Européennes 2014: Les affiches du Parti Pirate lancent l’assaut contre la surveillance de masse

Une bonne nouvelle pour les élections européennes 2014, c’est qu’un parti politique – pointant timidement le bout du nez au niveau des médias – est bien décidé à défendre nos droits à la vie privée et à le faire tout en humour: le Parti Pirate propose en effet plusieurs affiches, dont une en particulier sur le thème de la NSA qui a retenu notre attention sur Twitter et une autre concernant la vidéo-surveillance, deux sujets destinés à sensibiliser les électeurs sur les atteintes à la vie privée et le besoin d’un engagement concret au niveau des partis politiques en France et ailleurs en Europe. Le Parti Pirate est l’un des partis politiques qui montre pour le moment le plus d’originalité à ce sujet et qui n’a pas eu peur de défier le cyber-monstre de la surveillance!

La NSA sait déjà que vous allez voter pour nous-affiche Parti PirateAffiche du Parti Pirate pour les Européennes 2014, mise en ligne sur le blog de campagne.

Voilà ce que nous explique Clément, membre du Parti Pirate, au sujet de cette affiche:

« Issue d’une initiative de la liste SO Pirate, candidat dans les circonscriptions Sud Ouest et Nord Ouest pour le Parti Pirate aux élections européennes 2014, l’affiche dénonce de manière humoristique l’intrusion scandaleuse dans nos vies privées que représentent les « écoutes » de la NSA. La technologie doit garantir le respect des droits fondamentaux et notamment de la vie privée et nous combattrons toute dérive de ces principes. »  Ce slogan, comme le souligne un autre membre du Parti Pirate, « vient de la section Midi-Pyrénées, mais a été repris au niveau national ».

Cette affiche représente l’une des préoccupations majeures du Parti Pirate, à savoir la défense de la vie privée et le respect des droits de l’homme dans un monde où le numérique a pris une place prépondérante qui nécessite une nouvelle réflexion sur les enjeux d’Internet et de toutes les activités qui y sont liées. « La technologie doit garantir le respect des droits fondamentaux et notamment de la vie privée », peut-on lire en slogan au bas des affiches. Ces mêmes préoccupations se retrouvent aussi dans le programme du Parti Pirate, dans le chapitre sur la vie privée. La technologie ne doit pas opprimer les individus, mais au contraire continuer dans ses premiers objectifs qui ont toujours été de faire progresser l’humanité et d’amener les sociétés vers plus de démocratie.

Le récent scandale de la NSA nous montre que ces droits sont loin d’être respectés, y compris dans nos démocraties en Occident. Le Parti Pirate nous propose donc à travers ces affiches une prise de conscience sur des sujets qui ont été trop longtemps occultés par nos gouvernements et qui aujourd’hui posent de vrais problèmes de droit à la vie privée, de liberté d’expression et de transparence dans nos sociétés. C’est pourquoi: « Le 25 mai, votons Pirate! »

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Voir toutes les affiches sur le blog du Parti Pirate Sud-Ouest: www.so-pirate.eu/blog/nos-affiches

Lire le Programme Commun des Partis Pirates Européens pour les Elections du Parlement Européen en mai 2014 (CEEP): www.partipirate.org/spip.php?article488

NSA, Google, Microsoft-affiche Parti PirateAffiche du Parti Pirate pour les Européennes 2014, postée sur Twitter: « All your database are belong to us », expression qui signifie « Toutes vos données nous appartiennent ».

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Le Parti Pirate Européen, un espoir pour défendre les libertés Internet?

Parti Pirate-FRLe Parti Pirate a annoncé via un communiqué de presse la célébration, ce vendredi 21 mars, à Bruxelles, de la création d’un Parti Pirate Européen (PPEU). Le but de la création de ce parti européen sera de défendre toutes les « questions cruciales pour nos démocraties », comme l’ont déjà fait les Partis Pirates dans différents pays, en soutenant les lanceurs d’alerte, en défendant le droit à la vie privée sur Internet, mais aussi en militant pour la transparence politique et le progrès de la démocratie.

Le Parti Pirate s’est mobilisé, ces dernières années, contre des lois comme Acta, et plus récemment, avec le scandale d’espionnage de la NSA, a pris position contre la surveillance de masse, ou s’est encore exprimé sur la LPM votée en France par le gouvernement, une loi qui menace aussi les libertés Internet.

