Des députés et d’anciens chefs militaires appellent à une enquête sur les décisions qui ont conduit l’Australie à rejoindre l’invasion américaine en Irak

ABC News, David Lipson, le 25/08/2016

Des députés et d’anciens chefs militaires demandent à élargir les pouvoirs de guerre au-delà du Permier ministre et du cabinet [australien]

helicopteres_irak_wikiUn groupe de députés fédéraux et d’anciens chefs militaires lance des appels pour mener une enquête sur les décisions qui ont conduit l’Australie à rejoindre l’invasion américaine de l’Irak en 2003, avec certains demandant à modifier les pouvoirs de guerre investis dans le Premier ministre et le Cabinet [australien].

À l’heure actuelle, le Premier ministre et le Cabinet [australien] peuvent décider d’envoyer ou non des soldats australiens à la guerre, mais certains veulent élargir ces pouvoirs à un vote parlementaire.

Juste un mois après que la Grande-Bretagne a publié le rapport Chilcot sur la guerre en Irak, il y a également des appels en Australie pour tenir une enquête similaire.

L’enquête britannique qui a duré 7 ans a montré que le Royaume-Uni a rejoint l’action militaire menée par les Etats-Unis, avant que des alternatives pacifiques à la guerre aient été épuisées.

Le député travailliste Mike Kelly, un ancien vétéran distingué de l’armée, dit que maintenant c’est le bon moment pour revoir le rôle de l’Australie dans le conflit.

Lire la suite: http://www.abc.net.au/news/2016-08-25/mps-call-for-iraq-war-inquiry/7786424

Pourquoi 93% de la jeunesse irakienne considère les Etats-Unis comme leur ennemi?

« Les Irakiens en dessous de l’âge de 25 ans n’ont pas connu un seul jour sans que leur pays ne soit bombardé, sanctionné ou occupé par les Etats-Unis. C’est peut-être pourquoi 93% d’entre eux considèrent les Etats-Unis comme leur ennemi », explique la vidéo.

JH interrogé dans la vidéo: « Bien sûr, les Américains sont l’ennemi de l’Irak. Tout ce qui arrive dans notre pays, depuis les attentats jusqu’aux assassinats, les Etats-Unis l’ont même planifié avant l’occupation ».

« Alors, pourquoi les Etats-Unis ne peuvent-ils pas quitter l’Irak? » demande Dena Takruri, en expliquant la place géostratégique du pays pour les Etats-Unis en remontant au début des années 1980 et en expliquant les rapports de force régionaux entre Iran, Arabie Saoudite et Irak.

La situation géostratégique s’est perpétuée jusqu’à aujourd’hui, avec la montée de l’Etat Islamique favorisée par d’anciens soldats de l’armée irakienne qui se sont brutalement retrouvés sans emploi avec la chute de Saddam Hussein après l’invasion américaine.

Source: http://www.juancole.com/2016/05/iraqi-youth-think.html

Un leader sunnite: la politique conduit à des divisions sectaires en Irak #IraqatWar

#IraqatWar

Un chef religieux sunnite a déclaré que Bagdad doit faire confiance à sa communauté et les armer afin que le groupe Etat islamique puisse être vaincu en Irak

Muneer al-Obaidi_Baghdad_IrakMuneer Hashim al-Obaidi est un chef religieux et leader de la société sunnite dans la capitale irakienne de Bagdad (MEE)

Rori Donaghy, 21 avril 2015

[…] La guerre a souvent été dépeinte comme sectaire, en raison – partiellement – du fait que le gouvernement de Bagdad était soutenu par l’Iran chiite et l’EI a exploité les plaintes de la communauté sunnite.

Cependant, Muneer, un islamiste sunnite auto-déclaré, réfute cette version et dit que le conflit est motivé par des questions politiques et a peu à voir avec les différences religieuses.

« La guerre en Irak, c’est de la politique, la fracture sunnite et chiite sert juste à couvrir cela, » dit-il.

« L’Iran utilise les chiites d’Irak pour atteindre l’objectif politique d’augmenter son pouvoir dans la région. L’EI utilise le prétexte de protéger les sunnites pour atteindre ses objectifs politiques dans l’établissement du contrôle des terres en Irak et en Syrie « .

