Les musulmans qui s’engagent dans le terrorisme islamiste sont comparables à des victimes de mind-control

mind_wikiLe mind-control, ou contrôle de la pensée, « est une théorie scientifique controversée selon laquelle les sujets humains peuvent être endoctrinés d’une manière qui cause « une altération de l’autonomie, une incapacité à penser indépendamment, et une perturbation des croyances et des affiliations. Dans ce contexte, le lavage de cerveau se réfère à la rééducation involontaire des croyances et des valeurs fondamentales » (wikipedia). Parler de mind-control dans le cas du terrorisme est tout à fait justifié, puisque l’individu qui commet un acte terroriste a toujours été victime d’un endoctrinement préalable qui le conduit à « une altération de l’autonomie, une incapacité à penser indépendamment » et que, dans d’autre cas, cet individu a aussi subi des tortures physiques ou psychiques pour accomplir un acte terroriste, ou même reçu des drogues qui ont « pour effet de limiter les capacités cognitives et discriminantes du sujet » (wikipedia). Le documentaire de Michael Tsarion évoque le mind-control comme remontant à des époques anciennes, comme la secte des Assassins qui, selon lui, est un culte basé sur l’utilisation du haschisch qui faisait disparaître chez les combattants tout sentiment de peur face à la mort.

Dans le phénomène du terrorisme radical, pour en revenir à l’époque moderne et à ce qui a pu être expérimenté par certains régimes totalitaires à partir du 20ème siècle, on retrouve dans le terrorisme actuel les mêmes techniques employées par les programmes secrets de mind-control, notamment le lavage de cerveau, la propagande, la torture et l’utilisation des drogues.

  • Pour ce qui est du lavage de cerveau, dont le but est « de supprimer la capacité d’analyse » (wikipedia), il apparaît évident à travers l’endoctrinement des individus. L’endoctrinement peut être rendu possible par le contact avec des recruteurs jihadistes, comme cela a été révélé dans les médias pour certains auteurs d’attentats, mais cela peut être aussi rendu possible à travers un endoctrinement des enfants et des adolescents, par exemple dans des écoles coraniques. En septembre 2016, on découvre qu’une mosquée en France « abritait en toute illégalité une école coranique » où « il y avait des risques d’endoctrinement » (FranceTVinfo). Mais la situation est bien plus dangereuse dans d’autres pays. On apprend, par exemple, au Pakistan, l’existence d’une école coranique où « la moitié des ministres et des commandants talibans ont été ses élèves » (Courrier Int., 01/10/2003). L’article n’est pas tout récent, mais cela montre bien les dangers et l’étendue que peut prendre l’endoctrinement, un endoctrinement fondé sur la propagande, comme dans le cas des enfants utilisés comme « bourreaux » par l’Etat Islamique (L’Express, 17/05/2016).
  • Pour ce qui est de la propagande, le terrorisme y a recours dans une même perspective de contrôle de l’esprit, ou mind-control, mais dans une dimension plus collective. Alors que l’endoctrinement vise des individus, la propagande s’adresse à des populations entières « en influençant et en modifiant l’attitude d’une population à l’égard d’une cause, d’une position ou d’un agenda politique précis » (wikipedia). Il peut y avoir un objectif de semer la peur au sein d’une population, ou bien un objectif de recrutement en incitant de jeunes européens à rejoindre les rangs de l’EI, en utilisant « des codes familiers aux Occidentaux » (L’Express, 02/10/2014) selon l’analyse d’un politologue et postant des selfies avec des chats. Cette propagande renforce le phénomène de mind-control et elle se propage d’autant plus facilement que nous vivons dans des sociétés connectées en permanence à Internet et aux réseaux sociaux.
  • Pour ce qui est de la torture, celle-ci a largement été utilisée par les groupes terroristes pour contrôler et faire peur à la population, que ce soit à l’égard des prisonniers, des otages, ou même utilisée contre les « déserteurs » de ces groupes terroristes (Sputnik News, 11/05/2016). Le contrôle mental repose ici sur le phénomène de peur et de dissuasion, en montrant le sort réservé à ceux qui désertent un groupe terroriste. La torture est subie par des individus, mais a une dimension collective, car elle a pour but de mieux contrôler le reste de la population ou le reste du groupe terroriste. La torture est un outil de mind-control à part entière.
  • Pour ce qui est de l’utilisation de drogues, il apparaît que « le Captagon, drogue euphorisante, voire déshumanisante, apparaît être de plus en plus utilisée dans les rangs des jihadistes et des candidats aux attentats-suicides » a été retrouvé « dans différents lieux où ont habité Salah Abdeslam […] et certains de ses complices » et dont les assaillants du Bataclan semblaient également présenter les symptômes (RFI, 17/11/2015). Si l’on ne peut nier qu’un terroriste soit un criminel quand il tue d’autres individus, il faudrait parallèlement dire qu’il est aussi dans certains cas victime de mind-control, si le fait qu’il ait agi de manière déshumanisée et sans peur de la mort a été préalablement conditionné, par exemple, par l’usage d’une drogue administrée volontairement et parfois sans qu’il ait lui-même eu conscience de l’administration de cette drogue. Cela change la nature du problème. Ce n’est plus seulement un problème de terrorisme, c’est un problème plus large qui concerne aussi la manipulation de ces individus, des actes qui n’auraient peut-être pas été commis sans l’effet de ces drogues. De la même manière, l’usage de la méfloquine sur des prisonniers de Guantanamo a été dénoncé sur des forums complotistes comme pouvant relever d’une expérimentation de mind-control, la méfloquine ayant « des effets qui vont de la dépression et l’anxiété, à la psychose et même au suicide » (AlJazeera, 20/08/2013)

