Le régime syrien prêt à accepter l’autonomie kurde, contrairement à la Turquie

Le régime d’Assad prêt à accepter l’autonomie kurde dans le Kurdistan syrien

Ekurd.net, 20 avril 2015

Kurdish-inhabited_area_by_CIA_(1992)BEYROUTH – Un ministre syrien a indiqué que le régime de Bachar al-Assad est prêt à accepter l’autonomie kurde au Kurdistan syrien dans le nord du pays déchiré par la guerre, où les forces kurdes ont été engagées dans de violents combats avec ISIS [Etat Islamique].

« La direction syrienne est prête à négocier sur le projet de l’auto-gestion », a dit le ministre de la réconciliation nationale, Ali Haydar, à l’agence d’informations kurde Rudaw, dimanche.

Les commentaires du ministre viennent après qu’il ait rencontré les autorités kurdes, le mois dernier, dans la ville frontalière du nord de la Syrie, Qamishli, pour discuter d’un éventail de sujets.

Lire la suite: http://ekurd.net/assad-regime-ready-to-accept-kurdish-autonomy-in-syrian-kurdistan-2015-04-20

Lire: Erdogan a toujours peur de l’autonomie kurde, plus que de l’Etat Islamique (ISIS) – la Turquie admet tacitement préférer voir Kobane aux mains d’ISIS que dans celles des kurdes (21 juillet 2015)

La Russie sur le point d’interdire une ONG financée par le Congrès américain, la National Endowment for Democracy

La National Endowment for Democracy étiquetée d’«indésirable» en vertu d’une nouvelle loi

RT, le 28 juillet 2015

Les procureurs ont reconnu les activités de la NED [National Endowment for Democracy] en Russie comme indésirables et portant atteinte à la sécurité nationale, après que l’ONG américaine ait dépensé des millions dans des tentatives de remettre en question la légitimité des élections russes et de ternir le prestige du service militaire.

Selon le communiqué publié sur le site du Bureau du Procureur général, le chef de l’agence Vladimir Malinovsky a signé mardi la décision de reconnaître comme indésirables sur le territoire de la Fédération de Russie toutes les activités de l’organisation non gouvernementale étrangère de la National Endowment for Democracy. Le même jour, cette décision a été transmise au ministère de la Justice qui doit désormais inclure la NED dans la liste des organisations étrangères indésirables. […]

La National Endowment for Democracy, fondée en 1983 à l’initiative de Ronald Reagan, est sponsorisée par le Congrès américain et voit sa tâche principale dans l’aide aux institutions démocratiques partout dans le monde. Le Ministère de la Justice russe a reconnu plus tôt cette organisation comme étant le fournisseur le plus actif de diverses subventions en politique et dans les sphères liées à la politique, telles que la sociologie ou la recherche politique.

Lire la suite: https://www.rt.com/politics/310958-us-national-endowment-for-democracy/

Voir le communiqué de la NED: http://www.ned.org/national-endowment-for-democracy-statement-on-russian-undesirable-organizations/

Turquie: Fuat Avni affirme qu’Erdogan est derrière l’attaque de Suruç pour semer le chaos dans la société

TodaysZaman.com, 24 juillet 2015

Drapeau de la TurquieLe lanceur d’alerte de Twitter, Fuat Avni, qui est connu pour faire des déclarations concernant les actions du gouvernement qui s’avèrent souvent vraies, a dit que le président Recep Tayyip Erdoğan est derrière l’attentat suicide meurtrier de lundi dernier à Suruç, affirmant que l’intention de M. Erdoğan est de semer le chaos dans la société pour ouvrir la voie au pouvoir au Parti de la Justice et du Développement (AKP) comme seul parti dans une élection anticipée.

Selon Avni, l’attentat-suicide dans la ville du sud-est de Suruç, lundi, a été mené sur les instructions de Hakan Fidan, le chef de l’Agence nationale de renseignement (MIT) de la Turquie dans le cadre du plan d’Erdoğan. « Les cellules d’ISIL [Etat islamique en Irak et au Levant] sous le contrôle de l’équipe malveillante de Fidan ont finalement été mises en action à Suruç, » a déclaré jeudi Avni, qui est supposé travailler au sein du gouvernement.

Trente-deux personnes ont perdu la vie et plus de 100 ont été blessées dans l’attentat de Suruç, une ville à majorité kurde dans la province de Sanliurfa à la frontière syrienne. Suite aux élections générales du 7 juin, Erdoğan a été très occupé avec un plan destiné à semer le chaos dans toute la société pour permettre à l’AKP d’arriver à nouveau au pouvoir comme parti unique, a déclaré Avni. Le kamikaze est soupçonné d’avoir des liens avec ISIL, comme cela a été dit mardi par le Premier ministre Ahmet Davutoğlu.

Lire l’intégralité de l’article: http://www.todayszaman.com/national_fuat-avni-claims-erdogan-behind-suruc-attack-to-sow-chaos-in-society_394545.html

Lire: Suruç : manifestation kurde à Paris pour dénoncer le « terrorisme de l’Etat turc » (Les Echos)

Fukushima a maintenant contaminé 1/3 des océans dans le monde (officiels)

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Un besoin urgent d’évaluer l’impact sur la nourriture & l’eau

NeonNettle.com, Sophia Akram, 9 juillet 2015

L’océan Pacifique – en fait, presque un tiers du globe – aurait été contaminé par la fuite lors de la catastrophe nucléaire de Fukushima.

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui cherche à promouvoir l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire, a établi en 2011 avec les Etats membres de l’Accord régional de coopération (RCA), un projet conjoint de coopération technique de l’AIEA (TC) dans la région de l’océan Pacifique. Il a été créé après la catastrophe de Fukushima, quand un séisme majeur a provoqué un tsunami, le 11 Mars 2011, désactivé l’alimentation et le refroidissement de trois réacteurs de Fukushima Daiichi, en provoquant un accident nucléaire. Il en résulte une grande quantité de matières radioactives qui se sont retrouvées dans l’océan Pacifique.

Lire la suite: http://www.neonnettle.com/features/448-officials-fukushima-has-now-contaminated-1-3-of-the-worlds-oceans

Lire aussi: Une grande partie de l’océan Pacifique menacée par les fuites de Fukushima, une surface couvrant 1/3 du globe – l’AIEA commence des tests (Global Research)

Million Mask March 2015 – Communiqué de presse officiel des Anonymous


Million Mask March, 5 Novembre 2015

AnonInsiders.net, le 23 juillet 2015

Bonjour au monde,

Nous sommes Anonymous.

