Julian Assange, en 2010: « Nous avons affaire aux agences de renseignement »

Câbles secrets américains-WikileaksQuels sont les liens de l’organisation WikiLeaks avec les services secrets, et plus largement avec les gouvernements? Ceci est une des questions que toute personne pourrait se poser, sans être forcément un analyste politique ou un journaliste confirmé. Dans le passé, Julian Assange avait lui-même déclaré « avoir affaire aux agences de renseignement ». C’était dans une interview du 15 août 2010, publiée sur le site d’informations suédois The Local. La phrase complète de Julian Assange disait:

Nous avons affaire à des organisations qui n’obéissent pas à la loi. Nous avons affaire à des agences de renseignement. (Source: The Local)

Depuis, il est assez étrange de contaster que le fondateur de WikiLeaks n’a jamais vraiment éclairci ces propos, car jusqu’à présent on ne sait pas exactement ce qu’il voulait dire par « avoir affaire » à des services secrets. S’agissait-il de simples négociations en vue de la publication d’un certain type de documents secrets, publiés en accord avec des personnes travaillant au sein des services secrets? Est-ce que des agences de renseignement ont donné des documents à WikiLeaks (comme cela a d’ailleurs été le cas avec le FBI pour les Syria Files, via l’intermédiaire du hacker Sabu)? Ou s’agissait-il, au contraire, de négociations par rapport à l’installation de WikiLeaks en Suède, qui pouvait poser problème aux services de renseignement face à une possible pression politique venant des Etats-Unis? L’article n’est pas suffisamment précis à ce sujet, et c’est dommage de voir qu’aucun journaliste n’a pensé depuis toutes ces années à poser directement ces questions à Julian Assange:

Quels sont vos liens avec les services secrets? Est-ce que WikiLeaks travaille depuis le début avec les services secrets? Quel est le but réel des publications? Y a-t-il un agenda gouvernemental derrière les révélations de WikiLeaks, comme on a pu le voir avec les événements du Printemps Arabe qui ont coïncidé avec la publication des câbles diplomatiques américains?

La question de certains supporters – sur l’un des forums principaux qui publient des informations sur WikiLeaks – est totalement justifiée, quant aux Syria Files:

Pourquoi WikiLeaks, sachant que les emails des Syria Files avaient été recueillis par un groupe de hackers des Etats-Unis/FBI, a tout de même publié les documents avec le risque que ceux-ci auraient pu être une fuite sous contrôle du gouvernement US? (Source: Wikileaks Forum)

Ceci nous ramène à l’interview du 15 août 2010 en Suède, avec ces propos de Julian Assange: « Nous avons affaire à des agences de renseignement. » Il est tout à fait possible que Julian Assange ait voulu dans ces propos faire allusion à des hackers qui, comme dans le cas des Syria Files, ont transmis des documents à WikiLeaks, tout en le faisant pour le compte d’un gouvernement. On ne saura sans doute jamais à quel niveau l’organisation WikiLeaks a établi des liens avec des services secrets ou avec des gouvernements. Ce qui est sûr, c’est que les représentants politiques font très peu de déclarations au sujet de WikiLeaks – et c’est donc d’autant plus difficile de savoir si les gouvernements se sentent réellemment menacés par cette organisation, ou bien s’ils l’utilisent plutôt comme un outil pouvant mener à des réformes et à des changements politiques.

Articles consultés:

« WikiLeaks va demander une licence suédoise » (TheLocal, 15 août 2010)

« Le chat entre Siggi et Sabu, et comment WikiLeaks a obtenu les Syria Files, et son implication avec Sabu » (Wikileaks Forum)

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Au moins 13 agences gouvernementales canadiennes ont eu des contrats avec Stratfor, révèle WikiLeaks

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Ressources naturelles et de la Sécurité publique, ainsi que la GRC et la Commission canadienne de sûreté nucléaire, entre autres, ont des abonnements aux services de Stratfor.

Des agences canadiennes en lien avec une firme américaine privée

Publié le 15 décembre 2013 à 17h03

Ben Makuch
La Presse Canadienne
OTTAWA

Au moins 13 agences gouvernementales canadiennes avaient des contrats avec la firme américaine privée de renseignement Strategic Forecasting Inc., ou Stratfor, révèlent des courriels tout juste publiés sur le site WikiLeaks.

Stratfor a fait parler d’elle récemment, après qu’un document destiné à une société pétrolière suggérant des manières de contourner les groupes environnementaux, dont Greenpeace, eut filtré.

Les courriels indiquent que les agences canadiennes ont dépensé au moins un demi-million de dollars pour les services de Stratfor.

Des correspondances entre janvier 2009 et février 2011 contiennent des factures de 13 125 $ et de 13 725 $ pour des contrats d’un an du ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement, qui ne les a pas rendues publiques.

Selon une politique de divulgation proactive, le gouvernement doit pourtant publier sur Internet les transactions de plus de 10 000 $.

Le porte-parole des Affaires étrangères, Jean-Bruno Villeneuve, affirme que c’était un simple oubli clérical.

Il ajoute que ces abonnements étaient «largement utilisés dans le département pour apporter de l’information pour le développement de politiques et l’analyse».

Stratfor n’a pas voulu commenter la récente fuite, dirigeant plutôt La Presse Canadienne vers une politique de l’entreprise qui stipule qu’elle ne commente pas sur les documents de WikiLeaks.

«Certains courriels peuvent avoir été falsifiés ou modifiés pour inclure des inexactitudes, certains peuvent être authentiques, dit la politique. Nous ne confirmerons pas dans un cas comme dans l’autre. Nous n’expliquerons pas non plus la philosophie derrière les courriels. Notre propriété a été volée; nous n’allons pas être victimes une seconde fois en nous soumettant à des interviews sur le sujet.»

Un expert en renseignement canadien affirme que certains ministères fédéraux retiennent les services de firmes privées pour améliorer leur base de renseignement.

«Je pense que c’est plutôt commun, particulièrement pour les gens du domaine de l’analyse de renseignement du gouvernement canadien, d’avoir des contrats de temps en temps avec des firmes du secteur privé pour certains types de problèmes analytiques, ce que fait Stratfor, à la base», affirme Wesley Wark.

Dans d’autres courriels, on apprend que le Collège des Forces armées canadiennes à Toronto s’est abonné pour trois ans au portail «Premium» de Stratfor, ce qui donne accès à 10 utilisateurs différents à des analyses sophistiquées et des prévisions géopolitiques. Ce contrat a coûté 240 600 $ sur trois ans et l’armée l’a rendu public.

En plus des Forces armées, les ministères des Transports, de l’Industrie, de la Citoyenneté et de l’Immigration, des Ressources naturelles et de la Sécurité publique, ainsi que la GRC et la Commission canadienne de sûreté nucléaire, entre autres, ont des abonnements aux services de Stratfor.

Un pirate informatique et membre du groupe de piratage Anonymous, Jeremy Hammond, a plaidé coupable pour le vol de ces cinq millions de courriels et reçu une sentence de dix ans d’emprisonnement aux États-Unis.

M. Wark ne croit pas que Stratfor ait accès à de l’information confidentielle.

«Les gens qui travaillent pour Stratfor sont pour la plupart d’anciens membres de la communauté du renseignement américain. Ils ont des connexions. Mais je pense qu’ils travaillent principalement avec des données du domaine public.»

