Des ex-dirigeants du GCHQ/MoD à la tête d’une compagnie associée au fournisseur d’équipements de défense du régime Assad

Un pilote d’hélicoptère US chante « Bye, bye, miss American pie » alors qu’il pulvérise une cible afghane

La même compagnie qui fournit des hélicoptères à l’OTAN (la vidéo en lien ci-dessus montre les forces états-uniennes en action en Afghanistan dirigées par l’OTAN) fournit également des équipements de communication militaire au gouvernement syrien, et ceci n’est qu’une petite partie de l’information…

Avec ce rapport, une compilation d’informations provenant des ‘Syria Files’ récemment mise en ligne par WikiLeaks, ainsi que des câbles, dossiers/documents transmis par l’intermédiaire de l’installation Darker Net ‘Supersearch’, nous entrons dans le monde équivoque des entrepreneurs spécialisés dans la défense, qui gagnent des millions grâce à la guerre et qui évitent les sanctions et les embargos par des manœuvres trompeuses. C’est également le monde d’anciens chefs de gouvernements qui migrent vers le secteur commercial, en utilisant leurs contacts antérieurs pour établir des contrats lucratifs.

Les premiers e-mails rendus publics tirés des ‘Syria Files’ de WikiLeaks montrent que Finmeccanica, une multinationale italienne spécialisée dans la défense ayant des intérêts importants au Royaume-Uni, a fourni au régime syrien du matériel de communication, ainsi que de l’expertise sur les hélicoptères après le début des attaques contre les manifestations pacifiques en Mars 2011. Selex Elsag, une filiale de Finmeccanica au Royaume-Uni, a vendu le matériel de radiocommunication destiné à l’usage de la police syrienne en mai 2011, au moment où l’UE imposait un embargo sur le régime interdisant l’exportation d’armes et de matériel pouvant être utilisés pour la répression interne. Le matériel radio Tetra, dont 500 radiotéléphones portatifs VS3000 non sujets aux interférences, était destiné à être utilisé par la police et les militaires stationnés à Muadamia, une banlieue de Damas, et valait 50 millions de dollars. Les fuites au niveau des e-mails montrent également qu’en février 2012, bien après que l’UE ait imposé des sanctions économiques à la Syrie, des ingénieurs de Selex Elsag se sont rendus en Syrie pour offrir une formation sur la technologie des communications, y compris la façon dont elle pourrait être installée dans les hélicoptères.

Finmeccanica est également un important fournisseur d’hélicoptères de l’OTAN et il est le quatrième plus grand industriel spécialisé dans la défense en Europe, classé dans le top 10 mondial. La société basée en Italie génère des revenus d’environ 5,9 milliards de dollars par le biais de ses opérations militaires, qui comprennent des avions, des systèmes de radar, des véhicules de combat, des munitions, des systèmes de contrôle/commandement, des systèmes spatiaux, des hélicoptères et des drones. En juillet 2011, Finmeccanica a débuté des négociations dans le but de fournir l’équipement Tetra à l’Iran et à ses services de police, mais l’entreprise a ensuite été forcée de faire marche arrière sous la pression des Etats-Unis – pour voir le câble secret à ce sujet cliquez ici.

Il est intéressant de noter que les opérations de Finmeccanica au Royaume-Uni sont dirigées par Sir Kevin Tebbit, ancien directeur du GCHQ, le service de renseignements des transmissions britannique, et ancien secrétaire permanent à la Défense, où il a géré le Comité tout-puissant du D-Notice. Tebbit (qui est aussi le président de Selex – voir ci-dessous) a été appelé à témoigner pendant l’enquête Chilcott au sujet de la guerre en Iraq et devant la Commission d’Enquête Hutton sur la mort mystérieuse du Dr David Kelly, inspecteur des armements de l’ONU. Tebbit a également pris part dans la dissimulation d’un scandale de caisses noires impliquant des contrats BAE de la Défense et l’Arabie Saoudite.


                        Sir Kevin Tebbit

Un autre chef Finmeccanica (administrateur non-exécutif) et aussi un ancien directeur du GCHQ est Sir David Ormond, qui comme Tebbit était témoin à l’enquête Chilcott. Ormond était parmi ceux qui avaient décidé que David Kelly devrait être poursuivi pour avoir parlé aux médias du dossier du gouvernement sur les présumées armes de destruction massive en Iraq. Ormond est également le co-auteur du rapport DEMOS “Intelligence” sur l’espionnage informatique (préconisant l’espionnage sur Twitter et Facebook), cliquez ici pour en savoir plus.

