Wikileaks classé dans les 20 comptes à bannir sur Twitter en 2015 (Huffington Post)

Huffington Post, 1/01/2015

15. WikiLeaks (@wikileaks)

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Soi-disant détenu par Assange lui-même depuis ses quartiers de l’ambassade équatorienne, malheur à vous si vous passez du mauvais côté de ce compte Twitter quand il envoie les légions de fans adorateurs sur vous. Si vous voulez continuer à préserver l’admiration des bons vieux jours que vous aviez pour WikiLeaks, évitez ce compte comme la peste.

Lire l’intégralité de l’article: http://www.huffingtonpost.co.uk/2015/01/01/twitter-unfollow_n_6339258.html

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Un outil de recherche avancée sur Twitter pour les actualités #Wikileaks

Comme beaucoup de ceux qui passent leur temps libre sur les réseaux sociaux, il est parfois difficile de trouver l’information exacte que l’on recherche dans le chaos multilingue des messages postés depuis différentes parties du monde!

Nous conseillons donc à nos lecteurs, sur ce blog, d’utiliser un outil de recherche avancée sur Twitter, ce qui vous permettra de trouver par exemple tous les tweets relatifs à #Wikileaks en sélectionnant uniquement ceux qui ont été écrits en langue française (ou une autre langue de votre choix), ou depuis un endroit donné (outil de géolocalisation), ou selon le type d’appréciation (positive/négative).

Ceci augmentera vos chances d’accéder à une information précise, de manière beaucoup plus rapide que de suivre les tweets dans le fil d’actualités. Pour finir, voici quelques exemples de hashtags relatifs à Wikileaks sur Twitter (en dehors des deux hashtags connus #Wikileaks et #Assange):

#CableGate (révélations des câbles diplomatiques américains)

#GiFiles (Global Intelligence Files) #StratforFiles

#PlusD (révélations des câbles diplomatiques incluant les câbles Kissinger)

#AskAssange (utilisé lors de certaines conférences ou débats publics pour poser directement sa question au fondateur de Wikileaks)

#WLParty (Parti Wikileaks)

#WLsup (Wikileaks Supporters)

#transparency (tweets relatifs à la transparence politique)

#netfreedom (tweets relatifs à la défense des libertés Internet)

Voir l’outil de recherche avancée sur Twitter: https://twitter.com/search-advanced

Bonne année 2014, où que vous soyez dans le monde!

Wikileaks 2014

A tous les lecteurs du blog, nous souhaitons une bonne année 2014. Nous sommes heureux de voir que vous nous lisez un peu partout dans le monde (en France, au Canada, au Maghreb et dans le reste de l’Afrique…), et que comme nous, vous espérez voir changer le monde grâce à des organisations semblables à WikiLeaks.

La justice et l’égalité, la transparence politique, la lutte contre la corruption, la liberté d’expression et la liberté de la presse, ainsi que des droits de l’homme identiques pour tous dans tous les pays, ne sont pas des idéaux si difficiles à atteindre, pour peu que les individus comprennent la nécessité de mener des combats pacifiques, de préférer le dialogue à la violence, et le débat plutôt que la guerre. La violence conduit souvent à la destruction, et c’est un mauvais choix quand des gouvernements répriment les attentes pacifiques de la population.

Il est injuste aussi de voir mourir des êtres humains au nom de causes politiques ou religieuses — qu’ils soient journalistes, militants, extrémistes, terroristes, soldats ou militaires. Aucun être humain ne devrait renoncer à la vie. Chaque être humain devrait rester en vie pour continuer à défendre ses idées et pour continuer à construire le monde dans lequel il vit.

En espérant donc que 2014 sera l’année où « la vérité et le soleil brilleront ensemble« , pour rendre à chacun une part de justice dans le monde et pour que personne ne soit oublié dans cette quête de la vérité!

Wikileaks Actu

Wikileaks Actu a une nouvelle page Facebook!

wlactu-poster-estp-bleu-wlactuLe blog Wikileaks Actu se dote d’une nouvelle page Facebook qui sera actualisée de manière régulière, avec encore plus d’articles et de contenus liés au sujet Wikileaks.

Vous pouvez suivre nos actualités sur Facebook: Wikileaks Actu Francophone

Ainsi que sur Twitter: @WikileaksActu

Vous pouvez aussi nous envoyer par mail des propositions d’articles et des traductions de documents publiés sur le site Wikileaks.org

Nous nous ferons un plaisir de relayer ces informations.

Pour tout contact: wikileaksactu[@]gmx.com

 

 

 

 

Campagne humoristique de soutien à Wikileaks: Julian Assange veut se libérer de la burqa!

ASSANGEburqa-ecuador

Mon nom est Julian Assange et je suis retenu prisonnier dans une ambassade à cause des USA

Ma liberté d’expression est menacée

Je vis sans voir la lumière du jour

C’est comme si je vivais avec une burqa sur la tête

Soutenez Wikileaks si vous voulez que la liberté d’expression triomphe dans le monde, et si vous ne voulez pas que je passe le reste de mes jours avec cette burqa sur la tête

Faites un don à Wikileaks – Soutenez la liberté d’expression

ASSANGEburqa2cliquer pour faire un don

Merci à tous les supporters qui auront aidé Julian Assange!

Source: http://www.support-julian-assange.com/humorous-campaign-to-support-wikileaks-julian-assange-wants-to-get-rid-of-the-burqa/

Quand Julian Assange se fait tirer les oreilles par le président de l’Equateur


Vidéo de Juice Rap News avec Julian Assange

Les InRocks, 31/08/2013, 11h08

Il y a quatre jours sortait une vidéo parodiant les campagnes des politiques australiens (dont le premier ministre Kevin Rudd, Julia Gillard du Parti Travailliste et Tony Abbott de l’opposition) dans laquelle un Julian Assange déguisé en rock star ringarde poussait la chansonnette. Mais la vidéo, pourtant très drôle, n’a pas du tout plu à Rafael Correa, président équatorien. Dans une lettre adressée à Assange, Correa lui demande de ne pas utiliser les locaux de l’ambassade équatorienne à Londres – dans laquelle il est réfugié depuis 2012- pour se moquer des politiques australiens. Il a expliqué à l’AFP:

“Les règles de l’asile interdisent en principe l’ingérence dans la politique du pays qui accorde l’asile. Mais par courtoisie, nous n’allons pas empêcher Julian Assange d’exercer son droit à être candidat. Tant qu’il ne se moque pas des politiques ou des personnes australiens”.