Source: http://www.lapresse.ca/international/dossiers/fuites-de-wikileaks/201312/15/01-4721198-des-agences-canadiennes-en-lien-avec-une-firme-americaine-privee.php

Pourquoi les fuites sont rares dans la communauté du renseignement?

Edward Snowden en RussiePhoto: Edward Snowden lors d’une conférence en Russie

Al Jazeera America, 17 octobre 2013

Un article du New York Magazine affirme que 480.000 personnes ont le même niveau d’accréditation à la sécurité qu’Edward Snowden avait eu dans le passé.

Benjamin Wallace-Wells, rédacteur contribuant au New York Magazine et auteur d’un récent essai sur le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, rejoint l’invité de [l’émission] « Consider This », Antonio Mora, pour parler des éthiques complexes qui accompagnent l’accès à des secrets d’Etat.

Voir la vidéo: america.aljazeera.com/watch/shows/consider-this/2013/10/a-why-are-leaks-rareintheintelligencecommunitya.html

John Le Carré défend les « lanceurs d’alerte » Snowden et Assange

Par Culturebox (avec AFP), 17/10/2013

John Le Carré, défense des lanceurs d'alerteLes affaires Snowden et Assange montrent qu’aujourd’hui « on choisit de tout faire pour détruire le lanceur d’alerte », affirme dans un long entretien au Nouvel Observateur le maître du roman d’espionnage John Le Carré, dont le 23e livre, « Une vérité si délicate » (Seuil), paraît en France.

Le dernier roman de John Le Carré se déroule en Grande-Bretagne et à Gibraltar. Deux diplomates découvrent un scandale politique et se transforment progressivement en lanceurs d’alerte, écartelés entre leur conscience et leur loyauté de serviteur de l’Etat.

« Hormis le Guardian, personne en Grande-Bretagne, pas même la BBC, n’a ouvert le débat sur le contenu du message » de l’ex-agent de la CIA Edward Snowden, qui a révélé au monde les écoutes massives pratiquées par les services secrets américains au mépris de la vie privée des citoyens, confie au Nouvel Observateur John Le Carré, 82 ans samedi.

Voir l’intégralité de l’article: http://culturebox.francetvinfo.fr/john-le-carre-defend-les-lanceurs-dalerte-snowden-et-assange-143609

Vidéo: Ron Paul, Julian Assange parlent de la Syrie

Ron Paul interviewe Julian Assange, partie 1 (cliquer pour voir les autres parties de l’interview)

Par Steve Nelson, 30 août 2013

L’ancien républicain Ron Paul, R-Texas, et le leader de WikiLeaks Julian Assange font souvent l’éloge les uns des autres, mais pour la première fois la semaine prochaine les internautes pourront regarder le champion libertaire interviewer l’éditeur de documents secrets.

L’interview sera diffusée sur la chaîne TV Internet de Paul, RonPaulChannel.Com, qui a été lancée le 12 août. L’accès complet au site nécessite un abonnement, actuellement en cours au prix de 9,95 $ par mois.

Dans un clip de l’interview prochaine d’Assange,  transmise à U.S. News, les deux dirigeants – deux critiques virulents des derniers efforts militaires américains – discutent de la possibilité d’une action militaire occidentale contre le gouvernement de la Syrie.

« N’avez-vous pas abordé ce sujet, de quelqu’un qui était à la recherche d’un incident avec la Syrie qui justifierait que tous les pays viennent, et que le gouvernement des États-Unis vienne, et que le gouvernement britannique vienne, et qu’ils fassent quelque chose en Syrie? » Paul demande à Assange.

Le patron de WikiLeaks, qui a été enfermé dans l’ambassade d’Equateur à Londres pendant la dernière année, a expliqué que WikiLeaks a publié en effet un tel document.

Assange a cité un e-mail de décembre 2011 de la société de renseignement Stratfor, un rapport de retour d’un membre du personnel qui a rencontré l’US Air Force, les responsables militaires de l’armée britannique et de l’armée française sur une possible intervention militaire en Syrie.

Les responsables auraient pensé qu’une intervention militaire aurait besoin de « quelque indignation humanitaire pour accrocher le tout​, et nous avons vu cela », a déclaré Assange.

Le vendredi la Maison Blanche a publié un rapport affirmant que 1.429 Syriens ont été tués dans une attaque chimique le 21 août par le gouvernement du président syrien Bachar al-Assad. Le Parlement britannique a voté jeudi contre une proposition visant à attaquer la Syrie en réponse à l’attaque chimique présumée. Aux États-Unis aussi, de nombreux politiciens craignent que l’administration du président Barack Obama puisse se précipiter dans une guerre basée sur des renseignements inexacts.

« Il est certain que [l’indignation humanitaire] a été mis à profit », a déclaré Assange à Paul. « Ces pays n’ont jamais vraiment eu de fichue préoccupation sur les Syriens auparavant. »

Source: http://www.usnews.com/news/blogs/washington-whispers/2013/08/30/ron-paul-julian-assange-syria

Stratfor Files: Les analystes de Stratfor ne croyaient pas que Ben Laden ait été immergé dans la mer

Les Directeurs de la société américaine de renseignement privé Stratfor ne croyaient pas que Ben Laden ait été immergé dans la mer, selon les emails Stratfor publiés par WikiLeaks.

Le 2 mai, à 5h26, le matin après lequel Barack Obama a annoncé le raid réussi sur l’enceinte de Ben Laden à Abbottabad, le Directeur Général de Stratfor, George Friedman, a envoyé un email avec pour sujet « [alpha] OBL » qui disait:

A priori, nous aurions pris le corps avec nous. Dieu, merci.

Fred Burton, le vice-président du renseignement de Stratfor, a fait suivre cela à 5h51, dans un email ayant pour titre « [alpha] Le corps se rend à Dover, DE (Etat du Delaware) dans un avion de la CIA » qui disait:

Puis, [sic] se poursuit à l’Institut de Pathologie des Forces Armées à Bethesda.

A 13h36, Burton répondait à un fil de discussion titré « Re: Le corps d’OBL » avec le message:

Le corps se rend à Dover, devrait être là d’un moment à l’autre.

Cela contredit la thèse officielle selon laquelle le corps de Ben Laden aurait été traité en respect de la tradition islamique et relâché en mer depuis un vaisseau de la U.S. Navy.

Stratfor fournit des services de renseignement secret à de larges corporations et à des agences du gouvernement, incluant le Département de la Sécurité Intérieure des Etats-Unis (U.S. Department of Homeland Security), les Marines (U.S. Marines) et l’Agence du Renseignement de la Défense américaine (U.S. Defense Intelligence Agency).

Friedman — auteur de nombreux articles et de livres sur la sécurité nationale, la guerre et le renseignement — a fondé Austin, une compagnie basée au Texas, en 1996.

Burton est un ancien chef de la division du Département d’Etat de lutte contre le terrorisme pour le Service de Sécurité Diplomatique, le DSS (Diplomatic Security Service). Le DSS assiste le Département de la Défense en suivant des instructions et en faisant des analyses légales de disques durs saisis par le gouvernement des Etats-Unis dans des investigations criminelles en cours.

