L’ancien président américain Jimmy Carter donne une nouvelle fois son opinion sur WikiLeaks

wikileaks_3_12-300x200Après être intervenu en novembre 2010 dans une interview où il disait notamment, au sujet des révélations de WikiLeaks, que « Quand vous prenez les choses comme ça hors du contexte, je pense que cela n’aide personne, mais que ça heurte diplomatiquement » (CBS News) à cause des personnes mises en danger par certains documents, l’ancien président américain Jimmy Carter – aujourd’hui atteint d’un cancer au cerveau – a précisé sa pensée dans une nouvelle interview, en août 2015, où il se montre plus tolérant et soucieux de la vérité face aux organisations qui publient des documents confidentiels.

Il déclare, en effet, à la question posée:

Quelle est votre opinion sur WikiLeaks? Pensez-vous que le secret, ou ce qu’on appelle les « activités de renseignement », permettent de renforcer ou d’affaiblir une nation?

Vous savez, mon avis est un avis minoritaire, parce que la plupart des Américains sont en désaccord avec moi. Je ne déplore pas les révélations de WikiLeaks. Celles-ci ont juste rendu public ce qui était, en fait, vrai. Le plus souvent, la révélation de la vérité, même si elle est désagréable, est bénéfique.

Le Centre Carter, par exemple, que je dirige aujourd’hui, a un grand projet sur la liberté d’information pour encourager les nations individuelles à adopter des lois pour permettre à leurs citoyens de connaître les décisions que prennent les responsables du gouvernement. Et cela est parfois embarrassant pour le gouvernement. Mais nous faisons ça partout dans le monde.

Je pense que, presque invariablement, le secret est conçu pour dissimuler des activités inappropriées et non conçu pour le bien-être de la population en général. Donc, il peut y avoir eu quelques problèmes avec certaines des révélations de WikiLeaks, mais je pense qu’en général la révélation forcée de la vérité est le plus souvent utile.

Lire l’intégralité de l’article: http://theelders.org/article/only-us-president-who-didnt-wage-war#Truth

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Un outil de visualisation des câbles WikiLeaks en ligne

Reference Network Visualization [Visualisation du réseau de référence]: http://wlwardiary.github.io/cable2graph/

Une visualisation interactive des références entre les câbles diplomatiques

Wikileaks-reference network visualization

INDEX

1. Parcourir la visualisation

2. Comment cela est-il conçu?

3. Quelle est la structure du réseau?

4. Quels sont les câbles manquants?

5. Que puis-je faire?

6. Comment lire le graphique?

7. Code et données

8. Contact

Cablegate et similarité de réseau  (http://dataporn.tumblr.com/post/54709089136/cablegate-and-network-similarity)

En naviguant sur les visualisations générées par le réseau de référence du cablegate, il devient évident que certaines formations de nœuds et d’arêtes apparaissent plus souvent. Le principal exemple est l’étoile, qui représente souvent une demande d’action auprès du département d’Etat et les réponses liées.

La structure du réseau peut représenter un comportement, elle peut refléter la façon dont les références dans les câbles diplomatiques sont utilisées.

Quelles sont les structures de réseau en commun et que représentent-elles?

Pour répondre à cette question, le graphe complet doit être divisé en sous-graphes plus petits. Ensuite, chaque sous-graphe est à comparer avec l’autre pour une similarité.

Cependant, même la comparaison de deux graphes identiques est coûteux.

Une solution possible est introduite par J. Bagrow et al. dans le document de 2008 « Portraits de réseaux complexes » qui décrit « les grands réseaux complexes en introduisant une nouvelle structure de matrice, unique pour un réseau donné, qui encode l’information structurelle ».

Voir une liste des graphiques disponibles: http://wlwardiary.github.io/cable2graph/v0.2/stars.html

Exemple de graphique en ligne: Graphique n°7924
http://wlwardiary.github.io/cable2graph/v0.2/star_7924.graphml.html

Wikileaks-Reference Network Visualization

Une visualisation interactive des références entre les câbles diplomatiques:

v0.3
v0.2
v0.1

Données du Cablegate: https://github.com/wlwardiary/cable2graph/wiki/data

CableWeaving: http://thedod.github.io/cableweaving/

En savoir plus: http://dataporn.tumblr.com/

WikiLeaks: La CIA ou la « Central Incompetence Agency »

the-new-cia-seal-obama-directs-the-cia-the-wrong-way-political-poster-1261477606Illustration: « Le nouveau sceau de la CIA – Ne pas entendre de mal – Ne pas voir le mal – Ne pas faire de mal » (politifake.org)

Voici l’extrait du câble 05PARIS2210 daté du 4 avril 2005, provenant de l’ambassade américaine de Paris: les diplomates américains analysent les réactions de la presse française face à un rapport sur la CIA qui met en évidence l’incompétence et les erreurs commises par l’agence de renseignement américaine sur la présence d’armes de destruction massive en Irak. Ce rapport intégral peut être consulté en ligne sur le site du Washington Post (« Les doutes sur les armes ont été rejetés »). Les réactions de la presse insistent notamment sur le fait que les erreurs de la CIA ont concerné deux événements récents majeurs, à savoir les attentats du 11 septembre et la guerre en Irak.

RAPPORT DE LA CIA

Les erreurs des espions américains stigmatisées dans un rapport

« Les correspondants de Washington, pour le [journal] de centre-droit le Figaro, ont émis comme opinion (01/04): « les espions américains n’avaient aucune idée que le 11 septembre 2001 était imminent, ils ont eu tort à propos des armes de destruction massive que Saddam Hussein était censé avoir, vont-ils faire preuve du même niveau d’incompétence en ce qui concerne les arsenaux nucléaires iranien et nord-coréen? C’est la question que nous lisons entre les lignes des 600 pages du rapport présenté hier au président Bush.

« CIA: Central Incompetence Agency [Agence Centrale de l’Incompétence] »

Thomas de Rochechouart dans le [journal] populaire de centre-droit France Soir (01/04): « CIA: ces trois lettres symbolisent le pouvoir et la puissance des États-Unis. Et dans une certaine mesure son invincibilité. Mais dans le rapport qui a été présenté à George W. Bush, les espions ont plus de ressemblance avec l’inspecteur Gadget qu’avec les espions des romans de John Le Carré ou de Tom Clancy. Quelle Explication peut être trouvée pour cette faute énorme. Qui n’est pas la première erreur, si on prend en compte le 11 septembre? Le Renseignement américain semble être responsable de deux grands crises qui ont eu des répercussions internationales et qui ont déstabilisé la planète au cours des dernières années ».

