Vraie ou fausse guerre de l’information entre la Russie et l’Occident?

On a pu lire récemment sur les réseaux sociaux que la Russie allait augmenter le budget de financement de la chaîne RT [Russia Today] et développer sa diffusion en français. RT étant une chaîne à financement étatique et considérant les relations actuelles entre la Russie et l’Occident, certains ont déjà qualifié cela de « propagande en langue française »:

Pour autant, cela est étonnant de voir l’acharnement et les critiques que les médias russes subissent de toutes parts, alors même qu’il n’y a quasiment aucune chaîne de télévision qui donne justement un point de vue non-occidental sur les événements qui ont lieu en Europe, en Russie, ou ailleurs dans le monde.

Dans les médias occidentaux, on remarque souvent que les reportages sur des mouvements critiques du monde occidental sont peu représentés et il faut souvent regarder RT pour voir des vidéos montrant des protestations contre la mondialisation, des rassemblements ou interviews d’Anonymous aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, ainsi qu’ailleurs en Europe, ou même des rassemblements contre la prison de Guantanamo. Il y a clairement un manque de diversité sur certains sujets dans les médias occidentaux qui tendent à ne pas mettre en valeur tout ce qui entre dans la contestation du modèle occidental. Et même si ces sujets sont traités, ils le sont de manière souvent superficielle.

On peut être anti-russe, anti-américain, ou ce qu’on veut. Cela ne veut pas dire pour autant que le développement des médias doit être vu de manière négative et être constamment assimilé à de la propagande. Loin de là, un point de vue différent apportera plus d’informations au public et une meilleure compréhension des problèmes existants, des reportages de nature différente et des analyses portant un autre regard sur le monde actuel. De la même manière, les lanceurs d’alerte ont reçu globalement plus d’attention dans les médias comme RT que dans nos médias occidentaux. Encore récemment, il y a à peine quelques jours, RT consacrait des sujets sur l’affaire Julian Assange ou aux révélations d’Edward Snowden, ce qui n’est quasiment plus le cas dans les télévisions occidentales. On peut se demander pourquoi une telle différence.

Le développement d’une nouvelle chaîne RT en français est un réel avantage pour le public francophone, notamment lorsqu’on voit la pauvreté des reportages présentés dans des chaînes occidentales d’informations en continu qui diffusent en boucle les mêmes vidéos, parfois sans aucune analyse et sans débat. De plus, la pensée anti-russe s’est tellement développée dans nos pays occidentaux qu’il est presque impossible de débattre sur le sujet, et si l’on dit par exemple que la Russie peut avoir raison sur tel sujet, on peut être considéré comme un espion russe pour avoir simplement exprimé un point de vue qui n’est pas dans la ligne de l’Occident et des Etats-Unis. Il ne faut pas que le sentiment anti-russe (s’il existe pour certains) nous force aveuglément à oublier notre sens critique et il ne faut pas non plus que cela nous pousse à critiquer tout ce que fait la Russie, sans considérer ce qui peut être positif ou négatif dans la politique menée par ce pays.

La guerre de l’information a bien lieu, mais chaque pays est libre de développer une chaîne de télévision, et c’est ce que fait RT, « ce qui fait entrer la chaîne dans la bataille de l’information, au même titre que BBC World, CNN, Al Jazeera et France 24 », comme le souligne d’ailleurs Wikipedia. Et la bataille de l’information, c’est aussi le signe de la liberté d’expression. Mais, en toute objectivité, la « propagande » ne relève pas de l’Etat russe, elle peut être pratiquée par n’importe quel état, et quand les Etats-Unis ont voulu justifier des guerres au Moyen-Orient, n’ont-ils pas aussi eu recours à des formes de propagande?… Ne soyons pas naïfs.

