56 haut-fonctionnaires français complices de criminels et terroristes (Jean-Loup IZAMBERT)

Conférence de Jean-Loup IZAMBERT à Ille sur Têt le 18 décembre 2015 sur son dernier ouvrage: «56 – Tome 1: (L’État français complice de groupes criminels) », comportant 386 pages (youtube)

Un agent d’Al-Qaeda a travaillé pour le MI6: WikiLeaks

Nation.com, 27 avril 2011

LONDRES (INP) – Un agent d’al-Qaeda accusé d’avoir bombardé deux églises chrétiennes et un hôtel de luxe au Pakistan en 2002 a travaillé dans le même temps pour le renseignement britannique, selon des dossiers secrets sur les détenus qui ont été livrés au camp de la prison militaire américaine de Guantanamo Bay.

Adil Hadi al Jazairi Bin Hamlili, un citoyen algérien décrit comme un facilitateur, courrier, kidnappeur et assassin d’Al-Qaeda, a été détenu au Pakistan en 2003 et plus tard envoyé à Guantanamo Bay.

Mais selon le dossier d’évaluation d’Hamlili à Guantanamo, l’un des 759 dossiers individuels obtenus par le Guardian, les interrogateurs américains étaient convaincus qu’il agissait en même temps comme un informateur du renseignement britannique et canadien. Après sa capture en juin 2003, Hamlili a été transféré au centre de détention de Bagram, au nord de Kaboul, où il a subi de nombreuses interrogations sous garde avec le personnel de la CIA.

Source: http://www.nation.com.pk/politics/27-Apr-2011/Qaeda-operative-worked-for-MI6-WikiLeaks

Voir le dossier publié sur Wikimedia: « ISN 01452, Adil Hadi al-Jaza’iri Bin Hamlili’s Guantanmo detainee assessment » (pdf)

Controverse sur les origines et les liens entre Al-Qaïda et la CIA

Leaders d'Al-Qaïda (depuis la gauche), Ayman al-Zawahiri, Oussama Ben Laden et Mohammed AtefPhoto: Leaders d’al-Qaïda (depuis la gauche): Ayman al-Zawahiri, Oussama Ben Laden et Mohammed Atef

BBC News, 20 juillet 2004

Les origines et les liens d’Al-Qaïda

Al-Qaïda, qui signifie «la base», a été créé en 1989 alors que les forces soviétiques se retirent d’Afghanistan et qu’Oussama Ben Laden et ses collègues ont commencé à chercher de nouveaux jihads.

L’organisation a grandi sur le réseau de volontaires arabes qui s’étaient rendus en Afghanistan dans les années 1980 pour combattre sous la bannière de l’Islam contre le communisme soviétique.

Au cours du jihad anti-soviétique, Ben Laden et ses combattants ont reçu un financement américain et saoudien. Certains analystes estiment que Ben Laden lui-même avait reçu une formation à la sécurité de la part de la CIA.

Le « Afghans arabes« , comme on les appelait, étaient aguerris et hautement motivés.

Au début des années 1990, Al-Qaïda a opéré au Soudan. Après 1996, ses sièges ainsi qu’une douzaine de camps d’entraînement ont été déplacés en Afghanistan, où Ben Laden a forgé une relation étroite avec les Talibans.

La campagne américaine en Afghanistan à partir de fin 2001 a dispersé l’organisation et l’a conduit en souterrain, alors que ses personnels ont été attaqués et ses bases et camps d’entraînement détruits.

Les cellules à travers le monde

L’organisation est pensé comme opérant dans 40 à 50 pays, et pas seulement au Moyen-Orient et en Asie, mais aussi en Amérique du Nord et en Europe.

En Europe occidentale, on a connu ou suspecté des cellules à Londres, Hambourg, Milan et Madrid. Celles-ci ont été d’importants centres de recrutement, de collecte de fonds et de planification d’opérations.

Pour l’entraînement, le groupe favorise les zones de non-droit où il peut opérer librement et en secret.