« L’Irak fait partie d’une guerre régionale – qui pourrait même être décrite comme une guerre mondiale. Nous pouvons voir l’Occident – je veux dire les Etats-Unis et l’Europe – lutter contre la Russie et la Chine. Les Russes et les Chinois soutiennent l’Iran, alors que les Américains et les Européens soutiennent l’Arabie saoudite et d’autres pays du Golfe « .

Bien qu’il souligne les facteurs politiques principaux du conflit, Muneer parle avec passion en disant combien il croit que les autorités dominantes chiites de Bagdad ont abusé les sunnites irakiens. Ceci, dit-il, a contribué à une désintégration complète de la confiance entre les deux communautés, permettant aux divisions sectaires de se développer alors que le pays devient de plus en plus fracturé.

Les crises actuelles qui consument l’Irak ont leurs racines dans la guerre menée par les Américains en 2003, selon Muneer, alors que beaucoup d’Irakiens sunnites n’ont pas pris part dans les gouvernements qui ont suivi l’éviction du défunt Saddam Hussein.

Lire la suite de l’article: http://www.middleeasteye.net/news/sunni-leader-says-political-conflict-driving-sectarian-divisions-iraq-1962297395

Edward Snowden et la théorie des dominos

Est-ce qu’un seul lanceur d’alerte peut, à travers ses révélations, provoquer la chute de tout le système mondial de l’espionnage? Réponse: avec l’affaire de la NSA, on pourrait en effet penser qu’Edward Snowden a enclenché, de manière plus ou moins évidente et irrémédiable, la chute de tout un système injuste élaboré par les services secrets américains et destiné à la collecte illégale des données privées des citoyens dans le monde entier. Il a suffi d’une personne et d’une seule révélation pour enclencher toute une série d’autres révélations sur la NSA, des révélations toutes plus fracassantes les unes que les autres, et qui s’emboîtent les unes après les autres, enchaînant pays après pays les scandales liés à l’espionnage, et on ne sait pas encore où cela s’arrêtera. Car, effectivement, le jeu du domino semble loin d’être terminé.

La théorie des dominos, qui est une théorie de géopolitique inventée par les Etats-Unis avec la Guerre froide, est appuyée elle-même sur la théorie de l’effet domino, autrement dit selon Wikipedia: « une réaction en chaîne » qui provoque « la chute séquentielle d’une file de dominos » les uns à la suite des autres. Wikipedia nous apprend que cette théorie a été mise en évidence et utilisée dans la lutte contre le communisme, que cette théorie a justifié l’invasion du Vietnam « pour prévenir une future domination communiste du sud-est asiatique », mais aussi que ceci aurait justifié l’invasion de l’Irak en 2002-2003 en vue de « la disparition des régimes autoritaires » dans tout le Moyen-Orient, l’invasion du Moyen-Orient n’ayant été qu’une sorte de porte ouverte aux événements du Printemps Arabe. En géopolitique, la théorie des dominos semble donc illustrer une propagation idéologique par contagion: la chute de la dictature irakienne a propagé l’idéologie de la chute des dictatures au Moyen-Orient, de même que la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989 avait propagé une idéologie de la libération de toute l’Europe de l’Est et conduit à la chute des régimes communistes. Pour ceux qui n’ont toujours pas compris la théorie des dominos, voici une vidéo simple qui en explique le principe:

WikiLeaks avait déjà emboîté le pas sur les révélations de l’espionnage gouvernemental, notamment à travers les câbles diplomatiques fournis par Bradley Manning et les e-mails de la société de renseignement Stratfor transmis par le hacker Jeremy Hammond. Dans la suite de WikiLeaks, Edward Snowden a donc dévoilé au grand jour un autre aspect de l’espionnage mené par le gouvernement américain et certains de ses partenaires qui sont d’autres gouvernements ou d’autres services secrets. Avec les câbles diplomatiques, WikiLeaks avait déclenché une sorte d’effet domino dans les pays du Printemps Arabe, où on a pu voir la Tunisie servir d’exemple à d’autres pays arabes, avec des manifestations qui ont conduit en 2010-2011 à la chute de plusieurs gouvernements au Moyen-Orient, des régimes assimilés à des dictatures ou définis comme des régimes autoritaires. Il y avait alors une effervescence politique générale au Moyen-Orient, une effervescence qui a continué à travers des projets de constitution. La volonté démocratique des Tunisiens avait incité d’autres peuples du Moyen-Orient à réclamer plus de liberté. La théorie des dominos permet de comprendre tous ces événements historiques de manière beaucoup plus claire.

