Robert Baer, un ancien agent de la CIA, affirme que les Russes étaient en contact avec Snowden en 2007 quand il a été en poste à Genève

DailyMail, 29 mai 2014

snowdenapLa CIA estime qu’Edward Snowden peut avoir été recruté par les Russes depuis aussi longtemps qu’il y a sept ans et qu’il aurait pu passer un «trésor» de secrets.

L’agence de renseignement américaine cherche à déterminer si le fugitif, qui vit maintenant à Moscou, a trahi son pays en travaillant pour le régime de Poutine comme un agent double dès 2007.

Robert Baer, un ancien haut fonctionnaire de la CIA, a déclaré au Mail que le fait que Snowden ait fini en Russie était un signe probable que Moscou l’avait fait signer quand il travaillait pour l’agence d’espionnage à Genève.

Lire l’intégralité de l’article: http://www.dailymail.co.uk/news/article-2642402/I-home-I-sleep-night-Whistleblower-Edward-Snowden-says-no-regrets-actions-interview-U-S-TV-network.html

Lire aussi:

Edward Snowden était dans la ligne de mire de Moscou 6 ans avant de révéler les secrets américain, affirme un ancien agent du KGB http://www.dailymail.co.uk/news/article-2651973/Edward-Snowden-Moscows-sights-six-years-leaking-U-S-secrets-claims-former-KGB-agent.html

Un Général du KGB: Bien sûr, Snowden travaille pour le renseignement russe http://20committee.com/2014/05/23/kgb-general-of-course-snowden-is-working-for-russian-intelligence/

L’Aube rouge de Snowden http://www.newsweek.com/snowdens-red-dawn-227026

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Edward Snowden et la théorie des dominos

Est-ce qu’un seul lanceur d’alerte peut, à travers ses révélations, provoquer la chute de tout le système mondial de l’espionnage? Réponse: avec l’affaire de la NSA, on pourrait en effet penser qu’Edward Snowden a enclenché, de manière plus ou moins évidente et irrémédiable, la chute de tout un système injuste élaboré par les services secrets américains et destiné à la collecte illégale des données privées des citoyens dans le monde entier. Il a suffi d’une personne et d’une seule révélation pour enclencher toute une série d’autres révélations sur la NSA, des révélations toutes plus fracassantes les unes que les autres, et qui s’emboîtent les unes après les autres, enchaînant pays après pays les scandales liés à l’espionnage, et on ne sait pas encore où cela s’arrêtera. Car, effectivement, le jeu du domino semble loin d’être terminé.

La théorie des dominos, qui est une théorie de géopolitique inventée par les Etats-Unis avec la Guerre froide, est appuyée elle-même sur la théorie de l’effet domino, autrement dit selon Wikipedia: « une réaction en chaîne » qui provoque « la chute séquentielle d’une file de dominos » les uns à la suite des autres. Wikipedia nous apprend que cette théorie a été mise en évidence et utilisée dans la lutte contre le communisme, que cette théorie a justifié l’invasion du Vietnam « pour prévenir une future domination communiste du sud-est asiatique », mais aussi que ceci aurait justifié l’invasion de l’Irak en 2002-2003 en vue de « la disparition des régimes autoritaires » dans tout le Moyen-Orient, l’invasion du Moyen-Orient n’ayant été qu’une sorte de porte ouverte aux événements du Printemps Arabe. En géopolitique, la théorie des dominos semble donc illustrer une propagation idéologique par contagion: la chute de la dictature irakienne a propagé l’idéologie de la chute des dictatures au Moyen-Orient, de même que la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989 avait propagé une idéologie de la libération de toute l’Europe de l’Est et conduit à la chute des régimes communistes. Pour ceux qui n’ont toujours pas compris la théorie des dominos, voici une vidéo simple qui en explique le principe:

