Blog du Parti Pirate: Anonymous, WikiLeaks et la campagne présidentielle américaine

Le 3 octobre, WikiLeaks a publié dans un nouveau communiqué une vidéo appelant à voter WikiLeaks, dans le cadre des élections américaines:

http://wikileaks.org/donate2012/

On y voit Obama soutenu par une foule qui acclame son nom, mais en retrait, on entend les paroles de Julian Assange qui contredisent les images et leur donnent un autre sens, un sens engagé et militant, notamment à travers des questions comme:

  • « Peut-on commencer des guerres dans des pays lointains sans l’autorisation du Congrès ? » (référence aux guerres en Irak et en Afghanistan)
  • « peut-on déclarer le monde entier en incluant son propre pays comme un champ de bataille où des citoyens peuvent être détenus sans aucune charge sous la loi militaire ? » – c’est le cas de Bradley Manning
  • et aussi concernant la crise financière de Wall Street, « peut-on transférer des milliards de dollars d’Américains qui travaillent dur pour les donner à nos amis de Wall Street en échange de promesses de financement de campagne ? »

Si les Anonymous ont regretté que la vidéo soit « imposée » comme un paywall sur le site de WikiLeaks (voir le compte Twitter @YourAnonNews) – mais le paywall a depuis été enlevé – on oublie surtout le sens de cette vidéo. Cette vidéo invitait, en effet, à faire réfléchir le visiteur du site et le citoyen potentiel, et en particulier le citoyen américain.

Même s’il est enlisé dans des difficultés financières, le but de WikiLeaks n’était pas d’imposer un don, mais surtout d’inviter les gens à regarder la vidéo et à écouter son message. Comme dans la ligne du communiqué de presse, il n’y a pas de parti pris pour un candidat, Obama ou Romney. Mais en se mettant à distance des élections, comme le font les mouvements Occupy et les Indignés, il s’agit avant tout de dire que les guerres risquent de continuer, quel que soit le candidat élu. WikiLeaks lance un constat d’échec de la politique actuelle. Aujourd’hui, le système politique s’appuie sur la finance internationale et des lobbys puissants qui provoquent des guerres et des crises politiques, et ils s’enrichissent au détriment du citoyen.

Le message était avant tout celui-ci : si nous continuons à voter pour des candidats qui nous promettent la paix, la stabilité économique et la justice, mais par derrière ne tiennent pas leurs promesses, WikiLeaks a, en effet, bien soulevé une question importante du monde politique actuel. Et ceci d’autant plus que la situation des droits de l’homme aux États-Unis est beaucoup plus inquiétante qu’en Europe, par exemple, avec les cas de torture dénoncés à Guantanamo, mais aussi la torture de citoyens américains, comme c’est le cas de Bradley Manning qui n’a pas encore été jugé.

La question est surtout de savoir à quoi ressemblera le monde de demain et si nos pays veulent suivre ce modèle des États-Unis qui sont en train d’imposer un retour en arrière sur les acquis des droits de l’homme et de liberté d’expression. Qui plus est, ce que l’on ne sait pas toujours en tant qu’européen, c’est que les États-Unis ont des accords d’extradition avec des pays comme le Royaume-Uni et l’Australie, et c’est aussi pourquoi la vidéo de WikiLeaks a un sens. Car, en effet, pour le monde anglophone, les citoyens américains, australiens et britanniques, ont déjà subi des atteintes aux droits de l’homme. La Suède est aussi concernée. Si, un jour, des accords d’extradition sont instaurés entre la France et les États-Unis, au nom du terrorisme, alors notre propre pays pourrait basculer dans la même angoisse que les citoyens américains. Aux États-Unis, de simples hackers, comme Jeremy Hammond, sont emprisonnés et reconnus comme de potentiels terroristes et ennemis de la nation. Les enjeux évoqués dans cette vidéo sont ceux du présent, mais aussi ceux du futur, un futur qui est global et qui se pose pour tous les pays du monde.

Alors, si l’on pouvait effectivement « voter WikiLeaks », ce serait peut-être simplement voter pour ceux qui, sans avoir jamais fait de promesses électorales, ont néanmoins défendu nos libertés et nos droits humains, sans attendre de reconnaissance en retour et sans attendre de récompense autre que celle d’avoir dit la vérité.

16 octobre 2012, CC-BY

Source: https://www.partipirate.org/spip.php?article198

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