Plus de chaînes de télévision signifient plus d’informations, donc plus de points de vue exprimés, donc plus de possibilités pour le public de se faire une opinion juste des actualités et des événements politiques. Car c’est dans la diversité que se forge l’opinion. Le fait que la chaîne RT soit financée par l’Etat russe n’est un secret pour personne, mais pour autant peut-on oublier que par exemple une chaîne comme TV5 (qui n’est pas financée par l’Etat français, mais « opérateur direct des Sommets de la Francophonie qui regroupent 77 États et gouvernements ») a néanmoins été créée « sous l’impulsion du ministère des Affaires étrangères français » en 1984, d’après Wikipedia, ou que la BBC développe en ce moment tout un réseau de chaînes en langues étrangères, dont des bulletins d’informations en langue russe.

Ceux qui parlent de « propagande » russe, parlent-ils aussi de propagande occidentale quand la BBC développe des actualités dans des langues africaines, asiatiques ou en russe? Non, tout simplement parce que diffuser l’information est un droit relevant de la liberté d’expression et de la liberté d’information. Il n’y a donc aucune raison de s’attaquer aux médias russes, leurs journalistes méritent autant de respect que dans n’importe quel pays du monde, et nous devrions plutôt nous concentrer sur les défauts de nos propres médias plutôt que de chercher à décrédibiliser ceux qui ne pensent pas comme nous.

RT augmente le budget de 1,22 milliards de roubles (18 836 800 euros). Plus que toutes les chaînes prises ensemble

La Douma a adopté en deuxième lecture des amendements au budget pour 2017, ce qui implique comme attribution à la chaîne RT (ANO « TV Novosti ») 1,22 milliards de roubles supplémentaires, pour « la création, le développement, la maintenance et la distribution d’une chaîne de télévision en français ». Le financement total de RT a atteint 18,74 milliards de roubles (290 470 000 euros).

Les changements dans le projet de budget fédéral ont proposé d’introduire un financement gouvernemental supplémentaire de la diffusion étrangère fin Novembre, a rapporté le vice-ministre des Communications et des Médias Alexei Volin. […]

Pour la première fois dans les plans de lancement de la diffusion RT en français, [l’information] a été connue en 2014. Il est prévu que la révision soit située en France et se concentre principalement sur les publics français, belges, suisses et canadiens.

Meduza, 08/12/2016 (traduit depuis la version anglaise)

Sources:

RT augmente le budget de 1,22 milliards de roubles https://meduza.io/news/2016/12/08/rt-uvelichat-byudzhet-na-1-22-milliarda-rubley-bolshe-chem-vsem-kanalam-vmeste-vzyatym (voir la version anglaise)

Le service international de la BBC annonce son expansion la plus importante depuis 1940 http://www.bbc.com/news/entertainment-arts-37990220

Gouvernance de TV5 Monde: http://www.tv5monde.com/cms/gouvernance-de-tv5monde

Débuts et extension de TV5 (Wikipedia) https://fr.wikipedia.org/wiki/TV5_Monde#1984_-_2001_:_D.C3.A9buts_et_extension_de_TV5

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La liberté de la presse en Islande — trop beau pour être vrai?

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EJO, Clemens Bomsdorf, le 06/09/2016

Pendant longtemps, l’Islande a été considéré comme un brillant exemple de la liberté de la presse – peut-être trop beau pour être vrai. Mais, plus récemment, les politiciens du pays ont tenté d’influencer les médias. Le dernier exemple est venu directement d’en haut, lorsque Sigmundur David Gunnlaugsson, premier ministre à l’époque, a essayé de supprimer une interview télévisée sur sa possession d’une société offshore au Panama. La tentative a échoué et Gunnlaugsson a finalement été contraint de démissionner.

La désormais célèbre interview montre Gunnlaugsson commençant à balbutier quand un journaliste suédois le questionne à propos de la société offshore, Wintris. Peu de temps après, il quitte la pièce, rejetant toutes les allégations. Pour aggraver les choses, l’assistant de Gunnlaugsson a alors appelé la station de télévision pour essayer d’arrêter l’interview en cours de diffusion.

