L’Equateur envisage d’exclure les offres comme Wikileaks, bien qu’il « loge » Assange

Mike Masnick, 22 août 2013

depuis le département faites-attention-à-qui-sont-vos-amis

Nous avons toujours souligné que l’Equateur était un choix quelque peu étrange de Julian Assange pour demander l’asile, étant donné que le pays ne dispose pas d’une grande expérience sur la liberté de la presse. Et certaines actions récentes ont suggéré que, même si Assange est retranché dans l’ambassade équatorienne à Londres, la relation entre Assange et l’Equateur est tendue. Considérant cela, peut-être n’est-il pas surprenant que l’Équateur envisage maintenant un nouveau projet de loi qui criminaliserait la publication de documents classifiés, ce qui certainement ferait devenir une partie importante de Wikileaks en une opération criminelle:

Pablo Romero, le directeur de l’agence de renseignement SENAIN de l’Équateur, a demandé au Comité de la justice de l’Assemblée nationale de l’Equateur, le 8 Août d’élaborer une législation qui «criminaliserait la divulgation de renseignements confidentiels de l’Etat» et exigerait d’éventuels éditeurs à obtenir l’approbation du gouvernement avant publication. Romero a donné comme exemple la publication hypothétique des salaires des agents spéciaux.

Le projet de loi interdirait la publication de documents classifiés, même s’ils avaient déjà été publiés à l’étranger.

Ceci est, bien sûr, une belle attaque d’envergure sur la liberté de la presse, ce qui semble un peu ironique. Je sais que les gens vont probablement l’utiliser pour attaquer Assange, tout comme ils attaquent Ed Snowden de se retrouver en Russie – mais, dans les deux cas, ceci semble de la colère mal placée. La colère doit être orientée vers les pays qui mettent en place de telles terribles politiques. Le fait qu’Assange ait fini avec l’Équateur et Snowden avec la Russie a beaucoup plus à voir avec les réalités politiques de gens qui essaient de rester à l’écart d’un gouvernement américain plus agressif que jamais et qui semble tenir mordicus à placer les deux hommes en prison aussi longtemps que possible. Compte tenu de cette réalité – combinée avec le fait que les États-Unis ont retiré le passeport de Snowden – ils avaient vraiment peu de choix. Oui, ce serait bien si les croyants à la liberté de la presse pouvaient aller dans un endroit qui respecte la liberté de la presse, mais il y en a, malheureusement, très peu qui se qualifient de nos jours – et lorsque le pays qui se met en place comme le plus grand protecteur de la liberté de la presse, les États-Unis, piétine ces libertés pour essayer d’obtenir ces deux gars, leurs options sont exceptionnellement restreintes.

Source: https://www.techdirt.com/articles/20130821/22402024279/ecuador-looks-to-ban-wikileaks-like-offerings-despite-housing-assange.shtml

L’Equateur enlève les documents de voyage d’Ed Snowden parce que Julian Assange pense qu’il en est chargé

TechDirt, 28 juin 2013

Les choses continuent d’être de plus en plus ridicule concernant le drame de l’asile d’Ed Snowden. Rien n’a jamais vraiment été pleinement expliqué pour savoir comment ou pourquoi Snowden a décidé de s’associer à Wikileaks pour obtenir de « l’aide » afin de trouver un endroit pour obtenir l’asile, mais depuis lors, Wikileaks s’est présenté comme le porte-parole de Snowden, et apparemment cela ne va plus bien avec certaines personnes, dont l’Équateur, le seul pays à exprimer le plus en évidence l’intérêt dans l’octroi de l’asile à Snowden, et le pays qui lui a accordé des documents de voyage. Sauf que, en grande partie à cause de la connexion Wikileaks, l’Équateur a retiré ces documents, dans un mouvement qui semble être une combinaison d’une politique étroite et de dépit:

Le Président Rafael Correa a arrêté un effort pour aider Snowden à quitter la Russie, face aux craintes qu’Assange a usurpé le rôle du gouvernement équatorien, selon une correspondance diplomatique divulguée et publiée vendredi.

Au milieu des signes où Quito était en refroidissement avec Snowden et irrité avec Assange, Correa a déclaré invalide un document de voyage temporaire qui aurait pu aider à extraire Snowden de son emplacement signalé à Moscou.

Correa a déclaré que le sauf-conduit délivré par le consul de l’Equateur à Londres – en collaboration avec Assange – n’était pas autorisé, après que d’autres diplomates équatoriens ont dit en privé que le fondateur de WikiLeaks pourrait être perçu comme « étant le meneur du spectacle ».

Apparemment, certains responsables équatoriens ont pressé le président de l’Équateur à se distancier d’Assange, et que la perception du public a été qu’Assange menait le spectacle, plutôt que l’Equateur. Bien sûr, je me demande combien cela a à voir avec d’autres fuites concernant aussi bien les propres efforts de surveillance de l’Équateur. Ou, peut-être plus probablement, combien cela a à voir avec des menaces venant des États-Unis si l’Equateur devait accueillir Snowden.

Il semble probable que, même sans documents de voyage de l’Équateur, un pays sera heureux de récupérer Snowden. Mais, en attendant, cela présente encore une autre difficulté.

