Robert Baer, un ancien agent de la CIA, affirme que les Russes étaient en contact avec Snowden en 2007 quand il a été en poste à Genève

DailyMail, 29 mai 2014

snowdenapLa CIA estime qu’Edward Snowden peut avoir été recruté par les Russes depuis aussi longtemps qu’il y a sept ans et qu’il aurait pu passer un «trésor» de secrets.

L’agence de renseignement américaine cherche à déterminer si le fugitif, qui vit maintenant à Moscou, a trahi son pays en travaillant pour le régime de Poutine comme un agent double dès 2007.

Robert Baer, un ancien haut fonctionnaire de la CIA, a déclaré au Mail que le fait que Snowden ait fini en Russie était un signe probable que Moscou l’avait fait signer quand il travaillait pour l’agence d’espionnage à Genève.

Lire l’intégralité de l’article: http://www.dailymail.co.uk/news/article-2642402/I-home-I-sleep-night-Whistleblower-Edward-Snowden-says-no-regrets-actions-interview-U-S-TV-network.html

Lire aussi:

Edward Snowden était dans la ligne de mire de Moscou 6 ans avant de révéler les secrets américain, affirme un ancien agent du KGB http://www.dailymail.co.uk/news/article-2651973/Edward-Snowden-Moscows-sights-six-years-leaking-U-S-secrets-claims-former-KGB-agent.html

Un Général du KGB: Bien sûr, Snowden travaille pour le renseignement russe http://20committee.com/2014/05/23/kgb-general-of-course-snowden-is-working-for-russian-intelligence/

L’Aube rouge de Snowden http://www.newsweek.com/snowdens-red-dawn-227026

Edward Snowden et la théorie des dominos

Est-ce qu’un seul lanceur d’alerte peut, à travers ses révélations, provoquer la chute de tout le système mondial de l’espionnage? Réponse: avec l’affaire de la NSA, on pourrait en effet penser qu’Edward Snowden a enclenché, de manière plus ou moins évidente et irrémédiable, la chute de tout un système injuste élaboré par les services secrets américains et destiné à la collecte illégale des données privées des citoyens dans le monde entier. Il a suffi d’une personne et d’une seule révélation pour enclencher toute une série d’autres révélations sur la NSA, des révélations toutes plus fracassantes les unes que les autres, et qui s’emboîtent les unes après les autres, enchaînant pays après pays les scandales liés à l’espionnage, et on ne sait pas encore où cela s’arrêtera. Car, effectivement, le jeu du domino semble loin d’être terminé.

La théorie des dominos, qui est une théorie de géopolitique inventée par les Etats-Unis avec la Guerre froide, est appuyée elle-même sur la théorie de l’effet domino, autrement dit selon Wikipedia: « une réaction en chaîne » qui provoque « la chute séquentielle d’une file de dominos » les uns à la suite des autres. Wikipedia nous apprend que cette théorie a été mise en évidence et utilisée dans la lutte contre le communisme, que cette théorie a justifié l’invasion du Vietnam « pour prévenir une future domination communiste du sud-est asiatique », mais aussi que ceci aurait justifié l’invasion de l’Irak en 2002-2003 en vue de « la disparition des régimes autoritaires » dans tout le Moyen-Orient, l’invasion du Moyen-Orient n’ayant été qu’une sorte de porte ouverte aux événements du Printemps Arabe. En géopolitique, la théorie des dominos semble donc illustrer une propagation idéologique par contagion: la chute de la dictature irakienne a propagé l’idéologie de la chute des dictatures au Moyen-Orient, de même que la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989 avait propagé une idéologie de la libération de toute l’Europe de l’Est et conduit à la chute des régimes communistes. Pour ceux qui n’ont toujours pas compris la théorie des dominos, voici une vidéo simple qui en explique le principe:

WikiLeaks avait déjà emboîté le pas sur les révélations de l’espionnage gouvernemental, notamment à travers les câbles diplomatiques fournis par Bradley Manning et les e-mails de la société de renseignement Stratfor transmis par le hacker Jeremy Hammond. Dans la suite de WikiLeaks, Edward Snowden a donc dévoilé au grand jour un autre aspect de l’espionnage mené par le gouvernement américain et certains de ses partenaires qui sont d’autres gouvernements ou d’autres services secrets. Avec les câbles diplomatiques, WikiLeaks avait déclenché une sorte d’effet domino dans les pays du Printemps Arabe, où on a pu voir la Tunisie servir d’exemple à d’autres pays arabes, avec des manifestations qui ont conduit en 2010-2011 à la chute de plusieurs gouvernements au Moyen-Orient, des régimes assimilés à des dictatures ou définis comme des régimes autoritaires. Il y avait alors une effervescence politique générale au Moyen-Orient, une effervescence qui a continué à travers des projets de constitution. La volonté démocratique des Tunisiens avait incité d’autres peuples du Moyen-Orient à réclamer plus de liberté. La théorie des dominos permet de comprendre tous ces événements historiques de manière beaucoup plus claire.

