naturelle de l’AKP est de cultiver une opposition islamiste modérée ou "réformée" dans ces pays, la Turquie servant de modèle. Il est dans l’intérêt de la Turquie (AKP) d’aider les forces islamistes modérées à se diriger vers le post-islamisme. Cela les aide à contrôler les islamistes dans la région ainsi que les états arabes. Cela leur permet également de pouvoir dire aux USA: laissez-nous gérer cela à votre place. La Syrie sera difficile parce que là les MB (Muslim Brotherhood, les frères musulmans, ndt) n’est pas structuré: c’est principalement une entité exilée. L’Égypte sera beaucoup plus facile, surtout avec la jeune génération des MB, désireuse d’imiter l’expérience post-islamiste de l’AKP.

L’attitude de la source sur cette question est quelque chose que j’ai souvent remarqué lorsque j’étais en Turquie. C’est cette attitude de "tous les Arabes veulent être comme les Turcs" dans la région. Les Arabes sont perçus comme étant arriérés, et si vous en parlez aux militaires turcs, ils sont considérés comme étant sales, même pas dignes d’attention. Mais l’AKP dit que puisque nous avons un lien islamiste, nous pouvons faire tomber les barrières entre la Turquie et le monde islamique, nous POUVONS travailler avec eux, faire des affaires avec eux, leur apprendre à gouverner démocratiquement et mettre leurs forces armées sous contrôle civil, mais ils seront toujours inférieurs à nous. Comme il le dit lui-même, tout ce Printemps Arabe sera un Printemps Turc, ce qui signifie que la Turquie va transformer le Printemps Arabe selon le modèle de l’AKP et ils en seront tous reconnaissants. Cette dynamique est beaucoup plus nuancée. Cette idée que les Arabes sont arriérés est un sentiment très partagé en Asie du Sud et en Perse plutôt qu’en Turquie. Il existe en Turquie, mais parmi la vieille garde kémaliste étant donné que le mouvement d’Ataturk était basé sur un rejet de l’héritage religio-culturel arabe. Ceci étant dit, il y a eu beaucoup de contacts entre les peuples turcs et arabes en raison de fréquents voyages aller et retour, ce qui a contribué à changer les attitudes. Nous devons garder à l’esprit que, du côté arabe, il y a également un mépris historique pour les Turcs qui étaient considérés comme Isti’maar (impérialistes) suite aux 4 siècles de domination ottomane, qui a finalement pris fin avec l’alignement entre les Arabes, les Britanniques et les Français durant la Première Guerre Mondiale. Cette attitude arabe s’est également tempérée au fil des décennies.

L’islamisme a en effet joué un rôle clé en éliminant ces attitudes, mais le lien islamique a également été ravivé par l’augmentation de la religiosité en Turquie et dans le monde. À ne pas confondre avec le pan-islamisme, qui est une tendance politique. Il y a aussi la diversité au sein du monde arabe qui façonne cette relation naissante.

L’Arabie Saoudite et le CCG (Conseil de Coopération du Golfe, ndt) ne regardent pas la Turquie, par exemple, de la même manière que l’Égypte, l’Irak et les états arabes du Levant. Les Turcs sont peu susceptibles d’être capables de jouer le rôle de Big Brother de manière significative en raison de ces différences. Le fait que les états qui peuvent y prétendre n’ont pas été balayés, plus le fait que nous voyons un processus évolutif du changement dans la région, signifient que la Turquie devra naviguer avec précaution entre les états et les acteurs non-étatiques, notamment les islamistes modérés.

L’AKP n’a pas vraiment de liens étroits avec Ikhwan (MB) dans ces pays, Gülen non plus, mais ils travaillent à la construction de ces liens en ce moment. Ce n’est pas vraiment exact. L’AKP et les MB ont des liens historiques de longue date (cela remonte à l’époque où l’ancien mentor de Erdogan/Gul, le regretté Necemittin Erbakan, avait lancé son premier parti politique à la fin des années 60, début 70), mais indirectement. Je fais partie de ce réseau informel international d’islamistes modérés et post-islamistes qui s’étend de l’Indonésie/Malaisie à l’Amérique du Nord et des régions musulmanes russes à l’Afrique.

Les partis MB égyptien et syrien (c’est un peu différent pour la Jordanie) ont longtemps été verrouillés par leurs gouvernements respectifs, et l’AKP et ses prédécesseurs, le Fazeelat et le Refah &c., ont été verrouillés par l’armée turque. Mais ils communiquent via la diaspora occidentale des MB et de leurs alliés. Donc oui, bien que des liens structurels ne soient pas présents (tout comme pour les MB dans les pays arabes), des liens généraux et forts existent. Une autre source à qui je parlais l’autre jour (un ancien Güleniste) m’a expliqué les grandes différences idéologiques entre le Mouvement Gülen et les MB, pourquoi les Gülenistes ne sont pas d’accord avec Sayyid Qutb sur la ligne de pensée de l’Islam politique et pourquoi les islamistes devraient rester en dehors de la gouvernance. Encore une fois, c’est une version très simpliste des choses. Tout d’abord, Sayyid Qutb est un individu extrêmement mal compris, notamment parce qu’il a été dépeint comme le parrain idéologique d’al-Qaeda dans le monde post-11 septembre. Deuxièmement, la pensée de Qutb constitue l’un des nombreux volets des MB. Troisièmement, Qutb est un phénomène passager en ce qui concerne les MB. Les MB sont beaucoup plus proches de l’AKP que ce que l’on veut bien admettre en général, en particulier chez les jeunes et les jeunes générations qui poussent l’AKP comme un modèle à imiter. Il m’a expliqué comment ils étaient bien dressés dans leur jeunesse par les mentors Gülenistes et comment cela a été un grand obstacle idéologique entre le mouvement et les MB (remarque: les MB n’ont jamais existé en Turquie). Faux. L’AKP est le successeur des homologues turcs des MB. Les conditions politiques en Turquie ainsi que les états arabes les ont évidemment façonnés différemment.