Source: https://wikileaks.org/cable/2005/04/05PARIS2210.html

Lire l’article du Washington Post du 1er avril 2005: « Les doutes sur les armes ont été rejetés » : http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/articles/A17211-2005Mar31.html

Lire le rapport intégral sur les armes de destruction massives en Irak, du 31 mars 2005 (pdf): http://www.washingtonpost.com/wp-srv/nation/nationalsecurity/wmd/wmd_report.pdf

Des câbles exposent le lobbying gouvernemental US à travers le monde pour Monsanto et d’autres producteurs d’OGM

RT, le 14 mai 2013

Après que des câbles diplomatiques US publiés par WikiLeaks ont démontré que le State Department US faisait du lobbying à travers le monde pour le compte de Monsanto et d’autres entreprises similaires, un nouveau rapport basé sur ces câbles expose le pistonnage de Washington pour l’industrie biotechnologique distinctement et en détail.

Les révélations de WikiLeaks d’août 2011 ont montré que les diplomates états-uniens avaient demandé un financement pour envoyer des lobbyistes professionnels pour l’industrie de la biotechnologie pour entretenir un dialogue avec des politiciens et officiels de l’agriculture dans des « pays cibles » de zones comme l’Afrique ou l’Amérique Latine, où les cultures agricoles transgéniques n’étaient pas encore une réalité, ainsi que dans certains pays européens qui ont résisté à ces pratiques controversées.

(suite…)

WikiLeaks révèle les dessous de la crise ivoirienne

Cameroon Voice, le 10 avril 2013

Nom de code : PLUS D. L’association Wikileaks dirigée par Julian Assange, et qui s’est spécialisée dans la mise à la disposition du public de câbles diplomatiques classés confidentiels et/ou secret défense, a encore frappé.

Hier, elle a mis en ligne des informations de la diplomatie américaine. Qui permet d’avoir accès à 1,7 millions de documents secrets qui, pour certains, éclairent l’histoire récente d’un jour nouveau. Certains d’entre eux avaient déjà été « balancés » en 2010, mais étaient perdus dans le cafouillage incroyable créé par la profusion des données.

Cette fois-ci, grâce à un efficace moteur de recherches, l’accessibilité est améliorée et des documents intéressants surgissent. Sur la crise ivoirienne en particulier, un certain nombre de câbles diplomatiques se révèlent très intéressants à lire.

(suite…)

WikiLeaks et les Jeux Olympiques de Sotchi de 2014

Un bobsleigh portant le logo de Dow Chemical pour les JO d’hiver de Sotchi – Photo secretlondon123, 2012, Wikimedia Commons

Par Jules Boykoff, le 7 avril 2013

Dans exactement 10 mois aujourd’hui, les Jeux Olympiques d’hiver ouvriront à Sotchi, en Russie. Ce week-end marque également le troisième anniversaire de l’une des interventions les plus controversées de WikiLeaks: la publication d’une vidéo démontrant des soldats US à l’intérieur d’hélicoptères Apache abattant douze personnes – dont deux employés de Reuters – à Baghdad.

Il s’avère que les histoires de WikiLeaks et des Jeux Olympiques s’entremêlent de manière révélatrice. Et les révélations de WikiLeaks sur les olympiades passées nous aident à mieux comprendre ce qui se passe en ce moment en Russie, alors que le président Vladimir Poutine &co. se préparent à accueillir les Jeux.

Fin février 2011, WikiLeaks commença à publier les « Global Intelligence Files« , un butin de plus de cinq millions de mails internes de Stratfor Global Intelligence, une entreprise privée d’espionnage dont le siège est au Texas. Les documents contenaient des informations politiquement explosives, y compris des spéculations sur une mise en accusation imminente de Julian Assange par le Department of Justice US. Les Stratfor Files ont aussi mis à jour l’obsession des sponsors olympiques vis-à-vis des activistes politiques.

(suite…)

WikiLeaks démontre que l’ambassade US du Vatican avait profilé le Pape François dès 2005

Par CNA, le 18 mars 2013

Des câbles diplomatiques publiés par WikiLeaks démontrent que l’ambassade US du Vatican avait vu le futur Pape François comme candidat pour la papauté pendant le conclave de 2005, le décrivant comme un « pasteur sage » qui pourrait plaire aux alliés du cardinal Joseph Ratzinger.

Six câbles mentionnent le cardinal Jorge Mario Bergoglio, l’archevêque de Buenos Aires qui est devenu Pape le 13 mars dernier. L’un des câbles non-classés, daté du 18 avril 2005, comprend un profil détaillé qui examinait le cardinal argentin comme possible successeur au Pape Jean-Paul II.

« Bergoglio rassemble les vertus que beaucoup d’électeurs aiment, » dit le câble rédigé par l’ambassade US du Vatican. « Des observateurs ont loué son humilité: il a été réticent à accepter les honneurs ou à tenir de hauts offices et va au travail en bus. »

Le câble était signé par celui qui était alors Chargé d’Affaires de l’ambassade US, D. Brent Hardt et a été envoyé le jour du début du conclave. Il discutait du futur Pape François parmi 16 candidats possibles.

« Il est dit que Bergoglio préfère la vie à l’église locale plutôt que l’existence bureaucratique des structures ecclésiastiques de Rome, mais qu’en même temps il a accepté de servir dans les différents comités de surveillance du Vatican, » continuait le câble.

L’analyse de l’ambassade disait que cette préférence indiquait que le cardinal pouvait faire le pont sur la »division » qui oppose la curie et les archevêques cardinaux des églises catholiques locales. Du point de vue de l’ambassade, ceci rendait le cardinal Bergoglio « un bon candidat de compromis » pour les cardinaux votant au conclave.

L’ambassade disait que l’affiliation du cardinal à l’ordre des Jésuites « pouvait compter contre lui », citant quelques prélats de haut rang qui « se méfient d’un courant libéral au sein de l’ordre. »

L’analyse de l’ambassade disait que le cardinal Bergoglio, et avec lui les cardinaux Ruini et Scola, seraient « de bons candidats pour le camp Ratzinger. »

Comme beaucoup d’observateurs, l’ambassade avait faussement cru qu’il n’y avait pas assez de soutien au conclave pour le cardinal Joseph Ratzinger, qui allait être élu Pape le 19 avril 2005.

Fin 2010 le site lanceur d’alerte WikiLeaks a publié quelques 250.000 câbles diplomatiques du State Department US dans le cadre de son projet « Cablegate ». Des centaines de mails traitaient d’affaires catholiques, dont 700 câbles provenant de l’ambassade US auprès du Saint-Siège.

La Catholic News Agency a publié plusieurs rapports en profondeur des documents depuis fin 2010 jusqu’à septembre 2011.

Le cardinal Bergoglio est cité par son nom dans un total de huit câbles du State Department dans l’archive Cablegate, qui ne contient pas toutes les communications diplomatiques de 2010 ou antérieures.

Plusieurs câbles évoquent la relation parfois tendue de l’église catholique avec le gouvernement argentin, surtout avec la présidente actuelle Cristina Kirchner et son prédécesseur, son défunt mari le président Nestor Kirchner.

