Kristinn Hrafnsson: « Les politiciens sont de plus en plus sous le contrôle de groupements privés »

John Robles, Voice of Russia, le 24 décembre 2012

Robles: Ici John Robles. Je m’entretiens avec M. Kristinn Hrafnsson, porte-parole officiel pour la WikiLeaks Organisation.

En 2010 vous disposiez de plus d’un million de dollars en réserve disponible et vous êtes descendus à moins de $1000. C’est alarmant, il me semble. WikiLeaks encourt-elle quelque risque de fermeture ou allez-vous réussir à vous en sortir comme il faut?

Hrafnssoon: Nous allons faire de notre mieux pour gérer et continuer à travailler. Nous avons bien sûr dû drastiquement nous réduire d’échelle, et de façon plus importante nous avons été privés de notre possibilité d’étendre nos opérations ainsi que nous eussions souhaité, au vu de l’importance de notre travail. Mais nous vivons des temps difficiles, et il ne peut être ignoré que les individus travaillant pour l’organisation, et la grande foule de volontaires et de supporters, s’assurent que le travaille continue.

Nous n’allons pas plier dans cette guerre, au contraire, nous commençons un nouveau front. Nous avons eu des victoires en Islande, avons entamé une procédure au Danemark, nous avons eu des victoires au Parlement Européen contre les autorités allemandes, en France nous sommes parvenus à ouvrir un « I »gate contre le blocus. Maintenant avec le bon appui d’individus aux USA nous entamons notre contre-attaque et j’affirme que nous aurons ces géants de la finance en déroute assez tôt.

Robles: Lorsque nous avions parlé il y a à peu près deux mois, vous aviez mentionné le moyen de financement en France. A-t-il été productif, cela vous a-t-il aidés, vous les gars?

Hrafnsson: Cela a été bénéfique comme d’autres initiatives pour contourner ce blocus mais il est toujours en place et cause des soucis à certains, ils ont l’impression que d’une manière ou d’une autre il y a de l’illégalité comprise dans la réalité du don à l’organisation, donc il est très important de poursuivre le combat et c’est ce que nous allons faire.

Robles: La dernière fois que nous avons parlé, nous avons parlé de la décision du Parlement Euroipéen. Y a-t-il eu de l’évolution de ce côté-là?

Hrafnsson: Mes collègues et moi-même, nous avons passé du temps à Bruxelles et parlé à beaucoup de soutiens aux politiciens de Bruxelles, et nous avons été fortement heureux de l’initiative du Parlement Européen qui a adopté une résolution incluant une directive envers la Commission, contenant simplement le vœu que la Commission Européenne instaure un encadrement juridique empêchant ce genre de pratiques arbitraires extrajudiciaires par des facilitateurs de paiement, Visa et MasterCard, basés aux USA. Il y a donc un clair consensus que ceci doit cesser et nous espérons que cela se traduira par une pression sur la Commission de changer sa position concernant la plainte anti-trust qui a été enregistrée par la Commission, et l’ouverture d’une enquête très formelle et ratissant large sur les méfaits de ces compagnies états-uniennes de cartes de crédit.

Robles: Maintenant nous avons parlé des USA et d’information qui a été rendue publique au sujet de la corruption gouvernementale états-unienne, les crimes de guerre, &c. Qu’en est-il d’autre pays: l’Australie, par exemple. Est-il possible de s’éloigner de seulement les USA?

Hrafnsson: Si nous considérons simplement les motivations autour de WikiLeaks, ce n’est pas une organisation qui choisit ses cibles; en tant que destinataire d’informations de la part de lanceurs d’alerte au cours de l’histoire de WikiLeaks depuis 2006 et avant 2010 il y a eu des fuites de la plus haute importance provenant de toutes les régions du monde et relatives à des gouvernements corrompus en Afrique, au Kenya, relatives à des pratiques bancaires corrompues de banques suisses et islandaises, relatives à la révélation de pratiques telles que des rejets illégaux de déchets toxiques par de grandes entreprises internationales &c. Donc, c’était en cours surtout depuis l’administration US, et ce sont les révélations commençant en 2010 qui ont provoqué cette réaction extrêmement vive de la part de cette administration, main dans la main avec les géants de la finance. C’est quelque chose qui n’est que la poursuite du travail déjà effectué et j’ose espérer que nous pourrons à l’avenir recevoir et publier de l’information sur les multinationales corrompues et sur la corruption dans tous les pays du monde. Pour cela nous avons besoin d’amis bien sûr, nous devons être forts, nous devons pouvoir offrir ce service sur de larges bases à l’avenir.

Robles: Écoutez, vous tâtez le pouls du monde, vous voyez toutes sortes d’informations venant du monde entier. Voyez-vous dans tout ce mal qui est partout, voyez-vous la main des USA partout dans le monde, ou s’agit-il de « mal » plutôt indépendant qui se passe, si vous voulez, sans trouver de terme plus approprié?

Hrafnsson: Bien sûr, il est évident qu’évec le statut des USA dans la politique mondiale il y a beaucoup de mal qui vienne de cette partie du monde, cela va sans dire, mais cela ne veut pas dire que ce soit la seule source du mal, pour vous citer.

Robles: Oui. Oui.

Hrafnsson: Nous vivons bien sûr maintenant dans un monde où les politiciens ont moins de pouvoir qu’avant et ces pouvoirs sont davantage entre les mains de conglomérats financiers internationaux qui ont asservi beaucoup d’individus de beaucoup de nations et ce sont des entités qui ne connaissent presque pas de frontières et opèrent souvent sans la supervision nécessaire de la part de gouvernements politiquement élus. Nous constatons du mal dans beaucoup de coins et il y a beaucoup de choses à mettre en lumière, à exposer de manière à renverser la vapeur et simplement tâcher d’amener ce monde sur une voie un peu plus saine.

Robles: Je suis entièrement d’accord avec vous. Écoutez, n’y a-t-il pas d’autre mécanisme de financement que les gens puissent utiliser pour aider WikiLeaks? Je veux dire, avez-vous pensé à utiliser une banque basée en Russie, par exemple, ou quelque chose en quoi les USA ne sont pas impliqués? Est-ce une réelle possibilité, ou pensez-vous que ce n’est pas réaliste?

Hrafnsson: Nous avons étudié une vaste gamme de possibilités, et ce qu’il est notable de relever est qu’il existe beaucoup d’initiatives pour créer de nouvelles manières et de nouveaux moyens pour contourner ces entités financières toutes-puissantes souvent états-uniennes, mais ces tentatives sont encore en enfance et sont à l’étape expérimentale. Mais il s’agit d’un reflet du fait que des individus tout autour du monde reconnaissent le caractère on ne peut plus sérieux de l’octroi de tant de pouvoir à ces entreprises.

Ayons l’espérance que ceci croîtra en puissance et en reconnaissance et que nous puissions réellement voir un moyen alternatif et indépendant d’échange de l’argent d’une main à l’autre sans avoir à recourir à ces moyens dangereux d’entreprises internationales, qui ont déjà démontré combien elles sont prêtes et promptes à abuser de leur position d’influence.

Source: http://english.ruvr.ru/2012_12_24/Politicians-are-being-more-and-more-controlled-by-corporations-Hrafnsson/et http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,16750.0.html

Traduit depuis le web par willsummer

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