L’Equateur envisage d’exclure les offres comme Wikileaks, bien qu’il « loge » Assange

Mike Masnick, 22 août 2013

depuis le département faites-attention-à-qui-sont-vos-amis

Nous avons toujours souligné que l’Equateur était un choix quelque peu étrange de Julian Assange pour demander l’asile, étant donné que le pays ne dispose pas d’une grande expérience sur la liberté de la presse. Et certaines actions récentes ont suggéré que, même si Assange est retranché dans l’ambassade équatorienne à Londres, la relation entre Assange et l’Equateur est tendue. Considérant cela, peut-être n’est-il pas surprenant que l’Équateur envisage maintenant un nouveau projet de loi qui criminaliserait la publication de documents classifiés, ce qui certainement ferait devenir une partie importante de Wikileaks en une opération criminelle:

Pablo Romero, le directeur de l’agence de renseignement SENAIN de l’Équateur, a demandé au Comité de la justice de l’Assemblée nationale de l’Equateur, le 8 Août d’élaborer une législation qui «criminaliserait la divulgation de renseignements confidentiels de l’Etat» et exigerait d’éventuels éditeurs à obtenir l’approbation du gouvernement avant publication. Romero a donné comme exemple la publication hypothétique des salaires des agents spéciaux.

Le projet de loi interdirait la publication de documents classifiés, même s’ils avaient déjà été publiés à l’étranger.

Ceci est, bien sûr, une belle attaque d’envergure sur la liberté de la presse, ce qui semble un peu ironique. Je sais que les gens vont probablement l’utiliser pour attaquer Assange, tout comme ils attaquent Ed Snowden de se retrouver en Russie – mais, dans les deux cas, ceci semble de la colère mal placée. La colère doit être orientée vers les pays qui mettent en place de telles terribles politiques. Le fait qu’Assange ait fini avec l’Équateur et Snowden avec la Russie a beaucoup plus à voir avec les réalités politiques de gens qui essaient de rester à l’écart d’un gouvernement américain plus agressif que jamais et qui semble tenir mordicus à placer les deux hommes en prison aussi longtemps que possible. Compte tenu de cette réalité – combinée avec le fait que les États-Unis ont retiré le passeport de Snowden – ils avaient vraiment peu de choix. Oui, ce serait bien si les croyants à la liberté de la presse pouvaient aller dans un endroit qui respecte la liberté de la presse, mais il y en a, malheureusement, très peu qui se qualifient de nos jours – et lorsque le pays qui se met en place comme le plus grand protecteur de la liberté de la presse, les États-Unis, piétine ces libertés pour essayer d’obtenir ces deux gars, leurs options sont exceptionnellement restreintes.

Source: https://www.techdirt.com/articles/20130821/22402024279/ecuador-looks-to-ban-wikileaks-like-offerings-despite-housing-assange.shtml

Wikileaks: Julian Assange, un an à l’ambassade d’Equateur et peu d’espoir immédiat d’en sortir


De Denis HIAULT (AFP)

LONDRES — « Nous avons gagné la guerre », assure crânement Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks reclus depuis un an entre les quatre murs de la modeste ambassade d’Equateur à Londres. Sans illusions sur ses chances de quitter de sitôt cette prison diplomatique.

« On représentait un petit site radical, déterminé à publier la vérité sur la guerre, sur les services de renseignement et sur la corruption à grande échelle, en s’attaquant de front au Pentagone, au département d’Etat… Nos chances de l’emporter? Elles étaient a priori nulles. Mais nous avons gagné », insiste dans un entretien à l’AFP l’Australien de 41 ans, qui se voit en David face au tout puissant Goliath américain.

Bête noire de Washington pour avoir diffusé des centaines de milliers de documents secrets diplomatiques et militaires, il évoque dans un filet de voix son arrestation à Londres, le 7 décembre 2010.

« J’ai passé 10 jours en cellule d’isolement et 590 jours en résidence surveillée », dit-il. Le temps de mener et de perdre une bataille contre son extradition vers la Suède, afin d’y répondre de deux agressions sexuelles présumées, qu’il nie.

Au marathon judiciaire a succédé l’imbroglio diplomatique.

Le 19 juin 2013, cela fera exactement 365 jours que l’ancien hacker reconverti en cyberguerrier de l’information a franchi le seuil de l’ambassade équatorienne en briques ocres, à deux pas du grand magasin de luxe Harrods, pour y demander l’asile politique.

Un bobby aux épaules de catcheur monte la garde dans le vestibule, à côté de la porte blindée donnant accès aux locaux diplomatiques, au rez-de-chaussée. D’autres policiers battent la semelle nuit et jour, sous le balcon où le réfugié a fait sa dernière apparition publique, à Noël.

Julian Assange est prévenu. S’il met un pied dehors, il sera arrêté et extradé en Suède.

Ce qu’il redoute le plus, c’est la suite: un éventuel transfert aux États-Unis, et un procès pour trahison. Car il en est convaincu, les États-Unis sous la présidence de Barack Obama (« un loup déguisé en agneau ») « veulent se venger ».

Le militant à la tignasse blonde évoque la poursuite de son combat, calé dans un fauteuil jaune d’or. Il est pâlichon, mal rasé. Curieusement, il a mis une veste, une cravate, mais se présente en chaussettes.

A quoi bon des chaussures quand on est confiné à quelques dizaines de m2 parquetés? Assange sourit, rétorque « je suis à la maison ici », avant d’évoquer une habitude prise sur les plages australiennes.

Derrière lui, la bibliothèque abrite des ouvrages disparates. Un recueil du poète uruguayen Emilio Oribe. Un traité sur la géographie et la géologie de l’Equateur. Les trois perroquets du tableau criard accroché au mur ne suffisent pas à égayer le salon étriqué où il reçoit. A proximité de la chambre ou il vit comme dans une « capsule spatiale » équipée d’une lampe à bronzer et d’un tapis de course.

Isolement

« Il y a pire sort que le mien », explique-t-il. De l’autre côté de l’Atlantique, le soldat Bradley Manning, ex-analyste du renseignement en Irak, comparaît en cour martiale pour avoir été à l’origine de « la fuite du siècle » sur WikiLeaks.

« Ce qui est en jeu, c’est l’avenir de la liberté de la presse aux Etats-Unis et partout dans le monde », assure Assange. Qui plus est, ce « procès spectacle » est aussi le sien propre, in abstentia, pour complicité.

Néanmoins, il se réjouit que d’autres « héros » aient pris le relais. Comme Edward Snowden, l’ex-employé de la CIA qui a révélé « à quel point les Etats-Unis sont devenus un état de surveillance de masse insidieux ».

Le réfugié dit également puiser du réconfort dans le fait que WikiLeaks –« plus fort aujourd’hui qu’il y a deux ans »– poursuit ses révélations, a survécu à un embargo bancaire, et bénéficierait d’un regain de soutien aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et « dans tout le continent latino-américain ».

En Australie, 25 à 28% des électeurs, selon des sondages, seraient prêts à l’élire au Sénat, et a renforcer du même coup « sa légitimité politique ».

Intarissable sur sa croisade, il est moins disert sur son moral et son isolement.

Un noyau d’inconditionnels l’entoure, comme ce Guatémaltèque arborant un T-shirt imprimé à l’effigie de Martin Luther King, Mandela, Gandhi, Einstein et Assange.

Des personnalités hétéroclites ont défilé au début « du siège »: la styliste Vivienne Westwood, Lady Gaga, le réalisateur américain Oliver Stone ou le représentant de la gauche radicale française Jean-Luc Mélenchon.

Mais il s’est brouillé avec nombre de ses partisans. Longtemps solidaire, Jemima Khan, fille du milliardaire James Goldsmith, redoute qu’il se transforme en gourou « exigeant de ses adeptes une dévotion sectaire et aveugle ».

Dimanche, Julian Assange attendait la visite du chef de la diplomatie équatorienne Ricardo Patino. D’évidence, il n’escompte pas de percée diplomatique. Pas de sauf-conduit miracle.

Le dénouement se heurte « à un problème de prestige pour les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la Suède », observe-t-il.

Ou serai-je dans un an? « En Australie j’espère. Ou en Equateur. Ou à parcourir le monde ».

« Vous me demandez comment je surmonte les difficultés inhérentes à l’enfermement? Mon esprit n’est pas enfermé ».

Source: http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5hOkurmcS29BhXiJ3nH4JQFkiPpbw?docId=CNG.a5d367a29472bb2402681f16b3415b5e.e1

France: Réponse du Député Jean-Jacques Candelier sur la situation de Julian Assange

Logo de l'Assemblée nationale françaiseJean-Jacques CANDELIER
Député du Nord
(16ème Circonscription)
Vice-président de la Commission de la
Défense Nationale et des Forces Armées
Site Internet : www.jjcandelier.fr

QUESTION ECRITE n° 535 publiée au JO le : 11/09/2012
M. Jean-Jacques Candelier attire l’attention de M. le ministre des affaires étrangères sur une menace qui pèse sur le fondateur de Wikileaks. Le gouvernement britannique a menacé de retirer son statut diplomatique à l’ambassade de l’Équateur et d’y pénétrer de force afin de procéder à l’arrestation de l’intéressé. Cette menace consternante traduit un mépris choquant des autorités de Londres pour le droit international, pour les principes les plus établis devant guider les relations internationales et en particulier pour la souveraineté équatorienne. Il revient désormais à la France d’affirmer sa pleine solidarité avec l’Équateur et les citoyens de ce pays qui manifestent pour exprimer leur vive préoccupation et leur rejet de cette attitude arrogante et inacceptable de la Grande-Bretagne, qui ne fait qu’obéir aux exigences des États-unis dont les aspects troublants et condamnables de la politique internationale et des pratiques hégémoniques ont été précisément mis en lumière par le fondateur de Wikileaks.