Trop nombreux sont ceux d’entre nous qui luttent dans cette cacophonie de tromperie que nous imposent nos institutions gouvernementales détenues par des sociétés. Nous ne sommes en effet pas libres, mais serviles face aux institutions financières qui ont leurs toiles jetées sur toutes les facettes de la civilisation. L’argent qu’utilisent ceux qui ont le pouvoir pour propager votre esclavage n’est qu’une pure illusion. Ils créent votre valeur, votre fibre d’existence et la majorité d’entre nous sont sous contrôle. Cela doit changer.

Nous avons besoin de leurs machines. Nous sommes leurs machines. Ils dévorent les fruits de notre travail.
Nous avons eu une idée, et cette idée a grandi comme une traînée de poudre dans les cœurs et les esprits de l’humanité à travers le monde. Ils ont essayé de tuer cette idée, mais maintenant nous avons grandi plus forts que jamais. Nous sommes l’antibiotique pour guérir la maladie du cancer anti-humanitaire.

Nous ne prêchons pas depuis des socles élevés pour dire aux gens ce qu’il faut faire, parce que nous sommes vous. Nous devons tous travailler ensemble collectivement.

Les gens croient que nous ne disposons d’aucune réponse ou solutions, mais nous – les esprits techniques – l’avons réellement. La majorité d’entre nous croient en un gouvernement Open Source soutenu par une économie axée sur les ressources à l’échelle planétaire. Si un système d’exploitation informatique d’un ordinateur fonctionne mal, il est remplacé. Nous voyons les gouvernements comme des systèmes d’exploitation mondiaux défectueux, plein de bugs et de rapports d’erreur. Appuyer le bouton d’arrêt et simplement redémarrer ne va pas aider la manière dont sont corrompus ces systèmes d’exploitation devenus mondiaux. Le reformatage et l’installation d’un gouvernement humanitaire fondé en open source assurera l’égalité pour tous.

Nous sommes une seule espèce, et nous avons besoin d’évoluer en tant que telle. Il n’y a aucune raison pour qu’une élite choisie puisse en acquérir tellement, tandis que la majorité souffre quand nous avons la technologie qui permettrait à chaque homme, femme et enfant sur terre de vivre mieux que les 1%.

Ce 5 Novembre, marchez avec nous. Portez votre visage ou cachez votre identité derrière un masque.
Nous avons besoin de vous. Nous sommes vous.
Eux, ceux qui sont en charge de votre pays, ceux qui envoient les pauvres mourir dans des pays étrangers, en raison des ressources, en raison des rancunes, du racisme, et parce qu’ils le veulent; ce sont ceux qui ne changeront jamais.
Nous, le peuple, nous ne voulons pas la mort, nous ne voulons pas de leurs guerres d’usure. Nous voulons la paix, nous voulons que nos enfants vivent de plus en plus vieux en ayant un avenir. Nous devons nous battre pour notre avenir.

Nous devons évoluer au-delà de notre égoïsme et apprendre l’altruisme. Nous devons vivre jusqu’à devenir ce que nous sommes supposés être: humanitaires.

Nous sommes sur le point de percer des découvertes scientifiques incroyables dont toute l’humanité peut bénéficier. Ne prenons pas notre avidité dans l’univers avec nous. Nous ne voulons pas être un cancer malveillant dans l’immensité d’un bel univers inexploré.

Nous sommes la révolution.

Nous sommes Anonymous,

Attendez-vous à nous.

Source: https://anoninsiders.net/million-mask-march-2015-official-press-release-3089/

Etats-Unis: Hillary Clinton a envoyé des emails contenant des informations classifiées

BBC.com, par Anthony Zurcher, 24 juillet 2015

220px-Secretary_Clinton_8x10_2400_1La candidate démocrate à la présidentielle, Hillary Clinton, a envoyé au moins quatre messages depuis son serveur de messagerie personnelle qui contenaient des informations provenant de documents classifiés, alors qu’elle était secrétaire d’Etat américaine, selon un inspecteur général du gouvernement américain.

Lire la suite: http://www.bbc.com/news/world-us-canada-33660942

Lire aussi « Etats-Unis: demande d’enquête criminelle sur les emails de Hillary Clinton (NYT) »

Changement climatique: les océans pourraient monter de 3 mètres en moins de 50 ans, selon un ancien scientifique de la NASA

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Illustration: montée des océans (ngm.com)

Le scientifique climatique le plus célèbre de la planète lance une bombe en avertissant de la montée des océans

Les océans pourraient-ils vraiment monter de 10 pieds [3 mètres] dans les 50 prochaines années?

Par Eric Holthaus, 22 juillet 2015

Dans ce qui pourrait se révéler être un point de départ pour l’action politique sur le changement climatique, une nouvelle étude à couper le souffle soulève un extrême doute sur la stabilité à court terme des niveaux de la mer à l’échelle mondiale.

L’étude — écrite par James Hansen, ancien responsable scientifique de la NASA pour le climat, et 16 co-auteurs, dont beaucoup sont considérés comme parmi les meilleurs dans leurs domaines — conclut que les glaciers du Groenland et de l’Antarctique vont fondre 10 fois plus rapidement que les estimations consensuelles antérieures, résultant dans l’élévation du niveau de la mer d’au moins 10 pieds [3 mètres] en moins de 50 ans. L’étude, qui n’a pas encore été évaluée par des pairs, apporte une nouvelle importance à une boucle de rétroaction qui conduit au refroidissement de l’eau près de l’Antarctique avec de l’eau douce provenant de la fonte des glaciers réchauffés, une eau plus salée sous les calottes glaciaires, accélérant la vitesse de fonte. Hansen, qui est connu pour être alarmiste mais également compétent, reconnaît que son étude implique un changement bien au-delà des estimations de consensus précédentes. Lors d’une conférence téléphonique avec des journalistes, il a dit qu’il espérait que les nouvelles constatations soient « sensiblement plus persuasives que ce qui a été publié précédemment ». Je pense certainement qu’elles le sont.