Voir le communiqué: http://www.partipirate.org/spip.php?article478

Le Parti Pirate dénonce la légalisation de la surveillance généralisée et appelle à réagir

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Jérôme Leignadier-Paradon, Léguman, nalaf, OlivierSB

Le Parti Pirate s’inquiète fortement de l’adoption mardi 10 décembre par le Sénat de la loi de programmation militaire et en particulier des articles 13 et suivants, relatifs à la surveillance. Il appelle à manifester samedi 21 décembre à 15h place de la République à Paris pour dénoncer les dérives des démocraties et honorer les lanceurs d’alertes et tous celles et ceux qui résistent.

« Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir. […] Tout serait perdu, si le même homme, ou le même corps des principaux, ou des nobles, ou du peuple, exerçaient ces trois pouvoirs: celui de faire des lois, celui d’exécuter les résolutions publiques, et celui de juger les crimes ou les différends des particuliers. » Montesquieu, L’Esprit des Lois.

La loi de programmation militaire contient en effet pour nous Pirates une atteinte grave aux libertés individuelles en France, qui n’est pas sans rappeler les mesures « d’exceptions » votées aux États-Unis qui durent depuis plus de douze ans. Elle élargit sensiblement les pouvoirs des services de renseignement en omettant sciemment toute garantie démocratique et juridique.

En effet, les administrations pourront désormais surveiller n’importe qui sans autre prétexte qu’une vague suspicion de délit, se permettant ainsi d’écouter les conversations, de surveiller les déplacements et de manière générale, d’épier et d’enregistrer sans limite nos moindres mots, faits et gestes sans même la consultation d’un magistrat. Délibérément flou, ce texte permet au gouvernement de placer tout citoyen dans un état de surveillance permanent.

Cette loi s’inscrit dans la continuité des lois LOPPSI, grâce auxquelles l’État a pu mettre en place en France, de vastes réseaux de vidéosurveillance dont de récentes affaires nous ont largement démontré l’inutilité en matière de sécurité du public.

Ainsi, sacrifiant les libertés individuelles sur l’autel de la paranoïa sécuritaire, le gouvernement français suspecte les citoyens qu’il a le devoir de protéger. Cette loi en rend caduque une autre qui, pourtant, a été si fondamentale qu’elle est longtemps aller « sans dire »: Article 9 du code civil: « Chacun a droit au respect de sa vie privée. »

Voir en ligne: appel à la manifestation

Source: http://www.partipirate.org/spip.php?article433

cp loi de programmation militaire (pdf)

Appel du Parti Pirate: Rassemblement pour la protection d’Edward Snowden et des lanceurs d’alerte

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Edward Snowden n’est pas le premier qui, écoeuré par les dérives des institutions chargées de protéger les citoyens, s’engage au péril de sa vie, à dénoncer le pouvoir excessif conféré aux services de renseignements.

Les sentinelles que sont les lanceurs d’alerte méritent d’être protégés par la loi. L’enjeu est démocratique.

La solidarité avec les lanceurs d’alerte doit s’exprimer par une forte mobilisation à travers le monde afin qu’ils obtiennent protection.

Dimanche 7 juillet 2013 à 14 heures, rendez-vous au Parvis des droits de l’homme ou esplanade du Trocadéro (lieu du rdv).

Venez avec un masque de Edward Snowden à imprimer puis à découper, en solidarité avec le lanceur d’alerte américain.

Nous contacter : contact [at] idf.partipirate.org

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Source: https://idf.partipirate.org/2013/07/rassemblement-pour-la-protection-edward-snowden-lanceur-alerte/

Communiqué de presse: Les Partis Pirates s’engagent contre « PRISM »

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Paris, le 24 Juin 2013

Communiqué de Presse

Parti Pirate France

& Partis Pirates Européens

Les Partis Pirates s’engagent contre « PRISM »

Nous sommes consternés de découvrir une surveillance sans précédent des utilisateurs d’Internet de par le monde via PRISM et d’autres programmes du même ordre. Des capacités de surveillance globale de telles sortes — tout particulièrement lorsqu’elles sont mises en œuvre sans accord des citoyens — sont une atteinte sérieuse aux Droits de l’Homme, à la liberté d’expression ainsi qu’à la vie privée, tous trois éléments fondateurs de nos démocraties.