REPONSE publiée au JO le : 23/10/2012
Le 16 août, l’Equateur a accordé l’asile politique à Julian Assange. Depuis, le président équatorien Rafael Correa a déclaré être ouvert au dialogue avec les gouvernements de Grande-Bretagne et de Suède pour trouver une solution concernant le fondateur de Wikileaks retranché depuis le 19 juin dans l’ambassade équatorienne à Londres. Le différend opposant le Royaume-Uni et l’Equateur suite à la décision de Quito d’accorder l’asile politique à Julian Assange est une question bilatérale que les deux pays doivent résoudre par le dialogue et conformément au droit international applicable. Les autorités françaises suivent avec attention ce dossier et expriment l’espoir que le dialogue engagé permettra à ces pays de trouver ensemble une solution conforme au droit international.

Lien pdf de l’article: Question écrite n° 535 publiée au JO du 03-07-2012 _Wikileaks Assange

Le discours de Julian Assange à l’ambassade d’Equateur, le 20 décembre 2012

Bonsoir, Londres.

Quelle vision, pour des yeux fatigués. Les gens me demandent ce qui me donne de l’espoir. Hé bien, la réponse est juste ici. Il y a six mois – il y a 185 jours –  je suis entré dans ce bâtiment. Il est devenu mon domicile, mon bureau et mon refuge. Grâce à l’attitude de principe du gouvernement équatorien et au soutien de son peuple, je suis en sécurité dans cette ambassade pour vous parler. Et chaque jour à l’extérieur, pendant 185 jours, des personnes comme vous ont veillé sur cette ambassade – qu’il pleuve, grêle ou fasse beau. Chaque jour. Je suis venu ici en été. C’est l’hiver maintenant.

J’ai été sustenté par votre solidarité et je suis reconnaissant des efforts de personnes de par le monde entier soutenant le travail de WikiLeaks, soutenant la liberté d’expression, la liberté de la presse, des éléments esentiels de notre démocratie. Bien que ma liberté soit limitée, au moins suis-je capable de communiquer ce Noël, non pas comme les 232 journalistes qui sont en prison ce soir.

Non pas comme Gottfrid Svartholm en Suède ce soir.

Non pas comme Jeremy Hammond à New York ce soir.

Non pas comme Nabeel Rajab au Bahreïn ce soir.

Et non pas comme Bradley Manning, qui a eu 25 ans cette semaine, un jeune homme qui a préservé sa dignité après avoir passé plus d’un dixième de sa vie en prison, sans procès, une partie de ce temps dans une cage, nu et sans ses lunettes. Et non pas comme tant d’autres dont les épreuves sont reliées aux miennes.

Je salue ces hommes et ces femmes de courage. Et je salue les journalistes et les publications qui ont couvert ce qui continue d’arriver à ces personnes, et les journalistes qui continuent de publier la vérité face à la persécution, les poursuites judiciaires et les menaces – qui prennent le journalisme au sérieux. Parce que c’est à partir de la révélation de la vérité que tout le reste s’ensuit.

Nos édifices ne peuvent être aussi grands que leurs briques sont fortes. Notre civilisation est seulement aussi forte que ses idées sont vraies. Quand nos édifices sont érigés par les corrompu(e)s, quand leur ciment est coupé avec des salissures, quand l’acier vierge est remplacé par des débris – nos édifices ne sont pas sûrs comme domicile. Et quand nos médias sont corrompus, quand nos intellectuels sont pusillanimes, quand notre histoire est emplie de demi-vérités et de mensonges – notre civilisation ne sera jamais juste. Elle ne s’élèvera jamais jusqu’au ciel.

Nos sociétés sont des bidonvilles intellectuels. Nos croyances concernant le monde et nous-mêmes, entre nous, ont été créées par le même système par qui le mensonge nous a menés dans des guerres à répétition qui ont tué des millions de gens. Vous ne pouvez pas construire un gratte-ciel avec de la pâte à modeler. Et vous ne pouvez pas édifier une civilisation juste à partir d’ignorance et de mensonges.

Nous devons nous éduquer les un(e)s les autres. Nous devons célébrer ceux et celles qui révèlent la vérité et dénoncer ceux qui empoisonnent notre capacité à comprendre le monde dans lequel nous vivons. La qualité de notre discours est la limite de notre civilisation.

Mais cette génération s’est dressée sur ses jambes et révolutionne la manière dont nous percevons le monde. Pour la première fois dans l’histoire les personnes qui sont affectées par l’histoire en sont les créateurs. Et pour ce qui est des autres journalistes et publications – vos oeuvres parlent d’elles-mêmes, comme le font vos crimes de guerre.

Je salue ceux et celles qui reconnaissent la liberté de la presse et le droit du public à l’information – reconnus dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, reconnus dans le Premier Amendement des USA – nous devons admettre que ceux-ci sont en danger et ont besoin de protection, comme jamais auparavant.

WikiLeaks est sous le coup d’une enquête en cours du Ministère de la Justice US, et ce fait a été correctement reconnu par l’Équateur et les gouvernements d’Amérique Latine comme mettant matériellement en danger ma vie comme mon travail. L’asile n’est pas accordé sur un coup de tête, mais selon des faits. L’enquête états-unienne est rapportée par témoignage – sous serment – dans les Cours US, est reconnue par le Ministère de la Justice, et dans le Washington Post il y a tout juste quatre jours par le Procureur de la Virginie, comme un fait. Ses citations à comparaître sont combattues par nos agents dans les Cours US. Le Pentagone a réitéré ses menaces contre moi en septembre et affirmé que l’existence même de WikiLeaks était un crime en plein jour.

Mon oeuvre ne sera pas étouffée. Mais tant que cette enquête immorale se poursuit, et tant que le gouvernement australien ne défendra pas le journalisme et la publication de WikiLeaks, je dois rester ici.

Toutefois, ma porte est ouverte – et la porte a toujours été ouverte – pour quiconque désire me parler. Comme vous, je n’ai pas été accusé de crime. Si jamais vous vous entendez de la propagande suggérant autre chose, faites note de cette corruption du journalisme et allez sur justice4assange.com pour tous les faits réels. Dites au monde la vérité, et dites-le au monde qui vous a menti. Malgré les limitations, malgré le blocus bancaire extra-judiciaire, qui entoure WikiLeaks comme l’embargo sur Cuba, malgré une enquête criminelle sans précédent et une campagne pour nuir à et détruire mon organisation, 2012 a été une année immense.

Nous avons publié presque un million de documents. Des documents concernant la guerre qui se poursuit en Syrie. Nous avons exposé l’état de surveillance des masses dans des centaines de documents issus d’entreprises privées de renseignement. Nous avons publié des informations au sujet du traitement des détenus à Guantanamo Bay et ailleurs – le symbole de la corruption de la règle du droit en Occident, et au-delà.

Nous avons gagné contre le blocus bancaire illégal dans les tribunaux et au Parlement Européen. Après un combat de deux ans, les dons à WikiLeaks sont passés d’un statut de blocage et de non-déductibilité fiscale à la déductibilité dans le calcul des impôts à travers toute l’Union Européenne et les USA. Et la semaine dernière l’information révélée par WikiLeaks était cruciale – et citée au cours du jugement – dans la détermination de ce qui est vraiment arrivé à El-Masri, un Européen innocent kidnappé et torturé par la CIA.

L’année prochaine sera également riche en événements. WikiLeaks a déjà plus d’un million de documents en préparation pour être publiés, des documents qui concernent tous les pays du monde. Tous les pays du monde. Et en Australie un Sénateur non-élu sera remplacé par un Sénateur qui lui, l’est.

En 2013, nous continuons à nous dresser face aux brutes. Le gouvernement équatorien et les gouvernements de l’Amérique Latine ont démontré combien la coopération au travers de valeurs partagées peut enhardir les gouvernements pour résister à la contrainte et soutenir l’auto-détermination. Leurs gouvernements ne menacent personne, n’attaquent personne, n’envoient des drones sur personne. Mais ensemble ils sont forts et indépendants. Les appels las des manipulateurs de pouvoir à Washington en faveur de sanctions économiques contre l’Équateur, simplement à cause de la défense de mes droits, sont mal inspirés et immoraux. Le Président Correa a justement dit, « les principes de l’Équateur ne sont pas à vendre. » Nous devons nous unir ensemble pour soutenir le courageux peuple équatorien, pour les défendre contre une intervention à l’encontre de leur économie et une interférence dans leurs élections l’année prochaine.

La puissance de personnes parlant haut et fort et résistant ensemble terrifie le pouvoir corrompu et anti-démocratique. Tant et si bien que des gens ordinaires ici en Occident sont devenus les ennemis des gouvernements, des ennemis à surveiller, des ennemis à être contrôlés et appauvris.

La vraie démocratie n’est pas la Maison Blanche. La vraie démocratie n’est pas Canberra. La vraie démocratie est la résistance des peuples, armés de la vérité, de la place Tahrir jusqu’ici à Londres. Chaque jour, des personnes ordinaires nous enseignent que la démocratie c’est la liberté de parole et la dissidence. Car dès que nous, le peuple, cessons de dire ce qu’il y a à dire et cessons de nous révolter, dès que nous sommes distraits ou pacifiés, dès que nous nous détournons les un(e)s des autres, nous cessons d’être libres. Car la vraie démocratie est la somme – LA SOMME – de notre résistance.

