Le mensonge des Etats-Unis sur la mort de Ben Laden: le terroriste le plus recherché au monde assigné à résidence par l’armée pakistanaise?

Le meurtre d’Oussama ben Laden

London Review of Books, Par Seymour Hersh, Mai 2015

Oussama Ben LadenCela fait quatre ans qu’un groupe de commandants de l’US Navy a assassiné Oussama ben Laden dans un raid nocturne sur un complexe avec de hauts murs à Abbottabad, au Pakistan. Le meurtre a été le point principal du premier mandat d’Obama, et un facteur majeur de sa réélection. La Maison Blanche maintient toujours que la mission était une affaire toute-américaine, et que les généraux de haut rang de l’armée pakistanaise et de l’Inter-Services Intelligence (ISI) [Direction pour le renseignement inter-services] n’ont pas été prévenus du raid à l’avance. Ceci est faux, comme le sont de nombreux autres éléments venant de l’administration Obama. L’histoire de la Maison Blanche aurait pu être écrite par Lewis Carroll: est-ce que ben Laden, cible d’une chasse à l’homme internationale et massive, aurait vraiment décidé qu’une grande ville à quarante miles d’Islamabad serait le meilleur endroit pour vivre et commander les opérations d’al-Qaïda? Il se cachait à l’air libre. C’est ce qu’a dit l’Amérique.

[…] Le complexe de ben Laden était à moins de deux miles de l’Académie militaire du Pakistan, et un quartier général du bataillon de combat de l’armée pakistanaise était à environ un mile. Abbottabad est à moins de 15 minutes en hélicoptère de Tarbela Ghazi, une importante base pour les opérations clandestines de l’ISI et un bâtiment où sont formés ceux qui gardent l’arsenal nucléaire du Pakistan. « Ghazi est la première raison pour laquelle l’ISI a placé ben Laden à Abbottabad », a déclaré le responsable à la retraite, « pour le maintenir sous surveillance constante ».

Lire l’intégralité de l’article: http://www.lrb.co.uk/v37/n10/seymour-m-hersh/the-killing-of-osama-bin-laden

Ce que les câbles Wikileaks ne nous disent pas

wikileaks-pakistan-papers-500

Dawn.com, 23 juillet 2011

KARACHI: Comment les Américains ont été minutieusement impliqués dans la négociation de l’accord entre l’ancien président Pervez Musharraf et l’ancienne Premier ministre Benazir Bhutto qui a abouti à son retour d’exil en 2007, après huit ans? Quelle a été le point de vue des diplomates américains au sujet de l’attaque militante audacieuse sur le Grand Quartier Général (GHQ), le 9 oct. 2009, dans lequel les terroristes ont retenu plusieurs soldats et d’autres otages pendant plus de 18 heures? Les Américains ont-ils eu des informations sur les comptes bancaires secrets suisses présumés des dirigeants politiques au Pakistan? Comment le gouvernement américain a-t-il évalué les implications stratégiques de l’engagement de la Chine au Baloutchistan?

Voici quelques-unes des questions qui restent sans réponse dans le trésor de câbles diplomatiques secrets américains consultés par Dawn sur WikiLeaks. L’absence de communications importantes qui traitent de ces questions brûlantes au Pakistan est étonnante, d’autant plus que les diplomates américains semblent avoir envoyé des informations volubiles à Washington sur un certain nombre de questions de moindre importance.

L’impact de la grippe aviaire sur l’industrie avicole du Pakistan et l’état de préparation du pays à lutter contre le virus, par exemple, ont fait l’objet spécifique de pas moins de huit câbles différents en 2007 et 2008.

En revanche, pas un seul câble – des presque 5000 ou environ traitant du Pakistan à la disposition de Dawn, la majorité d’entre eux à partir de 2005 – ne détaille la réaction ou l’évaluation des diplomates américains, que ce soit sur l’attaque du GHQ ou la spéculation autour des comptes bancaires off-shore des dirigeants actuels ou anciens du pays.

Les seules références au rôle de la Chine dans le développement du port de Gwadar et ses intérêts miniers à Saindak sont des informations disponibles publiquement ou, tout au plus, un reportage des craintes indiennes sur les intentions de la Chine.