Julian Assange concourt au poste de sénateur en Australie avec son parti baptisé comme son site, Wikileaks.

Source: http://www.lesinrocks.com/2013/08/buzzodrome/julian-assange-se-fait-tirer-les-oreilles-president-lequateur/

Lire sur le Guardian: http://www.theguardian.com/media/2013/aug/30/julian-assange-embassy

Les dérives du journalisme: quand un journaliste se réjouit qu’Assange puisse être frappé par un drone

Un correspondant sénior américain du Time tweete une déclaration défendant l’idée que Julian Assange soit tué par une attaque de drone

Paul Szoldra et Michael Kelley – 17 Août 2013, 21h02

Le correspondant sénior national du Time a envoyé samedi soir un tweet controversé qui a plaidé en faveur d’un tir de missile de drone contre le citoyen australien et fondateur de Wikileaks, Julian Assange.

Voici le tweet, qui a été effacé: « Je suis impatient d’écrire une défense de l’attaque de drone qui va supprimer Julian Assange »

screen shot 2013-08-17 at 8.47.00 pm [Comme le précise ensuite Mike Grunwald: « Bon point. Je vais l’effacer. Mon problème principal est que cela donne aux supporters d’Assange un bon complexe sûr de persécution où se réfugier »]

Grunwald a présenté ses excuses et le Time a publié un communiqué: « Michael Grunwald a publié un tweet offensif depuis son compte Twitter personnel qui n’est en aucun sens représentatif des points de vue du Time. Il regrette de l’avoir tweeté, et il l’a enlevé de son fil de discussion. »

La déclaration éthiquement et légalement contestable a immédiatement reçu une avalanche de réponses.

Le rédacteur en chef adjoint de Politico Blake Hounshell:

screen shot 2013-08-17 at 9.46.14 pmLe journaliste australien et animateur radio Mark Colvin:

screen shot 2013-08-17 at 9.43.39 pmL’éditeur du Guardian James Ball: « Voici le tweet idiot et franchement dérangeant du correspondant du TIME @MikeGrunwald

screen shot 2013-08-17 at 9.45.54 pmKade Ellis de Privacy SOS: « Vous voulez que Julian Assange soit tué? »

screen shot 2013-08-17 at 9.45.37 pm

L’éditrice du GlobalPost, Erin Cunningham: « @MikeGrunwald a effacé le tweet sur l’attaque de drone contre Assange, ainsi il ne donne pas à ses supporters un « complexe sûr de persécution »

screen shot 2013-08-17 at 9.45.31 pmVoici les excuses: « C’était un tweet débile. Je m’excuse. Je mérite le contrecoup. (Peut-être pas les trucs anti-Sémites mais autrement je l’ai demandé.) »

screen shot 2013-08-17 at 9.53.49 pmOn ne sait pas vraiment les raisons pour lesquelles Grunwald discutait de Julian Assange — qui est un éditeur, écrivain, activiste et facilitateur de fuites d’information — bien que Wikileaks venait juste de publier un dossier d’assurance massif et crypté.

Assange, un citoyen australien de 42 ans, a récemment déclaré à une rencontre Google que le libertarianisme est la seule philosophie américaine utile.

« L’aspect libertarien du Parti Républicain est actuellement la seule voix politique vraiment utile au Congrès Américain », a déclaré Assange.

Assange, qui réside actuellement à l’ambassade d’Equateur à Londres, a également apporté un soutien au lanceur d’alerte de la NSA et fuiteur d’information Edward Snowden dans son vol vers la Russie.

Dans tous les cas, la position de Grunwald est choquante.

screen shot 2013-08-17 at 9.57.24 pmscreen shot 2013-08-17 at 9.57.30 pm

Source: http://www.businessinsider.com/grunwald-tweet-about-drone-strike-on-assange-2013-8

La France doit accorder l’asile politique à Edward Snowden !

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A seulement 29 ans, Edward Snowden a risqué sa vie et celle de sa famille pour révéler au monde entier le scandaleux et dangereux programme PRISM mis en place par le gouvernement américain et permettant d’espionner les citoyens sur leurs réseaux sociaux, boîtes mails, moteur de recherche etc.

Il a, de plus, démasqué l’espionnage électronique de grande ampleur de l’Union Européenne par l’Agence National de Sûreté américaine (NSA).

La France est le pays des Droits de l’Homme, garantissant à ses citoyens des libertés privées inaliénables.

La France a compté parmi ses hommes et ses femmes des fondateurs et des inspirateurs de cette Europe Unie et Libre auxquels portent aujourd’hui atteinte les actes d’espionnage révélés par Edward Snowden.

La France se doit d’offrir au plus vite au courageux M. Snowden l’asile politique afin de lutter contre des actes barbares et portant atteintes à nos libertés commises par de soi-disant « alliés » politiques et commerciaux.

Signer la pétition française: http://www.avaaz.org/fr/petition/La_France_doit_offrir_lasile_politique_a_Edward_Snowden/?wQTZybb (542 signatures)

http://www.avaaz.org/fr/petition/La_France_doit_accorder_lasile_politique_a_Edward_Snowden/?sbc (803 signatures)

http://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/offrons-l-asile-politique-en-france-au-lanceur-d-alerte-edward-snowden#share (1594 signatures)

Signer la pétition internationale: https://secure.avaaz.org/fr/stop_prism_fr/

Interview de John Cusack (2ème partie): « Qu’est-ce qu’un ‘Assange’? »

par John Cusack, le 14 janvier 2013

Il y a deux semaines et demie, j’ai eu le plaisir d’aider au lancement de la Freedom of the Press Foundation (Fondation pour la Liberté de la Presse, FPF, ndt), qui vise à promouvoir et aider à financer des organisations de journalisme indépendantes qui rapportent de manière offensive sur des thèmes que le le gouvernement US considère secrets. Vous pouvez lire sur ce sujet ici (et voir le post du co-fondateur de la FPF Daniel Ellsberg ici).

Ci-dessous se trouve la deuxième partie de ma conversation avec Jonathan Turley et Kevin McCabe. Vous pouvez lire la première partie ici.