Si des musulmans engagés dans le terrorisme sont directement ou indirectement victimes de mind-control, l’émancipation est toujours possible en revenant justement à ces « croyances et valeurs fondamentales » qui ont été détruites dans l’esprit de ces personnes. Les valeurs fondamentales, ce sont ces valeurs avec lesquelles l’individu a grandi et qui peuvent être, par exemple, les croyances religieuses. La valeur fondamentale d’une religion, c’est la vie. Toutes les mythologies et les religions se fondent sur les origines de la vie et donnent un sens à l’existence du monde. C’est pourquoi tout mouvement terroriste qui se réclame d’une religion est en contradiction avec cette valeur fondamentale qui prône la vie. Des terroristes qui revendiquent la mort des victimes d’un attentat, par exemple, ont rompu avec cette valeur fondamentale qui accordait la plus grande importance à la vie. Ce n’est pas ce qui leur a été inculqué depuis leur enfance, donc à ce stade, il y a bien eu une altération de leur pensée, pour qu’ils arrivent à un stade où la mort est devenue pour eux plus importante que le phénomène de la vie. C’est un stade où ils ne discernent plus le bien du mal.

Pour revenir aux valeurs fondamentales, les individus engagés dans le terrorisme doivent faire la différence entre les valeurs fondamentales de vie et une idéologie qui repose sur le fondement de la mort. En tant qu’être vivant, il n’y a rien de naturel que quelqu’un soit tenté par un acte suicidaire ou souhaite se donner la mort au nom d’une cause terroriste. Vouloir sa propre mort n’a rien de naturel, car tout ce qui existe sur terre depuis des millions d’années est fait d’êtres vivants qui luttent au contraire pour vivre. Le terrorisme est placé sous le signe de la mort, il est donc à l’opposé de toutes les valeurs qui régissent la vie. Mais pour que cette distinction soit de nouveau possible, il faut arriver à émanciper ces individus de leurs pensées radicales qui sont venues se substituer à leur personnalité antérieure. Selon Noam Chomsky, « l’être humain doit être autonome et avoir l’esprit critique pour ne pas se faire manipuler » (wikipedia). Autrement dit, cette émancipation de l’esprit désigne aussi ce que l’on appelle aujourd’hui par le terme de « déradicalisation » en ce qui concerne les terroristes. La déradicalisation désigne ce fait d’émanciper l’esprit du jihadiste en lui rendant sa liberté de pensée qui avait été altérée par une manipulation ou un endoctrinement extérieurs aux valeurs fondamentales sur lesquelles s’était contruit l’individu. Le terrorisme a remplacé la valeur fondamentale de vie par la valeur fondamentale de mort. Dans cette inversion des valeurs, le terroriste ou le jihadiste dont le discernement est manipulé ne peut aller que vers son auto-destruction dans la négation la plus totale des valeurs qui régissent le vivant.