Avec l’affaire de la NSA, ce sont désormais les gouvernements occidentaux, et notamment les Etats-Unis, qui vont devoir rendre des comptes à la population, face aux accusations d’atteintes à la vie privée et face à la collecte illégale de données menée à travers le monde entier. Comme dans la théorie des dominos, le gouvernement américain n’est pas le seul à être fragilisé par ces révélations, car on apprend en effet que plusieurs gouvernements européens ont collaboré avec la NSA, comme la Suède et la France. Si le président Obama a récemment fait un discours sur la réforme de la NSA, personne n’a malheureusement encore entendu François Hollande s’exprimer sur le rôle des services secrets français vis-à-vis de la NSA. Mais on imagine bien que si le président américain a dû donner des explications, il en sera de même pour tous les services secrets qui ont collaboré avec la NSA, et qu’ils devront tous rendre des comptes aux citoyens.

Finalement, ce qu’il faut retenir dans cette histoire, et ce qui nous semblerait à tous plutôt drôle, c’est que la théorie des dominos est à l’origine une théorie américaine visant à lutter contre le communisme, mais on constate aujourd’hui que cette théorie forgée par les Etats-Unis se retourne contre leur propre perception du pouvoir politique. Car aujourd’hui, c’est le système occidental, et non le communisme, qui montre ses faiblesses démocratiques et qui menace de s’effondrer ou en tout cas de s’émietter un tout petit peu. Comme vous pouvez le voir dans la vidéo qui illustre le tour du monde des dominos, l’affaire de la NSA américaine contamine désormais tous les autres pays du monde. Si vous aimez la théorie des dominos, vous aimerez forcément l’affaire de la NSA. Mais il faudra être patient pour en voir la fin, car il paraît que Snowden a dérobé 1,7 millions de dominos contenant des informations secrètes, et seul 1% d’entre eux seraient publiés…

Irak: Une guerre pour Israël – par Mark Weber

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Mark Weber est directeur de l’Institute for Historical Review. Il a étudié l’histoire à l’Université de l’Illinois (Chicago), l’Université de Munich, l’Université de Portland State et l’Université d’Indiana (MA, 1977).

L’invasion américaine de l’Irak en mars-avril 2003 et l’occupation du pays depuis lors, a coûté plus de quatre mille vies américaines et plus de 500 milliards de dollars, et a apporté la mort de plusieurs dizaines de milliers d’Irakiens.

Pourquoi le président Bush a-t-il décidé d’aller à la guerre? Dans l’intérêt de qui l’a-t-il lancé?

Dans les mois qui ont précédé l’attaque, le président Bush et d’autres hauts responsables américains ont averti à plusieurs reprises que la menace envers les États-Unis et le monde posée par le régime de Bagdad était si grave et imminente que les États-Unis devaient agir rapidement pour bombarder, envahir et occuper l’Irak.

Le 28 septembre 2002, par exemple, Bush a déclaré:

« Le danger pour notre pays est grave et il l’est de plus en plus. Le régime irakien possède des armes biologiques et chimiques, il assure la reconstruction des installations pour en fabriquer plus et, selon le gouvernement britannique, il pourrait lancer une attaque chimique ou biologique en aussi peu que 45 minutes après que l’ordre est donné… Ce régime est à la recherche d’une bombe nucléaire, et avec des matériaux fissiles pourrait en construire une d’ici un an. »

Le 6 mars 2003, le président Bush a déclaré:

« Saddam Hussein et ses armes sont une menace directe pour ce pays, pour notre peuple, et pour tous les peuples libres… Je crois que Saddam Hussein est une menace pour le peuple américain. Je crois qu’il est une menace pour le voisinage dans lequel il vit. Et j’ai obtenu des preuves suffisantes pour le croire. Il possède des armes de destruction massive… Le peuple américain sait que Saddam Hussein possède des armes de destruction massive. »

Ces allégations étaient fausses. Comme le monde le sait maintenant, l’Irak n’avait pas de dangereuses « armes de destruction massive », et ne représentait aucune menace pour les États-Unis. En outre, les suggestions alarmistes selon lesquelles le régime de Bagdad travaillait avec le réseau terroriste Al-Qaïda se sont également avérées sans fondement.

