WikiLeaks: La nouvelle guerre sale pour l’uranium et les minerais d’Afrique

carteareva-ffb52Ce vendredi 5 février à 08h30, WikiLeaks publie une collection de documents révélant une guerre indigne pesant des milliards de dollars menée par des entreprises occidentales et chinoises pour s’emparer des droits d’exploitation minière -uranium et autres- en République centrafricaine, en évitant de payer pour les conséquences environementales. Parmi les centaines de pages de cette publication figurent les cartes détaillées des exploitations minières, ainsi que des contrats miniers avec commissions illégales et les rapports secrets d’enquête. Ces documents sont convoités par les enquêteurs sur ces fraudes. En décembre 2015, une enquête judiciaire a démarré contre Areva, soupçonnée de corruption liée à l’achat pour 1.8 milliard d’Euros en 2007 de trois mines d’uranium.

Lire la suite du communiqué: https://wikileaks.org/car-mining/index.fr.html

Areva et le scandale Uramin: https://wikileaks.org/car-mining/index.fr.html#areva

Wikileaks accuse le groupe français Areva de graves négligences en Centrafrique (RT): https://francais.rt.com/france/15220-wikileaks-accuse-areva-negligences

Niger: les drones, la guerre en Libye, le nucléaire et Areva

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Alors que le public français se divertit de l’affaire Dieudonné et de l’affaire Julie Gayet, tout le monde semble oublier qu’il y a d’autres enjeux beaucoup plus importants en ce moment pour le gouvernement français: le Niger, les drones américains et Areva.

Dernièrement, François Hollande est arrivé à Washington pour négocier avec Barack Obama, notamment sur la question des drones au Sahel. Le terrorisme est l’une des préoccupations principales pour cette partie de l’Afrique, un enjeu de sécurité et de paix pour le continent. La France semble avoir décidé de s’armer de drones pour résoudre cette question et de s’allier avec les Etats-Unis. En décembre 2013, la France avait déjà reçu les deux premiers drones américains destinés à aller se poser au Niger. « À Paris, on se félicite déjà du partage au quotidien de renseignements obtenus par les drones français et américains basés à Niamey au Niger », comme le souligne un article du JDD. On comprend mieux pourquoi les pays occidentaux protestent si peu contre les drones tueurs des Etats-Unis au Moyen-Orient: ils envisagent de faire à peu près pareil en Afrique.

Si le gouvernement a fait le choix des drones, c’est sans doute, d’un point de vue militaire, pour économiser des vies humaines au sein de l’armée française et pour économiser les forces sur le terrain, mais il faut espérer que cela n’enclenchera pas des désastres humains comme ceux qui se sont produits au Moyen-Orient et que l’armée française fera un usage plus pacifique des drones par rapport à ce qu’ont fait les Américains. On se rappelle notamment des drones au Pakistan qui ont fait des milliers de victimes civiles, et parmi cela des dizaines d’enfants, sans parvenir à éradiquer les problèmes de sécurité et de terrorisme. Il faut espérer qu’en Afrique le même scénario ne se répètera pas et que les civils ne seront pas tués par ces machines aveugles qui survolent le ciel sans faire la différence entre un enfant, un terroriste ou un animal. Cependant, comme les Américains prévoient l’installation d’une base entière de drones au Sahel, on ne peut que prédire qu’il y aura certainement des victimes civiles, tôt ou tard.

Sur fond de négociations sur les drones, le Niger est au centre de la question, puisque la base de drones se situera sur son territoire. Les accords sont déjà signés à cet effet. Les négociations sur les drones et la sécurité au Sahel font du Niger un partenaire-clé de la France et des Etats-Unis: le Niger devient ainsi un nouvel allié occidental dans cette lutte contre le terrorisme, pour la sécurité et la stabilité de l’Afrique. On comprend donc mieux la prise de position du Niger qui désormais demande « une intervention internationale en Libye » et qui soutient la stratégie des pays occidentaux. Les drones au Sahel sont-ils le signe d’une nouvelle guerre occidentale en Libye? On imagine bien que le Niger n’a pas eu d’autre choix que de soutenir l’Occident, face à l’instabilité politique qui menace son territoire et face aux enjeux financiers avec la présence des sociétés comme Areva qui font vivre l’économie du pays.