Peut-être que la déradicalisation donne l’impression d’échouer aujourd’hui en France, parce que l’on ne se questionne pas assez sur ces valeurs fondamentales. Un discours moralisateur ou des vidéos construites comme des messages publicitaires, manquant de clarté et jouant sur l’émotion, reprenant même parfois les codes de la propagande jihadiste, ne seront jamais la réponse au problème. Il faut donner à ces personnes les clés pour émanciper leur esprit et les aider à comprendre qu’il y a eu des formes de manipulation de la pensée, comparables à ce qu’ont vécu les victimes de MK-Ultra dans les programmes secrets de la CIA des années 1950 à 1970, comparables aussi à ce qui a été expérimenté par les scientifiques allemands pendant la 2ème guerre mondiale, notamment « des expériences concernant les psychotropes ainsi que les expériences cliniques sur des êtres humains in vivo » (wikipedia). Si les terroristes ou les jihadistes arrivaient à prendre suffisamment de distance pour comprendre la manipulation dont ils ont pu être victimes, peut-être que la plupart d’entre eux renonceraient au terrorisme.

CC-BY-SA

Sources:

Mind-control: https://en.wikipedia.org/wiki/Mind_control

Manipulation mentale, émancipation: https://fr.wikipedia.org/wiki/Manipulation_mentale#.C3.89mancipation

Manipulation mentale, techniques: https://fr.wikipedia.org/wiki/Manipulation_mentale#Techniques

Lavage de cerveau: https://fr.wikipedia.org/wiki/Lavage_de_cerveau

Propagande: https://en.wikipedia.org/wiki/Propaganda

Projet MK-Ultra: https://fr.wikipedia.org/wiki/Projet_MK-Ultra

Contrôle de masse et futur de l’humanité, Michael Tsarion (documentaire): https://www.youtube.com/watch?v=h7POcUyTtd0

Le Captagon, la drogue des terroristes: http://www.rfi.fr/moyen-orient/20151117-attentats-captagon-drogue-terroristes-kamikaze-syrie

Un médicament contre le paludisme surdosé sur les prisonniers de Guantanamo Bay? http://america.aljazeera.com/articles/2013/8/20/powerful-drug-overusedongitmoprisoners.html

Les militants islamiques sont-ils victimes de MK-Ultra? https://forum.davidicke.com/showthread.php?t=189281

Enfants français, bourreaux de Daech: « Un défi adressé à l’Occident » http://www.lexpress.fr/actualite/societe/enfants-francais-bourreaux-de-daech-un-defi-adresse-a-l-occident_1792840.html

« Daech mise sur nos faiblesses » http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orient/daech-mise-sur-nos-faiblesses_1603400.html

Des dizaines de « déserteurs » enterrés vivants par Daech en Irak https://fr.sputniknews.com/international/201605111024918150-daech-deserteurs-executions/

Campagne du gouvernement français: « Stop Djihadisme » https://youtu.be/ke3i9-7kkQM

Lutte contre le terrorisme: une école coranique clandestine découverte http://www.francetvinfo.fr/france/lutte-contre-le-terrorisme-une-ecole-coranique-clandestine-decouverte_1805219.html

L’écheveau afghan. L’école coranique qui a formé les chefs fondamentalistes http://www.courrierinternational.com/article/2001/10/11/l-ecole-coranique-qui-a-forme-les-chefs-fondamentalistes

56 haut-fonctionnaires français complices de criminels et terroristes (Jean-Loup IZAMBERT)

Conférence de Jean-Loup IZAMBERT à Ille sur Têt le 18 décembre 2015 sur son dernier ouvrage: «56 – Tome 1: (L’État français complice de groupes criminels) », comportant 386 pages (youtube)

« Le plan du Caliphat islamique jusqu’en 2020 »: al-Qaïda est à l’origine de l’idée d’un Etat Islamique

WND, par Pamela Geller, le 15 mars 2015

De retour en 2005, le journaliste jordanien Fouad Hussein a publié le manifeste d’al-Qaïda. Dans son livre, il a présenté le plan en sept points d’al-Qaïda sur une période de 20 ans: « Un califat islamique en sept étapes faciles ». Dix ans plus tard, nous pouvons voir comment al-Qaïda et d’autres groupes djihadistes islamiques ont suivi ce plan à la lettre – avec un succès remarquable, grâce à la faiblesse, l’ignorance délibérée et l’irresponsabilité des dirigeants occidentaux.