Les islamistes turcs ont évolué beaucoup plus rapidement à cause de la laïcité et à cause de la démocratie alors que les partis MB sont restés tels quels à cause du socialisme autoritaire des états arabes. Il faut aussi rappeler que Gülen est un rejeton du mouvement originel islamiste turc. Les partis Saadet ou l’AKP n’en font pas partie. On peut discuter du fait que cette aversion de "l’Islam politique" par les Gülenistes n’est pas aussi forte qu’avant, étant donné que les Gülenistes s’appuient sur L’AKP comme véhicule politique principal et vous-même avez 2 Gülenistes en course dans la prochaine élection turque à Istanbul. Techniquement, Gülen est un mouvement social donc non-islamiste.

Jusqu’à présent, il s’est appuyé sur l’AKP pour infiltrer le parti et les autres secteurs de l’état en passant par la petite porte. Je suis certain que ce n’est pas la première fois que les Gülenistes sont en lice pour des élections. Il y a beaucoup de AKPistes qui sont Gülenistes. Cette fois, la différence est peut-être que ces gars peuvent être une indication que l’AKP et ses alliés encouragent les groupes d’opposition islamistes dans ces pays qui émergent du Printemps Arabe et veut les modeler à son image avec un Islam modéré (vous pouvez imaginer comment cela pourrait considérablement compliquer les choses avec Israël et les USA). Je ne pense pas que les USA et Israël y soient totalement opposés. Ils n’ont pas vraiment le choix en la matière. Ainsi, de leur point de vue, il est préférable d’avoir affaire à des islamistes à la turque plutôt que du style arabes ou d’Asie du Sud. Je sais que l’administration Obama le voit certainement de cette manière et je crois aussi que les Israéliens sont trop intelligents et les mieux placés pour s’en rendre compte.

La source dit que la Turquie met une énorme pression sur la Syrie pour qu’elle s’engage dans de véritables réformes. Ce n’est pas que l’AKP cherche à renverser Assad, mais ils considèrent que la suppression de l’opposition par le régime syrien pose un plus grand risque sécuritaire. Il m’a dit qu’un nombre croissant de PKK viennent de Syrie, et que les politiques de la Syrie envers ses Kurdes mènent à la radicalisation, ce qui crée des problèmes de sécurité pour la Turquie. Les Turcs savent que le régime va tomber s’il ne change pas de direction. Ils ne veulent pas que cela se produise. Comme je l’ai déjà dit, l’opposition syrienne n’est pas dans une position où les Turcs peuvent la soutenir afin de remplacer le régime al-Assad. Le cauchemar turc est d’avoir une Libye à leur porte et ils sont donc frustrés par le manque de coopération des Syriens pour éviter un effondrement potentiel. Le deuxième discours de Bachar a été écrit par les Turcs. L’AKP était derrière la politique sur la citoyenneté des Kurdes, et Bachar a écouté. Tu te souviens que j’avais dit que la dernière délégation turque qui s’est rendue à Damas pour discuter de la situation intérieure était composée de fonctionnaires de niveau 2 dont le travail consiste à mettre en place les actions déjà convenues par les décideurs. Donc, il est logique que la pensée d’al-Assad soit façonnée par les Turcs, l’AKP veut voir plus de vraies réformes qui permettent de légaliser l’opposition. C’est pourquoi l’AKP donne une plateforme d’expression aux groupes d’opposition syriens en Turquie – le but est d’intimider le régime al-Assad et d’établir des liens avec les alternatives à al-Assad. Cela ne signifie pas que la politique de transition va se produire du jour au lendemain, mais la Turquie tente de pousser le régime à s’émanciper politiquement afin de s’ouvrir à la concurrence et à d’autres groupes politiques, comme les MB (c’est principalement le groupe SETA qui s’est impliqué dans l’organisation de ces conférences avec l’opposition syrienne).

Il dit que les USA poussent la Turquie à faire encore plus de pression sur la Syrie, et que la pression vient d’en haut. La Turquie proteste en disant qu’ils veulent décider de la manière dont ils traitent avec la Syrie et qu’ils ne veulent pas pousser le régime syrien à bout.

L’AKP veut aider l’Égypte à prendre de l’essor dans la région. Ce n’est pas que la Turquie considère l’Égypte comme un concurrent sérieux, mais si l’Égypte pouvait se démerder sous la tutelle turque, cela permettrait à la Turquie de mieux gérer la région, en particulier le contrôle et la réforme du Hamas, face à la Libye, la Tunisie, &c. (Il est intéressant de noter que les Turcs pensent déjà dans ce sens – au moment où les USA se tournent vers la Turquie pour partager le fardeau, la Turquie est déjà à la recherche de mandataires pour partager le fardeau au sein de la région). Les choses vont très mal se passer si les militaires égyptiens ne tiennent pas les promesses faites lors des élections. La Turquie veut s’assurer que l’opposition, en particulier les MB, a assez de place pour se développer. Peu importe si cela ne plaît pas à Israël – c’est leur problème.

