Un personnage lié à WikiLeaks dit qu’un démocrate « dégoûté » a fuité les emails de la campagne Clinton

Washington Times, Dave Boyer, 14/12/2016

craigmurray_c0-194-1234-913_s885x516Un personnage lié à WikiLeaks prétend qu’il a reçu les emails de la campagne Clinton d’un lanceur d’alerte démocrate « dégoûté », tandis que la Maison Blanche a continué d’accuser des hackers russes, mercredi, de s’être mêlés aux élections présidentielles et a affirmé que Donald Trump était « évidemment conscient » des efforts de Moscou en son nom.

Craig Murray, ancien ambassadeur britannique en Ouzbékistan et associé proche du fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, a déclaré dans un article du Daily Mail qu’il avait pris l’avion pour Washington pour un transfert clandestin avec l’une des sources des emails, en septembre.

Il a dit avoir reçu un paquet dans une zone boisée près de l’université américaine. »Aucune [des fuites] ne vient des Russes », a déclaré M. Murray au journal britannique. « La source avait un accès légal à l’information. Les documents provenaient de fuites internes, pas de piratages ».

Lire la suite: http://www.washingtontimes.com/news/2016/dec/14/craig-murray-says-source-of-hillary-clinton-campai/

Le Sean Hannity Show demande à Julian Assange si la Russie est derrière le piratage des documents obtenus par WikiLeaks

Les Russes et le piratage? ou bien des fuites venant de l’intérieur des Etats-Unis? (émission radio intégrale)

Julian Assange « Notre source n’est pas le gouvernement russe » (extrait de l’émission)

Les 101 choses que nous avons apprises des emails Podesta de WikiLeaks

Zero Anthropology, 08/11/2016

800px-map_of_usa_with_county_outlines_wikimediaLes électeurs américains ont eu une occasion rare, voire sans précédent, de se pencher sur les mécanismes internes d’une campagne électorale et d’une fondation, tel que présentés par les initiés eux-mêmes. Le fait d’avoir ce privilège a motivé un chroniqueur à affirmer que: « Ceux qui votent pour Hillary Clinton, défendent Clinton et soutiennent Clinton sans lire l’information rapportée par WikiLeaks ne sont intellectuellement pas différents de ceux qui critiquent la science du climat sans jamais avoir lu la science » (Denver Post, 02/11/2016). Quand l’accès aux « élites du pouvoir » est habituellement refusé à quasiment n’importe qui, grâce à WikiLeaks ceci est maintenant accordé à pratiquement tout le monde.

Ce qui suit est une liste des 101 histoires qui ont attiré mon attention pendant le mois de la publication des emails Podesta, publiés par WikiLeaks. Y a-t-il seulement 101 choses à apprendre? Il y en a probablement des milliers d’autres — ce n’est en aucun cas un compte complet, mais plutôt un instantané personnel. Idéalement, on lirait chaque email individuel, et on essayerait de les assembler dans de plus grands modèles pour former un tableau plus large. Ce serait aussi un travail très fastidieux. Je n’ai probablement pas lu plus de 20% de la masse totale des emails — et même ainsi, regardez ce que nous avons trouvé. Ma méthode pour produire cette vue d’ensemble a impliqué une certaine triangulation: ma propre lecture des emails, ajoutée aux principales conclusions publiées par WikiLeaks à travers son compte Twitter, en plus de la couverture médiatique par le peu de journalistes ayant un intérêt dédié. Bien sûr, même une lecture complète ne révélerait pas tout: toutes les communications entre ces initiés n’a pas été faite par courrier électronique. On peut imaginer qu’il y aurait eu beaucoup plus de choses dites en face à face, aux déjeuners, dîners et réunions du conseil d’administration, sans parler de ce qui a été dit au téléphone.

Lire la suite: https://zeroanthropology.net/2016/11/08/101-things-we-learned-from-wikileaks-podesta-emails/

Pour Julian Assange, Clinton et Daesh sont financés par le même argent

Voir l’interview intégrale: https://youtu.be/WksG3XSBvE4

WikiLeaks et les Podesta emails

Les Podesta emails

POLITICO couvre la dernière publication WikiLeaks sur les emails du président de la campagne Clinton, John Podesta.

Politico, Live-blog

Épinglé par Eric Geller, 10/2016

220px-john_podestaWikiLeaks a publié lundi un deuxième lot présumé de courriels privés du président de la campagne d’Hillary Clinton, John Podesta.