Donc, si les raisons officielles données pour la guerre étaient fausses, pourquoi les Etats-Unis ont-ils attaqué l’Irak?

Quelles que soient les raisons secondaires de la guerre, le facteur déterminant dans la décision du président Bush d’attaquer était d’aider Israël. Avec le soutien d’Israël et le lobby juif-sioniste d’Amérique, et poussé par des « néo-conservateurs » juifs qui occupent des postes de haut niveau dans son administration, le président Bush – qui a déjà été vivement engagé vers Israël – a résolu d’envahir et de soumettre l’un des principaux ennemis régionaux d’Israël.

C’est si largement compris à Washington que le sénateur américain Ernest Hollings a été déplacé en mai 2004 pour avoir reconnu que les États-Unis ont envahi l’Irak « pour assurer la sécurité d’Israël », et que « tout le monde » le sait. Il a aussi identifié trois des influents juifs pro-israéliens à Washington qui ont joué un rôle important pour pousser les États-Unis dans la guerre: Richard Perle, président du Conseil de la Politique de la Défense du Pentagone, Paul Wolfowitz, secrétaire adjoint à la Défense, et Charles Krauthammer, chroniqueur et auteur. [1]

Hollings faisait référence à la réticence lâche de ses collègues du Congrès pour reconnaître cette vérité ouvertement, en disant que  » personne n’est prêt à se lever et à dire ce qui se passe. » En raison des « pressions que nous recevons politiquement », a-t-il ajouté, les membres du Congrès soutiennent aveuglément Israël et ses politiques.

Quelques mois avant l’invasion, un général de l’armée américaine à la retraite décoré de quatre étoiles et ancien commandant allié suprême de l’OTAN, Wesley Clark, a reconnu dans une interview: « Ceux qui sont favorables à cette attaque [des États-Unis contre l’Irak], je vais maintenant vous dire franchement, et en privé, qu’il est probablement vrai que Saddam Hussein n’est pas une menace pour les États-Unis. Mais ils ont peur à un certain point qu’il puisse décider, s’il avait une arme nucléaire, de l’utiliser contre Israël. » [2]

Six mois avant l’attaque, le président Bush a rencontré à la Maison Blanche onze membres de la Chambre des représentants des États-Unis. Alors que « la guerre contre le terrorisme se passe bien », a-t-il dit aux législateurs, les États-Unis auraient bientôt à faire face à un danger encore plus grand: « La plus grande menace, cependant, c’est Saddam Hussein et ses armes de destruction massive. Il peut faire exploser Israël et ceci déclencherait un conflit international. » [3]

Bush a également évoqué de manière franche les raisons pour lesquelles les États-Unis allaient à la guerre, lors d’une réunion à la Maison Blanche le 27 février 2003, à peine trois semaines avant l’invasion. Dans un entretien avec Elie Wiesel, l’écrivain juif bien connu, M. Bush a déclaré: « Si nous ne désarmons pas Saddam Hussein, il va mettre une arme de destruction massive contre Israël, et ils feront ce qu’ils pensent qu’ils doivent faire, et nous devons éviter cela. » [4]

Pro-Israël avec ferveur

Le fervent soutien du président Bush pour Israël et son gouvernement intransigeant est bien connu. Il a réaffirmé cela, par exemple, en juin 2002, dans un important discours sur le Moyen-Orient. De l’avis des « grands commentateurs israéliens », le Times de Londres a rapporté que l’adresse était « tellement pro-Israël qu’elle aurait pu être écrite par [le Premier ministre israélien] Ariel Sharon. » [5] Dans un discours aux militants pro-israéliens, à la convention de 2004 du Comité Americain pour les Affaires Publiques Israéliennes (AIPAC), Bush a déclaré: « Les États-Unis sont fortement engagés, et je suis fortement engagé, à la sécurité d’Israël en tant qu’Etat juif dynamique. » Il a également déclaré à l’assemblée: « En défendant la liberté, la prospérité et la sécurité d’Israël, vous servez aussi la cause de l’Amérique. » [6]