WikiLeaks a publié 671 mails de ce qui est considéré comme une réserve de 5 millions d’emails internes de Stratfor (datés de juillet 2004 à décembre 2011), obtenus par le collectif de hackers Anonymous aux alentours de Noël.

Traduit par kimono

Source: http://www.businessinsider.com/leaked-emails-stratfor-analysts-didnt-believe-laden-was-buried-at-sea-2012-3#ixzz27yukdOlt

Stratfor Files – Re: Bonjour de Stratfor, pensées sur la Côte d’Ivoire

Yamoussoukro, capitale politique de la Côte d’Ivoire – sa cathédrale

Email-ID 5042962
Date 2011-01-28 17:40:36
From nidrapol@gmail.com
To mark.schroeder@stratfor.com

Suit ci-dessous la traduction d’un courriel envoyé par Nidra Poller à Mark Schroeder, analyste de Stratfor en charge de l’Afrique sub-saharienne (voir l’article précédent sur Wikileaks Actu). Nous constatons qu’il y a échange d’informations entre ces deux individus; Mme. Poller accepte un dialogue et envoie dans son message le texte de deux articles – le premier en anglais (aussi traduit par mes soins) et le deuxième en français – qu’elle a écrits au sujet du changement de régime en Côte d’Ivoire et de l’implication de la France dans ce contexte.

Il est important de noter que, bien que les article énoncent des informations exactes mais présentent, à titre accusatoire, une interprétation très peu reluisante de la diplomatie française, ils s’inscrivent dans le contexte particulier que sont les opinions personnelles de Mme. Poller, qui sont le fruit de ses affinités personnelles. Bien qu’elle mette en lumière de manière crue et correcte des travers de la diplomatie française et leurs effets sur le terrain en RCI (République de Côte d’Ivoire) comme d’un point de vue de réputation internationale, son ton et ses références au conflit israélo-palestinien laissent transpirer, à l’image de ce qui est parfois reproché aux Français, un « anti-gallicanisme primaire » (sic) et une opinion tranchée en faveur du camp sioniste atlantiste contre le camp palestinien dans l’affaire du Moyen-Orient. Ce qui la place tout droit dans les carnets d’amis de Stratfor et de leurs commanditaires…

Ce qu’il est intéressant de voir à travers cette communication – à mon avis – c’est l’état d’esprit dans lequel se trouvent non seulement les adversaires de la liberté et de l’indépendance  ivoiriennes – ici, tous ceux qui ne sont pas originaires de Côte d’Ivoire: Français, États-Uniens, Burkinabés, Maliens… – à travers le prisme de l’interprétation renseignée mais biaisée d’une écrivaine états-unienne vivant à Paris depuis 1972, mais aussi et surtout celui de ceux qui, chez Stratfor, dans les cercles de leurs contacts, employeurs et connaissances, travaillaient à décoder la politique française à cette époque, cherchant le moment propice pour avancer leurs propres pions…

Aujourd’hui Alassane Ouattara est au pouvoir en RCI, et les témoignages recueillis par WikiLeaks via les Stratfor Files elles-mêmes démontrent que c’est un autocrate sanguinaire, dans la « tradition » de la longue mélopée de la souffrance africaine; il est reçu à l’Élysée mais tout le monde sait que ses affinités logent à Washington – n’a-t-il pas impulsé une politique d’austérité et de privatisations tous azimuts, comme un bon élève du néo-capitalisme? De là à dire que les USA ont pu aider les Burkinabés et les Maliens Dioulas (comme Ouattara) à envahir le nord de la Côte d’Ivoire pour y placer un fantoche qui amène ses valises à Paris mais offre des contrats à l’oncle Sam, il n’y a qu’un pas… qui est celui de passer de cette conjecture à une accusation. Où je ne m’avance pas encore; mais où que je porte le regard, là où je vois des troubles, je vois la patte de Washington et de la clique qui s’y agite, dont les griffes sont pleines du sang d’innocents.

willsummer

Cher Mark Schroeder,

Merci pour votre note et votre invitation au dialogue. Commençons en regardant en arrière vers deux articles que j’avais écrits dans les premiers stades du conflit en Côte d’Ivoire, quand les forces rebelles ont attaqué le gouvernement légitime depuis le nord. La dispute actuelle autour des élections présidentielles est la suite de cet affrontement. Le gouvernement Sarkozy ne va pas défendre Ouattara avec davantage que des mots. Comme je l’ai dit dans mon message à Courtenay Weldon, les froces qui soutiennent Ouattara ne sont pas européennes, même si la France rejoint la « communauté internationale » en déclarant que Ouattara a gagné les élections L’animosité de Chirac envers Laurent Gbagbo s’est transposée dans le gouvernement actuel mais je soupçonne que cela vienne davantage du Quai d’Orsay que du président.

Cordialement,

Nidra Poller

FRANCE ON AN IVORY COASTER (jeu de mots avec Ivory Coast, Côte d’Ivoire, et ivory coaster, caboteur transportant de l’ivoire, ndt)

Qu’est-ce que c’est que cette histoire? La France, la France de Jacques Chirac, chef des faiseurs de paix, est dans un combat mano a mano avec Laurent Gbagbo, président démocratiquement élu de RCI. La querelle mijotait depuis des années. Et je n’ai pu m’empêcher de prendre parti pour Gbagbo (Yamoussoukro mon amour, http://www.menapress.com février 2003), parce que nous avons traîné ensemble aux veux jours où il s’habillait en pulls à col roulé et se cachait de l’ire de Houphouët-Boigny, l’homme providentiel, le genre de leader stable favorisé par les intérêts français installés.

Alors que se passe-t-il maintenant et quel est le rapport avec les troubles au Moyen-Orient?

Il y a quelque chose de plus satisfaisant que de rire depuis son ventre en voyant l’armée française tirant sur des foules en colère. Usage excessif de la force, vous vous souvenez? Il y a quelque chose de plus noble que de jubiler sur les jubilateurs. Quelques soient les privilèges dont ils aient pu jouir dans les années déclinantes du néo-colonialisme, les Français vivant en RCI ne méritent pas d’être dépouillés de tout ce qui leur appartient, tabassés, effrayés à mort et chassés comme des rats. Il y a beaucoup à apprendre de cet aspect d’une situation qui reflète curieusement les thèmes inclus dans le gouffre allant s’élargissant franco-états-unien.

Le fiasco de la RCI n’est pas une anecdote exotique, c’est le dessous de la réprimande hautaine dirigée aux USA et à Israël, les archi-ennemis de la France. Il nous a été dit que le 11 septembre était de notre faute, l’intifada d’Al Aqsa était de notre faute, les attentats-suicide sont exactement ce que les Israéliens avaient demandé, la guerre en Irak est une exploitation scandaleuse du néo-néo-colonialisme, le bourbier est de notre faute et bien mérité. Nous avons été accusés de ne pas respecter le droit international, la Convention de Genève, les Droits de l’Homme, et les règles de l’étiquette.

De quoi sommes-nous coupables dans ces yeux gallicans? de manque de savoir-faire? Non. Pire. Nous sommes coupables de ne pas être français. Et n’étant pas français, de ne pas laisser les Français diriger la barque.