Les nouveaux messages, qui couvrent une période allant de septembre 2007 à mars 2016, est apparu en ligne trois jours après la première tranche de messages, et au lendemain du deuxième débat présidentiel.

Ces emails ont été publiés peu de temps après que le gouvernement américain a accusé publiquement le gouvernement russe [d’être impliqué dans] les cyberattaques sur les organisations politiques américaines comme le Comité national démocrate [DNC].

Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, a promis la semaine dernière de poster du « matériel significatif » lié à l’élection américaine. Le site internet anti-secrets a déjà sorti un lot d’emails apparemment volés au cours du piratage de données au DNC. Les messages internes semblent montrer que le comité a favorisé à la Maison Blanche la candidature de Clinton sur celle de son rival, le sénateur Bernie Sanders (I-Vt.), forçant la démission de la présidente Debbie Wasserman Schultz.

Lire la suite: http://www.politico.com/live-blog-updates/2016/10/john-podesta-hillary-clinton-emails-wikileaks-000011

Podesta emails: https://wikileaks.org/podesta-emails/?q=&mfrom=&mto=&title=&notitle=&date_from=&date_to=&nofrom=&noto=&count=50&sort=6

Archives WikiLeaks: https://wikileaks.org/-Leaks-.html

Réponse au titre de l’article du New York Times sur WikiLeaks paru le 1er septembre 2016

communiqué paru sur le compte @wikileaks, le 01/09/2016

assange_nytRéponse à l’article du New York Times publié jeudi « Comment la Russie trouve souvent des avantages quand Julian Assange révèle les secrets de l’Occident » [http://archive.is/my52v]

Les seules vraies informations dans l’article sont que « les responsables américains disent que M. Assange et WikiLeaks n’ont probablement aucun lien direct avec les services de renseignement russes. »

Wikileaks a publié plus de 650.000 documents sur la Russie et le président Poutine, dont la plupart sont critiques. Voir https://search.wikileaks.org/

Il est faux que le livre Les documents Wikileaks: Le monde selon l’empire américain (qui parle de la diplomatie américaine), ne contient pas de critique de la Russie. Il contient de nombreuses références critiques à la Russie, y compris un chapitre entier sur les relations diplomatiques des États-Unis avec la Russie avec de nombreuses références à la corruption russe.

Il est faux que M. Assange « aurait évoqué aux associés de déménager » en Russie. Il a ouvertement plaisanté lors d’une conférence de presse en disant combien il serait absurde si un militant de la liberté de la presse occidentale était forcé de demander l’asile à Cuba.

Il est faux que WikiLeaks ou M. Assange n’auraient pas « publiquement critiqué » les violations des droits de l’homme commises par M. Assad et les forces russes qui se battent là-bas. WikiLeaks ne fait aucun commentaire sur les événements mondiaux, à moins que les événements ne se rapportent à ses publications, à son organisation ou à ses sources présumées. Mais, par exemple, WikiLeaks a soutenu la critique d’Amnesty sur les civils russes tués dans leur bombardement en réponse aux partisans russes qui l’ont attaqué, en disant que l’analyse numérique d’Amnesty semblait tenir bon.

Il est trompeur de laisser entendre que WikiLeaks aurait simplement tweeté une fois au sujet de l’emprisonnement du groupe musical russe Pussy Riot. En fait, M. Assange a rencontré plusieurs fois divers membres des Pussy Riot et elles ont rejoint la Fondation Courage, qu’il a co-fondé, et qui protège les sources journalistiques. Voir http://www.dazeddigital.com/artsandculture/article/22662/1/pussy-riot-joins-julian-assange-whistleblower-foundation

Il est faux que la Russie aurait délivré un visa pour Julian Assange (ou que M. Assange aurait demandé un visa).

Il est faux que WikiLeaks n’aurait pas produit de document critique sur le gouvernement Assad. Wikileaks a publié 2,3 millions de documents du gouvernement Assad, un allié russe, y compris des emails personnels du chef de l’Etat, Bachar al Assad. WikiLeaks a également publié sur l’espionnage, par le gouvernement syrien, de militants syriens au moyen de « bluecoat » et documenté de nombreuses importations utilisées par la sécurité nationale syrienne en violation des sanctions du régime. Voir https://wikileaks.org/syria-files/ et https://twitter.com/search?f=tweets&vertical=default&q=syria%20%20from%3Awikileaks%20since%3A2012-01-01%20until%3A2012-12-31&src=typd

La théorie du complot que l’article tente d’attribuer sur le calendrier des publications de WikiLeaks est fausse et n’est pas du journalisme.