Si vous ne vous exprimez pas – si vous abandonnez ce qui est uniquement à vous en tant qu’être humain: si vous abandonnez votre conscience, votre indépendance, votre sens de ce qui est bien et de ce qui est mal, en d’autres mots – peut-être sans le savoir, vous devenez passif(ve)s et sous contrôle, incapables de vous défendre et de défendre ceux et celles que vous aimez.

Les gens me demandent souvent, « Que puis-je faire? »

La réponse n’est pas si compliquée.

Apprenez comment fonctionne le monde Remettez en question les déclarations et les intentions de ceux et celles qui cherchent à nous contrôler derrière une façade de démocratie et de monarchie. Unissez-vous en un but commun et un principe commun pour imaginer, construire, documenter, financer et défendre.

Apprenez. Défiez. Agissez.

Maintenant.

Source: http://wikileaks.org/Statement-by-Julian-Assange-after.html

Discours de Julian Assange sur Russia Today


Traduit depuis le web par willsummer

JolPress: Jean-Luc Mélenchon rend visite à Julian Assange à l’ambassade d’Équateur

Réfugié à l’ambassade d’Équateur de Londres depuis plusieurs mois, Julian Assange, fondateur de WikiLeaks, a reçu la visite de Jean-Luc Mélenchon, jeudi 6 décembre. Le président du Front de gauche a affirmé que la situation de Julian Assange, recherché par la Suède pour viol et agressions sexuelles présumés et par les États-Unis pour l’affaire des télégrammes diplomatiques, était celle d’un « prisonnier ».

Assange - Mélenchon

Le co-président du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, a rendu visite au fondateur de WikiLeaks, l’Australien Julian Assange, jeudi 6 décembre, alors que ce dernier est réfugié à l’ambassade d’Équateur à Londres, depuis juillet dernier.

Jean-Luc Mélenchon apporte son soutien a Julian Assange

L’ancien candidat à la présidentielle, qui n’avait jamais rencontré Julian Assange mais l’avait déjà invité à participer, par le biais d’une vidéoconférence, à l’un de ses meetings, a affirmé son soutien à celui qu’il qualifie de « prisonnier ».

Jean-Luc Mélenchon a également souligné « l’attitude très courageuse » de l’Équateur qui a accueilli Julian Assange comme un réfugié politique, « contrairement à beaucoup d’autres pays » qui « ont bel et bien laissé choir » le fondateur de WikiLeaks.

« La situation de Julian Assange est celle d’un prisonnier »

« Je suis un ami de la révolution citoyenne en Équateur et donc je me sens comme un devoir de venir au contact de mes amis, leur exprimer de la reconnaissance et de la solidarité », a affirmé Jean-Luc Mélenchon lors d’un point presse avec l’ambassadrice équatorienne Ana Alban.

« En réalité, la situation de Julian Assange est celle d’un prisonnier », a-t-il ajouté, renouvelant son soutien à celui qui est accusé d’agressions sexuelles en Suède et recherché aux États-Unis pour avoir rendu public les fameux télégrammes diplomatiques qui ont rendu WikiLeaks célèbre.

« Il est prêt à aller se défendre. On ne demande qu’une chose : que la Suède s’engage à ne pas livrer Monsieur Assange aux États-Unis d’Amérique parce que dans le cas où elle le ferait, son sort est connu d’avance, il suffit de voir comment est traité Monsieur Manning », a finalement affirmé Jean-Luc Mélenchon.

La peur de l’extradition vers les États-Unis

Interrogée sur l’état de santé de Julian Assange, l’ambassadrice Ana Alban a affirmé que rien ne nécessitait « un suivi médical » pour son hôte. Elle n’a cependant pas caché son inquiétude quant à une dégradation possible de son état de santé dans la mesure où Julian Assange réside dans un espace confiné. Ana Alban a affirmé qu’un médecin visitait régulièrement le réfugié politique.

Réfugié à l’ambassade d’Équateur depuis plusieurs mois, Julian Assange redoute d’être extradé vers la Suède, non pas pour les accusations de viol et d’agressions sexuelles qu’il nie mais pour l’éventuelle extradition vers les États-Unis qui suivrait ensuite.

Alors que l’Équateur a proposé deux alternatives pour résoudre le cas Assange : que le Royaume-Uni accorde un sauf-conduit à Julian Assange ou que la Suède s’engage à ne pas l’extrader vers les États-Unis, les autorités n’ont pas encore donné leur réponse.

Source: http://www.jolpress.com/international-jean-luc-melenchon-visite-julian-assange-ambassade-equateur-londres-extradition-article-815521.html

Discours de Julian Assange à l’ONU, le 26 septembre 2012

Transcription du discours de Julian Assange à l’ONU au sujet des Droits de l’homme, prononcé le 26 Septembre. Transcrit depuis l’allocution en « Live »

Monsieur le ministre des Affaires Etrangères Ricardo Patino, Messieurs et Mesdames les délégués, Mesdames, Messieurs,

Je vous parle aujourd’hui comme un homme libre, parce que, bien que j’aie été détenu pendant 659 jours sans avoir été mis en examen, je suis libre dans le sens le plus basique et le plus important du terme, je suis libre de parler selon ma conscience.

Cette liberté existe parce que l’Equateur m’a accordé l’asile politique, et que d’autres nations se sont associées pour soutenir cette décision.

Et c’est grâce à l’article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme des Nations Unies, que WikiLeaks peut « recevoir et diffuser l’information et les idées…à travers n’importe quel média, par n’importe quel moyen d’expression, et sans considération de frontières ». Et c’est grâce à l’article 14-1 de la Déclaration Universelle des Droits de l’homme qui consacre le droit de demander l’asile contre les persécutions, et le Statut des Réfugiés de 1951, et d’autres conventions établies par les Nations Unies que je peux aujourd’hui être protégé, avec d’autres, de persécutions politiques.

C’est grâce aux Nations Unies que je peux exercer mon droit inaliénable de demander une protection contre les actions arbitraires et excessives engagées par des gouvernements contre moi, contre mon équipe et contre des supporters de mon organisation. Et c’est à cause de l’interdiction absolue de la torture consacrée par les lois internationales et les conventions de l’ONU contre la torture que nous nous dressons fermement, en tant qu’organisation, pour dénoncer la torture et les crimes de guerre, quels que soient ceux qui les exercent.

Je voudrais remercier le gouvernement de l’Équateur pour m’offrir gracieusement cet espace ici aujourd’hui afin de parler une fois encore aux Nations Unies, dans des circonstances très différentes de ma première intervention lors de l’Examen Périodique Universel de l’ONU à Genève. (cf. Note en bas de page)

Il y a presque deux ans, J’avais parlé de notre travail pour dévoiler la torture et le meurtre de plus de 100 000 citoyens Irakiens.

Mais aujourd’hui, je veux vous raconter une histoire Américaine.

Je veux vous raconter l’histoire d’un jeune soldat Américain en Irak.

Le soldat est né à Crescent, Oklahoma, d’une mère Galloise et d’un père de l’US Navy (marine Americaine). Ses parents tombèrent amoureux. Son père était stationné dans une base militaire US au Pays de Galles.

Le soldat était un jeune homme prometteur, remportant le premier prix en sciences trois ans de suite.

Il croyait en la vérité, et, comme nous tous, il détestait l’hypocrisie.

Il croyait en la liberté, et aux droits de chacun a chercher le bonheur. Il croyait aux valeurs qui ont fondé l’indépendance des Etats Unis. Il croyait en Madison, il croyait en Jefferson, et il croyait en Payne. Comme beaucoup d’adolescents, il ne savait pas trop quoi faire de sa vie, mais il savait qu’il voulait défendre son pays et il savait qu’il voulait apprendre à connaître le Monde. Il est entré dans l’armée Américaine, et comme son père, a été formé comme analyste de renseignement.

A la fin de l’année 2009, à 21 ans, il a été affecté en Irak.

Là, on prétend qu’il a vu une armée Américaine qui souvent ne respectait pas la régle de Droit et dans les faits commettait des crimes et soutenait la corruption politique.

On prétend que c’est là, à Bagdad, en 2010 qu’il a donné à WikiLeaks et au monde des détails qui exposaient la torture d’Irakiens, le meurtre de journalistes, et des informations détaillées sur plus de 120 000 meurtres de civils en Irak et en Afghanistan. On prétend aussi qu’il a donné à WikiLeaks 251 000 télégrammes diplomatiques US, qui ensuite ont aidé à l’émergence du Printemps Arabe. Ce jeune soldat s’appelle Bradley Manning.

Prétendument trahi par un informateur, il a été emprisonné à Bagdad, emprisonné au Koweït et emprisonné en Virginie, où il a été gardé 9 Mois au secret et soumis à des mauvais traitements, Le rapporteur des Nations Unies pour la Torture, Juan Mendez a enquêté et formellement qualifié ces faits à l’encontre des Etats-Unis.

Le porte parole d’Hillary Clinton dut démissionner. Bradley Manning, soldat et patriote fut dégradé, maltraité et psychologiquement torturé par son propre gouvernement. Il fut accusé de faits passibles de la peine de mort. Ces événements lui sont arrivés car le gouvernement US voulait le briser, le forcer à témoigner contre WikiLeaks et moi.

Et, aujourd’hui, Bradley Manning a été détenu sans procès depuis 856 jours.

Le maximum légal aux Etats-Unis est de 120 jours.

L’administration américaine essaie d’instituer un régime national de secret, un régime national de dissimulation.