Il a beaucoup exprimé sa frustration tout au long de la discussion – que les USA considèrent toujours la Turquie comme un subalterne, et lui dit "fais ceci" ou "fais cela" en matière de politique étrangère. L’AKP n’aime pas être traité de cette façon, ce qui a comme résultat de créer un grand nombre de litiges lorsque les responsables turcs et US se rencontrent. Davutoglu estime que les quesitons de sécurité dans la région du Golfe Persique sont exagérées, et que les USA jouent de la fracture arabo-perse en essayant d’obtenir de la Turquie qu’elle fasse quelque chose. Du point de vue de l’AKP, la question est "que voulez-vous que nous fassions?". L’AKP veut calmer le conflit sectaire, et non pas l’aggraver en prenant ouvertement position et en présentant l’Iran comme le grand méchant loup.

La discussion s’est alors élargie pour aborder le discours "zéro problèmes avec les voisins" de Davutoglu. La source a expliqué que beaucoup de gens pensent que cette politique étrangère est naïve, mais il dit que Davutoglu n’est pas aussi naïf qu’il y paraît. C’est peut-être un universitaire, mais il est rusé. Il sait qu’il y a des problèmes avec ses voisins, mais à son avis, il n’est pas dans l’intérêt de la Turquie d’aborder ces problèmes de vive voix et de considérer certains de ses voisins comme des rivaux. Si la Turquie dit à ses voisins que l’objectif de sa stratégie est de résoudre les problèmes et de supprimer les conflits, alors elle pourra travailler avec eux d’une manière plus efficace. C’est la démarche qu’elle a adopté avec l’Iran, la Russie, &c., en évitant ainsi la confrontation. Il dit qu’en surface, la Turquie ne prendra pas de mesures agressives contre l’Iran, mais en attendant, bien sûr, l’AKP va encourager les Sunnites en Irak.

J’ai répliqué qu’il suppose que les événements autour de la Turquie auront lieu selon le calendrier de la Turquie et lorsque la Turquie sera prête à faire face à ces problèmes – le monde ne fonctionne pas de cette façon. Lorsque des problèmes iront à l’encontre des intérêts de la Turquie, la Turquie devra répondre d’une manière ou d’une autre, même si ce n’est pas du "bon voisinage". Dans l’ensemble, l’impression que j’ai est que les gars de la politique étrangère de l’AKP sont encore sous l’impression que cette doctrine de politique étrangère de Davutoglu est toujours la meilleure façon de s’y prendre pour la conduite de la politique étrangère. Organiser l’ordre de priorité des intérêts de politique étrangère n’est pas une préoccupation. La Turquie semble encore être en train de courir partout en essayant d’éteindre les incendies tout en saisissant des opportunités, mais manque encore cruellement de discipline et de direction. Apparemment, Davutoglu compare l’expérience de la Turquie aux USA de l’après Seconde Guerre Mondiale, quand les USA n’avaient même pas une agence de renseignements. Il croit que tous ces développements régionaux vont pousser la Turquie à l’action et forcer la Turquie à apprendre rapidement à gérer son mauvais voisinage.

(Parenthèse ( Davutoglu ne veut pas que Strategic Depth, son livre de 500 pages, soit traduit en anglais mais il a été traduit en arabe et en russe. J’ai demandé pourquoi, d’autant plus que l’anglais est la lingua franca, n’y aurait-il pas plus de personnes qui comprendraient les choix de la politique étrangère de la Turquie si elles pouvaient lire le livre écrit par le responsable de la politique étrangère? Il ne veut pas admettre que l’anglais est la lingua franca – cette forte aversion à reconnaître la puissance états-unienne est toujours perceptible, ainsi que la volonté de faire valoir la Turquie indépendamment des USA.)

Il pense que l’AKP va connaître une grosse victoire lors de la prochaine élection. L’établissement séculaire laïque e peut vraiment pas faire grand chose pour saper leur soutien. Tant que l’économie va bien, l’AKP est en sécurité. Les divisions politiques et idéologiques au sein de la Turquie sont encore très importantes. Ce fut particulièrement évident après la récente tentative d’assassinat contre Erdogan. Il parle avec dégoût du fait que l’armée ne pourrait jamais faire ce que l’AKP a fait au cours de la dernière décennie. Quand les militaires étaient au pouvoir, ils ne se souciaient que d’eux-mêmes alors que l’AKP renforce la confiance entre l’état et le peuple. Il a dit que les groupes laïques refusent toujours de traiter avec les pays islamiques. Même quand SETA essaie de tendre la main aux groupes de réflexion laïques, aux associations professionnelles qui ont des projets comme en Tunisie, en Égypte &c., ils sont rejetés avec le sentiment que les Arabes leur sont inférieurs, nous n’avons pas besoin de travailler avec eux. Il dit (et c’est ce que Davutoglu affirme) que la mentalité de l’AKP est ce qui permet à la politique étrangère turque de se développer.

L’armée n’a pas beaucoup de possibilités pour tenter de saper l’AKP avant les élections. Il a souligné les fuites récentes au sujet de certains retraités de l’armée qui ont eu des contacts avec les dirigeants du PKK, l’allégation étant que l’armée "état profond" tente d’orchestrer des attaques pour saper la politique kurde de l’AKP/

*Ndt: la fondation SETA à Washington, DC, est un groupe de réflexion à but non lucratif, indépendant et non partisan basé à Washington, DC, dédié aux études novatrices sur des question internationales concernant la Turquie et les relations turco-états-uniennes au niveau national, régional et international.