Les politiciens et la chaîne de télévision publique de l’Islande

La tentative d’ingérence de Gunnlaugsson n’est pas la première faite par des politiciens islandais: beaucoup se sont plaints au Parlement que RUV, la chaîne de télévision du service public du pays, est partiale. En août 2013, Vigdis Hauksdóttir, membre du Parti progressiste de Gunnlaugsson et président du Comité du budget du Parlement, a émis une menace à peine voilée. « Je pense qu’une quantité anormale d’argent va à RUV. Surtout quand ils ne font pas un meilleur travail pour rapporter des informations … » a-t-elle dit. Quelques mois plus tard, en décembre 2013, le budget de RUV, qui est directement contrôlé par le gouvernement, a été réduit de 20%.

La réduction du budget a conduit à des plaintes par l’Union européenne de radio-télévision (UER) et a forcé RUV à couper des programmes et à réduire le personnel, par exemple en réduisant un réseau déjà rares de correspondants étrangers à zéro. Le diffuseur prévoit de nouvelles réductions au sein de son service dans un avenir proche.

Valgerdur Anna Jóhannsdóttir, une universitaire des médias à l’Université d’Islande, a dit qu’elle est sûre que « la critique constante a au moins un effet potentiellement dissuasif sur les journalistes ». Elle a ajouté qu’il y a moins de distance entre la politique et le service public de diffusion en Islande que dans les autres pays nordiques.

Les sociétés de médias privés: porte-paroles des puissants

Beaucoup de sociétés privées de médias établis de l’Islande sont la propriété ou sont édités par des politiciens ou des figures puissantes des affaires et sont considérées comme servant des intérêts particuliers. En conséquence, la confiance du public dans les médias a considérablement diminué ces dernières années.

Lire la suite: http://en.ejo.ch/media-politics/iceland

Est-ce que cela va nous tuer ou nous rendre plus forts? Comment les médias européens ont couvert le Brexit

EJO, 28/07/2016

Les journaux européens ont été extrêmement négatifs à l’égard du vote de la Grande-Bretagne qui l’a conduit à quitter l’Union européenne, selon une étude de la presse dans 13 pays, dans la semaine qui a suivi le référendum. La plupart des articles présentés estiment que le Brexit est mauvais pour l’Union européenne, qu’il porterait atteinte aux intérêts de leur propre pays et serait aussi mauvais pour la Grande-Bretagne. Parmi les articles qui ont discuté la possibilité de suivre la Grande-Bretagne hors de l’Union européenne, la majorité ont conclu qu’il ne serait pas dans l’intérêt de leur pays de le faire.

Un thème relativement important est que le Brexit a souligné les problèmes au sein de l’UE. Cependant, la vision dans la majorité, à travers toutes les opinions politiques, est que celle-ci devrait être réformée plutôt que laissée en échec. La plupart ont également admis que l’UE serait plus difficile sans la Grande-Bretagne (81 articles, par rapport à 14). Un journal hongrois a soutenu que l’UE n’était qu’un « arrière-train » sans le Royaume-Uni. Un seul pays, la Russie, a eu plus d’articles positifs que négatifs sur le Brexit.

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Lire la suite: http://en.ejo.ch/latest-stories/will-kill-us-make-us-stronger-europes-media-covered-brexit

Qui croire? La crise de crédibilité des médias européens

en.ejo.ch, Michael Haller, 27 octobre 2015

Capture-newspaper-hat-300x214Permettez-moi de vous ramener au 3 Décembre 2013: Alan Rusbridger, rédacteur en chef du Guardian, témoigne devant le Comité des affaires intérieures de la Chambre des communes. Cela allait devenir un interrogatoire tendu de 78 minutes sur la décision de son journal de publier les documents top-secrets de la NSA fuités par le lanceur d’alerte Edward Snowden.

Rusbridger parlait d’une voix faible. Bien que confus à certains moments, son message était très clair: les journalistes du Guardian avaient scrupuleusement vérifié les documents confidentiels qu’ils avaient reçus de Snowden. Ils avaient noirci tous les noms dans les documents, et avaient demandé l’avis d’experts. Seulement après ces précautions, le journal a publié les histoires – pas contre la démocratie, mais pour la promouvoir. Dans un pays démocratique, avec la liberté de la presse, les journalistes ont l’obligation de révéler de telles pratiques sinistres pour le bien de l’intérêt public, avait-il déclaré. Les interrogateurs du Comité n’ont présenté aucun contre-argument convaincant.

