Alternatives et solutions humaines face à la crise grecque: « Ne vivons plus comme des esclaves », de Yannis Youlountas (2013)

« Ne vivons plus comme des esclaves »

Appel à souscription pour le prochain film de Yannis Youlountas: http://jeluttedoncjesuis.net/

La crise et l’austérité, une opportunité pour mettre fin à l’armement?

La troïka a décidé une chose étrange en Grèce: mettre fin à l’industrie de l’armement dans ce pays pour des raisons économiques. Mais ce qui apparaît comme une décision de sauver le capitalisme, peut aussi être une chance pour tous les pacifistes qui sont contre la guerre et l’armement, pour tous ceux qui espérent un monde plus juste et libéré des conflits.

Ainsi, grâce à cette crise européenne et mondiale qui a bouleversé la vie de millions de citoyens, et qui a appauvri des milliers de personnes, peut-être que les Etats ont compris qu’il faut renoncer à l’armement et à toutes sortes de projets de défense militaire.

Si tous les Etats européens faisaient comme la Grèce, ce serait une bonne chose pour la paix en Europe et dans le monde. Si la France, au lieu de développer son budget, renonçait aux drones, par exemple, et aux logiciels de surveillance, peut-être que l’argent économisé sur l’industrie de la défense et de l’armement servirait à financer des projets humains dans notre société?

Tellement d’argent part dans le budget de l’armement, tant de bombes inutiles explosent dans le monde, ne laissant derrière que des morts, de la poussière, le vide et la désolation des populations. Pourquoi les Etats consacrent tant d’argent à des choses qui sont contraires à la vie, et contraires au respect et au maintien des Droits de l’homme dans le monde?

Peut-être que cette décision de la troïka est une décision de sagesse, et qu’elle annonce une nouvelle prise de conscience de nos gouvernements face à l’inutilité des armes et des guerres dans le monde?

Comme on peut même le voir dans les derniers documents publiés par Wikileaks, les marchands d’armes vont dans les pays les plus pauvres et les plus menacés politiquement. L’armement déstabilise de nombreux pays, et ceci a des conséquences directes sur les populations touchées par les conflits, comme c’est le cas en Syrie, où le régime se défend de façon meurtrière contre des rebelles financés et armés par l’Arabie Saoudite. Quels sont les hommes politiques qui osent dénoncer en France le rôle de l’Arabie Saoudite dans ce conflit? Encore une fois, cela prouve que l’armement est au service des Etats, mais ce n’est pas un outil de libération pour la population qui en est victime. L’armement ruine des pays et la vie des civils.

Alors, il faut espérer que la crise économique en Europe et dans le monde abolira la nécessité et la volonté des Etats à posséder de plus en plus d’armes et de matériel militaire.

Cette course à l’armement s’est toujours faite contre l’intérêt des populations, notamment depuis les attentats du 11 septembre, et la crise actuelle résulte aussi de ce manque de discernement face aux vraies priorités des gouvernements. La course à l’armement, la guerre contre le terrorisme, le développement des logiciels de surveillance et le fichage systématique des citoyens, ont appauvri les Etats, plus qu’ils n’ont apporté un quelconque progrès à l’humanité. Tout cela a pesé sur les budgets et l’économie de nos démocraties, qui ont souvent choisi la surveillance totalitaire plutôt que la défense des libertés civiles.

Il faut espérer que d’autres pays suivront le modèle de la Grèce, en renonçant aux industries de l’armement et aux budgets de la défense. Ceci ouvrira peut-être la voie à des projets de paix qui permettront la stabilité politique dans le monde, ainsi que le progrès des libertés et des droits humains pour chacun d’entre nous.

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6 septembre 2013

CC BY-SA

WikiLeaks: Stratfor était au courant à l’avance de la crise de la dette en Grèce

Publié par keeptalkinggreece le 28 Février 2012

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La crise économique en Grèce et l’éventuel soutien financier par le Fonds Monétaire International ont été surveillés par le think tank Stratfor, longtemps avant que le pays ait officiellement demandé l’aide du FMI et notamment avant que le premier ministre George Papandreou ait eu des entretiens suivi d’effets avec celui qui était alors le chef du FMI, Dominique Strauss-Kahn, en Décembre 2009, peu de temps après que G. Papandreou ait remporté les élections de septembre.

Ces révélations proviennent de la publication par WikiLeaks de plus de 5 millions de mails échangés entre les employés de Stratfor et leurs informateurs dans plusieurs pays. Le quotidien grec Ta Nea a publié certains de ces mails, qui font évidemment froncer les sourcils, notamment au sujet des raisons pour lesquelles Stratfor – également connu comme « la CIA de l’ombre» – a porté un tel intérêt à l’aide du FMI à la Grèce. Les mails ont également révélé des contacts entre Stratfor et le FMI.

Selon plusieurs mails publiés par le journal grec Ta Nea, l’agence de renseignement privée américaine Stratfor a surveillé les manœuvres de la Grèce en lien avec le Fonds Monétaire International dès Juin 2009, six mois avant les pourparlers préliminaires entre Papandreou et Strauss-Kahn, et dix mois entiers avant la décision grecque de faire appel au mécanisme de soutien du FMI en mai 2010.

Dans un mail obtenu par WikiLeaks, le 19 juin 2009, un employé de Stratfor responsable des pays d’Europe centrale,de la Baltique et des Balkans a envoyé à ses collègues de la région Eurasie un message intitulé « Instructions détaillées pour l’Europe – Niveau 3.  » Ce message comportait un fichier joint donnant des détails sur les questions auxquelles ils devaient porter attention. Plus précisément pour la Grèce, il était mentionné parmi d’autres instructions que «nous avons besoin de savoir exactement ce qui se passe si (ou quand…) la Grèce fera une demande de prêt auprès du FMI. Il est très probable d’assister à l’effondrement économique total d’un pays de la zone euro. S’il vous plaît, faites attention à tout signe sur les marchés financiers. La Grèce a une dette importante, la manière dont ils vont agir peut aussi dépendre de ce qui se passe avec leur dette ».

Un autre mail envoyé début novembre 2011 révèle les liens étroits entre Stratfor et le FMI. Dans ce mail, un employé du FMI a informé Stratfor que les réserves de trésorerie de la Grèce étaient en baisse et que le pays serait à court de liquidités en décembre (2009).

Le mail portant les instructions a été envoyé en juin 2009, c’est-à-dire avant que le dirigeant de la Commission européenne, José Emmanuel Barroso ait rendue publique sa prévision sur les niveaux élevés du déficit de la Grèce. Le rapport de M. Barroso a été rédigé un mois plus tard. Le fait que le déficit public grec était de 10% n’a été révélé qu’à la fin de l’été 2009 (Source: Ta Nea via Real.gr et in.gr).

Stratfor avait deux informateurs en Grèce désignés sous les noms de code GR001 GR101.

http://www.keeptalkinggreece.com/2012/02/28/wikileaks-revealed-stratfor-knew-about-greek-debt-crisis-in-advance/

http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,8978.0.html

Traduit sur WikiLeaks par Green

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