Avec l’affaire de la NSA, ce sont désormais les gouvernements occidentaux, et notamment les Etats-Unis, qui vont devoir rendre des comptes à la population, face aux accusations d’atteintes à la vie privée et face à la collecte illégale de données menée à travers le monde entier. Comme dans la théorie des dominos, le gouvernement américain n’est pas le seul à être fragilisé par ces révélations, car on apprend en effet que plusieurs gouvernements européens ont collaboré avec la NSA, comme la Suède et la France. Si le président Obama a récemment fait un discours sur la réforme de la NSA, personne n’a malheureusement encore entendu François Hollande s’exprimer sur le rôle des services secrets français vis-à-vis de la NSA. Mais on imagine bien que si le président américain a dû donner des explications, il en sera de même pour tous les services secrets qui ont collaboré avec la NSA, et qu’ils devront tous rendre des comptes aux citoyens.

Finalement, ce qu’il faut retenir dans cette histoire, et ce qui nous semblerait à tous plutôt drôle, c’est que la théorie des dominos est à l’origine une théorie américaine visant à lutter contre le communisme, mais on constate aujourd’hui que cette théorie forgée par les Etats-Unis se retourne contre leur propre perception du pouvoir politique. Car aujourd’hui, c’est le système occidental, et non le communisme, qui montre ses faiblesses démocratiques et qui menace de s’effondrer ou en tout cas de s’émietter un tout petit peu. Comme vous pouvez le voir dans la vidéo qui illustre le tour du monde des dominos, l’affaire de la NSA américaine contamine désormais tous les autres pays du monde. Si vous aimez la théorie des dominos, vous aimerez forcément l’affaire de la NSA. Mais il faudra être patient pour en voir la fin, car il paraît que Snowden a dérobé 1,7 millions de dominos contenant des informations secrètes, et seul 1% d’entre eux seraient publiés…

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Texte: CC BY-SA

Vidéo: youtube

Affaire Prism/NSA: Julian Assange critique les propositions insuffisantes de Barack Obama

Julian Assange: Obama « embarrassant »

Par Jose Delreal, 17 janvier 2014

Le fondateur de WikiLeaks Julian Assange a vivement critiqué les réformes de surveillance proposées par le président Barack Obama vendredi, les qualifiant de « faibles » et disant qu’il est « embarrassant pour un chef de l’Etat de continuer ainsi pendant 45 minutes et de ne dire presque rien. »

« Bien que ces lanceurs d’alerte nationaux ont forcé ce débat, ce président a été traîné, se débattant et hurlant au discours d’aujourd’hui. Il se montre très réticent à faire des réformes concrètes », a déclaré Assange à CNN. « Et malheureusement, aujourd’hui, nous voyons aussi très peu de réformes concrètes. »

Source: http://www.politico.com/story/2014/01/julian-assange-obama-embarrassing-102323.html

Les programmes de la NSA visent la « mine d’or à exploiter » des SMS

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Publié par Kiergaard le 16 Janvier 2014

L’Agence Nationale de Sécurité (NSA) déploie des techniques très avancées pour aspirer et exploiter les métadonnées provenant des échanges de textos et des appels (même manqués). Ces métadonnées permettent d’extraire des données concernant le contenu du message ainsi que l’emplacement, les réseaux de contacts et les détails relatifs aux cartes bancaires, selon des documents top-secrets en date de 2011 révélés par le Guardian. Des documents du GCHQ britanniques montrent une coopération des deux agences sur ce programme. La manière dont le contenu dérive des métadonnées affaiblit encore un peu plus la rhétorique officielle selon laquelle « métadata » est différent de « data ».

Une enquête du Guardian et de Channel 4 sur la base de documents fournis par Edward Snowden permet de lever le voile sur les programmes de l’agence américaine en matière de collecte et de décryptage des informations contenues dans les échanges de SMS et les appels manqués. Le document de référence est malheureusement incomplet suite à un probable choix éditorial qu’on pourra discuter (d’autant plus qu’il est indiqué dans la présentation qu’allait être abordée les prochaines étapes du programme).

Ces documents font état de deux programmes. Le programme DISHFIRE est un programme de collecte qui recueille « à peu près tout ce qu’il peut » selon des documents annexes du GCHQ (non dévoilés). Il a la particularité de recueillir des métadonnées de manière indéterminée, non ciblée. Le second programme, PREFER, identifie les types de messages envoyés et extrait des informations de ces messages quotidiennement et automatiquement.

Lire la suite: http://www.points-de-vue-alternatifs.com/2014/01/les-programmes-de-la-nsa-visent-la-mine-d-or-%C3%A0-exploiter-des-sms.html

Glenn Greenwald, le journaliste qui a révélé les documents d’Edward Snowden, s’exprime lors du 30c3

Publié par Korben.info

Lors du 30e CCC, le journaliste Glenn Greenwald qui est devenu célèbre après avoir révélé les différents scandales de la NSA a pris la parole pour s’exprimer au sujet de sa source Edward Snowden, de leur rencontre, de son métier de journaliste, de Wikileaks, des énormes difficultés qu’il a rencontrées suite à ses révélations, des États-Unis et du contexte de surveillance globale actuel…

Je vous ai traduit en français la retranscription de sa présentation dispo ici et un peu plus bas, je vous ai mis la vidéo. Régalez-vous, c’est très instructif.

