PRISM, Tempora: Les programmes de surveillance internet guettent la Tunisie

HuffPost Maghreb, 3 juillet 2013

Le 7 juin 2013, de nombreux détails des programmes de surveillance internet PRISM et Tempora, dirigés par l’américaine NSA (National Security Agency) et la britannique GCHQ (Government Communications Headquarters), sont portés au grand jour. A l’origine de ces révélations initialement publiées par le quotidien britannique The Guardian: Edward Snowden, ex-consultant pour la NSA et la CIA.

De quoi sont capables ces programmes de surveillance ?

Les allégations, fondées sur une série de documents classés top-secret et fournis par le jeune informaticien de 30 ans, concernent l’existence d’une back-door chez plusieurs géants de l’internet. Des multinationales comme Facebook, Microsoft ou encore Google auraient fourni un accès direct à leur système aux agences de sécurité gouvernementales.

Les gouvernements auraient ainsi accès, entre autre, au contenu de mails et de live chats, ainsi qu’aux conversations audiovisuelles via un accord avec Skype. Toujours, selon The Guardian, les multinationales mises en cause auraient, pour celles qui ont répondu, réfuté ces accusations.

Etant donné le caractère multinational de ces entreprises, de nombreux États craignent pour la protection des données privées de leurs consommateurs ainsi que celle de leurs institutions. La France a annoncé ne pas pouvoir « accepter ce comportement » qui doit cesser « immédiatement ». Un responsable européen a souligné une possible « rupture de confiance » au cas où les faits seraient avérés (AFP), tandis que The Guardian, révélait que l’Italie, la France ou encore la Grèce seraient parmi les 38 cibles privilégiées de la NSA.

La NSA défend les programmes de surveillance

Qu’en est-il de la Tunisie ?

Près d’un tiers des tunisiens sont utilisateurs de Facebook et nombre d’entre eux sont adeptes du service de boîte électronique de Google ou encore du logiciel de communication audiovisuelle Skype. Les risques constatés dans d’autres pays devraient donc également s’appliquer en Tunisie.

Selon le directeur de l’Agence tunisienne d’Internet (ATI), Moez Chakchouk, joint par le HuffPost Maghreb, les récentes révélations ne changent que peu l’état des choses, car les autorités « se doutaient probablement de l’existence de tels comportements » de la part des multinationales. Mais alors que la Commission nationale de l’informatique et des libertés française (CNIL) et son équivalente espagnol AEPD leur ont déjà promis des sanctions au cas où ces comportements persisteraient, le sujet reste étrangement absent des débats en Tunisie.

Moez Chakchouk admet que malgré « son nombre comparativement réduit d’internautes, la Tunisie, comme tout autre pays, est bien sûr concernée par ces révélations, surtout que l’usage des réseaux sociaux a atteint son apogée, notamment depuis la révolution et l’ouverture totale de l’Internet ». Mais il analyse également que les tunisiens « sont encore très sensibles au sujet de la censure du net » et ne se préoccupent donc pas de la protection de leurs données. Un débat en efface un autre.

Lors de la conférence 2013 de la Freedom Online Coalition (FOC), qui regroupe 21 pays et avait lieu à Tunis le 17 et 18 juin, les enjeux des libertés en ligne devaient être abordés sous tous leurs aspects. Mais les participants tunisiens « se sont peu intéressés pour les sujets de protection, et bien plus pour ceux de la censure », indique Moez Chakchouk. En revanche, un évènement annexe, hébergé par Nawaat, a été dédié exclusivement à une discussion autour de la surveillance internet, comme le rappelle Jillian C. York, directrice de l’EFF.

Même s’il identifie des risques non moins importants liés à la protection de données personnelles et à la garantie de la liberté d’expression sur internet, M. Chakchouk pense que les enjeux de ces révélations sont autre part.

« Moi aussi, je veux! »

Des « rapports de transparence » publiés par Google, Microsoft et bientôt Facebook font état de nombreuses demandes d’accès aux données personnelles de la part de plusieurs gouvernements. Pour le moment, « ces rapports ne mentionnent pas la Tunisie », précise Moez Chakchouk, « mais il y a là un véritable risque de contagion ». Ayant constaté l’accès privilégié offert aux américains par ces multinationales, il est en effet plausible que certains gouvernements songent alors à réclamer les mêmes privilèges. A titre personnel, il ne pense pas que « Google ou Facebook agiront dans ce sens, surtout dans les pays où il n’existe aucun garde-fou juridique pour garantir les droits de l’homme sur internet ». Quant à l’espionnage d’État tant craint par les grandes puissances, Moez Chakchouk ne croit pas que la Tunisie soit concernée, les « intérêts commerciaux y étant relativement faibles ».