Nous avions coupé alors que nous parlions de Julian Assange, d’éditeurs de presse et de journalistes – de définitions et de protection constitutionnelle en ce nouvel âge digital – et des zones grises qui semblent artificielles et commodes pour ceux qui sont au pouvoir – avec la réaction grandement passive des médias.

Jonathan Turley (JT): Le gouvernement le traite comme s’il était un hacker. En réalité, beaucoup de personnes insistent qu’il est clair qu’il n’est pas un hacker, qu’il a d’une manière ou d’une autre obtenu ce matériel d’une tierce personne.

John Cusack (JC): – Comme le New York Times obtint d’Ellsberg – il était la tierce personne.

JT: Je pense que s’il est un hacker, c’est difficile de le traiter comme un journaliste. Et il peut être difficile de le traiter comme un lanceur d’alerte.

Kevin McCabe (KM): Un autre élément qui s’y joint – selon ce que j’en comprends – c’est quand il négociait avec le Times, en ce qui concerne ce qui serait rapporté et donc vérifié et validé au travers du New York Times et du Washington Post – il a perdu toute possibilité d’entrer au sein du club, à cause de la manière dont il les approchés.

Apparemment, lorsque le Times a défini des paramètres, Assange est devenu difficile et a insisté sur une approche différente, le Times disait non, ce n’est pas comme ça que nous travaillons et Assange a perdu tout soutien institutionnel s’exprimant, dans la continuité, pour être considéré comme un journaliste parce qu’il ne voulait pas jouer selon ces règles. C’est donc juste une part intéressante de la dynamique, quand tu as dis si finement – c’est sui generis, mais de quoi? Il n’est ni torchon ni serviette, mais il est utile, et remplit un vide et rendant service au public en dévoilant et en rapportant des informations dont tout le monde devrait avoir connaissance.

JC: Donc Jon, sur ce même sujet – si tu me donnes de l’information et je décide de la diffuser sur, disons, Twitter, – et elle atteindra plus d’un million de personnes – suis-je dans la même catégorie qu’Assange – si quelqu’un m’envoie une vidéo d’un crime, et que je crois qu’un crime a été commis? Ai-je un droit ou une obligation morale à exposer la vérité… Et suis-je protégé?

JT: Hé bien, c’est un conflit que nous avons eu dans la communauté des libertés civiques avec le Congrès (aux USA, l’Assemblée+le Sénat, ndt) depuis longtemps. En fait, j’ai témoigné devant le House Intelligence Committee (Comité Parlementaire sur le Renseignement, ndt) il y a des années sur la motion de plusieurs membres de criminaliser la publication d’information classées confidentielles, que vous soyez journaliste ou qui que ce soit d’autre. Ils y incluaient donc tous les journalistes, comme les non-journalistes.

Et ceci avait le soutien des Républicains comme des Démocrates. Les membres du Congrès ont tendance à ne pas aimer les lanceurs d’alerte, ou les journalistes à fortiori, parce qu’ils les attrapent hors-script et quand ils sont le plus vulnérables. Ceci les rend moins contrôlables. J’ai précédemment témoigné devant à la fois des membres Démocrates et Républicains du Congrès au regard d’un mouvement désastreux vers le criminalisation de la publication d’informations dites confidentielles quelle que soit la manière dont vous la recevez.

La question de ta diffusion de la même information sur Twitter est intéressante. Étant donné ton statut, tu atteins en fait plus de personnes que presque tous les journaux quotidiens. Donc tu atteins plus d’un million de personnes avec un seul tweet que la plupart des journaux rêveraient chèrement de pouvoir reproduire.

JC: Nous bloguons et écrivons tous les deux en ligne – comme maintenant –

JT: Alors, nous en arrivons à cette question sérieuse de pourquoi tu n’es pas journaliste mais Chris Matthews l’est. Je veux dire, tu peux sans doute atteindre 100 fois plus de personnes que MSNBC ne le peut en n’importe quelle soirée grâce à ton statut.

JC: Une des grandes idées d’Arianna était de créer ce qu’elle appelle des journalistes citoyens pour participer et faire entendre vos voix, – et des gens ordinaires pourraient s’y associer – tout là-haut avec Hillary Clinton. Et bloguez, et elle rassemblera les informations. Elle a créé cette sorte de révolution à sa manière propre. Mais cela a à voir avec la connectivité et la mise en commun d’infos et l’idée du journaliste citoyen. Alors Assange est-il tout simplement un éditeur citoyen? Cela revient à la même question – quels sont les droits des gens à exposer la vérité? Quelles sont leurs protections?

JT: Je pense que c’est vrai. Et c’est là, je pense, que les médias ont décidé de devenir suspicieusement silencieux. Parce qu’il n’y a pas de doute que la diffusion de ces informations par Assange ressemble au genre d’actions qui ont valu des Pulitzers à des journalistes. Il a rendues publiques des informations qui lui sont parvenues, et des informations qui n’avaient été divulguées nulle part ailleurs, dans aucun forum. Ces informations traitaient directement de tromperie gouvernementale et de crimes potentiels.

Cela avait l’apparence et l’odeur d’une histoire journalistique. Mais ils ne veulent pas le dénommer journaliste.

JC: Et par conséquent, il n’a aucune protection?

JT: En tout cas, c’est ainsi que le gouvernement US s’en charge. Ils ont opté de façon assez transparente de le traiter comme suspect de hacking. Et ils vont le poursuivre sur ces bases. S’ils lui mettent la main dessus, je m’attends à ce qu’ils fassent tout ce qu’ils peuvent pour le garder en prison. Ils ont besoin de le clouer au pilori, ils ont besoin de rendre clair que vous ne pourrez pas vous en tirer si vous embarrassez le gouvernement et divulguez ce genre d’informations. Les administrations Bush et Obama ont toutes deux menacé des journalistes. Ils ne vont pas se retenir avec Assange s’ils ont déjà menacé de poursuivre des reporters.

JC: Comme l’homme a dit une fois – Vous avez droit à la liberté de parole – tant que vous n’êtes pas assez bêtes pour essayer de vous en servir. C’est donc une autre partie du verrouillage croissant sur les libertés civiques et la liberté de parole.

JT: En effet.