Attaques attribuées à al-Qaïda ou à des associés:

* 1993: Attentat du World Trade Center
* 1996: Meurtre de 19 soldats américains en Arabie Saoudite
* 1998: Attentats dans l’Est de l’Afrique
* 2000: Attaque contre le USS Cole au Yémen
* 2001: Attaques-suicides contre New-York et Washington
* 2002: Attaques contre des touristes israéliens à Mombasa
* 2003: Quatre attentats simultanés à Riyad

Ceux-ci sont soupçonnés d’avoir inclu la Somalie, le Yémen et la Tchétchénie, ainsi que les zones montagneuses de l’Afghanistan.

Il y a eu des rapports sur un camp d’entraînement secret sur l’une des îles de l’Indonésie.

Contrairement aux groupes aux liens reserrés du passé, comme les Brigades rouges en Italie ou le groupe Abou Nidal au Moyen-Orient, Al-Qaïda perd sa structure. Il opère à travers les continents comme une chaîne de réseaux de verrouillage.

Les groupes individuels ou les cellules semblent avoir un haut degré d’autonomie, en élevant leur propre argent, souvent à travers de la petite délinquance, et ne faisant de la prise de contact avec d’autres groupes que lorsque c’est nécessaire.

Définir al-Qaïda?

Cette connexion dissolue entre les groupes a soulevé une question de définition. Lorsque nous parlons d’Al-Qaïda, est-ce que nous nous référons à une organisation réelle ou parlons-nous maintenant de quelque chose plus proche d’une idée?

Des attaques comme les attentats de mai 2003 à Riyad et l’attaque contre des touristes israéliens à Mombasa en 2002 sont largement attribués à al-Qaïda. Mais ces attaques ont-elles été, de quelque manière que ce soit, prévues ou financées ou organisées par Ben Laden ou par l’organisation qu’il est supposé encore diriger?

Les principales figures d’al-Qaïda

De manière large: Oussama Ben Laden, Ayman al-Zawahiri
Capturés par les Etats-Unis: Khalid Sheikh Mohammed, Abu Zubaydah
En procès: Zacarias Moussaoui, Mounir al-Motassadek
Emprisonné: Richard Reid
Présumé mort: Mohammed Atef

Certains analystes ont suggéré que le mot al-Qaïda est désormais utilisé pour désigner une variété de groupes connectés par un peu plus que des objectifs communs, des idéaux et des méthodes.

Nous savons toutefois que plusieurs groupes radicaux sont ou ont été officiellement affiliés à al-Qaïda. Le plus important est l’aile radicale du groupe du Jihad islamique égyptien dont les membres ont trouvé refuge en Afghanistan et ont fusionné avec Al-Qaïda.

Son chef est Ayman al-Zawahiri, un Egyptien impitoyable considéré comme étant le cerveau derrière al-Qaïda et le chef de la plupart de ses opérations les plus infâmes.

Il s’agit notamment des attaques contre deux ambassades américaines en Afrique en 1998 et les attentats du 11 septembre contre New York et Washington.

Ils sont également soupçonnés d’avoir des liens avec:

Les groupes cachemiris militants
Le Mouvement islamique d’Ouzbékistan, ou MIO
Le groupe Abou Sayyaf aux Philippines;
Le GIA, ou Groupe islamique armé, en Algérie et son rejeton radical connu sous le nom du groupe salafiste, ou GSPC.

« Guerre contre le terrorisme »

Les forces de police occidentales et les agences de renseignement ont eu un certain succès dans la dissolution des cellules d’Al-Qaïda, la fermeture des sociétés-écrans et le gel des avoirs dans le cadre de la « guerre contre le terrorisme ».

Certains de ses hauts dirigeants ont été tués ou capturés, et les interrogatoires de certains membres à Guantanamo ont encore plus affaibli l’organisation.

Toutefois, le déracinement de l’organisation dans son ensemble a été une tâche très complexe et frustrante.

Dans un récent rapport sur l’Irak et la guerre contre le terrorisme, l’Oxford Research Group a noté que malgré la détention de plusieurs de ses membres, al-Qaïda « reste dynamique et efficace ».

Plus frustrant, le sort et la localisation d’Oussama Ben Laden lui-même restent toujours un profond mystère.

