Des militants de Syrie formés sur le sol du Qatar

Reportage Press TV, 26 novembre 2014

Selon un nouveau rapport, les militants qui luttent contre le gouvernement du président Bachar al-Assad en Syrie sont secrètement formés sur le sol qatari avec l’aide des États-Unis.

Mercredi, des sources de sécurité anonymes ont déclaré que les militants reçoivent une formation dans un camp situé au sud de la capitale du Qatar, Doha, entre la frontière saoudienne et la base aérienne américaine d’al-Udeid, a rapporté Reuters.

Les sources ont indiqué que les militants supposés appartenir à l’Armée syrienne libre (FSA) étaient parmi ceux qui reçoivent une formation dans le cadre d’un programme qui fonctionne depuis près d’un an.

Des groupes de 12 à 20 militants voyagent de la Syrie à la Turquie, et sont ensuite transportés à Doha et conduits au camp d’entraînement, selon les sources, ajoutant que les militants ont été initialement identifiés par l’agence de renseignement de la CIA.

Les militants « de la FSA et d’autres groupes ont été amenés par avion pour être formés dans des matières comme les techniques d’embuscade », a déclaré une source proche du gouvernement qatari, dont le nom n’a pas été révélé.

Une autre source estime que l’entraînement « durerait quelques mois, peut-être deux ou trois, puis un nouveau groupe serait amené par avion. »

Lire la suite: http://www.presstv.ir/detail/2014/11/26/387634/syria-militants-trained-in-qatar-report/

La Russie commandait des opérations d’espionnage contre les forces israéliennes et les rebelles syriens, montre une vidéo

Des images récentes téléchargées par les combattants de l’Armée syrienne libre après leur capture d’une base du Golan indique une forte implication russe dans les opérations d’espionnage du régime du président Bachar al-Assad.

Base russe en Syrie

By Anshel Pfeffer, 7 octobre 2014

Des images récentes apparemment prises dans une base de renseignement du Golan syrien, téléchargées par les combattants de l’Armée syrienne libre (ASL) après leur capture de la base, indiquent une forte implication russe dans les opérations d’espionnage du régime du président Bachar al-Assad.

La base de Tel Al-Hara, au sud de la frontière de Quneitra avec Israël, a été prise ce week-end par l’ASL [FSA], après des batailles rangées qui comprenaient un certain nombre de groupes rebelles, y compris le Front al-Nosra aligné avec al-Qaida.

La vidéo montre que la base, utilisée pour effectuer la surveillance électronique à la fois des rebelles et des forces militaires israéliennes, avait été sous le commandement russe.

Lire la suite: http://www.haaretz.com/news/diplomacy-defense/.premium-1.619664

Lire en français: http://fr.timesofisrael.com/les-rebelles-decouvrent-un-site-despionnage-russo-syrien-dans-le-golan/

L’Iran et l’Irak financent l’Etat Islamique (ISIS) en Syrie: un membre détenu d’al-Qaïda

640px-Territorial_control_of_the_ISIS.svgIllustration: Wikipedia

Des membres détenus de la branche d’Al-Qaïda en Syrie ont révélé des histoires qui démontrent leurs liens avec le régime syrien. Depuis le début des combats, beaucoup des deux côtés ont été tués ou arrêtés. Certains de ces membres d’al-Qaïda (sous le nouveau nom ISIS) qui sont tombés aux mains des rebelles syriens ont dit qu’ISIS [Etat Islamique d’Irak et de Syrie] avait des liens avec le régime syrien.

Dans une interview qui a été diffusée par la chaîne d’informations Al Arabiya, un membre détenu d’ISIS [Etat Islamique d’Irak et de Syrie] a déclaré: « Il est arrivé une fois qu’un agent du régime syrien et 11 autres ont fait défection et ont conduit leur véhicule à Masila [nord de Raqqa]. Nous avons reçu l’ordre de les arrêter et de les remettre au régime ».

Il a dit qu’ISIS [Etat Islamique d’Irak et de Syrie] était derrière un attentat qui a détruit la gare de Raqqa, l’année dernière. « Nous avons reçu des ordres du commandant Abou Anas al-Iraqi de bombarder la gare. Nous avons également reçu l’ordre de tirer sur les ambulances et les civils qui tentent de rejoindre les victimes « , a-t-il dit.

Abou Anas al-Iraqi mène une brigade d’al-Qaïda dans la province de Raqqa. Il est surnommé al-Iraqi d’après son pays, l’Irak, où il travaillait comme officier de renseignement, selon un autre détenu.

« Abou Anas est financé directement par le régime, à travers l’Iran et l’Irak. Sa brigade est spécialisée dans les enlèvements, les voitures piégées et les assassinats ciblés de membres de la FSA [Armée Syrienne Libre] », a déclaré le détenu.