Outre la possibilité très improbable que l’ambassade des États-Unis n’ait tout simplement pas fait de commentaires sur ces questions très discutées, il pourrait y avoir deux autres raisons probables pour que ces informations soient manquantes dans les Pakistan Papers. La première est qu’il y a encore des câbles liés au Pakistan dans les 250 000 surprenants documents obtenus à l’origine par WikiLeaks qui ne font pas partie des fichiers délivrés à Dawn. L’autre, plus probablement, est la possibilité que la communication sur ces questions a été classée comme « Top Secrète », une catégorie de documents avec un accès beaucoup plus restreint et que Wikileaks a été incapable d’obtenir.

Il convient de rappeler que la classification la plus secrète dans les câbles disponibles avec WikiLeaks est « Secret – NoForn », ce qui indique que les contenus des télégrammes secrets sont considérés comme trop sensibles pour être partagés, même avec d’autres organismes et des gouvernements étrangers considérés comme amis, mais qui reste encore au-dessous d’un classement « Top Secret ».

Accréditant cette dernière possibilité, que certains au moins des câbles sont dans une catégorie ultra-secrète, où se trouvent les documents qui évoquent l’affaire des négociations entre le Gén. Musharraf et feue Mme Bhutto qui a conduit à la promulgation de l’Ordonnance de Réconciliation Nationale (NRO). La première référence à des contacts informels entre l’ancien président et l’ancienne deux fois Premier ministre ne surgit, en passant, que dans un câble daté du 24 juillet 2007, où se discute le paysage politique fracturé du Pakistan conduisant aux élections présidentielles.

Dans ce câble, l’ambassadeur américain de l’époque, Anne W. Patterson, rapporte que « l’ancienne Premier ministre Benazir Bhutto a envoyé des représentants du PPP [Parti du Peuple Pakistanais] de bas niveau à l’APC [All Parties Conference], malgré sa présence à Londres, en raison de ses divergences persistantes avec l’alliance des partis religieux Muttahida Majlis-e-Amal (MMA) … le manque d’une pleine participation de Bhutto a signalé l’absence de pertinence de l’APC et confirmé les soupçons des autres partis de l’opposition au sujet des négociations informelles du PPP avec le président Musharraf ».

Il s’agit d’une référence plutôt tardive et faible à des développements qui auraient été, en apparence, d’un grand intérêt pour les Américains. Un câble plus tardif du 1er décembre 2007, rapporte que Mme Bhutto a confirmé à une délégation du Congrès américain que les négociations avec le Général Musharraf avaient, en effet, continué pour « 8-10 mois ». Divers autres câbles confirment que les discussions étaient à leur apogée pendant les mois d’été précédant immédiatement l’offre de réélection de l’ancien président en octobre. Cependant, les câbles diplomatiques américains accessibles par Dawn ne font souvent référence qu’aux « rumeurs de négociations, d’hébergements et de réconciliations » qui continuent à se propager, sans aucune curiosité apparente sur ce que l’affaire implique ou des détails d’initiés sur ses progrès.

Un câble daté du 28 août 2007, par exemple, signale simplement que le Gén. Musharraf « avait envoyé le Conseiller présidentiel Tariq Aziz et le secrétaire général présidentiel Hamid Javaid à Londres pour s’entretenir avec Bhutto cette semaine ». Un autre câble, en date du 6 septembre 2007, au sujet de la possible retombée politique concernant le retour de l’ancien premier ministre en exil Nawaz Sharif, fait référence à l' »accord tant attendu » entre le Gén. Musharraf et Benazir Bhutto.

« Nous croyons qu’une annonce publique d’un accord Musharraf-Bhutto serait un long chemin vers la diminution des inconvénients du retour de Nawaz et dégonflerait toute l’influence politique qu’il pourrait avoir », a écrit Mme Patterson dans un commentaire.

LIEN MANQUANT

Une preuve plus claire qu’il y avait beaucoup plus de choses au sujet de certains événements que ce que l’actuelle moisson de documents divulgue est à mis à disposition dans des références à des câbles manquants. Annonçant enfin la signature du Gén. Musharraf, du « contrat de réconciliation » avec le chef du PPP, le 5 oct. 2007 – un jour avant les élections présidentielles – l’Ambassadeur Patterson se réfère à un autre câble (numéro d’identification Islamabad4309) qui n’est pas disponible dans la collection WikiLeaks actuelle. Le même câble manquant est cité comme référence dans un autre envoi de rapports de la tentative de Mme Bhutto pour récupérer un siège à l’Assemblée nationale à son retour.