Traduit depuis l’anglais sur le forum WikiLeaks par Mayya

Source:
http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,19351.0.html


http://search.wikileaks.org/gifiles/?viewemailid=73390

Pour faire votre propre recherche:
http://search.wikileaks.org/gifiles/

Interview avec Julian Assange sur Lateline Australia


Lateline - Interview de Julian Assange

Le fondateur de WikiLeaks a jeté à la poubelle le "soi-disant soutien consulaire" du gouvernement australien durant son séjour à l’intérieur de l’Ambassade équatorienne de Londres.

Ce mois de juin marque l’anniversaire de l’entrée de M. Assange dans l’Ambassade de l’Équateur londonienne, y demandant l’asile politique.

Le lanceur d’alerte australien est responsable de la publication des 700 000 documents diffusés par le soldat américain Bradley Manning, qui a plaidé coupable pour ces fuites de matériel et qui est actuellement en cour martiale aux USA pour aide à l’ennemi.

M. Assange est convaincu qu’il y a un acte d’accusation secret issu d’un grand jury qui l’attend aux USA et redoute l’extradition si le gouvernement britannique le déporte en Suède, où il est confronté à des accusations d’agression sexuelle.

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Encore plus de révélations: Le gouvernement espionne, en temps réel, les utilisateurs de Google, Facebook et le web en général


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Les révélations d’espionnage sur les clients de la téléphonie sont invraisemblables — mais c’est encore pire. Le gouvernement [américain] espionne, en temps réel, les groupes d’utilisateurs Internet. Sur le Guardian:

La National Security Agency a obtenu un accès direct aux systèmes de Google, Facebook, Apple et d’autres géants de l’Internet aux Etats-Unis, selon un document top secret obtenu par le Guardian.

L’accès de la NSA fait partie d’un programme non divulgué auparavant appelé PRISM, qui permet aux agents de recueillir des matériaux, y compris l’historique de recherche, le contenu des e-mails, les transferts de fichiers et les discussions instantanées en ligne, dit le document.

Disons-le clairement: Il a été démontré de façon concluante que le gouvernement espionne des millions d’Américains, sans  contrôle significatif, et sans le consentement de ces personnes — nous tous — que notre gouvernement est censé représenter.

Le document top secret obtenu par la Guardian énumère également Microsoft, Yahoo, YouTube, Skype, et AOL, comme des fournisseurs de données d’utilisateurs au programme PRISM de la NSA.

Ceux qui ont défendu les pouvoirs accrus de la cyber-surveillance du gouvernement dans le passé ont soutenu que la NSA aurait à obtenir le consentement des entreprises Internet pour obtenir des communications électroniques — mais PRISM contourne totalement cela, en donnant un accès direct à la NSA aux serveurs des entreprises!

Qu’est-ce que tout cela signifie? Cela signifie que tout ce que nous faisons sur Internet peut être (et a été) contrôlé par le gouvernement fédéral.

Cela pourrait être le point tournant. Il ne faut pas se soumettre, alors que la NSA et le gouvernement fédéral éviscèrent nos droits à la vie privée, en envahissant et en surveillant chacun de nos gestes.

S’il vous plaît, ajoutez votre nom pour le droit à demander une enquête.

Source:
http://act.demandprogress.org/sign/nsa_internet

Les mandataires politiques d’Obama utilisent des comptes e-mail secrets


Marco Rubio, les comptes e-mail secrets des mandataires d'Obama

Par Jack Gillum, 6/04/2013

WASHINGTON – Certains des mandataires politiques du président Barack Obama utilisent des comptes de messagerie secrets du gouvernement pour mener des affaires officielles, a constaté l’Associated Press, une pratique qui complique les responsabilités juridiques des agences pour trouver et remettre les e-mails dans les requêtes de dossiers publics et les demandes du Congrès.

Le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, a reconnu mardi la pratique et a dit que cela avait un sens éminent pour les secrétaires du Cabinet et d’autres responsables de haut niveau d’avoir ce qu’il a appelé des comptes de messagerie alternatifs qui ne se remplissent pas de messages indésirables. Carney a dit que tous leurs comptes de messagerie, publics ou non, ont été soumis à la supervision du Congrès et aux demandes des citoyens en vertu de la loi américaine sur la Liberté de l’Information [Freedom Of Information Act].

"Il n’y a rien de secret", a déclaré M. Carney.

L’AP [Associated Press] a analysé des centaines de pages de courriels du gouvernement, publiés en vertu de la loi sur les dossiers fédéraux en accès ouvert, et n’a pas pu trouver de manière indépendante des exemples où les documents de l’un des comptes secrets qu’il a identifiés aient été remis. Les comités de surveillance du Congrès ont déclaré à l’AP qu’ils n’étaient pas familiers avec les quelques adresses non-publiques gouvernementales que l’AP a identifiées jusqu’à présent, dont une pour la secrétaire Kathleen Sebelius du Ministère de la Santé et des Services Sociaux [HHS: Health and Human Services Department].

La Maison Blanche a déclaré que la pratique a également été utilisée par les précédentes administrations, mais que son ampleur au sein du gouvernement demeure un mystère: la plupart des organismes fédéraux n’ont pas réussi à remettre les listes des adresses e-mail des mandataires politiques, que l’AP [Associated Press] a demandé en vertu de la loi sur la Liberté de l’Information [FOIA], il y a plus de trois mois. Le Ministère du Travail [Labor Department] a d’abord demandé à l’AP de payer plus d’1 million de dollars pour ses adresses e-mail.