Pour le directeur de l’ATI, il faut avant tout agir « à échelle internationale », notamment via l’adhésion à la convention 185 du Conseil de l’Europe sur la cybercriminalité mais aussi à la convention 108 relative à la protection des données personnelles. La Tunisie, en attendant, a d’autres priorités : « l’emploi, la croissance économique, la démocratie, etc… ». Et en ce but, « c’est dans le sens économique qu’il faut coopérer avec ces multinationales pour promouvoir l’innovation, avant de poser toute question liée à la sécurité nationale et les risques relatifs à l’usage d’internet ».

[…]

Source: http://www.huffpostmaghreb.com/2013/07/03/prism-tempora-surveillanc_n_3539309.html

Des écrivains se mobilisent « Pour une Défense de la Démocratie à l’Ère Numérique »

Pétition de Writers Against Mass Surveillance

Change.org, le mardi 10 décembre

À l’occasion de la Journée mondiale des Droits de l’Homme, 562 auteurs, dont 5 lauréats du Prix Nobel, issus de 80 pays, ont lancé conjointement un appel pour la défense des libertés individuelles face à la surveillance organisée par les entreprises et les gouvernements. Les 5 Prix Nobel signataires sont: Orhan Pamuk, J.M. Coetzee, Elfriede Jelinek, Günter Grass et Tomas Tranströmer. Parmi les signataires, se trouvent également Umberto Eco, Margaret Atwood, Don DeLillo, Daniel Kehlmann, Nawal El Saadawi, Arundhati Roy, Henning Mankell, Richard Ford, Javier Marias, Björk, David Grossman, Arnon Grünberg, Angeles Mastretta, Juan Goytisolo, Nuruddin Farah, João Ribeiro, Victor Erofeyev, Liao Yiwu et David Malouf.

Cet appel mondial a été organisé par un collectif indépendant d’écrivains: Juli Zeh, Ilija Trojanow, Eva Menasse, Janne Teller, Priya Basil, Isabel Cole et Josef Haslinger. Le 10 décembre, il a été publié dans 30 journaux à travers le monde: 

Ces derniers mois, l’étendue de la surveillance de masse est devenue notoriété publique. De quelques clics de souris, l’État peut accéder à votre portable, à votre adresse e-mail, à vos réseaux sociaux et à vos recherches sur Internet.

Il peut suivre vos penchants et vos activités politiques et, en partenariat avec des sociétés de l’Internet, il recueille et stocke vos données et il peut donc prédire votre consommation et vos comportements.

Le pilier fondamental de la démocratie est l’intégrité inviolable de l’individu. L’intégrité humaine s’étend bien au-delà du corps physique.  Dans leurs pensées et dans leurs environnements personnels et de communication, tous les êtres humains ont le droit à une intimité sans encombre.

Ce droit fondamental est rendu caduc par l’abus de l’évolution technologique par les États et par les sociétés organisées à des fins de surveillance de masse.

Une personne placée sous surveillance n’est plus libre;  une société sous surveillance n’est plus une démocratie. Pour rester valides, nos droits démocratiques doivent s’appliquer aussi bien dans le virtuel que dans le concret.

* La surveillance viole la sphère privée et compromet la liberté de pensée et d’opinion.

* La surveillance des masses traite chaque citoyen comme un suspect potentiel. Elle remet en question un de nos triomphes historiques : celui de la présomption d’innocence.

* La surveillance rend l’individu transparent, tandis que l’État et la société fonctionnent dans le secret. Comme nous l’avons vu, ce pouvoir est systématiquement abusif.

* La surveillance est un vol. Ces données ne sont pas un bien public: elles nous appartiennent. Quand elles sont utilisées pour prédire notre comportement, nous sommes spoliés d’autre chose : du principe de la libre volonté, essentiel à la liberté démocratique.

NOUS EXIGEONS LE DROIT pour tous les peuples à déterminer, comme citoyens démocratiques, dans quelle mesure leurs données personnelles peuvent être légalement collectées, stockées et traitées et par qui;  d’obtenir des informations sur l’endroit où leurs données sont stockées et comment elles sont utilisées;  d’obtenir la suppression de leurs données si elles ont été illégalement recueillies et stockées.

NOUS APPELONS TOUS LES ÉTATS ET SOCIÉTÉS à respecter ces droits.

NOUS APPELONS TOUS LES CITOYENS à se lever en défense de ces droits.

NOUS APPELONS LES NATIONS UNIES à reconnaître l’importance centrale de la protection des droits civils de l’ère numérique et de créer une Charte internationale des droits numériques.

