Bradley [Chelsea Manning]: « Nous avons oublié notre humanité »

Bradley-Manning-non-coupable-de-collusion-avec-l-ennemi_article_landscape_pm_v8[Bradley Manning a affirmé sa volonté de changer d’identité après son procès, et souhaite désormais se faire appeler Chelsea Manning]

Par Chelsea E. Manning, 21 août 2013

Mercredi, Chelsea (anciennement Bradley) Manning a été condamnée à 35 ans de prison. Suite à l’annonce de la sentence, la déclaration suivante de Manning a été lue lors d’une conférence de presse, par son avocat David Coombs. Jeudi, Chelsea Manning a publié un communiqué expliquant qu’elle voulait vivre comme une femme.

« Les décisions que j’ai faites en 2010 sont venues d’une préoccupation pour mon pays et pour le monde dans lequel nous vivons. Depuis les tragiques événements du 11/9, notre pays a été en guerre. Nous avons été en guerre avec un ennemi qui choisit de ne pas nous rencontrer sur aucun champ de bataille traditionnel, et de ce fait, nous avons dû changer nos méthodes de lutte contre les risques posés pour nous et notre mode de vie.

J’ai d’abord été d’accord avec ces méthodes et j’ai choisi de me porter volontaire pour aider à défendre mon pays. Ce n’est pas avant que j’aie été en Irak, et en lisant des rapports militaires secrets sur une base quotidienne, que j’ai commencé à remettre en question la moralité de ce que nous faisions. C’est à ce moment que j’ai réalisé que dans nos efforts pour répondre à ce risque posé à nous par l’ennemi, nous avons oublié notre humanité. Nous avons consciemment choisi de dévaloriser la vie humaine à la fois en Irak et en Afghanistan. Lorsque nous avons engagé la guerre contre ceux que nous percevions comme l’ennemi, nous avons parfois tué des civils innocents. Chaque fois que nous avons tué des civils innocents, au lieu d’accepter la responsabilité de notre conduite, nous avons choisi de nous cacher derrière le voile de la sécurité nationale et des renseignements classifiés afin d’éviter toute responsabilité publique.

Dans notre zèle pour tuer l’ennemi, nous avons débattu en interne la définition de la torture. Nous avons détenu des personnes à Guantanamo pendant des années sans procès. Nous avons inexplicablement fermé les yeux sur la torture et sur les exécutions commises par le gouvernement irakien. Et nous avons supporté d’innombrables autres actes au nom de notre guerre contre le terrorisme.

Le patriotisme est souvent le cri prôné, lorsque des actes moralement discutables sont préconisés par ceux qui sont au pouvoir. Lorsque ces cris de patriotisme noient toutes nos dissensions fondées sur la logique, il revient généralement à un soldat américain d’effectuer une mission mal conçue.

Notre nation a eu des moments sombres et semblables pour les vertus de la démocratie – la Piste des Larmes, la décision Dred Scott, le maccarthysme, les camps d’internement nippo-américains – pour en citer quelques-uns. Je suis convaincu que beaucoup de nos actions menées depuis le 11/9 seront un jour vues dans une lumière semblable.

Comme le regretté Howard Zinn l’a dit un jour: «Il n’est pas de drapeau assez grand pour couvrir la honte de tuer des innocents. »

Je comprends que mes actes ont violé la loi, et je regrette que mes actions aient causé du mal à quiconque ou heurté les États-Unis. Mon intention n’a jamais été de blesser qui que ce soit. Je voulais seulement aider les gens. Quand j’ai choisi de divulguer des informations classifiées, je l’ai fait par amour pour mon pays et par sens du devoir envers les autres.

Si vous refusez ma demande de grâce, je servirai mon temps en sachant que parfois vous devez payer un lourd tribut pour vivre dans une société libre. Je serai heureux de payer ce prix, si cela signifie que nous pourrions avoir un pays qui est vraiment conçu dans la liberté et dédié à la proposition selon laquelle toutes les femmes et tous les hommes sont créés égaux. »

Source: http://rabble.ca/news/2013/08/chelsea-manning-we-have-forgotten-our-humanity

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Wikileaks: Bradley Manning condamné à 35 ans de prison

U.S. Army Arraigns PFC Bradley Manning In Wikileaks Case

Le HuffPost/AFP  |  Publication: 21/08/2013 16h26

WIKILEAKS – Bradley Manning, le soldat américain reconnu coupable de la plus grande fuite de documents secrets de l’histoire des Etats-Unis, s’est vu infliger une peine de 35 ans de prison, mercredi 21 août par une cour martiale.

Après plus de deux mois de procès, la juge militaire Denise Lind a en outre décidé son renvoi de l’armée pour « déshonneur », notamment pour des faits d’espionnage, de fraude et de vol de quelque 700.0000 documents diplomatiques et militaires confidentiels, transmis au site WikiLeaks. Le procureur avait requis au moins 60 ans de prison.

La juge a rappelé que Manning bénéficiait de 1.293 jours de remise de peine, correspondant à plus de trois ans de détention préventive, dont neuf mois de régime d’isolement strict.

Le jeune soldat de 25 ans, menu et frêle entre ses deux avocats civil et militaire, s’est levé à l’annonce de la sentence, énoncé laconiquement par la juge vers 16h15. « Je vais maintenant annoncer la sentence », a-t-elle déclaré, prévenant qu’elle « cesserait immédiatement en cas de perturbation » dans la salle d’audience comble.

« PFC Manning vous êtes condamné à être incarcéré pendant 35 ans », a-t-elle lancé lors de cette audience qui a duré moins de dix minutes.

Son avocat pourrait demander la grâce de Barack Obama

Selon le réseau de soutien à Bradley Manning, son avocat David Coombs a l’intention de faire un appel en grâce auprès du président Barack Obama, pour implorer sa clémence. Manning pourra ensuite faire appel devant la Cour d’appel supérieure des forces armées (Court of Appeals for the Armed Forces) et devant la Cour suprême des Etats-Unis.

Amnesty International a demandé au président américain de « commuer la peine de Bradley Manning et d’enquêter sur les abus qu’il a révélés »:

https://twitter.com/amnesty/statuses/370191039728209922

Le jugement du jeune homme sera réexaminé automatiquement en appel par la Cour pénale d’appel de l’armée de terre (Army Court of Criminal Appeal). La peine de 35 ans à laquelle il a été condamné est en tout cas, à ce jour, la plus longue infligée en matière de fuite de documents confidentiels.

