Une solution pour Correa, Assange et la justice pour tous

la grosse lèvre d’Obama est le résultat du coup de Julian Assange, pas de Michelle Obama, comme a été rapporté

par Paul Sedowski, 13 août 2012

Le président Correa a été mis dans une position délicate par la demande de Julian Assange de lui accorder l’asile politique en Équateur.

D’une part, la requête est entièrement raisonnable, étant donnée la réalité de la situation et, clairement, Assange a plus que gagné le soutien total de toute personne de conscience de par le monde. Il n’y a aucun doute dans mon esprit que le président Correa, en privé, ferait n’importe quoi pour aider Assange. Je ne doute pas que beaucoup de responsables gouvernementaux dans la plupart des pays voudraient – secrètement – faire la même chose, si seulement ils en avaient le courage.

Mais d’autre part, avec l’attitude sans compromis et continuellement anti-constitutionnelle du régime Obama, Correa doit se rendre compte que, dût-il accorder sa requête à cet unique homme, héroïque et injustement calomnié, sa nation toute entière serait exposée à d’immédiates difficultés, car Obama prendrait sûrement des mesures de représailles rapides et injustes.

Pour un pays aussi marginalisé (par le gouvernement US) que l’Équateur, il est fichu s’il le fait et il est fichu s’il ne le fait pas.

Alors que feriez-vous si vous étiez Correa? Je pense que la solution est en réalité assez simple.

1) Construisez une coalition de chefs d’Etats amis et de responsables gouvernementaux. Pas seulement en Amérique Latine, mais tout autour du monde. Faites qu’ils expriment de la solidarité – rien de plus – avec la position tirée de principes, humaniste et légitime, que la requête d’Assange représente. Je suis confiant du fait que les simples soutiens de la « justice », de « l’équité », et de la « liberté de l’information » seraient embrassés par la plupart des dirigeants libres d’esprit autour du monde, qu’ils osent l’admettre publiquement ou non. Et la totalité de ce soutien ne viendrait pas que de pays « renégats » ou du « tiers-monde », non plus.

2) Faites immédiatement une adresse aux Nations Unies lors d’une session d’urgence. Citez la justesse du cas d’Assange, l’injustice de sa persécution (arrestation sans accusation en Suède, soutenue par la Grande-Bretagne), la sournoiserie de l’attitude anti-constitutionnelle d’Obama (suppression de la liberté de parole et de l’intégrité journalistique) et citez le soutien envers la position de principe de l’Équateur de tous ces autres chefs d’Etats et de gouvernements à travers le monde. Annoncez ensuite que l’Équateur va accueillir Assange, dans la mesure où il est possible d’organiser qu’il soit amené sans danger à l’intérieur de ses frontières. Terminez l’appel aux Nations Unies en condamnant l’immoralité du principe sur lequel les USA, le Royaume-Uni et la Suède demandent rétribution à Assange et expliquez comment ceci a forcé l’émergence de la crise actuelle; rappelez ensuite au monde les objectifs éclairés de la Constitution des USA ainsi que le soutien pré-électoral d’Obama pour la règle du droit et des valeurs constitutionnelles.

3) Rappelez au monde que les USA appliquent les lois de nations étrangères avec un zèle quasi-aveugle (sous la loi Lacey, l’une des centaines d’exemples ridicules pourrait être l’affaire Schoenwetter où l’accusé fut condamné à 8 ans (!) dans une prison états-unienne – en application de la loi du Honduras – qui dit que le poisson doit être emballé dans du plastique plutôt que dans des boîtes…); et déclarez que l’Équateur désire que ses lois soient appliquées également par les USA – équité envers les citoyens qui n’ont pas encore été accusés, ou arrêtés, les citoyens souhaitant coopérer, mais dont la coopération est refusée par ceux qui veulent l’interroger, les citoyens qui veulent connaître la situation au sujet d’un possible acte d’accusation secret, mais à qui la vérité est déniée – dans ce cas par le gouvernement US.

4) Mettez l’attention internationale la plus forte possible sur le sujet dans tous les médias possibles (la plupart ne coopéreront pas, mais certains si), et mettez la honte sur Obama s’il refuse d’en prendre compte. Et ensuite accordez l’asile, demandant la coopération internationale, en commençant par la Grande-Bretagne à laquelle un appel devrait être fait de ne pas appliquer le mandat d’arrêt illégal. Appel à l’équité, à la justice et à la Constitution US.

Qu’en ressortirait-il?

Cela emmènerait-il Assange sain et sauf en Équateur? Est-ce que cela renforcerait ou affaiblirait la réputation internationale de l’Équateur? Est-ce que cela aiderait ou nuirait à son peuple? Ferait enrager les USA et la Grande-Bretagne? Embarrasserait la Suède? Exposerait le coup monté de l’affaire contre Assange et des personnes qui l’ont commandité? est-ce que cela apporterait la justice? Le monde en serait-il meilleur?

Vu qu’au moins quelques douzaines de pays, grands et petits, suivraient très certainement un geste aussi large, et vu « qu’assez » de diffuseurs de médias publieraient l’histoire (y compris les médias alternatifs sur internet), Obama aurait deux options: soit rester campé sur ses positions et clairement et ostentatoirement – quelques semaines avant sa campagne de ré-élection – renforcer son image, en déclin rapide, d’un homme amoral. Ou alors, il pourrait concéder, magnanime, que l’Équateur a raison et se déclarer vis-à-vis de ses intentions au sujet d’Assange, les amenant à la lumière – et donc donner à Assange une vraie chance devant la loi.

Assange atterrirait-il plus vite en Équateur? Serait un homme libre, peut-être? Peu de chances, à court terme. Mais sa position juridique se trouverait grandement renforcée et ses chances d’une victoire finale grandement augmentées. Et notre bénéfice – les citoyens du monde – serait immense.

L’Équateur pourrait-il bénéficier de ce genre d’action? Aux yeux de tous les êtres d’esprit et de coeur – oui. Mais économiquement et politiquement, il serait affecté par la colère du régime US, avec trop à perdre, si la justice et la liberté doivent avoir gain de cause.

Est-ce que cela humilierait la Suède, le Royaume-Uni ou les USA? Ils sont déjà humiliés. Le problème est qu’ils s’en foutent. mais la vraie question est de savoir – s’ils prendraient le risque de réparer les dommages qu’ils ont causés en s’accrochant à leur position actuelle? Ma réponse, tristement, est non. Ils continueront, quoiqu’il arrive, confiants que si les citoyens payent le prix pour leur trahison scandaleuse, cela ne déroulera pas pendant leur quart.

Le monde en serait-il meilleur? Oui. Quelle qu’en soit l’issue, une position morale prise par un chef d’Etat ne peut avoir que des répercussions positives plus loin le long de la route.

Source: http://www.opednews.com/articles/A-Solution-for-Correa-Ass-by-Paul-Sedkowski-120813-977.html

Traduit depuis le web par willsummer

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