NOUS APPELONS LES GOUVERNEMENTS à signer et à adhérer à une telle convention.

Écrivains à l’origine de l’appel:

Juli Zeh Allemagne
Ilija Trojanow Allemagne
Eva Menasse Allemagne
Janne Teller Danemark
Priya Basil Royaume-Uni
Isabel Fargo Cole États-Unis
Josef Haslinger Autriche

Lien de la pétition: https://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/pour-une-d%C3%A9fense-de-la-democratie-%C3%A0-l-%C3%A8re-num%C3%A9rique

La Suède a collaboré avec la NSA dans des activités de piratage (Radio suédoise)

Menara.ma, 11 déc. 2013

Stockholm, 11 déc. 2013 (MAP)- L’Institut national suédois de défense radio (FRA) a collaboré avec l’agence américaine de sécurité nationale (NSA) pour pirater des ordinateurs selon des documents fournis par l’ancien agent américain Edward Snowden à la Télévision suédoise.  »Sverige Radio » rapporte mercredi que selon ces documents, la FRA et la NSA auraient mené des centaines d’activités de piratage ensemble.

« Les documents montrent que la FRA et la NSA ont travaillé ensemble dans des opérations de piratage. Autrement dit, ils ont piraté les ordinateurs afin d’obtenir les mots de passe et surveiller ce que les gens écrivent », a indiqué le journaliste de la télévision suédoise Fredrik Laurin dans une déclaration à Sverige Radio.

Les documents fournis par Snowden montrent également que la FRA a accès à la base de données du logiciel de surveillance Xkeyscore. Il s’agit d’une base de données qui stocke d’énormes quantités de données sur Internet, l’historique de navigation des utilisateurs d’internet et même des courriels.

« La FRA a développé le système Xkeyscore. C’est un moteur de recherche créé par la NSA pour parcourir les données recueillies », explique Fredrik Laurin.

Réagissant à ces informations, le porte-parole pour les affaires militaires du Parti Vert, Peter Radberg, s’est dit scandalisé par ces révélations, appelant à élaborer des lois plus claires et plus strictes sur le fonctionnement de la FRA.

« Il est clair que ce qu’ils font est illégal. Ils ne sont pas autorisés à se livrer à des activités de piratage. C’est épouvantable », a ajouté Radberg dans une déclaration à Sverige Radio.

La FRA n’a pas encore commenté ces informations.

Source: http://www.menara.ma/fr/2013/12/11/924611-la-su%C3%A8de-collabor%C3%A9-avec-la-nsa-dans-des-activit%C3%A9s-de-piratage-radio-su%C3%A9doise.html

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La Suède aidait les USA à espionner les responsables russes (médias)

MOSCOU, 5 décembre – RIA Novosti

Les documents secrets publiés par l’ex-employé de la CIA Edward Snowden indiquent que l’Institut suédois de défense radio (FRA) aidait la NSA (agence de renseignement américain) à espionner les hommes politiques russes, rapporte jeudi le site d’information suédois Portal.

« Le FRA a mis à la disposition de la NSA un dossier unique en son genre concernant la Russie, notamment ses dirigeants et sa politique intérieure », lit-on notamment dans un document du Renseignement américain daté du 18 avril 2013, dont les journalistes suédois ont obtenu copie.
Selon le site, le texte ne dévoile pas comment la collecte de renseignements était effectuée ni quels responsables russes faisaient l’objet d’une surveillance.

Auparavant, le journaliste britannique Duncan Campbell a affirmé que le FRA était un partenaire clé de la NSA  et du Service de renseignements électronique du gouvernement britannique (GCHQ).

Un scandale impliquant la NSA a éclaté suite à la révélation par Edward Snowden de certains détails du programme top-secret PRISM permettant d’intercepter les informations de sites tels que Google et Facebook, et de pister des millions de téléphones portables chaque jour à travers le monde. Selon les médias, la surveillance mondiale de la NSA est bien plus vaste qu’annoncée.

L’Institut national de défense radio de la Suède (FRA, Försvarets radioanstalt) est un service spécialisé dans le renseignement d’origine électromagnétique qui travaille en étroite collaboration avec l’armée suédoise.

Source: http://fr.ria.ru/world/20131205/199947943.html

Le Canada espionne à l’étranger pour le compte des États-Unis

Radio-Canada, mise à jour le mardi 10 décembre 2013

Les précisions de Daniel Thibeault

Exclusif – Des partages d’agents et de matériel informatique. Des missions d’espionnage menées par le Canada à la demande des États-Unis. Les liens entre les agences de renseignement canadienne et américaine vont bien au-delà du partage d’information, révèle un document divulgué par Edward Snowden et obtenu par CBC.