Source: https://www.techdirt.com/articles/20130628/15243323664/ecuador-pulls-ed-snowdens-travel-papers-because-julian-assange-thinks-hes-charge.shtml

Wikileaks: Julian Assange, un an à l’ambassade d’Equateur et peu d’espoir immédiat d’en sortir


De Denis HIAULT (AFP)

LONDRES — « Nous avons gagné la guerre », assure crânement Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks reclus depuis un an entre les quatre murs de la modeste ambassade d’Equateur à Londres. Sans illusions sur ses chances de quitter de sitôt cette prison diplomatique.

« On représentait un petit site radical, déterminé à publier la vérité sur la guerre, sur les services de renseignement et sur la corruption à grande échelle, en s’attaquant de front au Pentagone, au département d’Etat… Nos chances de l’emporter? Elles étaient a priori nulles. Mais nous avons gagné », insiste dans un entretien à l’AFP l’Australien de 41 ans, qui se voit en David face au tout puissant Goliath américain.

Bête noire de Washington pour avoir diffusé des centaines de milliers de documents secrets diplomatiques et militaires, il évoque dans un filet de voix son arrestation à Londres, le 7 décembre 2010.

« J’ai passé 10 jours en cellule d’isolement et 590 jours en résidence surveillée », dit-il. Le temps de mener et de perdre une bataille contre son extradition vers la Suède, afin d’y répondre de deux agressions sexuelles présumées, qu’il nie.

Au marathon judiciaire a succédé l’imbroglio diplomatique.

Le 19 juin 2013, cela fera exactement 365 jours que l’ancien hacker reconverti en cyberguerrier de l’information a franchi le seuil de l’ambassade équatorienne en briques ocres, à deux pas du grand magasin de luxe Harrods, pour y demander l’asile politique.

Un bobby aux épaules de catcheur monte la garde dans le vestibule, à côté de la porte blindée donnant accès aux locaux diplomatiques, au rez-de-chaussée. D’autres policiers battent la semelle nuit et jour, sous le balcon où le réfugié a fait sa dernière apparition publique, à Noël.

Julian Assange est prévenu. S’il met un pied dehors, il sera arrêté et extradé en Suède.

Ce qu’il redoute le plus, c’est la suite: un éventuel transfert aux États-Unis, et un procès pour trahison. Car il en est convaincu, les États-Unis sous la présidence de Barack Obama (« un loup déguisé en agneau ») « veulent se venger ».

Le militant à la tignasse blonde évoque la poursuite de son combat, calé dans un fauteuil jaune d’or. Il est pâlichon, mal rasé. Curieusement, il a mis une veste, une cravate, mais se présente en chaussettes.

A quoi bon des chaussures quand on est confiné à quelques dizaines de m2 parquetés? Assange sourit, rétorque « je suis à la maison ici », avant d’évoquer une habitude prise sur les plages australiennes.

Derrière lui, la bibliothèque abrite des ouvrages disparates. Un recueil du poète uruguayen Emilio Oribe. Un traité sur la géographie et la géologie de l’Equateur. Les trois perroquets du tableau criard accroché au mur ne suffisent pas à égayer le salon étriqué où il reçoit. A proximité de la chambre ou il vit comme dans une « capsule spatiale » équipée d’une lampe à bronzer et d’un tapis de course.

Isolement

« Il y a pire sort que le mien », explique-t-il. De l’autre côté de l’Atlantique, le soldat Bradley Manning, ex-analyste du renseignement en Irak, comparaît en cour martiale pour avoir été à l’origine de « la fuite du siècle » sur WikiLeaks.

« Ce qui est en jeu, c’est l’avenir de la liberté de la presse aux Etats-Unis et partout dans le monde », assure Assange. Qui plus est, ce « procès spectacle » est aussi le sien propre, in abstentia, pour complicité.

Néanmoins, il se réjouit que d’autres « héros » aient pris le relais. Comme Edward Snowden, l’ex-employé de la CIA qui a révélé « à quel point les Etats-Unis sont devenus un état de surveillance de masse insidieux ».

Le réfugié dit également puiser du réconfort dans le fait que WikiLeaks –« plus fort aujourd’hui qu’il y a deux ans »– poursuit ses révélations, a survécu à un embargo bancaire, et bénéficierait d’un regain de soutien aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et « dans tout le continent latino-américain ».

En Australie, 25 à 28% des électeurs, selon des sondages, seraient prêts à l’élire au Sénat, et a renforcer du même coup « sa légitimité politique ».

Intarissable sur sa croisade, il est moins disert sur son moral et son isolement.

Un noyau d’inconditionnels l’entoure, comme ce Guatémaltèque arborant un T-shirt imprimé à l’effigie de Martin Luther King, Mandela, Gandhi, Einstein et Assange.

Des personnalités hétéroclites ont défilé au début « du siège »: la styliste Vivienne Westwood, Lady Gaga, le réalisateur américain Oliver Stone ou le représentant de la gauche radicale française Jean-Luc Mélenchon.

Mais il s’est brouillé avec nombre de ses partisans. Longtemps solidaire, Jemima Khan, fille du milliardaire James Goldsmith, redoute qu’il se transforme en gourou « exigeant de ses adeptes une dévotion sectaire et aveugle ».

Dimanche, Julian Assange attendait la visite du chef de la diplomatie équatorienne Ricardo Patino. D’évidence, il n’escompte pas de percée diplomatique. Pas de sauf-conduit miracle.

Le dénouement se heurte « à un problème de prestige pour les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la Suède », observe-t-il.

Ou serai-je dans un an? « En Australie j’espère. Ou en Equateur. Ou à parcourir le monde ».

« Vous me demandez comment je surmonte les difficultés inhérentes à l’enfermement? Mon esprit n’est pas enfermé ».

