Julian Assange est déjà condamné par le féminisme d’Etat suédois

Le cas de Julian Assange met en lumière la doctrine dominante du féminisme d’Etat en Suède et de l’appareillage de propagande qui l’accompagne.

C’est un appareillage où travaillent main dans la main des féministes radicales qui haïssent les hommes sans saisir l’héritage du féminisme, des journalistes qui exercent un pouvoir mais n’ont aucune réelle compréhension de la raison d’être du journalisme, et des membres du système judiciaire qui veulent faire carrière sur la doctrine de l’égalité des droits et des chances.

Ce qui se passe en Suède aujourd’hui est indigne d’un pays qui se dit être une démocratie.

Mais ce n’est pas tout! Le cas de Julian Assange a également révélé le vrai visage du patriotisme suédois. Quiconque ose critiquer cet appareillage de propagande prend le risque d’être soit ignoré soit déclaré coupable par association.

Mais je prends ce risque parce que, après tout, je suis une journaliste et une féministe en Suède, et le droit à la liberté d’expression s’applique aussi à moi, même si je suis critique.

Les affaires autour de Julian Assange à Stockholm ont ouvert les vannes des variantes dégradées du féminisme et du journalisme qui existent aujourd’hui en Suède.

Le protocole de l’enquête préliminaire détaillant les rapports de Julian Assange avec deux femmes constitue une lecture choquante pour une pionnière du féminisme suédois des années ’70.

Je suis l’une de celles qui, en tant qu’animatrice pendant plusieurs années de l’émission de radio légendaire pour les femmes « Radio Ellen » à la radio suédoise, me suis battue pour les droits des femmes et pour l’égalité entre les sexes.

Je n’aurais jamais pu imaginer qu’un combat légitime pour l’égalité des droits et des chances, à la fois pour les hommes et pour les femmes, puisse dégénérer en un féminisme d’Etat dépourvu de bon sens et de raison.

Celles d’entre nous qui défrichèrent le féminisme en Suède dans les années ’70 se sont battues pour notre liberté sexuelle et pour le droit d’être pleinement responsables de nous-mêmes, mais nous nous sommes aussi battues pour être en mesure, comme les hommes, de prendre plaisir au sexe.

La libération sexuelle vint de concert avec l’exigence que nous, en tant que femmes, devions pouvoir subvenir à nos propres besoins et ne pas être économiquement dépendantes des hommes. Ceci est essentiel parce que c’est seulement une fois que, nous femmes, sommes économiquement indépendantes, que nous pourrons dire « non » si nous sentons qu’on se sert sexuellement de nous. Être une féministe n’a rien à voir avec la haine des hommes. Le féminisme, c’est le renforcement de l’estime personnelle des femmes, ce n’est pas faire de nous des victimes ou être catégorisées par l’État comme victimes par défaut.

Mais dans la Suède féministe d’aujourd’hui, ce qui suit peut se produire. Dans les minutes de l’enquête préliminaire de l’affaire Assange en Suède, j’ai lu: Femme A. dit au sujet de sa relation avec Assange: « J’étais fière comme pas deux de mettre l’homme le plus cool du monde au lit et vivant dans mon appartement. » Après avoir plusieurs fois eu des relations sexuelles avec lui, elle va à la police.

Comment la révolution sexuelle suédoise des années ’70 s’est-elle transformée en un appareil de pouvoir oppressif au 21è siècle, où les hommes sont décrits comme des ennemis potentiels et des menaces envers l’Etat? Un Etat où ceux qui critiquent le système en vigueur ne reçoivent pas de voix dans les médias.

Le féminisme de libération fut kidnappé à la fin des années ’80 quand il fut désarmé et renommé « Jämställdhet » (la doctrine d’égalité des droits et des chances) et coopté dans l’appareil du pouvoir. Jämställdhet devint la norme étatique et une idéologie en Suède. Et il devint une niche pour carriéristes, surtout en politique, dans le service public et le système judiciaire.