Il convient de mentionner que dans la tourmente récente dans la province irakienne d’Al-Anbar, nombre de députés irakiens ainsi que des dirigeants et figures politiques irakiens de premier plan ont souligné le rôle de premier plan de l’IRGS iranien de la force Qods dans le financement et l’armement des membres de l’ISIS [Etat Islamique d’Irak et de Syrie] pour la suppression des forces de l’opposition et des tribus locales.

Source: http://www.mojahedin.org/newsen/26382/Iran-and-Iraq-financing-ISIS-in-Syria-detained-member-of-Al-Qaeda

John McCain pourrait-il être responsable d’un prochain 11/9?

Sen. John McCain (R-Ariz) questions Chuck Hagel during the defense secretary's testimony before the Senate Armed Services Committee regarding military budgets, on Capitol Hill.

Truth-Out.org, le 24 juin 2014

Publié par The Daily Take Team, The Thom Hartmann Program | Op-Ed

L’histoire se répète de la pire façon possible, et si nous ne retenons pas nos leçons, nous pourrions avoir un autre 9/11 sur nos mains beaucoup plus tôt que vous ne pourriez le penser.

Aujourd’hui, les combattants de l’Etat islamique d’Irak et de Syrie, ou EIIL [ISIS en anglais], ont poursuivi leur avancée vers Bagdad. Le groupe contrôle désormais toute une bande de territoire allant de la vallée de l’Euphrate en Syrie orientale tout le long jusqu’à la chaîne des villes qui entourent la capitale irakienne.

Si vous faisiez une liste des personnes les plus méchantes sur terre, l’EIIL [ISIS] serait en tête de liste. Le groupe a été effectivement expulsé d’Al-Qaïda pour être trop extrême et a été assez ouvert sur la façon dont il veut « nettoyer » les villes saintes chiites de Nadjaf et Karbala « en proie à la saleté ».

Quand il s’agit de groupes terroristes, l’EIIL [ISIS] est vraiment le pire de ce qu’on peut imaginer et constitue une menace partout et pour tous, ce qui rend d’autant plus choquant qu’il se soit apparemment trouvé un ami en rien d’autre que le sénateur de l’Arizona John McCain.

Quand il s’agit de groupes terroristes, l’EIIL [ISIS] est vraiment le pire de ce qu’on peut imaginer et constitue une menace partout et pour tous, ce qui rend d’autant plus choquant qu’il se soit apparemment trouvé un ami en rien d’autre que le sénateur de l’Arizona John McCain.

Comme Steve Clemons l’a souligné dans un article à succès écrit pour The Atlantic, McCain, aux côtés du sénateur de Caroline du Sud, Lindsey Graham, a joué un rôle-clé pour conduire les Saoudiens et les Qataris, nos alliés, à armer des groupes rebelles en Syrie qui luttent contre le gouvernement de Bachar al-Assad soutenu par l’Iran.

Publiquement, les Saoudiens et les Qataris disent qu’ils n’envoient des armes qu’aux groupes rebelles « modérés » comme l’Armée Syrienne Libre, mais ils auraient également armé des groupes plus extrêmes – des groupes comme le Front Al-Nosra et, vous l’aurez deviné, l’EIIL [ISIS].

Lire la suite: http://truth-out.org/opinion/item/24581-could-john-mccain-be-responsible-for-the-next-9-11

SYRIE: Un rapport américain révèle que les rebelles du front al-Nosra ont maîtrisé la production du gaz sarin

Par Seymour M. Hersh
Mondialisation.ca, 13 décembre 2013
London Review of Books

SYRIE: Le sarin de qui?

Sarin-SyrieBarack Obama n’a pas tout dit cet automne quand il a essayé de nous convaincre que Bashar al-Assad était responsable des attaques à l’arme chimique près de Damas le 22 août. Dans certaines circonstances, il a omis des informations importantes, et dans d’autres, il a présenté des suppositions comme des faits. Plus important, il n’a pas reconnu un fait bien connu de la communauté des services de renseignements: que l’armée syrienne n’est pas la seule partie dans la guerre civile de ce pays à avoir accès au sarin, ce gaz neurotoxique qui d’après une étude de l’ONU – qui n’assigne aucune responsabilité – a été utilisé dans l’attaque à la roquette. Durant les mois qui ont précédé cette attaque, les services de renseignements américains ont produit une série de rapports classés hautement confidentiels, culminant par un Operation Order – un document de planification en prévision d’une invasion au sol – qui citait des preuves que le Front al-Nosra, un groupe de djihadistes affilié à Al-Qaïda, maîtrisait la technique de production du sarin et était capable d’en produire en quantité. Quand les attaques ont eu lieu, al-Nosra aurait dû faire partie des suspects, mais le gouvernement a sélectionné avec soin les renseignements qui pouvaient justifier une frappe contre Assad.