WikiLeaks avait déjà emboîté le pas sur les révélations de l’espionnage gouvernemental, notamment à travers les câbles diplomatiques fournis par Bradley Manning et les e-mails de la société de renseignement Stratfor transmis par le hacker Jeremy Hammond. Dans la suite de WikiLeaks, Edward Snowden a donc dévoilé au grand jour un autre aspect de l’espionnage mené par le gouvernement américain et certains de ses partenaires qui sont d’autres gouvernements ou d’autres services secrets. Avec les câbles diplomatiques, WikiLeaks avait déclenché une sorte d’effet domino dans les pays du Printemps Arabe, où on a pu voir la Tunisie servir d’exemple à d’autres pays arabes, avec des manifestations qui ont conduit en 2010-2011 à la chute de plusieurs gouvernements au Moyen-Orient, des régimes assimilés à des dictatures ou définis comme des régimes autoritaires. Il y avait alors une effervescence politique générale au Moyen-Orient, une effervescence qui a continué à travers des projets de constitution. La volonté démocratique des Tunisiens avait incité d’autres peuples du Moyen-Orient à réclamer plus de liberté. La théorie des dominos permet de comprendre tous ces événements historiques de manière beaucoup plus claire.

Avec l’affaire de la NSA, ce sont désormais les gouvernements occidentaux, et notamment les Etats-Unis, qui vont devoir rendre des comptes à la population, face aux accusations d’atteintes à la vie privée et face à la collecte illégale de données menée à travers le monde entier. Comme dans la théorie des dominos, le gouvernement américain n’est pas le seul à être fragilisé par ces révélations, car on apprend en effet que plusieurs gouvernements européens ont collaboré avec la NSA, comme la Suède et la France. Si le président Obama a récemment fait un discours sur la réforme de la NSA, personne n’a malheureusement encore entendu François Hollande s’exprimer sur le rôle des services secrets français vis-à-vis de la NSA. Mais on imagine bien que si le président américain a dû donner des explications, il en sera de même pour tous les services secrets qui ont collaboré avec la NSA, et qu’ils devront tous rendre des comptes aux citoyens.

Finalement, ce qu’il faut retenir dans cette histoire, et ce qui nous semblerait à tous plutôt drôle, c’est que la théorie des dominos est à l’origine une théorie américaine visant à lutter contre le communisme, mais on constate aujourd’hui que cette théorie forgée par les Etats-Unis se retourne contre leur propre perception du pouvoir politique. Car aujourd’hui, c’est le système occidental, et non le communisme, qui montre ses faiblesses démocratiques et qui menace de s’effondrer ou en tout cas de s’émietter un tout petit peu. Comme vous pouvez le voir dans la vidéo qui illustre le tour du monde des dominos, l’affaire de la NSA américaine contamine désormais tous les autres pays du monde. Si vous aimez la théorie des dominos, vous aimerez forcément l’affaire de la NSA. Mais il faudra être patient pour en voir la fin, car il paraît que Snowden a dérobé 1,7 millions de dominos contenant des informations secrètes, et seul 1% d’entre eux seraient publiés…

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Texte: CC BY-SA

Vidéo: youtube

La réforme du renseignement américain est plus que décevante (Analyse exhaustive)

Vidéo: Discours entier de Barack Obama sur la NSA

Publié par Kiergaard, le 18 Janvier 2014

Après avoir analysé le discours du 17 janvier de Barack Obama sur la réforme des agences de renseignements voici les enseignements que j’en retiens au niveau des réformes elles-mêmes et au niveau de la vision des États-Unis de leurs programmes de renseignements. Cette analyse est, à mon sens, plus pertinente que d’essayer de déterminer un hypothétique niveau « qualitatif » de la réforme annoncée dans une intervention déclaratoire et dans une directive présidentielle qui fixe majoritairement des objectifs.

Lire l’analyse complète du discours de Barack Obama: http://www.points-de-vue-alternatifs.com/2014/01/la-r%C3%A9forme-du-renseignement-am%C3%A9ricain-est-plus-que-d%C3%A9cevante-analyse-exhaustive.html

Traduction du discours de Barack Obama sur la réforme du renseignement: http://www.points-de-vue-alternatifs.com/2014/01/exclusif-traduction-du-discours-de-barack-obama-sur-la-r%C3%A9forme-du-renseignement.html

Affaire Prism/NSA: Julian Assange critique les propositions insuffisantes de Barack Obama

Julian Assange: Obama « embarrassant »

Par Jose Delreal, 17 janvier 2014

Le fondateur de WikiLeaks Julian Assange a vivement critiqué les réformes de surveillance proposées par le président Barack Obama vendredi, les qualifiant de « faibles » et disant qu’il est « embarrassant pour un chef de l’Etat de continuer ainsi pendant 45 minutes et de ne dire presque rien. »