Source: http://news.bbc.co.uk/2/hi/middle_east/1670089.stm

Wikipédia: http://en.wikipedia.org/wiki/CIA_%E2%80%93_al-Qaeda_controversy

Stratfor Files: la mainmise des services secrets sur le pouvoir en Algérie

par Eva Blum-Dumontet, le 17 novembre 2012

Des manifestants à Alger et à Oran appelaient à la démission du gouvernement – Source, al Jazeera

Le 27 février 2012, WikiLeaks a commencé à publier 5 millions de courriels – appelés les Global Intelligence Files, ou Stratfor Files – de la firme états-unienne Stratfor, qui a fourni des renseignements à des entreprises privées ainsi qu’au gouvernement US. Plusieurs des courriels s’intéressent à une personnalité peu connue par les médias, le général Mohamed Mediène – aussi connu sous le nom de Toufik – qui est pourtant un acteur-clé de la vie politique algérienne. Chef des puissants services secrets algériens, Mediène est l’une des personnalités publiques les plus discrètes d’Algérie: il n’y a que deux photos officielles de lui, et durant les cérémonies officielles, les caméras évitent systématiquement son visage. Toutefois, Mediène est considéré être la main de fer du pouvoir, contrôlant les militaires et l’intelligentsia. Stratfor a fait très attention à son rôle et en particulier celui qu’il a eu dans le mouvement contestataire mineur qui avait décollé pendant le Printemps Arabe, ainsi qu’à sa relation avec le président algérien, Abdelaziz Bouteflika.

Comment Stratfor a pisté Mediène et le Printemps Arabe

Le 9 février 1992, peu après le commencement de la guerre civile en décembre 1991, un état d’urgence a été décrété en Algérie, qui suspendit beaucoup de libertés civiles pour les citoyens pendant les deux décennies qui ont suivi. Bien que l’état d’urgence interdise aux gens de manifester, l’Algérie vit le début d’un Printemps Arabe « léger » à la fin de décembre 2010, avec des manifestations contre l’augmentation du prix des biens de première nécessité et le problème du chômage.. Stratfor resta très attentif à ce mouvement, bien qu’il n’y eut jamais plus de 3000 manifestants rassemblés dans les rues. Avec la guerre civile de 1990 à l’esprit, le gouvernement fut prompt à réagir: l’état d’urgence fut abrogé le 25 février 2011 comme une concession aux manifestants, et des mesures sociales, telles qu’un prêt à taux zéro pour les étudiants, furent instaurées. Dans le même temps, toutes les manifestations furent déclarées illégales et Bouteflika mobilisa les forces de police en masse pour les empêcher de se propager. En dépit de ces actions du gouvernement, des grèves réclamant davantage de mesures sociales furent poursuivies jusqu’en juin 2011.

Au-delà du mouvement lui-même, qui n’a jamais atteint l’étendue des manifestations vues en Tunisie, en Égypte, et plus tard, en Libye, ce qui intéressait Stratfor était comment cela devenait encore matière à conflit entre le président Bouteflika et le patron des services secrets, Mediène. Celui-ci était en fait soupçonné de participer à l’instigation de manifestations pour déstabiliser le régime, comme l’organisateur principal du mouvement était Saeed Sadi, un activiste Berbère et ami de Mediène.

En février 2011, Stratfor a envoyé un « guide du renseignement » à son équipe d’analystes. Le courriel soulevait une série de questions spécifiques au sujet de l’état actuel de pays dont Israël, la Chine, l’Iran et l’Irak, ainsi que des thèmes à portée internationale, tels que l’approvisionnement en nourriture. Il était donc demandé aux analystes de prendre en compte ces éléments lors de leurs enquêtes et publications de rapports. L’Égypte était le souci principal, mais l’Algérie était néanmoins surveillée avec attention. Nate Hughes, qui a envoyé le courriel, a rappelé aux analystes que « la situation en Algérie requiert une grande attention. »

Hughes a décrit comment les manifestations pouvaient être utilisées à des fins politiques par le pouvoir perpétuellement divisé: « les troubles civils pourraient être exploités par des membres de l’élite au pouvoir. Spécifiquement, nous gardons un œil sur les motivations du chef du renseignement militaire le général Toufik Mediène, qui semble être enferré dans une bataille de succession avec le président. » Les analystes furent aussi instruits de « surveiller étroitement la taille et l’étendue des manifestations en même temps que la bataille interne du régime, » puisque les troubles civils et le conflit entre Mediène et le président Bouteflika pouvait être « inter-connecté ». De plus, alors que l’attention était sur la demande aux analystes de Stratfor de définir le pouvoir de Mediène, Hughes a aussi demandé toutes informations concernant l’identité des meneurs des manifestations.