Lire la suite: http://www.motherjones.com/environment/2015/07/earth%E2%80%99s-most-famous-climate-scientist-issues-bombshell-sea-level-warning

La publication controversée de James Hansen sur la montée des océans a maintenant été mise en ligne (Washington Post)

Un lanceur d’alerte du FBI: La CIA aurait pu facilement arrêter le 11 septembre s’ils l’avaient voulu

Attentat du 11 septembre - Tours jumelles

Mark Rossini, la déclaration explosive d’un ancien agent du FBI

NeonNettle.com, Par Sophia Akram, 26 juin 2015

En début de mois, un nouveau rapport d’enquête largement expurgé, daté de 2005, sur les attaques des tours jumelles, a été déclassifié. Cette publication, considérée comme une avancée vers la transparence, a été critiquée, pour ne pas être allée assez loin dans la mise à jour de la pleine connaissance de la Central Intelligence Agency (CIA) face aux événements entourant l’attaque.

Le rapport, publié sous le Freedom of Information Act après de nombreuses demandes de sa publication intégrale, aux côtés de cinq autres documents, expose le travail de l’agence dans la course jusqu’aux atrocités du 11 septembre.

On a fait valoir que la nouvelle information va loin en essayant de démontrer que l’agence d’espionnage américaine a fait tout son possible pour arrêter le terrorisme qui planait ce jour-là; mais Mark Rossini, un ancien agent du FBI qui a été affecté au Centre de lutte contre le terrorisme (CTC) au moment des attaques, dit que le rapport est trompeur et qu’ils continuent toujours de supprimer des informations sur ce qui était connu avant les incidents du 11/9.

Rossini affirme que la CIA couvre des liens nuisibles entre des individus qui peuvent avoir été impliqués dans le complot depuis le Royaume d’Arabie Saoudite.

Lire la suite: http://www.neonnettle.com/features/446-fbi-whistleblower-the-cia-could-ve-easily-stopped-9-11-if-they-wanted

Géopolitique de la 3ème Guerre mondiale: Etats-Unis, Russie, Arabie Saoudite, pétrole et cours du dollar

Veterans Today, 19 septembre 2014

Traduction intégrale:

[Charles Krauthammer, chroniqueur affilié] Nous avons, comme vous le dites, Isis, l’Etat islamique, au cœur du Moyen-Orient, l’Iran qui fait le nucléaire, la Russie en mouvement, la Chine réclamant un territoire qu’elle n’a pas vraiment le droit de réclamer.

[Journaliste] Les rapports au jour le jour montrent les troupes russes qui vont plus loin dans le sud-est de l’Ukraine et aident à inverser la tendance.

[Gen. Martin Dempsey] Peuvent-ils être vaincus, sans aborder cette partie de l’organisation qui réside en Syrie? La réponse est non.

[Ben Rhodes, conseiller national adjoint de sécurité] Nous envisageons activement ce qui va être nécessaire pour faire face à cette menace et on ne va pas être limité par des frontières.
http://www.reuters.com/article/2014/08/23/us-iraq-security-usa-idUSKBN0GM1T920140823

[Juge Jeanine Pirro, vidéo] Des frappes aériennes, bombardez-les, bombardez-les, continuez de les bombarder, encore et encore…

[Howard Zinn, vidéo] Si vous êtes né hier, vous croyez à tout ce que quelqu’un vous dit là-haut, et vous n’avez aucun moyen de le vérifier. Avec un peu d’histoire, cela ne prouve pas que le gouvernement vous ment aujourd’hui, cela vous demande juste de vérifier si c’est le cas, et ensuite de décider pour vous-même.

[Narrateur] Contrairement à la croyance générale, la conduite des nations sur les scènes internationales n’est presque jamais guidée par plus de considérations. Mais plutôt par un sombre cocktail d’argent et de géopolitique, comme quand vous voyez les porte-paroles de la classe dirigeante qui commencent à diaboliser un pays étranger, la première question dans votre esprit doit toujours être: « qu’est-ce qui est réellement en jeu ici? »

Depuis quelques temps, la Russie, la Chine, l’Iran et la Syrie ont été dans le collimateur. Une fois que vous comprenez pourquoi, les événements qui se déroulent en ce moment même dans le monde prennent beaucoup plus de sens. Le dollar américain est une monnaie vraiment unique. En fait, sa conception actuelle et sa relation à la géopolitique ne ressemblent à aucune autre dans l’histoire.

Avant 1971, le dollar américain était lié au standard de l’or, du moins officiellement. Selon le FMI, en 1966, les banques centrales étrangères détenaient 14 milliards en dollars américains, mais les Etats-Unis avaient seulement 3,2 milliards $ en or alloués pour couvrir les avoirs étrangers.

Traduction: la Réserve fédérale imprimait plus d’argent que ce qu’elle pouvait rembourser.

Le résultat a été une inflation galopante et une fuite générale du dollar.

En 1971, dans ce qui est allait être appelé plus tard appelé le « Choc Nixon« , le président Nixon a supprimé le dollar du standard de l’or, intégralement.

[Richard Nixon] J’ai ordonné au Secrétaire du Trésor de prendre les mesures nécessaires pour défendre le dollar contre les spéculateurs. J’ai ordonné au secrétaire, calmement, de suspendre temporairement la convertibilité du dollar en or ou en d’autres avoirs de réserve, à l’exception du montant et des conditions déterminées à être dans l’intérêt de la stabilité monétaire et dans le meilleur intérêt des États-Unis.

[Narrateur] À ce stade, le dollar est devenu une monnaie purement fondée sur la dette. Avec des monnaies basées sur la dette, l’argent est littéralement prêté à l’existence.

Environ 70% de la monnaie en circulation est créé par les banques ordinaires qui sont autorisés à prêter plus d’argent que ce qu’elles possèdent sur leurs comptes. Le reste est créé par la Réserve fédérale, qui prête de l’argent qu’ils ne possèdent pas, la plupart du temps au gouvernement.

C’est un peu comme faire des chèques sans provision, sauf que c’est légal, pour les banques.

Cette pratique qui est désignée comme un « système de réserves fractionnaires » est prétendument réglementée par la Réserve Fédérale, une institution qui se trouve être  détenue et contrôlée par un conglomérat de banques, et aucune agence ou branche du gouvernement ne réglemente la Réserve Fédérale.

[Journaliste] Quelle est la relation appropriée, quelle devrait être la relation appropriée entre le président de la Fed et le président des États-Unis?