Prenons l’exemple de premier plan dans l’article, la censure totale du diffuseur kurde Roj TV. Quand M. Assange a attiré l’attention sur cet outrage, cela coïncide avec les tentatives de Roj de faire de la publicité pour leur appel au tribunal (la grande vedette étant une publication WikiLeaks). Plus tard, lorsque le chef de l’OTAN, Rassmusen, est apparu dans les informations, cela a accroché l’attention sur les archives WikiLeaks et comment ils documentent les sordides accords derrière la destruction de Roj TV. Voir youtube

De même, dans d’autres cas, WikiLeaks a répondu aux appâts de l’information – comme tous les organes de presse le font, pour attirer l’attention sur ses archives ou pour soutenir sa mission anti-censure ou de protection de la source. Encore une fois, tout autre autre suggestion est fausse.

WikiLeaks n’a connaissance d’aucune affirmation du gouvernement américain disant que les emails du DNC publiés par WikiLeaks auraient été « volés par le renseignement russe ». En fait, le chef du renseignement américain, James Clapper, a déclaré que le gouvernement américain n’a pas été en mesure de l’attribuer à quelqu’un. Les différents piratages du DNC sur plusieurs années ne relèvent pas de la même question que la publication par Wikileaks d’emails divulgués et il est trompeur de suggérer autre chose.

Il est faux que la décision de l’ONU au sujet d’Assange serait « non-contraignante ». L’ONU a explicitement déclaré que cela est « juridiquement contraignant ». Il est faux que [cette décision] aurait été rejetée par les tribunaux britanniques. Son caractère contraignant est maintenant considéré par la Cour d’appel suédoise.

La déclaration de l’ONU en réponse aux erreurs de la presse:
NOTE AUX RÉDACTEURS EN CHEF:
Les avis du Groupe de travail sur la détention arbitraire sont juridiquement contraignants dans la mesure où ils sont fondés sur le droit international des droits de l’homme, tels que le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP). Le GTDA [Groupe de travail sur la détention arbitraire] a pour mandat d’enquêter sur les allégations d’individus privés de leur liberté de manière arbitraire ou incompatible avec les normes internationales des droits de l’homme, et de recommander des solutions telles que la libération de la détention et l’indemnisation, le cas échéant.
Le caractère contraignant de ses avis découle de la collaboration des États dans la procédure, du caractère contradictoire de ses conclusions et de l’autorité donnée au GTDA par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies. Les avis du GTDA sont également considérés comme faisant autorité par les institutions judiciaires internationales et régionales de premier plan, y compris la Cour européenne des droits de l’homme « . http://ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=17013&LangID=E

Le comité de rédaction du New York Times a appuyé Hillary Clinton, mais cela n’est pas dévoilé dans l’article. L’auteure principale, Jo Becker, a dernièrement retweeté Hillary Clinton (une campagne d’animation en sourire et en danse), le 3 mars. L’autre auteur, Eric Schmitt, a déjà écrit dans le New York Times, d’autres rapports d’enquête robustes, par exemple, que M. Assange est un « clochard » avec des « chaussettes sales » qui « puent ». Il est devenu correspondant du Pentagone en 1990.

Source: http://www.twitlonger.com/show/n_1sp2hsr et https://twitter.com/wikileaks/status/771329205594447872

Julian Assange, agent du contre-terrorisme occidental?

Dans un article daté d’octobre 2012, publié sur le site du sénateur australien Scott Ludlam, on lit ce titre: « Julian Assange, journaliste ou terroriste? »

800px-Julian_Assange_(1)Cette question est justifiée par le travail journalistique de l’organisation WikiLeaks qui a été accusée par certains politiciens américains de porter atteinte à la sécurité nationale et de potentiellement avoir pu aider des groupes terroristes.

Au-delà de cette question, on peut bien évidemment se poser d’autres questions plus intéressantes, comme certains l’ont déjà fait, en disant par exemple que Julian Assange pourrait être un espion au service de la CIA ou de tout autre service secret occidental, russe, israélien, ou même un agent double travaillant pour plusieurs gouvernements.