Condoleezza Rice, qui a servi comme Conseillère à la Sécurité Nationale du président Bush, et plus tard, comme son secrétaire d’État, fait écho à la vision du président dans une interview de mai 2003, disant que la « sécurité d’Israël est la clé de la sécurité du monde. » [7]

Des plans à long terme

Les plans sionistes juifs pour la guerre contre l’Irak avaient été en place depuis des années. À la mi-1996, un document d’orientation préparé pour le Premier ministre israélien d’alors, Benjamin Netanyahu, a présenté une grande stratégie pour Israël au Moyen-Orient. Intitulé « Rupture Nette: Nouvelle stratégie pour sécuriser le Royaume », il a été rédigé sous les auspices d’un think tank israélien, l’Institut d’Etudes Stratégiques et Politiques Avancées [IASPS]. Plus précisément, il a appelé à un « effort [qui] pourrait se concentrer sur le renversement de Saddam Hussein du pouvoir en Irak, un important objectif stratégique israélien dans son propre droit… » [8]

Les auteurs de la « Rupture Nette » ont inclus Richard Perle, Douglas Feith, David Wurmser, trois juifs influents qui plus tard ont occupé des postes de haut niveau dans l’administration Bush, de 2001-2004: Perle, en tant que président du Conseil Politique de la Défense, Feith comme sous-secrétaire de la Défense, et Wurmser comme adjoint spécial au sous-secrétaire d’État pour le contrôle des armes. Le rôle joué par les représentants de l’administration Bush qui sont associés à deux des centres de recherche majeurs pro-sionistes « néoconservateurs » a été scruté par The Nation, un hebdomadaire d’affaires publiques influent. [9]

L’auteur, Jason Vest, a examiné les liens étroits entre l’Institut Juif pour les Affaires de Sécurité Nationale (JINSA) et le Centre pour la Politique de la Sécurité (CSP), en précisant les liens entre ces groupes et divers politiciens, marchands d’armes, hommes de l’armée, de riches juifs américains pro-Israël, et les administrations présidentielles républicaines.

Les membres du JINSA et du CSP, note [le journaliste] Vest, « sont montés jusqu’à de puissants postes gouvernementaux, où… ils ont réussi à introduire un certain nombre de questions – le soutien à la défense antimissile nationale, l’opposition aux traités de contrôle des armements, le parrainage de systèmes d’armes dépensiers, des aides à l’armement pour la Turquie et un unilatéralisme américain en général – dans une ligne dure, avec le soutien pour la droite israélienne à sa base… En aucun cas, la ligne dure du JINSA/CSP n’est plus évidente que dans sa campagne incessante pour la guerre – pas seulement avec l’Irak, mais dans une « guerre totale », comme le soumet Michael Ledeen, l’un des plus influents JINSAs à Washington… Pour cette équipe, le « changement de régime » nécessaire par tous les moyens en Irak, Iran, Syrie, Arabie Saoudite et Autorité palestinienne est un impératif urgent. »

Samuel Francis, auteur, éditeur et chroniqueur, s’est également penché sur le rôle « néo-conservateur » dans la fomentation de la guerre. [10] « Ma propre réponse, » écrit-il, « est que le mensonge [d’un Irak massivement armé qui pose une menace grave et imminente pour les Etats-Unis] a été fabriqué par les néo-conservateurs de l’administration dont la loyauté première est pour Israël et ses intérêts, et qui voulaient que les Etats-Unis écrase l’Irak parce que c’était la plus grande menace pour Israël dans la région. Ils sont connus pour avoir poussé à la guerre avec l’Irak depuis au moins 1996, mais ils ne pouvaient pas en faire un cas efficace jusqu’au jour de l’après-11 septembre 2001… »

Dans la foulée des attentats terroristes du 11 septembre 2001, les « néo-conservateurs » ardemment pro-sionistes de l’administration Bush – qui pendant des années avaient cherché une guerre au Moyen-Orient pour renforcer la sécurité d’Israël dans la région – ont exploité la tragédie pour appuyer leur agenda. En cela, ils ont été soutenus par le gouvernement israélien, qui a également fait pression sur la Maison Blanche pour frapper l’Irak.