Le général Mohamed « Toufik » Mediène

Un autre courriel de février 2011 témoigne d’un intérêt pour la santé de Mediène. Le courriel affirme que Mediène connaissait de sérieux problèmes de santé et encourait certainement un décès imminent. Les sources ont également suggéré que le vrai conflit au sein de l’élite dirigeante n’était pas entre Mediène et le président Bouteflika, mais entre Mediène et le frère de Bouteflika, Saeed. Décrit comme la personnalité omnipotente du régime, il est dit de Saeed qu’il attend la mort de Mediène pour acquérir davantage de pouvoir.

Ici encore, le lien entre les manifestations et les élites en conflit est souligné. La source a affirmé que Saeed Bouteflika avait convaincu les syndicats de se dissocier des mouvements de contestation. Cette action devait être perçue comme une victoire, démontrant ainsi la part que Mediène avait pu prendre dans l’incitation aux manifestations.

L’utilisation des médias pour l’assistance de leurs clients, le travail des analystes de Stratfor

Les clients de Stratfor ont aussi exprimé leur intérêt pour la situation en Algérie pour leurs propres buts. Le 22 février, Reva Bhalla a envoyé un courriel s’enquérant de la situation à Oran et des risques potentiels pour un client en relation avec l’armée algérienne.

« Un client envisage d’envoyer un employé dans la zone à l’extérieur de la ville pour faire du travail pour le compte de l’armée algérienne et souhaiterait avoir une escorte militaire. Y a-t-il un fort sentiment anti-militaire/régime comme nous en avons vu en Libye avec du personnel militaire se faisant attaquer et même tuer? Le fait d’être affilié à l’armée en ce moment augmente-t-il le niveau de menace de quelque façon? »

Alors que la réponse fournie par les analystes était que la situation était suffisamment sécurisée, du fait que les manifestations avaient été plutôt contenues et concentrées sur la fin de l’état d’urgence, la conversation se tourna à nouveau vers le rôle ambigu joué par Mediène, avec un salarié de l’équipe demandant: « Y a-t-il une possibilité que certains éléments de l’armée, y compris ceux travaillant dans des escortes telles qu’utiliserait le client, s’alignent avec Mediène et puissent faire quelque chose pour mettre en danger la sécurité du client? »

Le travail de Stratfor à garder la trace de Mediène nous aide aussi à comprendre la façon dont travaille la firme de renseignements. En effet, une bonne part de leur travail s’appuie sur ce qu’ils lisent dans les médias locaux et nationaux, ainsi que le démontre ce courriel. Des articles du magazine en ligne Tout Sur l’Algérie y sont utilisés pour confirmer le récit ébauché par les analystes de Stratfor. En se basant sur ces articles, ils donnent aussi le conseil de surveiller Mouloud Hamrouche et Ali Benflis, deux politiciens que le journal avait déclaré être des successeurs potentiels de Bouteflika. Un autre courriel mentionne aussi que les liens entre le meneur des manifestations Saeed Sadi et Mediène ont initialement été révélés par des câbles de WikiLeaks.

Mediène et Bouteflika, les ennemis mourants qui règnent sur l’Algérie

La relation entre Bouteflika, au pouvoir depuis 1999, et Mediène, chef du Département du Renseignement et de la Sécurité (aussi connu comme le DRS) depuis 1990, a en fait été cruciale dans l’analyse de la vie politique algérienne. Dans un rapport publié par Stratfor de février 2011, Mediène est décrit comme un personnage dont le soutien est essentiel pour réussir au sein de l’élite algérienne, bien qu’il soit maintenant trop vieux pour devenir président.