Une autre référence à un câble manquant est visible dans un communiqué parlant de l’impasse Indo-Pak au cours de la construction du barrage de Baglihar au Cachemire administré par l’Inde en 2005.

David Mulford, alors ambassadeur américain en Inde, dans un câble daté du 25 février 2005, a commenté le « pire des scénarios d’Islamabad », selon lequel les conflits de l’eau ont le « potentiel de détruire le processus de paix ou même de conduire à la guerre ». Cependant, le câble (numéro d’identification Islamabad2264) qui est référencé pour expliquer plus en détail ce commentaire, et qui élabore ostensiblement sur la question, ne peut pas être accessible à partir de la collection de câbles diplomatiques disponibles avec WikiLeaks.

Les questions peuvent légitimement être soulevées au sujet de ce qui est exactement contenu dans de telles communications pour qu’elles soient considérées comme un grand secret. La spéculation sur les intérêts américains au Pakistan, semble-t-il, est susceptible de continuer.

Câbles référencés: WikiLeaks # 27677, 116415, 120149, 121248, 124923, 132411.

Source: http://www.dawn.com/news/646391/what-the-wikileaks-cables-do-not-tell-us

 

Les Etats-Unis ont établi en 2010 un plan de communications pour influencer l’opinion publique au Pakistan

PublicIntelligence, 10 mai 2010

Bureau du Sous-Secrétaire d’État à la Diplomatie Publique et aux Affaires Publiques

(SBU) Plan de communications pour le Pakistan du Département d’Etat américain – Dossier

*SBU [Sensitive But Unclassified Information] désigne une Information Sensible mais Non-Classifiée.

Télécharger le PDF

Plan global pour la réalisation des objectifs stratégiques

Nous avons besoin d’un gouvernement compréhensible et coordonné: des communications larges et un effort d’engagement pour réaliser notre mission.

Pour réussir, nous devons:

1. Développer l’engagement des médias avec la sensibilisation régulière des représentants américains

2. Contrer les voix extrémistes qui recrutent, induisent en erreur, et exploitent

3. Renforcer les capacités de communication pour répondre aux besoins du peuple pakistanais

4. Renforcer les liens entre les personnes et construire la compréhension mutuelle

En résumé de l’histoire

Nous avons besoin d’une stratégie de messages construite sur…

la consistance (répétition)
la force (l’engagement)
les faits (mensonges anti-terroristes)
le respect (nous invitons au dialogue)
et
ce que nous avons en commun (le bénéfice pour les Pakistanais du partenariat américain)

  • Nous ne pouvons pas atteindre nos objectifs si le débat a seulement lieu entre les extrémistes et les États-Unis.
  • Nous devons travailler avec des partenaires pakistanais crédibles pour combiner de manière cohérente les paroles, les actes, et l’élargissement afin d’influencer positivement les attitudes populaires, les perceptions et les comportements.
  • Nous devons élargir notre dialogue et notre partenariat pour inclure les perspectives économiques, l’environnement, etc – des problèmes qui concernent les Pakistanais autant ou plus que le terrorisme.
  • Nous devons aussi dénigrer efficacement l’idéologie extrémiste, la propagande et les actions.
  • Le résultat doit être un récit réorienté: les extrémistes violents font obstacle – et le partenariat américain favorise – les aspirations pakistanaises.

« Le marché des divers médias est conduit par une pénétration de grande ampleur de la télé et des téléphones portables; la radio prolifère »

pakistanplan

– Les Pakistanais bénéficient d’un marché des médias diversifié
– La télévision est la première source d’information des Pakistanais
– La radio prolifère dans les zones rurales; la programmation en langage local a une crédibilité particulière
– La détention de téléphones portables est élevée, l’accès à Internet est minimal; aucun des deux n’est utilisé principalement pour recueillir des informations

« La pénétration des téléphones portables est élevée et continue d’augmenter »

pakistanplan1– Plus de la moitié des Pakistanais ont accès à un téléphone portable*
– 90% des Pakistanais vivent approximativement dans des zones couvertes pour les téléphones portables**
– Le Baloutchistan est la zone la moins desservie du Pakistan; seul un tiers de la population possède ici un téléphone portable. L’usage est de 35,4% à Sindh; approx. 44% dans le NWFP [North-West Frontier Province] ou Province à la Frontière Nord-Ouest, et l’Azad Cachemire, et le plus élevé à Pendjab avec 51,5%*
– Les services de base des données tels que les SMS, sont utilisés par 40,2% des utilisateurs avec un usage plus élevé dans les zones urbaines (45%) que dans les zones rurales (36,7%)*