Grâce à l’aide que lui fournit son homologue canadien, l’Agence nationale de sécurité des États-Unis (NSA) aurait un « accès géographique unique à des régions inaccessibles aux États-Unis », révèle le document.

À la demande de la NSA, le Centre de la sécurité des télécommunications Canada (CSTC) organise des opérations d’espionnage à l’étranger, souvent à l’intérieur des ambassades et consulats canadiens quand une proximité avec la cible est nécessaire.

Le CSTC est impliqué de toutes les façons dans les missions d’espionnage communes, tant dans la collecte, que dans le traitement et l’analyse des renseignements, y compris l’installation de postes d’écoute à la demande des Américains, indique le document.

Le document divulgué compte quatre pages, est étampé de la mention « ultrasecret » et est daté du 3 avril 2013. Une bonne partie de son contenu révèle des détails opérationnels délicats que Radio-Canada a préféré ne pas rendre publics.

Le document révèle que le Canada est impliqué dans des activités de surveillance visant environ 20 pays « à haute priorité » en partenariat avec la NSA, pour laquelle travaillait par le passé le lanceur d’alerte Edward Snowden. Parmi ces pays ciblés se trouveraient des partenaires commerciaux du Canada.

Cette relation étroite, les deux parties souhaiteraient même l’« étendre et [la] renforcer », dit le document. La NSA mentionne d’ailleurs que le CSTC a accru ses investissements dans des projets de recherche et développement « d’intérêt mutuel ».

Selon Wesley Wark, expert en sécurité et terrorisme à l’Université d’Ottawa, ce genre de collaboration indique que le Canada projette l’image d’un pays inoffensif.

« Une opération canadienne pourra échapper à la surveillance étrangère, alors que des opérations semblables faites par les États-Unis ou la Grande-Bretagne attireront davantage l’attention. » — Wesley Wark, expert en sécurité et terrorisme

« Pensez à tous les accords ou relations qui unissent des pays étrangers au Canada, mais dont sont privés les États-Unis. Sous le couvert de ces relations, devinez ce que vous pouvez faire. Ce genre de surveillance secrète ou de travail de collecte », explique-t-il.

Récemment, un autre document dévoilé par Edward Snowden et diffusé par CBC montrait que le Canada avait donné le feu vert pour que la NSA puisse espionner les dirigeants internationaux réunis au G20 de Toronto en 2010. Aussi, le Canada et les États-Unis ont depuis longtemps partagé des renseignements de sécurité avec leurs homologues de Grande-Bretagne, Australie et Nouvelle-Zélande, un club surnommé les « Cinq yeux ».

Le CSTC et la NSA collaborent depuis 1949, mais les dernières révélations montrent qu’elles ont poussé leur collaboration encore plus loin que par le passé, allant jusqu’à « l’échange d’agents de liaison », ce qui laisse entendre que des agents du CSTC auraient travaillé à l’intérieur de la NSA, et vice-versa.

Le document indique aussi que la NSA fournit au CSTC une grande partie du matériel et des logiciels utilisés pour le cryptage, le décodage et d’autres activités de surveillance électronique. En échange, la NSA reconnaît que son homologue canadien partage ses propres outils et technologies.

Des agents « d’une compétence extraordinaire »

Le CSTC mène la plupart de ses opérations de cyberespionnage depuis son quartier général à Ottawa, utilisant des équipements informatiques parmi les plus puissants du pays pour intercepter les appels étrangers et pirater les systèmes de données de diverses nations dans le monde.

L’agence américaine fait la même chose, mais elle est elle-même surveillée par Washington depuis qu’Edward Snowden a levé le voile sur les masses d’informations recueillies par la NSA sur des millions de citoyens américains ordinaires.

« On ne sait pas grand-chose sur les services de renseignements canadiens. » — Wesley Wark

Dans la plus récente fuite, la NSA brosse un portrait flatteur de l’agence canadienne, décrite comme une agence sophistiquée, compétente et hautement respectée.

Thomas Drake, un lanceur d’alerte autrefois cadre de la NSA, n’est pas étonné d’apprendre que le Canada accède aux demandes de l’agence américaine. « Ça a été le cas pendant des années. »

M. Drake affirme avoir lui-même collaboré avec le CSTC alors qu’il travaillait pour la NSA et est lui aussi d’avis que les agents canadiens sont « d’une compétence extraordinaire ».

Approbation supérieure?

Les opérations que le CSTC accepte de mener pour les États-Unis comportent des risques non négligeables pour le Canada, notamment le risque de se faire prendre et d’entraîner une catastrophe diplomatique, estime Wesley Wark.