Et voici un spectacle qui est tout pour la frime et regardez ce qu’ils ont fait. Une vraie bagarre, du grabuge, un exode de masse, un gros bordel. la base française sur la ligne de la « zone de confiance » qui divisait le pays a été bombardée et neuf soldats tués; les Français ont répliqué, détruisant tous les avions du président Gbagbo; ceci a révolté la population, la population a rabattu sa colère sur les résidents français, les Français ont envoyé des renforts, ont tiré sur les foules, tuant et blessant des civils, et maintenant ils lâchent tout et fuient. Est-ce que ce n’est pas triste à voir?

Mais la honte et la défaite ne mettent pas un terme aux poncifs. Le but ultime, nous sommes informés, est de rétablir l’ordre, de revenir à la table des négociations, et de forcer tout le monde à vraiment appliquer les Accords de Marcoussis, un accord de paix français modèle. Quand des rebelles armés ont essayée un coup d’état en 2002, la France tricha sur ses obligations par traité de défendre le gouvernement démocratiquement élu et à la place fit pression sur Laurent Gbagbo pour qu’il fasse des concessions aux rebelles. Les rebelles prirent le contrôle du nord, le pays était divisé, l’ambiance dégénérait, l’économie en pâtissait et l’opinion publique française était maintenue à l’écart alors que l’attention était détournée sur les méfaits de Bush et de Sharon. de temps en temps une maigre bribe d’info, tordue de façon à servir les intérêts du Quai d’Orsay, était lâchée sur les ondes. Les rebelles étaient dénommés les ex-rebelles, alors même qu’ils menaçaient de marcher sur Abidjan. Ensuite ils sont devenus les Forces Nouvelles. C’est-y pas beau, ça? Les Forces Nouvelles. Une bouffée d’air frais venue du nord. Des journalistes africains rapportaient que Qaddafi était derrière la rébellion. Un petit peu d’Islam pour épicer les Forces Nouvelles. Naturellement elles n’étaient pas financées par le Burkina Faso, l’un des pays les plus pauvres d’Afrique.

Guillaume Soro, le chef rebelle, fut interviewé avec le même respect exagéré que les journalistes français accordent aux leaders du Hamas. Il parla comme un imbécile ou un accro au crack ou les deux mais cela ne fit pas un pli à sa réputation. Tout devait être symétrique: personne ne savait comment prononcer le nom de Gbagbo (c’est Babo, pas G’bag’bo), personne ne savait qu’il est historien et écrivain. C’était le méchant et le chef rebelle devait être traité comme s’il sortait tout droit de la Sorbonne.

Mais ce n’était pas assez pour conserver la paix. Janvier 2003: entrent les fameux Accords de Marcoussis. C’est la « French Touch » en diplomatie. Un conflit doit être résolu cérémonieusement dans des salons recouverts de dorures dans des palais du gouvernement à Paris ou, d&ans le cas de Marcoussis, dans des châteaux magnifiques. (Vous voyez pourquoi Camp David devait capoter?) Opération média du début à la fin. Des sourires avec des épingles à cravate dans tous les coins. Des grosses voitures de luxe qui arrivent, qui s’en vont. Un semblant de discussion et, sous la table, un règlement sévère imposé par celui qui à l’avantage.

Les Accords de Marcoussis étaient une pilule amère qu’aucun président digne de soi ne pouvait accepter. Quels que puissent être les griefs légitimes troublant le coeur de la société ivoirienne, ils ne pouvaient pas être réglés en amenant les rebelles à l’intérieur du gouvernement. ceci n’est pas un accord de paix, c’est un coup d’état. Et c’est ce qui a été imposé à Gbagbo: non seulement devait-il consentir à laisser entrer les rebelles dans son gouvernement, il a dû leur donner les ministères de la défense et des forces armées, et de l’intérieur.

Cela semble-t-il familier? C’est la même diplomatie qui insiste d’inclure le Hamas, le Hezbollah et d’autres organisations terroristes dans les négociations de paix israélo-arabes et d’éventuels gouvernements palestiniens. C’est la puissance qui se veut mondiale qui veut inviter les « résistants » irakiens à la conférence internationale sur l’avenir de l’Irak. c’est le raisonnement derrière les mouvements pacifistes qui étaient toute la mode au printemps 2003. Que faites-vous avec les brutes? Nommez-les chefs de la police!

Aujourd’hui, quand la politique française est immergée dans des passions douteuses et la vérité grignotée par l’acide de la haine, le gouvernement et les médias travaillent main dans la main pour assassiner leur proie choisie. George W. Bush et Ariel Sharon ne peuvent être secoués par la haine vicieuse qui est déversée sur leurs têtes. Même Tony Blair résiste. Mais Laurent Gbagbo est africain. Quand il a fait un effort de le dernière chance pour réunifier son pays divisé cela a déclenché une explosion de simagrées qui révèlent l’hypocrisie du prosélytisme pour la paix de la France.

Sous les termes de la Feuille de Route de Marcoussis, les rebelles étaient censés rendre les armes. Ceci n’est pas arrivé. L’armée de l’air de Gbagbo a attaqué leur place-forte. Le lendemain – volontairement ou accidentellement – a bombardé une base aérienne française, tuant 9 soldats et en blessant des douzaines. L’enfer n’a pas de pitié.

Le Premier Ministre Jean-Pierre Raffarin (cité dans Le Monde du 10 novembre 2004) déclara: vous ne pouvez pas tuer des soldats français sans vous attendre à des représailles immédiates. Ah bon? Je croyais qu’Israël avait tort et était maudit et condamné parce que ses soldats tiraient quand ils se faisaient tirer dessus. Et les USA avec cette attitude de cowboy, pensant que quelques milliers de morts le 11 septembre 2001 pouvaient justifier une folle aventure en Afghanistan et un Vietnam plein de sable en Irak? Les djihadistes ne devraient pas s’attendre à des représailles immédiates? Pour ce qui est des civils français fuyant pour sauver leurs vies, le Premier Ministre explique qu’ils s’en vont volontairement.

Ce qui ne veut pas dire que des foules en délire brandissant des machettes doivent être admirées. Pas plus que des shebabs meurtriers. Ou des coupeurs de têtes djihadistes. Et, pendant qu’on y est, des terroristes comateux pompeusement reçus comme des chefs d’état.

Toutefois, tout ce désordre pourrait être mis à profit si la vue de la population ivoirienne fondant sur les derniers restes des intérêts français en Afrique pouvait briser le mur de la rhétorique qui emprisonne la société française. Selon des sources ivoiriennes 64 manifestants et plus d’un millier blessés à Abidjan au cours de ces derniers jours. Comment ces manifestants ont-ils été tués? Par qui? les médias français rapportent le décompte de victimes avec une indifférence désincarnée. Les premières victimes de l’ainsi nmmée Intifada d’al-Aqsa ont été tuées plusieurs fois, de façon grotesque, sanglante, dans la presse française. Leurs morts ont vécu, respiré pendant des jours, des mois, jusqu’à ce jour.  Les émeutiers palestiniens morts ou blessés de l’année 2000 ont été brandis pour justifier des atrocités contre des civils israéliens. Elles ont justifié le refus de feu Arafat de négocier, d’être ferme avec les terroristes, de cesser de financer des attaques terroristes.

le Ministre des Affaires Étrangères français Michel Barnier appelle la destruction de la lilliputienne armée de l’air ivoirienne de la « légitime défense ». Quand les forces de défense israéliennes détruisent le domicile d’un terroriste kamikaze, elles sont accusées de crimes de guerre et pire. C’est le Michel Barnier qui a insisté pour visiter Yasser Arafat à sa première visite au Moyen-Orient comme chef du Quai d’Orsay. Il a fait un second voyage pour voir Ariel Sharon et déclarer qu’Israël doit négocier avec Yasser Arafat, le dirigeant légitime du peuple palestinien; il ne peut y avoir de paix sans négociation, pas de négociation sans Yasser Arafat.