Dans son discours télévisé national sur la Syrie, le 10 Septembre, Obama a fermement rejeté la responsabilité de l’attaque au gaz sarin, sur la banlieue de Ghouta Est tenue par les rebelles, sur le gouvernement d’Assad, et a clairement indiqué qu’il était prêt à mettre à exécution ses mises en garde publiques antérieures selon lesquelles l’utilisation d’armes chimiques était une « ligne rouge » à ne pas franchir : « le gouvernement d’Assad a gazé à mort plus de mille personnes, a-t-il dit. « Nous savons que le régime d’Assad est responsable … Et c’est pourquoi, après mûre réflexion, j’ai décidé qu’il est dans l’intérêt de la sécurité nationale des États-Unis de riposter à l’utilisation par le régime Assad d’armes chimiques par une frappe militaire ciblée. » Obama allait entrer en guerre pour appuyer une menace publique, mais il le faisait sans savoir avec certitude qui avait fait quoi au petit matin du 21 Août.

Il a cité une liste de ce qui semblait être des preuves durement arrachées de la culpabilité de M. Assad : « Dans les jours qui ont précédé le 21 Août, nous savons que le personnel d’armes chimiques d’Assad s’étaient préparé pour une attaque près d’une zone où se fabriquait le gaz sarin. Ils ont distribué des masques à gaz pour leurs troupes. Puis ils ont tiré des roquettes à partir d’une zone contrôlée par le régime sur 11 quartiers que le régime avait tenté de nettoyer de toute force d’opposition  ». La certitude d’Obama fut relayée à l’époque par Denis McDonough, son chef de cabinet, qui a déclaré au New York Times : « Aucun de mes interlocuteurs n’a de doute sur cette information » qui établit un lien direct entre Assad et son régime et les attaques au sarin.

Mais au cours de récentes interviews avec des officiers du renseignement et militaires en exercice et à la retraite, j’ai trouvé une forte préoccupation, et parfois de la colère, sur ce qui a été perçu à plusieurs reprises comme une manipulation délibérée de l’information. Un officier de renseignement de haut niveau, dans un e-mail à un collègue, a qualifié les assurances de l’administration sur la responsabilité d’Assad de « ruse ». L’attaque « n’est pas l’oeuvre du régime actuel », écrit-il. Un ancien haut fonctionnaire du renseignement m’a dit que l’administration Obama avait déformé les informations disponibles – en termes de chronologie et de séquence – pour permettre au président et à ses conseillers de donner l’impression que l’information avait été obtenue en temps réels, au moment même où l’attaque se produisait. La distorsion, dit-il, lui rappelait l’incident du golfe du Tonkin en 1964, lorsque l’administration Johnson a inversé la séquence des messages interceptés par la NSA pour justifier l’un des premiers bombardements du Nord-Vietnam. Le même responsable a dit qu’il y avait une immense frustration au sein de la bureaucratie militaire et du renseignement : « Les gars lèvent les bras au ciel en disant : « Comment pouvons-nous aider ce gars » – Obama – « si lui et ses copains à la Maison Blanche inventent les informations au fur et à mesure ? »

Les plaintes portent principalement sur ce que Washington n’avait pas : un signe annonciateur quelconque chez l’auteur présumé de l’attaque. La communauté du renseignement militaire produit depuis des années chaque matin un résumé de renseignement hautement classifié, connu comme le Morning Report (rapport matinal), pour le secrétaire à la Défense et le président des chefs d’état-major ; une copie est transmise aussi au conseiller à la sécurité nationale et au directeur du renseignement national. Le Morning Report ne contient aucune information politique ou économique, mais fournit un résumé des événements militaires importants à travers le monde, avec tous les renseignements disponibles à leur sujet. Un consultant supérieur du renseignement m’a dit que peu de temps après l’attaque, il a examiné les rapports du 20 au 23 Août. Pendant deux jours – les 20 et 21 août – il n’y avait aucune mention de la Syrie. Le 22 Août l’élément principal dans le rapport traitait de l’Egypte ; un autre article abordait les changements internes dans la structure de commandement de l’un des groupes rebelles en Syrie. Rien n’avait été noté sur l’utilisation du gaz neurotoxique à Damas ce jour-là. Ce n’est que le 23 Août que l’utilisation du sarin est devenue une question dominante, alors que des centaines de photos et de vidéos du massacre avaient déjà fait le tour du monde en quelques heures sur YouTube, Facebook et autres sites de médias sociaux. À ce stade, l’administration n’en savait pas plus que le public.

Obama a quitté Washington tôt le 21 Août pour une tournée mouvementée de conférences de deux jours à New York et en Pennsylvanie ; selon le bureau de presse de la Maison Blanche, il a été informé plus tard dans la journée de l’attaque, et de la colère grandissante du public et des médias, L’absence de toute information sur le terrain était évidente le 22 Août, lorsque Jen Psaki, porte-parole du département d’Etat, a déclaré aux journalistes : « Nous ne pouvons pas déterminer avec certitude l’utilisation d’armes chimiques. Mais nous consacrons tout notre temps à cette affaire… à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour établir les faits » Le ton de l’administration s’est durci de 27 Août, quand Jay Carney, attaché de presse de M. Obama, a déclaré aux journalistes – sans fournir aucune information précise – que toutes les suggestions que le gouvernement syrien n’était pas responsable « sont aussi absurdes que de suggérer que l’attaque n’a jamais eu lieu. »

L’absence d’alerte immédiate au sein de la communauté du renseignement américain démontre qu’il n’y avait pas d’information sur les intentions syriennes dans les jours qui ont précédé l’attaque. Et il y a au moins deux façons pour les États-Unis d’en avoir eu connaissance à l’avance: les deux ont été abordés dans l’un des documents secrets américains des services de renseignement qui ont été rendus publics ces derniers mois par Edward Snowden, l’ancien sous-traitant de la NSA.