Le journaliste Yassin Musharbash a écrit à propos de Hussein et de son livre, dans le journal allemand Der Spiegel, le 12 août 2005, dans un article intitulé « L’avenir du terrorisme. Ce que veut vraiment al-Qaida », Musharbash a écrit: « Ce que ce petit homme mince a signalé n’est rien de moins que le plan d’action du réseau terroriste le plus dangereux du monde: la stratégie d’al-Qaida pour les deux prochaines décennies. Il est à la fois effrayant et absurde, un plan fou conçu par des fanatiques qui vivent dans leur propre monde. « 

Der Spiegel semble rire du plan de cet article. Mais à le lire maintenant – 10 ans plus tard. Qui [en] rit maintenant? Du 11 septembre à « l’éveil », l’accent mis sur la Syrie, le renversement des régimes arabes laïques, la déclaration du Califat – tout y est. L’article le déclare « inapplicable » à l’époque – ainsi qu' »à la fois effrayant et absurde, un plan fou ».

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Matar Matar, Syrian Times, 26/01/2014 [extrait]

En sept étapes, le réseau terroriste espère établir un califat islamique que l’Occident sera alors trop faible pour combattre.

La première phase connue comme « l’éveil », cela a déjà été réalisé et aurait duré de l’an 2000 à 2003, ou plus précisément depuis les attaques terroristes du 11 septembre 2001 à New York jusqu’à la chute de Bagdad en 2003. Le but des attentats du 9/11 était de provoquer les Etats-Unis en les poussant à déclarer la guerre au monde islamique et ainsi provoquant le « réveil » des musulmans. « La première étape a été jugée par les stratèges et les cerveaux d’al-Qaïda comme un grand succès », écrit Hussein. « Le champ de bataille a été ouvert et les Américains et leurs alliés sont devenus une cible plus proche et plus facile ». Le réseau terroriste est également signalé comme étant convaincu que son message peut maintenant être entendu « partout ».

La deuxième étape, « ouvrir les yeux », est, selon la définition de Hussein, la période où nous sommes maintenant et devrait durer jusqu’en 2006. Hussein affirme que les terroristes espèrent faire en sorte que la conspiration occidentale devienne consciente à  la « communauté islamique ». Hussein croit que c’est une étape dans laquelle Al-Qaïda veut que l’organisation se développe en un mouvement. Le réseau compte sur le recrutement de jeunes hommes au cours de cette période. L’Irak doit devenir le centre de toutes les opérations mondiales, avec une «armée» mise en place là-bas et des bases établies dans d’autres Etats arabes.

La troisième étape. Celle-ci est décrite comme « la montée et le soulèvement » et devrait durer de 2007 à 2010. « Il y aura un accent mis sur la Syrie », prophétise Hussein, d’après ce que ses sources lui ont raconté. Les cadres du combat sont censés être déjà préparés et certains sont en Irak. Des attaques contre la Turquie et – encore plus explosives – en Israël, sont prévues. Les cerveaux d’Al-Qaïda espèrent que les attaques contre Israël aideront le groupe terroriste à devenir une organisation reconnue. L’auteur estime également que les pays voisins de l’Irak, comme la Jordanie, sont également en danger.

La quatrième étape, entre 2010 et 2013, Hussein écrit qu’al-Qaïda aura pour but de provoquer l’effondrement des gouvernements arabes détestés. L’estimation est que « la perte rampante de la puissance des régimes conduira à une croissance régulière de la force au sein d’Al-Qaïda ». Dans le même temps, les attaques seront menées contre les fournisseurs de pétrole et l’économie américaine sera ciblée en utilisant le cyber-terrorisme.

La cinquième étape, ce sera le point où un Etat islamique, ou Califat, peuvent être déclarés. Le plan est que, à ce moment, entre 2013 et 2016, l’influence occidentale dans le monde islamique sera donc réduite et Israël tellement affaibli, que la résistance ne sera pas à craindre. Al-Qaïda espère que, d’ici là, l’Etat islamique sera en mesure d’apporter un nouvel ordre mondial.

La sixième étape, Hussein croit qu’à partir de 2016, il y aura une période de « confrontation totale ». Dès que le califat a été déclaré « armée islamique », il attisera la « lutte entre les croyants et les non-croyants », qui a été si souvent prédite par Oussama ben Laden.

La septième étape, cette dernière étape est décrite comme la « victoire définitive ». Hussein écrit que, dans les yeux des terroristes, parce que le reste du monde sera donc battu par les « un demi-milliard de musulmans, » le califat aura sans aucun doute réussi. Cette étape devrait être achevée d’ici 2020, bien que la guerre ne dure pas plus de deux ans.