C’est aussi pourquoi il y a sans doute eu des négociations au Niger: si le gouvernement du Niger a accepté la présence des drones français et américains, il y aura sans doute un soutien économique en échange, et pourquoi pas celui d’une renégociation des profits de la société Areva? En effet, ce n’est certainement pas un hasard si on a appris récemment que la France juge « légitimes » les demandes du Niger face à Areva (Le Monde). La déclaration du ministre délégué au développement, Pascal Canfin, coïncide étrangement avec les négociations sur les drones au Sahel et l’installation de la base américaine des drones au Niger. Autrement dit, le Niger a pris les drones, mais en échange la France va faire des efforts pour l’économie du Niger. Il semble que c’est sur ce point que se font les négociations entre les deux gouvernements. Areva est en ligne de mire, les anti-nucléaires sont certainement contents de cette petite avancée.

C’est ainsi que va le monde: il fallait des drones au Sahel, pour que la France remette en cause les profits d’Areva au Niger. Quand on pense qu’Areva exploite ce pays depuis 50 ans, on se dit que le Niger obtient tout de même très peu du gouvernement français, à travers les quelques paroles de soutien d’un ministre, face à l’immense catastrophe écologique qui a lieu dans ce pays et face à la pauvreté excessive de la population.

Niger: des milliers de travailleurs et d’habitants manifestent contre Areva

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Coordination Anti-nucléaire, dimanche 13 octobre 2013, 14:43

A l’occasion de la ré-négociation des contrats d’exploitation de l’uranium du Niger par Areva, des milliers de Nigériens ont manifesté ce samedi 12 octobre 2013 dans la cité minière d’Arlit pour dénoncer l’impact environnemental causé par les activités du groupe nucléaire français accusé de polluer et contaminer la région depuis des décennies.

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Des milliers de manifestants ont défilé samedi dans la cité minière d’Arlit, dans le nord du Niger, contre le groupe nucléaire français Areva qui exploite depuis plus de 40 ans l’uranium dans ce territoire où vivent et se déplacent, traditionnellement, les nomades touareg. Les manifestants – élus locaux et membres de la société civile, auxquels se sont joints des habitants –, ont défilé dans les rues de la ville en scandant des slogans farouchement anti-Areva.

Les milliers de protestataires accusent Areva de polluer l’environnement et de ne n’avoir fait aucun cas des préoccupations quotidiennes des habitants. Eau d’irrigation et puits contaminés, déchets radioactifs entassés, air chargé de particules radioactives: la stratégie néo-colonialiste de l’Etat français et de ses fers de lance affairistes ronge la terre et ses habitants.

Azaoua Mamane, l’un des organisateurs, dresse un bilan accablant de la présence du groupe nucléaire français sur le sol nigérien depuis près d’un demi-siècle: « La population a hérité de 50 millions de tonnes de résidus radioactifs stockés à Arlit et Areva continue de pomper gratuitement 20 millions de mètres cubes d’eau par an pendant que la population meurt de soif. Les rues et les habitations d’Arlit sont construites à l’aide de résidus radioactifs et la nappe phréatique usée et contaminée s’assèche par la faute d’Areva ».

La manifestation qui a regroupé quelque 5 000 personnes veut montrer  » que nous en avons assez de cette domination et soutenir le nouveau gouvernement dans ses prochaines discussions avec Areva au sujet des ressources du pays», a précisé A.Mamane. Le Premier ministre du Niger, Brigi Rafini, a précisé le 6 octobre dernier que son pays allait « passer au peigne fin » ses contrats miniers avec Areva, jugeant le partenariat pour le moins « déséquilibré ».

Le Niger, qui compte parmi les grands producteurs mondiaux d’uranium mais reste l’un des pays les plus pauvres du monde, avait critiqué fin octobre 2012 le partenariat historique « très déséquilibré » avec Areva et réclamé des retombées plus importantes. Deux co-entreprises ont été monté par l’exploitant nucléaire avec l’Etat nigérien, la Cominak et la Somaïr, pour une production annuelle de l’ordre de 4.500 tonnes.

Les implantations d'Areva au NigerPhoto: Les Implantations d’Areva au Niger (source: Areva)

Le rouleau compresseur du colonialisme nucléaire écrase le peuple

Le Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ), mené par des Touaregs, a lancé un mouvement de rébellion en février pour demander une plus grande autonomie de la région nord du pays où est extrait l’essentiel de l’uranium nigérien. Une première rébellion touarègue avait eu lieu au début des années 90. Elle avait pris fin en 1995 par un accord de paix qui n’avait pas été totalement respecté par le gouvernement. Ce dernier refuse de négocier avec les rebelles qu’il n’hésite pas à qualifier de trafiquants de drogue et de bandits.