Selon les analystes de Stratfor, Bouteflika a conforté sa légitimité en réduisant les forces armées en politique et en offrant l’amnistie à nombre de radicaux islamistes. Mediène détient sa légitimité de son rôle-clé dans la lutte contre la menace islamiste, alors que ses liens avec AQMI (al Qaïda au Maghreb Islamique) demeurent malgré tout obscurs.

Le même rapport décrit la relation entre les deux hommes comme plus agitée que jamais durant les dix-huit mois qui ont précédé le Printemps Arabe, alors que tous deux commençaient à songer à leur succession. Saeed Bouteflika, le frère du président, se voit comme successeur potentiel de Mediène, d’où la suggestion évoquée par des sources que le réel conflit se situe entre ces deux hommes.  Mediène a tenté de réaffirmer sa position en « punissant » le camp Bouteflika: un certain nombre de membres éminents du régime, proches du président et de son frère, ont donc été accusés de corruption et le ministre de l’énergie, Chekib Khelil, a été forcé de démissionner. Le rapport suggère encore qu’alors que les discussions de succession ont maintenant été mises de côté, le meurtre du chef de la police Ali Tounsi en février 2010 fut encore un autre signe du conflit non-résolu de succession.

Ces accusations de corruption sont, selon Jeremy Keenan, professeur d’anthropologie à la School of Oriental and African Studies de Londres, un protocole courant des services secrets: « Le DRS contrôle le pays, ou ce qui est maintenant mieux décrit comme un état « mafieux », et le fait par une combinaison de ‘peur’, de ‘terreur’ et de ‘chantage’ – financier, sexuel ou autre. Comme Sid Ahmed Ghozali, l’ancien premier ministre, le disait récemment, parlant peut-être par métaphore, le DRS a 2 millions d’informateurs! Il a des dossiers et garde la trace de tout le monde, depuis le président et le chef de l’armée jusqu’au plus vil fonctionnaire. »

Le rôle de Mediène au cours du Printemps Arabe

La plupart des courriels concernant Mediène remontent au temps du Printemps Arabe, alors que les analystes de Stratfor s’attendaient à une explosion potentielle du mécontentement citoyen. Pourtant, ils ont relevé qu’alors que les manifestations en Égypte et en Tunisie s’attaquaient au thème global de la justice sociale, celles d’Algérie se focalisaient sur la levée de l’état d’urgence qui avait été en place depuis 1992. Les analystes insistent sur les motivations politiques derrière le mouvement. L’un des meneurs en était effectivement Saeed Sadi, un activiste berbère de la Coordination Nationale pour le Changement et la Démocratie et de la Ligue Algérienne des Droits de l’Homme, un ami de Mediène, qui est aussi un Berbère et bénéficie du soutien de sa communauté.

Mais Bouteflika est sorti grand gagnant des mouvements de manifestations: en accédant aux demandes des manifestants, il est apparu comme un dirigeant plutôt démocratique ouvert au compromis. En même temps, il a réduit l’influence du DRS emmené par Mediène. En effet, l’état d’urgence avait permis aux services secrets de contrôler la société algérienne: les citoyens pouvaient être placés en détention provisoire à volonté et les forces militaires étaient utilisées par les autorités civiles. Les analystes suggèrent donc qu’en mettant fin à l’état d’urgence, Bouteflika se protégeait lui-même de Mediène autant que les citoyens algériens.

Les analystes de Stratfor rappellent également que, dans sa déclaration annonçant la fin de l’état d’urgence, Bouteflika avait annoncé que le contre-terrorisme et la contre-subversion ne seraient plus sous la responsabilité conjointe de l’Armée Nationale du Peuple (ANP, contrôlée par Bouteflika) et le Département du renseignement et de la Sécurité (DRS) et tomberaient désormais sous la seule responsabilité de l’ANP.

La publication des courriels de Stratfor sur Mediène constituent l’exposé le plus approfondi sur les élites algériennes à ce jour, comme le chef des services secrets a toujours compté sur le secret, se donnant du mal pour prévenir toute couverture médiatique de ses activités. Stratfor fournit donc une description à jour et fiable du conflit entre Bouteflika et Mediène et leur combat pour affirmer leurs successeurs. Ils fournissent aussi une nouvelle perspective de laquelle voir le Printemps Arabe comme une opportunité pour Mediène et pour Bouteflika de réorganiser la structure du pouvoir à la tête du pays.