Le ministère de la justice (US, ndt) continue donc d’insister que les journalistes et autres qui reçoivent des informations classées confidentielles violent techniquement la loi s’ils savent qu’ils sont en possession d’informations confidentielles et la diffusent publiquement. c’est un vieil argument que nous connaissons depuis Nixon. Il y a une hostilité continuelle à l’encontre de journalistes faisant ce genre de choses. Je pense que c’est ce qui rend Assange une cible si tentante pour le gouvernement. Parce qu’ils savent qu’ils peuvent le poursuivre en justice et que les médias s’interrogent s’ils peuvent le soutenir, ou même essayer de l’expliquer au public.

En fait, la chose ahurissante est qu’après tout ce temps, Assange demeure autant un mystère qu’il l’était au premier mois. La question est pourquoi. Et les médias le traitent vraiment comme le gouvernement. Il n’est pas journaliste, il n’est pas lanceur d’alerte; il est un Assange. Il devient un nom à lui tout seul.

JC: Ouais, c’est vrai.

KM: Ce n’est pas l’un d’entre eux.

Laissez-moi vous poser une question – d’un point de vue légal, le fait que le gouvernement puisse prendre une approche très stricte, très calculée et presque singulière aux fuites, et aux individus qui font les fuites; et pourtant pour leurs objectifs politiques personnels ont rendus routinières des fuites à des diffuseurs qu’ils favorisent, afin de contrôler le message en politique?

JT: Tu as raison, il y a toujours eu cette hypocrisie –

JC: Et après l’autre entourloupe – la grande diversion que nous faisons? Nous commençons à diffuser des peccadilles et/ou des profils de personnalité qui nous font aimer ou mépriser une personne, et nous ne savons jamais vraiment ce qui est réellement factuel – Assange est vaniteux, il est messianique, un prédateur sexuel &c &c – aucun d’entre nous ne sait si c’est vrai ou non; nous n’en avons aucune idée.

JT: Correct.

JC: Mais l’argumentation se tourne alors vers les troubles peut-être feints de personnalité de l’individu, pas aux principes qui sont derrière ou au contenu intrinsèque de ce qu’ils font.

Bradley Manning a exposé des meurtres brutaux d’êtres humains… Daniel Ellsberg, également co-fondateur de la FPF, a même brandi une photo disant « j’étais Bradley Manning » et pourtant j’entends encore – « Ce n’est pas une comparaison valable. » – tout le temps – Pendant que les gouvernements divulguent fréquemment selon leurs propres avantages politiques –

JT: Bien, je pense – il faut vraiment porter des cuissardes pour passer au travers de l’hypocrisie sur ce sujet avec Washington.

Quand je témoignais au House Intelligence Committee, ces membres me sortaient, comme Claude Rains – qu’ils étaient ‘choqués, choqués’ que des gens divulguent des choses à Washington. Certains de ces gens prennent régulièrement leur téléphone pour divulguer des choses gênantes les uns sur les autres. Et c’est considéré comme faisant partie du jeu.

Mais je pense qu’ils partagent un certain désamour pour les journalistes et les lanceurs d’alerte qui le font.

KM: Quel est le standard légal? S’il y avait une dynamique comparable, un scénario comparable, pas Assange, quelqu’un qui se fait accuser d’être un « leaker » (divulgateur d’informations à caractère confidentiel, ndt) ou un hacker, ou une menace aux USA qui ne soit pas un lanceur d’alerte. Et ensuite, il y a une entité gouvernementale qui – soit sur commande ou de sa propre initiative – commence une enquête; d’un point de vue strictement légal, quelle est la protection pour l’individu qui initie l’action,  qu’elle soit bienveillante ou plus vénale; et que vous soyez un officiel du gouvernement ou un citoyen, ou même un non-citoyen – quels sont les standards juridiques pour affirmer – tu peux divulguer, mais toi tu ne peux pas?

Je ne parviens pas à croire que Leon Panetta aie le loisir d’appeler les médias mainstream et de dire – ne rapportez pas cette histoire, en voici une meilleure, et j’ai besoin de ceci, ou je ne sais quoi. Ils le font tout le temps. Mais si quelqu’un d’autre le fait, il peut finir sur la chaise électrique. Je ne capte pas.

JC: Ou les différences sont que puisque Seymour Hersh ne grille pas ses sources, il peut diffuser des informations confidentielles sur des attaques contre l’Iran ou des armes de destruction massives… parce qu’à part l’argument du hacker dont nous ne savons pas s’il est vrai – se reposent-ils sur la méthode par laquelle il est venu à diffuser ces informations? Ou est-ce une surgélation générale dans l’hypocrisie?

JT: Alors, je pense que le problème est le standard juridique. Si vous lisez la loi fédérale, il est bien clair que c’est considéré comme un crime que de posséder des informations classées confidentielles sans avoir une autorisation ou un besoin de détenir ces informations.

KM: Judith Miller fait-elle partie de ce monde, ou est-ce différent?

JT: Hé bien, c’est une chose qui peut être utilisée contre n’importe quel journaliste recevant des informations confidentielles comme les Pentagon Papers. Et le problème est que les tribunaux, particulièrement depuis le tribunal Rehnquist, ont graduellement réduit le privilège journalistique dans ce pays. Il y a une exception au privilège journalistique pour la fraude criminelle, ce qui explique pourquoi des journalistes peuvent être traînés devant des grands jurys ou jetés en prison pour n’avoir pas rendu de témoignage. Ceci n’est pas juste pour des affaires à nature confidentielle mais pour toute affaire criminelle.

JC: Mais cela ne s’applique pas uniformément au gouvernement. Donc quand Rove a divulgué l’identité de Valerie Plame, – hé bien, ils ont eu Scooter Libby, ils en ont donc lâché un.

JT: En fait, il y a beaucoup de ce genre de conflits. Je veux dire, il y avait Sandy Berger, qui aurait placé du matériel confidentiel dans sa chaussette et serait sorti d’un bâtiment sécurisé. Toute autre personne faisant cela aurait probablement été poursuivie, et il –

KM: Et l’a divulgué. Ce n’est pas comme s’il le ramenait chez lui pour mettre dans son album de souvenirs de fac.

JT: Ouais. Il y a beaucoup de ce genre de choses.