WikiLeaks parle d’une « victoire stratégique significative »

L’organisation WikiLeaks, qui avait publié les documents obtenus par le soldat américain, a parlé de son côté d’une « victoire stratégique significative »:

https://twitter.com/wikileaks/statuses/370201848415678464

Le verdict du procès Manning représente « une victoire stratégique significative, indique WikiLeaks. Bradley Manning est désormais éligible à une libération dans moins de neuf ans, 4,4 selon un autre calcul »

La sentence pourra en effet être réduite par un système de remises de peine pour bonne conduite une fois que le condamné aura purgé un tiers de la condamnation. Si ce système lui est favorable, Bradley Manning pourrait dès lors sortir de prison après neuf ans.

Ses soutiens s’indignent et appellent à continuer le combat

Du côté des soutiens de l’ex-soldat, les réactions ne se sont pas faites attendre.

Glenn Grennwald, le journaliste du Guardian qui a révélé la surveillance des télécommunications par la NSA avec l’aide d’Edward Snowden, et dont le compagnon a été détenu par les autorités britanniques, a lui aussi exprimé son indignation:

https://twitter.com/ggreenwald/statuses/370199616660070400

« L’administration Obama: nous poursuivons avec agressivité tous ceux qui révèlent les crimes de guerre, et protégeons avec enthousiasme ceux qui les commettent », écrit-il dans un message posté sur son compte Twitter.

Paul Lewis, correspondant du Guardian à Washington, a rapporté que les partisans de Bradley Manning ont promis de poursuivre son combat:

https://twitter.com/PaulLewis/statuses/370190958744190976

« Bradley Manning a rapidement été amené dans le tribunal. Ses partisans criaient: ‘nous allons continuer à nous battre pour toi, Bradley’, ‘tu es notre héros' »

En France, le journaliste Edwy Plenel, défenseur des « lanceurs d’alerte », a estimé qu’il s’agissait d’un « jour de honte pour la démocratie américaine »:

https://twitter.com/edwyplenel/statuses/370191017556705280

La Russie dénonce une « décision sévère injustifiée »

La Russie a estimé que la condamnation de Bradley Manning était une décision « sévère injustifiée ».

« Il est assez fréquent d’entendre de la part de responsables américains des critiques concernant des décisions de justice d’autres pays (…), mais quand cela concerne les intérêts américains, la justice américaine prend, comme dans le cas de Manning, une décision sévère injustifiée, selon le principe de ‘faire passer l’envie à d’autres’ sans aucun souci des droits de l’homme », a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

« Une telle utilisation du deux poids deux mesures sur un sujet prééminent comme les droits de l’homme montre une fois de plus que les États-Unis ne peuvent pas prétendre à un leadership dans ce domaine important’, a-t-il ajouté.

Les relations entre les Etats-Unis et la Russie se sont considérablement tendues ces dernières semaines, en participer après que Moscou a décidé d’octroyer un asile temporaire d’un an à l’ex-consultant de la NSA alors que Washington réclamait son extradition vers les Etats-Unis, où il a été inculpé d’espionnage.

Une peine exemplaire pour dissuader les autres soldats

Cette peine, qui intervient sur fond d’une autre affaire retentissante de fuites, celles de l’Américain Edward Snowden, veut servir d’exemple pour tous les soldats qui envisageraient une fuite similaire, comme l’avait réclamé le gouvernement américain. Elle met un point final à un procès fleuve, ouvert le 3 juin après plus d’un an d’audiences préliminaires.

En début de semaine, le procureur militaire Joe Morrow avait demandé à la juge Denise Lind « d’envoyer un message à tous les soldats qui envisageraient de voler des informations classifiées », requerrant six décennies de prison.

De son côté, son avocat David Coombs avait demandé au colonel Lind de punir son client, certes, mais d’une peine qui lui donne la « possibilité de vivre » et permette la réinsertion d’un accusé « jeune », « humaniste », « très intelligent », « naïf certainement, mais bien intentionné ».

La semaine dernière, le jeune homme avait regretté « avoir fait du mal aux gens et aux Etats-Unis », quelques jours après que la juge Lind l’a reconnu coupable, entre autres chefs d’accusation, d’espionnage et de fraude. Elle l’avait en revanche acquitté de celui de « collusion avec l’ennemi », en l’occurrence Al-Qaïda.

Un jeune homme à la personnalité complexe

« Traître » égoïste et téméraire ou jeune homme « naïf et bien intentionné »: après un procès fleuve, le mystère demeure autour de la véritable personnalité de Bradley Manning.

La « fuite » du siècle dont il est à l’origine a provoqué une tempête dans la diplomatie mondiale et la fureur de la première puissance mondiale. Un statut lourd à porter pour le jeune Manning, entré dans l’armée en 2007 après une enfance abandonnée à des parents alcooliques dans une ferme isolée de l’Oklahoma (sud), passée à subir les quolibets de ses camarades en raison de son côté « intello » ou de ses troubles d’identité sexuelle.

Lors de son réquisitoire, l’accusation l’a dépeint comme un être égoïste et téméraire, qui savait qu’en transmettant des documents à WikiLeaks, ils seraient mis en ligne et consultés par les ennemis des Etats-Unis. Lors d’audiences préliminaires au procès, des témoins du gouvernement avaient dans un premier temps fait référence à un être « déprimé », « anxieux », « sujet à des crises de panique ». Sans parler de son mutisme, de son somnambulisme et de ses pertes de repères sexuels.

Ses partisans demandent le prix Nobel de la paix

Des membres du personnel de la prison de Quantico (Virginie, est) –où Manning a été détenu à l’isolement pendant neuf mois– ont cité des épisodes où il léchait les barreaux de sa cellule en dormant, pleurait en tapant sa tête dans ses mains, ou grimaçait en se regardant dans le miroir, tentant ainsi de justifier son maintien sous un régime ultra-sévère réservé aux suicidaires.

La défense n’a cessé d’argumenter que Manning n’était pas suicidaire. Son avocat David Coombs a même raconté que le rêve de son client était « d’aller à l’université, travailler pour le service public et peut-être, un jour, être candidat » à une élection, « car il veut faire la différence dans ce monde ». Ses partisans lancent même une pétition pour que le Nobel de la paix lui soit attribué.