Julian Assange serait-il simplement journaliste, ou… agent du contre-terrorisme occidental?

Les articles qui posent ces questions sont souvent assimilés à des théories complotistes. Et si nous nous intéressons à ces questions sur ce blog, ce n’est certainement pas pour décrédibiliser la cause de WikiLeaks, mais au nom de la transparence politique, car cela pourrait mettre en lumière les stratégies et les artifices utilisés par les services secrets.

Nombreux sont les soutiens de Julian Assange et de WikiLeaks qui travaillent, en effet, ou ont travaillé au sein des services de renseignement (CIA, NSA…), et pour certains dans des services consacrés à la lutte anti-terroriste, comme le célèbre John Kiriakou cité dans un discours de Julian Assange avec deux autres lanceurs d’alerte, et qui lui-même avait travaillé pour des opérations de contre-terrorisme et avait participé à l’arrestation d’Abu Zubaydah, accusé d’avoir aidé Ben Laden. Cela pose question.

Par la nature des documents publiés par WikiLeaks, on peut aussi se demander si certaines publications n’auraient pas pu servir indirectement la lutte anti-terroriste, comme l’a été le cas dernièrement des AKP Leaks, les emails du parti turc d’Erdogan. Pourquoi ces emails publiés par WikiLeaks auraient pu servir la lutte anti-terroriste? Un élément de réponse pourrait être que la Turquie a été accusée par certaines personnalités politiques de soutenir le terrorisme et l’Etat Islamique contre le régime d’Assad en Syrie. Ces derniers mois, beaucoup d’articles dans la presse occidentale ont porté sur ce sujet. La logique paraîtrait simple: publier des emails pour affaiblir Erdogan, revient à affaiblir celui qui est accusé de soutenir un groupe terroriste sanglant, et ainsi affaiblir indirectement l’Etat Islamique. Nous sommes bien dans une logique anti-terroriste.

Mais ces dernières années, d’autres publications de l’ONG WikiLeaks ont également pu servir cette lutte anti-terroriste. C’est le cas des fuites des documents sur les guerres en Irak et en Afghanistan, à une période où les Etats-Unis promettaient de tuer le terroriste Ben Laden. Celui-ci a bien été tué le 2 mai 2011. La vidéo militaire américaine publiée par WikiLeaks et connue sous le nom de « Collateral Murder » l’a été le 5 avril 2010, suivie par les documents sur l’Afghanistan le 25 juillet 2010, soit un an environ avant la mort de ben Laden, alors qu’on sait aussi qu’à la même période: « Le gouvernement pakistanais a tenté de négocier avec al-Qaïda, un an avant la mort de Ben Laden ». Peut-être que cette coïncidence est due au hasard, mais on pourrait aussi penser que WikiLeaks a participé indirectement à la lutte anti-terroriste, que cela ait été son intention réelle ou pas.

Ces derniers jours, on a aussi pu voir Julian Assange réagir à l’enquête du Monde concernant des taxes qui auraient été payées par le cimentier Lafarge au groupe de l’Etat Islamique en Syrie, et il a mis en avant les liens entre Lafarge et la candidate américaine Hillary Clinton. Cela a aussi probablement un lien avec le contre-terrorisme.

Tous ces éléments, toutes ces coïncidences étranges, peuvent laisser penser que WikiLeaks a un lien avec le contre-terrorisme occidental. Si tel était le cas, cela pourrait signifier que Julian Assange est en lien avec des personnalités relativement importantes au sein des gouvernements ou au sein des services secrets. Notre blog n’ayant pas accès à plus d’informations que ce qui est déjà publié sur Internet, notre question se limite donc à cette possibilité.

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Des câbles WikiLeaks révèlent que Paul Manafort, le directeur de campagne de Trump, était une source secrète de l’ambassade américaine en Ukraine

Source: https://twitter.com/wikileaks/status/760111699936550912 Voir la liste des documents: https://search.wikileaks.org/?query=manafort&exact_phrase=&any_of=&exclude_words=&document_date_start=&document_date_end=&released_date_start=&released_date_end=&include_external_sources=True&publication_type[]=6&publication_type[]=2&new_search=False&order_by=most_relevant#results

Mads Andenæs, du Groupe de Travail de l’ONU sur la Détention Arbitraire, explique le cas Assange

Interview publiée le 15 mars 2016 dans Pravda Report

L’avocat norvégien, le Professeur Mads Andenæs, est un juriste chercheur et Rapporteur Spécial de l’ONU sur la détention arbitraire; il siégeait depuis 2009 au Groupe de Travail des Nations Unies sur la Détention Arbitraire (GTDA), un panel d’experts qui a appelé les autorités suédoises et britanniques à mettre un terme à la privation de liberté de Julian Assange, à respecter son intégrité physique et sa liberté de mouvement, ainsi qu’à lui laisser la possibilité de réclamer des compensations.

