Qui croire? La crise de crédibilité des médias européens

en.ejo.ch, Michael Haller, 27 octobre 2015

Capture-newspaper-hat-300x214Permettez-moi de vous ramener au 3 Décembre 2013: Alan Rusbridger, rédacteur en chef du Guardian, témoigne devant le Comité des affaires intérieures de la Chambre des communes. Cela allait devenir un interrogatoire tendu de 78 minutes sur la décision de son journal de publier les documents top-secrets de la NSA fuités par le lanceur d’alerte Edward Snowden.

Rusbridger parlait d’une voix faible. Bien que confus à certains moments, son message était très clair: les journalistes du Guardian avaient scrupuleusement vérifié les documents confidentiels qu’ils avaient reçus de Snowden. Ils avaient noirci tous les noms dans les documents, et avaient demandé l’avis d’experts. Seulement après ces précautions, le journal a publié les histoires – pas contre la démocratie, mais pour la promouvoir. Dans un pays démocratique, avec la liberté de la presse, les journalistes ont l’obligation de révéler de telles pratiques sinistres pour le bien de l’intérêt public, avait-il déclaré. Les interrogateurs du Comité n’ont présenté aucun contre-argument convaincant.

À cette époque, il y a deux ans, le Guardian a publié de nombreux rapports d’enquête. Cela a grandement bénéficié à la réputation du journal. Dans l’année des révélations d’Edward Snowden, la population britannique a considéré le Guardian comme « le journal le plus digne de confiance, le plus exact et le plus fiable au Royaume-Uni ».

Voilà pour les bonnes nouvelles. Les nouvelles pas-si-bonnes que ça sont que: même le Guardian est en train de perdre des lecteurs. Le journal ainsi que son site web fonctionnent à perte, et de plus en plus. Les réalisations des journalistes du Guardian ne sont possibles que parce que le propriétaire du journal – la Fondation Scott Trust – fait intervenir environ 50 millions £ pour soutenir ses faibles finances. Où est-ce que cela se produit ailleurs dans le monde?

Le journalisme en Europe de l’Ouest: une crise de crédibilité

En effet, l’image plus large du journalisme en Europe est plutôt sombre: le journalisme en Europe occidentale souffre d’une «crise de crédibilité». Dans cet article, je présente cinq thèses sur ce phénomène.

Thèse 1: Une baisse de la capacité de recherche

Thèse 2: Un manque de professionnalisme

Thèse 3: La course pour les revenus sur la publicité

Thèse 4: Trop d’opinion; Trop peu de faits

Thèse 5: Le contenu des informations est devenu «conventionnel»

Lire l’intégralité de l’article: http://en.ejo.ch/ethics-quality/who-to-believe-european-medias-credibility-crisis

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Affaire Snowden : « The Guardian ne se laissera pas intimider »


Vidéo: Alan Rusbridger témoigne devant la Commission parlementaire (voir l’intégralité de la vidéo)

Le Monde.fr | 03.12.2013 à 21h14

Le rédacteur en chef du quotidien britannique The Guardian, Alan Rusbridger, a défendu mardi 3 décembre devant une commission parlementaire, la publication de révélations d’Edward Snowden, l’ex-consultant de l’Agence nationale de renseignement américaine (NSA), et a démenti avoir mis en danger la sécurité de son pays.

Il a par ailleurs affirmé que The Guardian avait été victime de pression et d’intimidation concertées dans le but d’empêcher la publication d’articles qu’il considère d’intérêt public. « Cette affaire peut être politiquement embarrassante, mais il n’y a rien ici qui représente un risque pour la sécurité nationale », s’est défendu le rédacteur en chef du Guardian.

« Il est important de garder à l’esprit que les rédacteurs en chef des journaux probablement les plus importants aux Etats-Unis, The Washington Post et The New York Times, ont pris des décisions quasiment identiques » en publiant des informations obtenues par Edward Snowden, a-t-il noté pendant son audition retransmise en direct à la télévision. Il a déclaré que « The Guardian ne se laissera pas intimider, mais ne se comportera pas non plus de manière imprudente ».

M. Rusbridger a aussi précisé que seul environ 1 % des 58 000 documents secrets confiés par Edward Snowden au Guardian et à d’autres journaux avaient été publiés. Le reste est en lieu « sûr », a-t-il ajouté, refusant de révéler en public où ils étaient conservés, mais se disant prêt à le faire, par écrit, à la commission.

« Aimez-vous votre pays? »

Voir le tweet d’Alan Rusbridger en réponse à ce sujet

Le rédacteur en chef s’est dit « surpris » par une question du président de la commission, Keith Vaz : « Aimez-vous ce pays ? » « Nous sommes patriotes, et l’une des choses qui font que l’on est patriote est la démocratie et la liberté de notre presse », a réagi M. Rusbridger. Une question qui a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, mais aussi au sein de plusieurs médias britanniques et européens.

Glenn Greenwald, l’un des deux journalistes à l’origine de l’affaire, a notamment décrit cette scène comme l’une des plus « effrayantes depuis longtemps ».

Treize médias, dont le New York Times, le Washington Post, la World Association of Newspapers and News Publishers et l’agence de presse AP, ont signé une lettre ouverte diffusée dans la soirée sur le compte twitter de M. Rusbridger, dans laquelle ils apportent leur soutien au journal et à la liberté de la presse en général. Peu avant son audition, Alan Rusbridger avait aussi publié une lettre de Carl Bernstein, le journaliste américain qui a contribué à la révélation du scandale du Watergate. Selon ce dernier, l’audition du rédacteur en chef du Guardian apparaît comme « une tentative des plus hautes autorités britanniques de déplacer le problème » mis en lumière par Edward Snowden, pour dénoncer « l’attitude de la presse ».

Des révélations embarrassantes

Des articles publiés depuis juin par plusieurs journaux, dont The Guardian, à partir des révélations de l’ex-consultant de la NSA, ont révélé l’ampleur du système de surveillance aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, provoquant l’ire de Washington et l’embarras de Londres.

En août, The Guardian avait affirmé avoir été contraint, sous la pression du gouvernement britannique, de détruire deux disques durs contenant des informations obtenues par Edward Snowden.

Deux mois plus tard, le premier ministre britannique, David Cameron, déclarait que la publication des documents secrets sur les programmes de surveillance des Etats-Unis et du Royaume-Uni avaient porté atteinte à la « sécurité nationale », avant que les chefs du renseignement britannique ne surrenchérissent quelque temps plus tard, affirmant que les fuites d’Edward Snowden avaient ravi le réseau Al-Qaida.

Greenwald: les documents à venir de Snowden vont « choquer »

Le journaliste Glenn Greenwald, porte-voix des révélations d’Edward Snowden sur le système de surveillance cybernétique américain, déclare, dans un entretien à l’hebdomadaire Télérama à paraître mercredi, que plusieurs documents secrets en sa possession, et prochainement publiés, vont « choquer ».

Alors qu’Alan Rusbridger, rédacteur en chef du Guardian, affirmait rester « prudent » sur la publication des 58 000 document livrés par l’ancien agent de la NSA, Glenn Greenwald « compte bien publier ces documents jusqu’au dernier », prévient dans cette interview le reporter de l’affaire Snowden, interrogé à Rio de Janeiro.

Source: http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/12/03/affaire-snowden-the-guardian-ne-se-laissera-pas-intimider_3524830_3214.html

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