Un câble du 11 octobre 2007 de l’ambassade US à Buenos Aires déclarait que certains observateurs considèrent le cardinal Bergoglio comme étant « un leader de l’opposition » au gouvernement du président Nestor Kirchner.

Le câble suggérait que la condamnation du prêtre catholique Christian von Wernich pour son rôle en tant que complice d’un meurtre, de torture et d’emprisonnement illégal pendant la « sale guerre » argentine serait utilisée pour saper l’autorité morale de l’église catholique et du cardinal.

Un câble confidentiel envoyé en janvier 2010 mentionnait le cardinal Bergoglio en référence à la rencontre entre l’ambassadrice US en Argentine Vilma Martinez et Gabriela Michetti. Michetti est une ancienne Maire-adjointe de Buenos Aires qui siège désormais dans la chambre basse de la législature argentine comme députée du parti de centre-droite Proposition Républicaine (PRO) argentin.

Le câble disait que Michetti entretenait un « dialogue régulier » avec le cardinal Bergoglio et d’autres groupes catholiques.

Source: http://www.heraldmalaysia.com/news/Wikileaks-shows-US-Vatican-embassy-profiled-Pope-Francis-in-2005-14831-0-1.html

Traduit depuis le web par Will Summer

Les relations entre les USA et les islamistes tunisiens remontent à 2004

Publié le 25 décembre 2012 sur tunisie-secret.com

Tunisie: On ne remerciera jamais Wikileaks. Dans les documents suivants, on découvre la servilité des Nahdaoui à l’égard des Américains et la naïveté de ces derniers à l’égard des islamistes. C’est sous la présidence de George W.Bush, le criminel de guerre en Irak, que les relations de maître à esclave entre certains hauts dirigeants d’Ennahda et les Services de l’ambassade américaine en Tunisie se sont renforcées. Mais elles existaient depuis le début des années 80, lorsque les Américains ont décidé d’écarter Bourguiba et de placer leurs pions islamistes, aussi bien en Tunisie qu’en Algérie. Ils ont raté leur coup en 1987, mais pas en janvier 2011. Ce qui est étonnant dans ces documents, c’est que Ben Ali était au courant des tractations islamo-impérialistes, mais il laissait faire. Pourquoi n’a-t-il pas réagi ? Pourquoi n’a-t-il pas remis en prison ces traîtres ? Pourquoi a-t-il manqué de fermeté ? Autant de questions auxquelles il va falloir un jour répondre. A la lecture de ces documents de Wikileaks, on comprend que, ce n’est pas parce qu’ils sont majoritaires ou populaires que les islamistes sont arrivés au pouvoir, mais parce qu’ils ont vendu leur âme à l’Oncle Sam. Merci aux USA d’avoir imposé ces obscurantistes à un peuple qui voulait la démocratie.
Explosif : les relations entre les Américains et les islamistes tunisiens remontent à 2004

Des documents émanant de l’ambassade américaine à Tunis et faisant partie des récents documents qui ont filtré et ont été révélés récemment par Wikileaks attestent des très bonnes relations entre les membres du parti islamiste tunisien Ennahda et la mission diplomatique américaine à Tunis du temps du président déchu Ben Ali. Echange de visites entre les deux parties et insistance des dirigeants d’Ennahda sur le fait qu’ils représentent l’islam modéré, ce qui est à leur avis la solution pour la démocratie dans la région et précisément en Tunisie. Mais il semble qu’il y a une grande différence entre ce que déclarent (pour la consommation locale) les Nahdaouis à propos de la politique des Etats-Unis et ce que révèlent ces documents à propos de leurs cordiales relations avec eux. Le fait est que de nombreux sympathisants de ce parti écrivent sur de nombreux sites internet que le pouvoir du président déchu Ben Ali les pourchassait et les réprimait pour satisfaire à la demande des Etats-Unis qui ne veulent pas qu’ils accèdent au pouvoir bien qu’ils représentent « l’Islam modéré qui va réaliser la Justice, l’Egalité et la Démocratie ». Or, une série de télégrammes de l’ambassade américaine à Tunis démontre que les relations entre le parti islamiste et l’ambassade américaine étaient très étroites.

Selon ces documents, l’intérêt américain pour les faits et gestes des islamistes était permanent et les fonctionnaires de l’ambassade ne rataient jamais une occasion pour demander à leurs hôtes tunisiens des informations sur les activistes islamistes sur la scène politique ainsi que sur leur force réelle sur le terrain et la réalité de leurs projets.

Dans un document en date du 23 mai 2006, traitant de la situation dans le pays après les élections municipales tenues au début du même mois, un membre du parti Ettajdid (ancien parti communiste) a affirmé que le parti Ennahda demeure actif en marge de l’opposition et il vise tout particulièrement les jeunes fréquentant les mosquées. L’ambassadeur américain William Hudson, auteur du télégramme, écrit « que l’opposition laïque a compris l’importance d’une telle situation et a pris contact avec les islamistes dont des membres du parti Ennahdha restés dans le pays. Le président du parti démocratique progressiste d’alors, Néjib Chebbi, a reconnu devant l’ambassadeur qu’il avait rencontré récemment des membres d’Ennahdha à l’étranger. Mohamed Harmel, qui était alors président du Parti Ettajdid a révélé pour sa part qu’il n’est pas exclu qu’il prendrait des arrangements avec les islamistes pour renforcer les activités de son parti ».

Toutefois, l’opportunisme de Chebbi et de Harmel les a poussés à décourager l’ambassade de prendre quelque contact que ce soit avec les islamistes, quels qu’ils soient « aussi bien en Irak ou n’importe où ailleurs ». Ils ont critiqué « les avantages politiques obtenus par les chiites en Irak ».
Cette position de mise en garde est partagée également par l’association tunisienne des femmes démocrates, ATFD, dont deux membres, Ilhem Belhaj et Hafidha Chkir, avaient averti, au cours d’une réunion tenue le 9 février 2006 à l’ambassade, un des fonctionnaires de cette l’ambassade, que l’acceptation d’un gouvernement islamique correspondrait à la «substitution d’une dictature par une autre ». Elles ont affirmé que cela valait aussi bien pour ceux qui se faisaient appeler « musulmans modérés ».

Dans un autre document en date du 29 novembre 2005, intitulé « dualisme de l’islam en Tunisie », l’ambassadeur Wiliam Hudson traite de la situation de l’islam en Tunisie. Il expose la croissance de l’observance religieuse en Tunisie et l’histoire des rapports entre les autorités et les mouvements islamiques. Il transparaît de ce document que les relations entre l’ambassade et des membres du parti islamique Ennahda dissous sont bonnes, puisque l’ambassade les sollicite pour son information. Selon le document cité, l’ambassadeur dit qu’un ancien membre d’Ennahda s’est plaint à un fonctionnaire politique de l’ambassade que les groupes politiques islamiques ne s’intéressaient qu’aux activités politiques et aux alliances, ajoutant que Dieu et la religion n’avaient pas d’importance pour ces derniers, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas meilleurs que le pouvoir politique actuel.