Julian AssangeM. Assange, tout d’abord détenu en prison puis assigné à résidence, s’est réfugié à l’intérieur de l’Ambassade d’Équateur à Londres en 2012 après avoir perdu son appel devant la Cour Suprême du Royaume-Uni contre son extradition vers la Suède, où une enquête judiciaire a été initiée contre lui en rapport avec des allégations de comportement sexuel illégal. Toutefois, il n’a pas été formellement mis en accusation.

Dans le rendu de son opinion officielle, le Groupe de Travail a considéré que M. Assange avait été soumis à diverses formes de privation de liberté: la détention initiale à la prison de Wandsworth à Londres, suivie d’une assignation à résidence puis ensuite la réclusion dans l’ambassade équatorienne.

Selon un communiqué de presse émis par le Bureau de l’ONU du Haut Commissaire aux Droits de l’Homme (OHCHR), les experts ont également conclu que la détention était arbitraire parce que M. Assange avait été détenu en isolement à la prison de Wandsworth, et à cause de la négligence du Bureau du Procureur suédois dans ses investigations, qui ont abouti à sa longue privation de liberté.

Le Groupe de Travail a, en outre, établi que cette détention viole deux articles de la déclaration Universelle des Droits de l’Homme, et six articles de la Convention Internationale sur les Droits Civiques et Politiques.

M. Assange, fondateur et rédacteur de WikiLeaks, a par ailleurs dévoilé plus de 250 000 câbles diplomatiques secrets et confidentiels, émis par des ambassades US tout autour du monde.

Dans cette interview exclusive, le Professeur Andenæs commente sa participation au Groupe de Travail de l’ONU, expliquant pourquoi le panel défend la liberté pour M. Assange, et en présentant les considérations juridiques entourant l’affaire.

« Il y a de nombreuses fautes de procédure qui ont été commises par les autorités », affirme le Professeur, qui commente également son point de vue sur le rôle que joue le fondateur de WikiLeaks dans la politique internationale, sur l’importance de la solidarité mondiale envers lui, et comment il considère les récentes révélations de WikiLeaks: l’espionnage US du Secrétaire-Général de l’ONU Ban Ki-Moon et de la Chancelière allemande Angela Merkel.

Le Professeur Andenæs, qui présente également dans cette interview sa perception de la couverture médiatique mainstream concernant l’affaire Assange, est professeur à la Faculté de Droit de l’Université d’Oslo, l’ancien directeur de l’Institut Britannique de Droit International et Comparatif à Londres et l’ancien directeur du Centre de Droit Européen de King’s College, à l’Université de Londres. Il est aussi Chargé de Recherche à l’Institut de Droit Européen et Comparatif de l’Université d’Oxford, et Chargé de Recherche Principal à l’Institut d’Études de Droit Avancé de l’Université de Londres.

Il a été le Rédacteur-en-Chef du Trimestriel de Droit International et Comparatif (Cambridge University Press), Rédacteur-en-Chef de la Revue de Droit des Affaires Européen (Kluwer Law International) et présent dans les conseils de rédaction de dix autres journaux et séries de livres, dont la Série Nijhoff sur le Droit Commercial International.

Il est Membre Honoraire de la Société d’Études de Droit (Royaume-Uni), Membre de l’Académie Internationale de Droit Commercial et du Consommateur (où il est membre du conseil), Membre Honoraire de l’Institut Britannique de Droit International et Comparatif, et Membre de l’Académie Royale des Arts.

Il a été Secrétaire Général de la Fédération Internationale de Droit Européen de 2000 à 2002, Secrétaire de l’Association Britannique de Droit Européen de 1997 à 2008 et Secrétaire du Comité Britannique de Droit Comparatif de 1999 à 2005. Il a été le Président de l’Association des Instituts de Défense des Droits de l’Homme en 2008.