Un régime où tout employé du gouvernement qui révèle de l’information sensible à une organisation médiatique peut être condamné à mort, à l’emprisonnement à vie, ou pour espionnage, et les journalistes de l’organisation médiatique avec lui.

Nous ne devrions pas sous-estimer le degré d’investigation qui s’est exercé contre WikiLeaks, Je voudrais seulement pouvoir dire que Bradley Manning a été la seule victime de la situation. Mais l’attaque contre WikiLeaks pour ces faits et d’autres, a donné lieu à une enquête dont les diplomates australiens disent qu’elle est sans précédent en termes de degré et de nature. Ce que le gouvernement des Etats Unis a appelé une enquête gouvernementale globale. Ces agences gouvernementales identifiées de notoriété publique comme ayant été impliquées dans cette enquête incluent: le Ministère de la Défense, Centcom, l’Agence de renseignements de la Défense (DIA), la Division d’Investigations Criminelles de l’Armée US, Les Forces Etats Uniennes en Irak, la Division de la Première Armée, l’Unité d’Investigation sur les Crimes Informatiques de l’Armée US, le CCIU, le Commandement Cybernétique de la Deuxième Armée. Et avec ces trois enquêtes de renseignement séparées, le Ministère de la Justice, et son Grand Jury en Virginie, le FBI, qui maintenant à, selon un témoignage en justice intervenu plus tôt dans l’année, produit un dossier de 42 135 pages sur WikiLeaks sur lesquelles moins de 8000 concernent Bradley Manning, le Département d’Etat, les services de Sécurité Diplomatique du Département d’Etat. En outre nous avons été objet d »une enquête du bureau du Directeur Général du Renseignement National, de l’ODNI, du Directeur Exécutif du Contre Espionnage national, de la CIA, du Comité de Surveillance Intérieur, du Comité Inter Agences de la Sécurité Nationale et du PIAB (le Bureau de Conseils en renseignement du Président).

Le porte-parole du Ministère de la Justice Dean Boyd a confirmé en Juillet 2012 que l’enquête de son ministère sur WikiLeaks est en cours.

Malgré toutes les belles paroles du Président Obama hier, et il y en a eu beaucoup des belles paroles, c’est son administration qui se consacre sur son site de campagne à criminaliser d’avantage la liberté de parole que tous les précédents présidents des Etats-Unis réunis.

Je me souviens de cette phrase « l’audace de l’espoir ».

Qui peut dire que le Président des Etats-Unis n’est pas audacieux?

N’est-ce pas de l’audace pour le gouvernement des Etats-Unis de mettre à son crédit  l’avalanche de progrès de ces deux dernières années?

N’était-ce pas audacieux de dire, mardi, que « les Etats-Unis ont soutenu des forces du changement » lors du printemps Arabe?

L’histoire Tunisienne n’a pas commencé en Décembre 2010.

Et Mohamed Bouazizi ne s’est pas immolé par le feu afin que Barack Obama puisse être réélu.

Sa mort était un symbole du désespoir qu’il a dû endurer sous le régime de Ben Ali.

Le monde a su, après la lecture des publications de WikiLeaks que le régime de Ben Ali et son gouvernement avaient pendant de longues années bénéficié de l’indifférence, sinon du soutien, des Etats-Unis, pleinement au courant de ses excès et de ses crimes.

Donc cela doit être une surprise pour les Tunisiens que les Etats-Unis aient soutenu les forces du changement dans leur pays.

Cela doit être une surprise pour les adolescents Egyptiens qui ont essuyé les gaz lacrymogènes Américains sur leurs yeux que l’administration Américaine soutenait le changement en Egypte.

Cela doit être une surprise pour ceux qui ont entendu Hillary Clinton affirmer que le régime de Moubarak était « stable », et quand il est devenu clair pour tout le monde qu’il ne l’était pas, que son détesté chef du Renseignement, Suleyman, dont nous avons prouvé que les US savaient qu’il était un tortionnaire, devrait prendre en charge le royaume.

Cela doit être une surprise pour tous ces Égyptiens qui ont entendu le Vice-Président Joseph Biden déclarer que Hosni Moubarak était un démocrate et Julian Assange un terroriste High Tech.

C’est irrespectueux pour les morts et les prisonniers du soulèvement au Bahreïn de prétendre que les Etats-Unis ont « soutenu les forces du changement ».

C’est indéniablement de l’audace.

Qui peut dire que ce n’est pas audacieux que le Président, soucieux de passer  pour un leader regarde en arrière vers ce changement énorme – le changement des peuples- et le fasse passer pour sien?

Mais nous pouvons prendre courage malgré tout car cela signifie que la Maison Blanche a vu que ce progrès est inévitable.

Dans cette « saison du progrès » le président a vu d’où vient le vent.

Et il doit maintenant prétendre que c’est son administration qui le fait souffler.

Très bien. C’est mieux que le contraire: demeurer inutile alors que le monde bouge.

Nous devons être clairs là.

Les Etats Unis ne sont pas l’Ennemi.

Son gouvernement n’est pas uniforme. Dans certains cas, des gens de bien aux Etats-Unis ont soutenu les forces du changement. Et peut-être Barack Obama a-t-il été l’un d’eux à titre personnel.

Mais dans d’autres, et massivement, ce gouvernement s’est activement opposé à ces forces.

C’est une vérité historique.

Et il n’est pas correct, et il n’est pas approprié pour le Président de tordre cette réalité pour un avantage politique, ou pour le plaisir de prononcer de belles paroles.

Et pour de belles paroles.

Ce sont de belles paroles.

Et nous saluons et nous sommes d’accord avec ces belles paroles.

Nous sommes d’accord quand le Président Obama a dit hier que les gens devaient résoudre leurs différends pacifiquement.

Nous sommes d’accord que la diplomatie doit remplacer la guerre.

Et nous sommes d’accord que c’est un monde interdépendant et que chacun de nous y a un intérêt.

Nous sommes d’accord que la liberté et le droit à l’autodétermination ne sont pas seulement des valeurs  Américaines ou occidentales mais des valeurs universelles.

Et nous sommes d’accord avec le Président quand il dit que nous devons parler franchement si nous sommes sérieux avec ces idéaux.

Mais les belles paroles pâlissent sans des actes qui les accompagnent.

Le président Obama a parlé fermement en faveur de la liberté d’expression.

«Ceux qui sont au pouvoir », a-t-il dit, « doivent résister à la tentation de réprimer la dissidence.»

Il y a un temps pour les mots, et il y a un temps pour les actions. Le temps des mots est arrivé à sa fin.

Il est temps pour les Etats-Unis de cesser de persécuter WikiLeaks, de cesser de persécuter nos membres et de cesser de persécuter nos sources présumées.

Il est temps pour le Président Obama de faire des choses justes, de rejoindre les forces du changement, non par de belles paroles, mais par de belles actions.

Note:

L’Examen Périodique Universel  (Universal Periodic Review UPR) est un mécanisme des Nations Unies commencé en avril 2008 et qui consiste en l’examen de tous les pays du monde, tous les quatre ans, sur leurs pratiques en matière de droits de l’homme.http://www.upr-info.org/-fr-.html

Traduit par Irien sur le forum WikiLeaks

Source:
http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,15158.0.html
http://wikileaks.org/Transcript-of-Julian-Assange.html

Amnesty International: La Suède doit donner l’assurance qu’elle n’extradera pas Julian Assange vers les Etats-Unis

Les autorités suédoises doivent donner l’assurance au Royaume-Uni et à Julian Assange que, s’il quitte l’ambassade de l’Équateur à Londres et accepte de se rendre en Suède pour répondre d’accusations d’agression sexuelle, il ne sera pas extradé vers les États-Unis dans le cadre de l’affaire WikiLeaks, a indiqué Amnesty International.

Alors que le cofondateur de WikiLeaks s’est adressé à l’ONU et que des discussions doivent s’ouvrir entre le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, et des responsables équatoriens, Amnesty International a ajouté qu’il était temps de sortir de l’impasse.

« Si les autorités suédoises sont en mesure de confirmer publiquement que Julian Assange ne finira pas par se retrouver dans un avion vers les États-Unis s’il s’en remet à l’autorité des tribunaux suédois, cela pourrait permettre d’atteindre deux objectifs : premièrement, de sortir de l’impasse actuelle et, deuxièmement, de faire en sorte que les femmes qui ont porté des accusations d’agression sexuelle ne soient pas privées de justice, a expliqué Nicola Duckworth, directrice générale chargée des recherches à Amnesty International.

« Il est vital que les États se montrent déterminés à prendre en compte les allégations de violence sexuelle et à respecter les droits des femmes qui portent plainte comme ceux de la personne accusée. »

Amnesty International ne dispose d’aucun élément prouvant que la Suède prévoit d’extrader Julian Assange vers les États-Unis. Toutefois, à n’en pas douter, les craintes relatives à cette éventualité ont fortement pesé dans l’impasse actuelle.

Amnesty International estime que le transfert forcé de Julian Assange vers les États-Unis dans les circonstances présentes l’exposerait au risque réel de subir de graves violations des droits humains, notamment de son droit à la liberté d’expression, et au risque d’être détenu dans des conditions qui bafouent l’interdiction de la torture et de tout autre traitement cruel, inhumain et dégradant.

PRE01/458/2012

L’affaire Assange ou l’hypocrisie de la Grande-Bretagne

Par Josefina Martínez et Alexandra Rios

Le cas Assange révèle le cynisme de Londres et la vraie nature impérialiste de la « démocratie britannique ». Mais Rafael Correa, le président équatorien, n’est pas en reste non plus dans l’instrumentalisation de cette affaire.