En plus de compromettre l’opération en tant que telle, une mission d’espionnage révélée au grand jour peut mettre en danger d’autres opérations diplomatiques. « Les contacts politiques, les contacts commerciaux, le climat de coopération et de confiance entre les pays », énumère-t-il.

« Sont-ils vraiment des diplomates ou s’agit-il d’espions? », se demanderont les pays étrangers s’ils se mettent à soupçonner qu’ils sont la cible d’une ambassade canadienne.

Devant de tels risques de dérapage, il est fort probable que l’aval pour de telles opérations vienne du niveau ministériel du gouvernement canadien, voire du premier ministre lui-même, croit M. Wark.

« C’est beaucoup trop délicat sur les plans politique et diplomatique. Les conséquences en cas de découverte sont trop graves pour que ce soit une simple affaire opérationnelle d’agence de renseignement », ajoute-t-il.

Pour M. Drake, « ces opérations secrètes de surveillance vont si loin qu’« il y a un danger clair et irréfutable qui menace la démocratie au Canada ».

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Les édifices du Centre de la sécurité des télécommunications et du Service canadien du renseignement de sécurité, en construction.

Le CSTC emploie environ 2000 personnes et a un budget annuel qui tourne autour de 450 millions de dollars. Son quartier général déménagera bientôt dans un nouveau bâtiment à l’architecture spectaculaire à Ottawa, ce qui coûtera aux contribuables canadiens environ 1,2 milliard de dollars.

En comparaison, la NSA emploie plus de 40 000 personnes et dépense plus de 40 milliards de dollars par année.

Avec des informations de Greg Weston, Glenn Greenwald, Ryan Gallagher, et Daniel Thibeault

Source: www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2013/12/09/006-espionnage-canada-usa-document-nsa-snowden-collaboration-etroite.shtml

Des documents révèlent les relations du renseignement de la NSA avec la Suède

Relation du renseignement de la NSA avec la Suède

Un document d’information daté du 18 Avril 2013 décrit la relation étroite entre les États-Unis, le Royaume-Uni et les agences de renseignement électromagnétique suédois [FRA]. Un court extrait d’un second document daté du 6 Juin 2006 met l’accent sur la sensibilité politique de la relation: voir l’article de SVT Dokument de avslöjar: FRA: s hemliga avtal med US, [Les documents révèlent: l’accord secret de la FRA avec les Etats-Unis], 8 Décembre 2013.

Consulter le document en ligne: http://freesnowden.is/wp-content/uploads/2013/12/samtliga.pdf

Source: http://freesnowden.is/2013/12/05/nsa-intelligence-relationship-with-sweden/index.html

Affaire Prism: Amnesty International porte plainte contre le Royaume-Uni pour surveillance

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Communiqués de presse

Amnesty.org, Publié le 9 décembre 2013

Amnesty International a annoncé lundi 9 décembre 2013 qu’elle a déposé une plainte contre le Royaume-Uni, préoccupée par des informations selon lesquelles les services du renseignement du pays ont accédé en toute illégalité aux communications de l’organisation.

En juin, les révélations du lanceur d’alerte américain Edward Snowden ont fait apparaître que les États-Unis ont couramment accédé aux communications de millions de personnes grâce à un programme auparavant secret dénommé PRISM, administré par l’Agence nationale de sécurité américaine (NSA) à laquelle les autorités britanniques avaient accès. Il est apparu par la suite que l’agence du renseignement du Royaume-Uni, la GCHQ ou Quartier général des communications du gouvernement, pourrait elle aussi avoir soumis des personnes à une surveillance généralisée à travers son propre programme secret, dénommé Tempora.

Ces révélations ont crûment révélé à quel point le système législatif britannique s’est laissé distancer par l’évolution technologique, et n’a donc pas su protéger les droits humains des personnes affectées.

Amnesty considère que compte tenu du caractère mondial et souvent hautement sensible de ses activités, il est fort probable que ses communications ont été interceptées illégalement par les services du renseignement du Royaume-Uni et des États-Unis, dans la mesure où la teneur de ces communications pouvait intéresser ces deux services.

À la lumière de ce qui précède, Amnesty porte plainte auprès de l’Investigatory Powers Tribunal (IPT), le tribunal chargé de juger les abus de pouvoirs en matière d’enquête, au motif que les activités menées par les autorités britanniques enfreignent l’article 8 (droit à la vie privée) et l’article 10 (droit à la liberté d’expression) de la Loi de 1998 relative aux droits humains.

Michael Bochenek, directeur du programme Droit et politique d’Amnesty International, a déclaré:

« Face à des programmes de surveillance de masse aussi secrets et d’une telle envergure, le système législatif actuel qui réglemente la surveillance au Royaume-Uni est lamentablement inapproprié et doit faire l’objet d’une réforme de toute urgence.