Les gens ne se rendent pas compte que l’administration Obama a été, s’il en fut, plus dure envers les lanceurs d’alerte que l’administration Bush. La raison en est en partie qu’ils savent que le bord de ceux qui soutiennent traditionnellement les lanceurs d’alerte se trouve être celui d’Obama. Et donc ils –

JC: Peux-tu un peu plus t’expliquer là-dessus? Je n’ai pas bien compris.

JT: Hé bien, que l’administration Obama, dans le domaine des lanceurs d’alerte, a rpsi exactement la même position que celle qu’ils ont adoptée sur les libertés civiques. c’est-à -dire, ils sont pleinement conscients –

JC: Institutionnalisant l’agenda de Bush, l’expansion massive du pouvoir de l’exécutif…

JT: Mais ils en ont plus que la capacité pour le faire, car ils savent qu’ils démarrent en divisant l’habituelle –

JC: Opposition.

JT: – communauté, oui –

JC: Compris.

JT: – qui soutient les lanceurs d’alerte. Et c’est la même chose avec les libertés civiques – ils savent qu’au moins la moitié des gens qui soutiennent d’habitude les lanceurs d’alerte ne diront rien si l’assaut vient du président Obama. Et cela fait partie de ce culte de la personnalité qui a saisi tant de gauchistes et Démocrates et progressistes.

JC: Ouais. Nous le voyons tous les jours.

JT: Mais la répression contre les lanceurs d’alerte est un exemple d’une réaction assez tiède. L’administration Obama est partie le mors aux dents contre les lanceurs d’alerte. Ils ont témoigné très peu de sympathie ou de retenue. Mais il y en eu très peu de couverture médiatique. Vous savez, j’avais pensé que la Convention Démocrate était révélatrice, quand vous compariez la platreforme entre 2008 et 2012. Des pans entiers des libertés civiques ont disparu entre ces deux conventions. Et même s’il est vrai que ces conventions sont plutôt vides de contenu, le refus de ne faire que mentionner le soutien de certains des principes de sa campagne de réélection a été vraiment frappant, depuis la détention indéfinie à la torture.

JC: Je sais.

JT: En fait, cela s’est évaporé. La même chose avec les écoutes sans mandat – les meurtres par drones – même des États-Uniens tués sans même un argument juridique cohérent ou –

JC: Mais il était sur « Jon Stewart » (un talk-show US, ndt), et il a bien dit que tuer des États-Uniens n’est pas optimal,

JT: Oui.

(Rires)

JC: – c’est un peu comme une reconnaissance de loin de certaines des affaires d’état louches et sales.

JT: Oui. C’est comme sortir sa décapotable par temps de pluie. Ce n’est pas optimal.

JC: Non, pas optimal. Parfois vous avez juste besoin de garder des gens en prison sans procès et de les assassiner. Mais c’est pas optimal.

JT: Cela montre vraiment la fascination qu’a cette administration pour les drones. Peu de gens savent que le président Obama s’est servi d’attaques de drones beaucoup plus de fois que Bush ne l’a jamais fait. Obama est hors catégorie en termes d’attaques de drones.

JC: – et ces actes de guerre, sur des nations souveraines, et des innocents se font tuer, pas vrai? Mais nous les appelons des terroristes suspectés, et les massacrons. En réalité nous ne savons pas qui ils sont – ou qui nous tuons – ou pourquoi.

JT: Ouais, c’est encore un autre exemple de ce genre de sens nuancé que nous trouvons chez l’administration Obama – qu’est-ce qu’une attaque de drone? Une attaque de drone est un assassinat. C’est cibler un individu pour le tuer.

JC: Cela devrait être souligné en sang – Comme tu a dit, ton droit à procédure te sert quand ta voiture explose –

C’est intéressant, parce que c’est comme un parallèle tordu de ce qu’est un Assange – qu’est-ce qu’un journaliste? Tout ce malaise profond – les gens ne semblent tout simplement pas vouloir le reconnaître et ce n’est même pas vraiment défendu – juste ignoré comme par routine – ce n’est pas juste que les excès de l’administration Bush n’ont pas été corrigés – il y a une escalade d’écoutes sans mandat, une escalade de drones, une escalade d’intimidation des lanceurs d’alerte. Ces choses augmentent exponentiellement. Est-ce que c’est un commentaire correct?

JT: Non, il est absolument juste. Mais ces leaders Démocrates ont grandement abandonné les libertés civiques. Ils livreront encore des envolées de rhétorique au sujet des libertés civiques. Mais ce sont quelques-unes des mêmes personnes pendant l’administration Bush qui apprirent des choses telles que les programmes de torture. Certains étaient les mêmes qui bloquèrent toute enquête parlementaire de ces programmes.

Ils sont donc lourdement investis dans ce système national de sécurité que nous avons. Et cela ne va pas changer simplement parce qu’Obama est dans son deuxième mandat. Le Congrès est toujours lourdement divisé. Ces politiciens vont tourner le regard vers les prochaines élections dans deux ans, et Obama aussi. Et ils vont poursuivre la même approche et le même script pour ce qui est des libertés civiques. Ils vont continuer à donner à la clique de la sécurité nationale tout ce qu’ils veulent.

JC: C’est tellement bizarre, parce que même quand nous parlons de libertés civiques, cela semble être un thème très marginal – un peu kitsch, un peu comme ce que font les collectionneurs de petites babioles. j’aime mes petites boîtes chinoises, j’aime ma liberté civique.

Ce que je ne comprends pas c’est – et c’est pourquoi je pense que c’est peut-être juste du racisme – peut-être parce que ce n’est encore arrivé à personne que nous connaissions, seulement ces Arabes ou personnes à la peau brune de pays ratés. Tant pis pour eux… Ce n’est pas grave s’ils peuvent jeter Bradley Manning en prison. Pas grave s’ils peuvent jeter n’importe quel Arabe en taule ou les assassiner, ou leurs familles à un mariage – Si le gouvernement peut simplement dire – nous soupçonnons cette ou ces personnes d’être des terroristes, nous pouvons les pulvériser – les oblitérer de la surface de la planète.

JT: Ou,plus important, tu auras la même division. Les gens ne vont toujours pas sentir qu’ils peuvent s’opposer à Obama, avec les Républicains encore plus barrés à droite.