À cette époque, il y a deux ans, le Guardian a publié de nombreux rapports d’enquête. Cela a grandement bénéficié à la réputation du journal. Dans l’année des révélations d’Edward Snowden, la population britannique a considéré le Guardian comme « le journal le plus digne de confiance, le plus exact et le plus fiable au Royaume-Uni ».

Voilà pour les bonnes nouvelles. Les nouvelles pas-si-bonnes que ça sont que: même le Guardian est en train de perdre des lecteurs. Le journal ainsi que son site web fonctionnent à perte, et de plus en plus. Les réalisations des journalistes du Guardian ne sont possibles que parce que le propriétaire du journal – la Fondation Scott Trust – fait intervenir environ 50 millions £ pour soutenir ses faibles finances. Où est-ce que cela se produit ailleurs dans le monde?

Le journalisme en Europe de l’Ouest: une crise de crédibilité

En effet, l’image plus large du journalisme en Europe est plutôt sombre: le journalisme en Europe occidentale souffre d’une «crise de crédibilité». Dans cet article, je présente cinq thèses sur ce phénomène.

Thèse 1: Une baisse de la capacité de recherche

Thèse 2: Un manque de professionnalisme

Thèse 3: La course pour les revenus sur la publicité

Thèse 4: Trop d’opinion; Trop peu de faits

Thèse 5: Le contenu des informations est devenu «conventionnel»

Lire l’intégralité de l’article: http://en.ejo.ch/ethics-quality/who-to-believe-european-medias-credibility-crisis

Le gouvernement américain a marqué un journaliste éminent d’Al-Jazeera comme « membre d’Al-Qaïda »

Ahmad Muaffaq Zaidan_al_jazeera

The Intercept, le 8/05/2015, Par Cora Currier, Glenn Greenwald, and Andrew Fishman

Le gouvernement américain a marqué un éminent journaliste comme membre d’Al-Qaïda et l’a placé sur une liste de surveillance de terroristes présumés, selon un document top-secret qui détaille les efforts de renseignement pour suivre les courriers d’Al-Qaïda en analysant les métadonnées.

Le briefing décrit Ahmad Muaffaq Zaidan, chef du bureau d’Al Jazeera de longue date à Islamabad, comme membre du groupe terroriste. Ressortissant syrien, Zaidan a porté ses reportages au long de sa carrière sur les talibans et Al-Qaïda, et a mené plusieurs entretiens de haut niveau avec les principaux leaders d’Al-Qaïda, y compris Oussama ben Laden.

Un diaporama de Juin 2012 à partir d’une présentation PowerPoint de la Nationak Security Agency porte sa photo, son nom et un numéro d’identification de la liste de surveillance du terrorisme, et l’étiquette « membre d’Al-Qaïda », ainsi que des Frères musulmans. Il note également qu’il « travaille pour Al Jazeera. »

La présentation était parmi les documents fournis par le lanceur d’alerte de la NSA, Edward Snowden.

Dans un bref entretien téléphonique avec The Intercept, Zaidan a «absolument» nié être un membre d’Al-Qaïda ou des Frères musulmans. Dans une déclaration fournie par Al Jazeera, Zaidan a noté que sa carrière a couvert de nombreuses années de travail dangereux en Afghanistan et au Pakistan, et a exigé de faire des interviews de personnes clés dans la région – une partie normale du travail de tout journaliste.

Lire l’intégralité de l’article: https://firstlook.org/theintercept/2015/05/08/u-s-government-designated-prominent-al-jazeera-journalist-al-qaeda-member-put-watch-list/

Non, David [Cameron], vous n’êtes pas Charlie!

Le jour où le Guardian a dû détruire des ordinateurs contenant les documents Snowden, sous la pression du gouvernement britannique

Par Paul Bernal, 12 janvier 2015

Avec tant d’autres dirigeants du monde, David Cameron a fait un grand point de montrer sa solidarité avec les Français face aux atrocités de Charlie Hebdo, prétendant défendre la liberté d’expression – mais toute personne qui a suivi ou étudié la façon dont son gouvernement traite la presse et même la liberté d’expression sait généralement qu’il est loin d’être un champion de la liberté d’expression.