« Les programmes et tactiques pour atteindre les objectifs stratégiques »

pakistanplan21. Plan d’engagement des médias au niveau national
2. Une équipe de réponse rapide
3. Une hotline multilingue 24h/7j
4. Un service de surveillance des médias
5. Sondages d’opinion
6. Des visites américaines pour les journalistes
7. L’engagement proactif des médias par des représentants américains
8. Une sensibilisation numérique en ourdou

Source: http://publicintelligence.net/sbu-u-s-state-department-pakistan-communications-plan-brief/

Les câbles Wikileaks confirment que les Etats-Unis et le Pakistan ont coordonné des attaques militaires contre les insurgés pakistanais

Les câbles Wikileaks confirment que le gouvernement du Pakistan a mené, en accord avec les Etats-Unis, une politique de répression contre des groupes présumés terroristes, en acceptant un financement américain de matériel militaire, et en autorisant notamment les survols et les tirs de drones américains sur le territoire pakistanais. La question est de savoir: comment un gouvernement qui se dit « indépendant » et se considère comme une « république » (le Pakistan) peut-il autoriser une force étrangère (les Etats-Unis) à bombarder son propre pays et à tuer des civils sur son propre territoire? C’est pourtant la triste réalité du 21ème siècle: quand un gouvernement tue et fait assassiner sa propre population, car les raids de l’armée visent aussi bien les terroristes que les civils, sans pour autant trouver de solution politique.

En témoignent les paroles du 1er ministre pakistanais, Youssuf Raza Gilani, dans un câble Wikileaks du 23 août 2008 (réf. 08ISLAMABAD2802):

« Beaucoup diront que nous avons passé un accord avec les Etats-Unis, mais je continue de comprendre que nous devons le faire. » (9.C)

« Je ne m’inquiète pas qu’ils le fassent, pour autant qu’ils attrapent les bonnes personnes. Nous protesterons à l’Assemblée Nationale, puis nous l’ignorerons. » (11.C)

Dans un autre câble daté du 9 octobre 2009 (réf. 09ISLAMABAD2449), on peut encore lire:

« L’Armée Pakistanaise vient juste pour la deuxième fois d’approuver le déploiement d’éléments des opérations spéciales des Etats-Unis pour soutenir les opérations militaires pakistanaises. »

Quelques jours avant cette décision d’approuver la présence d’éléments américains pour mener conjointement des opérations militaires, le Pakistan a demandé et reçu une aide de 300,000 $ des Etats-Unis, pour du matériel militaire destiné à la reconnaissance de nuit des cibles potentielles (réf. 09ISLAMABAD2380):

« Le Groupe des Services Spéciaux de l’Armée Pakistanaise (SSG) a demandé 25 appareils d’imagerie thermique (Renegade 320) pour ses unités à un coût de 300,000 dollars. » (2)

Justification pour la vente:

(SBU) Les opérations de contre-insurrection requièrent la capacité à conduire toute la gamme de la collecte de renseignements et des activités de combat 24 heures par jour, afin d’empêcher les militants ennemis de couvrir l’obscurité. » (3)

Considération sur les droits de l’homme:

(U) « Il n’y a pas de considérations relatives aux droits de l’homme qui exclueraient la livraison de NVD [Dispositifs de Vision de Nuit] à l’armée pakistanaise. » (8)

Dernièrement, en novembre 2013, deux chefs talibans ont été ciblés dans des attaques meurtrières, qui ne sont elles-mêmes que la continuation de cet accord passé entre les Etats-Unis et le Pakistan dans la lutte anti-terroriste.