Lire la traduction intégrale du discours de Glenn Greenwald: http://korben.info/glenn-greenwald-ccc.html

Affaire Prism: les représentants de la DGSE et de la DCRI ont refusé de participer aux audiences du Parlement Européen

20130917PHT20118_original_Libe_InquiryUn récent document révèle que les représentants des services secrets français, la DGSE et la DCRI, « ont refusé d’être auditionnés par la #EPInquiry du Parlement européen », comme le souligne sur son compte Twitter, Félix Tréguer, un membre fondateur de l’association La Quadrature du Net.

Aux pages 51-52 de ce document, on peut en effet lire la liste entière des personnalités ayant refusé de participer à l’audition de la Commission LIBE, ou n’ayant tout simplement pas répondu à l’appel du Parlement Européen.

ANNEXE III: LISTE DES EXPERTS qui ont refusé de participer aux audiences publiques de l’enquête de la LIBE.

1. Les experts qui ont refusé l’invitation du président de la LIBE

États-Unis
M. Keith Alexander, général de l’armée américaine, directeur de la NSA[1]
[1]:Le Rapporteur a rencontré M. Alexander avec le Président [Elmar] Brok et la sénatrice Feinstein à Washington, le 29 octobre 2013.
•M. Robert S. Litt, avocat général, Bureau du Directeur du renseignement national[2]
[2]:La délégation de la commission LIBE a rencontré M. Litt à Washington, le 29 octobre 2013.
•M. Robert A. Wood, Chargé d’affaires, Représentant des États-Unis auprès de l’Union Européenne

Royaume-Uni
Sir Iain Lobban, directeur du Siège des Communications du Gouvernement [GCHQ] du Royaume-Uni

France
M. Bajolet, Directeur Général de la Sécurité Extérieure [DGSE], France
M. Calvar, Directeur Central de la Sécurité Intérieure [DCRI], France

Pays-Bas
M. Ronald Plasterk, ministre de l’Intérieur et des Relations du Royaume, Pays-Bas
M. Ivo Opstelten, ministre de la Sécurité et de la Justice, Pays-Bas

Pologne
M. Dariusz Łuczak, directeur de l’Agence de sécurité intérieure de la Pologne
M. Maciej Hunia, directeur de l’Agence du Renseignement étranger de la Pologne

Sociétés privées IT
•Tekedra N. Mawakana, Directeur Global de la Politique Publique et Conseiller Général Adjoint, Yahoo
•Dr Saskia Horsch, cadre supérieur des politiques publiques, Amazon

Les entreprises de télécommunication de l’UE
•Mme Doutriaux, Orange
•M. Larry Stone, Président du Groupe Affaires du Public et du Gouvernement de British Telecom, Royaume-Uni
•Telekom, Allemagne
•Vodafone

2. Les experts qui n’ont pas répondu à l’invitation du président de la commission LIBE

Allemagne
M. Gerhard Schindler, responsable du renseignement extérieur [BND]

Pays-Bas
Mme Berndsen-Jansen, Présidente de la Commission de la Chambre fixe pour les Affaires Intérieures, Deuxième Chambre des Etats généraux
M. Rob Bertholee, Directeur du Service général de renseignement et de sécurité (AIVD)

Suède
M. Ingvar Åkesson, Institut national de défense radio (Försvarets Radioanstalt, FRA)

Source: https://twitter.com/FelixTreguer/status/421186693736054784

PDF: http://statewatch.org/news/2014/jan/ep-draft-nsa-surveillance-report.pdf

Reflets.info: « Que créé la propagande d’Edward Snowden? »

Edward Snowden en Russie

Par Yovan Menkevick, 2 janvier 2014

[Extrait de l’article]

Alors, dans un absolu idéalisé, Edward Snowden est un type génial, l’équivalent d’un Assange et d’un Manning en encore plus gonflé, avec une action encore plus importante dans sa dénonciation. Un héros en quelque sorte. D’ailleurs, de nombreuses voix s’élèvent pour l’élever au rang de héros mondial, lui filer le Nobel de la paix etc… Au point que personne ne l’attaque (hormis quelques fachos). Mais que fait Snowden depuis le départ? De la propagande. Petite définition basique de la propagande:

La propagande est un ensemble d’actions psychologiques pour influencer les pensées et les actes d’une population, afin de l’endoctriner ou l’embrigader (…) Les techniques de propagande modernes reposent sur les recherches conduites dans le domaine de la psychologie, de la psychologie sociale et dans celui de la communication. De manière schématique, elles se concentrent sur la manipulation des émotions, au détriment des facultés de raisonnement et de jugement(…) (source wikipedia)