Ceci est le vrai visage d’un gouvernement français qui était prêt à laisser faire les rebelles moitié-fous moitié-islamiques qui menaçaient de renverser le gouvernement ivoirien, et qui maintenant tire sur les Ivoiriens enragés se soulevant contre les derniers restes de ce qu’ils appellent l’Occupation française. Ce sont les méthodes d’un gouvernement français qui a pratiquement coupé ses liens avec les USA – accusés de rouler des mécaniques eu Moyen-Orient – et préfère conclure des accords avec des manieurs de couteau coiffés de keffiehs.

Alors que les citoyens français déboussolés fuyant la RCI arrivaient à l’aéroport de Roissy avec rien de plus que ce qu’ils avaient sur le dos, le terroriste Yasser Arafat s’est vu offrir un départ en grande pompe à Villacoublay. Est-ce une surprise que les nationalistes à Abidjan agitaient des bannières étoilées? Et les foules enfiévrées massées à l’intérieur de la Mouqata pour les funérailles de l’archi-terroriste brandissaient, côte à côte avec les drapeaux de la Palestine, du Hamas et du Djihad Islamique, le Tricolore de la République Française.

C’est la honte.

12 novembre 2004

Nidra Poller

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Yamoussoukro mon amour ! (info # 011202/3)

Par Nidra Poller à Paris© Metula News Agency

J’ai des liens affectifs avec la Côte d’Ivoire. Une histoire d’amour déçu. Je connais personnellement le président actuel de la Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo. Voici d’ailleurs un scoop : son nom se dit tout simplement « Babo. » Les « g » ne se prononcent pas en Côte d’Ivoire et le fait qu’aucun journaliste français n’a fait l’effort de cueillir ce petit brin d’information en dit long sur l’état de nos médias. Il en sera question ici, de l’état de nos médias et de la médiatisation des faits et gestes de l’Etat français face à cette crise majeure dans un pays africain, où sont installés quelques 16 000 Français, que personne n’a pensé à qualifier de colons. C’est l’occasion d’assister, en temps réel, à une démonstration exemplaire de la finesse française adaptée à l’exercice de la politique internationale et, d’après ce qu’on voudrait nous faire croire ici, il s’agirait d’un savoir-faire cruellement déficient chez les Américains. Je devrais dire j’ai connu Laurent Gbagbo car je n’ai pas fait copain-copine avec le Président. C’est Laurent, le professeur d’histoire, col roulé, mal rasé, coiffé en afro indiscipliné, la voix rouée de tristesse, que j’ai connu au début des années 80. Obligé de fuir son pays, comme tant d’intellectuels africains menacés de mort pour avoir exprimé une opinion. N’importe quelle opinion, d’ailleurs! Les présidents à vie des indépendances ne souffraient alors aucune expression d’opinion. Pour ne pas se fatiguer à faire le tri entre les bonnes, les moyennes et les mauvaises, ils les exorcisaient toutes. Il faut savoir canaliser les énergies si on veut vivre longtemps en demeurant président en Afrique ! Laurent, professeur, auteur et un peu homme politique dans une opposition qui n’existait pas, vivait un exil ingrat, ici à Paris, car figurez-vous, les droits de l’hommistes ne se souciaient guère des victimes de Houphouët-Boigny. On leur disait : « la Côte d’Ivoire ce n’est pas la Guinée-Sekou Touré voyons ! » Un peu comme on nous dit maintenant qu’une poignée de synagogues brûlées ne fait pas une Kristallnacht.Je naviguais alors dans ces eaux africaines, antillaises, noir américaines, je côtoyais des musiciens et des écrivains célèbres, ratés, ou prometteurs, je partageais les peines et les joies de mes amis noirs, en leur laissant l’exclusivité du temps de parole afin qu’ils expriment leurs doléances et autres énumérations de droits bafoués.Le meilleur, le plus fin, le plus élégant et intelligent, le plus authentique, le plus traditionnel, le plus moderne, c’était NXE.

Ce journaliste, brillant, dont la carrière exceptionnelle fut brisée par la colère du Grand Chef, a fini par rentrer en Afrique. par amour pour sa terre, disait-il, et parce qu’il ne supportait pas le racisme français, et encore parce que nos médias français – les mêmes qui assassinent aujourd’hui mon identité juive au nom des damnés de la terre – n’avaient pas de place pour un génie ivoirien. Je pourrais donner des noms mais il vaut mieux ne pas exciter les vipères à l’heure qu’il est. C’est par NXE que j’ai connu Laurent Gbagbo. Chacun à son tour, confiné dans exil imposé, puis rentré en Côte d’Ivoire, avec la différence que NXE est mort dans un accident de voiture à l’africaine et Laurent est encore président. Je l’ai croisé un jour, Laurent, à l’aéroport de Roissy, en costume de dignitaire à fines rayures blanches, rasé de près, les cheveux rentrés dans l’ordre, la silhouette affinée, le même sourire attendrissant, innocent. On commençait à parler de lui comme leader d’un parti qui compte, il a adhéré, si je ne me trompe, à l’un de ces gouvernements douteux de la période trouble. Je suivais sa carrière, de loin, sans pouvoir juger du bien fondé de la déception ressentie par nos amis d’autrefois: les intellectuels sont rarement contents quand leurs pairs sont au pouvoir !La première Guerre du Golfe a bouleversé mon paysage social. Mon African connection n’y a résisté que partiellement. Je restais pourtant à me faire des soucis pour mes amis, à l’époque où la Côte d’Ivoire semblait tomber dans une spirale de coups d’Etat, suivant vaguement le contentieux avec Alissane Ouattera, mais mon attention se focalisait de plus en plus sur une question que j’avais crue réglée une fois pour toutes en Europe : la question juive. Et l’Afrique, que j’ai tant aimée, jalouse de mes autres préoccupations, s’est réveillée en me donnant des gifles. Durban, certainement, mais aussi le soutien quasi-unanime pour les thèses radicalement antisionistes de la part des journalistes, notables, intellectuels, étudiants, reçus désormais à bras ouverts par les mêmes médias qui ne voulaient pas de NXE.