Source: http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5hOkurmcS29BhXiJ3nH4JQFkiPpbw?docId=CNG.a5d367a29472bb2402681f16b3415b5e.e1

France: Réponse du Député Jean-Jacques Candelier sur la situation de Julian Assange

Logo de l'Assemblée nationale françaiseJean-Jacques CANDELIER
Député du Nord
(16ème Circonscription)
Vice-président de la Commission de la
Défense Nationale et des Forces Armées
Site Internet : www.jjcandelier.fr

QUESTION ECRITE n° 535 publiée au JO le : 11/09/2012
M. Jean-Jacques Candelier attire l’attention de M. le ministre des affaires étrangères sur une menace qui pèse sur le fondateur de Wikileaks. Le gouvernement britannique a menacé de retirer son statut diplomatique à l’ambassade de l’Équateur et d’y pénétrer de force afin de procéder à l’arrestation de l’intéressé. Cette menace consternante traduit un mépris choquant des autorités de Londres pour le droit international, pour les principes les plus établis devant guider les relations internationales et en particulier pour la souveraineté équatorienne. Il revient désormais à la France d’affirmer sa pleine solidarité avec l’Équateur et les citoyens de ce pays qui manifestent pour exprimer leur vive préoccupation et leur rejet de cette attitude arrogante et inacceptable de la Grande-Bretagne, qui ne fait qu’obéir aux exigences des États-unis dont les aspects troublants et condamnables de la politique internationale et des pratiques hégémoniques ont été précisément mis en lumière par le fondateur de Wikileaks.

REPONSE publiée au JO le : 23/10/2012
Le 16 août, l’Equateur a accordé l’asile politique à Julian Assange. Depuis, le président équatorien Rafael Correa a déclaré être ouvert au dialogue avec les gouvernements de Grande-Bretagne et de Suède pour trouver une solution concernant le fondateur de Wikileaks retranché depuis le 19 juin dans l’ambassade équatorienne à Londres. Le différend opposant le Royaume-Uni et l’Equateur suite à la décision de Quito d’accorder l’asile politique à Julian Assange est une question bilatérale que les deux pays doivent résoudre par le dialogue et conformément au droit international applicable. Les autorités françaises suivent avec attention ce dossier et expriment l’espoir que le dialogue engagé permettra à ces pays de trouver ensemble une solution conforme au droit international.

Lien pdf de l’article: Question écrite n° 535 publiée au JO du 03-07-2012 _Wikileaks Assange

Le discours de Julian Assange à l’ambassade d’Equateur, le 20 décembre 2012

Bonsoir, Londres.

Quelle vision, pour des yeux fatigués. Les gens me demandent ce qui me donne de l’espoir. Hé bien, la réponse est juste ici. Il y a six mois – il y a 185 jours –  je suis entré dans ce bâtiment. Il est devenu mon domicile, mon bureau et mon refuge. Grâce à l’attitude de principe du gouvernement équatorien et au soutien de son peuple, je suis en sécurité dans cette ambassade pour vous parler. Et chaque jour à l’extérieur, pendant 185 jours, des personnes comme vous ont veillé sur cette ambassade – qu’il pleuve, grêle ou fasse beau. Chaque jour. Je suis venu ici en été. C’est l’hiver maintenant.

J’ai été sustenté par votre solidarité et je suis reconnaissant des efforts de personnes de par le monde entier soutenant le travail de WikiLeaks, soutenant la liberté d’expression, la liberté de la presse, des éléments esentiels de notre démocratie. Bien que ma liberté soit limitée, au moins suis-je capable de communiquer ce Noël, non pas comme les 232 journalistes qui sont en prison ce soir.

Non pas comme Gottfrid Svartholm en Suède ce soir.

Non pas comme Jeremy Hammond à New York ce soir.

Non pas comme Nabeel Rajab au Bahreïn ce soir.

Et non pas comme Bradley Manning, qui a eu 25 ans cette semaine, un jeune homme qui a préservé sa dignité après avoir passé plus d’un dixième de sa vie en prison, sans procès, une partie de ce temps dans une cage, nu et sans ses lunettes. Et non pas comme tant d’autres dont les épreuves sont reliées aux miennes.

Je salue ces hommes et ces femmes de courage. Et je salue les journalistes et les publications qui ont couvert ce qui continue d’arriver à ces personnes, et les journalistes qui continuent de publier la vérité face à la persécution, les poursuites judiciaires et les menaces – qui prennent le journalisme au sérieux. Parce que c’est à partir de la révélation de la vérité que tout le reste s’ensuit.

Nos édifices ne peuvent être aussi grands que leurs briques sont fortes. Notre civilisation est seulement aussi forte que ses idées sont vraies. Quand nos édifices sont érigés par les corrompu(e)s, quand leur ciment est coupé avec des salissures, quand l’acier vierge est remplacé par des débris – nos édifices ne sont pas sûrs comme domicile. Et quand nos médias sont corrompus, quand nos intellectuels sont pusillanimes, quand notre histoire est emplie de demi-vérités et de mensonges – notre civilisation ne sera jamais juste. Elle ne s’élèvera jamais jusqu’au ciel.

Nos sociétés sont des bidonvilles intellectuels. Nos croyances concernant le monde et nous-mêmes, entre nous, ont été créées par le même système par qui le mensonge nous a menés dans des guerres à répétition qui ont tué des millions de gens. Vous ne pouvez pas construire un gratte-ciel avec de la pâte à modeler. Et vous ne pouvez pas édifier une civilisation juste à partir d’ignorance et de mensonges.