En septembre 1998, à la demande du juge espagnol Baltasar Garzón, le dictateur chilien Augusto Pinochet était arrêté lors d’une visite à Londres, afin d’être jugé dans l’affaire des citoyens espagnols tués par la dictature au Chili dans les années 1970. Après dix-sept mois de litige judiciaire, la Grande-Bretagne décidait de refuser l’extradition du dictateur et se chargeait de le libérer pour qu’il puisse retourner au pays, invoquant des raisons « humanitaires » (sic), liées à son état de santé. C’est donc grâce au soutien du gouvernement britannique, alors dirigé par les travaillistes, que Pinochet a pu tranquillement vivre les dernières années de sa vie à Santiago, sans avoir jamais été condamné ni même inquiété, en dépit des dizaines de milliers de victimes de la dictature chilienne à la suite du coup d’Etat de 1973 contre Salvador Allende.

« le dictateur chilien Augusto Pinochet était arrêté lors d’une visite à Londres, afin d’être jugé dans l’affaire des citoyens espagnols tués par la dictature au Chili dans les années 1970 »

Aujourd’hui pourtant, bien loin de la position qu’elle avait prise dans l’affaire Pinochet, la Grande-Bretagne entend recevoir la demande d’extradition formulée par la Suède à l’encontre de Julian Assange. Stockholm souhaite juger le fondateur de WikiLeaks dans une affaire de viol dont il serait l’auteur. Après le rejet par la Cour suprême britannique de son recours en appel, Assange s’est réfugié dans l’ambassade de l’Équateur à Londres. Dès l’annonce de la décision de l’Équateur d’accorder l’asile politique à Assange, le gouvernement de David Cameron a envoyé la police cerner le bâtiment diplomatique. Cameron a même menacé d’avoir recours à un décret de 1987 permettant de pénétrer à l’intérieur de n’importe quelle ambassade, et ce en violation de l’extraterritorialité des bâtiments diplomatiques garantis par la Convention de Vienne de 1961. Une intrusion dans l’ambassade d’Equateur représenterait un précédent dangereux pour le respect du droit d’asile. C’est en ce sens qu’il est nécessaire de dénoncer l’attitude du gouvernement britannique et son ingérence dans les affaires internes équatoriennes, qui témoigne bien de l’arrogance impérialiste de Londres.

En réalité, ce nouvel épisode de « l’affaire Assange » dévoile au grand jour l’hypocrisie et le cynisme de la Grande-Bretagne, et plus généralement de la politique internationale des pays impérialistes. Lorsqu’elle refusa l’extradition de Pinochet en 1998, ce ne fut évidemment pas pour des raisons « humanitaires », mais en reconnaissance des « services rendus » par le dictateur qui fut toujours un défenseur des intérêts impérialistes en Amérique Latine, et notamment de l’aide apporté par la dictature chilienne à la Grande-Bretagne pendant la guerre des Malouines au début des années 1980.

« C’est donc grâce au soutien du gouvernement britannique, alors dirigé par les travaillistes, que Pinochet a pu tranquillement vivre les dernières années de sa vie à Santiago »

Aujourd’hui encore, la Grande-Bretagne protège ses propres intérêts, ainsi que ceux des États-Unis, dans « l’affaire Assange ». La demande d’extradition de la Suède est, bien entendu, fonctionnelle à ces mêmes intérêts. En diffusant des centaines de milliers de documents et de mémorandums secrets, WikiLeaks a passablement écorné l’image de la diplomatie américaine dans le monde entier. Même si les documents menaçant sérieusement la « sécurité militaire » des États-Unis n’ont pas été publiés, le site internet dirigé par Assange a permis de dévoiler de nombreux mécanismes d’espionnage et de contrôle sur des gouvernements, la piètre opinion qu’ont des chefs d’Etat et des responsables politiques de nombreux pays semi-coloniaux les ambassadeurs occidentaux en poste, des opérations de « pression » menées par tel ou tel pays pour défendre les intérêts de ses multinationales, etc. L’une des révélations les plus retentissantes concerne les assassinats, les tortures et les mauvais traitements perpétrés sur des milliers de civils en Irak et en Afghanistan de la part des troupes américaines, ainsi que de la leurs alliés…notamment britanniques. Avec plus de 400.000 documents déclassifiés et publiés, les « fichiers d’Irak » de WikiLeaks ont dévoilé le caractère planifié de la politique d’assassinat et de torture des armées impérialistes d’occupation. Le fait que ces informations étaient classées « secret défense » par Washington ou Londres n’a rien à voir avec des questions de « sécurité nationale », tel que cela a été expliqué par les politiciens démocrates et républicains aux États-Unis. Il s’agissait simplement de protéger leur image vis-à-vis de la communauté internationale. « Contrairement à ce que dit le Pentagone, expliquait le grand quotidien espagnol El País en octobre 2010, les documents sur la guerre en Irak diffusés par WikiLeaks montrent que la sécurité des troupes n’est pas la raison principale de cette rétention d’information. Dans la plupart des 400.000 rapports déclassés, on peut trouver la légende suivante : Events that may elicit political, media or international reaction [Ce sont des évènements qui peuvent provoquer des réactions politiques, des médias et internationales]. L’un des rapports marqué de cette légende concerne un affrontement ayant eu lieu le 9 juin 2007, dans la prison de Camp Bucca, au sud de l’Irak. Ce jour-là, il y eut cinquante-huit blessés et six morts du côté des irakiens, tandis qu’un seul blessé était compté du côté des forces de coalition. L’information est alors qualifiée de ‘secrète’ ».

« Avec plus de 400.000 documents déclassifiés et publiés, les « fichiers d’Irak » de WikiLeaks ont dévoilé le caractère planifié de la politique d’assassinat et de torture des armées impérialistes d’occupation »

Pour l’instant, Assange est reclus dans l’ambassade de l’Équateur et l’issue de sa situation reste incertaine. Après avoir menacé le gouvernement équatorien de Rafel Correa de pénétrer au sein l’ambassade afin d’y arrêter Assange, Cameron a dû faire marche arrière, par peur des réactions de la communauté internationale. Mais pour Assange, les choses sont claires : s’il met un pied en hors de l’ambassade, le gouvernement britannique l’arrêtera sur le champ.

Pour les avocats d’Assange, l’extradition en Suède, pour le juger dans une affaire de viol, n’est qu’un prétexte pour l’extrader vers les États-Unis. Bradley Manning, ancien soldat de l’armée américaine et accusé d’avoir envoyé un certain nombre de documents classifiés à WikiLeaks est en prison depuis deux ans sur une base militaire en attente de jugement et sera probablement condamné à la réclusion à perpétuité. C’est en ce sens aussi qu’il est nécessaire de défendre le droit d’asile de Julian Assange, que ce soit en Équateur ou dans un autre pays.

« Aujourd’hui encore, la Grande-Bretagne protège ses propres intérêts, ainsi que ceux des États-Unis, dans l’affaire Assange »

Nous entendons des arguments avancés par les défenseurs d’Assange. Nous défendons le droit de WikiLeaks de publier les documents et nous dénonçons l’hypocrisie des gouvernements des États-Unis et de la Grande-Bretagne. Mais en tant que militantes révolutionnaires, nous ne pouvons ignorer les accusations de crime sexuel qui pèsent sur Assange. La seule façon d’y répondre, pour Assange et ceux qui le soutiennent, serait de demander à ce qu’elles soient examinées par une commission d’enquête indépendante, constituée par des personnalités reconnues dans le domaine de la défense des droits humains et des droits des femmes, sans aucune collusion avec les gouvernements impliqués dans cette affaire. Dans le cas inverse, la suspicion continuera à peser sur le fondateur de WikiLeaks.

« Nous défendons le droit de WikiLeaks de publier les documents et nous dénonçons l’hypocrisie des gouvernements des États-Unis et de la Grande-Bretagne »

Le président équatorien a réussi à obtenir le soutien de l’UNASUR, l’Union des nations sud-américaines, ainsi que le soutien moins explicite de l’OEA, l’Organisation des États américains, qui, en raison de la pression exercée par les États-Unis, ne fait aucune mention des menaces émanant de la Grande-Bretagne concernant le droit d’asile. Avec cette affaire, Correa veut s’afficher en défenseur de la liberté d’expression et des droits humains. C’est une façon pour lui de regagner du crédit face aux critiques qui sont formulées contre son gouvernement en Equateur, aussi bien de la part de l’opposition de droite que de la part des secteurs du mouvement étudiant, paysan et ouvrier. Même s’il se prétend défenseur de la liberté d’expression à l’étranger, cela ne l’a pas empêché de limiter l’expression des médias qui critiquent sa gestion gouvernementale. C’est ainsi que Correa a fermé pas moins de dix-sept stations de radio depuis son élection en janvier 2007 et pas moins de cent cinquante journalistes ont été agressés, ce qui a été également été dénoncé par les organisations qui défendent WikiLeaks et Julian Assange.

Par-delà le dénouement de l’affaire Assange, avec une négociation entre Quito et Londres ou une réclusion de longue durée pour Assange dans l’ambassade équatorienne, il est clair que ce nouvel épisode de la saga WikiLeaks révèle un nouvel aspect de la profonde hypocrisie qui préside aux « relations internationales ». Et nous ne sommes qu’au début de l’affaire…

23/08/12

Source: http://www.ccr4.org/L-affaire-Assange-ou-l-hypocrisie-de-la-Grande-Bretagne#nb1
http://www.clasecontraclase.org/El-caso-Assange-y-la-hipocresia-de-Gran-Bretana

L’Avocat de Julian Assange: “Un homme innocent persécuté, et des crimes de guerre US impunis”

Interview réalisée le 10 septembre 2012, sur Actualidad RT.