Lire l’intégralité des articles: https://counterjihadreport.com/blueprint-for-islamic-caliphate-by-2020/ et http://thesyriantimes.com/2014/06/26/islamic-caliphate-birth-after-long-pregnancy/

Julian Assange s’exprime sur l’affaire Lafarge, Hillary Clinton, l’Etat Islamique, la Libye et la Syrie

Autre extrait de l’interview:

Les origines de l’Etat Islamique: une responsabilité historique?

OneEurope.info, le 12 avril 2016

[Extrait de l’article]

La montée de l’Etat Islamique sur les cendres des interventions occidentales

280px-Sykes_picotL’insuffisance chronique de l’Irak et de la Syrie pour lutter efficacement contre l’Etat Islamique (ISIS) a conduit les commentateurs à les qualifier d' »États défaillants ». L’expression révèle leur incapacité à exercer le monopole de la violence au sein de leurs frontières, ainsi qu’à garder le contrôle de leur territoire et de la population. Pourtant, on a tendance à oublier à quel point le processus même de construction de la nation a été entravé dans cette région. Faire porter la responsabilité des nations occidentales pour la misère de ces pays serait très simple, et cela constituerait une insulte à l’égard de ces nations indépendantes et souveraines. Cependant, il faut reconnaître que celles-ci portent une sorte de responsabilité.

En octobre 2015, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair a admis que la guerre en Irak pourrait être en partie responsable de la montée de l’Etat islamique. En fait, on peut faire valoir que les conditions nécessaires à la prospérité des mouvements terroristes dans ce pays – la faiblesse d’un État-nation et l’effondrement de ses institutions – ont été réunies depuis longtemps. Ce fut le cas en 1991, lorsque 28 pays ont décidé d’appliquer vigoureusement les 13 résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies et de défendre la souveraineté du Koweït contre l’invasion de l’Irak, au coût d’environ 30 000 décès (pour la plupart des Irakiens) et la destruction d’innombrables infrastructures civiles essentielles. La fin de la guerre n’a pas mis fin aux sanctions économiques sur la quasi-totalité des ressources commerciales et financières soumises à l’Irak, des sanctions qui sont connues pour avoir eu un effet désastreux sur les populations civiles. Enfin, la guerre juridiquement débattue qui a suivi en 2003, fondée sur la fausse hypothèse que l’Irak possédait des armes de destruction massive, a achevé la destruction de la structure de commandement de l’état et la mort de plus d’une centaine de milliers de civils.

Les origines de l’Etat Islamique (ISIS) ne peuvent pas être identifiées sur un seul jour, mais plutôt en tenant compte de l’ensemble de l’histoire très troublée de la région, ce qui a créé un terrain fertile pour la montée de ce groupe terroriste qui est maintenant dans le contrôle d’un territoire et d’une population. La prise de la première ville irakienne en janvier 2014, Falloujah, a été rendue possible par une armée forte qui était équipée d’une artillerie lourde américaine; contre une très faible armée chiite, méprisée par la nouvelle majorité sunnite irakienne. Mais la vraie force de l’Etat Islamique (ISIS) réside dans son projet politique. Le califat auto-proclamé a commencé une guerre contre la civilisation occidentale qu’il tient pour responsable de tous les malheurs de la région. L’abolition de facto de la frontière entre l’Irak et la Syrie a été annoncée comme « La fin de Sykes-Picot » dans un discours qui a naturellement uni les combattants régionaux sous une bannière commune. Le premier objectif de ces recrues est de se débarrasser de la minorité régnante chiite qui a opprimé la masse. En outre, la tactique du président Bachar al-Assad pour nourrir l’instabilité de son propre pays afin d’apparaître irremplaçable (par exemple, en libérant des centaines de prisonniers extrémistes en 2011) a été fondamentale pour rendre l’idéologie politique de l’Etat Islamique (ISIS) si forte. Dans un tel contexte, il est clair que la religion est juste l’un des nombreux outils que ce mouvement terroriste utilise pour convaincre le monde qu’il mène un « choc des civilisations » moderne.