« Nous sommes une organisation mondiale et nous travaillons sur de nombreuses questions sensibles qui pourraient intéresser tout particulièrement les services de sécurité aussi bien aux États-Unis qu’au Royaume-Uni. À ce titre nous sommes profondément troublés par l’idée que les communications de notre personnel pourraient avoir été interceptées.

« Nous devons nous rappeler, toutefois, que les programmes secrets de surveillance de masse tels que PRISM et Tempora affectent non seulement des organisations comme Amnesty International, mais aussi chacun de nous et notre droit à la vie privée. »

L’investigation menée par l’IPT doit être publique.

L’IPT a été créé pour examiner les plaintes relatives aux activités des agences du renseignement du Royaume-Uni. L’organe d’investigation s’entoure du plus grand secret ; il établit ses propres procédures et ses activités sont souvent menées à huis clos. C’est pourquoi Amnesty a demandé qu’il tienne dans cette affaire une audience publique.

« Ce serait ridiculement ironique si l’étude menée par l’IPT sur les surveillances secrètes était elle-même entièrement secrète, » a ajouté Michael Bochenek.

Dans cette affaire, Amnesty International est représentée par deux avocats du cabinet Doughty Street Chambers, Kirsty Brimelow QC et Jude Bunting.

Index AI : PRE01/642/2013
Région ou pays: Europe et Asie centrale
Pays: Royaume-Uni
Centre de presse

Pour plus d’informations, prenez contact avec le Bureau de presse international

Source: http://www.amnesty.org/fr/for-media/press-releases/amnesty-international-brings-claim-against-uk-over-state-surveillance-2013

Les services secrets espionnent les usagers via leurs webcams-Révélation sur les pratiques du FBI

Le FBI peut activer la webcam en toute discrétion

Numerama, Samedi 07 Décembre 2013 à 16h29

kinectgrosplanComme d’autres polices dans le monde, le FBI a la possibilité de surveiller à distance un suspect en pénétrant frauduleusement dans son installation informatique. La police judiciaire américaine peut notamment activer la webcam en toute discrétion, en entravant le témoin lumineux.

Promulguée en 2011, la loi d’orientation et de programmation pour la performance et la sécurité intérieure comporte une disposition qui autorise la police nationale et la gendarmerie à pénétrer, après feu vert judiciaire et sous certaines conditions, les ordinateurs de suspects pour y enregistrer des données informatiques à distance, via l’installation de logiciels espions.

À l’étranger, d’autres forces de police ont aussi accès à des outils conçus pour espionner à distance un appareil électronique. C’est le cas en Allemagne, mais aussi aux États-Unis. Dans une enquête publiée ce samedi, le Washington Post indique que le FBI – la police judiciaire américaine – a la possibilité d’activer à distance la webcam d’un ordinateur sans se faire repérer.

En effet, le journal explique que le FBI peut désactiver le voyant lumineux indiquant le fonctionnement de la webcam. Selon l’ancien directeur adjoint de la division de la technologie opérationnelle du FBI, cette approche est utilisée « principalement » dans les affaires les plus graves, incluant le terrorisme et les crimes. Ce qui laisse penser qu’elle est aussi employée dans d’autres cas.

L’article précise toutefois que le FBI doit passer par la justice américaine avant de procéder à ce type d’intervention. Or, toutes les requêtes ne sont pas validées. Certaines sont effectivement autorisées, d’autres non, au motif qu’elles sont « extrêmement intrusives » et violent le 4e amendement de la constitution américaine. Et même lorsque le mandat est délivré, il peut comporter des limitations.

Pour un ancien juge, Brian L. Owsley, la technologie évolue tellement vite que la loi a du mal à suivre. « C’est un jeu du chat et de la souris« .

La webcam du Kinect ne sera sans doute plus tout à fait perçue comme autrefois par nombre de joueurs…

Source: http://www.numerama.com/magazine/27750-le-fbi-peut-activer-la-webcam-en-toute-discretion.html

Affaire Snowden : « The Guardian ne se laissera pas intimider »


Vidéo: Alan Rusbridger témoigne devant la Commission parlementaire (voir l’intégralité de la vidéo)

Le Monde.fr | 03.12.2013 à 21h14

Le rédacteur en chef du quotidien britannique The Guardian, Alan Rusbridger, a défendu mardi 3 décembre devant une commission parlementaire, la publication de révélations d’Edward Snowden, l’ex-consultant de l’Agence nationale de renseignement américaine (NSA), et a démenti avoir mis en danger la sécurité de son pays.