L’intérêt américain pour l’islam en Tunisie apparaît aussi dans un document datant du 22 mars 2006 qui relate les actes d’une table de discussion tenue le 8 mars avec un certains membres de la société civile où l’on revient toujours à la situation des islamistes!

Selon certains documents, quelqu’un comme Ziad Doulatli, aujourd’hui membre du conseil d’Ennahdha, était l’ami de l’ambassade et figurait sur la liste de ses visiteurs permanents. Un visiteur qui faisait la promotion de son parti et la sienne et pour se présenter comme le représentant d’un islam modéré.

Le 15 août 2006, s’est tenue une réunion entre des islamistes tunisiens « modérés » d’une part, et les conseillers politiques et économiques ainsi que l’officier politique de l’ambassade, d’autre part. En date du 21 août, l’adjoint au chef de la mission, David Ballard, a envoyé un télégramme donnant les détails de ce qui s’était passé au cours de cette réunion qu’il a organisée à la demande des tunisiens : Radwan Masmoudi (1), un américain d’origine tunisienne qui préside le Centre d’Etudes de l’islam et de la démocratie à Washington, Saïda Akermi (2), secrétaire générale de l’association internationale de soutien aux prisonniers politiques, Salah Eddine Jourchi (3), journaliste et activiste de la société civile et ancien membre d’Ennahda et Ziad Doulatli, membre fondateur du parti qui a passé quinze années en prison. Le télégramme explique que les islamistes modérés tel que les désigne l’ambassade (mais avec certaines réserves puisqu’elle met cela entre guillemets renvoyant la responsabilité de cette appellation à d’autres), ont voulu rencontrer des représentants de l’ambassade afin « de renouer le dialogue sur des problèmes communs ». Nous découvrons ainsi que les relations entre les deux parties et le dialogue entre eux datait des années 1980 et qu’il s’arrêta suite à la campagne gouvernementale contre ce parti, sa dissolution et l’emprisonnement de ses dirigeants. Ce vieux dialogue avait comporté des rencontres avec des membres du Congrès en visite en Tunisie.

A l’instar de Ziad Doulatli, d’autres anciens membres du parti tentent de se présenter comme les représentants de l’islam modéré que recherche l’Amérique dans la région. Dans un document datant du 18 août 2006 traitant des réactions tunisiennes à la guerre israélienne de juillet 2006 contre le Liban, le conseiller politique auprès de l’ambassade a rencontré Ziad Doulatli, ainsi que l’activiste de la société civile Salah Eddine Jourchi, (qui dit avoir quitté Ennahda suite à un différend avec eux). Ces deux derniers ont déclaré au conseiller que la guerre du Liban et le soutien des USA à Israël ont renforcé le Hezbollah et d’autres groupes extrémistes. Ils ont aussi poussé la jeunesse tunisienne à s’identifier aux idées des groupes djihadistes tels qu’Al-Qaïda, au lieu de s’identifier à des groupes « non violents et modérés tels qu’Ennahda ». L’ambassadeur d’ajouter que les deux personnalités se présentent sous l’appellation de « musulmans modérés ».

L’intérêt des américains pour l’Islam en Tunisie apparaît aussi à travers un document datant du 22 mars 2006 qui relate une rencontre tenue le 8 mars avec des activistes de la société civile où l’on revient toujours, sur la situation des islamistes et leur force.

Il apparaît, à travers certains documents, qu’un homme comme Ziad Doulatli, qui est aujourd’hui, membre du Conseil constitutif d’Ennahda, était un ami de l’ambassade et figurait sur la liste des visiteurs permanents ; un visiteur qui fait tout ce qui est en son pouvoir pour promouvoir son parti et lui-même comme représentants de l’islam modéré.

Les dialoguistes islamistes ont estimé que la Tunisie était susceptible de devenir un exemple de réforme démocratique au Moyen Orient. Doulatli a dit qu’ « étant donné que 90% des tunisiens sont laïcs, cela encourage à une évolution vers une démocratisation réelle ». Les auteurs de télégramme ont raillé l’allégation de Ziad Doulatli, que son parti aurait obtenu 60% des voix des suffrages exprimés (élections de 1989), alors qu’en réalité cette proportion, selon Balard qui est l’auteur du télégramme, n’avait pas dépassé les 30% dans le meilleur des cas.
Les Tunisiens ont essayé de convaincre les fonctionnaires de l’ambassade que la collaboration avec eux contribuait directement aux intérêts de Washington afin de recouvrer par cela la confiance et l’amitié au Moyen Orient, les Etats Unis ont besoin d’un modèle réussi de démocratie dans la région. A ce qu’il paraît, Doulatli a semblé être le plus enthousiaste pour la coopération avec Washington, il a essayé de promouvoir l’idée que son pays était le mieux préparé pour concrétiser ce modèle et non point l’Irak ; il a déclaré qu’il faudrait qu’il y ait une alternative au « Ben Ladisme ».

Le groupe qui espérait sûrement la reconnaissance de la plus grande puissance impérialiste du monde, a demandé quelques menus « services » à l’ambassade. Le plus important de ces services était qu’un représentant de l’ambassade aille rendre visite à Hammadi Jebali, un des dirigeants du parti Ennahdha, un « islamiste modéré » comme ils ont dit, assigné à résidence dans le gouvernorat de Sousse. Le groupe demanda aussi que certains noms d’islamistes modérés soient introduits sur les listes des invités de l’ambassade et des voyages organisés de temps à autre aux Etats-Unis. Dans son télégramme, Ballard dit que l’ambassade était heureuse de l’initiative du groupe de prendre contact avec elle, mais qu’elle ne partageait pas leur optimisme quant à des changements importants dans l’avenir. Il dit qu’elle (la mission américaine) était consciente des motifs ayant incité le groupe à prendre contact avec elle, surtout après les déclarations de Doulatli concernant les 60% (de voix obtenues).