Écrit par Eva Blum-Dumontet et Marina Daras, édité par WikiLeaks Press.

Source: http://wikileaks-press.org/stratfor-algerian-secret-services-grip-on-power/

Et: http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,16140.0.html

Traduit depuis le web par willsummer

Les emails de Stratfor évoquent l’existence d’une guerre des clans au sommet de l’Etat algérien

Saeed Bouteflika au volant avec son frère, le président Abdelaziz

par W, le 13 octobre 2012

La traduction intégrale de l’email ayant l’ID 1132443, daté du 23 février 2011 et échangé entre Reva Bhalla, la directrice des analyses chez Stratfor (ici pour consulter son profil sur le réseau LinkedIn) et le service des analyses de la même firme nous confirme les rumeurs qui circulent en Algérie d’une éventuelle guerre silencieuse entre le clan du président de la république Abdelaziz Bouteflika et le clan du tout-puissant patron du Département du renseignement et de la sécurité (DRS), le général Mohamed Mediene, dit « Tawfic ».

L’email qui représente le témoignage d’un diplomate algérien, une source crédible selon Stratfor (FIABILITÉ DE LA SOURCE: C – L’importance de la source se classe entre des notes allant de A à F, la note A représentant la source la plus fiable et la note F la source la moins fiable – / CRÉDIBILITÉ DE L’ÉLÉMENT: 3 – La crédibilité de l’information se classe entre des notes allant de 1 à 10, la note A représentant l’information la plus crédible et la note 10 l’information la moins crédible -) révèle que le vrai combat n’est pas entre  Mediene, le général affaibli par la maladie et Abdulaziz Bouteflika, mais entre Mediene et le jeune frère du président Said.

Email-ID 1132443
Date 2011-02-23 19:00:25
De bhalla@stratfor.com
A analysts@stratfor.com

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PUBLICATION: Pour analyse
ATTRIBUTION: STRATFOR source
SOURCE DESCRIPTION: Diplomate algérien
FIABILITÉ DE LA SOURCE: C
CRÉDIBILITÉ DE L’ÉLÉMENT: 3
DISTRIBUTION: Analystes
GESTIONNAIRE DE SOURCE: Reva

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** Michael Harris a pris les devants dans ce qui suit pour récupérer quelques parties du background de ces mecs pour une mise à jour. Élément clé pour expliquer la désescalade des protestations en Algérie et nous avons besoin de déterminer avec précision quand les syndicats se sont retirés.

Le général Mohammad Mediene, souvent surnommé général Tawfic, est gravement malade et succombe au diabète et à la vieillesse. Il (La source -le diplomate algérien-) dit que le vrai combat n’est pas entre le président Abdulaziz Bouteflika et Mediene. Mais il est entre Mediene et le frère du président Saeed, qui semble prédominant contre Mediene. Ce dernier a été encore affaibli par la mort de son ami le général Al-Ammari qui était en charge des opérations des services de renseignement algériens. Saeed est en train de préparer son ami le général Fawzi pour remplacer Tawfic (ou Mediene) le plutôt possible. Saeed, qui contrôle pratiquement tout en Algérie, a réussi à pousser les syndicats à se dissocier des protestations.

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Stratfor

Source: https://operationleakspin.wordpress.com/2012/10/13/exclusif-the-gifiles-les-emails-de-stratfor-confirmentlexistence-dune-guerre-des-clans-au-sommet-de-letat-algerien/

Lien original sur WikiLeaks: http://wikileaks.or-g/gifiles/docs/1132443_insight-algeria-now-the-intel-chief-on-the-defensive-.html

relayé par willsummer

En fuite, Qaddafi aurait tenté de trouver refuge auprès des autorités algériennes

Initialement publié en anglais le 24-07-2012 sur Liberté-info.net

Peu d’informations étaient jusque-là disponibles concernant l’éventuelle tentative par l’ancien dictateur libyen de trouver refuge hors du pays qu’il a commandé d’une main de fer pendant quarante-deux années.