Dans les mois précédents, l’Etat Islamique (ISIS) a accumulé les défaites militaires et il a perdu une partie importante de son territoire. Néanmoins, l’Irak et la Syrie n’ont pas besoin d’une « victoire » étrangère contre un adversaire désigné. Ces pays ont besoin d’espérer en un avenir qu’ils vont seulement façonner. Le cessez-le-feu récent qui a été négocié en Syrie par l’envoyé spécial de l’ONU, Staffan de Mistura, est un pas en avant dans la fin du conflit. Mais ce qui doit être ciblé afin d’assurer une résolution efficace, ce sont les causes du succès précédent de l’Etat Islamique (ISIS). À cet égard, les anciennes puissances mandataires doivent assumer leur passé colonial et leur responsabilité, aussi bien pour surmonter leur position intéressée à la fois sur le sort de Bachar al-Assad que sur la fragmentation de la Syrie. Ce qu’ils ne peuvent pas nier, c’est le caractère irréversible de leurs actions au Moyen-Orient depuis cent ans.

Lire l’intégralité de l’article: http://one-europe.info/the-origins-of-isis-a-historical-responsibility

Un « problème de l’islam » ou « une retombée de la guerre en Irak »? – débat de spécialistes sur RT après les attentats de Bruxelles

Les attentats de Bruxelles (et les attentats de Paris avant eux) mettent en évidence les dangers immenses auxquels l’Europe est confrontée avec le terrorisme. Parallèlement à ces craintes – la préoccupation que cela stimule une montée de l’islamophobie, alors que les communautés se fracturent et que le langage fort tourne à la violence. La question pour les forces de sécurité est: Quand intervenir. Les suspects de Bruxelles ont été autorisés à se déplacer sans menaces, et pourtant l’intense débat parmi les gens en ligne attire l’attention de la police.

Reza Kazım du Conseil islamique des droits de l’homme en Grande-Bretagne et Stephen Morris du Parti démocrate anglais rejoignent RT pour discuter de cette question. (texte youtube)

Le gouvernement pakistanais a tenté de négocier avec al-Qaïda, un an avant la mort de Ben Laden

Les documents d’Oussama Ben Laden: Le gouvernement pakistanais voulait négocier

Long War Journal, par Thomas Joscelyn, 9 mars 2015

Leaders d'Al-Qaïda (depuis la gauche), Ayman al-Zawahiri, Oussama Ben Laden et Mohammed AtefLes documents publiés récemment et récupérés dans le complexe d’Oussama Ben Laden montrent que certaines parties du gouvernement pakistanais ont tenté de négocier avec Al-Qaïda en 2010. Les lettres ont été publiées à titre de preuve dans le procès d’Abid Naseer, qui a été reconnu coupable de terrorisme par un jury de Brooklyn en début de ce mois.

L’un des documents est une lettre écrite par Atiyah Abd al Rahman («Mahmud»), qui était alors le directeur général d’Al-Qaïda, à Oussama ben Laden (identifié comme cheikh Abou Abdallah) en juillet 2010. La lettre révèle un jeu compliqué impliquant al-Qaïda, les talibans pakistanais, le frère de l’actuel premier ministre pakistanais, et les services de renseignement du Pakistan.

« En ce qui concerne les négociations, cher Cheikh, je vais vous donner un aperçu, que Dieu me soutienne dans ce domaine », a écrit Rahman. « L’ennemi pakistanais a correspondu avec nous et avec Tahreek-i-Taliban (Hakimullah) pendant un temps très court, depuis les jours de Hafiz, que Dieu ait pitié de lui. » Hakeemullah Mehsud était le chef des talibans pakistanais à ce moment. Le « Hafiz » mentionné est Mustafa Abu Yazid (Cheikh Saeed al Masri), qui a servi comme directeur général d’Al-Qaïda avant sa mort en mai 2010. Rahman a succédé à Yazid dans ce rôle.

« Nous avons discuté de la question de manière interne, puis nous avons parlé avec Abou-Muhammad plus tard, une fois que nous étions en mesure de reprendre la correspondance avec lui », a expliqué Rahman. « Abu-Muhammad » est le nom de guerre d’Ayman al Zawahiri. À la suite de ces discussions, Al-Qaïda était prêt à négocier un accord dans lequel les djihadistes lâcheraient du lest face aux Pakistanais tant que les services militaires et le renseignement arrêteraient la lutte contre Al-Qaïda et ses alliés.