L’ambassade a favorablement répondu à certains des services demandés et a rendu visite à Jebali dans sa résidence surveillée. Un fonctionnaire politique de l’ambassade a rendu visite à Jebali, à son domicile à Sousse, le 31 août 2006, pendant plus de deux heures. Ce qui a attiré l’attention du fonctionnaire c’est que contrairement à tous ceux qu’il rencontrait de la société civile ou de l’opposition politique, Jebali ne s’était pas plaint des politiques américaines au Liban, en Israël et en Irak. Jebali qui a dit que Rached Ghannouchi était le chef d’Ennahda, a confirmé que ce parti était le même en Tunisie ou en Europe. Jebali a dit que comme tous les partis islamistes ils sont suivis (avec inquiétude) par les américains. Jebali a affirmé qu’Ennahda en tant que parti politique voudrait participer graduellement à la vie politique tunisienne et qu’il ne voulait pas d’un Etat islamique. Et puis comme l’ont fait tous les autres, Jebali a critiqué les autres partis islamiques qui « croient qu’ils détenaient la vérité divine et n’acceptaient pas la critique » En réponse à l’envoyé de l’ambassade qui lui a fait remarquer qu’il paraissait laïc, Jebali répondit qu’il distinguait entre sa pratique religieuse et la vie publique. Il a rajouté que tous les musulmans modérés pensaient comme lui et refusaient la violence. Les répliques de l’américain étaient prêtes pour lui rappeler que des partisans du parti avaient perpétré des charges explosives dans certains hôtels pendant les années 1980 (4). L’envoyé de l’ambassade n’a pas cru Jebali quand il lui a dit qu’il lui était interdit de travailler et qu’il faisait l’objet de nombreuses restrictions de droits et ce, au vu du bel ameublement de sa maison et de l’apparat avec lequel il recevait ses invités. Jebali a aussi évoqué l’actuel extrémisme islamiste en comparant les membres d’Ennahda ouverts à tout, aux jeunes tunisiens pratiquants et très extrémistes, comme résultat de la répression et de l’interdiction pour Ennahda dans la propagation de ses idées modérées.

Il se peut que tous les membres actifs du parti Ennahda (5), avant sa dissolution et qui sont demeurés fidèles à sa ligne politique après sa dissolution, ne soient pas tous des amis de l’ambassade américaine à Tunis, mais il est sûr que des membres influents de ce parti, dont ses symboles parmi les plus importants et ses porte parole, ont « collaboré » avec les américains pendant de nombreuses années en espérant leur reconnaissance et peut être aussi avec l’espoir de reproduire l’expérience irakienne. Si Washington avait décidé un jour de renverser le régime Ben Ali, les Nahdhaouis étaient prêts, comme toujours et à jamais, à bénir cela et à gouverner le pays, surtout qu’ils se disent être, comme ils l’ont répété, des « modérés », qu’ils sont « le type d’islamistes » qu’aiment le mieux les américains et qu’ils veilleront aux intérêts des américains dans toute la région.

1. Radwan Masmoudi est l’un des principaux agents américains qui a rendu beaucoup de services aux USA en Irak et qui a joué un rôle clef dans le rapprochement entre les islamistes tunisiens et les différentes agences de renseignement américain.
2. Saida Akermi, avocate, est l’épouse de l’avocat Noureddine B’hri, 3ème dans la liste des nouveaux fondateurs d’Ennahdha, nouvelle formule. Noureddine B’hiri était déjà un haut dirigeant de ce mouvement dans les années 1980 et avait signé en son nom le Pacte National en novembre 1988. A la suite de l’acte terroriste perpétré par un commando d’Ennahdha contre le local du RCD à Bab Souika, à Tunis, en 1991, Noureddine B’hiri, quitta le mouvement en même temps que Abdelfettah Mourou, Fadhel Beldi et Ben Aissa Demni. Des quatre, il est le seul à avoir été réadmis dans ce mouvement.
3. Salah Eddine Jourchi : Il n’a jamais été dans le mouvement Ennahdha ou son ancêtre le MTI. Par contre il a été dans la Jamaâ islamya, première organisation islamiste de tendance Frères musulmans, fondée au début des années 1970, qu’il quitta en 1979, en même temps que H’Mida Enneifer et d’autres pour fonder le « mouvement des islamistes de gauche ».
4. Allusion aux actes perpétrés dans trois hôtels de Sousse et Monastir, dans la nuit du 2 au 3 août 1987, veille de l’anniversaire du président Habib Bourguiba et qui déclenchèrent une vague de répression qui ouvrît la voie à l’arrivée du général Ben Ali au pouvoir.
5. Ennahdha n’a jamais été dissous parce qu’il n’a jamais été légalisé. Sous son appellation de MTI, il a été toléré longtemps sous le règne de Bourguiba, et jusqu’en 1991 sous le règne de Ben Ali.

http://www.tunisie-secret.com

Source: http://www.tunisie-secret.com/Explosif-les-relations-entre-les-Americains-et-les-islamistes-tunisiens-remontent-a-2004_a252.html

Republié par willsummer

WikiLeaks – Contrat entre Microsoft & le Gouvernement Tunisien: L’arrière boutique des négociations

Identifiant du Câble diplomatique: 06TUNIS2424
Origine: Ambassade de Tunis
Créé: 2006-09-22 10:44:00

1. (SBU) Résumé : Durant le Microsoft Government Leaders Forum s’étant tenu en Afrique du Sud les 11 et 12 Juillet, le Gouvernement Tunisien et Microsoft Corporation ont signé un accord de partenariat qui prévoit des investissements de Microsoft en matière de formation, de recherche et de développement, mais engage également le Gouvernement Tunisien à utiliser des logiciels Microsoft sous licence. Selon Salwa Smaoui, Directeur Général de Microsoft Tunisie, il s’agit d’un contrat gagnant-gagnant à la fois pour le Gouvernement Tunisien et pour Microsoft. Le processus de négociation et de l’accord consenti en lui-même illustrent les priorités du GT et le coût de faire des affaires en Tunisie. Fin du Résumé.

2. (SBU) L’accord entre Microsoft et GT a été signé en Juillet lors du Microsoft Government Leaders Forum tenu en Afrique du Sud. Bien que signé en Juillet, nous n’avons encore reçu aucune information en provenance du GT ni de Microsoft et, en dépit de nos demandes répétées, Microsoft ne nous a pas encore fourni une copie de l’accord final. Lors d’une Réunion tenue en septembre avec EconOffs, Salwa Smaoui – Directeur Général de Microsoft Tunisie – a fourni un aperçu des principaux points. L’accord final décrit une coopération avec le GT en matière de e-gouvernance, cyber-sécurité, droits de propriété intellectuelle et développement des capacités pour les programmes de technologies de l’information en Tunisie. Microsoft mettra en place un Centre d’Innovation Microsoft en Tunisie pour développer la capacité de production locale de logiciels en fournissant des services de formation et de conseil aux développeurs de logiciels. L’expansion du secteur TI tunisien est devenu une priorité pour le GT comme moyen d’absorber le nombre croissant de diplômés universitaires au chômage. Selon Smaoui, le GT investit environ un pour cent du PIB en recherche et développement dans le secteur des TI. Microsoft a également accepté de fournir une formation aux Tunisiens handicapés afin de leur permettre de rechercher un emploi dans le secteur des TI par le biais du télétravail. (Note : L’épouse du Président Ben Ali, Leila Ben Ali, gère une association caritative pour les Tunisiens handicapés. Fin de la Note.).