Nous applaudissons Edward Snowden pour ses actions de dénonciation. Quand un gouvernement est réellement élu par le peuple et pour le peuple, on ne peut considérer comme un crime de diffuser des informations sur le but et l’étendue des actions que ce gouvernement engage au nom de ses citoyens dans l’objectif revendiqué de les protéger. Les Partis Pirates estiment qu’un gouvernement dit « représentatif » dans une démocratie se doit de reposer réellement sur le consentement de son peuple. Cependant un tel consentement ne peut exister lorsque les citoyens ne sont pas complètement informés.

Nous Pirates, notons avec inquiétude l’absence totale de considération que le gouvernement américain montre pour les droits des citoyens européens et plus généralement, envers tout citoyen du monde utilisant les services de communication et les infrastructures relevant du droit Etats-Unien. Nous notons également l’effet négatif sur ses alliés, sur la souveraineté des pays concernés et la compétitivité de leurs entreprises.

L’Europe se doit de répondre à ces présentes révélations avec toute la détermination nécessaire. À la lumière de ces informations, il devient nécessaire pour l’Union Européenne de ne pas rester complice de ces abus de pouvoir aux lourdes répercussions et de s’élever au rang de pionner dans les domaines des droits numériques, de la protection de la vie privée, de la transparence gouvernementale et de la protection des lanceurs d’alertes.

Nous Pirates, demandons :

1. Asile et Protection aux lanceurs d’alertes

Le gouvernement des États-Unis d’Amérique a démontré – dans le cas de Bradley Manning et d’autres avant lui – que son traitement des lanceurs d’alertes est une cause de préoccupation grave pour sa démocratie. De même l’étiquetage public d’Edward Snowden comme un « traître » par différents responsables devant les médias crée un climat dans lequel il ne peut espérer avoir droit à procès équitable. Nous déplorons qu’il puisse être sujet de persécutions pour sa politique de gouvernement transparent (Open Government) et encours probablement à son tour des peines ou traitements inhumains et/ou dégradants, incluant la menace d’un éventuelle peine de mort.

Aussi, nous demandons à tous les gouvernements d’Europe de traiter avec bienveillance les demandes d’asile politique ou le statut de protection subsidiaires de M. Edward Snowden et d’autres présents et futurs lanceurs d’alertes en faisant avancer avec la diligence nécessaire leurs requêtes.

2. L’ouverture des faits

Les Partis Pirates estiment qu’il est inacceptable que des programmes secrets de surveillance contournent toute procédure démocratique et empêchent l’engagement critique et rationnel indispensable aux citoyens pour déterminer si une action de leur gouvernement élu est justifiée ou non. Aussi, nous appelons le Parlement Européen à constituer un comité d’investigation, en accord avec l’article 185 de ses règles de procédure afin d’établir et publier les faits suivants :

  • Quelles sont les véritables capacités de PRISM ?
  • Quels sont les flux de données et les sources qu’il utilise ?
  • Quels corps administratifs de l’Union Européenne et de ses états membres ont eu connaissance ou accès à PRISM, aux programmes similaires et/ou à des données issues de ces derniers ?
  • À quel point la Charte des Droits Fondamentaux, la Directive 95/46/CE sur la protection des données personnelles, la Directive du 12 juillet 2002 sur la protection de la vie privée dans le secteur des communications électroniques ou d’autres lois européennes ont-elles été violées ?

Nous Pirates, adressons cet appel à tous les parlements nationaux – afin de déterminer si les constitutions nationales, les lois de protection des données et les lois d’espionnage ont été ou non délibérément transgressées.

3. Une meilleure protection des données européennes

La proposition de loi General Data Protection Regulation en cours d’examen doit être renforcée afin d’assurer une protection plus large et plus profonde des données privées et professionnelles. Aux efforts de lobbying des intérêts privés, nous nous devons d’opposer celui de tous les citoyens de l’Union.

En particulier, les données des Européens ne doivent pas être sciemment remises aux services d’espionnage des États-Unis d’Amérique. L’article 42 issu de la première fuite de proposition de loi, qui portait sur les mesures de protection des lois extra territoriales de pays tiers comme le « Patriot Act » ou encore le « Foreign Intelligence Surveillance Act » (FISA) des États-Unis doit être réintroduit. Il posait des barrières aux autorités étrangères lors de l’accès aux données européennes. Les méta données ainsi que les pseudonymes doivent également être protégés.