Edu Montesanti (EM): Cher Professeur Mads Andenæs, merci d’accorder cette interview. Pouvez-vous s’il vous plaît nous parler de vos travaux au sein du Groupe de Travail sur la Détention Arbitraire (GTDA), pendant la phase initiale de l’affaire Assange devant les Nations Unies (ONU)?

Prof. Mads Andenæs (MA): Je siégeais au Groupe de Travail de l’ONU quand la plainte a été reçue, et que les échanges entre l’ONU et les parties se sont déroulés. Je n’ai pas pris part aux discussions du Groupe de Travail qui ont abouti à l’opinion sur l’affaire Assange. Mon mandat s’est terminé en août 2015, et la décision a été rendue en février 2016.

EM: Pourquoi vous positionnez-vous en défense de M. Assange?

MA: Je me suis exprimé en soutien à l’opinion rendue par le Groupe de Travail de l’ONU. M. Assange est en état de détention arbitraire, le Royaume-Uni et la Suède devraient se plier à la décision de l’ONU à leur encontre et prendre les mesures nécessaires pour mettre un terme à cette détention.

EM: S’il vous plaît, Professeur, veuillez spécifier les accusations contre Julian Assange, et qui sont ceux qui les portent contre lui.

MA: L’affaire actuelle où il est question d’extradition concerne des allégations de comportement sexuel illégal. Évidemment, les allégations relatives à WikiLeaks comprennent un puissant intérêt pour l’appareil sécuritaire de nombreux pays.

La crainte est qu’il ait été permis que celui-ci influence le processus et l’issue de la première affaire.

EM: Comment percevez-vous les allégations de Washington selon lesquelles Assange a mis en péril la sécurité des USA?

MA: Ce sont des allégations qui sont habituellement présentées face à l’exercice du droit à présenter des informations et du droit à la liberté d’expression. Il y a toutes les raisons d’être sceptique de ces présomptions.

EM: Comment percevez-vous la décision de l’ONU en faveur de la libération de M. Assange?

MA: C’est très clair. Le GTDA de l’ONU avait à trancher sur deux questions. La première, décider s’il y avait eu une « privation de liberté » plutôt qu’une « restriction de liberté ». La deuxième, décider si cette privation de liberté était « arbitraire ».

Le GTDA de l’ONU a clairement accepté l’argument que les conditions dans lesquelles vit Assange n’ont pas été imposées par lui-même, c’est-à-dire que s’il faisait un pas dans la rue, il se ferait arrêter. Il y a aussi eu un « échec substantiel » de la part des autorités « pour exercer une diligence raisonnable » dans « l’exercice de l’administration judiciaire » (par. 98).

La frontière entre une « restriction de liberté » et une « privation de liberté » est finement définie dans la jurisprudence européenne des droits de l’homme. La privation de liberté ne consiste pas seulement en des conditions aisément reconnaissables d’incarcération par l’Etat. Il faut prendre en compte le laps de temps qu’Assange est resté à l’intérieur de l’ambassade équatorienne, et ses circonstances présentes.

La liberté doit pouvoir être exercée dans l’immédiateté. Quand l’exercice d’une telle liberté aurait des résultats particulièrement coercitifs, tels que davantage de privations de liberté ou la mise en péril d’autres droits, cela ne peut être décrit comme la pratique de la liberté. Le fait qu’Assange résiste à une arrestation ne résout pas le problème, puisque cela entendrait que la liberté est un droit conditionné par sa coopération.

Assange n’est pas libre de quitter l’ambassade équatorienne de son propre gré. Il craint l’extradition vers les USA et un procès pour son implication avec WikiLeaks. Les autorités suédoises ont refusé de fournir des garanties de non-refoulement qui répondent à cette crainte. La détention d’Assange est « arbitraire ». Une raison en est qu’elle est disproportionnée.

Il existe d’autres moyens de procédure moins restrictifs. Avant d’émettre un Mandat d’Arrêt Européen, les autorités suédoises auraient pu suivre la pratique courante d’interviewer Assange dans une salle d’entretien de la police britannique.

Après qu’Assange eut établi résidence dans l’ambassade équatorienne ils auraient pu compter sur des protocoles « d’assistance mutuelle », interroger Assange par liaison vidéo, et lui offrir une chance de répondre aux allégations portées contre lui.

