Edward Snowden s’exprime au sujet du rapport sur la torture de la CIA

Edward Snowden, le 10 décembre 2014, en vidéo-conférence avec Amnesty International

Edward Snowden, l’ancien contracteur américain de la National Security Agency commente le rapport du Sénat américain sur la torture de la CIA. Lors d’un événement Amnesty International à Paris, Snowden demande pourquoi personne n’a été tenu responsable pour les pratiques de détention de la CIA. Il parle aussi de sa vie à Moscou, en disant qu’il est satisfait, mais que sa maison lui manque.

Source: http://www.theguardian.com/us-news/video/2014/dec/11/edward-snowden-cia-torture-report-nsa-video

Révélation WikiLeaks: l’industrie pétrolière se prépare pour la plus importante campagne environnementale jamais connue

Hey, Big Oil-Go Frack Yourself!

MichelCollon.info, 15 décembre 2013

WikiLeaks, la plateforme des lanceurs d’alerte, a dévoilé récemment une série de documents qui révèlent à quel point les compagnies pétrolières se sentent acculées par les activistes. Les experts pensent que l’opposition aux projets dangereux pour l’environnement, notamment l’exploitation des sables bitumeux, pourrait à terme devenir la plus grande campagne pour l’environnement de tous les temps. Ces révélations éclairent les méthodes mises des multinationales pour appréhender la résistance (subdivisée en catégories allant de « réaliste » à « radicale »).

Alors que durant plusieurs décennies, les entreprises pétrolières et gazières ont pu jouir d’une certaine liberté de mouvement, elles doivent depuis quelques années faire face à une contestation toujours plus importante. Les multinationales impliquées dans le très controversé oléoduc Keystone-XL s’estiment d’ailleurs à ce point menacées par les activistes qu’elles encouragent leurs départements de relations publiques et de conseil à s’armer contre la critique.

La plus vaste campagne de défense de l’environnement jamais connue

Rendu public par WikiLeaks, le document « Oil Sands Market Campaigns«  de la société Strategic Forecasting est une présentation destinée à avertir les grands groupes pétroliers qu’en cas de contre-offensive tardive, l’hostilité à l’égard des activités du secteur pourrait se cristalliser dans la plus remarquable campagne pour l’environnement à laquelle ces grands groupes furent jamais confrontés. Bien qu’elle nie avoir sollicité les services de Strategic Forecasting, la société canadienne Suncor semble bien être le destinataire de cette présentation. WikiLeaks possède d’ailleurs quelques courriels dans lesquels des collaborateurs de Strategic Forecasting évoquent le payement par Suncor d’un montant de $ 14.890 pour deux projets achevés.

Radicaux, idéalistes, réalistes et opportunistes

Strategic Forecasting classe les opposants des compagnies pétrolières en différentes catégories (radicaux, idéalistes, réalistes et opportunistes) avant d’expliquer comment appréhender chacune de ces d’entre elles. Parmi les radicaux, on retrouvera des organisations militantes populaires telles que Rising Tide North America, Oil Change International et Indigenous Environmental Network. Greenpeace et Rainforest Action Network sont perçues comme deux entités hybrides, mi-radicales, mi-idéalistes. Sierra Club – le plus grand groupe environnemental américain, Amnesty International et Communities for a Better Environment demeurent des « idéalistes » ; et les différentes structures plus conventionnelles telles que le World Wildlife Funds, Natural Resources Defense Council et Ceres (une association du secteur non-marchand qui rassemble des entreprises, des investisseurs et des groupes d’intérêt publics) se rangent dans la classe des réalistes.

« En somme, ce que les activistes exigent, c’est une régularisation »

Selon Strategic Forecasting, bien que les activistes demandent l’arrêt des projets dangereux pour l’environnement, il apparaît que leur « exigence avérée » est l’application d’un code déontologique au secteur pétrolier. C’est pourquoi, la firme conseille aux compagnies concernées de poursuivre leurs activités tout en veillant à se fabriquer une image plus éthique destinée à atténuer la contestation. Elle préconise en outre de limiter les contacts avec les organisations de défense de l’environnement, de reporter sciemment les négociations, et d’établir des programmes environnementaux propres visant à éclipser les exigences des activistes. Il s’agit ni plus ni moins de museler l’opposition le plus longtemps possible, en tout cas tant que son influence politique est limitée.

Les compagnies pétrolières s’arment de longue date contre les activistes

Les révélations de WikiLeaks confirment l’ampleur toujours croissante des moyens mis en œuvre pour faire pression sur l’opinion publique afin de pouvoir poursuivre ses projets. Les travaux tels que le « fracking » et la pose d’oléoducs amènent les entreprises pétrolières toujours plus près des communautés locales – parfois jusqu’à littéralement envahir les jardins privés! Les citoyens inquiets rejoignent alors les rangs des activistes et donnent davantage de poids aux campagnes de protestation.

Une machine RP bien huilée, un outil essentiel pour une technologie contestée

En Roumanie, la société Chevron a demandé et obtenu l’aide de la police antiémeute pour investir ce mois-ci un camp de résistance pacifique. Activistes et riverains ont été dégagés manu militari pour permettre à Chevron de s’installer et de démarrer les travaux d’extraction du gaz de schiste. Dans le documentaire Gasland II traitant de l’extraction du gaz de schiste aux Etats-Unis, on apprend que des formations RP pour apprendre à appréhender les citoyens réfractaires et en colère, aux livres mettant en scène le « Gentil Frackosaure » et distribués aux enfants des écoles locales, l’industrie du gaz ne lésine pas sur les moyens pour tenter de manipuler le public. Craignant de voir la population locale s’opposer au fracking, Chevron aurait lancé en Pologne la campagne « We Agree », une énième manœuvre pour acheter l’opinion publique selon les activistes du groupe « Occupy Chevron »: « Chevron fournit des ordinateurs aux écoles locales, aménage des voies piétonnières et a même été jusqu’à faire reconstruire la maison d’un particulier qui se plaignait des dégâts causés par les vibrations des camions. Si ça, ce n’est pas de la corruption… »

Activistes: nos campagnes font de l’effet

Depuis qu’est la parution du document Strategic Forecasting, les mouvements de désobéissance civile et de protestation contre les sables bitumeux ont exercé une telle pression que le président Obama s’est vu contraint de postposer un arrêté portant sur le projet Keystone XL, du nom de cet oléoduc qui devrait assurer le transport du pétrole extrait des sables bitumeux canadiens vers les raffineries du Golfe du Mexique. D’autres actions de protestation ont également retardé l’aménagement d’autres oléoducs canadiens. Les campagnes de marketing élaborées par les compagnies pétrolières encouragent les activistes à poursuivre leurs actions. Scott Parkin, membre du Rainforest Action Network et de Rising Tide North America, déclarait à Inside Climate News: « Le fait que des sociétés telles que Strategic Forecasting nous étudient et nous ciblent est révélateur de l’influence de nos structures. Il va de soi que de tels documents n’étaient pas destinés à des non-initiés, mais nous ne nous laisserons pas intimider. Au contraire, cela nous encourage à exercer une pression encore plus forte. »