Nous devons nous éduquer les un(e)s les autres. Nous devons célébrer ceux et celles qui révèlent la vérité et dénoncer ceux qui empoisonnent notre capacité à comprendre le monde dans lequel nous vivons. La qualité de notre discours est la limite de notre civilisation.

Mais cette génération s’est dressée sur ses jambes et révolutionne la manière dont nous percevons le monde. Pour la première fois dans l’histoire les personnes qui sont affectées par l’histoire en sont les créateurs. Et pour ce qui est des autres journalistes et publications – vos oeuvres parlent d’elles-mêmes, comme le font vos crimes de guerre.

Je salue ceux et celles qui reconnaissent la liberté de la presse et le droit du public à l’information – reconnus dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, reconnus dans le Premier Amendement des USA – nous devons admettre que ceux-ci sont en danger et ont besoin de protection, comme jamais auparavant.

WikiLeaks est sous le coup d’une enquête en cours du Ministère de la Justice US, et ce fait a été correctement reconnu par l’Équateur et les gouvernements d’Amérique Latine comme mettant matériellement en danger ma vie comme mon travail. L’asile n’est pas accordé sur un coup de tête, mais selon des faits. L’enquête états-unienne est rapportée par témoignage – sous serment – dans les Cours US, est reconnue par le Ministère de la Justice, et dans le Washington Post il y a tout juste quatre jours par le Procureur de la Virginie, comme un fait. Ses citations à comparaître sont combattues par nos agents dans les Cours US. Le Pentagone a réitéré ses menaces contre moi en septembre et affirmé que l’existence même de WikiLeaks était un crime en plein jour.

Mon oeuvre ne sera pas étouffée. Mais tant que cette enquête immorale se poursuit, et tant que le gouvernement australien ne défendra pas le journalisme et la publication de WikiLeaks, je dois rester ici.

Toutefois, ma porte est ouverte – et la porte a toujours été ouverte – pour quiconque désire me parler. Comme vous, je n’ai pas été accusé de crime. Si jamais vous vous entendez de la propagande suggérant autre chose, faites note de cette corruption du journalisme et allez sur justice4assange.com pour tous les faits réels. Dites au monde la vérité, et dites-le au monde qui vous a menti. Malgré les limitations, malgré le blocus bancaire extra-judiciaire, qui entoure WikiLeaks comme l’embargo sur Cuba, malgré une enquête criminelle sans précédent et une campagne pour nuir à et détruire mon organisation, 2012 a été une année immense.

Nous avons publié presque un million de documents. Des documents concernant la guerre qui se poursuit en Syrie. Nous avons exposé l’état de surveillance des masses dans des centaines de documents issus d’entreprises privées de renseignement. Nous avons publié des informations au sujet du traitement des détenus à Guantanamo Bay et ailleurs – le symbole de la corruption de la règle du droit en Occident, et au-delà.

Nous avons gagné contre le blocus bancaire illégal dans les tribunaux et au Parlement Européen. Après un combat de deux ans, les dons à WikiLeaks sont passés d’un statut de blocage et de non-déductibilité fiscale à la déductibilité dans le calcul des impôts à travers toute l’Union Européenne et les USA. Et la semaine dernière l’information révélée par WikiLeaks était cruciale – et citée au cours du jugement – dans la détermination de ce qui est vraiment arrivé à El-Masri, un Européen innocent kidnappé et torturé par la CIA.

L’année prochaine sera également riche en événements. WikiLeaks a déjà plus d’un million de documents en préparation pour être publiés, des documents qui concernent tous les pays du monde. Tous les pays du monde. Et en Australie un Sénateur non-élu sera remplacé par un Sénateur qui lui, l’est.

En 2013, nous continuons à nous dresser face aux brutes. Le gouvernement équatorien et les gouvernements de l’Amérique Latine ont démontré combien la coopération au travers de valeurs partagées peut enhardir les gouvernements pour résister à la contrainte et soutenir l’auto-détermination. Leurs gouvernements ne menacent personne, n’attaquent personne, n’envoient des drones sur personne. Mais ensemble ils sont forts et indépendants. Les appels las des manipulateurs de pouvoir à Washington en faveur de sanctions économiques contre l’Équateur, simplement à cause de la défense de mes droits, sont mal inspirés et immoraux. Le Président Correa a justement dit, « les principes de l’Équateur ne sont pas à vendre. » Nous devons nous unir ensemble pour soutenir le courageux peuple équatorien, pour les défendre contre une intervention à l’encontre de leur économie et une interférence dans leurs élections l’année prochaine.

La puissance de personnes parlant haut et fort et résistant ensemble terrifie le pouvoir corrompu et anti-démocratique. Tant et si bien que des gens ordinaires ici en Occident sont devenus les ennemis des gouvernements, des ennemis à surveiller, des ennemis à être contrôlés et appauvris.

La vraie démocratie n’est pas la Maison Blanche. La vraie démocratie n’est pas Canberra. La vraie démocratie est la résistance des peuples, armés de la vérité, de la place Tahrir jusqu’ici à Londres. Chaque jour, des personnes ordinaires nous enseignent que la démocratie c’est la liberté de parole et la dissidence. Car dès que nous, le peuple, cessons de dire ce qu’il y a à dire et cessons de nous révolter, dès que nous sommes distraits ou pacifiés, dès que nous nous détournons les un(e)s des autres, nous cessons d’être libres. Car la vraie démocratie est la somme – LA SOMME – de notre résistance.