« Notre décision était la suivante: Nous sommes prêts à vous laisser tranquilles. Notre combat est d’abord contre les Américains. Vous êtes devenus une partie de la bataille, quand vous avez pris position avec les Américains », écrit Rahman, en expliquant la position d’Al-Qaïda face au gouvernement pakistanais. « Si vous étiez prêts à nous laisser tranquilles, nous et nos affaires, nous vous laisserons tranquilles. Sinon, nous sommes des hommes, et vous serez surpris par ce que vous verrez; Dieu est avec nous. »

La tactique de négociation d’Al-Qaïda était simple. Soit les Pakistanais les laissaient tranquilles, soit ils souffriraient plus d’attaques terroristes. La lettre de Rahman révèle comment les hommes de Ben Laden ont cherché à transmettre leur message. Ils comptaient sur Siraj Haqqani, le dirigeant du réseau Haqqani, qui a longtemps été soutenu par l’establishment militaire et le renseignement pakistanais.

Lire l’intégralité de l’article: http://www.longwarjournal.org/archives/2015/03/osama-bin-ladens-files-the-pakistani-government-wanted-to-negotiate.php source: https://twitter.com/husainhaqqani/status/711123210025246720

Les documents Ben Laden analysés par The Long War Journal: http://www.longwarjournal.org/tags/osama-bin-laden

L’Etat Islamique tente de recruter dans les pays les plus pauvres d’Afrique

isis-fightersLibye: L’Etat Islamique dresse les contours d’une « armée des pauvres » comme combattants de Daesh avec des dons en espèces de 1000$

IBTimes, le 2 février 2016, par Fiona Keating

L’État Islamique attire de nouvelles recrues pour les enrôler comme soldats à pied en provenance des pays les plus pauvres de l’Afrique, disent les chefs de renseignement libyens. Isis (Daesh) offre des sommes alléchantes en espèces à des personnes au Tchad, au Mali et au Soudan, où quelques centaines de dollars sont comparables au salaire d’une année.

Le califat autoproclamé de l’EI dans la ville natale du colonel Kadhafi à Syrte a maintenant un nombre croissant de combattants d’Afrique noire aux côtés des Syriens et des Irakiens qui composent le corps de son leadership.

Lire la suite: http://www.ibtimes.co.uk/libya-isis-drafting-army-poor-daesh-fighters-1000-cash-hand-outs-1541349

Tariq Ramadan s’exprime sur Daech, le terrorisme et les contradictions des politiques internationales

Interview de Tariq Ramadan sur RT France.

Quelques phrases intéressantes prononcées par Tariq Ramadan:

L’islam, comme le judaïsme, comme le christianisme, comme le bouddhisme, comme l’hindouisme, comme toutes les spiritualités, sont des religions qui appellent à la paix, mais en appelant à la paix (qui est un objectif), on gère la violence des hommes, on gère la terreur dont les hommes peuvent être capables (…)

Le jihad, c’est comment gérer les tensions qui m’animent moi ou qui animent les sociétés pour aller vers la paix. C’est un mouvement vers la paix, le jihad, en fait. C’est pas un mouvement vers la guerre. C’est pas une guerre sainte. (…)

On a tendance, malheureusement, aujourd’hui, sur la scène internationale, à considérer que les morts en Occident ont plus de valeur que les morts ailleurs. Non, je veux dire, ma position elle est: pour être Paris, il faut que je sois Jakarta, faut que je sois Beyrouth, faut que je sois Ouagadougou, faut que je sois toutes ces capitales-là. C’est là où je suis un homme digne. Sinon je fais simplement que compter mes morts et négliger les morts des autres. (…)

Le clash des civilisations, c’est pas ça du tout, la théorie de Huntington, elle est beaucoup plus liée aujourd’hui à l’engagement géostratégique international. Tout ce qu’on voit aujourd’hui, de la violence dont on parle tout à l’heure, de ce qui est en train de se passer au Moyen-Orient, de ce… c’est effectivement une sorte de rapport de force entre les civilisations qui est entretenue par les extrémismes des deux bords, c’est autant vrai pour l’extrême-droite occidentale qui joue sur « l’islam ne peut pas être une religion européenne » que Boko Haram ou que Daech qui font exactement la même chose (…) en nourrissant la polarisation et en faisant un clash des civilisations. (…)

Sur le long terme, le cours de l’histoire, il est inéluctable. On va vivre ensemble. C’est-à-dire que je suis aussi européen que vous. C’est terminé, vous allez pas pouvoir me sortir. L’islam est une religion européenne. (…)

Si, par exemple, je dis que je ne soutiens pas l’intervention française au Mali, que je ne soutiens pas l’intervention française en Libye, que je suis contre aller bombarder les populations syriennes, eh ben, ça, ça ne peut pas s’entendre en France, il ne faut pas le dire. (…)