Hakimullah MehsudLe 1er novembre 2013, les drones américains ont tué le chef des Talibans pakistanais, Hakimullah Mehsud, recherché notamment depuis l’attentat qui avait tué 7 militaires américains dans la province de Khost. La violence et les drones, c’est malheureusement la seule manière dont les Etats-Unis pensent résoudre le problème du terrorisme au Moyen-Orient. Or, on sait très bien que cela ne résout rien. Au contraire, à chaque assassinat, les Talibans choisissent un nouveau chef: « Hakimullah Mehsud enterré, les talibans choisissent un successeur », comme le titre le journal Le Monde. De plus, les combattants tués par les drones américains sont tous considérés comme des martyrs par la population et cela ne fait qu’accroître le sentiment anti-américain: « Hakimullah a été martyrisé« , témoigne un commandant taliban dans India Times, et comme on peut lire aussi dans l’article de Marie-France Calle, « Hakimullah Mehsud, ‘héros’ et ‘martyr’ au Pakistan« . Donc, le problème du terrorisme n’est en rien résolu. Les Etats-Unis jettent seulement de l’huile sur le feu en assassinant les talibans, car cela ne fait qu’augmenter leur motivation ainsi que la colère de la population contre leur gouvernement et contre l’armée américaine qui sont tous deux responsables de ces crimes.

Nasiruddin HaqqaniLe deuxième assassinat qui a visé un chef taliban est celui qui a eu lieu dimanche 10 novembre 2013 contre Nasiruddin Haqqani, fils de Jalaluddin Haqqani, le fondateur du réseau Haqqani, un réseau d’insurgés qui opéraient contre les forces de l’OTAN et des Etats-Unis sur la frontière afghano-pakistanaise. « Au moins quatre hommes armés ont ouvert le feu sur lui » a déclaré un représentant des Talibans à Miranshah. Les deux raisons invoquées de cet assassinat sont d’une part la responsabilité de Nasiruddin Haqqani dans le financement de cette organisation, et d’autre part, le fait qu’il était un soutien au chef taliban Hakimullah Mehsud, considéré par les Etats-Unis comme l’un des terroristes les plus recherchés. Même si la mort de Nasiruddin Haqqani n’a pas été revendiquée dans le cadre de la lutte anti-terroriste, on peut néanmoins considérer que cette mort est la résultante des accords communs passés entre les Etats-Unis et le Pakistan, comme ce fut le cas pour Hakimullah Mehsud: « Un cadavre fantôme, une police absente et des espions affairés: les suites de la mort au Pakistan de Nasiruddin Haqqani, figure des Talibans afghans, renforcent les forts soupçons de complicité d’Islamabad avec des groupes accusés de terrorisme« .

Sources de l’article:

http://www.wikileaks.org/plusd/cables/08ISLAMABAD2802_a.html

http://www.wikileaks.org/plusd/cables/09ISLAMABAD2449_a.html

http://www.wikileaks.org/plusd/cables/09ISLAMABAD2380_a.html

http://www.liberation.fr/monde/2013/11/11/pakistan-l-argentier-d-un-reseau-taliban-assassine_946139

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2013/11/11/pakistan-le-financier-du-reseau-haqqani-tue_3511815_3216.html

http://www.indiatimes.com/news/asia/us-drones-kill-pakistan-taliban-chief-hakimullah-mehsud-109826.html

http://blog.lefigaro.fr/inde/2013/11/hakimullah-heros-et-martyr-au.html

http://mediarabe.info/spip.php?breve20697

Ben Laden – Les habitants d’Abbottabad: « Tout est faux, rien ne s’est passé »

Oussama Ben Laden est officiellement mort le 2 mai 2011 dans une opération des forces spéciales américaines à Abbottabad contre la résidence où celui-ci avait trouvé refuge. Pour certains, la thèse officielle n’a pas suffisamment de preuves.

Dans un reportage de la BBC, Orla Guerin a interviewé des douzaines de personnes qui ont insisté en disant que Ben Laden n’a pas vécu dans le complexe, aucun d’eux n’ayant jamais été témoin de sa présence ou de rumeurs voulant qu’il ait été là pendant les 5 années où Obama a dit que Ben Laden était un résident de cette ville.

Voici ce que dit le reportage vidéo, publié le 9 mai 2011:

« Une image que la Maison Blanche veut que le monde voit: apparemment un Oussama Ben Laden décoiffé et affaibli qui se regarde lui-même à la télévision. La vidéo a été éditée par le Pentagone et publiée sans son audio. Il affirme que c’est l’une des 5 vidéos retrouvées dans le complexe de Ben Laden. L’image a été en première page des informations au Pakistan aujourd’hui, mais à Abbottabad, où il a rencontré sa mort, il y a beaucoup de scepticisme. »

[Le vendeur de journaux]: « Tout est faux, rien ne s’est passé » dit Mohammad, qui a vendu des journaux ici pendant 50 ans.