Les techniques de propagande sont vastes, mais elles ont été définies de manière assez précise. La fiche wikipedia en donne quelques unes, et c’est assez édifiant dans le cas de Snowden:

— La fabrication de faux documents (les documents de Snowden sont des Slides, pas des preuves techniques, ils ont pu être fabriqués, personne ne le sait…)
— La peur: un public qui a peur est en situation de réceptivité passive, et admet plus facilement l’idée qu’on veut lui inculquer. (Les révélations de Snowden font peur, c’est une certitude…)

— Appel à l’autorité: l’appel à l’autorité consiste à citer des personnages importants pour soutenir une idée, un argument, ou une ligne de conduite. (C’est la NSA, une autorité…)

— Témoignage: les témoignages sont des mentions, dans ou hors du contexte, particulièrement cités pour soutenir ou rejeter une politique, une action, un programme, ou une personnalité donnée. La réputation (ou le rôle : expert, figure publique respectée, etc.) de l’individu est aussi exploitée. Les témoignages marquent du sceau de la respectabilité le message de propagande. (Oui, Snowden est un expert en informatique employé par la NSA…)

Lire l’intégralité de l’article: http://reflets.info/etat-de-droit-et-propagande-est-il-possible-de-nier-levidence/

Une autre analyse de l’affaire Snowden: « manœuvres politiques », révélations d’espionnage et « décorum orwellien »

Affaire Snowden, mauvais comics ou terreur comique?

Snowden à MoscouVoici plusieurs mois déjà que le grand public suit les aventures d’Edward Snowden. Snowden est le nom de l’ex-salarié d’une agence prestataire de la NSA, qui distribue des informations classées TOP SECRET au compte-goûte sur les programmes d’espionnage de la NSA, en multipliant les intrigues et apparitions vidéo. A chaque « scandale » révélé grâce à sa clé USB, c’est toute la presse et les réseaux sociaux qui réagissent. Choquée, effarée et désarmée, l’opinion se met en branle pour dénoncer les pratiques totalitaires d’un système orwellien. Obama joue le rôle de Big Brother et Internet est l’instrument de l’appareil répressif. Pour échapper à la traque organisée contre lui, le défenseur de la vie privée s’est réfugié dans les lointaines contrées de la liberté d’expression que sont la Chine et la Russie. Le feuilleton se veut captivant: à la fin de chaque épisode, Snowden promet de nouvelles révélations. Et comme tout super héros fonctionne en duo, ce dernier a choisi son Robin en la personne de Glenn Greenwald, un journaliste brésilien connu pour ses chroniques publiées dans le Guardian.

Tous les clichés sont donc réunis pour indiquer qu’il s’agit d’un vulgaire comics pourtant, tout est bien réel. La presse relaie réellement chaque révélation de Snowden sur le vif et ce, sans aucune réserve, ni modération. Dans une bonne BD policière, nous aurions eu droit à un dossier béton résultant du travail acharné de quelques personnes, après plusieurs mois d’enquête. Mais dans la réalité, non. Un semblant de débat, tout au plus… On semble découvrir que les Etats disposent de services de renseignement et qu’ils pratiquent l’espionnage. La nature des données et des informations interceptées ainsi que le contexte précis dans lequel cette interception s’inscrit, n’intéressent finalement pas grand monde. La question du piratage et de la vie privée sur Internet est à peine survolée, bien qu’elle soit discutée dans le détail depuis des années.

Etat des lieux du droit et de la pratique

En Union Européenne, il existe une réglementation sur la protection des données personnelles, le principal texte en la matière datant de 1995. D’autres textes spécifiques aux communications électroniques, aux cookies et fichiers de données sont venus compléter cette réglementation qui a véritablement bouleversé l’activité économique des opérateurs concernés, lesquels ont dû se mettre en conformité. L’entreprise ou le service de l’Etat qui recueille des données doit informer les personnes concernées, obtenir leur consentement (sauf quand la loi impose l’obtention de ces données) et leur permettre d’avoir accès et de supprimer les fichiers les concernant. Cette réglementation, parmi les plus protectrices au monde, va d’ailleurs subir une prochaine réforme portant, notamment, sur l’utilisation des cookies par les professionnels et sur les transferts internationaux de données.

Les discussions actuellement menées montrent, d’une part, que les données et informations relatives aux personnes sont collectées et traitées essentiellement par des opérateurs privés (fournisseurs Internet, opérateurs téléphonie, éditeurs de sites…) et, d’autre part, qu’il existe un certain nombre de difficultés techniques et économiques pour assurer un système élevé de protection face au piratage informatique et aux cyberattaques qui, rappelons-le, ne sont pas le monopole d’un Etat mais, d’abord, d’individus qui maîtrisent un tel savoir-faire.