 Traduit par Olivier Porignaux pour Investig’Action

Source: http://michelcollon.info/Revelation-WikiLeaks-l-industrie.html?lang=fr

Affaire Prism: Amnesty International porte plainte contre le Royaume-Uni pour surveillance

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Communiqués de presse

Amnesty.org, Publié le 9 décembre 2013

Amnesty International a annoncé lundi 9 décembre 2013 qu’elle a déposé une plainte contre le Royaume-Uni, préoccupée par des informations selon lesquelles les services du renseignement du pays ont accédé en toute illégalité aux communications de l’organisation.

En juin, les révélations du lanceur d’alerte américain Edward Snowden ont fait apparaître que les États-Unis ont couramment accédé aux communications de millions de personnes grâce à un programme auparavant secret dénommé PRISM, administré par l’Agence nationale de sécurité américaine (NSA) à laquelle les autorités britanniques avaient accès. Il est apparu par la suite que l’agence du renseignement du Royaume-Uni, la GCHQ ou Quartier général des communications du gouvernement, pourrait elle aussi avoir soumis des personnes à une surveillance généralisée à travers son propre programme secret, dénommé Tempora.

Ces révélations ont crûment révélé à quel point le système législatif britannique s’est laissé distancer par l’évolution technologique, et n’a donc pas su protéger les droits humains des personnes affectées.

Amnesty considère que compte tenu du caractère mondial et souvent hautement sensible de ses activités, il est fort probable que ses communications ont été interceptées illégalement par les services du renseignement du Royaume-Uni et des États-Unis, dans la mesure où la teneur de ces communications pouvait intéresser ces deux services.

À la lumière de ce qui précède, Amnesty porte plainte auprès de l’Investigatory Powers Tribunal (IPT), le tribunal chargé de juger les abus de pouvoirs en matière d’enquête, au motif que les activités menées par les autorités britanniques enfreignent l’article 8 (droit à la vie privée) et l’article 10 (droit à la liberté d’expression) de la Loi de 1998 relative aux droits humains.

Michael Bochenek, directeur du programme Droit et politique d’Amnesty International, a déclaré:

« Face à des programmes de surveillance de masse aussi secrets et d’une telle envergure, le système législatif actuel qui réglemente la surveillance au Royaume-Uni est lamentablement inapproprié et doit faire l’objet d’une réforme de toute urgence.

« Nous sommes une organisation mondiale et nous travaillons sur de nombreuses questions sensibles qui pourraient intéresser tout particulièrement les services de sécurité aussi bien aux États-Unis qu’au Royaume-Uni. À ce titre nous sommes profondément troublés par l’idée que les communications de notre personnel pourraient avoir été interceptées.

« Nous devons nous rappeler, toutefois, que les programmes secrets de surveillance de masse tels que PRISM et Tempora affectent non seulement des organisations comme Amnesty International, mais aussi chacun de nous et notre droit à la vie privée. »

L’investigation menée par l’IPT doit être publique.

L’IPT a été créé pour examiner les plaintes relatives aux activités des agences du renseignement du Royaume-Uni. L’organe d’investigation s’entoure du plus grand secret ; il établit ses propres procédures et ses activités sont souvent menées à huis clos. C’est pourquoi Amnesty a demandé qu’il tienne dans cette affaire une audience publique.

« Ce serait ridiculement ironique si l’étude menée par l’IPT sur les surveillances secrètes était elle-même entièrement secrète, » a ajouté Michael Bochenek.

Dans cette affaire, Amnesty International est représentée par deux avocats du cabinet Doughty Street Chambers, Kirsty Brimelow QC et Jude Bunting.

Index AI : PRE01/642/2013
Région ou pays: Europe et Asie centrale
Pays: Royaume-Uni
Centre de presse

Pour plus d’informations, prenez contact avec le Bureau de presse international

Source: http://www.amnesty.org/fr/for-media/press-releases/amnesty-international-brings-claim-against-uk-over-state-surveillance-2013

Un rapport confidentiel du gouvernement pakistanais confirme que des douzaines d’enfants ont été tués par des drones US

Drone américain

Par Kevin Gosztola, le 22 juillet 2013

Une évaluation produite par le gouvernement pakistanais sur des douzaines de frappes de drones menées par la CIA qui ne devait pas être rendue publique l’est devenue. Le document démontre que des douzaines d’enfants ont été tués par des drones entre 2006 et 2009.

Le rapport intitulé, « Détails d’Attaques par les Forces/Predators de l’OTAN dans les FATA (Federally Administered Tribal Areas, Zones Tribales d’Administration Fédérale, ndt) a été « obtenu de trois sources différentes », selon The Bureau of Investigative Journalism (Bureau de Journalisme d’Investigation, TBIJ, ndt). Il couvre soixante-quinze frappes de drones qui ont eu lieu entre le 13 janvier 2006 et le 24 octobre 2009.

TBIJ précise:

Tiré de rapports de terrain établis par des officiels locaux des Zones Tribales d’Administration Fédérale pakistanaises, le document liste plus de 70 frappes de drones entre 2006 et fin 2009 et un petit nombre d’autres incidents tels que des attaques attribuées à l’OTAN sans certitude et des frappes de forces non-spécifiées.

Sur 746 personnes listées comme tuées lors des frappes de drones, au moins 147 d’entre elles sont clairement définies par le rapport dévoilé comme étant de victimes civiles. Quelques 94 d’entre elles sont dites être des enfants.

Le document omet également de mentionner les détails concernant un certain nombre de commandants militaires gradés, connus pour être morts lors des frappes.

Une fois de plus, voici un exemple de comment une fuite peut avoir une immense valeur pour la compréhension du public vis-à-vis des opérations gouvernementales.

Les USA, comme le souligne avec justesse TBIJ,

Les chiffres enregistrés sont beaucoup plus élevés que ceux fournis par l’administration US, qui continue d’insister que pas plus de 50 ou 60 « non-combattants » ont été tués par la CIA au cours des neuf années de bombardements au Pakistan. Le nouveau directeur de la CIA John Brennan a décrit les allégations allant dans le sens contraire comme de « fausses interprétations intentionnelles ».