Il a par ailleurs affirmé que The Guardian avait été victime de pression et d’intimidation concertées dans le but d’empêcher la publication d’articles qu’il considère d’intérêt public. « Cette affaire peut être politiquement embarrassante, mais il n’y a rien ici qui représente un risque pour la sécurité nationale », s’est défendu le rédacteur en chef du Guardian.

« Il est important de garder à l’esprit que les rédacteurs en chef des journaux probablement les plus importants aux Etats-Unis, The Washington Post et The New York Times, ont pris des décisions quasiment identiques » en publiant des informations obtenues par Edward Snowden, a-t-il noté pendant son audition retransmise en direct à la télévision. Il a déclaré que « The Guardian ne se laissera pas intimider, mais ne se comportera pas non plus de manière imprudente ».

M. Rusbridger a aussi précisé que seul environ 1 % des 58 000 documents secrets confiés par Edward Snowden au Guardian et à d’autres journaux avaient été publiés. Le reste est en lieu « sûr », a-t-il ajouté, refusant de révéler en public où ils étaient conservés, mais se disant prêt à le faire, par écrit, à la commission.

« Aimez-vous votre pays? »

Voir le tweet d’Alan Rusbridger en réponse à ce sujet

Le rédacteur en chef s’est dit « surpris » par une question du président de la commission, Keith Vaz : « Aimez-vous ce pays ? » « Nous sommes patriotes, et l’une des choses qui font que l’on est patriote est la démocratie et la liberté de notre presse », a réagi M. Rusbridger. Une question qui a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, mais aussi au sein de plusieurs médias britanniques et européens.

Glenn Greenwald, l’un des deux journalistes à l’origine de l’affaire, a notamment décrit cette scène comme l’une des plus « effrayantes depuis longtemps ».

Treize médias, dont le New York Times, le Washington Post, la World Association of Newspapers and News Publishers et l’agence de presse AP, ont signé une lettre ouverte diffusée dans la soirée sur le compte twitter de M. Rusbridger, dans laquelle ils apportent leur soutien au journal et à la liberté de la presse en général. Peu avant son audition, Alan Rusbridger avait aussi publié une lettre de Carl Bernstein, le journaliste américain qui a contribué à la révélation du scandale du Watergate. Selon ce dernier, l’audition du rédacteur en chef du Guardian apparaît comme « une tentative des plus hautes autorités britanniques de déplacer le problème » mis en lumière par Edward Snowden, pour dénoncer « l’attitude de la presse ».

Des révélations embarrassantes

Des articles publiés depuis juin par plusieurs journaux, dont The Guardian, à partir des révélations de l’ex-consultant de la NSA, ont révélé l’ampleur du système de surveillance aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, provoquant l’ire de Washington et l’embarras de Londres.

En août, The Guardian avait affirmé avoir été contraint, sous la pression du gouvernement britannique, de détruire deux disques durs contenant des informations obtenues par Edward Snowden.

Deux mois plus tard, le premier ministre britannique, David Cameron, déclarait que la publication des documents secrets sur les programmes de surveillance des Etats-Unis et du Royaume-Uni avaient porté atteinte à la « sécurité nationale », avant que les chefs du renseignement britannique ne surrenchérissent quelque temps plus tard, affirmant que les fuites d’Edward Snowden avaient ravi le réseau Al-Qaida.

Greenwald: les documents à venir de Snowden vont « choquer »

Le journaliste Glenn Greenwald, porte-voix des révélations d’Edward Snowden sur le système de surveillance cybernétique américain, déclare, dans un entretien à l’hebdomadaire Télérama à paraître mercredi, que plusieurs documents secrets en sa possession, et prochainement publiés, vont « choquer ».

Alors qu’Alan Rusbridger, rédacteur en chef du Guardian, affirmait rester « prudent » sur la publication des 58 000 document livrés par l’ancien agent de la NSA, Glenn Greenwald « compte bien publier ces documents jusqu’au dernier », prévient dans cette interview le reporter de l’affaire Snowden, interrogé à Rio de Janeiro.

Source: http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/12/03/affaire-snowden-the-guardian-ne-se-laissera-pas-intimider_3524830_3214.html

Les données transmises par la NSA à Israël peuvent-elles mettre en danger la vie des gens qui militent pour la cause palestinienne?