« Le leadership militaire et politique [israélien] aspire à la guerre en Irak », a rapporté un quotidien israélien de premier plan, Haaretz, en février 2002. [11]

Le correspondant à Jérusalem pour le Guardian, le quotidien britannique respecté, a rapporté en août 2002: « Israël a signalé sa décision, hier, de mettre la pression publique sur le président George Bush d’aller de l’avant avec une attaque militaire contre l’Irak, même s’il croit que Saddam Hussein pourrait bien riposter en frappant Israël ». [12]

Trois mois avant l’invasion américaine, le journaliste de Washington bien informé, Robert Novak, a rapporté que le Premier ministre israélien Sharon disait aux dirigeants politiques américains que « la plus grande aide américaine pour Israël serait de renverser le régime irakien de Saddam Hussein. » En outre, a ajouté Novak, « ce point de vue est largement partagé à l’intérieur de l’administration Bush, et c’est une raison majeure pour laquelle les forces américaines d’aujourd’hui se rassemblent pour la guerre. » [13]

Les agences d’espionnage d’Israël étaient « partenaire à part entière » des États-Unis et de la Grande-Bretagne dans la production d’appréciations avant-guerre largement exagérées sur la capacité de l’Irak à la guerre, a reconnu un ancien haut-fonctionnaire du renseignement militaire israélien. Shlomo Bron, un général de brigade dans les réserves de l’armée israélienne, et ancien chercheur principal dans un important think tank israélien, a déclaré que les renseignements transmis par Israël ont joué un rôle important dans le soutien du cas des États-Unis et de la Grande-Bretagne pour faire la guerre. Les services de renseignement israéliens, a-t-il dit, « ont mal surestimé la menace irakienne contre Israël et ont renforcé la croyance américaine et britannique que les armes [de destruction massive] ont existé. » [14]

Le rôle du lobby pro-israélien dans le soutien pressant à la guerre a été soigneusement examiné par deux chercheurs américains de renom, John J. Mearsheimer, professeur de sciences politiques à l’Université de Chicago, et Stephen M. Walt, professeur de relations internationales à l’Université d’Harvard. [15] Dans un document de 81 pages, « Le Lobby Israélien et la Politique Etrangère Américaine », ils ont écrit:

« La pression d’Israël et du lobby [pro-israélien] n’était pas le seul facteur derrière la décision d’attaquer l’Irak en mars 2003, mais elle était cruciale. Certains Américains pensent que c’était une guerre pour le pétrole, mais il n’y a guère de preuves directes pour étayer cette allégation. Au lieu de cela, la guerre a été motivée en grande partie par le désir de faire d’Israël [un lieu] plus sûr… Aux États-Unis, la principale force motrice derrière la guerre en Irak était une petite bande de néo-conservateurs, la plupart avec des liens étroits au Likoud d’Israël. Par ailleurs, les principaux leaders des grandes organisations du Lobby ont prêté leurs voix à la campagne pour la guerre ».

Des membres importants du lobby pro-Israël firent ce que les professeurs Mearsheimer et Walt ont appelé « une campagne de relations publiques implacable pour gagner le soutien de l’invasion de l’Irak. Un élément-clé de cette campagne a été la manipulation de l’information du renseignement, de manière à faire ressembler Saddam à une menace imminente. »

Pour certains leaders juifs, la guerre en Irak fait partie d’un effort à long terme pour installer des régimes favorables à Israël à travers le Moyen-Orient. Norman Podhoretz, un écrivain juif de premier plan et un ardent défenseur d’Israël, a été pendant des années rédacteur en chef de Commentary, un mensuel sioniste influent. Dans le numéro de septembre 2002, il a écrit:

« Les régimes qui méritent amplement d’être renversés et remplacés ne se limitent pas aux trois membres distingués sur l’axe du mal [Irak, Iran, Corée du Nord]. Au minimum, l’axe devrait s’étendre à la Syrie, et au Liban, et à la Libye, aussi bien que les « amis » de l’Amérique comme la famille royale saoudienne et Hosni Moubarak en Egypte, en même temps que l’Autorité palestinienne, qu’elle soit dirigée par Arafat ou l’un de ses hommes de main ».