Et donc tu vas avoir la même dynamique. C’est la même caisse de résonance qui a cours aujourd’hui. Et c’est pourquoi Obama a été si désastreux pour le mouvement des droits civiques. J’ai écrit une colonne il y a quelques années, au sujet de la mort du mouvement des libertés civiques, pour le LA Times. Et elle détaille combien Obama a été dévastateur pour le mouvement. Je ne pense pas que sa réélection aide, mais plutôt gêne la cristallisation d’un mouvement significatif. Il ne va pas prendre.

Je pense qu’il aurait pu prendre si Romney avait été elu, ironiquement. Je pense qu’il aurait pris si McCain avait été élu parce qu’il y aurait eu la sortie de cette figure très centripète, qu’est Barack Obama. Parce que beaucoup de gens ne peuvent pas se battre sur ces sujets de libertés civiques quand ils sont en train de se battre contre cette figure emblématique.

JC: Kevin, comment vois-tu la chose se dérouler, politiquement parlant? Vois-tu des bonnes nouvelles arriver par les tuyaux, ou est-ce que nous avons vraiment juste l’obligation de dire la vérité et de prendre les coups? Ou plutôt de regarder pendant que d’autres le font – en fait…

KM: Je pense que nous avons trop de problèmes en même temps: Un. Le Congrès – qu’il soit Démocrate ou Républicain, le Congrès, à la fois la Chambre (des Représentants, équivalent de l’Assemblée Nationale aux USA, ndt) et le Sénat, sont vendus et payés par « POLITIQUE/GOUV. Inc » qui les contrôlent. Les commerciaux, consultants/lobbyistes/leveurs de fonds/opérateurs – ils mènent la danse à Washington, DC maintenant. Vous avez donc très peu d’ouvertures pour quoi que ce soit de créatif, pour toute alternative, toute solution et le public globalement recherche des solutions.

Deux, Jon parle d’un point très important auquel je n’avais pas encore pensé.. Le fait est qu’il n’y a pas de partage 50/50. Il y a une sorte de partage différent. Et la raison pour laquelle Obama n’a pas été aussi bon qu’il l’aurait pu, c’est qu’il lui en est donné le pouvoir. Et tous les jours, il y a ce pouvoir – cette influence – qui est donné à des gens qui ont peur d’être considérés comme déloyaux -ooh, ne dites pas ça, vous ne pouvez dire ça, vous ne pouvez pas. C’est notre homme.

En fait, la réalité de l’histoire est que, politiquement, si tu n’as pas tes suporters te poussant vers un agenda, te poussant à t’améliorer, te poussant vers de nouvelles hauteurs… tu laisses tout à l’égo – ou à l’ego d’Obama, ou à sa vanité, son narcissisme, le nom que tu veux lui donner – nous n’en bénéficierons pas. Les gens globalement n’en bénéficieront pas, c’est à propos de lui, pas du peuple.

Il y a donc, je crois, cet octroi en silence de pouvoir, d’influence, involontaire ou tout à fait voulu en lui accordant un sauf-conduit. Et ce n’est pas juste les libertés civiques.

Ce qui m’effraie le plus c’est que tellement de gens qui sont sur les côtés de la route, qui devraient être activés – motivés et activés mour faire quelque chose, prennent tout pour acquis.

JC: Je vais bientôt voir Assange et revenir en parler…

Source: http://www.huffingtonpost.com/john-cusack/what-is-an-assange-part-2_b_2402236.html

Lire la 1ère partie de l’interview: https://wikileaksactu.wordpress.com/2013/01/06/interview-de-john-cusack-quest-ce-quun-assange/

Traduit depuis le web par Will Summer

Interview de John Cusack: « Qu’est-ce qu’un ‘Assange’? »

par John Cusack, le 1 janvier 2013

Cette semaine, j’ai été fier de rejoindre le conseil et d’aider au lancement de la Freedom of the Press Foundation (FPF), une nouvelle organisation qui compte sur le crowd-funding pour une gamme de diffuseurs médiatiques dont la mission première est d’œuvrer à la transparence et à la responsabilité gouvernementales. Vous pouvez vous informer au sujet des quatre premières organisations – qui incluent la National Security Archive, MuckRock News, The UpTake et WikiLeaksici.

Je me suis assis, récemment, avec le professeur de la Washington Law School et spécialiste constitutionnel Jonathan Turley et mon ami proche Kevin McCabe pour discuter de l’impact de WikiLeaks sur la transparence, la réponse gouvernementale, et de la comparaison avec le lanceur d’alerte des Pentagon Papers, Daniel Ellsberg (aussi co-fondateur de la FPF). (Et lisez une conversation antérieure avec Jonathan Turley ici.)

WikiLeaks a été extra-judiciairement coupé de son financement après que deux membres du Congrès US aient fait pression sur Visa, MasterCard et PayPal pour qu’ils cessent de faire affaire avec l’organisation journalistique fin 2010. Nous espérons que la Freedom of the Press Foundation deviendra un bastion contre ce genre de tactiques non-officielles de censure à l’avenir.

Voici la première partie de notre conversation.

John Cusack – JC: Vous aviez lu ce papier d’Ellsberg avant les élections?

Kevin McCabe – KM: Non.

Jonathan Turley – JT: Non.

JC: C’était lourd de sens, je repense à ce que cela voulait dire que de voter pour Obama – la position d’Ellsberg en est une position de principe – mais il avait pris l’attitude de Chomsky de stopper les Républicains dans certains états décisifs. Mais de le faire sans illusions.

JT: Oui.

JC: En tout cas, j’ai pensé que le cas Ellsberg était fascinant. Et j’ai parlé à – John, tu connais Michael Ratner? Il m’a dit qu’il te connaissait –

JT: Ouais.

JC: Je lui ai parlé de cette requête pour voir Assange à Londres. Je pensais juste Assange, et comme Hedges et Ellsberg attaquent la NDAA, nous avons une situation où, si les choses sont telles qu’elles semblent être, Assange est reclus pour le simple fait d’avoir exposé des crimes de guerre.

JT: Ouais. Je pense que la chose la plus intéressante à propos d’Assange est que le même acte de diffusion d’informations, s’il était reconnu comme journaliste, lui aurait peut-être valu le Prix Pulitzer. Assange a ce statut particulier. Les médias ne savent pas vraiment comment dialoguer avec lui. Ils n’arrivent pas à se décider de savoir si c’est un bandit ou un héros, ou une espèce de bandit héros. Et beaucoup de gens ignorent le contenu d’une grande part de ce qu’il a publié.