Entre ces deux portraits aux antipodes, difficile de dire où se situe la vérité.

« Je regrette que mes actions aient blessé des gens »

L’acte de contrition de Manning à la dernière minute du procès a crée une certaine surprise. « Je regrette que mes actions aient blessé des gens et les Etats-Unis », a-t-il lâché. « Je comprenais ce que je faisais et les décisions que j’ai prises, mais je n’ai pas complètement saisi l’étendue des conséquences de mes actes ».

Lors de sa première prise de parole devant les juges en novembre 2012, il n’exprimait alors aucun regret et racontait d’un ton assuré les conditions de sa détention.

En février dernier, ce féru de géopolitique et de technologies de l’information justifiait ses actes par le désir de « provoquer un débat public sur les forces armées et la politique étrangère » des Etats-Unis. Il précisait toutefois qu’il ne s’intéressait qu’aux documents dont il était « absolument sûr qu’ils ne causeraient pas de tort » à la sécurité nationale.

Source: http://www.huffingtonpost.fr/2013/08/21/wikileaks-manning-_n_3790203.html

Une partie de la société américaine doit aussi être condamnée pour non-assistance au soldat Bradley Manning

Procès de Bradley Manning

(*cet article reflète un point de vue personnel et n’exprime pas les idées des autres traducteurs présents sur ce blog)

Dans le conflit idéologique et juridique qui oppose le jeune soldat Bradley Manning au gouvernement des Etats-Unis, il convient de rappeler que Bradley Manning n’est pas seulement opposé au gouvernement de son pays, mais il est aussi opposé à tous les citoyens américains qui soutiennent les guerres meurtrières et inhumaines qui ravagent le monde depuis des années. Il est opposé à tous ces citoyens qui soutiennent l’action injuste de leur gouvernement.

Si Bradley Manning est en prison, ce n’est pas seulement à cause du gouvernement américain. Ce n’est pas seulement à cause des lois. Si Bradley Manning est en prison, c’est aussi à cause de tous ces citoyens qui se taisent et n’osent plus défendre les Droits de l’homme, et n’osent plus le défendre, s’enfermant dans une approbation passive des actes de leur gouvernement.

Une partie de la société américaine doit aussi être condamnée pour non-assistance au soldat Bradley Manning. Si demain, 70% des Américains soutenaient Bradley Manning, le gouvernement serait obligé de le relâcher. Le gouvernement américain serait contraint par la pression du public.

Ainsi, les Américains, par leur passivité, leur ignorance ou leur incompréhension, sont aussi responsables de la situation inhumaine que vit Bradley Manning en prison, de la torture psychique, de son isolement et de la dégradation de sa santé. Ils sont responsables de laisser le gouvernement faire ce qu’il ne devrait pas faire.

Ne dites pas que cette décision de le libérer n’appartient qu’au gouvernement. Ne dites pas qu’en tant que citoyens, vous ne pouvez rien faire. Le sort de Bradley Manning est entre les mains de chaque citoyen qui aura le courage de le défendre. Le sort de Bradley Manning est entre les mains de chaque citoyen américain.

L’affaire Bradley Manning reflète finalement le problème fondamental de la société américaine, une société de consommation qui a oublié le sens des Droits de l’homme, une société qui a échangé le mot « liberté » contre celui de « surveillance massive », en exerçant par ailleurs des pressions pour faire taire les opposants, en envoyant en prison les lanceurs d’alerte, en réprimant les hackers et les militants Occupy, en qualifiant de « terroristes » tout ce qui n’est pas labellé par la fascisme bienveillant du gouvernement américain.

La société américaine est imprégnée, en effet, par un fascisme sournois (qui se cache sous la belle apparence des films et des publicités américaines), un fascisme presque invisible qui justifie le meurtre et la répression des populations au nom du terrorisme, partout dans le monde. Mais qui aurait jamais osé comparer la liberté citoyenne à un acte terroriste? Qui aurait osé enfermer Bradley Manning pour avoir dénoncé la corruption et l’inhumanité de l’armée américaine, si ce n’est un Etat fasciste qui ne souhaite plus donner de liberté d’expression à ses citoyens, et qui souhaite enrôler la totalité de la société dans une idéologie malsaine?

L’affaire Bradley Manning entache l’histoire des Etats-Unis, comme le dénonçaient encore récemment des journalistes américains. L’affaire Bradley Manning entachera les Etats-Unis pendant encore de nombreuses années, et ce sera une ombre indélébile dans l’histoire des Droits de l’homme. Cela montre aussi, de manière beaucoup plus large, les injustices, la corruption, l’égoïsme, la violence et la cruauté qui existent aux Etats-Unis, et la manière dont les Etats-Unis agissent et incitent à la violence dans les autres pays, notamment dans les guerres et les conflits.

Et ces injustices, et cette violence, sont aussi celle de la société américaine, de la société dans son ensemble — car nous vivons tous dans des sociétés où l’on se préoccupe de moins en moins du bonheur des individus et de la liberté des citoyens, au nom de la sécurité suprême des gouvernements et du bien-être de nos présidents.

Ecrit par kimono

Human Rights Watch: « Qui est Bradley Manning? »

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Posté le 7 juin 2013

Le mercredi 5 juin, Amnesty4Manning a demandé aux supporters de Pfc. Bradley Manning de participer aux APPELS POUR MANNING – une journée destinée à prendre son téléphone pour appeler les branches locales d’Amnesty International et Human Rights Watch. L’objectif était de recueillir des informations sur la manière dont les deux plus grandes organisations de défense des droits de l’homme évaluent les violations des droits humains, le soutien à Manning, et pourquoi il n’a pas été reconnu comme prisonnier politique ou prisonnier de conscience.

Plusieurs participants ont rapporté sur le compte Twitter @Amnesty4Manning que les représentants d’Amnesty International ont demandé leur nom et leur adresse e-mail promettant de revenir vers eux à un moment ultérieur. Plusieurs personnes ayant appelé ont été renvoyées au communiqué de presse d’Amnesty publié le premier jour du procès de Manning en cour martiale. Certains ont dit à @Amnesty4Manning que leurs appels sont restés sans réponse ou sont directement arrivés sur une messagerie vocale.