Patrick J. Buchanan, l’écrivain et commentateur bien connu, et ancien directeur des Communications à la Maison Blanche, a parlé sans retenue en identifiant ceux qui ont poussé à la guerre [16]:

« Nous accusons le fait qu’une cabale de polémistes et de responsables publics cherchent à piéger notre pays dans une série de guerres qui ne sont pas dans l’intérêt de l’Amérique. Nous les accusons de collusion avec Israël pour enflammer ces guerres et détruire les Accords d’Oslo. Nous les accusons de nuire délibérément aux relations américaines avec chaque Etat dans le monde arabe qui défie Israël ou soutient le droit du peuple palestinien à une patrie qui leur est propre. Nous les accusons d’avoir aliéné les amis et les alliés partout dans le monde islamique et occidental par leur arrogance, leur orgueil, et leur bellicisme… »

« Cui Bono? [A qui cela profite?] A qui profitent ces guerres interminables dans une région qui ne détient rien de vital pour l’Amérique en dehors du pétrole, que les Arabes doivent nous vendre afin de survivre? Qui bénéficierait d’une guerre de civilisations entre l’Islam et l’Occident? »

« Réponse: une nation, un chef, un parti. Israël, Sharon, le Likoud. »

Uri Avnery – un journaliste primé et auteur israélien, et membre à trois reprises du parlement israélien – voit la guerre en Irak comme l’expression d’une immense influence et d’un immense pouvoir juif. Dans un essai rédigé quelques semaines après l’invasion américaine, il écrit: [17]

« Qui sont les gagnants? Ce sont les prétendus néo-cons, ou néo-conservateurs. Un groupe compact, dont presque tous les membres sont juifs. Ils occupent les postes-clés dans l’administration Bush, ainsi que dans les think tanks qui jouent un rôle important dans la formulation de la politique américaine et les pages d’opinion des journaux influents… L’immense influence de ce groupe largement juif découle de son alliance étroite avec les fondamentalistes chrétiens de l’aile droite extrême, qui contrôlent aujourd’hui le parti républicain de Bush. … Apparemment, tout cela est bon pour Israël. L’Amérique contrôle le monde, nous contrôlons l’Amérique. Jamais auparavant les Juifs n’ont exercé une influence si importante sur le centre du pouvoir mondial. »

En Grande-Bretagne, un membre vétéran de la Chambre des Communes a crûment déclaré en mai 2003 que les Juifs avaient pris le contrôle de la politique étrangère de l’Amérique, et ont réussi à pousser les États-Unis dans la guerre. « Une cabale juive a pris le relais du gouvernement des États-Unis et a formé une alliance profane avec les Chrétiens fondamentalistes », a déclaré Tam Dalyell, un député du parti travailliste et membre le plus ancien de la Chambre. « Il y a beaucoup trop d’influence juive aux Etats-Unis », a-t-il ajouté. [18]

Résumé

Depuis de nombreuses années, les présidents américains des deux partis ont été fermement engagés envers Israël et sa sécurité. Cette politique enracinée est une expression de l’emprise judéo-sioniste sur la vie politique et culturelle de l’Amérique. C’était le soutien fervent à Israël – partagé par le président Bush, les hauts-fonctionnaires de l’administration et la quasi-totalité du Congrès américain – qui s’est avéré crucial dans la décision d’envahir et de soumettre l’un des plus grands ennemis régionaux d’Israël.

Alors que l’invasion américaine injustifiée de l’Irak aurait pu aider Israël, comme l’avaient espéré ceux qui ont voulu et planifié la guerre, cela a été une calamité pour l’Amérique et pour le monde. Cela a coûté plusieurs dizaines de milliers de vies et des centaines de milliards de dollars. Partout dans le monde, cela a généré une méfiance inégalée et une hostilité envers les États-Unis. Dans les pays arabes et musulmans, cela a alimenté une haine intense des Etats-Unis, et cela a apporté beaucoup de nouvelles recrues dans les rangs des terroristes anti-américains.

Les Américains ont déjà payé un prix élevé pour l’engagement de leur pays envers Israël. Nous allons payer un prix encore plus élevé – pas seulement en dollars ou en prestige international, mais dans les vies des jeunes hommes perdues pour les intérêts d’un Etat étranger – jusqu’à ce que l’emprise judéo-sioniste sur la vie politique des États-Unis soit finalement brisée.

Source: http://www.ihr.org/leaflets/iraqwar.shtml