L’AP a demandé ces adresses à la suite des révélations de l’année dernière selon lesquelles les anciens chefs de l’Agence de Protection de l’Environnement [Environmental Protection Agency] avaient utilisé des comptes de messagerie distincts au travail. La pratique est différente des fonctionnaires qui utilisent des comptes de messagerie personnels non-gouvernementaux pour le travail, ce qui est généralement déconseillé en raison des lois exigeant que les dossiers les plus fédéraux soient préservés.

Avoir des comptes distincts pourrait mettre un organisme dans une situation difficile quand il est contraint de rechercher et de publier des e-mails dans le cadre des enquêtes du Congrès ou des enquêtes internes, des poursuites civiles et des demandes de dossiers à accès public. C’est parce que les employés affectés à compiler ces réponses auraient nécessairement besoin de connaître les comptes pour les rechercher. Les comptes secrets conduisent également à penser que les responsables gouvernementaux essaient de cacher des actions ou des décisions.

"Qu’est-ce qui se passe quand cette personne ne travaille plus là? Il part et quelqu’un fait une demande (pour passer en revue les e-mails) sous deux ans", a déclaré Kel McClanahan, directeur exécutif des Conseillers à la Sécurité Nationale [National Security Counselors], un groupe ouvert gouvernemental. "Qui va savoir comment chercher les autres comptes? Vous espériez que les agences qui font cela tiendraient une liste des alias dans un tiroir de bureau, mais vous savez que cela n’arrive pas."

Les agences où l’AP [Associated Press] a jusqu’ici identifié des adresses secrètes, dont le Ministère du Travail et le Ministère de la Santé [HHS: Health and Human Services Department], ont déclaré que le maintien de comptes de messagerie non-publics permet aux hauts-fonctionnaires de garder séparément leurs messages internes avec les employés du ministère des e-mails qu’ils échangent avec le public. Elles ont également répondu que les comptes publics non-publics seraient toujours disponibles aux recherches en réponse aux demandes officielles et que les documents seraient fournis si nécessaire.

Dans son examen, l’AP a trouvé un seul exemple d’une adresse secrète qui a été publiée. Un e-mail du porte-parole du Ministère du Travail [Labor Department], Carl Fillichio, à 34 collaborateurs en 2010, a été remis à un groupe de défense juridique, les Américains pour un Gouvernement Limité [Americans for Limited Government]. Il comprenait aussi comme destinataire l’adresse non-publique de Seth D. Harris, aujourd’hui secrétaire du travail intérimaire, qui maintient au moins trois comptes de messagerie différents.

Google ne peut trouver aucune référence sur Internet pour l’adresse secrète de Sebelius.

Dix ministères n’ont encore pas remis les listes d’adresses e-mail, y compris l’Agence pour la Protection de l’Environnement [Environmental Protection Agency] et les ministères de la Défense, des Anciens Combattants, du Transport, du Trésor, de la Justice, du Logement et du Développement Urbain, de la Sécurité Intérieure, du Commerce et de l’Agriculture. Tous ont dit qu’ils travaillent sur une réponse à l’AP.

Carney n’a pas voulu dire si les responsables de la Maison Blanche utilisent également des comptes secrets, notant que le personnel du président comme le Congrès sont exempts de retourner des documents en vertu de la loi sur les dossiers à accès ouvert. Mais Carney a déclaré qu’au début de son mandat en tant que secrétaire de presse, après que son adresse e-mail ait été annoncée en public, Carney a changé son adresse pour éviter d’être inondé par des e-mails et des spams.

"C’est une chose très raisonnable à faire", a déclaré M. Carney.

Une porte-parole du Ministère du Trésor, Marissa Hopkins Secreto, a mentionné des enquêtes au bureau de l’agence FOIA [Freedom Of Information Act] qui disent que son département de technologie était encore à la recherche d’adresses e-mail. D’autres ministères, y compris celui de la Sécurité Intérieure, n’ont pas répondu aux questions de l’AP au sujet des retards de près de trois mois. Le Pentagone a déclaré qu’il pourrait donner une réponse d’ici la fin de l’été.

Le Ministère de la Santé et des Services Sociaux [HHS: Health and Human Services Department] a initialement remis à l’AP les adresses e-mail d’environ 240 mandataires — mais aucun des comptes de messagerie pour Sebelius, même celui qui est publié sur son site Internet. Après que l’AP ait protesté, il a remis trois adresses e-mail de Sebelius, y compris une adresse secrète. Le ministère a demandé à l’AP de ne pas publier l’adresse que, selon lui, elle avait l’habitude d’utiliser pour des affaires au jour le jour au sein du département. La plupart des 240 mandataires politiques au HHS [Health and Human Services Department] semblaient utiliser uniquement des comptes publics du gouvernement.

L’AP [Associated Press] a décidé de publier l’adresse secrète de Sebelius — KGS2(at)hhs.gov — malgré les objections du gouvernement, parce que la secrétaire est un fonctionnaire de haut rang qui surveille non seulement les Centres de Soins de santé et d’Aides à la santé [Centers for Medicare and Medicaid Services], mais aussi la mise en oeuvre de la loi des soins de santé signée par Obama. Son adresse e-mail publique est Kathleen.Sebelius(at)hhs.gov.

Au moins deux autres hauts fonctionnaires du HHS [Health and Human Services Department] — Donald Brewick, ancien chef des Centers for Medicare & Medicaid Services, et Gary Cohen, un administrateur adjoint en charge de la mise en oeuvre de la réforme de l’assurance maladie — ont également eu des adresses e-mail secrètes au gouvernement, selon les documents de l’AP.