Ce qui suit est le récit d’un supporter de Manning qui a téléphoné aux branches américaines de Human Rights Watch:

« J’ai appelé plusieurs des bureaux de Human Rights Watch, hier, pour exprimer mon soutien de Bradley Manning et demander pourquoi HRW n’avait pas reconnu Manning comme prisonnier de conscience. Le bureau de New York a été particulièrement malhonnête les deux fois où j’ai appelé. La première fois que j’ai appelé, on m’a dit que le site de HRW a déjà abordé cette question, et qu’ils ont reçu « déjà plusieurs appels à ce sujet aujourd’hui ». L’associé de HRW m’a alors dit qu’il me serait plus utile de diriger ce type de demande à l’ACLU [Americain Civil Liberties Union]. Je lui ai répondu que, indépendamment de la position de l’ACLU au sujet de Manning, HRW avait l’obligation de prendre des mesures et de dire son soutien à Manning. Il n’a pas fallu beaucoup plus de temps avant que l’associé me réponde qu’il allait me transférer vers quelqu’un qui serait mieux capable de m’aider. J’ai ensuite été transféré vers un numéro qui a sonné pendant environ cinq minutes avant que je raccroche.

J’ai attendu environ une heure avant de rappeler le bureau de New York. Cette fois, j’étais un peu mieux préparé pour le détour par l’ACLU. Une femme a répondu au téléphone cette fois, et il est bien évident que je n’étais pas la première personne à qui elle avait parlé de Manning. Elle était nerveuse, et a rapidement pris la route de l’ACLU.

« Est-ce que Human Rights Watch a une affiliation quelconque avec l’ACLU? » demandai-je.

« Non. »

« Mais votre organisation dirige directement vers eux les appels du plaidoyer de toute manière? Que fait d’autre HRW pour les êtres humains qui ont besoin d’amnistie? »

« Je vais devoir vous mettre en attente. »

Quelques minutes plus tard, la belle dame est revenue en ligne et m’a dit qu’elle allait me transférer vers quelqu’un qui pourrait m’aider, car elle « ne pouvait pas me garder sur la même ligne avec elle ».

Après plusieurs minutes d’attente, une voix différente est venue au téléphone et a demandé comment elle pouvait m’aider. Je lui ai expliqué pourquoi la femme précédente avec qui je parlais m’a transféré vers elle. Elle m’a alors dit qu’elle était juste une secrétaire à la réception. Je l’ai entretenu pendant plusieurs minutes, juste pour m’assurer qu’elle connaissait les faits autour de l’affaire Manning. J’ai été poli, mais persistant. Je l’ai finalement remercié pour son temps accordé, et j’ai sollicité auprès d’elle, en tant que citoyen américain, de pouvoir parler à une personne de son organisation au sujet de Manning.

L’appel le plus troublant que j’ai fait a été de loin delui du bureau de Los Angeles de Human Rights Watch. Après que j’ai dit à l’associé qui a répondu au téléphone la raison de mon appel, j’ai reçu une réponse imprévue.

« Qui est-ce? »

« Bradley Manning. »

« Oui, qui est Bradley Manning? »

J’étais abasourdi. J’ai regardé mon téléphone pour m’assurer que j’avais composé le bon numéro.

« Est-ce que c’est Human Rights Watch? », ai-je demandé.

« Oui. »

« Et vous ne savez pas qui est Bradley Manning? »

« Non. Qui est-ce? »

Je devais rester calme. Ce que je voulais vraiment, c’était de dire à cette femme que les gens comme elle sont la vraie raison pour laquelle notre gouvernement s’en tire avec ce genre de choses, et qu’il n’y a rien de réel sur les femmes au foyer ou quoi que ce soit d’autre de l’enfer avec lequel elle remplit sa tête, quand elle devrait prêter attention aux droits du 1er amendement qui sont volés. Je voulais lui dire que sa compagnie me fait chier, et qu’elle me fait chier de ne pas avoir la moindre idée d’une chose si importante directement liée à sa profession. Cependant, blâmer cette femme pour son ignorance ne ferait rien pour le héros que je voulais aider. Alors, j’ai répondu rapidement et calmement.

« C’est un patriote, m’dame. Un vrai héros qui a exposé les crimes de guerre au monde, et maintenant le gouvernement US va l’enfermer pour le reste de sa vie. Les organisations comme la vôtre sont censées venir à son secours, mais il est désormais clair pour moi que HRW n’a même pas mentionné cette affaire à ses employés. »

Elle a poursuivi en expliquant que le bureau de Los Angeles était « juste un bureau de collecte de fonds », et n’avait aucune implication dans le choix des causes à plaider. Encore une fois, j’ai pris une profonde inspiration, puis j’ai expliqué lentement à la femme que nous, en tant que citoyens américains, nous devons défendre toutes les vies innocentes qui ont été perdues en exprimant notre soutien à Pfc. Bradley Manning. Après plusieurs minutes de harangue contrôlée, j’ai conclu ma conversation avec la femme en la remerciant de son temps, et en l’encourageant à parler avec quelqu’un de HRW à ce sujet.

Bien que tout cela me rende furieux, je ne suis pas surpris. Je suis en fait encore plus porté par cette expérience que tout le reste. Nous devons continuer à appeler ces organisations, et nous avons besoin d’ÊTRE GENTILS AVEC EUX quand nous remplissons notre objectif. J’ai travaillé dans un centre d’appels avant. C’était un centre d’appels pour une entreprise qui faisait des choses que je n’approuvais pas moralement. Cela étant dit, si je savais que le client avait été traité de manière injuste, mais que ce client m’avait traité comme un idiot, ce client aurait eu un moment beaucoup plus difficile à passer pour obtenir réparation. D’un autre côté, si le client était poli et qu’il avait compris le fait que j’étais juste un gars en plus en bas du totem qui se faisait défoncer par la même société, je faisais tout ce qu’il fallait pour cette personne à part entière. Avec un peu de chance, je peux parler à une personne avec le même esprit quand j’inonde ces organisations avec des appels.