Le 29 Août, le Washington Post a publié des extraits du budget annuel pour tous les programmes nationaux de renseignement, agence par agence, fournis par Snowden. En consultation avec l’administration Obama, le journal a choisi de publier seulement une petite partie du document de 178 pages, qui a une classification plus élevée que top secret, mais il a résumé et publié un article traitant de certains problématiques. Un d’entre eux est l’absence de surveillance du bureau d’Al-Assad. Le document indique que le réseau mondial d’écoute électronique de la NSA avait été « en mesure de surveiller les communications non cryptées entre hauts responsables militaires dès le début de la guerre civile ». Mais qu’il s’agissait d’ « une vulnérabilité dont les forces du président Bachar al-Assad se ont apparemment rendus compte plus tard ». En d’autres termes, la NSA n’avait plus accès aux conversations du haut commandement militaire en Syrie, parmi lesquelles les communications cruciales d’Assad, telles que les ordres pour une attaque au gaz neurotoxique. (Dans ses déclarations publiques depuis le 21 Août, l’administration Obama n’a jamais prétendu avoir des informations précises reliant personnellement Assad à l’attaque.)

Le quotidien a également fourni la première indication de l’existence d’un système de capteurs secrets à l’intérieur de la Syrie, conçu pour fournir un avertissement précoce sur toute modification de statut des armes chimiques de l’arsenal du régime. Les capteurs sont suivis par le National Reconnaissance Office, l’organisme qui contrôle tous les satellites de renseignement américains en orbite. Selon le résumé du Washington Post, le NRO est également chargé « de l’extraction de données à partir de capteurs placés sur le terrain » à l’intérieur de la Syrie. L’ancien responsable du renseignement, qui avait une connaissance directe du programme, m’a dit que les capteurs NRO ont été implantés près de tous les sites de stockage d’armes chimiques connus en Syrie. Ils sont conçus pour assurer une surveillance constante de la circulation des ogives chimiques stockées par l’armée. Mais beaucoup plus important, en termes d’alerte, est la capacité des capteurs d’alerter les services de renseignements des États-Unis et d’Israël lorsque les ogives sont armés de sarin. (En tant que pays voisin, Israël a toujours été à l’affût des changements dans l’arsenal chimique syrien, et travaille en étroite collaboration avec les services de renseignement américains sur les premiers avertissements.) Une ogive chimique, une fois chargée de sarin, a une durée de vie de quelques jours seulement – l’agent neurotoxique provoque presque immédiatement une corrosion de la fusée : c’est une arme de destruction massive qui, une fois préparée, doit être utilisée immédiatement sinon elle est perdue. « L’armée syrienne n’a pas trois jours pour se préparer à une attaque chimique, » m’a dit l’ancien responsable du renseignement. « Nous avons créé ce système de capteurs pour déclencher une première alerte, comme une alerte de raid aérien ou une alarme d’incendie. On ne peut pas attendre trois jours parce que toutes les personnes impliquées seraient déjà mortes. C’est soit toute suite, soit trop tard. Vous ne passez trois jours à préparer un tir de gaz neurotoxique. » Les capteurs n’ont détecté aucun mouvement dans les mois et les jours qui ont précédé le 21 Août, a déclaré l’ancien fonctionnaire. Il est bien entendu possible que le sarin ait été fourni à l’armée syrienne par d’autres biais, mais l’absence d’avertissement signifie que Washington n’était pas en mesure de surveiller en temps réel les événements de Ghouta Est.

Les capteurs ont déjà fonctionné dans le passé, chose que les dirigeants syriens ne savaient que trop bien. Au mois de décembre dernier, le système de capteurs a détecté des signes de ce qui semblait être une production de sarin dans un dépôt d’armes chimiques. Il n’était pas immédiatement clair si l’armée syrienne simulait la production de gaz sarin dans le cadre d’un exercice (tous les militaires font constamment ce genre d’exercices) ou si elle préparait réellement une attaque. A l’époque, Obama avait publiquement mis en garde la Syrie que l’emploi de sarin était « totalement inacceptable » ; un message similaire avait été également transmis par voie diplomatique. Par la suite, l’incident se révéla faire partie d’une série d’exercices, selon l’ancien haut responsable du renseignement : « Si ce que les capteurs ont détecté en décembre dernier était suffisamment important pour que le Président en arrive à leur dire « Arrêtez ça », pourquoi n’a-t-il pas émis le même avertissement trois jours avant l’attaque au gaz du mois d’août ? »