Nous en avons parlé toi et moi par le passé, John, comme quoi le matériel diffusé par WikiLeaks avait énervé le gouvernement US, principalement parce qu’il démontrait que le gouvernement avait menti régulièrement au peuple des USA. Ceci a provoqué une immense colère chez des officiels du gouvernement qui n’ont pas l’habitude d’être exposés de cette manière, y compris des membres du Congrès. Ce sont des gens qui contrôlent de près ce qu’apprend le public et quelles informations sont permises hors du gouvernement.

Franchement, la plupart des gouvernements ont l’habitude de se mentir – à un point que la plupart des gens trouveraient choquant. Une partie de la diplomatie est l’art du mensonge stratégique. Ces câbles démontrent le niveau de mensonge atteint par les gouvernements non seulement envers d’autres gouvernements, mais envers leurs propres citoyens, dont les nôtres. Et c’était donc une divulgation particulièrement embarrassante.

Certaines d’entre elles ont été vraiment étonnantes et bien plus importantes que ne l’a suggéré la couverture médiatique. Par exemple, nous avons parlé du câble exposant que l’administration Obama avait menacé l’Espagne, si l’Espagne exerçait son droit par traité d’enquêter sur le programme de torture US, étant donnée le refus d’Obama de le faire.

JC: Ouais, ce n’est pas comme si ce mec était poursuivi à travers le globe parce qu’il avait embarrassé quelques diplomates.

JT: C’est sûr, c’est bien plus que ça.

JC: J’aimerais beaucoup discuter de ce que sont ces principes légaux sous-jacents. Penses-tu qu’il pense qu’il fait quelque chose qui devrait être fait par les journalistes et les diffuseurs – penses-tu qu’il remplisse une vacance dans le journalisme, ou ceci est-il une nouvelle forme de journalisme? Peut-être ne se soucie-t-il pas de ces distinctions, et devrions-nous?

JT: Hé bien, la réponse à Assange est remarquable – c’était un peu comme un changement de paradigme. Les médias ont l’habitude de divulgations isolées qui sont maîtrisées et focalisées sur des sujets tels que les prisons secrètes en Europe, ou le programme de torture. Ce qu’a fait Assange a été la diffusion massive de matériel qui montrait la choquante malhonnêteté du gouvernement US et de gouvernements autour du monde… elle a montré comment beaucoup de nos politiques domestiques ou internationales sont juste une espèce de kabuki, qui –

JC: Vu ainsi, c’est adéquatement analogue aux Pentagon Papers. De la même manière – disons qu’Eric Holder signant des documents disant que vous pouvez tuer des citoyens US est le même genre de patine légale de merde que le document de John Yoo sur la torture. Quelles sont les différences importantes ou les parallèles, entre les publications des Pentagon Papers par Ellsberg et les publications de WikiLeaks exposant les crimes de guerre et les mensonges d’Etat?

JT: Je pense que vous faites la bonne analogie. En un sens, les Pentagon Papers étaient si importants parce qu’ils étaient focalisés sur le thème du mensonge autour de la guerre du Vietnam. Assange est presque blessé parce que ses publications étaient 100 fois plus vastes que les Pentagon Papers.

Ironiquement, s’il avait simplement pris des parties de ces divulgations et les avaient publiées de manière isolée, il aurait peut-être eu davantage de soutien. À la place, il a rendu publique cette chronique exhaustive des mensonges du gouvernement US et d’autres gouvernements. Et franchement, je pense que les médias classiques ont eu du mal à la couvrir, la décrire et à s’en servir.

Le résultat, c’est que ce mec est isolé, à la fois juridiquement et physiquement. Il est tout bonnement retenu captif dans cette ambassade, à moins qu’il ne convienne de la quitter et d’être sujet à arrestation. Il a de bonnes raisons de suspecter que le gouvernement US projette de le déporter dès que n’importe quel gouvernement – n’importe quel gouvernement ami – arrive à mettre la main sur lui.

JC: Ouais – je n’ai aucune idée de ce qu’est la vérité en la matière. Mais je sais que vous n’avez pas vu tant de gouvernements se piquer d’un tel intérêt et s’impliquer autant dans des affaires suédoises de viol.

JT: En fait, il y a beaucoup de scepticisme autour du timing. Le fait est que les USA avaient besoin qu’un gouvernement attrape Assange sur la base de quelque accusation criminelle. Pourtant, nous ne connaissons pas complètement tous les faits de l’affaire.

Assange est peut-être, en effet, un individu hautement imparfait – même un violeur si les allégations étaient jamais prouvées. Comme je l’ai déjà dit, je dis sans cesse à mes étudiants que nos causes sont souvent meilleures que nos clients. C’est juste une réalité du travail pro bono ou d’intérêt public. Il n’est pas rare d’avoir des personnes qui soulèvent des questions d’intérêt public importantes, mais qui ont pu commettre de grands torts.

Honnêtement, je ne sais pas quelle est la vérité au fond de cette affaire. Je sais qu’Assange a proposé de rencontrer des enquêteurs à l’ambassade, et cela a été refusé. Je ne suis pas bien sûr de pourquoi cela a été refusé.

Mais en termes de l’importance de WikiLeaks, je ne pense pas que qui que ce soit puisse réellement remettre en question que ces publications ont une importance considérable.

JC: Oui, de beaucoup de façons, cela change le monde. Assange et WikiLeaks disent-ils en fait qu’il n’y a plus personne qui fasse encore ce genre de journalisme, et que donc nous devons le faire nous-mêmes? Ou comble-t-il quelque autre espace journalistique, ou essaie-t-il de tronquer l’espace journalistique. Légalement, où est la différence? Pourquoi est-il puni alors que le New York Times ne l’est pas? Ils ont publié son matériel.

Je pense que tu dis que c’est un terrain tellement plus vaste que les Pentagon Papers que cela explique peut-être la frénésie – quand l’éditeur du New York Times et les reporters autour des divulgations d’Ellsberg ont juste eu à se dire – mensonges du Vietnam – OK, ces types vont nous courir après – nous irons peut-être en prison, peut-être pas. Mais ils ont pris le risque, et ils les ont publiés. WikiLeaks s’en prend à tous les gouvernements tout autour du monde.