« Oui, qui est Bradley Manning? » Il est difficile d’imaginer que la deuxième plus grande organisation des Droits de l’homme dirigerait ses membres à contacter l’ACLU, quand elle est interrogée sur le soutien à Manning. L’ACLU est une organisation avec laquelle ils affirment n’avoir aucune affiliation. Une recherche rapide sur leur site web affichera un résultat. Human Rights Watch a publié un article sur Pfc. Bradley Manning pendant les trois ans où il a été placé en détention. Un seul. Il a été écrit en mars 2011.

Source: http://amnesty4manning.wordpress.com/2013/06/07/hrw-who-is-bradley-manning/

« Si vous étiez témoins de crimes de guerre, qu’auriez-vous fait? »


« Je suis Bradley Manning »,
parce que je crois que le public mérite la vérité et que les lanceurs d’alerte méritent des procès équitables – 1106 jours de détention injuste, c’est assez! Abandonnez la charge d' »aide à l’ennemi »

Au milieu du secret de la salle d’audience, le lanceur d’alerte et nominé pour le Prix Nobel de la Paix, Bradley Manning, est jugé après trois ans de détention.

Les informations que Bradley Manning a transmis au public ont été un catalyseur pour les mouvements pro-démocratie dans le monde arabe, elles ont exposé la détention injuste de personnes innocentes à Guantanamo Bay, nous ont montré le vrai coût humain de nos guerres en Irak et en Afghanistan, et ont changé le journalisme pour toujours.

Il n’y a aucune preuve que quelqu’un soit mort à la suite de l’information qui a été publiée, mais Bradley fait face à la prison à vie ou peut-être la mort. La plus grande accusation contre lui est celle d’avoir « aidé l’ennemi », un crime capital. En tant que public ayant bénéficié de cette information, est-ce que cela fait de nous des ennemis? Quel prix vont payer les futurs lanceurs d’alerte?

Tweetez vos messages et envoyez vos photos sur le site: http://iam.bradleymanning.org/

Traduit de l’anglais depuis le site http://iam.bradleymanning.org/

Faire un don à la Freedom of the Press Foundation pour la transcription du procès de Bradley Manning: https://pressfreedomfoundation.org/

« Le Confident Privé de Manning », par Bill Keller (New York Times)

Bill Keller, Le Confident privé de Manning

Par Bill Keller, 10 mars 2013

Au début de 2010, le PFC. Bradley Manning a méthodiquement envoyé un filon numérique principal de documents classifiés, militaires et diplomatiques américains aux insurgés Internet de WikiLeaks. Comme chacun le sait, WikiLeaks a rendu ces archives secrètes disponibles à quelques publications majeures de l’actualité, dont celle-ci. Beaucoup d’histoires troubles et éclairantes ont été publiées, et Washington a depuis grincé des dents.

Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, d’aussi loin que nous pouvons le savoir, est toujours réfugié à l’ambassade d’Equateur à Londres, effrayé qu’il puisse être extradé pour son rôle dans cette hémorragie de secrets, bien que les seules allégations en suspens contre lui n’impliquent que des allégations de crimes sexuels en Suède. Pendant ce temps, Manning, un geek de faible intelligence, âgé de 25 ans, est en audiences préliminaires à Fort Meade, dans le Maryland. Il a plaidé coupable pour des crimes pouvant conduire jusqu’à 20 ans d’emprisonnement, et le gouvernement mise sur des accusations supplémentaires, incluant l’Article 104 du code militaire, « l’aide à l’ennemi », ce qui pourrait le mener à perpétuité sans libération conditionnelle.

Dans sa déclaration devant le tribunal militaire, Manning a dit qu’avant de tomber dans les guérillas anti-secrets chez WikiLeaks, il a essayé de livrer son trésor de documents dérobés au Washington Post et au New York Times. Au Post [Washington Post], il a été découragé par une journaliste qui lui a dit qu’avant de pouvoir s’engager dans quoi que ce soit, elle devait d’abord obtenir la décision d’un rédacteur en chef senior. Au Times [New York Times], Manning dit avoir laissé un message sur la boîte vocale, mais il n’a jamais été rappelé. C’est surprenant pour moi de voir qu’un expert doué en technologie, capable de gérer l’une des fuites les plus monumentales qui aient existé, n’ait pas réussi à résoudre comment envoyer un e-mail ou un message téléphonique au Times, un exploit réussi par des dizaines de lecteurs chaque jour.

Mais qu’en serait-il s’il l’avait fait? Qu’en serait-il s’il avait réussi à livrer ses documents dérobés au Times? Qu’est-ce qui aurait changé pour Manning et pour le reste d’entre nous?

Tout d’abord, je peux dire avec une certaine assurance que le Times aurait fait exactement ce qu’il a fait avec l’archive, quand celle-ci a été fournie par l’intermédiaire de WikiLeaks: affecter des journalistes à la recherche de matériel d’intérêt public véritable, prendre soin d’omettre les informations qui auraient pu faire tuer les troupes sur le terrain ou des informateurs innocents, et publier nos rapports avec grand geste. Les documents auraient fait l’actualité — la une de l’actualité.

Mais un peu moins que ça, en quelque sorte. Alors qu’en réalité le Times et le public ont bénéficié d’un partenariat collégial avec le Guardian de Londres et d’autres journaux qui ont pris part à la fête de WikiLeaks, je suis quasiment sûr que si nous avions été le seul destinataire, nous n’aurions pas partagé le cadeau de Manning avec d’autres organismes d’actualités. C’est en partie pour des raisons de concurrence, mais aussi parce que le partage d’un trésor de renseignement brut, en particulier avec des médias étrangers, aurait augmenté le risque juridique pour le New York Times et pour notre source. Ainsi, notre exclusivité aurait été un joli coup pour le Times, mais quelque chose aurait été perdu. En partageant les données de manière très large — y compris avec toute une gamme de médias locaux qui ont exploité le matériau sur des histoires qui avaient peu d’intérêt pour une opération globale d’informations — WikiLeaks a obtenu une répercussion kilométrique beaucoup plus grande de ses câbles secrets que nous ne l’aurions fait.