« Bien que ces lanceurs d’alerte nationaux ont forcé ce débat, ce président a été traîné, se débattant et hurlant au discours d’aujourd’hui. Il se montre très réticent à faire des réformes concrètes », a déclaré Assange à CNN. « Et malheureusement, aujourd’hui, nous voyons aussi très peu de réformes concrètes. »

Source: http://www.politico.com/story/2014/01/julian-assange-obama-embarrassing-102323.html

Les programmes de la NSA visent la « mine d’or à exploiter » des SMS

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Publié par Kiergaard le 16 Janvier 2014

L’Agence Nationale de Sécurité (NSA) déploie des techniques très avancées pour aspirer et exploiter les métadonnées provenant des échanges de textos et des appels (même manqués). Ces métadonnées permettent d’extraire des données concernant le contenu du message ainsi que l’emplacement, les réseaux de contacts et les détails relatifs aux cartes bancaires, selon des documents top-secrets en date de 2011 révélés par le Guardian. Des documents du GCHQ britanniques montrent une coopération des deux agences sur ce programme. La manière dont le contenu dérive des métadonnées affaiblit encore un peu plus la rhétorique officielle selon laquelle « métadata » est différent de « data ».

Une enquête du Guardian et de Channel 4 sur la base de documents fournis par Edward Snowden permet de lever le voile sur les programmes de l’agence américaine en matière de collecte et de décryptage des informations contenues dans les échanges de SMS et les appels manqués. Le document de référence est malheureusement incomplet suite à un probable choix éditorial qu’on pourra discuter (d’autant plus qu’il est indiqué dans la présentation qu’allait être abordée les prochaines étapes du programme).

Ces documents font état de deux programmes. Le programme DISHFIRE est un programme de collecte qui recueille « à peu près tout ce qu’il peut » selon des documents annexes du GCHQ (non dévoilés). Il a la particularité de recueillir des métadonnées de manière indéterminée, non ciblée. Le second programme, PREFER, identifie les types de messages envoyés et extrait des informations de ces messages quotidiennement et automatiquement.

Lire la suite: http://www.points-de-vue-alternatifs.com/2014/01/les-programmes-de-la-nsa-visent-la-mine-d-or-%C3%A0-exploiter-des-sms.html

Glenn Greenwald, le journaliste qui a révélé les documents d’Edward Snowden, s’exprime lors du 30c3

Publié par Korben.info

Lors du 30e CCC, le journaliste Glenn Greenwald qui est devenu célèbre après avoir révélé les différents scandales de la NSA a pris la parole pour s’exprimer au sujet de sa source Edward Snowden, de leur rencontre, de son métier de journaliste, de Wikileaks, des énormes difficultés qu’il a rencontrées suite à ses révélations, des États-Unis et du contexte de surveillance globale actuel…

Je vous ai traduit en français la retranscription de sa présentation dispo ici et un peu plus bas, je vous ai mis la vidéo. Régalez-vous, c’est très instructif.

Lire la traduction intégrale du discours de Glenn Greenwald: http://korben.info/glenn-greenwald-ccc.html

Affaire Prism: les représentants de la DGSE et de la DCRI ont refusé de participer aux audiences du Parlement Européen

20130917PHT20118_original_Libe_InquiryUn récent document révèle que les représentants des services secrets français, la DGSE et la DCRI, « ont refusé d’être auditionnés par la #EPInquiry du Parlement européen », comme le souligne sur son compte Twitter, Félix Tréguer, un membre fondateur de l’association La Quadrature du Net.

Aux pages 51-52 de ce document, on peut en effet lire la liste entière des personnalités ayant refusé de participer à l’audition de la Commission LIBE, ou n’ayant tout simplement pas répondu à l’appel du Parlement Européen.

ANNEXE III: LISTE DES EXPERTS qui ont refusé de participer aux audiences publiques de l’enquête de la LIBE.