Aujourd’hui les Africains hurlent avec les loups et mes amis africains n’ont pas un mot, pas une pensée pour moi. Ni la montée de l’antisémitisme, ni les attentats du 11 septembre n’ont provoqué la moindre manifestation de leur part. Preuve que je n’existais pas pour eux comme juive ou comme américaine mais uniquement comme sympathisante de leur cause. Et voilà, qu’à quelques semaines de l’opération militaire en Iraq, le conflit en Côte d’Ivoire nous offre une démonstration inouïe de la mise en ouvre de la politique internationale française. Exemple éblouissant s’il en fut ! Comme d’habitude, c’est par la radio que je prends le pouls de la République. Les rebelles prennent les armes, il y a des accrochages, l’armée française débarque, décrète le cessez le feu, se positionne sur la ligne de démarcation, alors je dresse l’oreille. On tend la micro au chef des rebelles, on colporte des rumeurs de fosses communes, des mercenaires venus prêter mains fortes aux loyalistes, et surtout, on empêche le gouvernement élu du président, mon ami Laurent Gbagbo, d’avancer pour écraser la rébellion. J’apprends, lors d’une émission de la presse africaine sur RFI, que la rébellion est soutenue par Khadafi, les pourparlers de paix à Lomé c’est Khadafi qui en est l’architecte et le propriétaire de l’hôtel où ils se déroulent, c’est, vous l’aurez deviné, lecteurs avisés de la Ména, encore Khadafi. En dehors de ces vérités qui nous parviennent par bribes, on n’a droit qu’à une version épurée des informations sur le conflit. (La relation des événements de Côte d’Ivoire, telle qu’elle est proposée par les médias audiovisuels français est absolument et volontairement inintelligible Ndlr.)

La position française est claire : non à la guerre ! Il faut régler le conflit par la négociation (et je me dis que les rebelles, pendant ce temps, s’installent, le pays est divisé, les armes et les guerriers peuvent s’infiltrer tranquillement.). Malgré le tout Khadafi, malgré le CDAO et les chefs d’Etats plus sages les uns que les autres, les pourparlers sont bloqués. Les troupes de Laurent font un pas de côté, les autorités françaises tapent sur les doigts des loyalistes. Un nouveau vocabulaire médiatique ad hoc se met en place. Le président élu, l’Etat souverain, la démocratie même disparaissent pour laisser place à un conflit entre rebelles et loyalistes. Deux communautés qui s’affrontent quoi ! Chacun a ses raisons, la France a toujours raison et l’enchaînement se termine par une invitation au Château.Vous connaissez la partition. Il faut retourner à la table des négociations, ne pas envenimer la situation en ripostant aux attaques avec force – excessive, par définition -, la communauté internationale doit intervenir. Une conférence internationale -à Paris of course- s’impose ! Laurent ne peut pas faire comme Arik. Il doit accepter l’invitation et j’ai de la peine pour lui. J’aimerais l’inviter à dîner comme autrefois mais je sais qu’on ne le laisserait pas quitter le château. Les dépêches tombent en langue de bois intégrale : tout se passe à merveille à Marcoussis, le problème est en gros réglé, restent quelques détails et à mettre le champagne au frais. Les rebelles sont devenus les forces nouvelles. Et pourquoi pas, si le Hezbollah est bien, pour la France, un important organisme de bienfaisance ! Des forces nouvelles contre les loyalistes, tiens, on sera presque tenté de choisir les premiers, loyalistes ça fait un peu vieux jeu, non ?Des dépêches dégoulinantes de complaisance tombent et se suivent.

Un petit contrecoup cependant, le président de l’assemblée ivoirienne quitte le château en claquant la porte. Surprenante anicroche, alors qu’officiellement tout s’arrange pour le mieux : on parle d’un gouvernement d’union nationale, d’élections anticipées et d’autres raffinements du même genre. La carte de séjour est supprimée, les lois foncières réécrites. Je ne nie pas qu’il existe des vrais problèmes sous-jacents, des injustices faites aux Burkinabés et tout le reste. Mais le Burkina Fasso prend de drôles de positions de nos jours et tout cela commence à nous rappeler la situation nigériane.On attend Kofi Annan, on attend le président Gebagebo, des chefs d’Etat divers, la photo sur le parvis. Les trompettes sonnent à tous vents. Sur RFI, c’est tout juste si on n’annonce pas en toutes lettres le pied de nez à Bush : nya nya nya tu vois, péquenot-cowboy, c’est comme ça qu’on fait de la vraie diplomatie! Soudain le centre de gravité passe de Marcoussis à Kléber, où l’on apprend que Laurent a été dépouillé de tout sauf son nom écorché. On lui impose un Premier ministre rebelle, la France attribue les ministères de la défense et de l’intérieur aux forces nouvelles, tout le reste, tout ce qui compte, à son opposition et on lui laisse les caisses vides et l’armée démilitarisée. Les forces nouvelles, interviewées comme elles le méritent, annoncent qu’elle viendront nombreuses avec armes et bagages protéger leur ministres à Abidjan. Il y a justement un peu de grabuge à Abidjan, on se demande pourquoi, et on essaie de faire croire que Laurent a sauté le déjeuner pour sauter plutôt dans un avion afin de calmer les esprits et de commencer au plus vite sa nouvelle vie.Je me demande, quant à moi, s’il ne s’est pas sauvé encore une fois pour s’éloigner d’un tyran en colère ?A présent on essaie de le finir. Tantôt en le sommant solennellement de se prononcer clairement pour la réconciliation et de mettre en place le nouveau gouvernement, tantôt en lui envoyant des flèches empoisonnées. Qui sait ici que Laurent Gebagebo est l’auteur de Côte d’Ivoire : économie et société à la veille de l’indépendance (1940-1960), Côte d’Ivoire : pour une alternative démocratique, Soundjata, Lion du Manding ? Entre temps, si je comprends bien, il n’a plus d’armée. Leçon à méditer. J’ai appris par une source fiable, qu’une publicité parue dans le Washington Post, quelques jours après la signature des accords (désaccords ?) de Marcoussis, supplie les Américains d’intervenir et de protéger le gouvernement légitime. J’ai perdu mon souffle en entendant que mon gouvernement s’est prononcé en faveur de leur application. Mais ouf ! Le commis chargé des affaires africaines à Washington a enfin réussi à joindre le chef, le tir est rectifié, les Américains demandent maintenant la renégociation de l’accord.Justement, boys, ne voyez-vous pas que cette histoire est une affaire en or?