La NSA bien sûr surveillerait le bureau d’Assad 24/24h si elle le pouvait, a déclaré l’ancien fonctionnaire. D’autres communications – de différentes unités de l’armée au combat à travers la Syrie – seraient beaucoup moins importantes, et ne seraient pas analysées en temps réel. « Il y a littéralement des milliers de fréquences radio tactiques utilisées par les unités sur le terrain en Syrie pour des communications de routine banales, dit-il , « et il faudrait mobiliser un très grand nombre de cryptologues de la NSA – et le retour utile serait que dalle. » Mais le « bavardage » est néanmoins régulièrement stocké sur des ordinateurs. Lorsque l’ampleur des événements du 21 août fut perçue, la NSA a mis sur pied un effort global pour chercher des indices annonciateurs de l’attaque, en examinant toutes les archives des communications stockées. Un ou deux mots clés sont choisis et un filtre est employé pour retrouver les conversations pertinentes. « Ce qui s’est passé ici, c’est que les imbéciles [weeniesde la NSA sont partis d’un événement – l’utilisation de sarin – et ont tenté de retrouver des conversations susceptibles d’être en rapport avec cet évènement » a déclaré l’ex-fonctionnaire. « Cela ne donne pas une évaluation très fiable, sauf si vous partez du principe que Bachar al-Assad a ordonné l’attaque et qu’ensuite vous cherchez tout ce qui pourrait le confirmer. » Le tri sélectif des données était similaire à la procédure utilisée pour justifier la guerre en Irak.

La Maison Blanche a eu besoin de neuf jours pour préparer son dossier contre le gouvernement syrien. Le 30 Août, elle a invité un groupe de journalistes à Washington (au moins un journaliste souvent critique, Jonathan Landay, le correspondant sur les questions de sécurité nationale pour McClatchy Newspapers, n’a pas été invité), et leur a remis un document soigneusement étiqueté comme une « évaluation du gouvernement  », plutôt que comme une évaluation des services de renseignement. Le document était essentiellement un argumentaire politique pour soutenir les accusations de l’administration contre le gouvernement Assad. Cependant, il était plus précis qu’Obama ne le sera plus tard, dans son discours du 10 Septembre: les services de renseignement américains, disait le document, savaient que la Syrie avait commencé à « préparer des armes chimiques » trois jours avant l’attaque. Dans un discours agressif prononcé plus tard ce jour-là, John Kerry a fourni plus de détails. Il a dit que « le personnel d’armes chimiques » de la Syrie « étaient sur le terrain, dans la région, en train de faire des préparatifs » dès le 18 Août. « Nous savons qu’il a été dit à des éléments du régime syrien de se préparer à une attaque en mettant des masques à gaz et de prendre des précautions liées à des armes chimiques. » L’évaluation du gouvernement et les commentaires de Kerry laissaient entendre que l’administration avait suivi en direct l’attaque au gaz sarin. C’est cette version là, fausse mais non contestée, qui a été largement diffusée à l’époque.

Une réaction imprévue est venue sous la forme de plaintes formulées par la direction de l’Armée Syrienne Libre et d’autres sur l’absence de mise en garde. « C’est incroyable, ils n’ont rien fait pour avertir les gens ou essayer d’arrêter le régime avant le crime, » a déclaré Razan Zaitouneh, un député de l’opposition qui a vécu dans une des villes touchées par le sarin, à la revue Foreign Policy. Le quotidien Daily Mail a été plus direct: « Un rapport des services de renseignement indique que des responsables américains étaient au courant de l’attaque au gaz neurotoxique en Syrie trois jours avant qu’elle ne tue 1400 personnes – dont plus de 400 enfants. » (Le nombre de morts suite à l’attaque varie considérablement, d’un minimum de 1429, selon le chiffre initialement annoncé par l’administration Obama, à beaucoup moins ; un groupe syrien de défense des droits de l’homme a fait état de 502 morts ; Médecins sans Frontières en a annoncé 355, et un rapport français a répertorié 281 cas de décès connus. Le chiffre étonnamment précis avancé par les Etats-Unis était fondé, selon un rapport ultérieur publié par le Wall Street Journal, non pas sur un décompte réel des corps, mais sur une extrapolation effectuée par les analystes de la CIA , qui ont introduit plus d’une centaine de vidéos de Ghouta trouvées sur YouTube dans un système informatique et ont ensuite examiné les images pour trouver des cadavres. En d’autres termes, ce n’était guère plus qu’une conjecture.)