Si Manning était entré en contact avec le Times, nous nous serions retrouvés dans une relation, face à un jeune soldat de l’armée, inquiet, nerveux et en colère, qui n’offrait pas tellement de documentation sur les délits d’un gouvernement particulier, comme étant une chance de pouvoir pêcher dans une mer de secrets. N’ayant jamais rencontré Manning (il était en détention au moment où nous avons reçu les documents de WikiLeaks), je peux seulement deviner à quoi aurait pu ressembler cette relation. Compliquée. Probablement tendue. Nous aurions, bien sûr, respecté tout accord pour protéger son identité, même si Manning n’était pas si bon pour couvrir ses propres pistes. (Il a déversé l’histoire de sa fuite dans de longues conversations de messagerie instantanée, avec un ex-hacker qui l’a dénoncé.) Après qu’il ait été arrêté, nous aurions sûrement écrit un éditorial contre la brutalité de sa détention à l’isolement — comme le Times l’a déjà fait — et peut-être aurions-nous protesté contre l’excès inquiétant de l’accusation d’« aide à l’ennemi ». (Si la fuite de Manning a apporté un point de réconfort à l’ennemi, alors il en est de même pour toute histoire d’actualité sur les coupes dans les budgets de la défense, l’opposition aux attaques de drones, ou les revers en Afghanistan.) Au-delà de ça, nous nous serions assurés que Manning savait dès le départ qu’il était seul, comme nous l’avons fait pour le dernier lanceur de fuites de cette ampleur, Daniel Ellsberg, rendu célèbre avec les Pentagon Papers.

« Quand le gouvernement a décidé de poursuivre Ellsberg, nous ne nous sommes pas sentis obligés de l’assister », a rappelé l’autre jour Max Frankel, qui était à l’époque chef de bureau au Times à Washington. « Il était en train de commettre un acte de désobéissance civile et il savait sans doute que cela demandait d’accepter la punition. Nous étions heureux intérieurement de voir que les poursuites ont échoué en voulant aller trop loin, mais nous ne nous considérions en aucune manière comme son partenaire. »

La chose la plus importante qui n’aurait pas été trop différente si le Times avait été son journal, aurait été la responsabilité civile de Manning. La loi prévoit la protection du Premier Amendement pour une presse libre, mais pas pour ceux qui ont prêté serment à protéger les secrets des gouvernements. Cette administration a une intolérance particulière qui donne le frisson à l’égard des lanceurs de fuites — et les empreintes digitales les rendent plus faciles à attraper de nos jours — mais je ne peux pas imaginer qu’une autre administration aurait hésité à poursuivre Manning.

Mais si Manning avait été notre source directe, les conséquences auraient pu être légèrement atténuées. Bien que, du point de vue du droit, je sois certain que WikiLeaks et le New York Times sont protégés de manière égale par le Premier Amendement, il est possible que le jugement du tribunal envers le lanceur de fuites ait une couleur qui prenne compte du fait qu’il a livré les données à un groupe d’anciens hackers avec une sensibilité de hors-la-loi et une antipathie à l’égard des intérêts américains. Est-ce que cela va coûter à Manning au moment de la sentence? Je me le demande. Et cela pourrait expliquer l’accumulation de charges maximum. Pendant le pré-procès, la juge, Col. Denise Lind, a demandé si les poursuites se seraient appuyées sur les mêmes accusations, si Manning avait transmis les documents au Times. « Oui, M’dame », fut la réponse. Peut-être en aurait-il été ainsi. Mais je soupçonne le fait de Manning d’avoir choisi l’anti-système WikiLeaks en tant que collaborateur, comme ce qui a rendu le gouvernement encore plus avide à vouloir ajouter cette accusation douteuse d’« aide à l’ennemi ».

Si Manning avait livré son matériel au Times, WikiLeaks n’aurait pas été en mesure de publier les câbles inédits, comme il l’a fait au final, sans se soucier du risque pour les défenseurs des droits de l’homme, les dissidents et les informateurs qui y sont nommés. En fait, vous n’auriez peut-être pas entendu parler de WikiLeaks. Le groupe avait eu d’autres scoops médiocres, mais Manning les a rendus célèbres.

Et, en fin de compte, s’il avait traité avec le Times, nous aurions peut-être mieux compris Bradley Manning. Adulé par WikiLeaks et sa base de fans comme un lanceur d’alerte et un martyr, considéré comme un traître infâme par ses procureurs, il est devenu un duel de caricatures. Jusqu’aux procédures de la cour, la seule fenêtre donnant à voir la psyché de Manning était la transcription volumineuse de ses discussions en ligne avec l’ex-hacker Adrian Lamo, publiées par le magazine Wired. Cela dresse le portrait d’un jeune homme, selon ses propres mots, « émotionnellement fracturé » — un homme gay dans une institution où les gays ne sont pas les bienvenus, un homme fragile, solitaire, un peu satisfait de sa propre intelligence, un peu vague au sujet de ses motivations. Ses opinions politiques apparaissent comme inachevées. Quand on lui a posé la question, il avait des difficultés à se rappeler aucun des délits spécifiques qui devaient être exposés. Son motif était la « diplomatie ouverte », ou bien — peut-être, juste pour plaisanter — « l’anarchie mondiale ».

A Fort Meade, Manning a livré une explication plus cohérente de ce qui l’a motivé. Consterné par les dommages humains collatéraux du contreterrorisme et de la contre-insurrection, dit-il, il avait l’intention de « documenter le vrai coût des guerres en Irak et en Afghanistan. » Intrigué en lisant les câbles du Département d’Etat, il a senti le besoin de laisser entrer les contribuables dans « les négociations d’arrière-porte et de toute évidence l’activité criminelle » qui sont la face sombre de la diplomatie. Est-ce que ce sens de la mission était là depuis le début, ou est-ce que cela a été déterminé par la suite par les attentes des partisans de Free Bradley Manning? La réponse ne ferait probablement pas de différence pour la cour. Mais il se peut que cela aide à définir le verdict de l’histoire.

Source: http://www.nytimes.com/2013/03/11/opinion/keller-private-mannings-confidant.html?smid=tw-share

Voir le Tweet de Bill Keller

Amnesty International ne va pas compter Bradley Manning comme prisonnier politique

Jeff Mitchell New Zealand

Cet après-midi, WikiLeaks a accusé Amnesty International et Human Rights Watch d’être lâches et peu crédibles. Je suis d’accord. Voici le tweet de WikiLeaks:

Wikileaks "Both Amnesty and HRW refuse..."