Le Juge Baltasar Garzon, Avocat de Julian Assange

Baltasar Garzón est un habitué de la tension et des conflits inhérents au combat contre les injustices commises par les gouvernements. Dans une interview exclusive à RT (Russia Today), le juriste espagnol a expliqué pourquoi le fondateur de WikiLeaks et lanceur d’alerte Julian Assange “mérite d’être défendu”.

La bataille apparemment intraitable entre l’Équateur et le Royaume-Uni autour de Julian Assange a braqué un projecteur sur le sentier périlleux qu’empruntent les lanceurs d’alerte en exposant les abus de pouvoir des États.

Avec Assange cloîtré à l’intérieur de l’Ambassade équatorienne depuis juin, la décision du petit pays latino-américain d’accorder l’asile politique au fondateur de WikiLeaks est en lourd contraste avec le fait qu’il vive enfermé sous clé comme un fugitif, sous la perpétuelle crainte d’une arrestation.

Au milieu de cette impasse internationale, Garzón a longuement parlé avec la chaîne-soeur de RT, Actualidad RT, de la raison pour laquelle le Royaume-Uni ne faisait que bluffer lorsque les autorités britanniques ont menacé de faire un raid dans l’Ambassade équatorienne, de pourquoi il n’a aucun doute que les USA aient engagé une procédure contre son client, et de l’ironie du fait qu’Assange soit persécuté pour l’exposition de violations flagrantes des Droits de l’Homme, pendant que les auteurs de ces actes criminels restent libres.

Transcription:

RT: Vous avez dit que tout ce qui arrive à Julian Assange est d’une injustice extrême. Pourquoi cela?

Baltasar Garzón:  C’est de l’injustice, parce que les USA mènent une enquête criminelle contre WikiLeaks – ceci n’est que selon quelques sources, malgré tout très fiables. Cette affaire vise surtout Julian Assange, mais d’autres fondateurs de l’organisation sont aussi impliqués. À cet égard, il nous est absolument clair qu’une telle enquête et une telle procédure à l’encontre d’un journaliste qui, en tout et pour tout, ne faisait que son travail, violent la liberté d’expression aux USA, une nation qui s’enorgueillit de toujours défendre la liberté d’expression, une valeur fermement stipulée dans sa Constitution. C’est une grande préoccupation, et essentiellement la raison pour laquelle Julian Assange a décidé de chercher une protection vis-à-vis de la Suède à l’Ambassade équatorienne, parce qu’il savait qu’il pouvait s’en faire extrader vers les USA. C’est tout ce dont il s’agit. Et l’Équateur a pris cette responsabilité, et accordé l’asile diplomatique et politique à Julian Assange. Donc M. Assange et son équipe juridique n’ont pas à justifier cette décision – il a exercé son droit fondamental. Il est clair que l’asile politique fut accordé parce que Julian Assange était confronté à une terrible injustice. Et c’est ce contre quoi nous nous battons actuellement, et nous continuerons à nous battre et prouverons qu’il n’y a pas de raison de poursuivre M. Assange. Par ailleurs, Julian Assange est prêt à livrer sa déclaration, il est prêt à répondre à un interrogatoire en Suède, à se soumettre à d’autres procédures, mais uniquement s’il lui est garanti que cela ne mènera pas vers une affaire encore plus compliquée, où il serait privé de son droit à la liberté de parole et d’information.

Julian Assange (Photo AFP/Carl Court)

RT: Avant de parler de la possibilité de son extradition vers les USA, vous avez dit que Julian Assange n’évite pas l’accusation venant de Suède, mais qu’il évite l’extradition vers les USA. Vous avez aussi souligné que l’affaire suédoise contre Julian Assange ne repose sur rien, et que les accusations portées contre lui ne sont pas très claires. Qu’entendiez-vous par là?

BG: J’entends que, selon les informations dont nous disposons sur cette affaire – le témoignage de Julian Assange et quelques documents sur lesquels nous avons réussi à mettre la main – cette affaire ne repose sur rien. Lorsqu’il est venu au Royaume-Uni et que la Cour n’avait pas encore statué sur la demande d’extradition, Julian Assange affirma aux Procureurs suédois qu’il était parfaitement disposé à coopérer. Il l’avait également dit plus tôt, avant de quitter la Suède; il leur offrit même d’y retourner pour interrogatoire. Et il est toujours prêt à le faire, à la seule différence que désormais il demande au Procureur de venir au Royaume-Uni pour l’interroger. Ce n’est pas un comportement rebelle. D’un autre côté, nous respectons le système judiciaire de la Suède, nous n’avons aucune raison objective de ne pas lui faire confiance, mais nous pensons que leur approche est trop sévère – ils veulent que Julian Assange vienne en Suède pour y être interrogé.

RT: À votre avis, pourquoi la Suède a-t-elle pris cette approche, comme vous dites, sévère? Vous avez dit que vous pouviez accepter leurs termes à une seule condition. Mais y a-t-il un cadre légal pour cela? Comment un pays peut-il garantir qu’il n’extradera pas plus tard une personne vers un autre pays?

BG: Rien n’est impossible. Nous, de notre côté, nous faisons tout ce que nous pouvons. Il y a deux facteurs ici que nous prenons en considération. Premièrement, le Royaume-Uni est juridiquement obligé d’accéder à la demande de la Suède, parce que la Cour Suprême a rendu cette décision. Mais, nous pensons qu’il est aussi de leur devoir de protéger le droit de M. Assange à l’asile politique. Et nous pensons que ce droit à l’asile politique a besoin d’être préservé et, à ce stade, nous pensons qu’il prévaut. Je ne comprends pas pourquoi Julian Assange a besoin d’être présent en personne à cet interrogatoire. C’est là ce qu’ils réclament, mais personne ne peut nous expliquer pourquoi ceci doit avoir lieu en Suède, pas à Londres, surtout maintenant qu’il a reçu l’asile politique et qu’il est sous la protection diplomatique de l’Ambassade équatorienne.

RT: Les garanties doivent être déterminées, donc quelle chance y a-t-il que la Suède, consciente que la peine capitale a encore cours aux USA, extrade Julian Assange?

BG: Nous ne le savons pas. Nous ne savons même pas si la Suède acceptera d’extrader Julian Assange. Il y a une certaine procédure à respecter: quand n’importe quel pays, qui n’administre pas la peine capitale est requis d’extrader une personne, il doit être certifié par le pays demandeur que la peine capitale ne sera pas administrée, même si elle est prononcée. Ce n’est même plus une question d’administration ou non de la peine capitale, mais plutôt d’un droit reconnu, celui de l’asile politique et diplomatique. Il y a un pays, l’Équateur en l’occurrence, qui maintient que l’affaire est politique plutôt que criminelle. Donc nous ne pouvons pas vraiment discuter d’extradition vers les USA, puisque l’asile politique et diplomatique a été accordé à Julian Assange. Il n’y a aucune chance de satisfaction d’une requête en extradition. Le fait est que ceci est une affaire de grave infraction des Droits de l’Homme. La décision de l’Équateur d’accorder l’asile politique à Julian Assange, d’évoquer son droit à celui-ci, le droit qui a été garanti par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et la Convention de l’ONU de 1951 relative au Statut des Réfugiés et d’autre traités internationaux, ainsi que dans de nombreuses constitutions, l’Équateur étant l’un d’entre eux. Ce n’est pas un droit per se, s’en devient un, une fois qu’il a été reconnu. En ce moment, Julian Assange est un réfugié politique, et ne peut pas être poursuivi pour les actes qui ont servi de base pour l’octroi de son asile politique au départ.

RT: Le problème est qu’il ne peut pas vraiment exercer son droit constitutionnel.

BG: En réalité, il l’exerce en ce moment-même. Il ne peut être ni attaqué ni arrêté. Pénétrer dans l’Ambassade de force est inconcevable, surtout après les déclarations faites par des organisations internationales telles que l’Organisation des États Américains, et avant cela par l’ONU, en accord avec la résolution de Conseil de Sécurité qui a condamné les attaques contre l’Ambassade britannique à Téhéran en novembre dernier, et qui a réitéré que les locaux des ambassades sont inviolables. Je pense que la Grande-Bretagne a fait une menace en l’air. Et oui, il exerce ses droits, mais d’une manière très limitée, comme il vit dans l’Ambassade et sous sa protection.

RT: Exactement, d’une manière très limitée. L’asile politique lui a été accordé, mais il est logé dans une petite pièce qui mesure 4 mètres carrés, et entre autres choses, ceci peut durer longtemps. Y a-t-il une chance qu’il soit tout simplement en train d’essayer d’épuiser les autorités britanniques?

BG: Il n’y a pas de limite de temps pour résoudre cette situation. Une solution diplomatique est possible. Je ne sais pas si c’est en discussion ni s’il y a là quelque progrès. Une solution juridique est également possible si les deux pays vont devant la Cour Internationale de Justice, dont ils doivent agréer la décision selon le Protocole de la Convention de Vienne. Tout bien considéré, Julian Assange et ses supporters sont impuissants face à une décision politique, diplomatique ou judiciaire. Nous pouvons exprimer nos opinions, nous pouvons contribuer au processus en fournissant de la documentation et de l’expertise, nous pouvons donner des conseils sur la marche à suivre, mais nous ne pouvons pas prendre la décision finale, parce que nous n’y sommes pas autorisés. Julian Assange a un droit à l’asile politique, celui-ci peut être contesté et défendu, mais ce n’est pas lui qui décide de l’issue de l’affaire.