Cinq jours plus tard, un porte-parole du Bureau du directeur du renseignement national a répondu aux plaintes. Une déclaration à l’agence Associated Press disait que les informations sur lesquelles étaient fondées les affirmations antérieures de l’administration n’étaient pas connues au moment de l’attaque, mais n’avaient été récupérées que par la suite: « Soyons clairs, les États-Unis n’ont pas observé, en temps réel, comment cette attaque terrible a eu lieu. Les services de renseignement ont pu recueillir et analyser les informations après les faits et déterminer que les éléments du régime d’Assad ont en effet pris des mesures pour se préparer avant d’utiliser des armes chimiques. » Mais comme la presse américaine avait déjà son histoire à raconter, cette rétraction n’a reçue que peu d’attention. Le 31 Août, le Washington Post, en s’appuyant sur l’évaluation du gouvernement, a rapporté de manière saisissante et en première page que les services de renseignement américains avaient pu enregistrer « chaque étape » de l’attaque par l’armée syrienne en temps réel, « depuis les vastes préparatifs pour le lancement de fusées jusqu’aux évaluations effectuées après l’action par des responsables syriens ». Le journal n’a pas publié le correctif d’Associated Press et la Maison Blanche a gardé sa mainmise sur la version des évènements.

Et donc, lorsque Obama a déclaré le 10 Septembre que son administration savait que le personnel d’armes chimiques d’Assad avait préparé l’attaque à l’avance, il fondait sa déclaration non pas sur des informations interceptées en direct, mais sur des communications analysées plusieurs jours après le 21 Août. L’ancien responsable du renseignement a expliqué que la chasse aux échanges pertinents est remontée jusqu’à l’exercice détecté au mois de décembre précédent, dans lequel, comme Obama l’a dit plus tard en public, l’armée syrienne avait mobilisé le personnel d’armes chimiques et distribué des masques à gaz à ses troupes. L’évaluation de la Maison Blanche et le discours d’Obama ne constituent pas une description précise des événements qui ont précédé l’attaque du 21 Août mais un compte-rendu d’une séquence de mesures que l’armée syrienne prendrait en cas d’attaque chimique. « Ils ont reconstitué l’histoire, » a déclaré l’ex-fonctionnaire, « à partir de différentes piècesLe modèle employé était celui qui remonte au mois de Décembre ». Il est possible, bien sûr, que Barack Obama n’était pas au courant que ce compte-rendu avait été établi à partir d’une analyse du protocole de l’armée syrienne en cas d’attaque au gaz, plutôt que sur des observations directes. Quoi qu’il en soit, il était arrivé à une conclusion hâtive.

La presse allait emboîter le pas. Le rapport de l’ONU du 16 Septembre confirmant l’utilisation de sarin a pris soin de préciser que l’accès des enquêteurs sur les lieux de l’attaque, cinq jours après qu’elle ait eu lieu, avait été sous le contrôle des forces rebelles. « Comme pour d’autres sites, » avertit le rapport , « ces sites ont été largement fréquentés par d’autres personnes avant l’arrivée de la mission … Pendant notre séjour, des individus sont arrivés en transportant d’autres munitions suspectes, ce qui indique que ces éléments de preuve potentiels sont en train d’être déplacés et peut-être manipulés ». Pourtant, le New York Times s’est emparé du rapport, à l’instar des responsables américains et britanniques, pour affirmer que celui-ci fournissait des preuves accablantes qui confirmaient les affirmations de l’administration. Une annexe au rapport de l’ONU reproduit des photos prises sur YouTube de quelques munitions récupérées, dont une fusée qui « correspond précisément » aux caractéristiques d’un obus d’artillerie de calibre 330. Le New York Times a écrit que l’existence de ces fusées prouvait sans conteste que le gouvernement syrien était responsable de l’attaque « parce que de telles armes n’avaient jamais été signalées entre les mains de l’insurrection ».

Theodore Postol, professeur de technologie et de sécurité nationale au MIT, a examiné les photos de l’ONU avec un groupe de collègues et a conclu que la grosse fusée de calibre était une munition improvisée qui avait été très probablement fabriquée localement. Il m’a dit qu’elle était « quelque chose que vous pourriez fabriquer dans un atelier d’usinage artisanal ». La fusée dans les photos, a-t-il ajouté, ne correspond pas aux spécifications d’une fusée similaire mais plus petite connue comme faisant partie de l’arsenal syrien. Le New York Times, s’appuyant à nouveau sur les données du rapport de l’ONU, a également analysé la trajectoire de vol de deux des roquettes tirées et soupçonnées d’avoir transporté du sarin, et a conclu que l’angle de descente « pointait directement » vers une base de l’armée syrienne située à plus de neuf kilomètres de la zone d’impact. Postol, qui a été conseiller scientifique auprès du chef des opérations navales du Pentagone, a déclaré que les affirmations du Times et d’autres « n’étaient pas fondées sur des observations réelles ». Il a conclu que les analyses de la trajectoire de vol en particulier étaient, selon ses termes dans un courrier électronique, « complètement loufoques », car une étude approfondie démontrait qu’il était « improbable » que la portée de ces roquettes improvisées soit supérieur à deux kilomètres. Postol et un collègue, Richard M. Lloyd, ont publié une analyse deux semaines après le 21 Août dans laquelle ils ont correctement calculé que les roquettes impliquées transportaient beaucoup plus de sarin que précédemment estimé. Le Times a rapporté en détail cette analyse, en décrivant Postol et Lloyd comme des « experts de premier plan en armement ». Mais l’étude ultérieure des deux hommes sur les trajectoires des fusées, qui contredisait les précédents rapports du Times, a été envoyée au journal la semaine dernière et, à ce jour, le quotidien n’en a toujours pas fait état.