S’agissant du traitement des données personnelles des citoyens par les services de l’Etat, celui-ci doit respecter le droit commun applicable en la matière. Les écoutes téléphoniques ou interceptions de correspondances privées interviennent, en outre, dans le cadre de procédures judiciaires ou administratives strictes, lesquelles sont limitées dans le temps, doivent être motivées et font l’objet d’un contrôle par une autorité ou un juge, voire d’un rapport écrit le plus souvent. Ce principe vaut pour la France et les Etats-Unis. La loi de programmation militaire récemment publiée en France, qui a fait l’objet d’une intense polémique, confirme ce schéma. Qu’il s’agisse de simples données de connexion, de géolocalisation ou d’écoute et d’interception de correspondances privées par l’administration, la procédure obéira désormais à des règles similaires inscrites dans un même code (titre IV du livre II du code de la sécurité intérieure).

Une fois la procédure mise en oeuvre, les interceptions nécessitent l’intervention des opérateurs privés qui collectent puis traitent les données et informations relatives aux personnes ciblées. Rien ne peut donc se faire sans eux. L’affaire Snowden a effectivement révélé l’implication des principaux acteurs du web. Toutes les entreprises concernées ont d’ailleurs répondu aux accusations et démenti leur participation à un espionnage massif, précisant que la coopération avec la NSA s’exerçait dans le cadre de procédures légales. Elles ont néanmoins adressé des lettres aux membres du Congrès, appelant à un renforcement du contrôle des parlementaires sur la NSA. Les internautes, parmi les plus choqués face aux dérives totalitaires, n’en n’ont pas fait autant… C’est bien dommage. Quid du pouvoir citoyen? Il semblerait qu’il soit tombé dans les oubliettes, certains allant jusqu’à oublier que ces programmes sont votés publiquement par leurs représentants. PRISM n’était donc pas vraiment un secret, il suffisait de se renseigner.

Une source unique

Nous avons peu de détails sur la façon dont Snowden s’est procuré les documents alors que la question semble pertinente… Comment une personne employée depuis moins de 3 mois dans une agence a pu sortir des documents TOP SECRET sans être inquiétée ? Selon les informations publiées par Reuters en novembre dernier, il les aurait obtenues en utilisant les accès de 20 à 25 collègues et ce, grâce à sa fonction de « administrateur système ».

S’agissant des documents communiqués, nous avons une requête judiciaire demandant à l’opérateur Verizon de fournir l’ensemble des données relatives aux appels téléphoniques sur son réseau (mais sans le contenu des appels). Le fait qu’il s’agisse d’une « requête » montre bien que la procédure est encadrée, laquelle ne porte que sur des métadonnées. Un document sur la construction de liste de cibles par la NSA dans le cyberespace a également été diffusé, ce qui nous permet d’apprendre que l’agence gouvernementale intervient avec logique et méthode d’investigation (elle cible). Fait qui est plutôt rassurant…

La véritable « bombe » de Snowden est en fait la présentation d’un programme de surveillance massive avec les grands acteurs d’Internet comme Microsoft, Google ou encore Facebook. Cette présentation n’est pas un document officiel et contient des informations vagues. Les opérateurs concernés ont démentis les faits. Ce qui apparaît certain et avéré, c’est qu’en matière de surveillance Internet, les opérateurs et fournisseurs d’accès peuvent être enjoints de coopérer, comme le confirment le droit et la pratique.

A coup d’informations vagues, non vérifiées et de fausses révélations, Snowden emmène ainsi le public sur un terrain hautement technique, par définition « secret » (nous parlons bien de renseignement) et que, donc, peu de personnes maîtrisent. S’agit-il de nous informer ou de prendre l’ascendant sur le public? Sommes-nous face à une menace réelle ou seulement potentielle ? La crainte de certains internautes est-elle fondée ou irrationnelle? Dans ce contexte, et parce qu’il s’agirait d’une démocratie qui doive se justifier auprès des citoyens, une enquête officielle a été ouverte pour déterminer si des dérives ont eu lieu. L’administration Obama a, en outre, promis de revoir les programmes de la NSA.

Un monopole de l’information

Les messages de Snowden sont révélés au public par le journal allemand Der Spiegel (à l’origine de la dernière révélation sur le piratage d’un câble Orange par la NSA, selon un nouveau document de Snowden) et surtout par le Guardian, via le célèbre chroniqueur Glenn Greenwald (qui a quitté le journal il y a quelques semaines). Le Washington Post avait été également contacté mais l’exclusivité ne lui a finalement pas été conférée.

Greenwald est donc devenu le relais clé des révélations de l’Américain. Ce qui est curieux, c’est que le journaliste n’informe pas le public sur la base de ses propres investigations mais joue plutôt le rôle d’un simple agent de connexion. Il ne se contente pas, non plus, d’être critique vis-à-vis de la politique américaine et d’émettre légitimement des doutes… A plusieurs reprises, et de façon à peine détournée, le journaliste a soutenu la figure de l’extrême-droite et de la complot-sphère américaine, le sénateur Ron Paul. L’un passe sur la TV de l’autre et devient le meilleur journaliste de l’année, l’autre est encensé dans les articles de l’un et devient l’homme politique majeur des USA. On se renvoie la balle entre « libertariens ».