Grâce à la publication par WikiLeaks de la suite des GIFiles (les Global Intelligence Files, nom prêté à l’importante masse d’e-mails de la société de renseignement américaine Stratfor, considérée comme étant la CIA de l’ombre, car elle renseigne entre autres le Homeland Security et la Defense Intelligence Agency américains), le public, les journalistes, et les historiens vont pouvoir mieux comprendre et enquêter sur ce qui s’est passé lors de cet épisode de la révolution libyenne, et plus spécialement au regard du rôle joué par l’Algérie.

Liberté-info, association pour la défense des libertés informatiques, a pu obtenir l’accès à la suite des GIFiles, grâce à un partenariat d’investigation organisé par WikiLeaks et impliquant des journalistes, des universitaires, et des organisations de défense des droits de l’homme.

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Après son renversement et sa fuite, il y a eu beaucoup de spéculation si et où Qaddafi chercherait refuge en quittant le territoire libyen. Mais nous savons peu, sinon que finalement il n’a pas quitté le territoire, où il fût rattrapé par les frappes aériennes de l’OTAN avant de tomber et d’être tué entre les mains des rebelles révolutionnaires.

L’Algérie, pays voisin dont la classe dirigeante a observé avec effroi la propagation de la vague démocratique et révolutionnaire qui a débuté en Tunisie et s’est étendue jusqu’à la frontière ouest, au Maroc, a donné l’asile aux principaux proches de Qaddafi: sa femme Safia, ses deux fils Mohamed et Hanibal, et sa fille Aicha. La raison de ce geste seraient d’ordre « humanitaire », d’après l’ambassadeur algérien aux Nations Unies. La grossesse avancée d’Aicha – elle donnera naissance à une fille peu après avoir pénétré le territoire algérien – peut effectivement justifier son entrée à elle, mais pas celle du reste de la famille. La corruption endémique de l’Etat algérien, ainsi que la richesse amassée et probablement en partie transportée par la famille en fuite expliqueraient cet apparent excès de générosité.

Ceci eut lieu à la fin du mois d’août 2011, et mit le gouvernement algérien dans une position fâcheuse envers l’organe provisoire gouvernant la Libye, le Conseil National de Transition (CNT). En effet, la famille de Qaddafi, jugée complice de nombreux crimes du patriarche, était et est toujours voulue en Libye pour y être jugée. Les quatres proches ainsi que la fille d’Aicha se trouvent toujours en Algérie.

En dépit de ses déclarations affirmant qu’il ne quitterait jamais le territoire libyen, des informations provenant des nouvelles publications des GIFiles suggèrent le contraire: le Colonel aurait tenté de trouver l’asile au moins en Algérie.

L’e-mail dont l’identifiant est 120909, daté du 1er septembre 2011 et envoyé par un employé de Stratfor (un « watch officer », qui est le grade au-dessus d’analyste et en-dessous de directeur) à la mailing-liste interne nommée Alpha (qui comprend les analystes, les rédacteurs, et les employés de plus haut niveau) cite une source diplomatique algérienne qui aurait affirmé que Qaddafi (dont le nom de code utiilisé dans la correspondance est « Q », initiale de Qaddafi) aurait tenté de trouver refuge en Algérie en contactant le président algérien Bouteflika. La source déclare que Bouteflika a ignoré les appels répétés du dictateur déchu. Elle suggère aussi que les services de renseignement algériens auraient partagé la localisation du Colonel (qu’ils ont estimé être la ville de Béni Walid) avec leurs confrères britanniques, et aurait prédit qu’il « serait abattu tôt ou tard ».

Malgré la notation moyenne par l’employé de Stratfor de sa source (crédibilité estimée à C, A étant le mieux et F le pire) et de la crédibilité du renseignement (noté à 3-4, 1 étant le mieux sur une échelle de dix), il semblerait avec le recul que le renseignement était plutôt fiable: Qaddafi fût abattu peu après, le 20 octobre 2011 près de Syrte, à moins de 300 kilomètres de Béni Walid.