1. Les experts qui ont refusé l’invitation du président de la LIBE

États-Unis
M. Keith Alexander, général de l’armée américaine, directeur de la NSA[1]
[1]:Le Rapporteur a rencontré M. Alexander avec le Président [Elmar] Brok et la sénatrice Feinstein à Washington, le 29 octobre 2013.
•M. Robert S. Litt, avocat général, Bureau du Directeur du renseignement national[2]
[2]:La délégation de la commission LIBE a rencontré M. Litt à Washington, le 29 octobre 2013.
•M. Robert A. Wood, Chargé d’affaires, Représentant des États-Unis auprès de l’Union Européenne

Royaume-Uni
Sir Iain Lobban, directeur du Siège des Communications du Gouvernement [GCHQ] du Royaume-Uni

France
M. Bajolet, Directeur Général de la Sécurité Extérieure [DGSE], France
M. Calvar, Directeur Central de la Sécurité Intérieure [DCRI], France

Pays-Bas
M. Ronald Plasterk, ministre de l’Intérieur et des Relations du Royaume, Pays-Bas
M. Ivo Opstelten, ministre de la Sécurité et de la Justice, Pays-Bas

Pologne
M. Dariusz Łuczak, directeur de l’Agence de sécurité intérieure de la Pologne
M. Maciej Hunia, directeur de l’Agence du Renseignement étranger de la Pologne

Sociétés privées IT
•Tekedra N. Mawakana, Directeur Global de la Politique Publique et Conseiller Général Adjoint, Yahoo
•Dr Saskia Horsch, cadre supérieur des politiques publiques, Amazon

Les entreprises de télécommunication de l’UE
•Mme Doutriaux, Orange
•M. Larry Stone, Président du Groupe Affaires du Public et du Gouvernement de British Telecom, Royaume-Uni
•Telekom, Allemagne
•Vodafone

2. Les experts qui n’ont pas répondu à l’invitation du président de la commission LIBE

Allemagne
M. Gerhard Schindler, responsable du renseignement extérieur [BND]

Pays-Bas
Mme Berndsen-Jansen, Présidente de la Commission de la Chambre fixe pour les Affaires Intérieures, Deuxième Chambre des Etats généraux
M. Rob Bertholee, Directeur du Service général de renseignement et de sécurité (AIVD)

Suède
M. Ingvar Åkesson, Institut national de défense radio (Försvarets Radioanstalt, FRA)

Source: https://twitter.com/FelixTreguer/status/421186693736054784

PDF: http://statewatch.org/news/2014/jan/ep-draft-nsa-surveillance-report.pdf

Reflets.info: « Que créé la propagande d’Edward Snowden? »

Edward Snowden en Russie

Par Yovan Menkevick, 2 janvier 2014

[Extrait de l’article]

Alors, dans un absolu idéalisé, Edward Snowden est un type génial, l’équivalent d’un Assange et d’un Manning en encore plus gonflé, avec une action encore plus importante dans sa dénonciation. Un héros en quelque sorte. D’ailleurs, de nombreuses voix s’élèvent pour l’élever au rang de héros mondial, lui filer le Nobel de la paix etc… Au point que personne ne l’attaque (hormis quelques fachos). Mais que fait Snowden depuis le départ? De la propagande. Petite définition basique de la propagande:

La propagande est un ensemble d’actions psychologiques pour influencer les pensées et les actes d’une population, afin de l’endoctriner ou l’embrigader (…) Les techniques de propagande modernes reposent sur les recherches conduites dans le domaine de la psychologie, de la psychologie sociale et dans celui de la communication. De manière schématique, elles se concentrent sur la manipulation des émotions, au détriment des facultés de raisonnement et de jugement(…) (source wikipedia)

Les techniques de propagande sont vastes, mais elles ont été définies de manière assez précise. La fiche wikipedia en donne quelques unes, et c’est assez édifiant dans le cas de Snowden:

— La fabrication de faux documents (les documents de Snowden sont des Slides, pas des preuves techniques, ils ont pu être fabriqués, personne ne le sait…)
— La peur: un public qui a peur est en situation de réceptivité passive, et admet plus facilement l’idée qu’on veut lui inculquer. (Les révélations de Snowden font peur, c’est une certitude…)

— Appel à l’autorité: l’appel à l’autorité consiste à citer des personnages importants pour soutenir une idée, un argument, ou une ligne de conduite. (C’est la NSA, une autorité…)

— Témoignage: les témoignages sont des mentions, dans ou hors du contexte, particulièrement cités pour soutenir ou rejeter une politique, une action, un programme, ou une personnalité donnée. La réputation (ou le rôle : expert, figure publique respectée, etc.) de l’individu est aussi exploitée. Les témoignages marquent du sceau de la respectabilité le message de propagande. (Oui, Snowden est un expert en informatique employé par la NSA…)

Lire l’intégralité de l’article: http://reflets.info/etat-de-droit-et-propagande-est-il-possible-de-nier-levidence/

Une autre analyse de l’affaire Snowden: « manœuvres politiques », révélations d’espionnage et « décorum orwellien »

Affaire Snowden, mauvais comics ou terreur comique?