Pendant un temps de discussion sur Google+ le 30 janvier 2012, le président Barack Obama a affirmé que le gouvernement n’avait entrepris que des frappes « de précision » contre al-Qaeda et ses affiliés. Il a dit qu’il y avait une « perception » que les USA s’engageaient dans des volées de frappes « au petit bonheur » alors que ce qui se passait était un « effort ciblé » pour atteindre des personnes sur une liste, qui veulent frapper les Américains et les équipements américains.

Obama a aussi dit, selon un rapport de septembre 2012 du Center for Civilians in Conflict (Centre pour les Civils en Conflit, ndt):

Comme proposition générale… Je veux être sûr que les gens comprennent qu’en fait, les drones n’ont pas causé un grand nombre de victimes civiles. Pour la plupart, les frappes ont été des frappes précises, de précision contre al-Qaeda et leurs affiliés et nous faisons très attention à la manière dont elles sont accomplies.

Enfants tués au Pakistan par les drones américains

Par ailleurs, en 2009, Leon Panetta, alors directeur de la CIA et actuel ministre de la défense, a dit que les frappes aériennes au Pakistan étaient « très limitées en termes de dommages collatéraux ».

Voici les remarques de Brennan (John Brennan, actuel directeur de la CIA, ndt), au long de 2011:

Janvier 2011: Selon un officiel anonyme, « depuis que le programme des drones a été accéléré à la mi-août [nous] avons tué plusieurs centaines de militants sans causer de morts parmi les civils non-combattants. »

Février 2011: Selon un officiel anonyme, aucun civil n’a été tué en plus de 75 frappes dans les zones tribales du Pakistan depuis le 22 août 2010.

Juin 2011: Le conseiller au contre-terrorisme John Brennan a dit que « en presque un an il n’y a pas eu une seule mort en dommage collatéral à cause de l’efficacité exceptionnelle et de la précision des capacités que nous avons pu développer. »

Août 2011: Brennan a déclaré: « Heureusement, depuis plus d’un an, grâce à notre discrétion et à notre précision, le gouvernement US n’a pas trouvé de preuves crédibles de morts collatérales résultant d’opérations de contre-terrorisme US à l’extérieur de l’Afghanistan ou de l’Irak, et nous allons continuer à faire de notre mieux pour que cela reste ainsi. »

Ceci, comme l’a expliqué le Centre, a « mené à la stigmatisation des civils ciblés par erreur, » et que la « précision vantée des drones peut vouloir dire que des victimes civiles de frappes de drones sont présumées être en connexion avec la militance par leur communauté. Les victimes portent le double poids de faire face aux attaques physiques et aussi de laver leur nom. »

Le même rapport a ensuite ajouté, « Plus étonnant, les officiels US ont estimé en juin 2010 que les frappes de drones avaient causé 50 victimes civiles à cette date, mais ont révisé leur estimation six mois plus tard à 30 victimes. »

Des remarques mentionnées précédemment et le secret se sont combinés pour faire accroire qu’il n’y a pas de raison pour que les organisations des droits de l’homme soient concernées. Naureen Shah, Conseillère en Défense des Intérêts chez Amnesty International USA, a commenté, « Plus de quatre mille personnes ont été tuées lors de frappes de drones, mais pour la plupart d’entre eux les USA sont restés silencieux sur leurs identités exactes. Le gouvernement US devrait enquêter toutes allégation crédible de morts illégitimes et rendre publics ses propres chiffres sur les victimes. » (Shah a travaillé sur le rapport du Center for Civilians in Conflict)

Le gouvernement du Pakistan a réclamé que les USA cessent les frappes de drones, mais l’administration Obama a témoigné une indifférence ininterrompue face à cette requête, qui a été faite à plusieurs reprises.

Une haute cour du Pakistan avait auparavant statué que les frappes de drones en cours au Pakistan étaient « absolument illégales » et constituaient des « crimes de guerre ». Elle a trouvé que « des dommages considérables à des biens, à du bétail, à la vie sauvage & le meurtre de bébés/nourrissons, de femmes et d’enfants pré-adolescents » étaient un « crime impardonnable de la part des autorités US y compris la CIA. »

Consulter l’intégralité du rapport secret du gouvernement pakistanais: http://www.thebureauinvestigates.com/2013/07/22/get-the-data-the-pakistan-governments-secret-document/

Source: http://dissenter.firedoglake.com/2013/07/22/leaked-pakistan-government-report-indicates-dozens-of-children-have-been-killed-by-us-drones/

Traduction française par WillSummer: http://globalepresse.com/2013/07/24/un-rapport-confidentiel-du-gouvernement-pakistanais-confirme-que-des-douzaines-denfants-ont-ete-tues-par-des-drones-us/

Edward Snowden: Amnesty International l’a rencontré à Moscou…

Jeune informaticien américain de 30 ans, Edward Snowden est inculpé, depuis le 22 juin 2013, d’espionnage, vol et utilisation illégale des biens gouvernementaux par les autorités américaines. Le motif : il a révélé des informations classées top secrètes de la NSA concernant la captation des métadonnées des appels téléphoniques aux Etats-Unis, ainsi que le système d’écoute sur Internet du programme de surveillance PRISM. En fuite, il se trouve à Moscou dans le terminal F de l’aéroport Cheremetevo. Il attend toujours la réponse des autorités russes à sa demande d’asile déposée le mardi 16 juillet.

Edward Snowden

Sergueï Nikitin est le chef du bureau moscovite d’Amnesty International. Vendredi 12 juillet, il a pu rencontrer le fugitif, Edward Snowden, le lanceur d’alerte le plus célèbre au monde. Il témoigne de cette rencontre insolite dans un couloir d’un aéroport moscovite. Entretien.

JOL Press : Vous avez rencontré Edward Snowden. Dans quel état d’esprit était-il ?

SergueÏ Nikitin : J’ai rencontré Edward Snowden vendredi après-midi à l’aéroport Cheremetevo de Moscou. Il m’a semblé aller bien et ne semblait pas particulièrement stressé. Je pense que dans sa position je me trouverais sans doute dans un état d’esprit bien différent. A peine, si son visage était un peu pâle.

Il a commencé la rencontre par une déclaration de 10 à 15 minutes, puis il a répondu aux questions des participants.

JOL Press : Qui participait à cette rencontre ?

Sergueï Nikitin : Des officiels russes et quelques représentants d’association de lutte en faveur des droits de l’Homme.

JOL Press : Que savez-vous de ses conditions de vie à Cheremetevo ?

Sergueï Nikitin : C’est une question que nous posions tous mais que nous n’avons pas été en mesure de lui poser. Il ne nous a donné aucun détail sur ses trois semaines dans l’aérogare.