Des pros de la terreur propagandiste

Ron Paul, ainsi que ses groupes politiques et sympathisants, sont devenus les plus fervents soutiens d’Edward Snowden. Les sites Internet consacrés aux libertariens et au grand complot mondial l’attestent. D’autres organisations de l’extrême comme la John Birch Society sont également engagées dans la bataille médiatique. Edward Snowden vient en effet parfaire le décorum du grand complot que la JBS diffuse à travers sa propagande de désinformation, depuis les années 50. Des journalistes ont également trouvé des preuves concernant des dons octroyés par Snowden pour soutenir Ron Paul en pleine campagne électorale. Notre super héros n’a d’ailleurs pas caché sa complaisance pour les libertariens et n’a pas démenti avoir soutenu Ron Paul aux élections.

Le message diffusé en substance par les libertariens, y compris par Greenwald, consiste à expliquer que progressistes et libéraux ont trompé les citoyens concernant la protection de leur vie privée. On retombe vulgairement dans le « tous pourris » et ce, sans qu’aucune analyse ne soit fournie. Les aspects et les causes d’un tel échec ne sont en réalité jamais étayés et les propositions visant à concilier, d’un côté, impératif de sécurité et lutte contre la délinquance et la criminalité organisées (y compris financière) et, de l’autre, protection de la vie privée et libertés civiles, ne sont jamais formulées.

Voici un article de Greenwald illustrant parfaitement cette position: http://www.salon.com/2011/12/31/progressives_and_the_ron_paul_fallacies/. A sa lecture, on s’aperçoit qu’il ne s’agit pas tant de dénoncer des faits, des responsables politiques ou, encore, une quelconque responsabilité citoyenne, mais de s’attaquer à l’imaginaire collectif auquel renvoient les valeurs « progressisme » et « liberté », lesquels sont insidieusement assimilées au mensonge, à la tromperie… au mal incarné par Obama qui est la seule personnalité réellement ciblée.

Outre de telles manœuvres politiques et politiciennes, le but de l’affaire Snowden semble être à la fois l’objet de ce qui est dénoncé: installer un décorum orwellien. Car ce qui est raconté par les libertariens constitue, en soit, un message d’angoisse: « Vous êtes surveillés, attention à ce que vous dites et ce que vous écrivez! ». « Regardez comment va finir Snowden! ». Voilà de quoi intimider et inhiber les masses en leur laissant entendre qu’elles ne maîtrisent rien et ne sont maîtres de rien. C’est d’ailleurs le paradigme de toute idéologie fasciste: maintenir les masses dans un stade infantile proche de l’hétéronomie politique, aux antipodes de l’autonomie. Au regard des commentaires moqueurs affichés par les internautes sur la toile, il semblerait néanmoins que la terreur diffusée ait un caractère plutôt comique…

Source: http://blogs.mediapart.fr/blog/alexandra-basset/060114/affaire-snowden-mauvais-comics-ou-terreur-comique-0

Affaire Prism/NSA: Les Palestiniens ne s’étonnent pas de la surveillance numérique

« Bien sûr, nous sommes surveillés par notre gouvernement »

PRI.org, Daniel Estrin, 8 novembre 2013

Asad Ewaiwi

Asad Ewaiwi, un militant politique et professeur d’université palestinienne en sciences politiques, dit il n’est pas surprenant qu’un gouvernement espionne ses amis et ses citoyens.

La vie privée? En Israël? Il n’y en a pas beaucoup. Surtout quand il s’agit de questions de sécurité.

Ecouter les témoignages: http://www.pri.org/node/61633/popout

Les révélations sur la NSA continuent à venir. Les documents classifiés publiés par l’ancien contracteur de la NSA Edward Snowden ont révélé l’énorme appétit de la National Security Agency pour les données des Américains, et vraiment pour tous les peuples du monde. Tout cela a beaucoup inquiété les Américains au sujet de la vie privée, mais en Israël et dans les Territoires palestiniens, tout le monde s’imagine que quelqu’un est toujours sur l’écoute.

Si Israël met sur écoute des gens aujourd’hui en Israël, qui pourraient-ils être en train d’écouter? Qui pourraient-ils être en train d’espionner?

« Les amis israéliens des Palestiniens », a déclaré Hila Mann, un soldat de 20 ans. « S’ils ont besoin de trouver quelque chose sur des Palestiniens qui entrent en Israël ou essayent de faire quelque chose, ils vont mettre sur écoutes les citoyens israéliens qui sont en contact avec ces personnes. Je pense que c’est horrible, mais tout ici est pour la sécurité d’Israël ».

Mais qu’est-ce qui se fait? Combien d’écoutes domestiques ont lieu en Israël?

Personne ne sait vraiment.