D’après les principes de la « Sphère de sécurité » (Safe Harbor) relatifs à la protection de la vie privée, les entreprises américaines se doivent informer leurs clients lorsqu’elles permettent à des tiers d’accéder à leurs données. Il est manifeste que les entreprises associées au programme PRISM ont effectivement violé ces dispositions. En conséquence, les Partis Pirates estiment que l’Union Européenne doit révoquer son accord à ces principes (décision n°2000/520/EC de la Commission), de telle sorte que les entreprises concernées soient immédiatement soumises au droit européen en cas de manquement. Les Pirates demandent à ce que la « Sphère de sécurité » puissent : soit être renégociée en intégrant des mesures de protection plus efficaces et davantage de moyens de recours, soit être remplacée par un nouvel accord international sur la protection des données, basé par exemple sur la proposition de loi « General Data Protection Regulation » (GDPR).

4. Un traité international sur la Liberté sur Internet

Pour assurer qu’Internet reste une force d’autonomisation et de démocratisation plutôt que continuer à être utilisé comme un outil limitant et réduisant la démocratie et la liberté individuelle, les Partis Pirates d’Europe estiment que l’Union Européenne pourrait et devrait être le fer de lance d’un traité international sur la Liberté sur Internet. Un tel traité permettrait de protéger fortement la confidentialité des communications, la liberté d’expression et l’accès à l’information (en particulier ce qui touche à l’Internet) ainsi que la neutralité du net.

5. Le financement de logiciels respectueux de la vie privée

Afin de constituer une nouvelle ligne de défense de la vie privée, les utilisateurs doivent pouvoir choisir des logiciels et services qui respectent vraiment leur vie privée. De tels logiciels devraient garantir l’anonymat de leurs utilisateurs, offrir un système fort de chiffrement de bout-en-bout, des architectures pair-à-pair (peer-to-peer), la possibilité d’héberger soi-même ses données, un code source visible de tous…

Les Partis Pirates se réjouissent de constater que « protéger la vie privée et la liberté des internautes » fait partie des propositions soumises en ce moment au programme Horizon 2020. Nous demandons à l’Union Européenne :

  • d’une part d’allouer une part bien plus significative des fonds de recherche à la diversification de l’offre logicielle plutôt qu’aux projets ayant le but contraire comme par exemple ceux visant le développement des outils de surveillance et d’exploration des données.
  • d’autre part de rejeter fermement des propositions dont le but explicite est la surveillance aveugle et généralisée des citoyens de l’Union ne se basant sur aucune suspicion fondée.

6. La prévention contre un PRISM Européen

Nous Pirates Européens, proposons des moyens législatifs visant à renforcer la défense contre les organismes similaires à travers toute l’Europe.

Les écoutes directes des agences gouvernementales des communications au cœur du réseau Internet — comme celles ayant été reportées comme installées par la « National Security Agency » (NSA) dans le cadre du programme BLARNEY — doivent être explicitement déclarées hors-la-loi. De telles écoutes autorisent le stockage et l’analyse de données de toutes les communications ayant lieu sur Internet, outrepassant toutes les procédures et contrôles existantes. Ces écoutes mettent ainsi en péril la confidentialité de toutes données et la vie privée de tout un chacun. Porter atteinte à l’intégrité du réseau d’une manière aussi révoltante empêche toute confiance et prive les citoyens et internautes européens de tous les points positifs que l’on peut y trouver.

Les Pirates renouvellent donc leur appel pour la révocation de la directive sur la conservation des données. Les juridictions constitutionnelles tchèque, serbe et roumaine ont explicitement conclu que la collecte à grande échelle et sans suspicion de données personnelles constituait une violation fondamentale des droits de l’homme. Par la collecte généralisée de grandes quantités de données sans l’accord d’un tribunal, les programmes de conservation de données permettent à quelque pouvoir exécutif de largement outrepasser ses attributions au travers de plates-formes telles que PRISM, menaçant du même coup la séparation des pouvoirs entre exécutif, législatif et judiciaire, ce qui n’est rien de moins que le fondement même de nos Démocraties.

Le Parti Pirate

A propos du Parti Pirate

Le Parti Pirate (PP ou PP-FR) est un mouvement politique créé en France en 2006 et enregistré comme parti politique depuis 2011. Les Pirates défendent les droits et libertés fondamentaux, la transparence des institutions publiques, libèrent l’accès à la culture et au savoir, luttent contre les monopoles privés et le système des brevets. Les Partis Pirates de l’Union travaillent à un programme politique commun pour les élections Européennes de 2014 ainsi qu’à la constitution d’un Parti Pirate Européen. Le siège du Parti Pirate Français se trouve 21 place de la République, 75003 Paris.