Beaucoup de pionnières féministes ont disparu dans les Universités suédoises, où elles ont transformé notre lutte en « connaissance scientifique », et sont devenues des féministes d’élite. Elles ont reçu de l’argent de l’État, car les Universités sont publiquement financées en Suède. Plutôt que de parler « des sexes » elles ont commencé à parler de « genres », et la lutte ne se focalisait plus sur la transformation de l’appareil d’Etat: il a mué pour viser le sexe masculin et les hommes comme des créatures sexuelles. L’idéologie totalitaire actuelle des genres a aussi été promue par les médias suédois, qui font ce qui leur est demandé par l’État.

Dans la Suède d’aujourd’hui, les médias se dédient à l’éducation du peuple plutôt que de garder le pouvoir sous contrôle.

Quand il s’agit de Julian Assange, il y a naturellement des motivations sous-jacentes. Il a défié les médias en faisant ce dont rêve tout journaliste: un Scoop mondial!

Ce qu’a fait Julian Assange est d’avoir blessé l’orgueil de beaucoup de journalistes.

Chaque journaliste rêve d’obtenir Le Scoop, mais très peu y parviennent. Le tabloïde suédois « Expressen » a essayé de tourner Julian Assange en scoop avec la une: « Chasse à l’homme après Julian Assange – suspecté de viol en Suède. »

Quelques heures plus tard, l’enquête fut annulée. Elle fut ré-ouverte ultérieurement par une nouvelle procureure, Marianne Ny, qui a clairement des opinions féministes radicales. Elle collabore avec le politicien, avocat, et ancien Ombudsman du Jämställdhet, Claes Borgström.

Et maintenant, ce n’est pas juste les deux femmes qui ont volontairement invité Julian Assange chez elles et ont couché plusieurs fois avec lui, avant de découvrir qu’il est tout simplement un homme normal avec une libido. Désormais, les médias avaient aussi découvert que Julian Assange n’était pas une espèce de saint, mais un homme normal avec une libido.

Mais les médias assoiffés de sang ont initié une chasse à l’homme sans vérifier les faits de l’affaire et sans attendre un procès. À la place, les médias sont devenus juges et jury, car l’approche politiquement correcte en Suède aujourd’hui est que les femmes sont toujours des victimes et sont sans reproches quand il s’agit de sexe.

Le fait que les médias se comportent comme une espèce de tribunal populaire de la justice de foule dans le cas de Julian Assange est très sérieux; les médias fabriquant un climat hostile contre Julian Assange, avant même qu’il n’arrive en procès dans une Cour suédoise, est une violation de ses droits humains. C’est une affaire grave quand les plus grands journaux de Suède ne veulent même pas publier ses propres mots.

Les médias ne devraient pas endosser le rôle des tribunaux en spéculant sur une affaire, avant que la procédure légale ait suivi son cours et que le jugement soit prononcé. Le rôle des médias est d’examiner les faits et de montrer du respect pour la règle du droit en démocratie.

Des gros titres sensationnalistes, du journalisme de tabloïde basé sur la rumeur et des antagonismes personnels ne sont pas du journalisme. C’est simplement un moyen de vendre des journaux et de tricher avec le public. Cette forme de journalisme suédois est indigne d’une démocratie.

Pire que tout est le fait que Julian Assange soit assigné à domicile en Angleterre avec un appareil de traçage électronique à sa cheville depuis plus de 500 jours. Il ne veut pas aller en Suède, car il craint que la Suède ne l’extrade aux USA. Le cas de Julian Assange soulève de sérieuses questions sur les violations des Droits de l’Homme dans le pays démocratique que nous appelons la Suède. Mais les médias n’en feront pas cas. Ils se préoccupent de créer autant d’antagonisme envers Julian Assange qu’ils le peuvent.

Helene Bergman

Journaliste, féministe et ex-animatrice de l’émission de radio légendaire Radio Ellen à la radio suédoise

Source: http://khelenebergman.blogspot.fr/2012/06/julian-assange-is-already-condemned-by.html

Traduit depuis le web par willsummer

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