JT: Ouais, je trouve fascinant de regarder la réaction à Bradley Manning et à Assange. Le gouvernement est vraiment monté jusqu’à DEFCON 4 pour s’occuper de ce gars. ET la question c’est pourquoi. Je pense que la réponse est qu’ils veulent pendre les malheureux. Ils veulent que tout le monde voie ces hommes se tordre dans le vent, pour que personne ne refasse plus ce genre de choses.

Et qu’ont-ils fait? Ils ont publié –

JC: Ce sont des lanceurs d’alerte.

JT: Oui, lis ont publié des informations portant préjudice au gouvernement. Mais quand vous regardez la couverture médiatique, ils ne veulent clairement pas traiter Assange comme un lanceur d’alerte, et ils ne veulent surtout pas le considérer comme un journaliste.

Et ceci mène donc à la question, longtemps en suspens, de ce qui constitue un journaliste à l’ère des blogs et des sites Internet?

JC: J’imagine que c’est probablement la question vers laquelle je me dirigeais – que penses-tu que soit la différence, du point de vue constitutionnel de la liberté d’expression, ou de sa protection?

JT: Les journalistes en ont adopté une définition très étroite parce qu’ils ont une crainte légitime que, avec la possibilité de créer un blog en quelques minutes, tout(e) un(e) chacun(e) puisse se déclarer journaliste. Si tout le monde est journaliste, personne n’aura plus sans doute de privilèges journalistiques. Les journalistes vivent grâce à ces privilèges et ceux-ci s’évaporeront comme neige au soleil si tout le monde peut les réclamer.

Et donc si vous regardez certaines choses comme le National Press Club, ils ont depuis longtemps eu une définition de ce qu’est un journaliste qui s’occupe de combien gagne la personne pour faire du journalisme, et excluant des personnes qui sont des journalistes légitimes mais ne reçoivent pas un salaire à plein temps, ou même un salaire à temps partiel significatif. Ces définitions sont hautement artificielles aujourd’hui. L plupart des gens obtiennent leurs infos d’Internet et de blogs.

KM: – Dans une référence dans un article du Times, le reporter citait Chris Matthews et Katie Couric comme journalistes, et qui seraient présents au dîner d’Al Smith. Et j’allais envoyer une note disant que Chris Matthews n’est pas journaliste. À une époque il a été pigiste. Mais c’est un commentateur de la TV par câble maintenant. Je pense que ce que vous êtes en train de dire apporte juste à tout ceci un relief surprenant. C’est juste si évident.

JT: Cela suscite aussi cette situation étrange, où si Adam Liptak au New York Times publie du matériel venant d’Assange, c’est un acte de journalisme. Quand Assange publie ces informations en masse, c’est considéré comme un acte de terrorisme. Et personne ne semble être à l’aise pour tenter d’expliquer cette différence. Et je ne suis pas trop sûr qu’ils le puissent.

Il y a deux manières de voir si une personne est ou non un(e) journaliste – leur fonction et leur motivation. Et, en général, nous considérons les deux. Alors, quelle était la motivation d’Assange? Sa motivation, il me semble, était clairement d’être un lanceur d’alerte et de publier ces informations. Mais il faisait aussi une chose qui est identique à ce que font les journalistes.

Et pourtant, si vous lisez comment il est traité dans les journaux, ils ne le considèrent pas comme un lanceur d’alerte ou un journaliste; ils le traitent en quelque sorte comme sui generis, quelque chose d’unique. C’est un ‘Assange’.

JC: Oui. Quelle est la différence entre lui soulevant des fonds, créant un site web, WikiLeaks, et ayant sa propre équipe d’enquêteurs rassemblant des informations et accumulant du contenu; et le Huffington Post recrutant des gens faisant la même chose – je la regarde mettant son truc en place et devenit le journal en ligne… beaucoup de ceux qui étaient blogueurs sont maintenant journalistes – des mecs super comme Sam Stein – et ils font du très bon boulot – maintenant ils ont des titres – ils se font accréditer et vont à la Maison Blanche, et ils sont journalistes, mais prioritairement, ils écrivent en ligne…

JT: Ouais, je pense que c’est vrai. La différence que tu peux tirer entre ces actes – et je pense que tu as tout à fait raison à ce sujet. Je pense qu’une partie de cette différence vient du fait que si le gouvernement disait qu’Assange est en fait un hacker – s’ils disent qu’il a fait effraction dans un système informatique et en a enlevé ce matériel –

JC: – ils disent en gros qu’Assange est Anonymous.

JT: Oui.

JC: Alors leur argument c’est que si Assange est Anonymous; c’est un cyber-terroriste?

JT: Oui. Et si c’est un hacker, je pense que cela –

JC: Cela tient-il?

JT: Hé bien, non – si c’est un hacker, cela le met dans une autre catégorie, dans le sens où il commet un délit –

JC: Est-il un hacker? Savons-nous cela?

JT: Alors non, nous ne le savons pas. En fait, beaucoup de personnes insistent sur le fait qu’il est clair qu’il n’est pas hacker, qu’il a d’une manière ou d’une autre obtenu ce matériel d’une tierce personne. Mais je ne sais pas ce qu’il en est, dans un sens ou dans l’autre. Cependant je pense que la différence que nous pouvons distinguer, et qui est celle qui a existé –

JC: Comme le New York Times a eu d’Ellsberg – il était la tierce personne.

JT: Correct.

KM: Mais je pense qu’il est important de recadrer ici cette conversation et de considérer ce problème depuis une perspective plus large que juste Julian Assange. Parce que je ne m’intéresse pas aux individus.

Je m’intéresse aux mouvements. Nous avons besoin de protéger le Premier Amendement et son application au sens le plus large. Assange m’indiffère outre que c’est un individu dont les droits sont bafoués. la raison pour laquelle nous devrions nous soucier de ce qui arrive à Assange aux USA est que ce qui lui arrive, arrive au Premier Amendement.

Vous pouvez également lire ce post sur le blog de Jonathan Turley.

Source: http://www.huffingtonpost.com/john-cusack/what-is-an-assange_b_2317824.html

Et: http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,16829.0.html

Lire la 2ème partie de l’interview: https://wikileaksactu.wordpress.com/2013/01/18/interview-de-john-cusack-2eme-partie-quest-ce-quun-assange/

Traduit depuis le web par willsummer