Je ne pense pas que ce sont des personnes qui puissent dire qu’on leur interdit de parler; par contre, ce qui est vrai dans tous les cas, c’est qu’il est très difficile en France d’avoir un discours sur le fait religieux ou sur l’islam qui soit apaisé, et en plus, sur la question israélo-palestinienne. (…)

On est au coeur de la contradiction de la situation en France par rapport à la question de l’islam. (…) Comment voulez-vous avoir une cohérence, quand vous discutez avec des Etats dont l’idéologie est le contraire de ce que vous voulez voir sur le terrain, et ensuite vous les laissez faire, parce que, d’une certaine manière, ça vous arrange? (…)

Moi je peux pas entrer en Arabie Saoudite, parce que je critique le gouvernement, je peux pas m’exprimer en France dans les institutions nationales, parce que je critique le gouvernement. (…)

Les Saoudiens et les USA étaient-ils derrière le massacre de Charlie Hebdo, comme un avertissement au président français sur la Russie?

Par Susan Duclos – All News PipeLine, 14/01/2015

800px-Luxembourg_supports_Charlie_Hebdo-105Avec la manipulation des prix du pétrole que nous voyons à l’échelle mondiale, mise en œuvre par l’Occident afin de «punir» et «isoler» le président russe Vladimir Poutine, un lecteur d’ANP nous rappelle une série d’événements qui, à les regarder ensemble, amènent la question portée en titre d’article « Les Saoudiens et les USA étaient-ils derrière le massacre de Charlie Hebdo, comme un avertissement au président français sur la Russie? »

De retour en Janvier 2014, il a été rapporté par le Telegraph que l’Arabie Saoudite a secrètement offert à la Russie un accord important pour contrôler le marché mondial du pétrole et protéger les contrats de gaz de la Russie, si le Kremlin s’écartait du régime Assad en Syrie. En outre, il a été dit que si Poutine n’acceptait pas l’offre, le prince saoudien Bandar avait « menacé » d’attaques terroristes contre la Russie.

Dans l’intervalle à partir de Janvier 2014 au jour d’aujourd’hui, un certain nombre d’événements ont eu lieu qui, quand on les regarde ensemble, forment un tableau inquiétant. Les États-Unis et l’occident ont fomenté un changement de régime en Ukraine, la cour arrière de Poutine pour ainsi dire, avec Poutine contraint de prendre des mesures en annexant la Crimée, ce qui à son tour a conduit à plusieurs séries de sanctions contre la Russie avec une attention particulière à la destruction de l’économie russe en manipulant les prix du pétrole. (NOTE- la Russie est le plus grand producteur de pétrole dans le monde avec l’Arabie Saoudite classée comme le deuxième plus grand pays.)

A noter également, les connexions qui ont été faites, tout à fait convaincantes, que les Saoudiens financent et aident activement le groupe terroriste d’extrémistes islamiques ISIS [Etat Islamique].

Ce qui nous amène au 7 Janvier 2015, l’attaque contre le magazine satirique Charlie Hebdo, concernant les caricatures du prophète musulman Mahomet, où des hommes armés sont entrés dans Charlie Hebdo, ont ouvert le feu et massacré 12 de leurs illustrateurs et journalistes. Les rapports montrent que l’un des tireurs de Paris a des liens avec ISIS [Etat Islamique], comme CNN rapporte qu’un drapeau d’ISIS a été retrouvé dans un appartement utilisé par le tireur, ainsi qu’un enregistrement vidéo de l’allégeance terroriste à ISIS. (voir ci-dessous)

Est-ce une coïncidence si le massacre de Charlie Hebdo a eu lieu un mois seulement après que le président français François Hollande ait fait un arrêt inattendu à Moscou pour parler avec Vladimir Poutine de l’Ukraine, ce qui a été décrit comme « le premier dirigeant occidental à se rendre en Russie depuis l’annexion de la Crimée qui a eu lieu en Mars », et un « spectacle rare de bonne volonté envers l’isolement de Poutine »?

Est-ce aussi une coïncidence si, ni les Saoudiens, ni Barack Obama, n’ont participé au rassemblement de Paris où les dirigeants du monde entier ont défilé en solidarité avec la France après le massacre de Charlie Hebdo?

Lire la suite: http://allnewspipeline.com/Are_Saudis_Behind_Charlie_Hebdo_Attack.php

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