Des officiers de la Metropolitan Police se tenant devant l’Ambassade équatorienne à Londres, avant l’allocution de Julian Assange aux médias, le 19 août 2012 (Photo AFP/Will Oliver)

RT: Vous avez dit qu’il y a peu de chances que la Grande-Bretagne fasse un raid sur l’Ambassade mais quand l’asile fut accordé les tensions devinrent très vives, et une fois que les autorités britanniques ont fait cette menace, certains diffuseurs médiatiques ont souligné que la loi britannique dispose de provisions pour la révocation du statut d’une mission diplomatique.

BG: Tout d’abord, c’était avant que Julian Assange n’obtienne l’asile politique; je crois que c’était le jour précédent. Je ne discuterai pas des actes de la Grande-Bretagne – ils étaient, en fait, politiquement motivés, mais je n’entrerai pas dans les détails des raisons sous-jacentes. De toute manière, comme je l’ai déjà dit, les menaces n’étaient pas réalistes. Mais il existe une telle loi. Elle fut adoptée en 1987 dans le sillage des événements concernant l’Ambassade libyenne. Une femme reçut un coup de feu, et le suspect de ce crime, qui était étiqueté de “terrorisme”, échappa aux poursuites. Donc en 1987, la Grande-Bretagne adopta cette loi qui fut citée comme base de la révocation de l’immunité diplomatique. Le cas de Julian Assange, toutefois, n’est en aucune manière similaire à la situation que je viens de décrire, et il concerne aussi un pays tiers qui reconnaît le droit à l’asile politique. Dans le cas de l’Ambassade libyenne, l’asile politique ne fut accordé à personne et, au bout du compte, les locaux de l’Ambassade ne furent pas violés. À mon sens, cette loi est inapplicable dans la situation de Julian Assange. Et jusqu’à maintenant rien de tel ne s’est produit, ce n’était que de la rhétorique. En fonction de cela, il me semble que nous devons engager un dialogue afin de trouver une solution diplomatique et politique, ou alors, attendre que le gouvernement équatorien prenne une décision.

RT: Vous affirmez que vous avez la preuve que les USA mènent une enquête secrète. Pensez-vous que ce soit légal de mener de telles investigations?

BG: Tous les pays ont une pratique de conduite d’enquêtes secrètes, bien entendu, s’il y a de bonnes raisons d’en faire. Nous ne savons pas si les USA ont de telles raisons dans cette affaire. Mais nous savons avec certitude que l’enquête a été ouverte – le gouvernement US a reconnu ce fait. Nous savons aussi qu’aucune accusation formelle n’a été portée contre M. Assange jusqu’à maintenant. Mais cela veut seulement dire qu’il n’est pas sous le coup d’une accusation pour le moment, ils peuvent très bien dans l’avenir l’accuser à n’importe quel moment. Nous savons aussi que les USA continuent de rassembler des informations sur cette affaire et, en théorie, cela pourrait être la source de l’accusation qui serait sensiblement utilisée pour émettre un mandat d’arrêt international. En concordance avec la loi US, nous avons envoyé une requête aux autorités US pour qu’ils confirment qu’ils mènent en effet une enquête sur ses activités. Si c’est le cas, pourquoi la défense de M. Assange n’y prend-elle pas part? Si la défense n’a aucun accès à l’affaire, alors de quelle manière la collection de preuves en cours est-elle consistante avec la législation US? Dès que nous aurons clarifié ce point, nous pourrons dire si cette affaire est en accord avec la loi. Jusqu’à maintenant, les déclarations faites par quelques politiciens états-uniens éminents laissent à penser qu’il pourrait être mis en accusation selon l’Espionage Act, une loi qui n’a pas été appliquée depuis la Guerre Froide. Je ne pense pas que M. Assange soit un espion. Il a simplement publié des informations qu’il a reçues de sources extérieures via WikiLeaks, informations qui étaient accessibles à des milliers de personnes. Tout ce qu’il a fait est d’exercer son droit à la liberté de l’information – il l’a reçue et l’a partagée. Je suis beaucoup plus surpris qu’il n’y ait eu aucune enquête sur les crimes flagrants et documentés dans ces fuites de rapports décrivant l’interférence US – par divers canaux d’information ou des agents dans divers États – avec des problèmes qui n’ont strictement rien à voir avec soit la sécurité nationale soit la sécurité des citoyens des USA ou la défense, mais plutôt indicatifs du désordre interne des États-Unis.

Le fondateur de WikiLeaks Julian Assange s’adressant aux médias et à ses supporters depuis le balcon de l’Ambassade équatorienne à Londres, le 19 août 2012 (Photo AFP/Will Oliver)

RT: Vous avez dit que la pression était exercée non seulement sur Julian Assange, mais sur ceux qui l’entourent, également. Avez-vous vous-même subi de quelconques pressions? Et, pourquoi avez-vous décidé de prendre cette affaire?

BG: Cette affaire mérite d’être défendue, et c’est précisément pourquoi j’ai rejoint l’équipe sans demander de rémunération. Des droits humains fondamentaux ont été violés ici. Un homme qui n’a commis aucun crime est persécuté. Je savais que cela en valait la peine dès la minute où j’ai pris l’affaire. Malgré les pressions, nous continuerons à faire ce que nous avons à faire et il s’agit de défendre les intérêts de notre client. Il est clair qu’il n’y a pas que M. Assange qui ait été exposé à la pression. Mais je n’entrerai pas dans davantage de détails tout de suite. Nous en parlerons plus tard.

RT: Je souhaite me tourner vers le processus de paix qui est en cours en Colombie entre le gouvernement et les rebelles du FARC. Vous avez appelé le Président Santos un homme courageux et dit que le processus allait être long et plein de risques et de défis. Pensez-vous qu’un demi-siècle de conflit armé approche de sa fin?

BG: Je pense qu’il est prématuré de parler du conflit comme approchant de sa fin. Je crois qu’il s’agit d’un pas des plus importants, qui a couronné six mois de négociations. Comme l’a dit le Président Santos, c’était la première fois qu’une déclaration conjointe préliminaire d’intention de poursuivre le dialogue et les négociations ait été signée. En effet, les deux côtés – le gouvernement et les forces de la guérilla – sont toujours en conflit. Ceci ne fait aucun doute. La raison pour laquelle je dis que le Président colombien est un homme courageux est qu’il s’est saisi de la tâche de trouver une solution à ce conflit, tout en maintenant sa lutte contre des militants et initié des négociations qui, si elles aboutissent, établiront la progression vers la fin du conflit. C’est en effet très risqué et un challenge mais, en tant que Président de son pays, il devait le faire. Cette initiative, qui requiert le plus haut degré de responsabilité, démontre son courage, son engagement à réussir la paix et une attitude de principe contre son usage à des fins politiques personnelles. C’est un long trajet, mais la feuille de route a été tracée et les objectifs sont clairs. Le Président l’a rendu très clair: au cas où ces objectifs ne puissent être atteints, l’État de Droit se perpétuera en dépit de la présence de forces de guérilla illégales.

RT: D’accord, mais de quelles fondations ce processus a-t-il besoin pour réussir?

BG: Ce qui est déjà en place est une volonté politique forte, ainsi que des étapes du processus qui ont été définies, tout comme les outils pour préserver le dialogue afin d’accomplir un rapprochement couvrant les thèmes politiques, économiques et sociaux ainsi que l’agriculture, et certainement les problèmes relatifs aux victimes du conflit. C’est la première fois qu’un accord de ce type a été conclu, qui s’adresse au problème du droit des victimes. Ils auront besoin de définir le cadre, les jalons et les buts et d’avancer par étapes comme prévu.

RT: Manque-t-il quelqu’un à ce dialogue? Le gouvernement et les FARC sont là tous les deux, devrait-il y avoir quelqu’un d’autre?

BG: Je pense que les parties prenantes dans ce processus sont exactement celles qui ont besoin d’y être. À tout le moins, ce sont les parties qui ont été désignées. Le Président a fait une déclaration publique que d’autres parties pourraient se joindre au dialogue au fur et à mesure de l’évolution du processus. Ils n’ont pas tous besoin d’y être engagés dès son initiation, mais le public et les victimes ont besoin de suivre ce qui est prescrit par la loi, et il peut également se trouver un moment pour eux de s’interposer.

RT: Je souhaite vous demander ce que sont vos nouveaux engagements professionnels. Si vous pouviez retourner à la Cour Nationale, où je crois que ce que vous y avez accompli et introduit est toujours en vigueur, et étant donné toutes ces choses que vous vouliez faire – donc si vous pouviez y retourner, le feriez-vous? Ou peut-être êtes-vous satisfait de ce que vous faites en ce moment?

BG: Je suis heureux avec ce que je fais actuellement, je ne peux pas m’en plaindre, je fais ce que j’aime faire, et rien que ce fait veut dire beaucoup de nos jours. Mais ceci ne veut pas dire que je délaisse mes droits légaux – et mes droits légaux sont définis par mes qualités de Juge et de Magistrat. Je continuerai d’exercer mon droit à la compensation pour ce que je crois être un mauvais verdict de la Cour Suprême, et je soumettrai tous les appels correspondants. Quand j’aurai obtenu ma compensation, mon acquittement, ma réhabilitation, j’aurai le temps de songer à ma volonté ou non d’y retourner. De toute manière, la vie continue et, comme l’a dit un philosophe grec il y a des siècles, vous ne pouvez pas deux fois croiser la même rivière.

RT: Merci beaucoup, M. Garzón.