3. (U) Dans le cadre de l’accord, Microsoft aidera le GT à améliorer et moderniser ses ordinateurs et ses capacités réseaux. À son tour, le GT a accepté d’acheter douze mille licences pour la mise à jour des ordinateurs du gouvernement avec des logiciels Microsoft sous licence, plutôt que les versions piratées couramment utilisées jusqu’ici, selon un employé de Microsoft. Depuis 2001, le GT a adopté une politique de logiciels libres, utilisant uniquement des logiciels libres. En outre, les futurs appels d’offres pour les équipements TI du Gouvernement préciseront que les équipements doivent être compatibles avec Microsoft, ce qui est actuellement interdit par la politique des logiciels libres en Tunisie.

4. (SBU) L’accord porte également sur la sécurité Internet. Grâce à un programme sur la cybercriminalité, Microsoft formera les représentants du gouvernement au sein des ministères de la Justice et de l’Intérieur à l’utilisation des ordinateurs et d’internet pour lutter contre la criminalité. Dans le cadre de ce programme, Microsoft fournira au GT les codes source originaux de ses programmes. Interrogée par EconOff par rapport à d’éventuelles préoccupations que pourrait avoir Microsoft en fournissant ses codes sources, Smaoui a répondu que les codes source ne seront disponibles que pour un petit nombre de fonctionnaires. Néanmoins, l’accord contient un langage indiquant que Microsoft et le GT travailleront conjointement sur les droits de propriété intellectuelle. Cet accord prévoit également un accord séparé à signer pour l’instauration d’un programme de coopération sécuritaire qui fournira au public davantage de formation en matière de sécurité Internet générale.

5. (C) Selon Smaoui, l’accord est l’aboutissement d’un processus de négociation de cinq ans. Smaoui a été nommée Directeur général de Microsoft Tunisie il y a environ un an et, bien qu’encore hésitante quant à la divulgation intégrale des détails de l’accord final, a fourni des mises à jour fréquentes concernant l’avancement des négociations. Elle a signalé que, parfois, les soupçons du Gouvernement concernant Microsoft en raison de son «américanité» semblaient l’emporter sur l’évaluation technique de la proposition. Elle a rapporté que certains ministres du GT lui avaient demandé à plusieurs reprises pourquoi, en tant que Tunisienne, elle «travaillait pour les Américains», et que des soupçons frôlant souvent l’hostilité posaient sur les négociations. Smaoui a également noté que le Gouvernement Tunisien souhaitait un accord « sur mesure » plutôt qu’un programme préemballé qui serait «imposé» à la Tunisie. Cette attitude lors du processus de négociation imposait à Microsoft de se concentrer attentivement autant sur la forme que sur le fond.

6. (C) Dans un appel DCM, quelques jours avant le Forum de l’Afrique du Sud Forum, Smaoui s’inquiétait de se rendre au Forum sans un accord signé en main et ne pouvait même pas confirmer que le Représentant du Gouvernement s’y rendra. Elle appréhendait d’être amenée à avouer à Bill Gates qu’elle n’avait aucune raison de se rendre au Forum. Durant l’évènement, Khedija Ghariani, Secrétaire d’Etat pour l’Informatique, Internet, et les Logiciels Libres a assisté et signé l’accord au nom du GT. Malgré les négociations de longue haleine, Smaoui a déclaré que parvenir à un accord était «vital» pour Microsoft. Le fait que le gouvernement se soit appuyé sur les logiciels open source limitait drastiquement les affaires en Tunisie et empêchait Microsoft de participer aux appels d’offres du Gouvernement Tunisien. En outre, l’accord renforce un objectif commun à Microsoft et au GT – l’établissement d’une société de la connaissance. Smaoui a déclaré que même si Microsoft investissait en Tunisie, le montant de l’investissement sera inférieur au coût des achats du GT.

7. (C) Commentaire : Bien que l’accord ait été salué comme un triomphe pour les droits de propriété intellectuelle, les négociations et l’accord consenti révèlent une réalité plus compliquée. Microsoft a réussi à négocier l’accord final en séduisant les sensibilités du GT en matière de chômage ainsi qu’en s’adaptant aux réalités des affaires en Tunisie. Même si l’objectif de l’élargissement des possibilités d’emploi pour les Tunisiens handicapés constitue un objectif digne, l’affiliation du programme à l’association caritative de Leila Ben Ali est révélatrice des manoeuvres d’arrière-boutique parfois nécessaires pour finaliser un accord. La réticence de Microsoft quant à la divulgation intégrale des détails de l’accord met l’accent sur le fait que le GT fait prévaloir le secret à la transparence. En théorie, augmenter la capacité du gouvernement à appliquer la loi à travers la formation en TI est positif, mais étant donné la lourde interférence du GT en matière d’Internet, il est à se demander si cela ne va pas accroître la capacité du GT en matière de surveillance de ses propres citoyens. Finalement, pour Microsoft les bénéfices l’emportent sur les coûts. Fin du Commentaire.
BALLARD

Source: http://tobegoodagain.canalblog.com/archives/2011/09/04/21933939.html

Câble original: http://wikileaks.org/cable/2006/09/06TUNIS2424.html#

Mais que fait donc Washington dans la région du Chaco?

Des câbles diffusés par WikiLeaks montrent un fort intérêt états-unien dans une vaste zone à cheval sur le Paraguay, la Bolivie et le nord de l’Argentine.
Par Nikolas Kozloff, le 24 juillet 2012

La guerre du Chaco, ayant opposé la Bolivie et le Paraguay, continue d’alimenter des doutes dans la région [GALLO/GETTY]

Récemment, une foule d’individus et d’organisations à travers l’Amérique Latine ont attiré l’attention sur l’état tumultueux de la politique au Paraguay, où le Président démocratiquement élu Fernando Lugo a été destitué par l’Assemblée Nationale du pays dans des circonstances quelque peu suspectes. Dans une lettre de protestation, les signataires ont dessiné une théorie assez incendiaire. Ils attestent, par exemple, que le US Southern Command voulait le voir partir comme ayant été le dirigeant paraguayen qui s’était opposé à la militarisation US de son pays.