« Amnesty International et Human Rights Watch refusent tous deux de nommer Bradley Manning comme étant un prisonnier politique. Ces organisations sont lâches et manquent de crédibilité. »

Ils ne nommeront pas Bradley Manning comme étant un prisonnier politique, mais ils soutiennent les Pussy Riot – évidemment – car Amnesty est toujours de mèche avec les intérêts politiques et économiques américains/britanniques. Amnesty International est prête à charger la ligne de propagande médiatique en critiquant Poutine, mais ils n’oseront pas critiquer Obama, oh non, il est le gentil homme noir qui va fermer la prison de Guantanamo Bay, c’est bien ça? Il y a un sarcasme évident ici, mes amis.

Source: http://jeff-mitchell-new-zealand.blogspot.fr/2013/03/amnesty-international-wont-list-bradley.html

Arrêt sur Images : Le témoignage de Manning devant la justice

Bradley-Manning

Wikileaks: Le témoignage de Manning devant la justice

La Freedom of the Press Foundation (fondation pour la liberté de la presse) diffuse l’enregistrement du témoignage, devant un tribunal militaire, du soldat Bradley Manning accusé d’avoir transmis des centaines de milliers de documents confidentiels à Wikileaks. L’occasion de découvrir les motivations de l’auteur d’une des plus importantes fuites de documents officiels de l’histoire.

Bradley Manning (25 ans) spécialiste du renseignement militaire, basé en Irak, avant d’être arrêté, à Bagdad, le 26 mai 2010, a témoigné pendant une heure et demie devant un tribunal militaire de la base de Fort Meade le 28 février dernier. Des journalistes étaient présents dans la salle. Malgré l’interdiction de toute photo, vidéo ou enregistrement, un enregistrement audio de ses propos a pourtant été effectué et diffusé cette semaine par la Freedom of the Press Foundation sur son site.

Cette audition précède le procès qui n’a pas commencé. Manning passera devant une cour martiale à partir du 3 juin prochain pour une durée de 12 semaines. Le 28 février dernier, Manning a plaidé coupable pour une dizaine des vingt deux chefs d’inculpation, pour lesquels il risque vingt ans de prison. Outre cette vingtaine d’accusations, s’il est reconnu coupable d’avoir « aidé l’ennemi » au titre de l’article 104, ce qu’il ne reconnaît pas, il risque la prison à vie, sans possibilité de remise de peine.

Plusieurs observateurs estiment que le gouvernement américain a choisi la charge plus grave (collaboration avec l’ennemi) pour dissuader tous ceux qui seraient tentés d’utiliser, comme Manning, des appareils de stockage amovibles ou Internet pour recopier et diffuser des documents officiels.

Il existait déjà des retranscriptions écrites (non officielles) des propos de Manning, mais c’est la première fois que l’on entend sa voix, que l’on découvre ses propos dans leur formulation exacte et dans leur intégralité. Manning a lu devant le tribunal, son témoignage écrit (35 pages). Il justifie son action par la volonté de provoquer un débat aux USA sur « la politique étrangère américaine« . Il ajoute qu’il a été en contact avec quelqu’un qu’il pense être Julien Assange, le fondateur de Wikileaks, mais qu’il a agi de son propre chef, et qu’il n’a jamais reçu de directives de Wikileaks.

Cette dernière précision n’est pas un détail, car un grand jury fédéral (juridiction civile contrairement à celle de Fort Meade qui est militaire) enquête, par ailleurs, sur une éventuelle conspiration de Julien Assange et les autres membres de Wikileaks, avec Manning.

Pour le New York Times, lorsqu’il a témoigné à Fort Meade, Manning a donné une explication cohérente des motivations de sa démarche. Il était horrifié par les dégâts humains collatéraux de la lutte contre l’insurrection et le terrorisme, et voulait, dit-il, dévoiler « le vrai coût des guerres en Irak et en Afghanistan ».

Avant de transmettre à Wikileaks les documents auxquels il avait accès, Manning dit avoir essayé de contacter le Washington Post, le New York Times, et le quotidien Politico, spécialisé dans la vie politique de Washington.

Le point de vue de l’ex-rédacteur en chef du New York Times

Dans un point de vue publié dans le New York Times, Bill Keller, rédacteur en chef du journal de 2003 à 2011, évoque les tentatives de Manning pour contacter la presse.

« Au Washington Post, Manning a abandonné quand une journaliste reporter qui a indiqué qu’elle ne pouvait rien faire sans l’accord d’un de responsables de la rédaction. Au New York Times, Manning dit avoir laissé un message sur un répondeur, mais personne ne l’a jamais rappelé« .

Keller s’étonne : « Je suis stupéfait de voir qu’un spécialiste du renseignement high-tech, capable d’organiser une des plus grandes fuites de documents secrets de tous les temps, ne sache pas comment envoyer un e-mail ou laisser un message vers un rédacteur en chef ou reporter du New York Times, alors que d’innombrables lecteurs le font chaque jour« .

Que se serait-il passé s’il avait réussi ? s’interroge Keller. « Le New York times aurait fait ce qu’il a fait quand Wikileaks nous a transmis les documents. C’est à dire que le journal aurait désigné une équipe de journalistes pour y trouver ce qui a un intérêt pour le public et ne pas publier ce qui pourrait mettre des vies en danger (…) Ces documents auraient fait les gros titres, mais un peu moins que ce ne fut le cas ».

Keller explique que son journal n’aurait pas partagé les documents avec d’autres médias comme le Guardian à qui Wikileaks les a aussi confiés.

Le New York Times se serait en effet mis dans l’illégalité en partageant ce trésor d’informations militaires confidentielles avec un média « étranger« , comme le Guardian britannique. Wikileaks a réussi à faire plus de bruit, que nous n’aurions pu en faire considère Keller. De plus, il estime que les relations avec Manning, jeune, perturbé, tendu, auraient été délicates.

Par contre, Keller pense que si Manning avait donné les documents au New York Times, il serait dans une situation moins grave qu’après les avoir transmis à une organisation d’ex-hackers, qui affiche une antipathie ouverte face aux intérêts américains, ce qui a peut-être conduit le gouvernement à ajouter l’accusation de collaboration avec l’ennemi.