« Il y a vraiment très peu d’informations à la disposition du public sur les écoutes téléphoniques de sécurité », a déclaré Lila Margalit, une avocate avec l’association d’Israël pour les droits civiques [Association for Civil Rights in Israel]. Elle a présenté une demande d’accès à l’information au bureau du premier ministre l’année dernière, pour essayer et obtenir même une idée générale de ce que fait le gouvernement. Il y a quelques mois, sa demande a été rejetée.

« La société israélienne est une société qui a beaucoup d’expérience avec le terrorisme, la guerre, ce qui tend à placer beaucoup de confiance dans ses agences de sécurité (et) être généralement disposés à faire des compromis en matière de sécurité », a déclaré Margalit.

Ce qui est clair, c’est que la loi autorise le Shin Bet – le FBI d’Israël – de recueillir toutes les données des compagnies de téléphone israéliennes et des fournisseurs d’accès Internet. Aucun mandat judiciaire n’est nécessaire. Mais, contrairement aux Etats-Unis, la surveillance nationale n’est pas devenue ici un sujet de débat. C’est en fait la première fois que Margalit a même été approchée pour une interview sur le sujet.

« Les gens pensent généralement qu’ils ne sont pas la cible », dit-elle. « Les écoutes téléphoniques, si elles sont faites pour des raisons de sécurité, ne sont pas faites pour eux. »

Les Palestiniens pensent exactement le contraire.

« La Palestine est la plaque tournante de l’espionnage. En tant que Palestinien, vous n’avez pas la moindre protection venant des lois. Ce téléphone, n’importe qui pourrait vous espionner et personne ne l’arrêterait. Sur Internet, c’est la même chose », a déclaré Saeed Amjad, un travailleur de 24 ans oeuvrant dans la construction à al-Bireh, une ville de Cisjordanie.

Un autre jeune homme qui travaille dans une pâtisserie, Abdullah Mohammed, 23 ans, semblait au bord des larmes quand il a parlé de ses craintes d’être surveillé.

« Ces jours-ci, c’est tout à fait naturel. Je pourrais être en train de marcher dans la rue et quelqu’un derrière m’espionnerait », a-t-il dit.

La paranoïa sur l’espionnage n’est pas sans fondement. Israël a cultivé un vaste réseau de collaborateurs palestiniens, payés pour espionner leurs communautés – parfois même leurs familles. Asad Ewaiwi, un militant politique et professeur d’université en sciences politiques, a déclaré qu’il est certain que la sécurité israélienne a mis sur écoutes ses appels téléphoniques. Un responsable de l’armée israélienne dans la ville d’Hébron en Cisjordanie a également essayé de le recruter.

Ewaiwi a dit que le gouverneur militaire d’Hébron l’a appelé à plusieurs reprises, en demandant de se joindre à lui pour une tasse de thé ou de café afin de parler.

« J’ai dit, Je ne suis pas un homme d’affaires qui a besoin de votre aide. Vous tuez mon peuple, et je ne vais pas m’asseoir avec vous et prendre une tasse de café avec vous« , a-t-il rappelé.

Mais Israël n’est pas le seul à avoir dressé les oreilles. Les services de sécurité palestiniens sont également connus pour surveiller les communications des Palestiniens de Cisjordanie, principalement dans le but de rassembler le Hamas et les militants du Jihad islamique.

Ironie du sort, les responsables de la sécurité palestinienne ont été formés et financés par des agents de renseignement américains en Turquie, Jordanie et même aux États-Unis.

« Il est compréhensible et il est attendu que l’Autorité palestinienne, les agences de sécurité palestiniennes, adoptent des méthodes américaines de surveillance à l’égard de leur propre peuple », a déclaré Ewaiwi.

Les Palestiniens ne savent pas comment, exactement, les responsables de la sécurité palestinienne les surveillent. Mais ils peuvent obtenir un indice, en se réglant sur les révélations en cours au sujet de la surveillance intérieure aux États-Unis – le pays qui a formé leurs agents de sécurité.

Source: http://www.pri.org/stories/2013-11-08/course-were-being-spied-our-own-government

Les vraies raisons pour lesquelles le gouvernement français a voté la Loi de Programmation Militaire

logo LPMAvec le vote de la LPM [Loi de Programmation Militaire] à l’Assemblée Nationale, le 3 décembre, et au Sénat, le 10 décembre, beaucoup s’inquiètent de l’avenir des libertés et de l’étendue de la cyber-surveillance en France. Des associations de défense des droits de l’homme, de liberté de la presse, et d’autres représentant les libertés numériques, ont envoyé récemment une lettre pour saisir le Conseil Constitutionnel, comme le publie la Quadrature du Net. La Loi de Programmation Militaire inquiète de manière réelle en France, autant que les révélations d’Edward Snowden ont pu inquiéter le monde.