Nous savons déjà qui a renversé Fernando Lugo et pourquoi, » ont-ils ajouté. « El Chaco… ne peut être laissé au [Paraguay]… ou à son peuple; [la région a] été prévue pour l’occupation et l’extraction par des multinationales à travers des méga-projets et de la terreur financés par des ressources publiques. Le coup au Paraguay, comme d’autres similaires en Amérique Latine, a été  accompli par et pour les multinationales et leurs partenaires parmi l’élite locale. »

« El Chaco » est une vaste, aride et inhospitalière bande de territoire constituée de plaines et de savanes. Le territoire comprend une bonne part du Paraguay, de la Bolivie et du nord de l’Argentine, et contient des ressources naturelles abondantes. Par conséquent, le Chaco a fait l’objet de beaucoup de combats et de convoitise de la part des nations du voisinage ainsi que de multinationales étrangères. De 1932 à 1935, la Bolivie et le Paraguay se sont affrontés lors de ce qui est depuis connu comme la guerre du Chaco. A l’époque, on pensait que le Chaco contenait des gisements lucratifs d’hydrocarbures et chaque pays espérait se remplir les poches grâce à ce bon filon qui arrivait.

Une histoire d’intrigue

Bien que la Bolivie semblât disposer de grands avantages sur le Paraguay, ses troupes souffraient de manque de moral et moururent en grands nombres à cause de maladies et de morsures de serpents. A la fin de ce conflit futile et ruineux, 100.000 hommes avaient perdu la vie. Le Paraguay contrôlait la majeure partie du territoire disputé à la conclusion de la guerre, mais en petit prix de consolation, la Bolivie reçut l’accès au fleuve Paraguay. La guerre du Chaco s’avéra psychologiquement dévastatrice pour la Bolivie, en particulier parmi les jeunes officiers éduqués qui accusaient les compagnies pétrolières internationales d’avoir manipulé la nation à faire la guerre dès le départ.

Avant le conflit, Standard Oil, une entreprise basée aux USA, avait découvert du pétrole en Bolivie orientale et pensait qu’il y en avait encore dans le Chaco paraguayen. Malheureusement, son concurrent britannique, Shell Oil, possédait les droits d’exploration dans la région. Pendant la guerre, les deux firmes étaient en opposition, avec Standard soutenant la Bolivie et Shell appuyant le Paraguay.Il est spéculé que le diplomate, homme d’affaires et lobbyiste états-unien Spruille Braden ait joué un rôle particulièrement ignoble durant la guerre du Chaco en travaillant comme agent pour la Standard Oil.

A ce jour, la guerre du Chaco continue d’alimenter des suspicions entre les dirigeants régionaux. Récemment la Présidente de l’Argentine Cristina Fernández de Kirchner a fait la remarque que le conflit avait « l’odeur du pétrole » et déclaré que Braden avait joué un rôle en sous-main pour déclencher la guerre. De plus, pendant une cérémonie commémorative de la guerre du Chaco en 2009, le Président de Bolivie Evo Morales a déclaré que le conflit « avait été une guerre injuste pour le pétrole » dans les « intérêts d’empires tels les USA ou l’Angleterre. » L’ancien Président du Paraguay Fernando Lugo a ajouté que « la souveraineté de notre peuple ne sera plus menacée par des intérêts étrangers ou des forces multinationales qui nous ont confronté par le passé. »

Au temps pour les précédentes tribulations diplomatiques, mais y a-t-il quelque preuve que les USA jouent un rôle en sous-main dans le Chaco aujourd’hui? Et qu’en est-il du retrait du pouvoir de Lugo au Paraguay – le contrôle sur le Chaco est-il lié de quelque manière à la récente crise politique? Le public se doit d’être prudent avant d’embrasser des théories du complot sans être capable de fournir assez de preuves, et je suis aussi sceptique que n’importe qui.

Cependant, à l’éclairage de la correspondance confidentielle US diffusée par WikiLeaks, tout comme de rapports de presse ordinaires, il semble plutôt sûr d’affirmer que Washington a été obsédé par le Chaco. En plus, à la lumière de plusieurs étranges voire bizarres développements récents qui sont difficiles à mettre sur le compte d’une simple « coïncidence », il paraît raisonnable d’avancer la conjecture que la destitution de Lugo était liée par certains aspects à l’intrigue du Chaco.

Qu’y a-t-il derrière la présence US au Chaco?

La perspective que le Paraguay et la Bolivie enterrent la hache de guerre pour le Chaco et s’allient sur des lignes politiquement gauchistes n’était guère alléchante pour Washington. Comme je l’ai décrit ailleurs, à la fois l’ancienne Secrétaire d’Etat Condoleeza Rice et l’actuelle Hillary Clinton voyaient la gauche paraguayenne avec méfiance. Ce qui semblait le plus les effrayer fut la notion que Fernando Lugo puisse cultiver des liens avec des nations comme le Vénézuela, qui était allié avec Evo Morales en Bolivie.

Si jamais elle portait ses fruits, une telle alliance pouvait former une sombre menace pour des opérations militaires US sensibles. Pendant des années, les forces US ont opéré au Paraguay sous le Southern Command pour ostensiblement fournir des soins médicaux en zone rurale. Cependant, certains ont suggéré qu’ils étaient en réalité là pour espionner les mouvements hauchistes ou les leaders paysans.Quoiqu’il en soit, il semble que les troupes US ont été déployées vers la région isolée du Chaco pour leurs missions d’entraînement.

En effet, selon le journal argentin Clarin, des techniciens US ont construit une base aérienne à la ville du Chaco paraguayen de Mariscal Estigarribia. En 2005, un correspondant du journal a visité l’installation, décrivant la base comme « un énorme porte-avions au milieu du désert ». Par ailleurs, la piste d’atterrissage était très large et pouvait accueillir des bombardiers B-52, bien que l’armée de l’air paraguayenne n’ait pas de tels avions dans son arsenal.

En 2006, encore deux ans avant que Lugo n’assume ses fonctions présidentielles, des diplomates ont rapporté que des forces US opéraient dans le Chaco afin « d’explorer des sites possibles pour de futurs exercices d’assistance humanitaire ». En fait, par contre, le Département d’Etat lui-même semble ne pas avoir été au courant de ce que le Pentagone fabriquait au Paraguay (effectivement, selon le Washington Office on Latin America (Bureau Central sur l’Amérique Latine), deux membres d’une équipe des US Special Forces agissant à couvert ont été impliqués dans une fusillade mortelle en 2004. Tragiquement, l’échange de coups de feu eut comme résultat le décès d’un Paraguayen qui essayait de voler les soldats. Apparemment, le Pentagone avait complètement caché l’existence de l’équipe à l’ambassade US à Asunción).

La Bolivie et les USA jouent de l’influence

Redoutant l’encerclement, le Vénézuela et la Bolivie ont répliqué et annoncé « un accord pour construire une nouvelle base militaire le long de la région frontalière disputée du Chaco (à Puerto Quijarro) ». Plus tard, le président paraguayen confronta Evo Morales aux Nations Unies pour avoir une explication.

Apparemment remonté contre Asunción, Morales n’était pas d’humeur à céder, et envoya plus tard des officiers militaires au-delà de la frontière dans le Chaco paraguayen pour espionner et poser des questions sur les opérations militaires US. L’incident inquiéta non seulement l’ambassade US à Asunción, mais aussi des officiers de droite au Paraguay.