EM: S’il vous plaît, Professeur Andenæs, clarifiez le terme de « privation de liberté ».

MA: La Convention Internationale de l’ONU sur les Droits Civiques et Politiques et la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme interdisent les privations arbitraires de liberté dans leur Article 9. C’est plus qu’une simple « restriction de liberté ». Cela inclut l’assignation à résidence.

EM: Quelle est votre opinion sur le choix du Royaume-Uni et de la Suède de ne pas respecter la décision de l’ONU?

MA: Les décisions rendues par le GTDA de l’ONU ne sont pas toujours suivies par les Etats, mais elles aboutissent rarement en des attaques aussi personnelles, telles que celles faites par des politiciens britanniques après la délivrance de l’opinion sur Assange.

Je sais que les mots employés par le Ministre des Affaires Étrangères et par le Premier Ministre n’étaient pas ceux qui ont été fournis par les fonctionnaires qui sont conseillers sur les droits de l’homme et sur le droit international. Les politiciens britanniques ont visé à affaiblir l’autorité de cet organe de l’ONU pour un bénéfice opportuniste à court terme.

Je crains que ces politiciens n’aient affaibli la possibilité, pour la communauté internationale, de protéger certaines des victimes les plus vulnérables aux violations des droits de l’homme.

Leurs paroles ont circulé au sein des Etats responsables des pires violations des droits de l’homme. Les paroles de ces politiciens britanniques coûteront des vies et de la souffrance humaine.

Le Royaume-Uni peut exercer des pressions pour glaner quelque soutien quand l’affaire est apportée devant le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies, mais le Royaume-Uni sera assurément critiqué par d’autres Etats pour sa réaction, et le méritera clairement.

Les dommages causés au Royaume-Uni à l’ONU et à son autorité morale en matière des droits de l’homme sont un autre sujet, mais il ne fait pas de doute sur les dommages faits à l’autorité du Royaume-Uni.

EM: S’il vous plaît, Professeur, pouvez-vous commenter le statut actuel de l’enquête « préliminaire » en Suède, ainsi que la « mise en accusation en attente » US contre WikiLeaks.

MA: Pour ceux qui sont convaincus qu’Assange est coupable de viol, que vous pensiez ou non qu’il fait son intéressant en résistant délibérément à son arrestation (ce qui n’est pas mon cas), le fait demeure que les autorités pourraient employer des moyens moins restrictifs sans compromettre l’enquête initiale sur les allégations portant sur son comportement sexuel en Suède.

C’est le moment de nous rappeler qu’Assange n’a pas été déclaré coupable de viol: à ce stade, le procureur et les tribunaux en Suède ont établi que ces charges étaient peut-être fondées. Le Professeur Andrew Asquith, d’Oxford, a déclaré dans une Opinion d’Expert en 2011 à laquelle l’équipe d’Assange a fait référence, que « Je ne considère pas que le moindre des incidents allégués dans le contenu du Mandat d’Arrêt Européen (c’est à dire les allégations citées dans le mandat d’arrêt) suffise en lui-même à constituer un quelconque délit selon la loi britannique. »

Le Vice-Président de la Cour Suprême de Suède nous a rappelé que l’accusé est présumé innocent jusqu’à ce que sa culpabilité soit démontrée, et que lorsqu’il y a des déclarations contradictoires, il revient aux tribunaux de décider si les éléments requis pour une mise en accusation sont satisfaisants.

Les tribunaux suédois, ainsi que la majorité de la Cour Suprême suédoise, le Vice-Président n’était pas sur ce panel, ont fait savoir que le mandat d’arrêt, même s’il ne pouvait pas être exécuté contre Assange, limitait sa liberté d’une manière ouvrant la question de sa proportionnalité. La majorité a noté avec approbation que des mesures étaient désormais prises pour interroger Assange à Londres.

Avec le temps, la Cour Suprême suédoise pourrait bien voir croître sa sympathie pour le jugement dissident du Juge Svante Johansson, pour qui les conditions de l’enquête sont désormais disproportionnées (une opinion présentée par Anne Ramberg, directrice de l’Association du Barreau suédois et par le Juge Charlotte Edvardsson, Juge rapporteuse de la Cour Suprême, dans sa proposition (publique) au tribunal dans cette affaire).