En effet, plutôt que de défendre la liberté d’expression, le gouvernement Cameron a été activement hostile. Le sien est un gouvernement qui a envoyé des agents au bureau d’un journal national pour les forcer à détruire des ordinateurs – un acte qui pourrait difficilement être interprété autrement que comme de l’intimidation brutale. C’est un gouvernement sous les auspices duquel la police a secrètement surveillé les communications entre les journalistes et leurs sources.

Lire la suite: https://paulbernal.wordpress.com/2015/01/12/non-david-vous-netes-pas-charlie/

« Soyez votre propre média, soyez votre propre service secret »

la propagande en couleursIllustration: la propagande en couleurs, autrement dit une manière simple de comprendre comment nos esprits sont manipulés par les médias

« Soyez votre propre média, soyez votre propre service secret »

Ceci pourrait être la nouvelle devise de citoyens qui ont décidé de libérer leur esprit de toute forme de propagande médiatique, de ceux surtout qui veulent sortir de l’opposition entre point de vue pro-occidental (ou pro-américain) et point de vue des pays non-occidentaux. En Europe, nous sommes dans une logique occidentale, mais sans nous en rendre compte, beaucoup des points de vue de nos médias sont calqués sur les Etats-Unis. Trop de gens croient aux médias, et même ceux qui militent et pensent être indépendants dans leur esprit sont aussi influencés par la propagande médiatique occidentale. Exemple: la Palestine qui reste encore aujourd’hui un sujet problématique en Occident à cause du soutien américain à Israël, d’autres sujets aussi comme la prison de Guantanamo, les révélations Wikileaks, la cyber-surveillance, la place des lanceurs d’alerte dans nos sociétés modernes, et le 11 septembre, sont également des sujets peu débattus en Europe.

Dans le cas de la NSA, par exemple, il y a un débat sur l’espionnage américain, mais parallèlement il y a peu d’informations sur l’implication du gouvernement français dans ce partenariat américain. De la même manière, il n’y a quasiment aucun gouvernement européen (sinon aucun) qui a remis en cause la version officielle des attentats du 11 septembre, alors que de nombreux américains dénoncent une enquête insuffisante. Nous avons la liberté d’expression en Europe, mais certains sujets restent malgré tout trop peu analysés dans nos pays, sans que ce soit pour autant une censure officielle.

Dans cette logique, les blogs sont parfois des moyens d’information très utiles qui peuvent soulever des questions qui n’ont pas été évoquées par les grands médias. Si vous pensez qu’il n’y a pas d’informations utiles sur un sujet que vous maîtrisez, créez un blog et prenez la parole, ce sera le meilleur moyen de rompre le silence! Vous pourrez ainsi écrire sans aucune pression politique et au rythme que vous voulez.

C’est pourquoi nous disons: « Soyez votre propre média, soyez votre propre service secret », parce qu’il faut apprendre à exiger toujours plus d’informations, toujours plus de vérité. Parce qu’il ne faut pas avoir peur de critiquer. Parce qu’il faut apprendre aussi à collecter toutes ces informations qui nous bombardent à la télévision ou sur Internet, apprendre à les classer, à différencier les rumeurs par rapport aux vérités, savoir aussi se poser des questions sur d’éventuelles manipulations médiatiques qui sont là pour provoquer un débat ou détourner l’attention des citoyens face à un sujet plus préoccupant.

Finalement, le citoyen doit parfois faire comme la NSA face à l’information médiatique: il doit tout analyser, stocker dans sa tête pendant des mois, voire des années, s’il est un vrai passionné d’actualité et s’il veut arriver à une vision logique et raisonnable du monde moderne. Au bout de plusieurs années, ce citoyen qui n’aura fait confiance qu’à sa propre intelligence, qui aura parfois eu le courage d’écrire de lui-même des articles, sera sans doute plus objectif que n’importe quel journaliste qui aura seulement passé son temps à obéir à sa rédaction en rédigeant les sujets qu’on lui aura imposés.