La fausse déclaration de la Maison Blanche sur ce qu’elle savait à propos de l’attaque, et quand elle l’a sue, n’a eu d’égal que sa volonté de ne pas tenir compte des renseignements qui pouvaient nuire à sa version des événements. Cette information concerne al-Nosra, le groupe rebelle islamiste désigné par les Etats-Unis et les Nations Unies comme une organisation terroriste. al-Nosra est connue pour avoir réalisé des dizaines d’attentats suicides contre des chrétiens et autres sectes musulmanes non sunnites à l’intérieur de la Syrie, et pour avoir attaqué son allié initial dans la guerre civile, l’Armée Syrienne Libre (ASL) laïque. Son objectif déclaré est de renverser le régime d’Assad et d’instaurer la charia. (Le 25 Septembre al-Nosra a rejoint plusieurs autres groupes rebelles islamistes en répudiant l’ASL et une autre faction laïque, la Coalition Nationale Syrienne.)

Le redoublement d’intérêt américain pour al-Nosra et le sarin a été provoqué par une série de petites attaques à l’arme chimique qui se sont produites en Mars et Avril ; à l’époque, le gouvernement syrien et les rebelles s’accusaient mutuellement. L’ONU a finalement conclu que quatre attaques chimiques avaient eu lieu, mais sans attribuer de responsabilité. Un fonctionnaire de la Maison Blanche a déclaré à la presse fin avril que les services de renseignement avaient estimé « avec différents niveaux de certitude » que le gouvernement syrien était responsable de ces attaques. Assad avait franchi la « ligne rouge » d’Obama. L’évaluation d’avril a fait la une des journaux mais quelques mises en garde importantes ont été perdues en cours de route. Le fonctionnaire anonyme qui a dirigé la séance d’information a reconnu que les évaluations des services de renseignement « ne sont pas à elles seules suffisantes ». « Nous voulons, a-t-il dit, enquêter au-delà de ces évaluations pour recueillir des faits afin que nous puissions établir un ensemble d’informations crédibles et corroborées qui peuvent ensuite être transmises à nos décideurs. » En d’autres termes, la Maison Blanche n’avait aucune preuve directe de l’implication de l’armée ou du gouvernement syriens, un fait rarement mentionné par la presse. Le discours musclé d’Obama passait bien auprès du public et du Congrès qui considéraient Assad comme un assassin sans pitié.

Deux mois plus tard, un communiqué de la Maison Blanche a annoncé un changement dans l’évaluation de la culpabilité syrienne et a déclaré que les services de renseignement avaient maintenant « une grande certitude  » que le gouvernement Assad était responsable de pas moins de 150 décès dus à des attaques au sarin. Ce qui a fait encore plus la une des journaux. On annonça à la presse qu’Obama, en réponse à cette nouvelle donnée, avait ordonné une augmentation de l’aide non létale à l’opposition syrienne. Mais encore une fois, il y avait d’importantes réserves. Cette nouvelle information contenait un rapport selon lequel les responsables syriens avaient planifié et exécuté les attaques. Aucun détail n’était fourni, pas plus que l’identité des auteurs du rapport. Le communiqué de la Maison Blanche précisait que l’analyse en laboratoire avait confirmé l’utilisation de sarin, mais aussi que cette utilisation confirmée de l’agent neurotoxique « ne nous dit pas comment ni où les individus ont été exposés ni qui est responsable de sa diffusion ». La Maison Blanche a en outre déclaré: « Nous n’avons pas de rapports corroborés et fiables qui indiquent que l’opposition en Syrie a acquis ou utilisé des armes chimiques ». Cette déclaration contredit les preuves fournies à l’époque par les services de renseignement des États-Unis.

Dès la fin du mois de mai, m’a dit le consultant du renseignement, la CIA avait informé l’administration Obama sur al-Nosra et son emploi de sarin, et avait envoyé des rapports alarmants qu’un autre groupe fondamentaliste sunnite actif en Syrie, al-Qaïda en Irak (AQI), avait également maîtrisé la fabrication de sarin. À l’époque, al-Nosra opérait dans les zones proches de Damas, y compris à Ghouta Est. Un document des services de renseignement émis au milieu de l’été a abondamment traité la cas de Ziyaad Tariq Ahmed, un expert en armes chimiques et ancien membre de l’armée irakienne, dont la présence était signalée en Syrie et qui opérait dans la région de Ghouta Est. Le consultant m’a dit que Tariq avait été identifié « comme un gars d’al-Nosra, connu pour avoir fabriqué du gaz moutarde en Irak et comme quelqu’un impliqué dans la fabrication et l’utilisation de sarin. » Il est considéré comme une cible majeure par l’armée américaine.