Territoires PalestiniensL’affinité du gouvernement américain et de l’Etat d’Israël est connue de tout le monde, et de nombreux articles mentionnent dans la presse et dans les médias l’influence des lobbys israéliens dans la politique américaine, et notamment en ce qui concerne la politique étrangère au Moyen-Orient. Le lobby israélien aurait eu, par exemple, une influence dans la décision de Bush pour mener la guerre en Irak. Récemment, le journal Le Monde a aussi pointé dans un article du 12 septembre 2013 les liens particuliers entre les Etats-Unis et Israël, à savoir les liens entre la NSA et les services secrets israéliens: « La NSA aurait transmis des données à Israël« , peut-on lire comme titre. Le document original, transmis par Edward Snowden et publié sur le site du Guardian, met en évidence les accords passés entre la NSA et l’ISNU [Israeli SIGINT National Unit], une unité du renseignement israélien.

Si ce partage des données existe certainement avec d’autres pays partenaires de la NSA, comme c’est le cas en France, dont les services secrets ont « des liens extrêmement étroits noués » avec la NSA, on peut néanmoins se demander si le partage des informations avec l’Etat d’Israël ne pourrait pas constituer un danger évident pour les militants de la cause palestinienne, qu’ils vivent en Palestine ou bien dans d’autres pays à travers le monde. Est-ce que la NSA mesure véritablement le poids de ce partage des données avec Israël, un pays doté d’une armée puissante qui maltraite et brutalise le peuple palestinien? Comment être sûrs que les données transmises par la NSA à Israël ne seront pas utilisées contre l’intérêt des militants palestiniens et de la cause palestinienne? Comment être sûrs que ces informations ne seront pas utilisées pour censurer des militants, pour faire pression sur eux et sur leur entourage, pour discréditer leur combat ou porter atteinte à leurs droits?

Mais pour aller plus loin, imaginons, en France ou ailleurs, que des citoyens non-palestiniens également favorables à la cause palestinienne voient leurs données personnelles transmises par la NSA à destination des services secrets israéliens. Alors, ne pensez-vous pas que cela peut constituer un grave danger pour votre vie privée et pour la liberté d’expression? Sans le savoir, vous êtes peut-être fichés en Israël pour vos opinions en faveur de l’indépendance des Palestiniens. Vous serez alors peut-être considérés comme un « ennemi d’Israël », on cherchera peut-être à nuire à vos intérêts personnels et à vous empêcher de continuer votre combat politique pour ceux qui seront engagés activement dans la cause palestinienne. Bien sûr, ce n’est certainement pas le cas de tout le monde. Mais vous comprenez certainement que le danger est réel.

Il y a peut-être des choses que la NSA devrait prendre en compte dans le partage des informations avec d’autres pays: c’est que potentiellement, la NSA met en danger la vie de certains citoyens en divulguant toutes sortes de données personnelles, de tous genres et de toute nature. Au premier abord, certaines données semblent innocentes et sans importance. Mais si certaines données sur vos goûts, les lieux que vous fréquentez, les achats que vous effectuez, se retrouvent dans les mains de personnes peu scrupuleuses au sein des services secrets, alors on peut aussi imaginer que toutes ces informations peuvent servir à infiltrer votre entourage ou à vous nuire personnellement.

Les services secrets israéliens, notamment le Mossad, ont dans le passé organisé toutes sortes d’assassinats et de complots. C’est pourquoi il faut toujours rester vigilant sur la nature des informations partagées par la NSA. Les services secrets israéliens n’ont peut-être assassiner personne grâce à ces échanges d’informations, peut-être qu’il s’agissait juste de sécuriser le pays, mais on ne peut pas exclure le fait que cela est toujours possible, tant qu’il n’y a aucune preuve pour démontrer le contraire. Rappelez-vous, il y a quelques années, en 2008, l’assassinat d’Imad Mughniyeh, un assassinat qui a été attribué au Mossad israélien: est-ce que la NSA a joué un rôle dans son assassinat? La NSA a-t-elle aidé Israël à localiser ce terroriste qui était recherché aussi bien par les Etats-Unis, que par le Mossad? Personne ne pourra jamais vous le dire.

Mais qu’arrivera-t-il le jour où ces mêmes services secrets, qui prétendent lutter contre le terrorisme, s’attaqueront à votre propre vie, parce que vous défendez les palestiniens, parce que vous avez participé à une manifestation de soutien à la Palestine, ou parce que vous avez tenu des propos contre Israël, des propos qui auront eux-mêmes été enregistrés par la NSA? Beaucoup de gens disent naïvement: « Je n’ai aucun problème si la NSA stocke mes données. Je n’ai rien à me reprocher. » C’est une erreur de penser ainsi. Car vous ne savez pas quelles sortes de données sont stockées à votre sujet, et surtout, vous ne savez pas à qui la NSA revend ou avec qui elle partage ces données. C’est pourquoi tout le monde doit se sentir concerné par l’espionnage massif pratiqué par la NSA et ses partenaires, parce que tous, à un moment donné ou un autre de notre vie, nous pouvons être victimes de ce système.

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