Snowden à MoscouVoici plusieurs mois déjà que le grand public suit les aventures d’Edward Snowden. Snowden est le nom de l’ex-salarié d’une agence prestataire de la NSA, qui distribue des informations classées TOP SECRET au compte-goûte sur les programmes d’espionnage de la NSA, en multipliant les intrigues et apparitions vidéo. A chaque « scandale » révélé grâce à sa clé USB, c’est toute la presse et les réseaux sociaux qui réagissent. Choquée, effarée et désarmée, l’opinion se met en branle pour dénoncer les pratiques totalitaires d’un système orwellien. Obama joue le rôle de Big Brother et Internet est l’instrument de l’appareil répressif. Pour échapper à la traque organisée contre lui, le défenseur de la vie privée s’est réfugié dans les lointaines contrées de la liberté d’expression que sont la Chine et la Russie. Le feuilleton se veut captivant: à la fin de chaque épisode, Snowden promet de nouvelles révélations. Et comme tout super héros fonctionne en duo, ce dernier a choisi son Robin en la personne de Glenn Greenwald, un journaliste brésilien connu pour ses chroniques publiées dans le Guardian.

Tous les clichés sont donc réunis pour indiquer qu’il s’agit d’un vulgaire comics pourtant, tout est bien réel. La presse relaie réellement chaque révélation de Snowden sur le vif et ce, sans aucune réserve, ni modération. Dans une bonne BD policière, nous aurions eu droit à un dossier béton résultant du travail acharné de quelques personnes, après plusieurs mois d’enquête. Mais dans la réalité, non. Un semblant de débat, tout au plus… On semble découvrir que les Etats disposent de services de renseignement et qu’ils pratiquent l’espionnage. La nature des données et des informations interceptées ainsi que le contexte précis dans lequel cette interception s’inscrit, n’intéressent finalement pas grand monde. La question du piratage et de la vie privée sur Internet est à peine survolée, bien qu’elle soit discutée dans le détail depuis des années.

Etat des lieux du droit et de la pratique

En Union Européenne, il existe une réglementation sur la protection des données personnelles, le principal texte en la matière datant de 1995. D’autres textes spécifiques aux communications électroniques, aux cookies et fichiers de données sont venus compléter cette réglementation qui a véritablement bouleversé l’activité économique des opérateurs concernés, lesquels ont dû se mettre en conformité. L’entreprise ou le service de l’Etat qui recueille des données doit informer les personnes concernées, obtenir leur consentement (sauf quand la loi impose l’obtention de ces données) et leur permettre d’avoir accès et de supprimer les fichiers les concernant. Cette réglementation, parmi les plus protectrices au monde, va d’ailleurs subir une prochaine réforme portant, notamment, sur l’utilisation des cookies par les professionnels et sur les transferts internationaux de données.

Les discussions actuellement menées montrent, d’une part, que les données et informations relatives aux personnes sont collectées et traitées essentiellement par des opérateurs privés (fournisseurs Internet, opérateurs téléphonie, éditeurs de sites…) et, d’autre part, qu’il existe un certain nombre de difficultés techniques et économiques pour assurer un système élevé de protection face au piratage informatique et aux cyberattaques qui, rappelons-le, ne sont pas le monopole d’un Etat mais, d’abord, d’individus qui maîtrisent un tel savoir-faire.