Selon l’explication officielle, il résiderait dans une sorte d’hôtel au cœur de Cheremetevo, dans le terminal F. Pour preuve, sa déclaration préliminaire a été interrompue à plusieurs reprises par des annonces – du type de celles que l’on entend dans tous les aérogares – et il a fait remarquer qu’elles ne le dérangeaient plus car il s’y était habitué au cours des trois dernières semaines.

La rencontre n’a pas eu lieu dans une salle mais dans une partie d’un couloir de ce terminal F, une portion entourée de barrières et de rideaux. Nous n’avons pas vu de passagers passer derrière ces rideaux, c’était un coin isolé du reste du terminal.

JOL Press : Vous vous trouviez dans la zone sous douanes ?

Sergueï Nikitin : Oui, nous avons dû passer tous les contrôles de sécurité comme si nous allions prendre l’avion.

JOL Press : Vous avez rencontré Edward Snowden vendredi 12 juillet. S’attendait-il alors à ce que la Russie lui accorde l’asile politique ?

Sergueï Nikitin : C’était sa première apparition publique, la première fois qu’il rencontrait des représentants d’organisations, et la première fois aussi qu’il annonçait son intention de demander l’asile politique à la Russie.

Personnellement, je m’y attendais. Et cette intuition a été confirmée lorsque j’ai constaté qui participait à cette rencontre.

Un cocktail unique… Il y avait des membres de la Douma, l’ombudsman de la Fédération de Russie, un avocat pro-Kremlin, un autre avocat, célèbre défenseur des activistes militant pour le respect des droits de l’Homme, et deux représentants d’organisations non gouvernementales, dont moi-même pour Amnesty International. Un cocktail unique, des officiels de haut rang et des représentations de défenseurs des droits de l’Homme.

J’ai immédiatement pensé qu’il allait annoncer son intention de demander l’asile politique et que la présence d’ONG permettrait d’attester qu’il n’y avait pas été forcé, qu’il était totalement libre.

JOL Press : Vous pensez donc qu’il y aurait eu préalablement des négociations, lui garantissant un accueil favorable des autorités russes ?

Sergueï Nikitin : Une fois de plus, ce n’est que mon sentiment personnel mais j’imagine effectivement que cela avait fait préalablement l’objet de discussions. Les autorités russes ont-elles prodigué des conseils à Edward Snowden, je l’ignore. Mais comment autrement aurait-il pu, en trois semaines, devenir à ce point au fait des arcanes du pouvoir russe et savoir qui inviter en une telle occasion ?

JOL Press : Comment expliquez-vous qu’il ait fallu trois semaines avant d’arriver à cette solution ?

Sergueï Nikitin : C’est une réelle interrogation. Trois semaines semblent effectivement une bien longue période pour prendre une telle décision. Je n’ai pas d’explications.

Il est possible qu’à l’origine il ait eu d’autres intentions… Sans doute a-t-il été échaudé par la péripétie qui est arrivée au président bolivien dont l’avion a été fouillé à Vienne. Il a sans doute réalisé que s’il s’envolait vers l’Amérique latine – ce qui sera, à n’en pas douter sa destination à terme – son avion serait sans doute intercepté et sa sécurité mise en danger.

JOL Press : De votre point de vue, peut-on imaginer qu’il ait eu à « acheter » l’asile politique en s’engageant à fournir des informations aux Russes ou est-ce aller trop loin ?

Sergueï Nikitin : Je ne sais pas, mais c’est sans doute une possibilité. On peut tout imaginer et cela ne me surprendrait pas outre-mesure. Pour autant, je n’ai pas de preuves.

JOL Press : Quelles pourraient être les motivations des autorités russes dans cette affaire ?

Sergueï Nikitin : Si l’on se réfère à la déclaration des parlementaires et des officiels pro-Kremlin, juste après le meeting à l’aéroport, il est clair que les autorités entendent dénoncer l’attitude des États-Unis en matière de respect des droits de l’Homme. Pour elles, l’affaire Snowden est une preuve supplémentaire de la violation des droits de l’Homme dans un pays qui s’autorise à donner des leçons à la Terre entière. C’est un argument de plus pour la propagande russe dans sa longue lutte « froide » contre l’impérialisme américain.

Ironiquement, les autorités russes se retrouvent dans le même camp qu’Amnesty International, en première ligne dans la défense des droits de l’Homme. Nous n’oublions pas que la liberté d’expression est un sujet brûlant ici en Russie. Les droits de l’Homme et le respect de la liberté d’expression sont des questions universelles dont aucun pays ne peut s’affranchir.

JOL Press : Edward Snowden a-t-il réagi au refus de l’Union européenne et de ses membres – la France en particulier – de lui accorder l’asile politique ?

Sergueï Nikitin : Il s’est effectivement montré critique à l’égard de l’Union européenne et il a notamment lancé l’idée d’une pétition dénonçant l’attitude des Américains mais aussi des Européens. Avec Amnesty International, nous le soutenons.

Propos recueillis par Franck Guillory pour JOL Press

Source: http://www.jolpress.com/edward-snowden-amnesty-international-moscou-nsa-prism-cia-etats-unis-article-820863.html

Révélation sur les ventes chimiques du Royaume-Uni à la Syrie

Révélation sur les ventes chimiques du Royaume-Uni à la Syrie

17 Juillet 2013, 7h18

Le Royaume-Uni a vendu des matériaux industriels en Syrie qui auraient pu être utilisés pour fabriquer des armes chimiques, selon un nouveau rapport publié par les députés sur les ventes d’armes.

Les Comités Communs sur le Contrôle des Exportations d’Armes [Committees on Arms Export Controls] (CAEC) a dit que c’était juste un exemple parmi de nombreuses transactions douteuses entre les entrepreneurs du Royaume-Uni et les pays que le Ministère des Affaires étrangères [Foreign & Commonwealth Office] (FCO) estime avoir de mauvais antécédents en matière de droits de l’homme.

Le CAEC [Committees on Arms Export Controls] a déclaré que des fournitures de fluorure de sodium, qui pourraient être utilisées pour fabriquer des armes chimiques, ont été envoyées en Syrie dans les deux dernières années.

Le fluorure de sodium est une composante légitime d’un certain nombre de produits civils, y compris la pâte dentifrice, mais il n’y a aucun moyen de savoir comment il a été utilisé au final.

Les députés ont tiré un coup de semonce à travers les arcs du gouvernement, remettant en cause les contrôles effectués sur plus de 3.000 licences d’exportation d’une valeur de plus de 12 milliards de £ [13,78 milliards d’euros] à 27 pays sur la propre liste du FCO [Foreign & Commonwealth Office] des pays concernés par les questions de droits de l’homme.