Un porte-parole pour Cohen, Brian Cook, a déclaré que l’adresse non-publique que le HHS [Health and Human Services Department] a inscrit dans ses registres — Gary.Cohen1(at)cms.hhs.gov — a été créée après que Cohen ait rejoint le ministère en août 2012, suite à une courte absence et que tous les e-mails sont maintenant redirigés vers son compte de messagerie public du gouvernement. Cook a qualifié la suggestion que Cohen ait jamais eu un compte secret d’"informations nouvelles pour tout le monde, y compris Gary."

Le Ministère de l’Intérieur [Interior Department] a donné à l’AP une liste d’environ 100 adresses e-mail du gouvernement pour les mandataires politiques qui y travaillent, mais aucun pour le secrétaire de l’Intérieur de l’époque, Ken Salazar, qui a depuis démissionné. La porte-parole Jessica Kershaw a déclaré que Salazar a maintenu une seule adresse e-mail pendant son service de secrétaire, mais elle ne voulait pas la divulguer. Elle a répondu que l’AP doit la demander en vertu de la loi sur la Liberté de l’Information [FOIA], ce qui prendrait des mois en plus.

Le Ministère du Travail a d’abord demandé à l’AP de payer un peu plus de 1,03 million de dollars lorsque l’AP y a demandé les adresses e-mail des mandataires politiques. Le ministère a dit qu’il avait besoin de retirer 2236 bandes de sauvegardes informatiques à partir de ses archives et de payer 50 personnes pour se concentrer sur des enregistrements anciens. Ces coûts comprennent les trois semaines pour identifier les bandes et pour les expédier à une personne rémunérée, et pour payer chaque personne 2500 $ pour près d’un mois de travail. Mais selon les règles de la FOIA de ce ministère — qu’il cite dans sa lettre à l’AP — il est interdit de facturer à des agences de presse les coûts, sauf pour les photocopies après les 100 premières pages. Le ministère a précisé qu’il faudrait 14 semaines pour trouver les e-mails si l’AP avait versé l’argent.

Fillichio a reconnu plus tard que la facture de 1,03 million de dollars était une erreur et il a fourni à l’AP les adresses e-mail des mandataires à l’agnce du Sénat, dont trois adresses pour Harris. Son adresse  secrète était harris.sd(at)dol.gov. Ses autres comptes étaient destinés pour l’un à une utilisation avec les employés du travail et pour le public, et un autre pour envoyer des mailings à l’ensemble du Ministère du Travail, aux groupes extérieurs et au public. Le Ministère du Travail a déclaré qu’il ne s’opposait pas à la publication par l’AP d’aucune des adresses e-mail de Harris.

Outre les adresses e-mail, l’AP a également cherché les dossiers à l’échelle gouvernementale concernant les décisions de créer des comptes de messagerie différents. Mais le directeur de la FOIA au HHS, Robert Eckert, a indiqué que l’agence ne pouvait pas fournir ces e-mails sans subir "une longue et importante recherche à l’échelle de tout le Ministère". Il a également dit qu’il n’y avait "pas de mécanismes en place pour déterminer si de telles demandes pour la création de comptes de messagerie secondaires ont été présentées par les quelque 242 mandataires politiques au sein du HHS."

Tardivement l’année dernière, les critiques de l’EPA [Environmental Protection Agency] — dont les Républicains au Congrès — ont accusé l’ancien administrateur de l’EPA, Lisa Jackson, d’utiliser un compte de messagerie sous le nom de "Richard Windsor" pour contourner les règles de publication. L’EPA a déclaré que les e-mails envoyés par Jackson en utilisant son alias Windsor ont été remis en vertu des demandes de dossiers à accès ouvert. L’inspecteur général de l’agence enquête sur l’utilisation de tels comptes, après avoir été invité à le faire par le Congrès.

Un porte-parole de l’EPA a décrit l’adresse e-mail alternative de [Lisa] Jackson comme "un compte de messagerie de travail quotidien de l’administrateur pour communiquer avec le personnel et d’autres fonctionnaires du gouvernement." Il a été déterminé par la suite que [Lisa] Jackson a aussi utilisé l’adresse e-mail pour correspondre parfois avec des écologistes en dehors du gouvernement, et au moins dans certains cas, n’a pas corrigé l’idée fausse que les personnes extérieures se faisaient, en pensant communiquer avec un employé du gouvernement nommé Richard Windsor.

Bien que l’inspecteur général de l’EPA [Environmental Protection Agency] en quête sur l’utilisation par l’agence des comptes de messagerie secrets, il n’examine pas si les courriels des comptes secrets de [Lisa] Jackson ont été publiés comme l’exige la Loi sur la Liberté de l’Information [FOIA].

Les comptes de messagerie de l’EPA ont été révélés à l’automne dernier par le Competitive Enterprise Institute [Institut Concurrentiel d'Entreprise], un think tank conservateur à Washington qui a été averti sur les alias de [Lisa] Jackson par un interne, puis qui l’a remarqué dans les documents obtenus en vertu de la FOIA [Freedom Of Information Act]. L’EPA a déclaré que sa politique était de divulguer dans ces documents que "Richard Windsor" était en fait l’administrateur de l’EPA.

Les tribunaux ont constamment placé la barre haut pour le gouvernement afin de retenir les dossiers des agents pûblics en vertu des règles fédérales pour la protection des données personnelles. Un juge fédéral, Marilyn Hall Patel de Californie, a déclaré en août 2010 que "les personnes qui se sont placées dans la lumière publique" — comme au travers de la politique ou la participation volontaire dans l’arène publique — ont un e vie privée significativement diminuée par rapport aux autres. Sa décision fait partie d’une affaire dans laquelle un journaliste a demandé les dossiers du FBI, mais ceux-ci lui ont été refusés.