S’agissant du traitement des données personnelles des citoyens par les services de l’Etat, celui-ci doit respecter le droit commun applicable en la matière. Les écoutes téléphoniques ou interceptions de correspondances privées interviennent, en outre, dans le cadre de procédures judiciaires ou administratives strictes, lesquelles sont limitées dans le temps, doivent être motivées et font l’objet d’un contrôle par une autorité ou un juge, voire d’un rapport écrit le plus souvent. Ce principe vaut pour la France et les Etats-Unis. La loi de programmation militaire récemment publiée en France, qui a fait l’objet d’une intense polémique, confirme ce schéma. Qu’il s’agisse de simples données de connexion, de géolocalisation ou d’écoute et d’interception de correspondances privées par l’administration, la procédure obéira désormais à des règles similaires inscrites dans un même code (titre IV du livre II du code de la sécurité intérieure).

Une fois la procédure mise en oeuvre, les interceptions nécessitent l’intervention des opérateurs privés qui collectent puis traitent les données et informations relatives aux personnes ciblées. Rien ne peut donc se faire sans eux. L’affaire Snowden a effectivement révélé l’implication des principaux acteurs du web. Toutes les entreprises concernées ont d’ailleurs répondu aux accusations et démenti leur participation à un espionnage massif, précisant que la coopération avec la NSA s’exerçait dans le cadre de procédures légales. Elles ont néanmoins adressé des lettres aux membres du Congrès, appelant à un renforcement du contrôle des parlementaires sur la NSA. Les internautes, parmi les plus choqués face aux dérives totalitaires, n’en n’ont pas fait autant… C’est bien dommage. Quid du pouvoir citoyen? Il semblerait qu’il soit tombé dans les oubliettes, certains allant jusqu’à oublier que ces programmes sont votés publiquement par leurs représentants. PRISM n’était donc pas vraiment un secret, il suffisait de se renseigner.

Une source unique

Nous avons peu de détails sur la façon dont Snowden s’est procuré les documents alors que la question semble pertinente… Comment une personne employée depuis moins de 3 mois dans une agence a pu sortir des documents TOP SECRET sans être inquiétée ? Selon les informations publiées par Reuters en novembre dernier, il les aurait obtenues en utilisant les accès de 20 à 25 collègues et ce, grâce à sa fonction de « administrateur système ».

S’agissant des documents communiqués, nous avons une requête judiciaire demandant à l’opérateur Verizon de fournir l’ensemble des données relatives aux appels téléphoniques sur son réseau (mais sans le contenu des appels). Le fait qu’il s’agisse d’une « requête » montre bien que la procédure est encadrée, laquelle ne porte que sur des métadonnées. Un document sur la construction de liste de cibles par la NSA dans le cyberespace a également été diffusé, ce qui nous permet d’apprendre que l’agence gouvernementale intervient avec logique et méthode d’investigation (elle cible). Fait qui est plutôt rassurant…

La véritable « bombe » de Snowden est en fait la présentation d’un programme de surveillance massive avec les grands acteurs d’Internet comme Microsoft, Google ou encore Facebook. Cette présentation n’est pas un document officiel et contient des informations vagues. Les opérateurs concernés ont démentis les faits. Ce qui apparaît certain et avéré, c’est qu’en matière de surveillance Internet, les opérateurs et fournisseurs d’accès peuvent être enjoints de coopérer, comme le confirment le droit et la pratique.

A coup d’informations vagues, non vérifiées et de fausses révélations, Snowden emmène ainsi le public sur un terrain hautement technique, par définition « secret » (nous parlons bien de renseignement) et que, donc, peu de personnes maîtrisent. S’agit-il de nous informer ou de prendre l’ascendant sur le public? Sommes-nous face à une menace réelle ou seulement potentielle ? La crainte de certains internautes est-elle fondée ou irrationnelle? Dans ce contexte, et parce qu’il s’agirait d’une démocratie qui doive se justifier auprès des citoyens, une enquête officielle a été ouverte pour déterminer si des dérives ont eu lieu. L’administration Obama a, en outre, promis de revoir les programmes de la NSA.

Un monopole de l’information

Les messages de Snowden sont révélés au public par le journal allemand Der Spiegel (à l’origine de la dernière révélation sur le piratage d’un câble Orange par la NSA, selon un nouveau document de Snowden) et surtout par le Guardian, via le célèbre chroniqueur Glenn Greenwald (qui a quitté le journal il y a quelques semaines). Le Washington Post avait été également contacté mais l’exclusivité ne lui a finalement pas été conférée.

