Wikileaks: Le point de vue des diplomates américains sur les réformes politiques au Yémen

ID de Référence: 04SANAA1193
Sujet: GME [Grand Moyen-Orient]: REFORME DU STYLE YEMENITE
Origine: Embassade Sanaa, Yémen Classification: CONFIDENTIEL
Créé: 18 Mai 2004 Publié: 30 Août 2011
Tags: DEMOCRATIC, KDEM, PGOV, PREL, REFORM, YM

Ce document est un extrait partiel du câble d’origine. Le texte intégral du câble d’origine n’est pas disponible.

Classé par: Ambassadeur Edmund J. Hull pour les raisons 1.5 (b, d)

1. (C) Résumé: L’ambassade de Sanaa continue à engager les leaders du gouvernement, de la société civile et des entreprises sur les projets de proposition du Grand Moyen-Orient [GME: Greater Middle East] (réf. A). Alors que la plupart des interlocuteurs expriment une opposition à l’idée d’une réforme étant « imposée de l’extérieur de la région », la discussion générée par le GMEI, ou Greater Middle East Initiative  [Initiative sur le Grand Moyen-Orient], semble avoir encouragé une attention accrue sur les efforts de réforme au sein du Yémen. L’acceptation du président Saleh pour assister au sommet du G-8 et pour accueillir la proposition de projet pilote sur la microfinance (refs c et d), ainsi que les efforts de réforme par des acteurs non-gouvernementaux, indiquent une plus grande volonté de permettre aux considérations pratiques de l’emporter sur la réticence provenant de la colère sur l’Irak, le MEPP, ou Middle East Peace Process [Processus de Paix au Moyen-Orient] et le scandale de la prison d’Abou Ghraib. Les efforts de réforme en cours au Yémen, y compris la réforme économique et l’attention accrue, récente, du parlement sur ​​la corruption du gouvernement, illustrent le fait que les graines de la réforme sont déjà
croissantes au Yémen. Quelques interlocuteurs ont indiqué des opinions
sur l’une des propositions spécifiques, préférant faire des remarques générales et/ou se concentrer sur ce qui est nécessaire au Yémen. Fin de Résumé.

REACTION DU LEADERSHIP POLITIQUE

2. (C) L’ambassadeur a rencontré le conseiller présidentiel senior et l’ancien Premier ministre Dr. Abdul Karim al-Iryani le 11/5. Iryani a dit qu’il voit une « évolution positive » dans les attitudes arabes envers le GMEI [Initiative sur le Grand Moyen-Orient] qu’il s’attend à voir se refléter dans les résultats du sommet arabe du 22 au 23 mai. Il a déclaré qu’il comprenait que les Ministres des Affaires étrangères arabes aient convenu d’une position généralement positive sur la réforme, sans nécessairement faire référence au GMEI. Il a noté qu’un point d’achoppement a été (et reste peut-être) le refus saoudien d’approuver la démocratie multipartite. Iryani a noté un « ferment sain » sur la réforme au Yémen. Il a soulevé deux préoccupations sur le GMEI [Initiative sur le Grand Moyen-Orient]. Il a demandé s’il y avait « aucune viande » pour les propositions , auquel l’ambassadeur a remarqué qu’il y avait l’initiative de microfinance (ref d). Il a déclaré que l’opinion publique arabe continue de percevoir le GMEI [Initiative sur le Grand Moyen-Orient] comme une esquive pour s’engager sérieusement sur la question palestinienne, si c’est oui ou non le cas.

3. (C) A l’exception du Premier ministre Ba Jammal, les réactions du ROYG [République du Gouvernement du Yémen] aux niveaux les plus élevés sont révélateurs d’un soutien, avec l’acceptation du président Saleh de l’invitation à Sea Island et le soutien écrit du vice-premier ministre Sofan dans une lettre (réf. c et d). Le PM [Premier Ministre], cependant, a fait une
déclaration à la presse que la seule réforme dont le Yémen a besoin, c’est l’unification. Commentaire: Le PM [Premier Ministre] est tristement célèbre pour la fabrication de déclarations en dehors du ROYG [République du Gouvernement du Yémen] et est actuellement sous pression pour un scandale de corruption. Fin de commentaire.

4. (U) Le conseil consultatif (ou Shura), la chambre haute du Yémen composée de 111 membres, a tenu une conférence les 17-18/05 pour discuter le Rapport 2003 sur le développement humain arabe et les documents du GMEI [Initiative sur le Grand Moyen-Orient] en présence des responsables de haut rang de la ROYG [République du Gouvernement du Yémen], (y compris le Vice-Premier Ministre Sofan, le Ministre des Affaires Etrangères Qirbi et al-Iryani), les partis politiques, les ONG, les universitaires et autres.