Si vous ne vous exprimez pas – si vous abandonnez ce qui est uniquement à vous en tant qu’être humain: si vous abandonnez votre conscience, votre indépendance, votre sens de ce qui est bien et de ce qui est mal, en d’autres mots – peut-être sans le savoir, vous devenez passif(ve)s et sous contrôle, incapables de vous défendre et de défendre ceux et celles que vous aimez.

Les gens me demandent souvent, « Que puis-je faire? »

La réponse n’est pas si compliquée.

Apprenez comment fonctionne le monde Remettez en question les déclarations et les intentions de ceux et celles qui cherchent à nous contrôler derrière une façade de démocratie et de monarchie. Unissez-vous en un but commun et un principe commun pour imaginer, construire, documenter, financer et défendre.

Apprenez. Défiez. Agissez.

Maintenant.

Source: http://wikileaks.org/Statement-by-Julian-Assange-after.html

Discours de Julian Assange sur Russia Today


Traduit depuis le web par willsummer

Julian Assange fait un discours jeudi 20 décembre à l’ambassade d’Equateur, à Londres

Assange, à l'ambassade

Julian Assange va parler jeudi

Le Point.fr – Publié le 16/12/2012 à 14:35 – Modifié le 16/12/2012 à 14:36

Le fondateur de WikiLeaks s’exprimera depuis l’ambassade d’Équateur à Londres.

Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, s’exprimera jeudi depuis l’ambassade de l’Équateur à Londres, où il est réfugié depuis six mois, a annoncé dimanche le site internet spécialisé dans la révélation de documents secrets. « Londres, jeudi 20 décembre, 19 heures : Julian Assange s’adressera à la foule depuis l’ambassade d’Équateur, marquant six mois d’asile », indique WikiLeaks sur son compte Twitter. Julian Assange, Australien de 41 ans, est réfugié depuis juin à l’ambassade d’Équateur à Londres afin d’échapper à une extradition vers la Suède pour une affaire de viol et d’agression sexuelle présumés, dans laquelle il clame son innocence.

L’Équateur lui a accordé l’asile politique, mais Londres entend appliquer le mandat d’arrêt suédois. L’Australien affirme que s’il est envoyé en Suède, il risque à terme d’être extradé vers les États-Unis, furieux de la publication par WikiLeaks de documents américains secrets, et d’y encourir la peine de mort. Julian Assange s’était déjà exprimé depuis le balcon de l’ambassade d’Équateur, fin août, lors d’une mise en scène parfaitement orchestrée, devant des centaines de ses partisans et de nombreux médias. À cette occasion, il avait demandé la fin de la « chasse aux sorcières » américaine contre WikiLeaks.

Source: http://www.lepoint.fr/monde/julian-assange-va-parler-jeudi-16-12-2012-1589100_24.php

JolPress: Jean-Luc Mélenchon rend visite à Julian Assange à l’ambassade d’Équateur

Réfugié à l’ambassade d’Équateur de Londres depuis plusieurs mois, Julian Assange, fondateur de WikiLeaks, a reçu la visite de Jean-Luc Mélenchon, jeudi 6 décembre. Le président du Front de gauche a affirmé que la situation de Julian Assange, recherché par la Suède pour viol et agressions sexuelles présumés et par les États-Unis pour l’affaire des télégrammes diplomatiques, était celle d’un « prisonnier ».

Assange - Mélenchon

Le co-président du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, a rendu visite au fondateur de WikiLeaks, l’Australien Julian Assange, jeudi 6 décembre, alors que ce dernier est réfugié à l’ambassade d’Équateur à Londres, depuis juillet dernier.

Jean-Luc Mélenchon apporte son soutien a Julian Assange

L’ancien candidat à la présidentielle, qui n’avait jamais rencontré Julian Assange mais l’avait déjà invité à participer, par le biais d’une vidéoconférence, à l’un de ses meetings, a affirmé son soutien à celui qu’il qualifie de « prisonnier ».

Jean-Luc Mélenchon a également souligné « l’attitude très courageuse » de l’Équateur qui a accueilli Julian Assange comme un réfugié politique, « contrairement à beaucoup d’autres pays » qui « ont bel et bien laissé choir » le fondateur de WikiLeaks.

« La situation de Julian Assange est celle d’un prisonnier »

« Je suis un ami de la révolution citoyenne en Équateur et donc je me sens comme un devoir de venir au contact de mes amis, leur exprimer de la reconnaissance et de la solidarité », a affirmé Jean-Luc Mélenchon lors d’un point presse avec l’ambassadrice équatorienne Ana Alban.

« En réalité, la situation de Julian Assange est celle d’un prisonnier », a-t-il ajouté, renouvelant son soutien à celui qui est accusé d’agressions sexuelles en Suède et recherché aux États-Unis pour avoir rendu public les fameux télégrammes diplomatiques qui ont rendu WikiLeaks célèbre.

« Il est prêt à aller se défendre. On ne demande qu’une chose : que la Suède s’engage à ne pas livrer Monsieur Assange aux États-Unis d’Amérique parce que dans le cas où elle le ferait, son sort est connu d’avance, il suffit de voir comment est traité Monsieur Manning », a finalement affirmé Jean-Luc Mélenchon.