[Allen Greenspan, président du FMI – vidéo] Eh bien, tout d’abord, la Réserve Fédérale est une agence indépendante, ce qui signifie essentiellement qu’il n’y a pas d’autre agence gouvernementale qui peut passer outre les actions que nous prenons. Cela est en place depuis si longtemps et il n’y a aucune preuve que l’administration, ou le Congrès ou qui que ce soit d’autre demande que nous faisons des choses autres que ce que nous pensons être la chose appropriée. Alors, de savoir quelle relation, cela n’a franchement pas d’importance.

Maintenant, pour rendre les choses encore plus intéressantes, ces prêts de réserve fractionnaire ont un intérêt attaché, mais l’argent pour payer ces intérêts n’existe pas dans le système. En conséquence, il y a toujours plus de dette totale que d’argent en circulation, et afin de rester à flot, l’économie doit croître sans cesse.

Ceci n’est évidemment pas durable.

Maintenant, vous commencez peut-être à vous demander comment le dollar a maintenu une position si dominante sur la scène mondiale depuis plus de quarante ans, si c’est réellement un peu plus qu’un système de Ponzi élaboré.

Eh bien, c’est là où le dollar rejoint la géopolitique.

En 1973, sous l’ombre de la crise pétrolière artificielle de l’OPEP, l’administration Nixon entame des négociations secrètes avec le gouvernement de l’Arabie Saoudite pour établir ce qui plus tard va être appelé le système de recyclage des pétrodollars. Selon l’accord, les Saoudiens ne vendaient leur pétrole qu’en dollars américains, et investiraient la majorité de leurs profits pétroliers excédentaires dans les banques américaines et les marchés de capitaux.

Le FMI utiliserait alors cet argent pour faciliter les prêts aux pays importateurs de pétrole qui avaient des difficultés pour couvrir l’augmentation des prix du pétrole. L’intérêt et les paiements sur ces prêts seraient évidemment libellés en dollars américains.

Cet accord a été formalisé dans la « Commission mixte américano-saoudienne sur la coopération économique » mise en place par le secrétaire d’État de Nixon, Henry Kissinger, en 1974.

[Un autre document publié par le Congressional Research Service révèle que ces négociations avaient un avantage pour eux, alors les responsables américains discutaient ouvertement de la possibilité de saisir des champs de pétrole en Arabie Saoudite militairement.]

Le système a été élargi pour inclure le reste de l’OPEP, en 1975.

Bien que présenté comme un tampon pour les effets récessifs de la hausse des prix du pétrole, cet arrangement a eu un effet caché. Il a supprimé les contraintes traditionnelles sur la politique monétaire américaine.

La Réserve Fédérale était maintenant libre d’augmenter l’offre de l’argent à volonté. La demande toujours croissante de pétrole permettrait d’éviter une fuite du dollar, tout en distribuant les conséquences inflationnistes sur l’ensemble de la planète.

Le dollar est passé d’une monnaie basée sur l’or à une monnaie basée sur le pétrole. Il est également devenu le premier produit d’exportation de l’Amérique.

Vous êtes-vous déjà demandé comment l’économie américaine a été en mesure de rester à flot, tout en gardant plusieurs milliards de déficits commerciaux en dollars pendant des décennies? Vous êtes-vous jamais demandé comment il se fait que les États-Unis détiennent une telle quantité disproportionnée de la richesse mondiale, quand 70% de l’économie américaine est fondée sur le consommateur?

Dans l’ère moderne, les combustibles fossiles font tourner le monde. Ils se sont intégrés dans tous les aspects de la civilisation: l’agriculture, le transport, les matières plastiques, le chauffage, la défense et la médecine, et la demande ne cesse de croître.

Aussi longtemps que le monde aura besoin de pétrole, et aussi longtemps que le pétrole sera vendu uniquement en dollars américains, il y aura une demande pour le dollar américain, et cette demande est ce qui donne sa valeur au dollar.

Pour les États-Unis, c’est une très bonne affaire. Les dollars sortent, soit en papier ou en chiffres dans un système informatique, et des produits et services réels et tangibles arrivent. Toutefois, pour le reste du monde, c’est une forme très sournoise d’exploitation.

En ayant un commerce mondial principalement en dollars, cela confère également à Washington une puissante arme financière à travers les sanctions. Cela est dû au fait que la plupart des transactions en dollars à grande échelle sont forcées de passer par les Etats-Unis.

Ce système de pétrodollars restera incontesté jusqu’en septembre 2000, lorsque Saddam Hussein a annoncé sa décision de faire passer les ventes de pétrole de l’Irak du dollar vers l’euro. Ce fut une attaque directe sur le dollar, et facilement, l’événement géopolitique le plus important de l’année, mais seulement un article dans les médias occidentaux l’a mentionné.

Dans le même mois où Saddam a annoncé qu’il s’éloignait du dollar, une organisation appelée « Le Projet pour un Nouveau Siècle Américain » [PNAC], dont Dick Cheney s’est juste avéré être un membre, a publié un document intitulé « Reconstruire les défenses de l’Amérique. Stratégie, Forces et Ressources pour un Nouveau Siècle« . Ce document a appelé à l’augmentation massive des dépenses militaires américaines et à une politique étrangère beaucoup plus agressive afin d’étendre la domination américaine dans le monde. Cependant le document a déploré que la réalisation de ces objectifs prendrait de nombreuses années dans « l’absence d’un événement catastrophique et catalyseur – comme un nouveau Pearl Harbor ».

Un an plus tard, ils l’avaient.

Surfant sur la réaction émotionnelle du 11 septembre, l’administration Bush a réussi à envahir l’Afghanistan et l’Irak, et à passer le Patriot Act, sans aucune résistance significative.

Wesley Clark: Le plan US post 11/9: envahir 7 pays dont l’Irak, la Lybie, la Syrie et l’Iran

Il n’y avait pas d’armes de destruction massive en Irak, et ce ne fut pas une question de mauvaises informations. Ce fut un mensonge froid et calculé, et la décision d’envahir a été faite en pleine connaissance de la catastrophe qui allait suivre.

[Dick Cheney en 1994, vidéo]

[Journaliste]: Pensez-vous que les Etats-Unis, ou les forces de l’ONU, auraient dû venir à Bagdad?