Nous connaître : www.partipirate.org _ contact@partipirate.org

Nous suivre : https://www.facebook.com/partipiratefr _ https://twitter.com/PartiPirate

Retrouvez nos précédents communiqués sur cette page : http://lists.partipirate.org/pipermail/communiques-presse/

Pour nous contacter :

Jean-Paul TRUXILLO « TXO » _ txo@partipirate.org _ + 33 (0)1 42 77 68 11

Yohan AGLAE « MindHack » _ mindhack@partipirate.org _ + 33 (0)7 81 07 02 47

Le Parti Pirate est un parti politique constitué sous la forme d’une association loi 1901 dont le siège social est au 21 place de la République, 75003 Paris, France.

Source: http://www.partipirate.org/spip.php?article360

Le Parlement Européen réprimande Visa, Mastercard et Paypal pour avoir supprimé les donations à WikiLeaks: Il enclenche un processus de réglementation

Aujourd’hui, le Parlement Européen a ordonné une nouvelle législation pour réguler la possibilité des compagnies de cartes de crédit de refuser le service. Cette régulation vient à la suite de la coupure unilatérale et illégale des donations à WikiLeaks, tout comme des attaques similaires sur de petits entrepreneurs. Le Parti Pirate a pris l’initiative de cette nouvelle réglementation.

Que Visa, MasterCard et PayPal contrôlent la vanne de tout le flux monétaire de la planète est devenu un problème grandissant. Aujourd’hui, le Parlement Européen a clairement qualifié cela de problème, et a engagé un processus de régulation de ces compagnies en limitant et réglementant strictement leur droit de refuser le service. Le Parti Pirate a été l’initiateur de cette réglementation, suite à la coupure préjudiciable des donations à WikiLeaks, après que ladite organisation ait exercé un journalisme qui a embarrassé certains gouvernements.

Dans la semaine qui a conduit à l’engagement de cette régulation, des banques en Suède ont été surprises à discriminer arbitrairement des propriétaires d’entreprises parfaitement légales, qui vendaient (selon elles) des « produits qui posent problème» tels que des films d’horreur, des films comportant des scènes de nu, ou des sextoys ; pendant ce temps, ces mêmes banques faisaient transiter des actions de grandes entreprises sous le coup d’investigations pour génocide. Quand elles ont été questionnées à ce sujet, les banques se sont référées à de vagues règles de Visa et MasterCard – qui sont apparemment en position de faire fermer toute entreprise ou organisation qui ne leur convient pas sur la planète pour n’importe quelle raison. C’est un problème grave, et évident.

Le Parlement Européen a adopté la motion suivante aujourd’hui, dans le cadre d’un rapport plus large, demandant qu’une législation soit rédigée sur ce sujet, avec ce texte crucial inséré par l’Eurodéputé Pirate Christian Engström :

32. [Le Parlement Européen] Considère qu’il y a probablement un nombre croissant d’entreprises Européennes dont les activités sont effectivement dépendantes de leur capacité à accepter des paiements par carte bancaire ; il considère qu’il est d’intérêt public de définir des règles objectives encadrant les circonstances et procédures par lesquelles les groupements de cartes de crédits peuvent unilatéralement refuser leur acceptation.

Bien que cela puisse paraître un vague langage politique, c’est une demande claire pour la rédaction d’une réglementation sur le sujet, qui peut éventuellement déboucher sur un vote.

L’initiateur de cette partie du texte, l’Eurodéputé Christian Engström du Parti Pirate, commente dans un communiqué de Presse :

« Il n’est pas raisonnable que Visa, MasterCard et PayPal puissent empêcher des entrepreneurs Suédois de procéder à du commerce en ligne du fait qu’ils vendent des films d’horreur ou des sex toys, juste parce que les fournisseurs de mode de paiement sont effrayés par un moralisme fondamentaliste Américain. » dit Christian Engström, membre du Parlement Européen pour le Parti Pirate.

« Un autre exemple est quand Visa, MasterCard et PayPal ont bloqué les donations à WikiLeaks. C’est arrivé sans aucune base légale et doit être regardé comme une aide des trois compagnies au gouvernement Américain pour faire taire une voix qui ne leur convenait pas. Il est inacceptable que des entreprises privées aient ce genre de pouvoir sur la liberté d’expression. » dit Engström.