Alors que le CAEC [Committees on Arms Export Controls] a reconnu que la plupart des licences ont été pour des biens à double usage (civil ou militaire), ou pour d’autres équipements qui ne pouvaient pas facilement être utilisés pour la « répression interne », les députés ont dit que les chiffres étaient encore « étonnamment élevés ».

Le plus gros morceau des 12 milliards de £ [13,78 milliards d’euros] provient d’Israël, qui représente 7,8 milliards de £ [8,95 milliards d’euros].

Les Saoudiens sont les suivants, avec près de 1,9 milliard de £ [2,18 milliards d’euros], et la Chine est troisième, avec près de 1,4 milliard de £ [1,6 milliard d’euros].

Le Royaume-Uni a également permis de vendre des armes à l’Iran, à l’Egypte et à la Syrie parmi beaucoup d’autres.

« L’ampleur des licences stratégiques existantes dans 27 pays concernés par des préoccupations sur les droits de l’homme listés par le Ministère des Affaires étrangères [Foreign & Commonwealth Office, FCO] place dans un relief saisissant le conflit inhérent entre les exportations d’armes du Gouvernement et les politiques de droits de l’homme », a déclaré le président du CAEC, Sir John Stanley.

« Les comités adhèrent à leur précédente recommandation selon laquelle le Gouvernement devrait appliquer de manière significative des jugements beaucoup plus prudents quand il prend en considération les demandes de licence pour l’export d’armes pour des produits destinés à des régimes autoritaires ‘qui pourraient être utilisés pour faciliter la répression interne’ en violation de la politique officielle du gouvernement. »

Le député travailliste Richard Burden, qui préside le Groupe Parlementaire Multipartite Royaume-Uni-Palestine [Britain-Palestine All Party Parliamentary Group], a déclaré que la quantité allant vers Israël était « déconcertante ».

« Ce qui est le plus frappant, c’est que plus de la moitié du total va à Israël et aux Territoires Occupés Palestiniens », a-t-il dit.

« Regardez d’un peu plus près et vous verrez que la quasi-totalité de ces exportations vont vers Israël, avec seulement 5539 £ [6363 euros] à destination des Territoires Occupés. »

« Regardez de plus près encore, et vous voyez quelque chose de tout à fait déconcertant – 380 licences différentes ont été accordées pour les exportations d’armes et de matériel militaire à Israël. »

« Cependant, 7 765 450 000 de £ de la valeur des 7,8 milliards de £ d’équipements exportés vers Israël est couvert par une seule approbation de licence – pour les équipements utilisant la cryptographie et les logiciels pour les équipements utilisant la cryptographie. »

« C’est bizarre, d’autant plus qu’il y a des dizaines d’autres licences accordées pour l’exportation du matériel de cryptographie et pour des logiciels qui ont une valeur considérable – mais cela s’ajoute seulement à une infime fraction de ce montant. »

« Je mets à plat des questions au ministre aujourd’hui, pour savoir au juste sur quoi repose exactement toute cette autorisation. Est-ce qu’une seule entreprise est juste impliquée? Pourquoi l’ampleur de cette licence éclipse toutes les autres avec des titres similaires? Qu’est-ce que le contact implique réellement? »

Le Premier ministre David Cameron n’a montré aucun secret sur son désir de pousser les ventes de la défense britannique et il a conduit des missions en Inde, dans le Golfe et l’Arabie saoudite, pour tenter de rapporter des contrats de plusieurs millions de pounds, même si l’Arabie saoudite se situe dans les pays de la liste des préoccupations du Ministère des Affaires étrangères.

Tout comme l’Arabie saoudite, la liste des préoccupations du FCO [Foreign & Commonwealth Office] comprend l’Afghanistan, le Bélarus, la Birmanie, la Chine, la Colombie, Cuba, la Corée du Nord, la République Démocratique du Congo, l’Érythrée, Fidji, l’Iran, l’Irak, Israël et les Territoires Occupés Palestiniens, la Libye, le Pakistan, la Russie, la Somalie, le Soudan du Sud, le Sri Lanka, le Soudan, la Syrie, le Turkménistan, l’Ouzbékistan, le Vietnam, le Yémen et le Zimbabwe.

L’Argentine est l’un des cinq pays supplémentaires au sujet duquel le CAEC [Committees on Arms Export Controls] a montré de l’inquiétude – les autres sont le Bahreïn, l’Egypte, Madagascar et la Tunisie.

Le commerce des armes permet aux nations d’acheter de l’influence diplomatique et politique, en vendant des armes et de la technologie, tout en protégeant dans le même temps des centaines de milliers d’emplois à la maison.

Mais le problème, semble-t-il, d’après ce dernier rapport, est de s’assurer que l’on sait qui est en train de mettre la main sur cette technologie en dernier lieu.

Un porte-parole du Ministère de l’Economie, de l’Innovation et des Compétences [Department for Business, Innovation and Skills] a déclaré que le Gouvernement « exploite l’un des régimes les plus rigoureux en matière de contrôle des exportations d’armes dans le monde ».

« Une licence d’exportation ne serait pas accordée si nous évaluions qu’il existe un risque évident que les produits puissent être utilisés pour la répression interne, pour provoquer ou prolonger des conflits au sein d’un pays, pour être utilisés de manière agressive contre un autre pays ou présenter un risque pour notre sécurité nationale », a-t-il dit.

« Toutes les licences mises en évidence dans le rapport des comités ont été pleinement évaluées par rapport à un ensemble de critères rigoureux convenus au niveau international, et qui tiennent compte de la situation au moment où la demande de licence a été faite. »

« Lorsque les circonstances changent ou que de nouvelles informations apparaissent au grand jour, nous pouvons – et nous le faisons – en révoquant les autorisations existantes où la proposition d’exportation n’est plus compatible avec les critères. »

L’expert d’Amnesty International en matière de contrôle des armes, Oliver Sprague, a appelé à une plus grande transparence.

« En les regardant, les propres chiffres du Gouvernement, il serait difficile de ne pas conclure que les pratiques de vente d’armes du gouvernement britannique sont en contradiction avec sa politique déclarée de ne pas envoyer des armes là où cela pose un risque clair qu’elles pourraient être utilisées pour des violations des droits de l’homme », a-t-il dit.