La peur de l’extradition vers les États-Unis

Interrogée sur l’état de santé de Julian Assange, l’ambassadrice Ana Alban a affirmé que rien ne nécessitait « un suivi médical » pour son hôte. Elle n’a cependant pas caché son inquiétude quant à une dégradation possible de son état de santé dans la mesure où Julian Assange réside dans un espace confiné. Ana Alban a affirmé qu’un médecin visitait régulièrement le réfugié politique.

Réfugié à l’ambassade d’Équateur depuis plusieurs mois, Julian Assange redoute d’être extradé vers la Suède, non pas pour les accusations de viol et d’agressions sexuelles qu’il nie mais pour l’éventuelle extradition vers les États-Unis qui suivrait ensuite.

Alors que l’Équateur a proposé deux alternatives pour résoudre le cas Assange : que le Royaume-Uni accorde un sauf-conduit à Julian Assange ou que la Suède s’engage à ne pas l’extrader vers les États-Unis, les autorités n’ont pas encore donné leur réponse.

Source: http://www.jolpress.com/international-jean-luc-melenchon-visite-julian-assange-ambassade-equateur-londres-extradition-article-815521.html

Ambassade d’Equateur: Communiqué de presse sur la santé de Julian Assange

Julian Assange

29 Novembre 2012

“En référence aux déclarations récentes de l’Ambassadrice Ana Alban, Julian Assange n’est pas dans un état d’urgence médicale.

Nous continuons à demander l’assurance des gouvernements du Royaume-Uni et  de la Suède pour lui permettre de vivre une vie normale, à l’abri de la menace d’une extradition aux Etats-Unis.

Le gouvernement de l’Equateur demande au gouvernement du Royaume-Uni de s’engager à garantir toute future assistance humanitaire dont Julian Assange aurait besoin en respect de la protection qui lui est accordée par l’Equateur. »

Source: http://www.ecuadorembassyuk.org.uk/announcements/press-release-nota-de-prensa

Discours de Julian Assange à l’ONU, le 26 septembre 2012

Transcription du discours de Julian Assange à l’ONU au sujet des Droits de l’homme, prononcé le 26 Septembre. Transcrit depuis l’allocution en « Live »

Monsieur le ministre des Affaires Etrangères Ricardo Patino, Messieurs et Mesdames les délégués, Mesdames, Messieurs,

Je vous parle aujourd’hui comme un homme libre, parce que, bien que j’aie été détenu pendant 659 jours sans avoir été mis en examen, je suis libre dans le sens le plus basique et le plus important du terme, je suis libre de parler selon ma conscience.

Cette liberté existe parce que l’Equateur m’a accordé l’asile politique, et que d’autres nations se sont associées pour soutenir cette décision.

Et c’est grâce à l’article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme des Nations Unies, que WikiLeaks peut « recevoir et diffuser l’information et les idées…à travers n’importe quel média, par n’importe quel moyen d’expression, et sans considération de frontières ». Et c’est grâce à l’article 14-1 de la Déclaration Universelle des Droits de l’homme qui consacre le droit de demander l’asile contre les persécutions, et le Statut des Réfugiés de 1951, et d’autres conventions établies par les Nations Unies que je peux aujourd’hui être protégé, avec d’autres, de persécutions politiques.

C’est grâce aux Nations Unies que je peux exercer mon droit inaliénable de demander une protection contre les actions arbitraires et excessives engagées par des gouvernements contre moi, contre mon équipe et contre des supporters de mon organisation. Et c’est à cause de l’interdiction absolue de la torture consacrée par les lois internationales et les conventions de l’ONU contre la torture que nous nous dressons fermement, en tant qu’organisation, pour dénoncer la torture et les crimes de guerre, quels que soient ceux qui les exercent.

Je voudrais remercier le gouvernement de l’Équateur pour m’offrir gracieusement cet espace ici aujourd’hui afin de parler une fois encore aux Nations Unies, dans des circonstances très différentes de ma première intervention lors de l’Examen Périodique Universel de l’ONU à Genève. (cf. Note en bas de page)

Il y a presque deux ans, J’avais parlé de notre travail pour dévoiler la torture et le meurtre de plus de 100 000 citoyens Irakiens.

Mais aujourd’hui, je veux vous raconter une histoire Américaine.

Je veux vous raconter l’histoire d’un jeune soldat Américain en Irak.

Le soldat est né à Crescent, Oklahoma, d’une mère Galloise et d’un père de l’US Navy (marine Americaine). Ses parents tombèrent amoureux. Son père était stationné dans une base militaire US au Pays de Galles.

Le soldat était un jeune homme prometteur, remportant le premier prix en sciences trois ans de suite.

Il croyait en la vérité, et, comme nous tous, il détestait l’hypocrisie.

Il croyait en la liberté, et aux droits de chacun a chercher le bonheur. Il croyait aux valeurs qui ont fondé l’indépendance des Etats Unis. Il croyait en Madison, il croyait en Jefferson, et il croyait en Payne. Comme beaucoup d’adolescents, il ne savait pas trop quoi faire de sa vie, mais il savait qu’il voulait défendre son pays et il savait qu’il voulait apprendre à connaître le Monde. Il est entré dans l’armée Américaine, et comme son père, a été formé comme analyste de renseignement.

A la fin de l’année 2009, à 21 ans, il a été affecté en Irak.

Là, on prétend qu’il a vu une armée Américaine qui souvent ne respectait pas la régle de Droit et dans les faits commettait des crimes et soutenait la corruption politique.