Greenwald est donc devenu le relais clé des révélations de l’Américain. Ce qui est curieux, c’est que le journaliste n’informe pas le public sur la base de ses propres investigations mais joue plutôt le rôle d’un simple agent de connexion. Il ne se contente pas, non plus, d’être critique vis-à-vis de la politique américaine et d’émettre légitimement des doutes… A plusieurs reprises, et de façon à peine détournée, le journaliste a soutenu la figure de l’extrême-droite et de la complot-sphère américaine, le sénateur Ron Paul. L’un passe sur la TV de l’autre et devient le meilleur journaliste de l’année, l’autre est encensé dans les articles de l’un et devient l’homme politique majeur des USA. On se renvoie la balle entre « libertariens ».

Des pros de la terreur propagandiste

Ron Paul, ainsi que ses groupes politiques et sympathisants, sont devenus les plus fervents soutiens d’Edward Snowden. Les sites Internet consacrés aux libertariens et au grand complot mondial l’attestent. D’autres organisations de l’extrême comme la John Birch Society sont également engagées dans la bataille médiatique. Edward Snowden vient en effet parfaire le décorum du grand complot que la JBS diffuse à travers sa propagande de désinformation, depuis les années 50. Des journalistes ont également trouvé des preuves concernant des dons octroyés par Snowden pour soutenir Ron Paul en pleine campagne électorale. Notre super héros n’a d’ailleurs pas caché sa complaisance pour les libertariens et n’a pas démenti avoir soutenu Ron Paul aux élections.

Le message diffusé en substance par les libertariens, y compris par Greenwald, consiste à expliquer que progressistes et libéraux ont trompé les citoyens concernant la protection de leur vie privée. On retombe vulgairement dans le « tous pourris » et ce, sans qu’aucune analyse ne soit fournie. Les aspects et les causes d’un tel échec ne sont en réalité jamais étayés et les propositions visant à concilier, d’un côté, impératif de sécurité et lutte contre la délinquance et la criminalité organisées (y compris financière) et, de l’autre, protection de la vie privée et libertés civiles, ne sont jamais formulées.

Voici un article de Greenwald illustrant parfaitement cette position: http://www.salon.com/2011/12/31/progressives_and_the_ron_paul_fallacies/. A sa lecture, on s’aperçoit qu’il ne s’agit pas tant de dénoncer des faits, des responsables politiques ou, encore, une quelconque responsabilité citoyenne, mais de s’attaquer à l’imaginaire collectif auquel renvoient les valeurs « progressisme » et « liberté », lesquels sont insidieusement assimilées au mensonge, à la tromperie… au mal incarné par Obama qui est la seule personnalité réellement ciblée.

Outre de telles manœuvres politiques et politiciennes, le but de l’affaire Snowden semble être à la fois l’objet de ce qui est dénoncé: installer un décorum orwellien. Car ce qui est raconté par les libertariens constitue, en soit, un message d’angoisse: « Vous êtes surveillés, attention à ce que vous dites et ce que vous écrivez! ». « Regardez comment va finir Snowden! ». Voilà de quoi intimider et inhiber les masses en leur laissant entendre qu’elles ne maîtrisent rien et ne sont maîtres de rien. C’est d’ailleurs le paradigme de toute idéologie fasciste: maintenir les masses dans un stade infantile proche de l’hétéronomie politique, aux antipodes de l’autonomie. Au regard des commentaires moqueurs affichés par les internautes sur la toile, il semblerait néanmoins que la terreur diffusée ait un caractère plutôt comique…

Source: http://blogs.mediapart.fr/blog/alexandra-basset/060114/affaire-snowden-mauvais-comics-ou-terreur-comique-0

Médiapart: « La NSA américaine a piraté Orange »

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Posté sur Médiapart

29 décembre 2013 |  Par JeromeHourdeaux

Selon des documents fournis par Edward Snowden, une unité spéciale de hackers de l’agence américaine a introduit un virus dans le réseau informatique d’un consortium de seize sociétés – dont Orange –, gérant le câble sous-marin qui achemine les communications téléphoniques et internet depuis Marseille vers l’Afrique du Nord, les pays du Golfe et l’Asie.

Lire la suite sur Médiapart: http://www.mediapart.fr/journal/international/291213/la-nsa-americaine-pirate-orange