« Ce qui est nécessaire maintenant, c’est une explication urgente de ce à quoi ces licences étaient réellement destinées, qui allait les utiliser et quelles garanties étaient en place pour s’assurer qu’elles n’allaient pas être utilisées pour des violations des droits de l’homme. »

« Tant qu’il n’y aura pas une plus grande transparence sur ce que nous vendons exactement et à qui, il sera impossible pour le Parlement ou pour le public d’avoir confiance dans les politiques de ventes d’armes du Royaume-Uni. »

Source: http://web.orange.co.uk/article/news/britain_s_chemical_sales_to_syria_revealed

Snowden invoque le principe de Nuremberg lors de sa conférence de presse à Moscou

Edward Snowden à Moscou

Solidarité & progrès, samedi 13 juillet 2013

Le lanceur d’alerte Edward Snowden a rencontré le 12 juillet, à l’aéroport Sheremetyevo de Moscou, plusieurs organisations de défense des droits de l’homme, incluant Amnesty International et Human Rights Watch (HRW).

Avant la conférence de presse prévue pour l’occasion, l’ambassadeur américain à Moscou avait demandé à HRW de transmettre un message à Snowden, disant que le gouvernement américain ne le reconnaissait pas comme un lanceur d’alerte mais comme un simple criminel.

Voici les remarques faites par Snowden lors de la conférence de presse, au cours de laquelle il en a appelé à la Constitution américaine, à la déclaration des droits de l’Homme et au principe du tribunal de Nuremberg pour juger de la criminalité de l’administration Obama.

Bonjour,

Je m’appelle Ed Snowden. Il y a un peu plus d’un mois, j’avais une famille, un foyer au paradis, et je vivais dans un grand confort. J’avais aussi la capacité de faire des perquisitions sans mandat, de saisir et de lire vos communications. Les communications de quiconque, à n’importe quel moment. C’est-à-dire le pouvoir de changer le destin des gens.

C’est également une violation majeure de la loi. Les 4ème et 5ème amendements à la Constitution de mon pays, l’Article 12 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, ainsi que plusieurs traités interdisent de tels systèmes de surveillance massive et étendue.

Tandis que la Constitution américaine prescrit ces programmes comme illégaux, mon gouvernement prétend que des ordonnances de justice secrètes, que personne n’a le droit de regarder, confèrent une certaine légitimité à cette affaire illégale. Ces ordonnances ne font que corrompre les notions de justice les plus fondamentales. Ce qui est immoral ne peut être rendu moral par le recours à des lois secrètes.

Je crois aux principes affirmés à Nuremberg en 1945 : ’Les individus ont des devoirs internationaux qui transcendent les obligations nationales d’obéissance. Par conséquent, les citoyens ont à titre privé le devoir de violer les lois domestiques pour empêcher des crimes contre la paix et l’humanité d’avoir lieu.’

Ainsi, j’ai fait ce que je croyais être juste et j’ai commencé une campagne visant à corriger ces méfaits. Je n’ai pas cherché à m’enrichir. Je n’ai pas cherché à vendre des secrets américains. Je ne me suis allié à aucun gouvernement étranger pour garantir ma sécurité. Au lieu de cela, j’ai pris ce que je savais pour le mettre à la disposition du public, afin que ce qui nous affecte tous puisse être discuté par nous tous au grand jour, et j’ai demandé au monde la justice.

Cette décision morale de dire au public comment cet espionnage nous affecte tous m’a coûté cher, mais c’était la bonne chose à faire et je n’ai aucun regret.

Depuis ce jour, le gouvernement et les services de renseignements des Etats-Unis d’Amérique ont cherché à faire de moi un exemple, un avertissement à tous les autres qui pourraient parler comme je l’ai fait. On m’a rendu apatride et on m’a pourchassé pour mon acte d’expression politique. Le gouvernement des Etats-Unis m’a inscrit sur une liste d’interdiction de vol. Il a demandé à Hong Kong de me renvoyer en dehors du cadre de ses lois, en directe violation des principes de non-refoulement – la Loi des nations. Il a menacé de sanctions les pays qui respecteraient les droits de l’Homme et le système d’asile de l’ONU.

Il a même pris l’initiative sans précédent d’ordonner à des alliés militaires de forcer l’atterrissage d’un avion présidentiel dans sa recherche d’un réfugié politique. Cet escalade dangereuse représente une menace non seulement à la dignité de l’Amérique latine, mais aux droits humains partagés par tout individu, toute nation vivant en liberté contre la persécution, et cherchant à bénéficier de l’asile.

Pourtant, confronté à cette agression hors de proportion d’un point de vue historique, des pays à travers le monde m’ont offert soutien et refuge. Ces pays, incluant la Russie, le Venezuela, la Bolivie, le Nicaragua et l’Équateur, ont ma gratitude et mon respect pour être les premiers à tenir tête aux violations des droits humains perpétrées par les plus puissants plutôt que par les plus faibles. En refusant de compromettre leurs principes face à l’intimidation, ils ont gagné le respect du monde. J’ai l’intention de me rendre dans chacun de ces pays pour faire part de ma gratitude à leur peuple et à leurs dirigeants.

Je vous fais part aujourd’hui de mon acceptation formelle de toutes les offres d’asile que j’ai reçues et de celles qui peuvent m’être faites à l’avenir. Avec, par exemple, le droit d’asile qui m’a été accordé par le Président du Venezuela Maduro, mon statut de réfugié est maintenant officiel, et aucun autre Etat n’a le droit d’interférer dans mon droit de bénéficier de cet asile. Comme nous l’avons toutefois constaté, certains gouvernements en Europe de l’Ouest et en Amérique du Nord ont démontré leur volonté d’agir en dehors du droit, et leur comportement persiste jusqu’à ce jour. Cette menace illégale m’enlève la possibilité de me rendre en Amérique latine pour bénéficier du droit d’asile qui m’a été accordé là-bas, en accord avec les droits que nous partageons.

Cette volonté des Etats puissants d’agir en dehors du droit représente une menace pour nous tous, et nous ne devons pas lui permettre de triompher. Ainsi, je demande votre assistance dans ma requête de garanties pour un sauf-conduit à l’égard des pays concernés, afin que je puisse me rendre en Amérique latine, ainsi que dans ma requête d’asile en Russie, jusqu’à ce que ces Etats agissent selon le droit et que mes voyages légaux soient permis. Je vais soumettre ma requête à la Russie aujourd’hui, et j’espère qu’elle sera reçue favorablement.

