Sur Joseph E. Stiglitz (2003), La Mondialisation et ses mécontents, New York: W.W. Norton & Company.

Zero Anthropology, 25/04/2016

« Aujourd’hui, la mondialisation est contestée dans le monde entier….pour des millions de personnes, la mondialisation n’a pas fonctionné. Beaucoup ont été effectivement plus durement touchés, alors qu’ils ont vu leurs emplois détruits et leur vie devenue plus précaire. Ils se sont sentis de plus en plus impuissants contre les forces indépendantes de leur volonté. Ils ont vu leurs démocraties affaiblies, leurs cultures érodées ». (Stiglitz, 2003, p. 248)

Il y a au moins deux raisons principales pour lesquelles les approches réformistes passées face aux mesures d’austérité imposées par le FMI, la déréglementation des marchés, la libéralisation du commerce et la privatisation — certains des principes fondamentaux de la mondialisation néolibérale — ont largement tourné court. La première est que les institutions telles que le FMI sont parfaitement antidémocratiques, non représentatives et responsables, tout comme elles sont hystériquement idéologiques, insensibles et donc résistantes au changement. Une autre [raison] est que certaines des réformes proposées sont presque pires que ce qui doit être réformé – ou elles peuvent le sembler avec le temps qui passe. Un exemple serait la proposition selon laquelle le « libre-échange » a été injuste pour les pays en développement (parce qu’il n’est pas libre, quand des pays développés maintiennent des subventions, des tarifs et d’autres protections nationales), alors la meilleure façon d’avoir un commerce équitable c’est de le rendre gratuit absolument partout. Ce qui ressemble maintenant à une généralisation de la misère, — mais cela est « juste » si elle est uniformément répartie. Alors que des pertes d’emplois massives ont balayé le « monde développé » dans une marée montante de désindustrialisation avec l’avènement d’une batterie d’accords de libre-échange, il y en a quelques-uns au bout qui appeleraient cela une étape positive.

Relire La Mondialisation et ses mécontents de Joseph E. Stiglitz dans le contexte actuel (plus d’une décennie depuis qu’il a été publié) pourrait provoquer la prise de conscience que, quelque puisse avoir été la chance de réformer la mondialisation néolibérale, ce temps a passé. Ce que Stiglitz appelle la mondialisation (ce que d’autres appellent le néolibéralisme) était quelque chose qu’il voyait comme une valeur digne d’être sauvée, même en reconnaissant combien largement injuste, inégale, et idéologiquement entraînée, elle ait été. En ce qui concerne les questions de commerce, d’austérité et de privatisation, Stiglitz fait une critique cinglante dans ses remarques sur le FMI, la Banque mondiale et l’OMC. Parlant à titre d’initié, — comme quelqu’un qui a siégé au Conseil des conseillers économiques du président Bill Clinton, puis économiste en chef et vice-président de la Banque mondiale, — Stiglitz a amassé une connaissance considérable du fonctionnement de ces institutions, mais a néanmoins maintenu un certain niveau de croyance dans les avantages de la mondialisation et a maintenu l’espoir pour la réforme. Sur ces deux fronts, l’optimisme prudent était injustifié.

Lire l’intégralité de l’article: https://zeroanthropology.net/2016/04/25/globalization-beyond-discontent/

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