[Dick Cheney]: Non

[Journaliste]: Pourquoi non?

[Dick Cheney]: Parce que si nous étions allés à Bagdad, nous aurions été tout seuls. Il n’y aurait eu personne d’autre avec nous. Il y aurait eu une occupation américaine en Irak. Aucune des forces arabes prêtes à se battre avec nous au Koweït n’étaient prêtes à envahir l’Irak.

Une fois que vous êtes en Irak et que vous en avez pris le contrôle, que vous faites tomber le gouvernement de Saddam Hussein, alors qu’est-ce que vous allez mettre à sa place? Voilà une partie très instable du monde, et si vous faites tomber le gouvernement central de l’Irak, vous pourriez très facilement finir par voir des morceaux de l’Irak s’envoler: une partie, les Syriens aimeraient en avoir à l’ouest, une partie de celui-ci – l’est de l’Irak – les Iraniens aimeraient le récupérer, ils se sont battus pour ça pendant huit ans. Dans le nord, vous avez les Kurdes, et si les Kurdes se rassemblent et rejoingnent les Kurdes en Turquie, alors vous menacez l’intégrité territoriale de la Turquie.

C’est un bourbier si vous allez aussi loin et essayez de prendre le contrôle de l’Irak.

L’autre chose, c’était les victimes. Tout le monde a été impressionné par le fait que nous avons pu faire notre travail avec aussi peu de victimes que nous avons eues. Mais pour les 146 Américains tués en action, et pour leurs familles – cela n’a pas été une guerre sans prix. Et la question pour le président, pour savoir si oui ou non nous poursuivons notre présence à Bagdad, si nous prenons des pertes supplémentaires dans un effort pour obtenir Saddam Hussein, était de savoir combien de morts supplémentaires Américains vaut Saddam?

Notre jugement a été qu’il n’en vaut pas beaucoup, et je pense que nous avons eu raison.

Ils savaient exactement ce qui allait se passer, mais en 2003, ils l’ont quand même fait. Une fois que les champs de pétrole irakiens ont été sous contrôle américain, les ventes de pétrole ont été immédiatement rétablies en dollars. Mission accomplie.

Peu de temps après l’invasion de l’Irak, l’administration Bush a tenté d’étendre ces guerres à l’Iran. Soi-disant le gouvernement iranien travaillait à la construction d’une arme nucléaire. Après le fiasco en Irak, la crédibilité de Washington a été gravement endommagée, et par conséquent, ils ont été incapables de rassembler un soutien national ou international pour une intervention. Leurs efforts ont en outre été sabotés par des éléments au sein de la CIA et du Mossad qui sont venus à l’avant pour déclarer que l’Iran n’avait même pas pris la décision de développer des armes nucléaires, et encore moins d’en commencer une tentative. Cependant, la campagne de diabolisation contre l’Iran a continué même au sein de l’administration Obama.

Pourquoi?

Eh bien, cela pourrait-il avoir quelque chose en rapport avec le fait que, depuis 2004, l’Iran a été dans un processus d’organisation d’une bourse pétrolière indépendante? Les Iraniens construisaient leur propre marché du pétrole, et il n’allait pas être lié au dollar. Les premières livraisons de pétrole ont été vendues par ce marché en juillet 2011. Incapables d’obtenir la guerre qu’ils voulaient, les États-Unis ont utilisé l’ONU pour imposer des sanctions contre l’Iran. L’objectif des sanctions était de renverser le régime iranien. Bien que cela ait porté préjudice à l’économie iranienne, les mesures ont échoué à déstabiliser le pays. Cela était dû en grande partie à l’aide de la Russie dans le contournement des restrictions bancaires américaines.

En février 2009, Mouammar Kadhafi a été nommé président de l’Union Africaine. Il a immédiatement proposé la formation d’un Etat unifié avec une monnaie unique. C’est la nature de cette monnaie proposée qui l’a tué.

En mars 2009, l’Union Africaine a publié un document intitulé « Vers une monnaie unique africaine ». Les pages 106 et 107 de ce document discutent spécifiquement les avantages et les aspects techniques de l’exécution de la Banque Centrale Africaine sous un standard en or. À la page 94, il est dit explicitement que la clé de la réussite de l’Union monétaire de l’Afrique serait la « liaison éventuelle d’une monnaie unique africaine à la plus monétaire de toutes les marchandises – l’or. »[Remarque: La numérotation des pages est différente sur d’autres versions du document qu’ils ont publié]

En 2011, la CIA est venue en Libye et a commencé à soutenir des groupes militants dans leur campagne pour renverser Kadhafi, et les Etats-Unis et l’OTAN ont soutenu et appliqué une résolution de zone d’exclusion aérienne à l’ONU pour faire pencher la balance avec des frappes aériennes. La présence d’extrémistes d’Al-Qaïda parmi ces combattants rebelles a été mise sous le tapis. La Libye, comme l’Iran et l’Irak, avait commis le crime impardonnable de contester le dollar américain.

L’intervention de l’OTAN en Libye s’est transformée en une guerre secrète contre la Syrie. Le gouvernement libyen a été torpillé et les armes ont été expédiées via la Turquie aux rebelles syriens travaillant à renverser Assad. Il était déjà clair à ce stade qu’un grand pourcentage de ces combattants avaient des liens avec des organisations terroristes. Cependant l’appareil de sécurité nationale des États-Unis a considéré cela comme un mal nécessaire. En fait, le Conseil des relations étrangères a publié un article en 2012 déclarant que « L’afflux des djihadistes apporte de la discipline, de la ferveur religieuse, de l’expérience de la bataille d’Irak, du financement de sympathisants sunnites dans le Golfe, et surtout, des résultats mortels. En bref, la FSA [Armée Syrienne Libre] a maintenant besoin d’al-Qaïda ».

[Voir theantimedia.org pour lire ça]

[Soyons clairs, les Etats-Unis ont mis l’Etat Islamique (ISIS) au pouvoir]

En 2013, ces mêmes rebelles syriens liés à Al-Qaïda ont lancé deux attaques au gaz sarin. Ce fut une tentative d’encadrer Assad et de mobiliser le soutien international pour une intervention militaire. Heureusement, ils ont été exposés par les Nations Unies et les enquêteurs russes, et la poussée en faveur des frappes aériennes s’est complètement effondrée lorsque la Russie est intervenue pour négocier une solution diplomatique.