Source: http://www.solidariteetprogres.org/actualites-001/article/snowden-invoque-le-principe-de-nuremberg-lors-de.html

Communiqué d’Edward Snowden aux groupes de Droits de l’homme à l’aéroport Cheremetievo de Moscou: http://wikileaks.org/Statement-by-Edward-Snowden-to.html

Communiqué audio intégral d’Edward Snowden à l’aéroport Cheremetievo de Moscou: https://soundcloud.com/frank-forrester-1/full-edward-snowdens-statement

Voir l’extrait vidéo du communiqué d’Edward Snowden: http://lifenews.ru/news/116311

Human Rights Watch: « Qui est Bradley Manning? »

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Posté le 7 juin 2013

Le mercredi 5 juin, Amnesty4Manning a demandé aux supporters de Pfc. Bradley Manning de participer aux APPELS POUR MANNING – une journée destinée à prendre son téléphone pour appeler les branches locales d’Amnesty International et Human Rights Watch. L’objectif était de recueillir des informations sur la manière dont les deux plus grandes organisations de défense des droits de l’homme évaluent les violations des droits humains, le soutien à Manning, et pourquoi il n’a pas été reconnu comme prisonnier politique ou prisonnier de conscience.

Plusieurs participants ont rapporté sur le compte Twitter @Amnesty4Manning que les représentants d’Amnesty International ont demandé leur nom et leur adresse e-mail promettant de revenir vers eux à un moment ultérieur. Plusieurs personnes ayant appelé ont été renvoyées au communiqué de presse d’Amnesty publié le premier jour du procès de Manning en cour martiale. Certains ont dit à @Amnesty4Manning que leurs appels sont restés sans réponse ou sont directement arrivés sur une messagerie vocale.

Ce qui suit est le récit d’un supporter de Manning qui a téléphoné aux branches américaines de Human Rights Watch:

« J’ai appelé plusieurs des bureaux de Human Rights Watch, hier, pour exprimer mon soutien de Bradley Manning et demander pourquoi HRW n’avait pas reconnu Manning comme prisonnier de conscience. Le bureau de New York a été particulièrement malhonnête les deux fois où j’ai appelé. La première fois que j’ai appelé, on m’a dit que le site de HRW a déjà abordé cette question, et qu’ils ont reçu « déjà plusieurs appels à ce sujet aujourd’hui ». L’associé de HRW m’a alors dit qu’il me serait plus utile de diriger ce type de demande à l’ACLU [Americain Civil Liberties Union]. Je lui ai répondu que, indépendamment de la position de l’ACLU au sujet de Manning, HRW avait l’obligation de prendre des mesures et de dire son soutien à Manning. Il n’a pas fallu beaucoup plus de temps avant que l’associé me réponde qu’il allait me transférer vers quelqu’un qui serait mieux capable de m’aider. J’ai ensuite été transféré vers un numéro qui a sonné pendant environ cinq minutes avant que je raccroche.

J’ai attendu environ une heure avant de rappeler le bureau de New York. Cette fois, j’étais un peu mieux préparé pour le détour par l’ACLU. Une femme a répondu au téléphone cette fois, et il est bien évident que je n’étais pas la première personne à qui elle avait parlé de Manning. Elle était nerveuse, et a rapidement pris la route de l’ACLU.

« Est-ce que Human Rights Watch a une affiliation quelconque avec l’ACLU? » demandai-je.

« Non. »

« Mais votre organisation dirige directement vers eux les appels du plaidoyer de toute manière? Que fait d’autre HRW pour les êtres humains qui ont besoin d’amnistie? »

« Je vais devoir vous mettre en attente. »

Quelques minutes plus tard, la belle dame est revenue en ligne et m’a dit qu’elle allait me transférer vers quelqu’un qui pourrait m’aider, car elle « ne pouvait pas me garder sur la même ligne avec elle ».

Après plusieurs minutes d’attente, une voix différente est venue au téléphone et a demandé comment elle pouvait m’aider. Je lui ai expliqué pourquoi la femme précédente avec qui je parlais m’a transféré vers elle. Elle m’a alors dit qu’elle était juste une secrétaire à la réception. Je l’ai entretenu pendant plusieurs minutes, juste pour m’assurer qu’elle connaissait les faits autour de l’affaire Manning. J’ai été poli, mais persistant. Je l’ai finalement remercié pour son temps accordé, et j’ai sollicité auprès d’elle, en tant que citoyen américain, de pouvoir parler à une personne de son organisation au sujet de Manning.

L’appel le plus troublant que j’ai fait a été de loin delui du bureau de Los Angeles de Human Rights Watch. Après que j’ai dit à l’associé qui a répondu au téléphone la raison de mon appel, j’ai reçu une réponse imprévue.

« Qui est-ce? »

« Bradley Manning. »

« Oui, qui est Bradley Manning? »

J’étais abasourdi. J’ai regardé mon téléphone pour m’assurer que j’avais composé le bon numéro.

« Est-ce que c’est Human Rights Watch? », ai-je demandé.

« Oui. »

« Et vous ne savez pas qui est Bradley Manning? »

« Non. Qui est-ce? »

Je devais rester calme. Ce que je voulais vraiment, c’était de dire à cette femme que les gens comme elle sont la vraie raison pour laquelle notre gouvernement s’en tire avec ce genre de choses, et qu’il n’y a rien de réel sur les femmes au foyer ou quoi que ce soit d’autre de l’enfer avec lequel elle remplit sa tête, quand elle devrait prêter attention aux droits du 1er amendement qui sont volés. Je voulais lui dire que sa compagnie me fait chier, et qu’elle me fait chier de ne pas avoir la moindre idée d’une chose si importante directement liée à sa profession. Cependant, blâmer cette femme pour son ignorance ne ferait rien pour le héros que je voulais aider. Alors, j’ai répondu rapidement et calmement.

« C’est un patriote, m’dame. Un vrai héros qui a exposé les crimes de guerre au monde, et maintenant le gouvernement US va l’enfermer pour le reste de sa vie. Les organisations comme la vôtre sont censées venir à son secours, mais il est désormais clair pour moi que HRW n’a même pas mentionné cette affaire à ses employés. »

Elle a poursuivi en expliquant que le bureau de Los Angeles était « juste un bureau de collecte de fonds », et n’avait aucune implication dans le choix des causes à plaider. Encore une fois, j’ai pris une profonde inspiration, puis j’ai expliqué lentement à la femme que nous, en tant que citoyens américains, nous devons défendre toutes les vies innocentes qui ont été perdues en exprimant notre soutien à Pfc. Bradley Manning. Après plusieurs minutes de harangue contrôlée, j’ai conclu ma conversation avec la femme en la remerciant de son temps, et en l’encourageant à parler avec quelqu’un de HRW à ce sujet.