LES ONG ET LES THINK TANKS ACTIFS SUR LES QUESTIONS ; LES PARTIS POLITIQUES

5. (U) Plusieurs ONG et think tanks ont récemment tenu des séminaires et des débats sur les réformes au Yémen. Par exemple, l’Institut du Yémen pour le développement démocratique [The Yemeni Institute For Developing Democracy] (YIDD) a tenu un atelier fin avril, en présence des partis politiques, des journalistes et autres intellectuels où le Ministre des Affaires Etrangères s’est exprimé. Le teneur du discours s’est centrée autour de l’alimentation de la réforme au sein du Yémen, tout en ne permettant pas que la réforme soit imposée de l’extérieur. Un leader éminent du think tank, Dr. Fares al-Saqqaf, a tenu des discussions avec le gouvernement, l’opposition et des Yéménites non-partisans, avec des Emboffs, ou Embassy Officers [Officiers d’Ambassade], invités à écouter. Même si quelques références ont été faites à l’absence de solutions entre Israël-Palestine dans l’initiative et au rejet de la réforme venant de l’extérieur, la grande partie de la discussion s’est pratiquement concentré sur ​​les réformes nécessaires au sein du Yémen. Le Dr. al-Saqqaf a dit au représentant Pol/Econ [Economie Politique] qu’il a formé un comité de leaders venant du gouvernement, des partis politiques et des ONG, incluant le Vice-Ministre des Affaires Etrangères Mustafa Noman (ref b), afin de formuler une « Initiative nationale pour la réforme politique. »

6. (C) Un leader important d’ONG, Izzedine al-Asbahi, de l’Information and Training Center for Human Rights [Centre pour l’Information et la Formation aux Droits de l’Homme] (HRITC), a fait écho à plusieurs autres interlocuteurs quand il a dit représentant de l’Economie Politique qu’il était soucieux du fait que les récents scandales concernant des abus à Abou Ghraib ont amoindri la crédibilité des Etats-Unis dans la promotion des réformes, et qu’il considèrait cela comme une évolution décevante pour la région.

7. (U) Les partis politiques de l’opposition ont profité de l’occasion présentée par le GMEI [Greater Middle East Initiative] pour faire pression sur le ROYG pour la poursuite d’une réforme au sein du Yémen, bien que la plupart des partis ont rejeté publiquement toutes les initiatives de réforme venant de l’Occident. Le Parti Socialiste du Yémen (YSP) est le plus favorable parmi les partis politiques. Le Secrétaire général du YSP [Parti Socialiste du Yémen], Ali Saleh Obad Muqbil, était cité dans un discours prononcé à son Comité Central le 6/05 (publié dans le journal du parti), « cette proposition créée par les initiatives internationales en faveur des réformes dans la région fournit une occasion précieuse pour la volonté de réforme et de changement aux niveaux nationaux de tous les Etats arabes et musulmans. Par conséquent, nous devons nous précipiter pour saisir le moment afin de générer une importante force de pression pour accomplir des réformes réelles. » Les dirigeants du YSP [Parti Socialiste du Yémen] à Taiz, la troisième plus grande ville du Yémen, ont fait écho à ce sentiment au représentant de l’Economie Politique, en remarquant que la pression venant de l’extérieur était utile dans leur lutte pour la réforme du Yémen, mais ont aussi exprimé l’espoir que les initiatives seraient mises en pratique, et non simplement rhétoriques. Le deuxième plus grand parti d’opposition Islah a affiché un scepticisme au niveau central sur la question de savoir si le GME [Greater Middle East] « mettrait fin au soutien du régime ou aux demandeurs de réforme », tandis que les modérés d’Islah à Taiz ont exprimé un soutien prudent au représentant de l’Economie Politique.

COMMENTAIRE

8. (C) Les interlocuteurs de l’Ambassade semblent divisés entre la volonté de soutenir le GMEI, ou Greater Middle East Initiative  [Initiative sur le Grand Moyen-Orient] pour leurs propres raisons, à savoir l’arrosage des graines de la réforme du Yémen, et le fait d’être réticents à soutenir toute initiative qui vienne de l’extérieur. Plusieurs ont remarqué un manque décisif de crédibilité découlant du scandale récent des abus de la prison en Irak et de l’absence de la question palestinienne. L’exploration généralisée de l’agenda des réformes provient tout de même probablement d’une volonté typiquement yéménite d’avoir des calculs politiques pratiques, internes et externes, et le désir du Yémen de maintenir ce qu’il perçoit comme son leadership dans la réforme politique de la région. Fin de commentaire.
HULL

Source: http://www.cabledrum.net/cables/04SANAA1193

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