La France, qui fait la danse du ventre sur la scène internationale, priant clémence et miséricorde envers le misérable Saddam Hussein, la France qui gronde et qui tonne qu’il ne faut rien régler par la force des armes et qu’on peut tout régler dans la paix du seigneur en se mettant autour d’une table ; la France qui ne touchera à une goutte de pétrole sans demander la permission de l’ONU ! Cette même France, qui transforme des bandes armées en forces nouvelles et leur donne la moitié d’un pays et les moyens de prendre l’autre moitié, pour les récompenser d’avoir pris les armes et attaqué l’Etat de droit. Des mommas manifestant dans la rue à Abidjan le disent avec leur accent de Treichville : « aucun gouvernement accepte ça. »Et la France, paisible, pacifiste et faiseuse de paix, que fait-elle quand des bandes armées de pierres de gourdins et de machettes s’attaquent à ses citoyens en Côte d’Ivoire, pillent leurs maisons, les malmènent, les menacent ? Elle fait, mes chers lecteurs, le silence radio. Vous avez droit à des directs de Jalalabad du matin au soir, quand des enragés d’Allah promettent de brûler des Américains par milliers, aux nanas-journalistes, qui répercuter les cris de guerre des shahidin en herbe lors des fêtes du Hamas, mais les reportages d’Abidjan, pendant qu’elle vit ses heures les plus dures, sont d’une rareté extrême, je dirais même, d’une insuffisance impudique. Air France a doublé ses vols journaliers en provenance d’Abidjan: deux à la place d’un. Le prix aussi a doublé ! La France n’a pas les moyens d’évacuer 16 000 ressortissants si jamais le besoin s’en faisait sentir. A leur place, j’aurais encore plus peur de l’arrivée des forces nouvelles que des agissements des patriotes. Et Laurent, que va-t-il faire sans armée pour défendre son pays ? On ne le dit pas trop souvent, mieux vaut, semble-t-il, être conspué pour l’utilisation de force excessive que démoli par manque de force adéquate. J’espère que ça ne se terminera pas ainsi, en flash-back et certainement pas en bain de sang. Il doit rester quelques divisions de Marines à dispatcher en Côte d’Ivoire, en attendant la nouvelle résolution du Conseil de Sécurité. Qu’ils viennent, qu’ils renvoient les forces nouvelles à leur expéditeur, qu’ils parlent avec Laurent d’homme à homme : Hé mon frère, tu
ne peux décidément pas frapper ces Burkinabés sur la tête, essayons de régler ce problème en frères ! Mais d’abord il reste des fesses à botter. Ce ne seront pas les rebelles de Kadhafi qui vont te faire des misères, Babo !

Nidra Poller
nidrapol@gmail.com

Source: http://wikileaks.org/gifiles/docs/5042962_re-hello-from-stratfor-thoughts-on-cote-d-ivoire-.html

Traduit depuis le web par willsummer

Willsummer: Les suites du rassemblement de Saint-Michel du 10 août à Paris

Dimanche 12 août 2012


C’est ce soir que se terminent les premiers Jeux Olympiques ouvertement cyberpunk de l’histoire, où des athlètes se font sponsoriser en se faisant tatouer le logo d’une marque sur le corps, et où des sandwicheries londoniennes ont été contraintes de changer le nom de leur enseigne, parce qu’il contenait l’adjectif « olympique ».

Alors que des drones armés provenant d’un Etat se déclarant en guerre contre un ennemi invisible ravagent les zones tribales du Waziristan tuant hommes, femmes et enfants non-combattants, des « féministes » occidentales paradent sur Tower Bridge à Londres pour appeler à l’exclusion des pays pratiquant la Charia des JO, et à l’obscénité de la sur-consommation érigée en sacro-saint modèle, s’ajoute le foulement aux pieds des principes olympiques: ce sont les USA qui empochent le plus grand nombre de médailles, et ils sont « en guerre » à travers le monde, soit ouvertement soit par moyens détournés.

Ceci est une réalité que depuis maintenant plusieurs années WikiLeaks et Julian Assange ont contribué à rendre évidents par des éléments devenus irréfutables, et qui constituent un faisceau de présomptions tellement large et solide qu’il contient de quoi faire trembler jusqu’à ses bases l’infernal édifice de la bestiale mentalité prédatrice qui infecte la société des hommes tel un cancer.

Car WikiLeaks est une organisation journalistique. En tant que telle, elle s’est donné la mission de fournir au grand public les informations qu’il réclame: la vérité, de quoi lui faire comprendre les événements qui interviennent dans sa vie et celle de ses pairs, de manière à ce qu’il puisse agir en connaissance de cause, pour la présence et le maintien d’un environnement propice à son épanouissement et à celui de sa famille, comme de ses pairs.

Or, voici que l’organisation dont Julian Assange est l’un des co-fondateurs nous explique depuis des années, preuves à l’appui (ces fuites par millions n’ont pas été contestées, et les poursuites contre Manning et Assange sont la preuve de leur véracité), que ce gouvernement à l’aigle chauve, dont le siège du pouvoir est à Washington, qui se présente dans nos foyers à travers la petite lucarne de nos téléviseurs comme le parangon de la justice – fût-elle armée jusqu’aux dents, de la défense des opprimés et des Droits de l’Homme, se révèle être le plus grand assassin en masse que l’histoire contemporaine ait portée.

Qu’ils flattent la docilité du peuple pour lui imposer une loi féroce – faire garder des moutons par des loups – et lui mentent sur toutes les informations qu’ils lui laissent voir au travers de sa petite lucarne pour lui en servir une version adaptée à leur discours et à la gloutonnerie de leurs entreprises. Qu’ils n’ont cure de la valeur d’une vie humaine, qu’ils sont capables de dévaster des régions entières pour l’accès aux ressources et de violer des sociétés dans leur plus profonde intimité pour y asseoir une mainmise tentaculaire…

Il y a des centaines de milliers de CableGate Files, d’Iraq et d’Afghanistan War Logs, cinq millions et demi de Stratfor Files et plus de deux millions de Syria Files. Il y a quelques sites web composés de journalistes professionnels, et d’autres personnes actifs et actives à éplucher, examiner, vérifier ces documents afin d’en extraire ce qui en fait la moëlle épinière: les éléments qui ne pourront pas être contestés devant un tribunal. Lorsqu’elle sera entre nos mains, nous la jetterons sur la place publique pour qu’elle y soit brûlée vive sous le regard furieux de la population…

Nous venons chacun(e) de notre horizon particulier, pour défendre Assange, Manning et WikiLeaks (et Jeremy Hammond, hacker Anonymous risquant 20 ans de prison pour avoir aidé WikiLeaks); nous partageons certaines choses, et pas d’autres: les goûts et les couleurs, c’est une affaire personnelle. Mais nous sommes unis par l’indéfectible refus de l’injustice, du mensonge et de l’irrespect de la vie humaine. Julian Assange est notre ami, et nous sommes à ses côtés. Devant la volonté du peuple de savoir, il n’y a pas de secret qui tienne: les affaires, leurs ramifications et implications sont beaucoup trop graves, et notre silence équivaudrait à une complicité.

Quand Fred Barton, le patron de Stratfor, disait de Julian Assange: « Assange sera un beau gibier en prison. Bousillez le terroriste. Il bouffera à jamais de la pâtée pour chien », je sais qu’il ne veut pas du bien à mon ami. Je sais aussi que je n’en voudrais pas comme ami, car je n’ai pas de plaisir à penser au mal, ou à le commettre. Ainsi les parties en présence sont définies, et c’est ma plus intime conviction que nous triompherons de ces êtres malfaisants, dont Fred Barton n’est qu’un des molosses, dans le domaine de la collecte de renseignements.

Dès demain, avec le conseil des anges et de sa bonne conscience, l’Equateur devra se prononcer en faveur ou non de son soutien à Julian Assange. Ce n’est pas un acte sans conséquences que d’accorder l’asile politique à l’homme le plus recherché des services secrets des USA, ils ne seront pas contents… J’ai bon espoir que l’Equateur accède à la requête du fondateur de WikiLeaks. Correa, le président de l’Equateur, est un homme qui comprend bien l’importance, à son niveau, d’actes en accord avec les justes aspirations des peuples; l’Equateur, comme beaucoup de nations latino-américaines, a beaucoup souffert des ingérences états-uniennes.