Avec le scandale Prism, la France aurait dû montrer l’exemple démocratique et initier un débat sur l’espionnage, car la vie privée n’est-elle pas « un sujet de société qui justifie un débat général, et non spécifique, encore plus impérieux à l’heure de notre entrée dans ce nouveau monde du numérique »? (Source: Les Echos) La France aurait aussi pu proposer de rendre les services secrets plus transparents et d’expliquer son partenariat problématique avec la NSA, et sa participation supposée à la Five Eyes Alliance, ces cinq pays occidentaux qui auraient mis en commun leurs capacités de surveillance au niveau mondial – ce qui semble, somme toute, assez inquiétant. Au lieu de cela, rien du tout: le silence commun du gouvernement français et des services secrets.

Mais alors que François Hollande semblait s’offusquer de la surveillance pratiquée par les Etats-Unis, le Sénat a confirmé, dans notre pays, la Loi de Programmation Militaire — une loi au nom peu amical qui va exactement dans le sens de ce que fait la NSA, c’est-à-dire d’étendre la collecte des données numériques en temps réel, sans autorisation judiciaire et sans véritable contrôle sur les services secrets. Le Sénat a d’ailleurs ignoré, en France, les appels des associations qui avertissent sur les possibles atteintes aux libertés individuelles dans le cadre de cette loi et qui évoquent « la possibilité pour l’Etat de capter aussi bien les données de connexion (horadatage, adresse IP) que les documents « traités ou conservés », c’est à dire du contenu privé (photo, courriels) en bonne et due forme », et encore plus inquiétant, « leur captation directe et en temps réel, sur les réseaux des opérateurs, par les services de renseignement ». (Source: 01net.com)

C’est donc dans cette direction que va la démocratie française, en plein scandale Prism, sans qu’il y ait même eu un grand débat public sur la surveillance et sans même que notre président ait pris la peine d’éclaircir le rôle des services secrets français vis-à-vis de la NSA américaine – alors que la DGSE aurait bien transmis des données aux services de renseignement américains, selon le journal Le Monde -, et sans même que les citoyens français aient pu donner leur avis sur ce genre de pratiques d’espionnage illégal et sur le renforcement des lois de la surveillance?… Où va-t-on?

La vraie raison de cette Loi de Programmation Militaire, c’est sans doute que le gouvernement français veut légaliser certaines pratiques d’espionnage qui sont peut-être déjà utilisées par les services secrets — et la précipitation dans laquelle a été votée cette loi semble plutôt indiquer que des pratiques illégales sont en cours ou existent déjà dans notre pays, renforçant ainsi les affirmations de la presse, mais s’ils se précipitent de légaliser ces pratiques et de les autoriser par une loi peu objective, c’est évidemment pour éviter qu’un lanceur d’alerte à la Snowden le révèle au grand public, un jour ou l’autre. L’Etat français manifeste-t-il ainsi sa peur de futures révélations sur ses propres services d’espionnage? Des révélations plus graves pourraient-elles aller plus loin que ce qu’a publié Le Monde en dévoilant la France comme « un précieux partenaire de l’espionnage de la NSA »? On aurait tendance à le penser, avec le vote précipité de la LPM qui dévoile une certaine peur du gouvernement français.

Car, que ferait l’Etat français, si un autre Snowden décide, en effet, de publier les documents de la prétendue Five Eyes Alliance, témoignant de collectes illégales faites par les services de renseignement français dans le cadre, par exemple, d’une collaboration secrète avec la NSA, comme cela a été révélé pour la Suède? Si ces choses existaient, cela ferait beaucoup de bruit et le gouvernement français aurait du mal à expliquer et à justifier une collaboration secrète avec la NSA, dans un contexte actuel marqué par une crise de confiance des français envers leur propre gouvernement et dans un contexte politique difficile sur beaucoup d’autres sujets.

Mais pourquoi l’Etat français voudrait-il cacher et censurer des choses, me direz-vous? Pourquoi la DGSE refuse-t-elle de communiquer à ce sujet? Pourquoi vouloir faire passer cette loi peu objective et liberticide? Tous ces signes d’un refus de communication sont très inquiétants. Ce n’est pas normal que l’Etat et les services secrets refusent de communiquer à ce sujet, alors que l’on vit en démocratie. Les problèmes de sécurité et de terrorisme ne sont pas une raison suffisante pour faire passer ce genre de lois: il est tout à fait possible de rendre le pays plus sûr, en construisant un internet libre qui protège nos données personnelles, ou de laisser les citoyens accéder même partiellement aux informations qui sont stockées sur eux par les services de renseignement, une idée parfois proposée pour éviter toutes sortes d’abus.

Et surtout, ce genre de loi ne peut passer sans l’avis et la connaissance exacte de ce que sont le contenu et les implications de la loi de programmation militaire — si la loi est votée sans le consentement de la population française, soulevant les inquiétudes de journalistes, d’associations et de divers membres de la société, et sans véritable consensus autour de son contenu, cela peut s’assimiler à ce que font les régimes autoritaires de certains pays, quand ils imposent des décisions à l’encontre des intérêts de leur population. Mais, bien sûr, en France, ceci ne serait pas digne de notre gouvernement. Il faut espérer que tous les citoyens continuent à se mobiliser pour défendre leurs droits et leurs libertés.

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