La campagne pour un changement de régime en Syrie, tout comme en Libye, a été présentée en termes de droits de l’homme. Évidemment, ce ne sont pas les véritables motifs.

En 2009, le Qatar a mis en avant une proposition visant à lancer un pipeline de gaz naturel à travers la Syrie et la Turquie vers l’Europe. Assad l’a toutefois rejeté, et en 2011, il a forgé un pacte avec l’Irak et l’Iran pour construire un pipeline en coupant complètement le Qatar et l’Arabie saoudite de la boucle. Sans surprise, le Qatar, l’Arabie saoudite et la Turquie ont été les joueurs régionaux les plus agressifs dans la poussée pour renverser le gouvernement syrien.

Mais pourquoi ce pipeline aurait mis la Syrie dans la ligne de mire de Washington?

Trois raisons:
1. Cet arrangement du pipeline permettait de renforcer de manière significative la position de l’Iran, leur permettant d’exporter vers les marchés européens sans avoir à passer par l’un des alliés de Washington. Cela réduisait évidemment le levier du gouvernement américain.
2. La Syrie est le plus proche allié de l’Iran. Son effondrement aurait intrinsèquement affaibli l’Iran.
3. La Syrie et l’Iran ont signé un accord de défense mutuelle, et une intervention américaine en Syrie pourrait ouvrir la porte à un conflit ouvert avec l’Iran.

En février 2014, ce jeu d’échecs mondial a chauffé dans un nouveau lieu: l’Ukraine. La véritable cible était cependant la Russie.

Vous voyez, la Russie se trouve être juste le deuxième plus grand exportateur de pétrole au monde, et non seulement ils ont été une épine dans le pied de Washington au niveau diplomatique, mais ils ont aussi ouvert une bourse de l’énergie en 2008, avec des ventes libellées en roubles et en or. [Ce projet était en cours depuis 2006. Ils ont également travaillé avec la Chine pour se retirer du dollar dans l’ensemble de leur commerce bilatéral.]

La Russie a également été dans un processus d’organisation d’une Union Economique Eurasienne, qui comprend des plans pour adopter une unité monétaire commune, et qui est prévue pour avoir son propre marché indépendant de l’énergie.

Avant la crise, l’Ukraine a été face à un choix: soit rejoindre l’UE en vertu d’un accord d’association ou rejoindre l’Union eurasienne. L’UE a insisté que ce n’était pas une proposition optionnelle. L’Ukraine ne pouvait pas rejoindre les deux. La Russie, d’autre part, a affirmé que l’adhésion aux deux ne posait pas de problème. Le Président Ianoukovitch a décidé d’aller avec la Russie.

[Cet article du Guardian vaut aussi la peine d’être lu.]

En réponse, l’appareil de sécurité nationale des États-Unis a fait ce qu’il fait le mieux: ils ont renversé Ianoukovitch et installé un gouvernement fantoche. Pour voir la preuve complète de l’implication de Washington dans le coup d’Etat, regardez « La crise en Ukraine: ce qu’on ne vous dit pas ».

Bien que tout cela semblait aller bien au début, les États-Unis ont rapidement perdu le contrôle de la situation. La Crimée a organisé un référendum et le peuple a voté massivement pour faire sécession de l’Ukraine et pour une réunification avec la Russie. La transition a été ordonnée et pacifique. Personne n’a été tué, mais l’Occident a immédiatement encadré tout l’événement comme un acte d’agression russe, et cela est devenu le point de mantra à partir de là.

La Crimée est importante sur le plan géostratégique en raison de sa position sur la mer Noire, qui permet la projection de la puissance navale en Méditerranée. [Elle a aussi été un territoire russe dans une grande partie de l’histoire récente.]

Les Etats-Unis ont fait pression pour l’inclusion de l’Ukraine dans l’OTAN depuis des années maintenant. Une telle démarche aurait placé les forces américaines juste sur la frontière de la Russie et aurait potentiellement pu aboutir à la perte pour la Russie de leur base navale en Crimée. C’est la raison pour laquelle la Russie a immédiatement accepté les résultats du référendum de Crimée et a rapidement consolidé le territoire.

Pendant ce temps, dans l’Est de l’Ukraine, deux régions ont déclaré l’indépendance face à Kiev et ont tenu des référendums de leur propre côté. Des résultats qui ont plébiscité l’autonomie.

Kiev a répondu à cela avec ce qu’ils appelaient des opérations anti-terroristes. Dans la pratique, ce fut une campagne massive et aveugle de bombardements qui ont tué des milliers de civils. Apparemment, tuer des civils n’était pas considéré comme une agression pour l’Occident. En fait, le FMI a explicitement mis en garde le gouvernement provisoire que leur enveloppe de prêts de 17 milliards de dollars pourrait être en danger, s’ils ne sont pas en mesure de mettre un terme au soulèvement en Ukraine orientale.

Alors que la guerre contre l’Ukraine orientale faisait rage, les élections ont eu lieu et Petro Porochenko a été élu président. Il se trouve que Porochenko a été exposé par un câble diplomatique publié par Wikileaks en 2008, pour avoir travaillé comme taupe pour le Département d’État des États-Unis depuis 2006. Ils se sont référés à lui comme « Notre homme en Ukraine » et la plupart du câble fait référence à l’information qu’il fournissait. [Un autre câble montre que les Etats-Unis savaient que Poroshenko était corrompu même à ce moment.]

Avoir une marionnette en place n’a cependant pas été suffisant pour donner à Washington la haute main dans cette crise. Qu’est-ce que Washington fait quand ils n’ont pas d’autre effet de levier? Ils imposent des sanctions, ils diabolisent et ils font des tentatives d’intimidation.

Cela n’est pas une très bonne stratégie lorsqu’ils traitent avec la Russie. En fait, cela s’est déjà retourné contre eux. Les sanctions ont simplement poussé la Russie et la Chine à une coopération plus étroite et a accéléré l’agenda dé-dollarisation de la Russie. Et en dépit de la rhétorique, cela n’a pas conduit la Russie à être isolée. Les États-Unis et l’OTAN ont creusé un fossé entre eux et la Russie, mais pas entre la Russie et le reste du monde.