Lien article original: http://falkvinge.net/2012/11/20/europarliament-scolds-visa-mastercard-paypal-for-killing-wikileaks-donations-initiates-regulation/

Lien forum: http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,16123.0.html

Blog du Parti Pirate: Anonymous, WikiLeaks et la campagne présidentielle américaine

Le 3 octobre, WikiLeaks a publié dans un nouveau communiqué une vidéo appelant à voter WikiLeaks, dans le cadre des élections américaines:

http://wikileaks.org/donate2012/

On y voit Obama soutenu par une foule qui acclame son nom, mais en retrait, on entend les paroles de Julian Assange qui contredisent les images et leur donnent un autre sens, un sens engagé et militant, notamment à travers des questions comme:

  • « Peut-on commencer des guerres dans des pays lointains sans l’autorisation du Congrès ? » (référence aux guerres en Irak et en Afghanistan)
  • « peut-on déclarer le monde entier en incluant son propre pays comme un champ de bataille où des citoyens peuvent être détenus sans aucune charge sous la loi militaire ? » – c’est le cas de Bradley Manning
  • et aussi concernant la crise financière de Wall Street, « peut-on transférer des milliards de dollars d’Américains qui travaillent dur pour les donner à nos amis de Wall Street en échange de promesses de financement de campagne ? »

Si les Anonymous ont regretté que la vidéo soit « imposée » comme un paywall sur le site de WikiLeaks (voir le compte Twitter @YourAnonNews) – mais le paywall a depuis été enlevé – on oublie surtout le sens de cette vidéo. Cette vidéo invitait, en effet, à faire réfléchir le visiteur du site et le citoyen potentiel, et en particulier le citoyen américain.

Même s’il est enlisé dans des difficultés financières, le but de WikiLeaks n’était pas d’imposer un don, mais surtout d’inviter les gens à regarder la vidéo et à écouter son message. Comme dans la ligne du communiqué de presse, il n’y a pas de parti pris pour un candidat, Obama ou Romney. Mais en se mettant à distance des élections, comme le font les mouvements Occupy et les Indignés, il s’agit avant tout de dire que les guerres risquent de continuer, quel que soit le candidat élu. WikiLeaks lance un constat d’échec de la politique actuelle. Aujourd’hui, le système politique s’appuie sur la finance internationale et des lobbys puissants qui provoquent des guerres et des crises politiques, et ils s’enrichissent au détriment du citoyen.

Le message était avant tout celui-ci : si nous continuons à voter pour des candidats qui nous promettent la paix, la stabilité économique et la justice, mais par derrière ne tiennent pas leurs promesses, WikiLeaks a, en effet, bien soulevé une question importante du monde politique actuel. Et ceci d’autant plus que la situation des droits de l’homme aux États-Unis est beaucoup plus inquiétante qu’en Europe, par exemple, avec les cas de torture dénoncés à Guantanamo, mais aussi la torture de citoyens américains, comme c’est le cas de Bradley Manning qui n’a pas encore été jugé.

La question est surtout de savoir à quoi ressemblera le monde de demain et si nos pays veulent suivre ce modèle des États-Unis qui sont en train d’imposer un retour en arrière sur les acquis des droits de l’homme et de liberté d’expression. Qui plus est, ce que l’on ne sait pas toujours en tant qu’européen, c’est que les États-Unis ont des accords d’extradition avec des pays comme le Royaume-Uni et l’Australie, et c’est aussi pourquoi la vidéo de WikiLeaks a un sens. Car, en effet, pour le monde anglophone, les citoyens américains, australiens et britanniques, ont déjà subi des atteintes aux droits de l’homme. La Suède est aussi concernée. Si, un jour, des accords d’extradition sont instaurés entre la France et les États-Unis, au nom du terrorisme, alors notre propre pays pourrait basculer dans la même angoisse que les citoyens américains. Aux États-Unis, de simples hackers, comme Jeremy Hammond, sont emprisonnés et reconnus comme de potentiels terroristes et ennemis de la nation. Les enjeux évoqués dans cette vidéo sont ceux du présent, mais aussi ceux du futur, un futur qui est global et qui se pose pour tous les pays du monde.

Alors, si l’on pouvait effectivement « voter WikiLeaks », ce serait peut-être simplement voter pour ceux qui, sans avoir jamais fait de promesses électorales, ont néanmoins défendu nos libertés et nos droits humains, sans attendre de reconnaissance en retour et sans attendre de récompense autre que celle d’avoir dit la vérité.

16 octobre 2012, CC-BY

Source: https://www.partipirate.org/spip.php?article198

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