Bien que tout cela me rende furieux, je ne suis pas surpris. Je suis en fait encore plus porté par cette expérience que tout le reste. Nous devons continuer à appeler ces organisations, et nous avons besoin d’ÊTRE GENTILS AVEC EUX quand nous remplissons notre objectif. J’ai travaillé dans un centre d’appels avant. C’était un centre d’appels pour une entreprise qui faisait des choses que je n’approuvais pas moralement. Cela étant dit, si je savais que le client avait été traité de manière injuste, mais que ce client m’avait traité comme un idiot, ce client aurait eu un moment beaucoup plus difficile à passer pour obtenir réparation. D’un autre côté, si le client était poli et qu’il avait compris le fait que j’étais juste un gars en plus en bas du totem qui se faisait défoncer par la même société, je faisais tout ce qu’il fallait pour cette personne à part entière. Avec un peu de chance, je peux parler à une personne avec le même esprit quand j’inonde ces organisations avec des appels.

« Oui, qui est Bradley Manning? » Il est difficile d’imaginer que la deuxième plus grande organisation des Droits de l’homme dirigerait ses membres à contacter l’ACLU, quand elle est interrogée sur le soutien à Manning. L’ACLU est une organisation avec laquelle ils affirment n’avoir aucune affiliation. Une recherche rapide sur leur site web affichera un résultat. Human Rights Watch a publié un article sur Pfc. Bradley Manning pendant les trois ans où il a été placé en détention. Un seul. Il a été écrit en mars 2011.

Source: http://amnesty4manning.wordpress.com/2013/06/07/hrw-who-is-bradley-manning/

RootsAction.org: Inacceptable – Obama retient un journaliste en prison au Yémen

Yémen, protestation contre la détention du journaliste Abdulelah Haider Shaye

Le 17 décembre 2009, des missiles Tomahawk américains et des bombes incendiaires à sous-munitions sont tombés sur le petit village yéménite d’al Majala, tuant 21 enfants, 14 femmes et 6 hommes, et brûlant toutes les maisons et ce qu’elles contenaient. Le gouvernement du Yémen en a revendiqué à tort la responsabilité. Le journaliste yéménite Abdulelah Haider Shaye a réfuté cette allégation.

Shaye a fait un rapport sur le carnage, y compris en photographiant des pièces de missile portant la mention « Fabriqué aux Etats-Unis ». Il a rendu compte des frappes américaines ultérieures au Yémen, en collaboration avec le Washington Post, ABC News, Al Jazeera et d’autres médias.

Shaye est en prison au Yémen pour « crime » de journalisme, sur l’insistance du Président Obama. Cliquez ici pour rejoindre notre demande commune à Obama et au gouvernement du Yémen pour libérer Shaye.

Alors que le gouvernement américain recherchait le citoyen américain Anwar Awlaki pour le tuer, Shaye a suivi sa trace à plusieurs reprises et l’a interviewé. C’étaient des entretiens difficiles et sérieux, où Shaye demandait à Awlaki comment il pourrait peut-être soutenir des actes de violence. L’image d’Awlaki n’a pas bénéficié d’aide.

Mais le gouvernement américain a commencé à avertir les médias de ne pas travailler avec Shaye, faussement accusé de soutenir Al Qaïda. Le gouvernement yéménite a enlevé Shaye, l’a menacé et l’a relâché, puis l’a attrapé de nouveau et lui a intenté un procès sans défense, universellement dénoncé comme une imposture par les organisations de défense des droits de l’homme, dont Amnesty International et Human Rights Watch.

Le 2 février 2011, le président yéménite Ali Abdullah Saleh, sous la pression publique, a élaboré, imprimé, et était prêt à signer un acte de pardon pour Shaye. Mais Saleh a reçu un appel téléphonique du président Barack Obama, qui s’est opposé à la libération du journaliste. Saleh a déchiré l’acte de pardon.

Les Américains vont apprendre l’histoire de Shaye dans la version cinématographique de « Dirty Wars », qui sortira dans les salles américaines le 7 juin. Saisissons-nous de ce moment pour dire au président Obama et au gouvernement yéménite qu’un journaliste ne doit pas être enfermé pour avoir fait son travail.

Cette situation est inacceptable. S’il vous plaît, signez la pétition, qui est également soutenue par Demand Progress, et que nos amis de CodePink aideront à soumettre à la fois à la Maison Blanche et au gouvernement du Yémen.

S’il vous plaît, faites suivre ce message de manière large aux amis partageant les mêmes idées partout dans le monde.

L’équipe de RootsAction.org

P.S. RootsAction est une force indépendante en ligne approuvée par Jim Hightower, Barbara Ehrenreich, Cornel West, Daniel Ellsberg, Glenn Greenwald, Naomi Klein, Bill Fletcher Jr., Laura Flanders, l’ancien sénateur américain James Abourezk, Coleen Rowley, Frances Fox Piven, et bien d’autres.

Source: http://act.rootsaction.org/p/dia/action3/common/public/?action_KEY=8014

Amnesty International: La Suède doit donner l’assurance qu’elle n’extradera pas Julian Assange vers les Etats-Unis

Les autorités suédoises doivent donner l’assurance au Royaume-Uni et à Julian Assange que, s’il quitte l’ambassade de l’Équateur à Londres et accepte de se rendre en Suède pour répondre d’accusations d’agression sexuelle, il ne sera pas extradé vers les États-Unis dans le cadre de l’affaire WikiLeaks, a indiqué Amnesty International.

Alors que le cofondateur de WikiLeaks s’est adressé à l’ONU et que des discussions doivent s’ouvrir entre le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, et des responsables équatoriens, Amnesty International a ajouté qu’il était temps de sortir de l’impasse.

« Si les autorités suédoises sont en mesure de confirmer publiquement que Julian Assange ne finira pas par se retrouver dans un avion vers les États-Unis s’il s’en remet à l’autorité des tribunaux suédois, cela pourrait permettre d’atteindre deux objectifs : premièrement, de sortir de l’impasse actuelle et, deuxièmement, de faire en sorte que les femmes qui ont porté des accusations d’agression sexuelle ne soient pas privées de justice, a expliqué Nicola Duckworth, directrice générale chargée des recherches à Amnesty International.

« Il est vital que les États se montrent déterminés à prendre en compte les allégations de violence sexuelle et à respecter les droits des femmes qui portent plainte comme ceux de la personne accusée. »

Amnesty International ne dispose d’aucun élément prouvant que la Suède prévoit d’extrader Julian Assange vers les États-Unis. Toutefois, à n’en pas douter, les craintes relatives à cette éventualité ont fortement pesé dans l’impasse actuelle.

Amnesty International estime que le transfert forcé de Julian Assange vers les États-Unis dans les circonstances présentes l’exposerait au risque réel de subir de graves violations des droits humains, notamment de son droit à la liberté d’expression, et au risque d’être détenu dans des conditions qui bafouent l’interdiction de la torture et de tout autre traitement cruel, inhumain et dégradant.

PRE01/458/2012

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