Peu importe le sujet ou l’orientation politique: il faut comparer l’information sur beaucoup de sites internet et comparer les idées de différents mouvements politiques, pour arriver à une idée cohérente où nous pouvons discerner les intérêts d’un Etat qui produit de la propagande face à sa population. Il faut être suffisamment ouvert d’esprit pour comparer des informations très différentes et se faire sa propre version de la vérité. Il faut aussi savoir être suffisamment courageux pour avoir des idées différentes face au plus grand nombre et ne pas se laisser intimider par les réactions parfois négatives des personnes qui nous entourent. Si vous soutenez la Russie, dites-le, personne ne vous censurera en Occident, de toute manière les Américains vous auraient mis sur écoute pour moins que ça. Si vous pensez que la Corée du Nord mérite plus d’attention et de respect de la part de la communauté internationale, si vous soutenez la paix en Corée, dites-le aussi. Il n’y a pas de mal à partager ses idées, surtout quand elles sont pacifiques, et vous trouverez certainement des individus qui seront d’accord avec vous.

Il ne faut pas avoir peur de la controverse et d’aller contre les idées du plus grand nombre. De la même manière, notre blog qui soutient Wikileaks – et qui continue à soutenir sa lutte pour la transparence politique – n’a pas hésité à analyser toutes sortes d’informations pour montrer que cette organisation n’a pas forcément expliqué ses vrais liens avec les gouvernements occidentaux ou, du moins, avec certains services secrets américains, comme le FBI (avec Sabu), et d’anciens employés de la NSA ou de la CIA. Parce que le devoir d’information exige que l’on soit critique, même face aux organisations que l’on soutient et même si l’on admire ces personnes. C’est à ce prix-là qu’il y aura de plus en plus de liberté d’expression dans le monde.

Il faut aussi savoir rester critique face aux médias indépendants, qui parfois peuvent avoir été créés ou manipulés par des services secrets afin de collecter des informations sur certains sujets, dans le but de manipuler l’opinion ou pour infiltrer des réseaux militants. C’est pourquoi même l’information indépendante doit rester dans votre esprit une information susceptible de contenir autant de propagande que ce que vous voyez à la télévision.

Le mieux est qu’un citoyen compare et collecte son information comme s’il était à lui-même son propre service secret, là où sa réflexion et sa pensée seront toujours indépendantes de toute manipulation et à l’abri de toute forme de propagande, que cette propagande vienne à l’origine d’un Etat, d’un parti politique ou d’une organisation militante. C’est en développant ces capacités d’analyse que vous serez en mesure de faire les meilleurs choix dans votre engagement politique et de défendre les idées qui vous correspondent le plus.

Soyez votre propre média, soyez votre propre service secret. La vérité est à portée de tout le monde. Le lavage de cerveau accompli par les médias n’est pas une fatalité. Sachez réagir!

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CC BY-SA

Image CC BY-SA créée par l’auteur de l’article

Les blogs, un enjeu de liberté d’expression au Vietnam

Câble n°09HANOI378 – 22 avril 2009 – Confidentiel – Ambassade de Hanoi

TAGS: PHUM PREL PGOV ECON VM
Sujet: Les blogs et la dissidence politique au Vietnam

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RÉSUMÉ: L’Internet continue de révolutionner la communication politique et la dissidence au Vietnam. Les blogs fournissent régulièrement une voie alternative aux journalistes de presse pour publier des informations dont ils savent qu’elle n’irait pas au-delà des censeurs de l’État ou de l’autocensure d’un journal. Le GVN [Gouvernement du Vietnam] estime qu’il y a plus de 300 000 blogueurs vietnamiens ; les données de Yahoo suggèrent que le nombre est beaucoup plus élevé. En contraste de la situation en Chine, de nombreux militants politiques bien connus et des journalistes de grande envergure possèdent des blogs sous leur propre nom ou sous des pseudonymes à peine voilés qui ne sont pas bloqués par la censure Internet. Les dissidents les plus virulents du Vietnam postent régulièrement avec véhémence des opinions anti-gouvernement et anti-communistes qui les exposeraient à une arrestation à peu près certaine si elles étaient exprimées à travers d’autres moyens plus conventionnels. Les sites Internet Anti-GVN [Anti-Gouvernement du Vietnam], hébergés aux États-Unis, en France et en Allemagne, servent de chambres de compensation pour ces posts, ce qui permet à la Communauté vietnamienne en exil de se joindre à des dissidents locaux dans la critique du gouvernement. Comme le montre la liste suivante des éminents critiques en ligne basés au Vietnam, même dans l’environnement médiatique strictement restreint de cet Etat à parti unique, la dissidence trouve des débouchés pour s’exprimer. FIN DU RÉSUMÉ.