"Nous parlons d’une adresse électronique, et une adresse e-mail donnée à un individu par le gouvernement pour faire des affaires officielles n’est pas privée", a déclaré Aaron Mackey, un avocat FOIA auprès du Reporters Committee for Freedom of the Press [Comité des journalistes pour la liberté de la presse]. Il a dit que c’est différent, par exemple, des informations confidentielles, comme un numéro de sécurité sociale.

En vertu de la loi, les citoyens et les étrangers peuvent utiliser la FOIA pour contraindre le gouvernement à remettre des copies des dossiers fédéraux pour un coût nul ou peu élevé. Toute personne qui cherche de l’information à travers la loi est généralement censée l’obtenir, à moins que la divulgation nuise à la sécurité nationale, viole la vie privée ou expose des secrets d’affaires ou des décisions confidentielles dans certains domaines.

Obama a promis lors de sa première semaine en fonction de rendre le gouvernement plus transparent et ouvert. La signature de la nation sur la loi des dossiers à accès ouvert, a-t-il dit dans une note à son Cabinet, serait "administrée avec une présomption claire: face au doute, prévaut l’ouverture."

L’écrivain Jim Kuhnhenn de l’Associated Press a contribué à ce rapport.

Contactez l’équipe d’investigation de Washington à DCinvestigations(at)ap.org. Suivez Jack Gillum sur Twitter:
https://twitter.com/jackgillum

Source:
http://www.huffingtonpost.com/2013/06/04/obama-email_n_3382900.html

Human Rights Watch: "Qui est Bradley Manning?"


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Posté le 7 juin 2013

Le mercredi 5 juin, Amnesty4Manning a demandé aux supporters de Pfc. Bradley Manning de participer aux APPELS POUR MANNING – une journée destinée à prendre son téléphone pour appeler les branches locales d’Amnesty International et Human Rights Watch. L’objectif était de recueillir des informations sur la manière dont les deux plus grandes organisations de défense des droits de l’homme évaluent les violations des droits humains, le soutien à Manning, et pourquoi il n’a pas été reconnu comme prisonnier politique ou prisonnier de conscience.

Plusieurs participants ont rapporté sur le compte Twitter @Amnesty4Manning que les représentants d’Amnesty International ont demandé leur nom et leur adresse e-mail promettant de revenir vers eux à un moment ultérieur. Plusieurs personnes ayant appelé ont été renvoyées au communiqué de presse d’Amnesty publié le premier jour du procès de Manning en cour martiale. Certains ont dit à @Amnesty4Manning que leurs appels sont restés sans réponse ou sont directement arrivés sur une messagerie vocale.

Ce qui suit est le récit d’un supporter de Manning qui a téléphoné aux branches américaines de Human Rights Watch:

"J’ai appelé plusieurs des bureaux de Human Rights Watch, hier, pour exprimer mon soutien de Bradley Manning et demander pourquoi HRW n’avait pas reconnu Manning comme prisonnier de conscience. Le bureau de New York a été particulièrement malhonnête les deux fois où j’ai appelé. La première fois que j’ai appelé, on m’a dit que le site de HRW a déjà abordé cette question, et qu’ils ont reçu "déjà plusieurs appels à ce sujet aujourd’hui". L’associé de HRW m’a alors dit qu’il me serait plus utile de diriger ce type de demande à l’ACLU [Americain Civil Liberties Union]. Je lui ai répondu que, indépendamment de la position de l’ACLU au sujet de Manning, HRW avait l’obligation de prendre des mesures et de dire son soutien à Manning. Il n’a pas fallu beaucoup plus de temps avant que l’associé me réponde qu’il allait me transférer vers quelqu’un qui serait mieux capable de m’aider. J’ai ensuite été transféré vers un numéro qui a sonné pendant environ cinq minutes avant que je raccroche.

J’ai attendu environ une heure avant de rappeler le bureau de New York. Cette fois, j’étais un peu mieux préparé pour le détour par l’ACLU. Une femme a répondu au téléphone cette fois, et il est bien évident que je n’étais pas la première personne à qui elle avait parlé de Manning. Elle était nerveuse, et a rapidement pris la route de l’ACLU.

"Est-ce que Human Rights Watch a une affiliation quelconque avec l’ACLU?" demandai-je.

"Non."

"Mais votre organisation dirige directement vers eux les appels du plaidoyer de toute manière? Que fait d’autre HRW pour les êtres humains qui ont besoin d’amnistie?"

"Je vais devoir vous mettre en attente."

Quelques minutes plus tard, la belle dame est revenue en ligne et m’a dit qu’elle allait me transférer vers quelqu’un qui pourrait m’aider, car elle "ne pouvait pas me garder sur la même ligne avec elle".

Après plusieurs minutes d’attente, une voix différente est venue au téléphone et a demandé comment elle pouvait m’aider. Je lui ai expliqué pourquoi la femme précédente avec qui je parlais m’a transféré vers elle. Elle m’a alors dit qu’elle était juste une secrétaire à la réception. Je l’ai entretenu pendant plusieurs minutes, juste pour m’assurer qu’elle connaissait les faits autour de l’affaire Manning. J’ai été poli, mais persistant. Je l’ai finalement remercié pour son temps accordé, et j’ai sollicité auprès d’elle, en tant que citoyen américain, de pouvoir parler à une personne de son organisation au sujet de Manning.