Pendant ce temps, des sénateurs conservateurs ont dit à l’ambassadeur US que le Vénézuela et la Bolivie voulaient « nous bousculer un peu ». Spécifiquement, les militaires paraguayens étaient « très inquiets que la Bolivie se réarme et projette de développer plusieurs nouvelles installations militaires avec l’assistance du Venezuela ». Le corps des officiers, qui était toujours échaudé de « l’angoisse » de la dispute du Chaco, voulait de nouvelles armes et de la technologie des USA pour « compenser cette menace ».

L’ambassade US en était enthousiaste, notant que « Le poste continuera de pousser pour davantage de coopération militaire ». En dépit de telles assurances, cependant, les militaires paraguayens continuaient de s’inquiéter de « persistantes aspirations irréductibles à l’intérieur de certains segments de l’armée bolivienne à du territoire dans le Chaco ». En un écho de la guerre du Chaco, des diplomates ont expliqué que « des découvertes de ressources de gaz naturel d’une importance commerciale potentiellement significative pourraient alimenter le feu de telles inquiétudes. »

Quelques jours avant l’élection paraguayenne de 2008, le Colorado Party (à droite) se prit d’inquiétude que Lugo puisse gagner. Un sénateur du Parti Colorado déclara à des diplomates US que Washington « échouait » dans son approche de l’Amérique Latine et devrait « travailler avec les militaires paraguayens pour construire une base militaire dans le Chaco pour combattre le trafic de stupéfiants en plein essor (et pour écarter toute idée au Brésil ou de la Bolivie de violer la souveraineté paraguayenne) ».

Le régime Morales à La Paz sonna l’alarme à son tour, accusant les USA de vouloir établir une base militaire dans le Chaco « dans le but de surveiller l’activité en Bolivie ou tenter de contrôler des ressources énergétiques dans les régions paraguayenne et bolivienne du Chaco ». Inquiet d’un encerclement croissant, le ministre bolivien de la défense a fait le voyage au Paraguay et demandé au gouvernement d’Asunción « de ralentir sa relation inter-armées avec les USA ». Le Parti Colorado et « beaucoup de responsables militaires de même idée » ont repoussé la Bolivie et renvoyé le ministre chez lui.

Le Paraguay et la Bolivie enterrent la hache de guerre

Puisque nous n’avons pas accès à la documentation du Pentagone, sans parler d’autres agences de renseignement US, il n’est pas clair quelles actions concrètes l’établissement de la défense fit en relation avec le Chaco. Toutefois, jugeant d’après les câbles diffusés par WikiLeaks, les responsables US étaient amènes avec le Paraguay, avec un diplomate faisant la remarque que les demandes d’assistance du Parti Colorado étaient compréhensibles. « Avec un peu de chance, avec le nouveau président du Paraguay, nous pourrons en faire plus, » écrivait l’ambassade à Asunción.

L’élection de Lugo jeta un boulon dans la géostratégie régionale des USA. Bien que le nouveau président paraguayen ne fusse pas un radical, il émargea une politique étrangère de plus en plus indépendante et commença à limiter le rôle du Pentagone dans son pays. Pire encore, Lugo fit rapidement part de son désir d’enterrer la hache de guerre avec la Bolivie et s’envola pour La Paz pour y rencontrer Morales en personne. Dans une envolée de rhétorique, Lugo fit la remarque que « l’âge de l’impérialisme est terminé en ce nouvel âge de l’Amérique Latine » et que l’avenir des relations de l’Amérique Latine avec les USA seraient « basées sur le respect, l’équité et la justice ».

Si cela ne suffisait pas pour offenser les pouvoirs en place, Lugo conduisit également une rencontre symbolique avec Morales dans la ville rurale du Chaco paraguayen de Mariscal Estigarribia pour commémorer le 74ème anniversaire de la fin de la guerre du Chaco. Les deux dirigeants ont signé une déclaration conjointe de paix et donné des discours, Lugo proclamant que les deux nations latino-américaines avaient « appris que l’intégration de leurs peuples est plus importante que l’héritage laissé par le sang des Boliviens et des Paraguayens versé sur la terre du Chaco ».

Morales semblait espérer que de telles affinités idéologiques amèneraient Lugo à réduire les liens militaires entre le Paraguay et les USA. Quand la Bolivie demanda au Paraguay des clarifications sur de présumées bases US sur son territoire, Lugo nia leur existence mais déclara plus tard qu’il allait ouvrir une enquête. Il va sans dire que de telles proclamations n’étaient pas du goût de la droite nationaliste à l’Assemblée paraguayenne, qui était chagrine de tout rapprochement avec la Bolivie.

Post-scriptum: qui a viré Lugo et le Chaco argentin

C’est sûr, il n’y a pas de « flagrant délit » prouvant que les USA aient joué un rôle dans la sortie récente de Lugo, mais certains rapports sont extrêmement soupçonneux en termes de calendrier. En effet, comme par hasard, un député de la frange droite du Parti Colorado qui présidait le Comité de l’Assemblée sur la Défense rencontra du personnel militaire US peu de temps après la destitution de Lugo. Selon le journal mexicain La Jornada, ses collègues et lui ont parlé aux états-uniens de la construction d’une base militaire dans le Chaco. Le législateur remarqua qu’une base au Chaco était « nécessaire » parce que la Bolivie constituait « une menace pour le Paraguay ».

Et si ce rapport ne suffisait pas à se faire hausser les sourcils, les USA ont aussi engagé des efforts conséquents pour assurer une base militaire dans le Chaco argentin, de l’autre côté de la frontière du Paraguay. Comme au Paraguay, le Pentagone déclara que la base était nécessaire pour fournir une assistance humanitaire locale. Les diplomates US, dans le même temps, ont obtenu le soutien d’un gouverneur régional pro-US pour le projet. Hélas, pour le plus grand échec du Southern Command, le gouvernement argentin a décidé de geler l’initiative à la suite du tollé de la société civile.

A la lumière des preuves, il est bien clair que Washington veuille établir un point d’appui dans le Chaco. Peut-être que la question plus intéressante, par contre, est pourquoi? Peut-être que les USA veulent surveiller le trafic de drogue dans le Chaco, ou alors désirent le contrôle des ressources stratégiques. Peut-être que Washington cherche à empêcher le Paraguay d’entrer dans une alliance gauchiste avec la Bolivie, ou elle cherche à encercler l’étoile montante du Brésil. Ou peut-être que c’est juste une combinaison des trois. Quoiqu’il en soit, par contre, cela impliquera forcément des magouilles.
Vous pouvez suivre Nikolas Kozloff sur Twitter: @NikolasKozloff

Source: http://www.aljazeera.com/indepth/opinion/2012/07/2012718115122519807.html

Traduit depuis le web par willsummer