Source: http://wikileaks.org/cable/2009/04/09HANOI378.html

WikiLeaks dispose désormais d’un moteur de recherche intégré

Câbles secrets américains-WikileaksAlors que des documents dérobés par Edward Snowden ont montré que WikILeaks était activement surveillé par les agences américaine et anglaise de renseignement (NSA et GCHQ), le site a lancé ce week-end un moteur de recherche. Une fonction qui peut paraître anodine, mais qui pourrait avoir un vrai impact.

WikiLeaks a ouvert dimanche, pour la première fois, un moteur de recherche sur son site. Une fonctionnalité somme tout très classique, mais qui permet désormais de trouver beaucoup plus efficacement des informations dans la montagne de documents disponibles.

On peut donc y effectuer des recherches très simples basées sur des mots clés et trouver par exemple très facilement des documents tels que les câbles diplomatiques Kissinger. Le site met en outre en place des opérateurs particuliers et des filtres pour des recherches plus précises. Un outil qui devrait permettre un accès plus aisé à ceux qui pouvaient être rebutés.

Vincent Hermann

Source: http://www.pcinpact.com/breve/86000-wikileaks-dispose-desormais-dun-moteur-recherche-integre.htm

Autres outils de recherche des documents Wikileaks:

PlusD (Cablegate et câbles Kissinger)
GiFiles
War Diaries, journaux de guerre en Irak et en Afghanistan
Wikileaks Storage

The Intercept, le site de Glenn Greenwald sur la NSA est en ligne

Glenn Greenwald quitte le Guardian

Telerama, le 12/02/2014 à 11h45

L’imminence de son lancement avait été annoncée fin janvier, le voilà enfin : The Intercept, le site de l’ex-journaliste du Guardian Glenn Greenwald qui avait recueilli les confessions d’Edward Snowden sur la NSA (et qui nous avait accordé un grand entretien exclusif), a été mis en ligne lundi matin. Présenté comme le premier d’une série de plusieurs sites estampillés First Look media, entité bâtie par l’ancien propriétaire d’eBay Pierre Omidyar, The Intercept mettra l’accent dans un premier temps sur la publication d’articles directement issus de documents secrets de la NSA, fournis par son ancien employé, Edward Snowden. Comme expliqué dans la déclaration d’intentions, dans un second temps, le site s’attellera aussi à d’autres sujets, avec l’intention de faire « un journalisme courageux et agressif, sur des questions controversées ». Le site fonctionnera autour de 12 journalistes, dont Greenwald, Laura Poitras et Jeremy Scahill, ses fondateurs.

Pour son lancement, The Intercept a tapé fort avec une enquête sur le rôle de la NSA dans l’utilisation de drones par l’armée américaine pour éliminer des cibles humaines hors de son territoire. Dans ce « Drone Program », déjà révélé par Snowden il y a plusieurs mois, on y apprend que la NSA a usé de techniques de géolocalisation via les téléphones portables pour cibler des individus à abattre. Citant une nouvelle source impliquée en première ligne dans ce programme, des milliers d’innocents auraient ainsi payé de leur vie les approximations de ces outils de géolocalisation, capables, comme le détaille le Guardian, « de localiser un téléphone portable, mais pas de savoir qui l’a en mains » . Le site donne également à voir de nombreuses photos des bâtiments de la NSA à Fort Meade dans le Maryland ainsi que d’autres agences du renseignement américain, révélées pour la première fois.

Source: http://www.telerama.fr/medias/the-intercept-le-site-de-glenn-greenwald-sur-la-nsa-est-en-ligne,108694.php