L’appel le plus troublant que j’ai fait a été de loin delui du bureau de Los Angeles de Human Rights Watch. Après que j’ai dit à l’associé qui a répondu au téléphone la raison de mon appel, j’ai reçu une réponse imprévue.

"Qui est-ce?"

"Bradley Manning."

"Oui, qui est Bradley Manning?"

J’étais abasourdi. J’ai regardé mon téléphone pour m’assurer que j’avais composé le bon numéro.

"Est-ce que c’est Human Rights Watch?", ai-je demandé.

"Oui."

"Et vous ne savez pas qui est Bradley Manning?"

"Non. Qui est-ce?"

Je devais rester calme. Ce que je voulais vraiment, c’était de dire à cette femme que les gens comme elle sont la vraie raison pour laquelle notre gouvernement s’en tire avec ce genre de choses, et qu’il n’y a rien de réel sur les femmes au foyer ou quoi que ce soit d’autre de l’enfer avec lequel elle remplit sa tête, quand elle devrait prêter attention aux droits du 1er amendement qui sont volés. Je voulais lui dire que sa compagnie me fait chier, et qu’elle me fait chier de ne pas avoir la moindre idée d’une chose si importante directement liée à sa profession. Cependant, blâmer cette femme pour son ignorance ne ferait rien pour le héros que je voulais aider. Alors, j’ai répondu rapidement et calmement.

"C’est un patriote, m’dame. Un vrai héros qui a exposé les crimes de guerre au monde, et maintenant le gouvernement US va l’enfermer pour le reste de sa vie. Les organisations comme la vôtre sont censées venir à son secours, mais il est désormais clair pour moi que HRW n’a même pas mentionné cette affaire à ses employés."

Elle a poursuivi en expliquant que le bureau de Los Angeles était "juste un bureau de collecte de fonds", et n’avait aucune implication dans le choix des causes à plaider. Encore une fois, j’ai pris une profonde inspiration, puis j’ai expliqué lentement à la femme que nous, en tant que citoyens américains, nous devons défendre toutes les vies innocentes qui ont été perdues en exprimant notre soutien à Pfc. Bradley Manning. Après plusieurs minutes de harangue contrôlée, j’ai conclu ma conversation avec la femme en la remerciant de son temps, et en l’encourageant à parler avec quelqu’un de HRW à ce sujet.

Bien que tout cela me rende furieux, je ne suis pas surpris. Je suis en fait encore plus porté par cette expérience que tout le reste. Nous devons continuer à appeler ces organisations, et nous avons besoin d’ÊTRE GENTILS AVEC EUX quand nous remplissons notre objectif. J’ai travaillé dans un centre d’appels avant. C’était un centre d’appels pour une entreprise qui faisait des choses que je n’approuvais pas moralement. Cela étant dit, si je savais que le client avait été traité de manière injuste, mais que ce client m’avait traité comme un idiot, ce client aurait eu un moment beaucoup plus difficile à passer pour obtenir réparation. D’un autre côté, si le client était poli et qu’il avait compris le fait que j’étais juste un gars en plus en bas du totem qui se faisait défoncer par la même société, je faisais tout ce qu’il fallait pour cette personne à part entière. Avec un peu de chance, je peux parler à une personne avec le même esprit quand j’inonde ces organisations avec des appels.

"Oui, qui est Bradley Manning?" Il est difficile d’imaginer que la deuxième plus grande organisation des Droits de l’homme dirigerait ses membres à contacter l’ACLU, quand elle est interrogée sur le soutien à Manning. L’ACLU est une organisation avec laquelle ils affirment n’avoir aucune affiliation. Une recherche rapide sur leur site web affichera un résultat. Human Rights Watch a publié un article sur Pfc. Bradley Manning pendant les trois ans où il a été placé en détention. Un seul. Il a été écrit en mars 2011.

Source:
http://amnesty4manning.wordpress.com/2013/06/07/hrw-who-is-bradley-manning/

"Si vous étiez témoins de crimes de guerre, qu’auriez-vous fait?"



"Je suis Bradley Manning",
parce que je crois que le public mérite la vérité et que les lanceurs d’alerte méritent des procès équitables – 1106 jours de détention injuste, c’est assez! Abandonnez la charge d’"aide à l’ennemi"

Au milieu du secret de la salle d’audience, le lanceur d’alerte et nominé pour le Prix Nobel de la Paix, Bradley Manning, est jugé après trois ans de détention.

Les informations que Bradley Manning a transmis au public ont été un catalyseur pour les mouvements pro-démocratie dans le monde arabe, elles ont exposé la détention injuste de personnes innocentes à Guantanamo Bay, nous ont montré le vrai coût humain de nos guerres en Irak et en Afghanistan, et ont changé le journalisme pour toujours.

Il n’y a aucune preuve que quelqu’un soit mort à la suite de l’information qui a été publiée, mais Bradley fait face à la prison à vie ou peut-être la mort. La plus grande accusation contre lui est celle d’avoir "aidé l’ennemi", un crime capital. En tant que public ayant bénéficié de cette information, est-ce que cela fait de nous des ennemis? Quel prix vont payer les futurs lanceurs d’alerte?

Tweetez vos messages et envoyez vos photos sur le site:
http://iam.bradleymanning.org/

Traduit de l’anglais depuis le site
http://iam.bradleymanning.org/

Faire un don à la Freedom of the Press Foundation pour la transcription du procès de Bradley Manning:
https://pressfreedomfoundation.org/

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