Shabeer dit que c’est un cas d’erreur et d’identité. Il affirme que l’homme sur la photo est son voisin.

[Un habitant]: « Son nom est Akhbar Han, il est propriétaire de la maison qu’ils prétendent avoir été celle de Ben Laden. Je le connais très bien. »

Si l’intention a été de prévenir des dangers, cela n’a pas marché ici.

[Un autre habitant]: « Cette photo n’est pas Oussama. »

[Un autre habitant]: « C’est très suspect et fait avec une technologie avancée. »

[Olga Guerin]: « Fait avec un ordinateur? »

[Réponse de l’habitant]: « Oui, fait avec un ordinateur. »

Après avoir maintenant parlé à plus de 50 personnes sur le marché, un seul croit que l’homme dans la vidéo qui regarde la télé était en effet Oussama Ben Laden. Les gens disent ici que les Américains n’ont rien prouvé du tout, ils n’ont pas montré le corps mort de Ben Laden. Beaucoup ne croient pas que le leader d’Al Qaïda vivait ici ou qu’il ait été tué ici.

Il n’est pas clair où et quand les vidéos ont été réalisées. Ce soir, le président Obama a dit que Ben Laden a dû avoir une sorte de réseau de soutien au Pakistan, peut-être impliquant des gens du gouvernement, et que cela doit faire l’objet d’une enquête.

Olga Guerin, BBC News, Abbottabad

Suite de l’enquête de la BBC sur « La mort de Ben Laden« , publiée le 16 janvier 2013:

Un rapport confidentiel du gouvernement pakistanais confirme que des douzaines d’enfants ont été tués par des drones US

Drone américain

Par Kevin Gosztola, le 22 juillet 2013

Une évaluation produite par le gouvernement pakistanais sur des douzaines de frappes de drones menées par la CIA qui ne devait pas être rendue publique l’est devenue. Le document démontre que des douzaines d’enfants ont été tués par des drones entre 2006 et 2009.

Le rapport intitulé, « Détails d’Attaques par les Forces/Predators de l’OTAN dans les FATA (Federally Administered Tribal Areas, Zones Tribales d’Administration Fédérale, ndt) a été « obtenu de trois sources différentes », selon The Bureau of Investigative Journalism (Bureau de Journalisme d’Investigation, TBIJ, ndt). Il couvre soixante-quinze frappes de drones qui ont eu lieu entre le 13 janvier 2006 et le 24 octobre 2009.

TBIJ précise:

Tiré de rapports de terrain établis par des officiels locaux des Zones Tribales d’Administration Fédérale pakistanaises, le document liste plus de 70 frappes de drones entre 2006 et fin 2009 et un petit nombre d’autres incidents tels que des attaques attribuées à l’OTAN sans certitude et des frappes de forces non-spécifiées.

Sur 746 personnes listées comme tuées lors des frappes de drones, au moins 147 d’entre elles sont clairement définies par le rapport dévoilé comme étant de victimes civiles. Quelques 94 d’entre elles sont dites être des enfants.

Le document omet également de mentionner les détails concernant un certain nombre de commandants militaires gradés, connus pour être morts lors des frappes.

Une fois de plus, voici un exemple de comment une fuite peut avoir une immense valeur pour la compréhension du public vis-à-vis des opérations gouvernementales.

Les USA, comme le souligne avec justesse TBIJ,

Les chiffres enregistrés sont beaucoup plus élevés que ceux fournis par l’administration US, qui continue d’insister que pas plus de 50 ou 60 « non-combattants » ont été tués par la CIA au cours des neuf années de bombardements au Pakistan. Le nouveau directeur de la CIA John Brennan a décrit les allégations allant dans le sens contraire comme de « fausses interprétations intentionnelles ».

Pendant un temps de discussion sur Google+ le 30 janvier 2012, le président Barack Obama a affirmé que le gouvernement n’avait entrepris que des frappes « de précision » contre al-Qaeda et ses affiliés. Il a dit qu’il y avait une « perception » que les USA s’engageaient dans des volées de frappes « au petit bonheur » alors que ce qui se passait était un « effort ciblé » pour atteindre des personnes sur une liste, qui veulent frapper les Américains et les équipements américains.