Un attentat suicide avait fait le 23 mai dernier un mort et 14 blessés parmi les employés d’Areva, tous nigériens sur le site de la Somaïr (Société des mines de l’Aïr,détenue à 64% par Areva et 36% par l’Etat du Niger). La production du site minier avait été suspendue, arrêtée et n’avait pu reprendre que 3 mois plus tard alors que le groupe nucléaire espérait ouvrir d’ici deux ans une nouvelle mine (géante) à Imouraren contre laquelle se battent les populations locales et nomades.

Depuis des mois les manifestations, notamment de jeunes, se multiplient tant contre le renforcement des dispositifs policiers et militaires à Niamey pour protéger les ambassades occidentales que contre les activités du lobby nucléaire français. « Nous sommes très en colère, ces barrières nous empêchent de nous rendre au centre-ville par la voie naturelle. Nos ambulances et corbillards sont obligés de faire de longs détours« , a expliqué un habitant à l’AFP qui précise qu’ils en ont assez des « tracasseries et contrôles sécuritaires humiliants« .

Corruption des institutions et dirigeants par le lobby nucléaire?

Fin 2012, l’Observatoire du Nucléaire révélait que la Loi de finance 2013 du Niger, alors étudiée par l’Assemblée nationale de ce pays, qui est supposé être indépendant après avoir été colonisé par la France jusqu’en août 1960, venait d’être subitement modifiée par le ministre des finances. Cette intervention, probablement illégale, a consisté à rajouter au budget national la somme de 17 milliards de FCFA (environ 26 millions d’euros) « offerte » au Niger par la société nucléaire française Areva, dont 10 milliards de FCFA (plus de 15 millions d’euros) directement affectés à l’acquisition d’un avion pour le Président du Niger, M. Issoufou.

L’organisation de veille sur le nucléaire déclarait: « Il s’agit donc clairement d’une manoeuvre de corruption, probablement sur le plan légal et assurément sur le plan moral, par Areva qui entend ainsi perpétuer sa mainmise sur les réserves d’uranium du Niger, pour continuer à alimenter les centrales nucléaires françaises. Par l’intermédiaire d’Areva (anciennement la Cogéma), la France pille l’uranium du Niger depuis des décennies, s’octroyant ce minerai à un prix ridiculement bas tout en causant de graves dommages à l’environnement et en nuisant aux populations locales… il n’est acceptable de voir Areva attribuer de son propre chef une somme au Niger, comme un « généreux donateur » venant au secours d’un déshérité. Et ce d’autant plus que la majeure partie de cette somme est d’ores et déjà affectée à l’achat d’un équipement de luxe et de prestige pour le Président du Niger. » L’opposition démocratique du Niger, regroupée dans l’Alliance pour la réconciliation nationale (ARN), avait dénoncé cette manœuvre.

Areva contrôle le gouvernement Nigérien et… Français

Le Président du Niger, M. Issoufou, est un … ancien directeur de la Somaïr… filiale d’Areva ! Son prédécesseur, Mamadou Tandja, a été renversé en 2010. Ayant fait modifier la constitution du Niger afin de rester au pouvoir, il n’avait lui-même rien d’un grand démocrate. Mais il avait aussi commencé à résister à l’ancien colonisateur français, jouant de l’intérêt des chinois pour l’uranium afin de faire augmenter le prix payé par Areva. Il n’est donc pas surprenant que M Tandja ait été renversé… et remplacé par un employé d’Areva.

Ce véritable putsch de la France sur le Niger a été supervisé par le Président français M Sarkozy, mais c’est aujourd’hui M. Hollande et son gouvernement qui sont au pouvoir… et qui laissent Areva corrompre le président du Niger. Signe des temps, l’un des premiers actes du Président Hollande fut de recevoir M. Issoufou à l’Elysée, le 11 juin 2012, pour s’assurer de la mise en exploitation par Areva, qui plus est avant même la date prévue de 2014, de la mine géante d’uranium Imouraren.

Rappel:  depuis le 16 septembre 2010, cinq employés d’Areva et de Vinci et deux Africains, enlevés à Arlit dans le nord du Niger, sont retenus en otage par Al-Qaida au Maghreb islamique.

carteareva-ffb52Carte: Areva en Afrique- au Niger, des mines en activité

Source: http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2013/10/13/Des-milliers-de-Nig%C3%A9riens-manifestent-contre-Areva

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