L’employé de Stratfor a précisé que sa source lui a été présentée par une autre source, ME1 (pour Middle East 1), qui semble être une importante source de Stratfor car il/elle apparaît dans de nombreux mails remontant au moins jusqu’à 2006.

Source: http://blogs.mediapart.fr/blog/mehdi-taileb/260712/exclusif-alors-quil-etait-en-fuite-kadhafi-aurait-tente-en-vain-de-tro

http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,13271.0.html

Publié sur Mediapart par Mehdi Taileb

Qaddafi a cherché refuge en Algérie avant de se faire rattraper en route

L’email ayant l’ID 120909 rendu public ce lundi 24 juillet 2012 par WikiLeaks, daté du premier septembre 2011 et échangé entre l’Officier de contrôle (Watch officer) Ben Preisler et les services de la société de renseignement privée Stratfor, reflète un peu de lumière sur les derniers jours du dictateur libyen déchu, Mouammar Qaddafi.

Selon des informations recueillies par un des agents de Stratfor auprès d’un diplomate algérien, le guide libyen Mouammar Qaddafi a tenté de trouver refuge en Algérie ; l’email daté du 1 septembre 2011, soit deux jours après l’arrivée la famille Qaddafi en Algérie, nous révèle que le président algérien Abdelaziz Bouteflika a refusé de répondre aux appels répétés de Qaddafi, la source diplomatique algérienne avait affirmé aussi que les services de renseignements algériens ont localisé l’emplacement du guide libyen et ils l’ont transmis à l’intelligence britannique, cette information a permis à des unités spéciales britanniques de l’attraper et de l’exécuter.

Le document original du site WikiLeaks est accessible ici :
http://wikileaks.org/gifiles/docs/120909_-alpha-insight-libya-algeria-q-seeking-refuge-in-algeria-me1.html

Email-ID : 120909
Date : 2011-09-01 17:07:49
De : ben.preisler@stratfor.com
A : alpha@stratfor.com
Liste-Nom : alpha@stratfor.com

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SOURCE : Sous-source via ME1 (Middle East 1)
ATTRIBUTION: STRATFOR source
SOURCE DESCRIPTION: Diplomate algérien via ME1
PUBLICATION: Oui
FIABILITÉ DE LA SOURCE: C
CRÉDIBILITÉ DE L’ÉLÉMENT: Pourrait être un cover-up (un camouflage) puisque l’Algérie été sous pression pour avoir soutenu Q (Qaddafi)
TRAITEMENT SPÉCIAL : Alpha
GESTIONNAIRE DE SOURCE : Reva
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La source confirme des nouvelles sur les tentative de Mouammar Qaddafi a cherché refuge en Algérie. Le président algérien Abdulaziz Boutafliqa a refusé de répondre aux appels répétés de Qaddafi. La fille et la première épouse de Qaddafi ont été autorisés à rentrer en Algérie après que le conseil provisoire libyen avait renoncé à son opposition à l’affaire. Les services de renseignements algériens ont déterminé la localisation du Qaddafii dans la ville de Bani Walid, qui se trouve à environ 100 miles (160 kilomètres) au sud-ouest de Tripoli. Il (La source) dit que les Algériens ont transmis l’information à l’intelligence britannique. La tâche de chasser Qaddafi a été confiée à des unités spéciales britanniques. Il (la source) est convaincu que les britanniques finiront par l’attraper (Qaddafi).

Qaddafi sera abattu tôt ou tard. La question en cours est la sécurisation de l’approbation des anciens de la tribu Warfala (une tribu libyenne) qui fournit un sanctuaire au Qaddafi. Le problème avec Warfala devra être résolu pacifiquement, car elle est la plus grande tribu de la Libye et aussi parce que beaucoup de ses jeunes hommes ont combattu aux côtés des forces du Conseil provisoire. L’Algérie a un intérêt direct dans l’élimination de Qaddafi afin de l’empêcher de s’allier avec Al-Qaeda au Maghreb.


Benjamin Preisler
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Source: https://operationleakspin.wordpress.com/2012/07/26/the-the-gifiles-alpha-insight-libyealgerie-q-qaddafi-a-cherche-refuge-en-algerie-me1/
http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,13286.0.html

Publié par W sur WikiLeaks