On prétend que c’est là, à Bagdad, en 2010 qu’il a donné à WikiLeaks et au monde des détails qui exposaient la torture d’Irakiens, le meurtre de journalistes, et des informations détaillées sur plus de 120 000 meurtres de civils en Irak et en Afghanistan. On prétend aussi qu’il a donné à WikiLeaks 251 000 télégrammes diplomatiques US, qui ensuite ont aidé à l’émergence du Printemps Arabe. Ce jeune soldat s’appelle Bradley Manning.

Prétendument trahi par un informateur, il a été emprisonné à Bagdad, emprisonné au Koweït et emprisonné en Virginie, où il a été gardé 9 Mois au secret et soumis à des mauvais traitements, Le rapporteur des Nations Unies pour la Torture, Juan Mendez a enquêté et formellement qualifié ces faits à l’encontre des Etats-Unis.

Le porte parole d’Hillary Clinton dut démissionner. Bradley Manning, soldat et patriote fut dégradé, maltraité et psychologiquement torturé par son propre gouvernement. Il fut accusé de faits passibles de la peine de mort. Ces événements lui sont arrivés car le gouvernement US voulait le briser, le forcer à témoigner contre WikiLeaks et moi.

Et, aujourd’hui, Bradley Manning a été détenu sans procès depuis 856 jours.

Le maximum légal aux Etats-Unis est de 120 jours.

L’administration américaine essaie d’instituer un régime national de secret, un régime national de dissimulation.

Un régime où tout employé du gouvernement qui révèle de l’information sensible à une organisation médiatique peut être condamné à mort, à l’emprisonnement à vie, ou pour espionnage, et les journalistes de l’organisation médiatique avec lui.

Nous ne devrions pas sous-estimer le degré d’investigation qui s’est exercé contre WikiLeaks, Je voudrais seulement pouvoir dire que Bradley Manning a été la seule victime de la situation. Mais l’attaque contre WikiLeaks pour ces faits et d’autres, a donné lieu à une enquête dont les diplomates australiens disent qu’elle est sans précédent en termes de degré et de nature. Ce que le gouvernement des Etats Unis a appelé une enquête gouvernementale globale. Ces agences gouvernementales identifiées de notoriété publique comme ayant été impliquées dans cette enquête incluent: le Ministère de la Défense, Centcom, l’Agence de renseignements de la Défense (DIA), la Division d’Investigations Criminelles de l’Armée US, Les Forces Etats Uniennes en Irak, la Division de la Première Armée, l’Unité d’Investigation sur les Crimes Informatiques de l’Armée US, le CCIU, le Commandement Cybernétique de la Deuxième Armée. Et avec ces trois enquêtes de renseignement séparées, le Ministère de la Justice, et son Grand Jury en Virginie, le FBI, qui maintenant à, selon un témoignage en justice intervenu plus tôt dans l’année, produit un dossier de 42 135 pages sur WikiLeaks sur lesquelles moins de 8000 concernent Bradley Manning, le Département d’Etat, les services de Sécurité Diplomatique du Département d’Etat. En outre nous avons été objet d »une enquête du bureau du Directeur Général du Renseignement National, de l’ODNI, du Directeur Exécutif du Contre Espionnage national, de la CIA, du Comité de Surveillance Intérieur, du Comité Inter Agences de la Sécurité Nationale et du PIAB (le Bureau de Conseils en renseignement du Président).

Le porte-parole du Ministère de la Justice Dean Boyd a confirmé en Juillet 2012 que l’enquête de son ministère sur WikiLeaks est en cours.

Malgré toutes les belles paroles du Président Obama hier, et il y en a eu beaucoup des belles paroles, c’est son administration qui se consacre sur son site de campagne à criminaliser d’avantage la liberté de parole que tous les précédents présidents des Etats-Unis réunis.

Je me souviens de cette phrase « l’audace de l’espoir ».

Qui peut dire que le Président des Etats-Unis n’est pas audacieux?

N’est-ce pas de l’audace pour le gouvernement des Etats-Unis de mettre à son crédit  l’avalanche de progrès de ces deux dernières années?

N’était-ce pas audacieux de dire, mardi, que « les Etats-Unis ont soutenu des forces du changement » lors du printemps Arabe?

L’histoire Tunisienne n’a pas commencé en Décembre 2010.

Et Mohamed Bouazizi ne s’est pas immolé par le feu afin que Barack Obama puisse être réélu.

Sa mort était un symbole du désespoir qu’il a dû endurer sous le régime de Ben Ali.

Le monde a su, après la lecture des publications de WikiLeaks que le régime de Ben Ali et son gouvernement avaient pendant de longues années bénéficié de l’indifférence, sinon du soutien, des Etats-Unis, pleinement au courant de ses excès et de ses crimes.

Donc cela doit être une surprise pour les Tunisiens que les Etats-Unis aient soutenu les forces du changement dans leur pays.

Cela doit être une surprise pour les adolescents Egyptiens qui ont essuyé les gaz lacrymogènes Américains sur leurs yeux que l’administration Américaine soutenait le changement en Egypte.

Cela doit être une surprise pour ceux qui ont entendu Hillary Clinton affirmer que le régime de Moubarak était « stable », et quand il est devenu clair pour tout le monde qu’il ne l’était pas, que son détesté chef du Renseignement, Suleyman, dont nous avons prouvé que les US savaient qu’il était un tortionnaire, devrait prendre en charge le royaume.

Cela doit être une surprise pour tous ces Égyptiens qui ont entendu le Vice-Président Joseph Biden déclarer que Hosni Moubarak était un démocrate et Julian Assange un terroriste High Tech.