Lien vers la transcription originale: http://rt.com/news/assange-lawyer-garzon-interview-789/

Traduit depuis le web par willsummer

Des intellectuels et des personnalités mondialement connues proclament publiquement leur soutien envers la décision souveraine d’asile politique pour Julian Assange

Quito, le 29 août 2012

Au moins 270 intellectuels, musiciens, artistes et activistes de 32 pays différents ont signé une lettre ouverte de soutien à la décision souveraine par l’Equateur d’accorder l’asile politique au citoyen australien Julian Assange et pour l’inviolabilité des locaux diplomatiques. Parmi les signataires de la lettre, souscrits à ce soutien mondial par pays, s’affichent des personnalités telles qu’Eduardo Galeano, Pablo Gonzales Casanova, Nils Castro, Armand Mattelart, Ignacio Ramonet*, Frei Betto, entre autres. (Note du blog:*ex-Directeur du Monde diplomatique)

Aux personnes pré-citées se joint le soutien d’organisations de la société civile et d’organismes d’intégration régionaux, et du même hémisphère en faveur de la décision de l’Equateur d’accorder l’asile politique à Julian Asange et du rejet de la menace du Royaume-Uni d’intervenir à l’intérieur de l’ambassade équatorienne pour l’y arrêter.

Nous avons joint le texte de la lettre ouverte :

La liberté de l’information trouve en Julian Assange l’un de ses meilleurs défenseurs, aujourd’hui persécuté pour avoir montré au monde les vrais tréfonds des relations internationales. Dévoiler le vrai visage des jeux de pouvoir a mené Assange à se faire imputer la charge d’accusations absurdes, déclenchant dans le même temps la dynamique d’une surprenante violation de la loi internationale et des codes de conduite internationaux avec la menace de la Grande-Bretagne intervenant sur le territoire équatorien (Ambassade, voitures officielles, etc) pour empêcher la consommation du droit d’Assange à l’asile politique.

Pour la souveraineté de l’Equateur et le droit d’asile de Julian Assange, ont signé :

Allemagne: 
Rainer Schlittgen, Ricarda Schlittgen.

Argentine: 
Atilio Boron, Mabel Thwaites Rey, Claudio Katz, Stella Calloni, Susana Murillo, José Luis Tagliaferro, Patricio Echegaray, Marcelo F. Rodriguez, Manuel Bertoldi, Inés Izaguirre, Emilio Taddei, Carlos Ernesto Motto, Juan Manuel Karg, Enrique Elorza, Nestor Kohan, Jorge Boccanera, Beatriz Rajland, Mirta Clara.

Australie: 
Federico Fuentes, Robert Austin Henry.

Belgique: 
François Houtart, Eric Toussaint.

Bolivie: 
Alejandro Dausá, Hugo Moldiz, Ma. Bolivia Rothe, Victor Vacaflores, Anibal Garzón, Sonia Brito, Luis Oporto, Oscar Silva, Fernando Rodríguez.

Brésil: 
Thiago de Mello, Joao Pedro Stédile, Frei Betto, Fernando Morais, Virginia Fontes, Gabriel E. Vitullo, Rita Laura Segato, Carlos Walter Porfto-Gonalves, Chico Diaz, Maurício Vieira Martins, Elder Andrade de Paula, Demian Bezerra de Melo, Ildo Luís Sauer, Adelaide Gonçalves, João Márcio Mendes Pereira, Horacio Martins de Carvalho, Plinio de Arruda Sampaio Jr., Jose Vicente Tavares, Silvia Beatriz Adoue, Roberto Leher, Carlos Frederico María Luisa Mendonça, Marés de Souza Filho, Edélcio Vigna, Ana Laura dos Reis Corrêa, Roberto Malvezzi, Carla Luciana Silva, Gilberto Calil, Rui Portanova, Ayrton Centeno, Cebrapaz.

Canada:
Michael Lebowitz, Pierre, Mouterde, John M. Kirk.

Chili: 
Marta Harnecker, Eduardo Henríquez.

Colombie: 
Diego Otero Prada, Fernando Arelllano Ortiz, Hernando Calvo Ospina, Humberto Betancourt Rodríguez.

Costa Rica:
 Wim Dierckxsens.

Cuba:
 Silvio Rodríguez, Roberto Fernández Retamar, Fernando Martínez Heredia, René González Sehwerert, Aurelio Alonso, Fabio Grobart, Eloísa Le Riverend, Emilio Comas Paret, Natalia Revueltas, Juan Valdés Paz, Julio César Guanche, Francisco López Segrera, Carlos Tablada, Manuel E. Yepe, Ibrahim Hidalgo Paz, Niurka Pérez Rojas, Ileana Sorolla Fernández, Lino Borroto López, Ricardo Quizá Callejas, Armando Chaguaceda, Fausto Martínez García, Natalia 
Bolívar Aróstegui, Norma Balcazar Silva, Néstor García Iturbe, Isbel Díaz Torres, Jimmy Roque Martínez, Haroldo Dilla Alfonso, Marlene Azor Hernández, Noemí Crosas, Rosa Báez, Nelson Aboy Domingo, Reynaldo García Blanco, Mireya Suardíaz, Elisa Masiques, Manuel David Orrio del Rosario.

Equateur: 
Magdalena León, Alejandro Moreano, Raúl Pérez Torres, Irene León, Jorge Orbe, Sally Burch, Osvaldo León, Alexis Ponce, Mauro Cerbino.

Salvador: 
Roque Dalton Foundation, Juan José Dalton, Carlos Molina.

Espagne: 
Juan Carlos Monedero, Ximena de la Barra, Salvador López Arnal, Lois Pérez Leira, Carlos Fernández Liria, Antoni Puchalt Cea, Ángel Vale González, Montserrat, Ponsa Tarrés.

Etats-Unis: 
Immanuel Wallerstein, James Early, Saul Landau, Al Campbell, Agustín Lao-Montes, Arturo Escobar, Padre Roy Bourgeois, Lisa Sullivan, Father Luis Barrios, David Laibman, Eloise Linger, John Catalinotto, Javad Butah, Humbertto R. Brown, Bill Ryan, Al Campbell, Gregory Wilpert, Viviana Ramirez.

France:
 Armand Mattelart, Ignacio Ramonet, Samir Amin, Bernard Cassen, Jean Ortiz, Paul- Emile Dupret, Marielle Nicolas, Dominique Gautier, Annie-Lacroix Riz*(historienne), Salim Lamrani, Virgilio Ponce.

Grande-Bretagne: 
David Slater

Greece:
Costas Isychos,

Guatemala:
 Simona Yagenova, Héctor Nuila Ericastilla, Alba Estela Maldonado, Mayra Godoy, Silvia Beatriz Adoue

Italie: 
Francesco Vespoli, Marco Consolo, Marina Minicuci

Mexique: 
Pablo González Casanova, Miguel Concha, John Saxe Fernández, Enrique Semo, Ana Esther Ceceña, Enrique Leff, Carlos Fazio, John Holloway, Gilberto López y Rivas, Frida Modak, José Steinsleger, Beatriz Stolowicz, Ricardo Melgar Bao, Gudrun Lenkersdorf, Ana María Aragonés, Humanity Defense Network, Héctor Díaz Polanco, Diana Guillén, Angel Guerra, Hugo Aboites, Jaime Estay, Jerónimo Rajchenberg, Nayar López Castellanos, Julio Muñoz Rubio, Marcos López, Maricarmen Montes, Cristina Steffen, Efraín León, Ana María Rivadeo, Daniel Inclán, Aldo Rabiela, Miguel Socolovsky, Margarita Favela, Damián Camacho, Claudia Sandoval, Walter Martínez, Josefina Morales, Márgara Millán, Enrique Cortés, Carlos Prigollini, Camilo Pérez Bustillo, Leonor Aída Concha, Rebeca Peralta Mariñelarena, Teresina Gutiérrez-Haces, Arantxa Tirado, Rosa Barranco, Elizabeth Alejandre, Angeles González, Paz Carmona, Isabel Sanginés Franco, Ma. de Lourdes del Villar, Víctor García Zapata, Carlos Beas, Bertha Vallejo, Women for dialogue, Alfonso Anaya, Carmen Mendoza, Andrea Fernández, Leticia Gutiérrez, Marco Velázquez, Gabriela Hernández, Mirabel Mejía Rodríguez, Eréndira Mejía Rodríguez. 

País Vasco:
Katu Arkonada.

Panama: 
Nils Castro, Marco A. Gandásegui, Jorge Ventocilla.

Paraguay:
 Marielle Palau, Martín Almada, Gonzalo Deiró.

Perou:
 Javier Diez Canseco, Oscar Ugarteche, Linda Lema Tucker.

Portugal: 
Miguel Urbano.

Russie: 
Dmitri Prieto Samsónov.

Suède: 
Eva Björklund

Suisse:
 Raymond Muller.

Tunisie:
 Rashid Sherif.

Uruguay:
 Eduardo Galeano, Daniel Viglietti, Raúl Zibechi, Antonio Elías, Gonzalo Perera, Anahit Aharonian, Enrique Ortega Salinas.

Venezuela: Luis Britto García, Fernando Báez, Carmen Bohórquez, Paulino Núñez, Tamanaco de la Torre, Dayaleth Alfonzo, Rafael Uzcategui, Hindu Anderi, Itinerant Forum of Popular Participation, Andrés Bensart, Karen Silva-Aristeguieta.

COMMUNIQUE DE PRESSE No. 983

Source: http://www.mmrree.gob.ec/eng/2012/bol0983.asp

Traduit du web par willsummer

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