Par willsummer

Stratfor Files: Re: APERCU – VENEZUELA – CANVAS monte en puissance

La chute de Salto Angel, au Vénézuela

N° de mail 1116408
Date 12-01-2010 22.51.02

De reva.bhalla@stratfor.com

A marko.papic@stratfor.com, secure@stratfor.com

Hé, j’aime le guide « comment procéder », vendons-le à Chavez

Le 12 Janv 2010 à 15h 49, Marko Papic a écrit:
CODE de la SOURCE : SR 501
PUBLICATION : NON
DESCRIPTION de la SOURCE : Dirigeant de CANVAS
ATTRIBUTION : Pas encore, pas avant qu’ils nous laissent publier
FIABILITE de la SOURCE : A
CREDIBILITE de l’OBJET : 5
TRAITEMENT SPECIAL :
DISTRIBUTION : Sécurisée
RESPONSABLE de la SOURCE : Marko

Voir le document en pièce jointe. C’est la stratégie de CANVAS pour le Vénézuéla. Ils sont en train de monter en puissance leur travail là-bas. Très actifs. Le document m’est parvenu avec le mail suivant:

« Cette année nous augmentons franchement notre activité au Vénézuéla. Ils ont des élections en Septembre, et nous sommes en étroite relation avec des militants de là-bas et avec des gens prêts à les aider (S’il vous plaît gardez cela pour vous pour le moment, pas de publication).
La première phase de notre préparation est en cours.
Conformément au « Plan Format » de CANVAS (que les militants appliquent dans des ateliers), il y a quatre étapes pour une stratégie réussie:

1. Analyse de la situation (que nous faisons maintenant)
2. Conception de l’opération (à faire)
3. Phase d’exécution (Comment diable allons-nous réussir à gagner cette guerre?)
4. Opérations technologiques (administration, logistique, coordination et communication)

C’est la ligne directrice, en fait, que nous avons présentée à George au Colorado, et c’est la base de notre « graphique directeur ».
Tel est le fondement de notre brouillon d’analyse sur ce que nous prévoyons de faire au Vénézuéla, qui est attaché en pièce jointe. »

http://wikileaks.org/gifiles/docs/1116408_re-insight-venezuela-canvas-ramping-up-.html

http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,12561.0.html (anglais)

http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,12784.0.html (français)

Traduit sur WikiLeaks par Irien

En fuite, Qaddafi aurait tenté de trouver refuge auprès des autorités algériennes

Initialement publié en anglais le 24-07-2012 sur Liberté-info.net

Peu d’informations étaient jusque-là disponibles concernant l’éventuelle tentative par l’ancien dictateur libyen de trouver refuge hors du pays qu’il a commandé d’une main de fer pendant quarante-deux années.

Grâce à la publication par WikiLeaks de la suite des GIFiles (les Global Intelligence Files, nom prêté à l’importante masse d’e-mails de la société de renseignement américaine Stratfor, considérée comme étant la CIA de l’ombre, car elle renseigne entre autres le Homeland Security et la Defense Intelligence Agency américains), le public, les journalistes, et les historiens vont pouvoir mieux comprendre et enquêter sur ce qui s’est passé lors de cet épisode de la révolution libyenne, et plus spécialement au regard du rôle joué par l’Algérie.

Liberté-info, association pour la défense des libertés informatiques, a pu obtenir l’accès à la suite des GIFiles, grâce à un partenariat d’investigation organisé par WikiLeaks et impliquant des journalistes, des universitaires, et des organisations de défense des droits de l’homme.

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Après son renversement et sa fuite, il y a eu beaucoup de spéculation si et où Qaddafi chercherait refuge en quittant le territoire libyen. Mais nous savons peu, sinon que finalement il n’a pas quitté le territoire, où il fût rattrapé par les frappes aériennes de l’OTAN avant de tomber et d’être tué entre les mains des rebelles révolutionnaires.

L’Algérie, pays voisin dont la classe dirigeante a observé avec effroi la propagation de la vague démocratique et révolutionnaire qui a débuté en Tunisie et s’est étendue jusqu’à la frontière ouest, au Maroc, a donné l’asile aux principaux proches de Qaddafi: sa femme Safia, ses deux fils Mohamed et Hanibal, et sa fille Aicha. La raison de ce geste seraient d’ordre « humanitaire », d’après l’ambassadeur algérien aux Nations Unies. La grossesse avancée d’Aicha – elle donnera naissance à une fille peu après avoir pénétré le territoire algérien – peut effectivement justifier son entrée à elle, mais pas celle du reste de la famille. La corruption endémique de l’Etat algérien, ainsi que la richesse amassée et probablement en partie transportée par la famille en fuite expliqueraient cet apparent excès de générosité.

Ceci eut lieu à la fin du mois d’août 2011, et mit le gouvernement algérien dans une position fâcheuse envers l’organe provisoire gouvernant la Libye, le Conseil National de Transition (CNT). En effet, la famille de Qaddafi, jugée complice de nombreux crimes du patriarche, était et est toujours voulue en Libye pour y être jugée. Les quatres proches ainsi que la fille d’Aicha se trouvent toujours en Algérie.

En dépit de ses déclarations affirmant qu’il ne quitterait jamais le territoire libyen, des informations provenant des nouvelles publications des GIFiles suggèrent le contraire: le Colonel aurait tenté de trouver l’asile au moins en Algérie.

L’e-mail dont l’identifiant est 120909, daté du 1er septembre 2011 et envoyé par un employé de Stratfor (un « watch officer », qui est le grade au-dessus d’analyste et en-dessous de directeur) à la mailing-liste interne nommée Alpha (qui comprend les analystes, les rédacteurs, et les employés de plus haut niveau) cite une source diplomatique algérienne qui aurait affirmé que Qaddafi (dont le nom de code utiilisé dans la correspondance est « Q », initiale de Qaddafi) aurait tenté de trouver refuge en Algérie en contactant le président algérien Bouteflika. La source déclare que Bouteflika a ignoré les appels répétés du dictateur déchu. Elle suggère aussi que les services de renseignement algériens auraient partagé la localisation du Colonel (qu’ils ont estimé être la ville de Béni Walid) avec leurs confrères britanniques, et aurait prédit qu’il « serait abattu tôt ou tard ».

Malgré la notation moyenne par l’employé de Stratfor de sa source (crédibilité estimée à C, A étant le mieux et F le pire) et de la crédibilité du renseignement (noté à 3-4, 1 étant le mieux sur une échelle de dix), il semblerait avec le recul que le renseignement était plutôt fiable: Qaddafi fût abattu peu après, le 20 octobre 2011 près de Syrte, à moins de 300 kilomètres de Béni Walid.

L’employé de Stratfor a précisé que sa source lui a été présentée par une autre source, ME1 (pour Middle East 1), qui semble être une importante source de Stratfor car il/elle apparaît dans de nombreux mails remontant au moins jusqu’à 2006.

Source: http://blogs.mediapart.fr/blog/mehdi-taileb/260712/exclusif-alors-quil-etait-en-fuite-kadhafi-aurait-tente-en-vain-de-tro

http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,13271.0.html

Publié sur Mediapart par Mehdi Taileb

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