En ce qui concerne Selex, elle emploie plus de 10 000 personnes dans 15 usines et bureaux au Royaume-Uni. Pour citer le site Internet de Selex Elsag :

« Dans le domaine de la défense, SELEX Elsag possède des capacités de référence dans le domaine des communications sécurisées, notamment sur le champ de bataille, l’intégration de systèmes, la cryptographie, l’ingénierie des radiofréquences et les projets spéciaux. Dans le secteur civil, l’entreprise est couronnée de succès dans le cadre des marchés de la Sécurité et de la Résilience, et des communications professionnelles. SELEX Elsag propose des solutions et des conseils de sécurité informatisés, avec des technologies et des processus éprouvés dans de grands programmes à la fois au Royaume-Uni et à l’étranger. Il a récemment été sélectionné dans le but de fournir une protection en cyber-sécurité à l’OTAN et à ses pays membres. »

Pour voir les fichiers secrets et les câbles relatifs à Selex, ainsi que les sources via l‘installation Darker Net Supersearch, cliquez ici. Pour voir des câbles et des dossiers similaires sur Finmeccanica, cliquez ici.

Pour un aperçu complet de la défense européenne et de l’industrie de surveillance, cliquez sur: http://darkernet.files.wordpress.com/2012/07/bigbrother.pdf  pour télécharger le document.

Source: http://darkernet.wordpress.com/2012/07/07/a-wikileaks-syria-files-darker-net-investigation-ex-gchqmod-chiefs-head-company-that-supplies-defence-equipment-to-assad-regime/ et  http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,12766.0.html

[Note : le jeudi 5 juillet 2012, Wikileaks a commencé à publier les fichiers sur la Syrie, soit plus de deux millions d’e-mails provenant de personnalités politiques, de ministères et d’entreprises associées syriens, datant d’août 2006 à mars 2012. Cet ensemble de données provient de 680 entités ou noms de domaines liés à la Syrie, y compris ceux des Ministères des Affaires présidentielles, des Affaires étrangères, des Finances, de l’Information, du Transport et de la Culture.

Dans les deux mois à venir, des histoires tirées des fichiers apparaîtront dans Wikileaks (global), Al Akhbar (Liban), Al Masry Al Youm (Egypte), ARD (Allemagne), Associated Press (Etats-Unis), L’Espresso (Italie), Owni (France) et Publico.es (Espagne). D’autres publications seront annoncées avant la date de publication. Le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, a déclaré :

« Le matériel est embarrassant pour la Syrie, mais il est également embarrassant pour les opposants de la Syrie. Non seulement il nous permet de critiquer un groupe ou un autre, mais il nous aide à comprendre leurs intérêts, leurs actions et leurs pensées. C’est seulement grâce à la compréhension de ce conflit que nous pouvons espérer le résoudre. »

En ce moment, la Syrie fait l’objet d’un violent conflit interne qui a fait entre 6000 et 15000 mots au cours des 18 derniers mois. Les fichiers sur la Syrie mettent en lumière les rouages du gouvernement et de l’économie syriens, mais ils révèlent également comment les entreprises occidentales et l’Ouest disent une chose et font son contraire.

L’éventail des informations s’étend de la correspondance intime des plus hauts personnages du parti Baas à des enregistrements de transferts financiers envoyés par les ministères syriens à d’autres nations. La base de données comprend 2434899 e-mails provenant de 680 domaines. Il y a 678752 adresses courriel différentes ayant envoyé des e-mails et 1082447 destinataires différents. Il y a un certain nombre de langues différentes dans le lot, y compris près de 400000 e-mails en arabe et 68000 e-mails en russe. Les données font plus de huit fois la taille de la « Cablegate » en termes de nombre de documents, et plus de 100 fois sa taille en termes de données.

Environ 42000 e-mails étaient infectés par des virus ou des chevaux de Troie. Pour surmonter ces difficultés, Wikileaks a élaboré un système politique d’exploration de données, d’usage général et multilingue, capable de traiter des ensembles de données massifs comme ceux représentés par les fichiers sur la Syrie.]

Traduit sur le Forum WikiLeaks par Dragonfly84

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