Assurément, l’ancien Conseiller Juridique aux Nations Unies et Conseiller Juridique du Ministère des Affaires Étrangères de Suède, Hans Corell, a déclaré qu’il « ne comprend pas pourquoi le procureur n’a pas interrogé Julian Assange pendant toutes les années où il a été à l’Ambassade d’Équateur. »

Des esprits raisonnables et judiciaires ont divergé sur beaucoup de ces questions. Sans doute ont-ils été influencés par des opinions sur l’intégrité d’Assange lui-même. Mais les droits de l’homme ne sont pas conçus pour favoriser les plus populaires d’entre nous; ils sont conçus pour nous favoriser tous.

EM: Pourquoi pensez-vous que le gouvernement britannique agisse tellement en faveur des intérêts US dans cette affaire?

MA: WikiLeaks a fait des contributions très importantes à notre connaissance du processus diplomatique et politique. Elles ont changé ma perception d’événements majeurs et d’institutions. WikiLeaks fait qu’il est beaucoup plus difficile de nous manipuler.

La communauté du renseignement repose sur des méthodes de travail qui sont secrètement cachées. Il y a de puissantes forces institutionnelles qui veulent mettre un terme aux activités de M. Assange. Ceci est vrai pour de nombreux pays.

EM: Que pensez-vous de l’Équateur en ce qui concerne M. Assange, et de l’importance de la solidarité mondiale envers lui non seulement de la part d’autres gouvernements, mais aussi de la part d’activistes et des citoyens en général, Professeur Andenæs?

MA: Le gouvernement de l’Équateur a fait une contribution très importante à la protection d’une sphère publique internationale, ainsi qu’à la protection de la liberté de l’information, de la liberté d’expression et de la responsabilité face aux violations des droits de l’homme. Les expressions de solidarité en sa faveur, non seulement de la part d’autres gouvernements, mais également d’activistes et d’autres autour du monde sont très importantes.

EM: Comment évaluez-vous l’approche des médias grand public concernant les révélations de WikiLeaks, particulièrement en ce qui concerne la décision Assange?

MA: Je m’étais attendu à une défense plus musclée du droit à fournir des informations et à la liberté d’expression. Mais les médias dans tous les pays opèrent en interaction complexe avec les gouvernements, pour prendre en compte les intérêts de l’Etat de façons différentes. Selon moi, dans cette affaire, avec trop d’égards pour l’intérêt présumé de l’état.

EM: Quel est votre avis sur les récentes révélations de WikiLeaks d’espionnage US du Secrétaire Général de l’ONU Ban Ki-Moon et de la Chancelière allemande Angela Merkel, pendant une réunion privée sur la stratégie face au changement climatique à Berlin, ainsi que du Haut Commissaire des Nations Unies pour les Réfugiés?

MA: Elles révèlent des pratiques totalement inacceptables. Elles justifient également le travail de WikiLeaks.

Source: http://www.cercledesvolontaires.fr/2016/03/17/mads-andenaes-du-groupe-de-travail-de-lonu-sur-la-detention-arbitraire-explique-le-cas-assange/ et http://www.pravdareport.com/world/europe/15-03-2016/133811-assange_lawyer-0/

Traduit par Lawrence Desforges

Présidentielles US: Julian Assange se prononce contre la candidate Hillary Clinton

clinton:assange

Assange: Voter pour Hillary Clinton est « un vote pour une guerre stupide et sans fin » qui propage le terrorisme

RT, le 10 février 2016

Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, s’est prononcé contre la candidate à la présidentielle américaine, Hillary Clinton, l’appelant un « faucon de guerre avec un mauvais jugement » qui trouve un « empressement émotionnel inconvenant pour tuer des gens ».

« Un vote aujourd’hui pour Hillary Clinton est un vote pour une guerre stupide et sans fin », a écrit Assange via le compte Twitter de @wikileaks, mardi.

Il a ajouté qu’il a « des années d’expérience en ce qui concerne Hillary Clinton et qu’il a lu des milliers de ses câbles. Hillary est dépourvue de sens et va pousser les Etats-Unis dans des guerres sans fin qui propagent le terrorisme ».

Assange a également souligné « les décisions pauvres de la politique » de Clinton qui, selon lui, ont « contribué directement » à la montée de l’Etat islamique (IS, anciennement ISIS / ISIL).

Lire la suite de l’article: https://www.rt.com/news/332022-assange-clinton-vote-war/

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