Keller glisse au passage que si Manning avait donné les documents au New York Times, Wikileaks n’aurait pas pu les diffuser de manière brute, sans même prendre le temps de masquer les noms et les détails identifiant les militants des droits de l’homme, les avocats, les dissidents et les informateurs des Américains comme ce fut, malheureusement, le cas avec Wikileaks. Un argument repris également par l’accusation de Manning qui évoque le fait que les documents ont fini entre les mains d’Al-Qaïda. Reste à l’accusation de prouver ce dernier point, ce qui ne sera pas facile.

Des journalistes se battent pour un accès libre à la procédure contre Manning

En attendant le procès de Manning en juin, un groupe de journalistes représentés par le Center for Constitutional Rights (CCR) a engagé une procédure devant la justice pour obtenir un accès normal à cette affaire.

Le CCR souligne que le juge a lu les conclusions du tribunal pendant deux heures à toute vitesse (180 mots/minute) empêchant les journalistes de prendre correctement des notes, alors qu’il est interdit d’enregistrer, et que contrairement à l’habitude, ces conclusions n’ont pas été rendues publiques sous forme écrite.

Le CCR ajoute que les rares documents de la procédure contre Manning qui ont été rendus publics contiennent systématiquement des passages censurés de manière ridicule, alors qu’ils font souvent référence à des informations publiques, non couvertes par le secret.

Source: http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=15284

Télécharger l’audio de la déclaration de Bradley Manning: https://pressfreedomfoundation.org/blog/2013/03/fpf-publishes-leaked-audio-of-bradley-mannings-statement

Lire la déclaration de Bradley Manning devant la justice: http://www.alexaobrien.com/secondsight/wikileaks/bradley_manning/pfc_bradley_e_manning_providence_hearing_statement.html

Lire les documents du procès de Bradley Manning: https://www.rmda.army.mil/foia/FOIA_ReadingRoom/Detail.aspx?id=83

L’endroit de la première soumission de documents de Bradley Manning à WikiLeaks

Barnes & Noble, Maryland

Par Kevin Gosztola, vendredi 1er mars 2013, 15h10

Ce qui constitue probablement les séries de fuites les plus importantes sur la sécurité nationale dans l’histoire des Etats-Unis a commencé ici-même, à cet endroit qui est photographié ci-dessus.

La première soumission de documents du PFC. Bradley Manning consistait en ce qui est communément appelé les Journaux de la Guerre en Irak et Journaux de la Guerre en Afghanistan. Dans les dernières semaines de janvier 2010, pendant une permission de mi-retour, Manning a essayé de contacter le Washington Post et le New York Times. Quand il s’est vu incapable d’entrer en contact avec quelqu’un d’intéressé par les informations qu’il avait, ou quand il a réalisé qu’il était trop nerveux pour rencontrer quelqu’un au bureau du Post [Washington Post], il a décidé de soumettre les Journaux de guerre à WikiLeaks, via le système de soumission de documents de l’organisation.

Il vivait avec sa tante, Debra Van Alstyne, à Potomac, dans le Maryland, et il a voulu soumettre les documents avant de perdre l’accès à « une bonne et rapide connexion Internet à haut-débit ». Une tempête de neige avait mis fin à la connexion, et Manning a dû aller à proximité de Barnes & Noble, à environ 5 miles et demi [environ 8km], à Rockville, dans le Maryland. Là, il a utilisé Internet pour télécharger les journaux de guerre qui ont finalement été publiés le 25 juillet (Journaux de la Guerre en Irak) et le 22 octobre (Journaux de la Guerre en Afghanistan) de la même année.

Source: http://dissenter.firedoglake.com/2013/03/01/the-site-of-bradley-mannings-first-submission-to-wikileaks/

Les manifestants se mobilisent à Bruxelles pour le 1000ème jour de détention de Bradley Manning

Soutien à Manning, Bruxelles

Protestations dans le monde entier contre la détention de Bradley Manning

Le 23 février est le millième jour où le lanceur d’alerte Bradley Manning est coincé dans une prison américaine. Il est soupçonné de trahison pour avoir participé à la publication de documents militaires secrets sur la guerre en Irak et en Afghanistan par WikiLeaks. A Bruxelles, les militants ont tenu une réunion de protestation à l’ambassade américaine. (Rapport avec photos)

Le Réseau de soutien à Bradley Manning a appelé aujourd’hui à travers le monde à des actions pour empêcher que Manning reste dans l’oubli et pour rappeler à nouveau les devoirs du gouvernement américain. L’appel a également été entendu à Bruxelles.

Environ une vingtaine de personnes se sont rassemblées devant l’ambassade américaine « pour réaliser leur devoir moral et politique », a déclaré l’un des manifestants. Les manifestants ont crié à l’unisson « La liberté d’information n’est pas un crime! », et « Free Bradley Manning! » Ailleurs dans le monde, des dizaines d’actions visant à dénoncer la situation de Manning vont se poursuivre.

Les manifestants ont appelé le président Obama à accorder au moins son pardon à Manning. Ils rappellent à Obama que la détention est une violation à l’encontre de nombreux traités internationaux. Ceci est, selon eux, inacceptable pour un pays qui diffuse avec enthousiasme les énoncés sur l’importance des droits de l’homme.

Crimes de guerre

« Plus que cela, un homme qui a révélé des crimes de guerre financés avec l’argent des contribuables mérite une médaille, au lieu d’une condamnation à vie », expliquent-ils. Les documents communiqués comprennent également une vidéo où on peut voir comment des soldats américains, à partir d’un hélicoptère Apache, prennent la vie de civils non armés et de deux journalistes.

« Les circonstances de sa détention sont vraiment inacceptables. Manning passe, par exemple, des journées entières dans une cellule de deux mètres. Par ailleurs, il doit subir un harcèlement systématique », a déclaré Ludo De Brabander de Vrede vzw, l’association de la paix qui a organisé l’action à Bruxelles.

De Brabander a appelé toutes les personnes présentes à être tous un peu plus Manning. « La liberté d’information est l’une des valeurs les plus importantes dans une démocratie. » Il a également remis une lettre adressée à l’ambassadeur américain Howard Gutman. « Espérons que le président américain entendra notre appel et qu’il donnera un procès équitable à Manning », a déclaré l’une des personnes présentes. Le procès débutera le 6 Mars et se tiendra à huis clos.

Pieter Apers

Traduit du flamand à l’aide de Google Traduction

Source: http://www.vrede.be/vrede-in-actie/2414–wereldwijd-protestacties-tegen-opsluiting-bradley-manning