Obama a aussi dit, selon un rapport de septembre 2012 du Center for Civilians in Conflict (Centre pour les Civils en Conflit, ndt):

Comme proposition générale… Je veux être sûr que les gens comprennent qu’en fait, les drones n’ont pas causé un grand nombre de victimes civiles. Pour la plupart, les frappes ont été des frappes précises, de précision contre al-Qaeda et leurs affiliés et nous faisons très attention à la manière dont elles sont accomplies.

Enfants tués au Pakistan par les drones américains

Par ailleurs, en 2009, Leon Panetta, alors directeur de la CIA et actuel ministre de la défense, a dit que les frappes aériennes au Pakistan étaient « très limitées en termes de dommages collatéraux ».

Voici les remarques de Brennan (John Brennan, actuel directeur de la CIA, ndt), au long de 2011:

Janvier 2011: Selon un officiel anonyme, « depuis que le programme des drones a été accéléré à la mi-août [nous] avons tué plusieurs centaines de militants sans causer de morts parmi les civils non-combattants. »

Février 2011: Selon un officiel anonyme, aucun civil n’a été tué en plus de 75 frappes dans les zones tribales du Pakistan depuis le 22 août 2010.

Juin 2011: Le conseiller au contre-terrorisme John Brennan a dit que « en presque un an il n’y a pas eu une seule mort en dommage collatéral à cause de l’efficacité exceptionnelle et de la précision des capacités que nous avons pu développer. »

Août 2011: Brennan a déclaré: « Heureusement, depuis plus d’un an, grâce à notre discrétion et à notre précision, le gouvernement US n’a pas trouvé de preuves crédibles de morts collatérales résultant d’opérations de contre-terrorisme US à l’extérieur de l’Afghanistan ou de l’Irak, et nous allons continuer à faire de notre mieux pour que cela reste ainsi. »

Ceci, comme l’a expliqué le Centre, a « mené à la stigmatisation des civils ciblés par erreur, » et que la « précision vantée des drones peut vouloir dire que des victimes civiles de frappes de drones sont présumées être en connexion avec la militance par leur communauté. Les victimes portent le double poids de faire face aux attaques physiques et aussi de laver leur nom. »

Le même rapport a ensuite ajouté, « Plus étonnant, les officiels US ont estimé en juin 2010 que les frappes de drones avaient causé 50 victimes civiles à cette date, mais ont révisé leur estimation six mois plus tard à 30 victimes. »

Des remarques mentionnées précédemment et le secret se sont combinés pour faire accroire qu’il n’y a pas de raison pour que les organisations des droits de l’homme soient concernées. Naureen Shah, Conseillère en Défense des Intérêts chez Amnesty International USA, a commenté, « Plus de quatre mille personnes ont été tuées lors de frappes de drones, mais pour la plupart d’entre eux les USA sont restés silencieux sur leurs identités exactes. Le gouvernement US devrait enquêter toutes allégation crédible de morts illégitimes et rendre publics ses propres chiffres sur les victimes. » (Shah a travaillé sur le rapport du Center for Civilians in Conflict)

Le gouvernement du Pakistan a réclamé que les USA cessent les frappes de drones, mais l’administration Obama a témoigné une indifférence ininterrompue face à cette requête, qui a été faite à plusieurs reprises.

Une haute cour du Pakistan avait auparavant statué que les frappes de drones en cours au Pakistan étaient « absolument illégales » et constituaient des « crimes de guerre ». Elle a trouvé que « des dommages considérables à des biens, à du bétail, à la vie sauvage & le meurtre de bébés/nourrissons, de femmes et d’enfants pré-adolescents » étaient un « crime impardonnable de la part des autorités US y compris la CIA. »

Consulter l’intégralité du rapport secret du gouvernement pakistanais: http://www.thebureauinvestigates.com/2013/07/22/get-the-data-the-pakistan-governments-secret-document/

Source: http://dissenter.firedoglake.com/2013/07/22/leaked-pakistan-government-report-indicates-dozens-of-children-have-been-killed-by-us-drones/

Traduction française par WillSummer: http://globalepresse.com/2013/07/24/un-rapport-confidentiel-du-gouvernement-pakistanais-confirme-que-des-douzaines-denfants-ont-ete-tues-par-des-drones-us/

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