C’est irrespectueux pour les morts et les prisonniers du soulèvement au Bahreïn de prétendre que les Etats-Unis ont « soutenu les forces du changement ».

C’est indéniablement de l’audace.

Qui peut dire que ce n’est pas audacieux que le Président, soucieux de passer  pour un leader regarde en arrière vers ce changement énorme – le changement des peuples- et le fasse passer pour sien?

Mais nous pouvons prendre courage malgré tout car cela signifie que la Maison Blanche a vu que ce progrès est inévitable.

Dans cette « saison du progrès » le président a vu d’où vient le vent.

Et il doit maintenant prétendre que c’est son administration qui le fait souffler.

Très bien. C’est mieux que le contraire: demeurer inutile alors que le monde bouge.

Nous devons être clairs là.

Les Etats Unis ne sont pas l’Ennemi.

Son gouvernement n’est pas uniforme. Dans certains cas, des gens de bien aux Etats-Unis ont soutenu les forces du changement. Et peut-être Barack Obama a-t-il été l’un d’eux à titre personnel.

Mais dans d’autres, et massivement, ce gouvernement s’est activement opposé à ces forces.

C’est une vérité historique.

Et il n’est pas correct, et il n’est pas approprié pour le Président de tordre cette réalité pour un avantage politique, ou pour le plaisir de prononcer de belles paroles.

Et pour de belles paroles.

Ce sont de belles paroles.

Et nous saluons et nous sommes d’accord avec ces belles paroles.

Nous sommes d’accord quand le Président Obama a dit hier que les gens devaient résoudre leurs différends pacifiquement.

Nous sommes d’accord que la diplomatie doit remplacer la guerre.

Et nous sommes d’accord que c’est un monde interdépendant et que chacun de nous y a un intérêt.

Nous sommes d’accord que la liberté et le droit à l’autodétermination ne sont pas seulement des valeurs  Américaines ou occidentales mais des valeurs universelles.

Et nous sommes d’accord avec le Président quand il dit que nous devons parler franchement si nous sommes sérieux avec ces idéaux.

Mais les belles paroles pâlissent sans des actes qui les accompagnent.

Le président Obama a parlé fermement en faveur de la liberté d’expression.

«Ceux qui sont au pouvoir », a-t-il dit, « doivent résister à la tentation de réprimer la dissidence.»

Il y a un temps pour les mots, et il y a un temps pour les actions. Le temps des mots est arrivé à sa fin.

Il est temps pour les Etats-Unis de cesser de persécuter WikiLeaks, de cesser de persécuter nos membres et de cesser de persécuter nos sources présumées.

Il est temps pour le Président Obama de faire des choses justes, de rejoindre les forces du changement, non par de belles paroles, mais par de belles actions.

Note:

L’Examen Périodique Universel  (Universal Periodic Review UPR) est un mécanisme des Nations Unies commencé en avril 2008 et qui consiste en l’examen de tous les pays du monde, tous les quatre ans, sur leurs pratiques en matière de droits de l’homme.http://www.upr-info.org/-fr-.html

Traduit par Irien sur le forum WikiLeaks

Source:
http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,15158.0.html
http://wikileaks.org/Transcript-of-Julian-Assange.html

Amnesty International: La Suède doit donner l’assurance qu’elle n’extradera pas Julian Assange vers les Etats-Unis

Les autorités suédoises doivent donner l’assurance au Royaume-Uni et à Julian Assange que, s’il quitte l’ambassade de l’Équateur à Londres et accepte de se rendre en Suède pour répondre d’accusations d’agression sexuelle, il ne sera pas extradé vers les États-Unis dans le cadre de l’affaire WikiLeaks, a indiqué Amnesty International.

Alors que le cofondateur de WikiLeaks s’est adressé à l’ONU et que des discussions doivent s’ouvrir entre le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, et des responsables équatoriens, Amnesty International a ajouté qu’il était temps de sortir de l’impasse.

« Si les autorités suédoises sont en mesure de confirmer publiquement que Julian Assange ne finira pas par se retrouver dans un avion vers les États-Unis s’il s’en remet à l’autorité des tribunaux suédois, cela pourrait permettre d’atteindre deux objectifs : premièrement, de sortir de l’impasse actuelle et, deuxièmement, de faire en sorte que les femmes qui ont porté des accusations d’agression sexuelle ne soient pas privées de justice, a expliqué Nicola Duckworth, directrice générale chargée des recherches à Amnesty International.

« Il est vital que les États se montrent déterminés à prendre en compte les allégations de violence sexuelle et à respecter les droits des femmes qui portent plainte comme ceux de la personne accusée. »

Amnesty International ne dispose d’aucun élément prouvant que la Suède prévoit d’extrader Julian Assange vers les États-Unis. Toutefois, à n’en pas douter, les craintes relatives à cette éventualité ont fortement pesé dans l’impasse actuelle.

Amnesty International estime que le transfert forcé de Julian Assange vers les États-Unis dans les circonstances présentes l’exposerait au risque réel de subir de graves violations des droits humains, notamment de son droit à la liberté d’expression, et au risque d’être détenu dans des conditions qui bafouent l’interdiction de la torture et de tout autre traitement cruel, inhumain et dégradant.

PRE01/458/2012

  • Creative Commons

    Ce blog est mis à disposition selon les termes de la Licence CC-BY-SA 4.0, sauf pour les contenus traduits depuis d'autres sites internet et qui restent la propriété des médias qui les ont publiés à l'origine.
  • Articles récents

  • Catégories

  • Archives