Ce nouvel axe anti-dollar va plus loin que l’économie. Ces pays comprennent ce qui est en jeu ici. Voilà pourquoi, dans le sillage de la crise ukrainienne, la Chine a proposé un nouveau pacte de sécurité eurasienne qui inclurait la Russie et l’Iran.

Considérez les implications ici, alors que l’administration Obama commence les bombardements en Syrie, un pays qui a également un accord de défense mutuelle avec l’Iran.

Cela n’est pas la guerre froide 2.0. C’est la guerre mondiale 3.0. Les masses n’ont peut-être pas encore compris, mais l’histoire s’en souviendra de cette manière.

Les alliances se consolident et une guerre chaude prend son cours sur de multiples fronts. Si les provocations et les guerres par procuration continuent, c’est seulement une question de temps avant que les grands joueurs s’affrontent directement, et ceci est une recette pour un désastre.

Est-ce que tout cela résonne de manière folle pour vous? Eh bien, vous avez raison. Les gens qui dirigent le monde en ce moment sont fous, et le public est comme un somnambule dans une tragédie. Si vous voulez modifier le cours où nous sommes, il n’y a qu’une seule façon de le faire. Nous devons réveiller ce public. Même les armes les plus puissantes de la guerre sont neutralisées, si vous atteignez l’esprit de l’homme derrière la détente.

Comment pouvons-nous réveiller les masses, demandez-vous? N’attendez pas que quelqu’un d’autre réponde pour vous. Faites preuve de créativité. Agissez comme si l’avenir de vos enfants et de vos petits-enfants était en jeu, parce que c’est le cas.

Transcription originale en anglais: http://www.veteranstoday.com/2014/09/19/the-geopolitics-of-world-war-iii/

Etats-Unis/Israël: Les signes d’une politique commune, dès 2008, pour éliminer les figures-clés du régime syrien et de ses alliés

Syria.BasharAlAssad.02Photo: Affiche avec le portrait du président Assad, avec l’inscription « Que Dieu protège la Syrie » (2006).

Dans des révélations récentes de The Intercept, on apprend que la mort mystérieuse d’un général de Bachar al-Assad, en 2008, a été opérée par les services secrets israéliens, d’après des documents émanant de la NSA américaine. Mais cette mort et cet assassinat, replacés dans un contexte politique plus large, font voir d’autres choses importantes: le rapport conflictuel entre la Syrie et Israël, l’intérêt commun de certains pays (Etats-Unis, Arabie Saoudite, Qatar, Turquie) pour faire tomber le régime Assad, mais aussi les défaillances internes au régime syrien, les purges au sein des services secrets et la fissuration d’un système qui allait tomber irrémédiablement vers une guerre généralisée.

C’est cette fissuration de l’intérieur qui a conduit à la situation actuelle en Syrie et qui a facilité l’expansion de la guerre, du chaos et de la terreur — le tout favorisé par une alliance de l’Occident, de pays arabes et de l’Etat israélien contre le régime Assad. Ce sont encore aujourd’hui ces fissurations idéologiques qui empêchent la paix en Syrie et qui empêchent tous les groupes opposés idéologiquement de trouver un terrain d’entente pour revenir à une situation « normale » d’avant-guerre.

Le régime syrien, semblable à un mur en béton, a subi des pressions venant de toutes parts – de l’intérieur même des services secrets, des opposants au régime, et de l’extérieur, venant de pays occidentaux ou arabes opposés à Bachar al-Assad – et il n’a pas tenu face à la contestation civile qui allait l’emporter dans une chute totale. Le problème, c’est qu’en s’effondrant, le régime syrien est retombé par morceaux entiers sur une population sans défense et que ce qui a émergé de ces ruines, c’est l’Etat Islamique.

Les assassinats d’Imad Mughniyeh et de Mohammad Suleiman: Israël et la CIA

L’assassinat d’Imad Mughniyeh est évoqué dans un des documents Wikileaks, les Stratfor Files. Stratfor, une société privée du renseignement américain, fait un rapport sur la mort d’Imad Mughniyeh, présenté comme « un des piliers du Hezbollah », et mort dans une explosion de voiture le 12 février 2008. Le rapport de Stratfor (traduit ici en français), établi grâce à une source israélienne, attribue l’attentat contre Imad Mughniyeh aux services secrets israéliens, le Mossad. Le plus étonnant, c’est qu’Imad Mughniyeh, décrit comme « un partisan de la guerre clandestine et un théoricien de l’attentat à la voiture piégée » (Wikipedia) est lui-même mort assassiné dans un attentat, dans l’explosion de sa voiture — comme si le Mossad avait voulu lui jouer une revanche en choisissant son moyen de lutte privilégié pour le tuer.

Mais, dans un article du Washington Post, daté de janvier 2015, on apprend que le Mossad a été assisté de l’aide de la CIA américaine pour réaliser l’élimination d’Imad Mughniyeh, notamment en ce qui concerne la mise au point de la bombe:

Les États-Unis ont aidé à construire la bombe, a dit l’ancien fonctionnaire, et l’ont testé à plusieurs reprises dans un établissement de la CIA en Caroline du Nord pour s’assurer que la zone de l’explosion potentielle soit contenue et n’entraînerait pas de dommages collatéraux.

Ces éléments qui ont été révélés il y a quelques mois montrent qu’il y a bien eu une volonté commune entre les Etats-Unis et Israël pour éliminer certaines figures-clés liées au Hezbollah et au régime syrien, les deux étant soutenus par l’Iran. Cette politique d’élimination et d’assassinats qui a eu lieu en 2008, bien avant le début de la guerre civile en Syrie, montre la montée de la tension politique au Moyen-Orient: les tentatives de paix entre Israël et la Palestine échouent, l’Etat israélien sent monter la menace d’une agression à ses frontières et s’empresse dans la panique de faire assassiner toute une liste de personnalités jugées dangereuses pour la sécurité de l’Etat d’Israël. Imad Mughniyeh en faisait partie, tout comme le général syrien Mohammad Suleiman.

Il y a deux interprétations à cette série d’assassinats ciblés: soit ces assassinats ont été menés comme une alternative pour éviter la guerre, autrement dit comme un moyen de pression pour forcer le gouvernement syrien à ne plus soutenir le Hezbollah et à négocier avec Israël, soit ces assassinats ont été menés par Israël et les Etats-Unis comme une préparation à une guerre planifiée avec la Syrie dès 2008, dans le but d’affaiblir à l’avance le régime syrien en éliminant les chefs militaires et les soutiens proches de Bachar al-Assad, comme Imad Mughniyeh et Mohammad Suleiman.

D’autre part, ce qui montre le lien entre ces deux assassinats comme le reflet d’une politique commune entre les Etats-Unis et Israël, c’est l’intervalle de temps — 6 mois à peine — qui séparent la mort d’Imad Mughniyeh et celle de Mohammad Suleiman. Comme le souligne The Intercept dans son article sur la mort de Mohammad Suleiman, le général qui était une figure-clé du régime de Bachar al-Assad:

L’assassinat israélien de Suleiman est venu moins de six mois après qu’une équipe conjointe de la CIA et du Mossad a assassiné un haut membre du Hezbollah dans le coeur de Damas, selon plusieurs responsables actuels et anciens de l’armée et du renseignement américain. L’implication américaine et israélienne dans cette attaque, qui visait l’agent du Hezbollah Imad Mughniyeh, a été rapportée en tout premier et en détail par le Washington Post.

On peut donc fortement soupçonner que l’assassinat d’Imad Mughniyeh, le 12 février 2008, puis celui de Mohammad Suleiman, le 1er août 2008, faisaient tous deux parties d’une liste commune au Mossad israélien et à la CIA américaine pour contrer et affaiblir le régime syrien et ses alliés, même si le lien à la CIA pour Mohammad Suleiman n’est pas démontré.

Le régime Assad, un régime fissuré de l’intérieur

En 2008, des sources citées par des journalistes faisaient déjà le lien entre la mort de Mohammad Suleiman et celle d’Imad Mughniyeh (sans parler encore d’une responsabilité du Mossad ou de la CIA). Ces articles soulevaient plutôt la question d’une vengeance au sein des services secrets syriens, en effet:

Des membres internes du régime indiquent que le meurtre de Mughniyeh, qui a causé au leader syrien un sérieux embarras avec ses alliés iraniens et le Hezbollah, a déclenché une purge dans les rangs supérieurs des services de renseignement en Syrie. Certains spéculent que ces purges ont pu créé un motif de revanche pour le meurtre de [Mohammad] Suleiman.

Ces affaires concernant les services secrets ont pu affaiblir de l’intérieur le régime syrien et conduire, peut-être, à une forme de trahison et de contestation accrue contre le régime de Bachar al-Assad avant de mener à la guerre civile.

D’autre part, le régime syrien était fragile de l’intérieur, comme l’ont constaté les diplomates américain, dès 2006, dans un câble publié par Wikileaks (06DAMASCUS5399). Les Etats-Unis avaient conscience de ces failles dans le régime syrien. Le cercle du pouvoir de Bachar al-Assad est très restreint à ce moment: le pouvoir est détenu par un nombre très limité de personnes, un « cercle intérieur » qui est fragile et vulnérable, ce qui laisse penser que Bachar al-Assad pouvait être facile à renverser:

Les actions qui conduisent Bachar à perdre l’équilibre et augmenter son insécurité sont dans notre intérêt, parce que son inexpérience et le cercle de décision extrêmement petit du régime le rendent sujet aux trébuches diplomatiques qui peuvent l’affaiblir à l’échelle nationale et régionale.

La question qui reste à l’esprit est la suivante: Est-ce que les Etats-Unis, Israël et leurs alliés qui voulaient faire tomber le régime Assad avaient planifié une guerre en Syrie dès 2008, en conduisant des politiques d’assassinats (est-ce que l’objectif de faire tomber le régime Assad était clairement défini et décidé?) —, ou bien est-ce que la révolution et la guerre civile en Syrie se sont produites comme une conséquence de l’échec répété des négociations de paix au Moyen-Orient, forçant les pays occidentaux à soutenir les rebelles et à s’enliser dans une guerre indéfinie contre le régime syrien? Les politiques d’assassinats ont peut-être été imaginées au départ comme une alternative à la guerre, un moyen d’affaiblir le régime syrien par étapes, en déconstruisant les bases du pouvoir de Bachar al-Assad, plutôt que de l’affronter directement dans des combats militaires, terrestres ou aériens.

Les Etats-Unis ont toujours eu conscience du rôle-clé et de la position stratégique de la Syrie pour l’avenir du Moyen-Orient. Ils avaient tout à fait conscience que la Syrie était un pays qui pouvait déstabiliser l’ensemble de la région, comme en témoigne l’extrait d’un rapport daté de 2008 et destiné au congrès américain:

Malgré la faiblesse de son armée et son économie morne, la Syrie demeure essentielle dans la géopolitique du Moyen-Orient. Le régime Assad a ses mains dans chacune des quatre grandes zones actives ou potentielles de conflit dans la région (Liban, Israël-Palestine, Irak, et Iran). […] D’autres pensent que l’Administration devrait aller encore plus loin pour faire pression sur le gouvernement syrien et devrait même envisager la mise en œuvre de sanctions économiques plus sévères contre celui-ci. (Résumé, p. 2)

Dans tous les cas, les Etats-Unis et Israël étaient impliqués idéologiquement face à la Syrie, bien avant le début de la guerre civile. Et il n’y a sans doute jamais eu de réelle « passivité » politique du côté israélien à l’égard du régime syrien, contrairement à ce que peut sous-entendre, par exemple, un article récent du Huffington Post:

La position de l’Etat hébreu, autre puissance régionale, sur le dossier syrien est quand à elle assez ambiguë et a évolué depuis le début de la crise. Si Israël a été d’une relative passivité durant les deux premières années, elle soutient désormais officiellement militairement et logistiquement les différents groupes armés rebelles présents dans les zones proches de la frontière israélo-syrienne

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’Etat d’Israël a été actif dans les affaires syriennes, bien avant la guerre civile, à travers les assassinats de figures soutenant de près ou de loin Bachar al-Assad, ou de personnalités liées au régime. On ne peut donc pas dire que l’Etat hébreu « a été d’une relative passivité » dans l’analyse de ces faits. Des assassinats et des opérations secrètes ont été menés. Mais l’implication de l’Etat hébreu n’explique pas à elle seule la chute du régime de Bachar al-Assad, car on constate que ce régime était miné de l’intérieur idéologiquement et qu’il pouvait difficilement contenir une montée croissante de l’opposition.

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