Le 20 Juin, un câble top secret de quatre pages récapitulant les capacités d’al-Nosra en armes chimiques fut transmis à David R. Shedd, vice-directeur de la Defense Intelligence Agency [Renseignement de l’Armée – NddT]. « Shedd a été informé de manière précise et complète », a dit le consultant. « Ce n’était pas un tas de « nous pensons que… ». » Il m’a dit que le câble ne précisait pas si c’était les rebelles ou l’armée syrienne qui avaient lancé les attaques en Mars et Avril, mais il confirmait les rapports antérieurs selon lesquels al-Nosra avait la possibilité d’acquérir et d’utiliser le sarin. Un échantillon du sarin utilisé avait également été récupéré – à l’aide d’un agent israélien – mais, selon le consultant, on ne trouve aucune mention de cet échantillon dans les échanges de câbles.

Indépendamment de ces évaluations, les chefs d’état-major, en prévision d’un envoi de troupes américaines en Syrie pour s’emparer des stocks d’agents chimiques du gouvernement, ont demandé une analyse générale des menaces potentielles. « L’Ordre d’Opération fournit la base de l’exécution d’une mission militaire, lorsqu’elle est ordonnée » a expliqué l’ancien responsable du renseignement. « Cela inclut l’éventuelle nécessité d’envoyer des soldats américains sur un site chimique syrien pour empêcher les rebelles de s’en saisir. Si les rebelles djihadistes devaient prendre le contrôle d’un site, l’hypothèse est qu’Assad ne nous attaquerait pas parce que nous serions en train de protéger les produits chimiques des rebelles. Tous les Ordres d’Opération contiennent une estimation des menaces potentielles. Nous avions des analystes techniques de la CIA, de la Defense Intelligence Agency, de spécialistes en armements, et des gens des services d’alerte qui travaillaient sur le problème … Ils ont conclu que les forces rebelles étaient capables d’attaquer les forces américaines avec du sarin parce qu’ils étaient capables d’en produire. Cette conclusion s’appuyait sur des indications et des renseignements humains, ainsi que sur des intentions exprimées et la capacité technique des rebelles. »

Il est prouvé que pendant l’été des membres des chefs d’état-major ont été troublés par la perspective d’une invasion terrestre de la Syrie ainsi que par le désir professé par Obama de fournir un appui non létal aux factions rebelles. En Juillet, le général Martin Dempsey, président du Conseil des Chefs d’état-major, a fourni une évaluation pessimiste en déclarant, au cours d’une audition publique devant la Commission des Armées du Sénat, que « des milliers d’hommes des forces spéciales et d’autres forces terrestres » seraient nécessaires pour s’emparer de l’arsenal très dispersé d’armes chimiques en Syrie, ainsi que « des centaines d’avions, de navires, de sous-marins et autres matériels de logistique ». Les estimations du Pentagone étaient de soixante-dix mille hommes, en partie parce que les forces américaines auraient également à protéger la flotte de fusées syriennes: l’accès à de grandes quantités de produits chimiques pour créer du sarin n’avait pas grand intérêt pour les rebelles sans les moyens requis pour l’expédier. Dans une lettre au sénateur Carl Levin, Dempsey a mis en garde que la décision de saisir l’arsenal syrien pourrait avoir des conséquences inattendues : « Nous avons appris de ces dix dernières années, cependant, qu’il ne suffit pas de simplement modifier l’équilibre des forces militaires si on ne prête pas soigneusement attention à préserver le fonctionnement de l’Etat… Si les institutions du régime devaient s’effondrer en l’absence d’une opposition viable, nous pourrions par inadvertance donner le pouvoir aux extrémistes ou libérer les armes chimiques que nous cherchons justement à contrôler ».

La CIA a refusé de commenter cet article. Le porte-parole de la DIA et le Bureau du directeur du renseignement national (Office of the Director of National Intelligence – ODNI) ont dit qu’ils n’étaient pas au courant du rapport de Shedd et, lorsqu’ils ont reçu les références précises du câble, ont dit qu’ils ne le trouvaient pas. Shawn Turner, directeur des affaires publiques de l’ODNI, a déclaré qu’aucune agence de renseignement américaine, y compris la DIA , « n’affirme que le Front al-Nosra a réussi à développer une capacité à fabriquer du sarin ».

Les responsables des affaires publiques de l’administration sont moins préoccupés par le potentiel militaire d’al-Nosra que Shedd dans ses déclarations publiques. À la fin de juillet, il a donné un compte-rendu alarmant sur la puissance d’al-Nosra au Forum annuel sur la sécurité à Aspen, dans le Colorado. « On compte pas moins de 1200 groupes disparates au sein de l’opposition » a dit Shedd, selon un enregistrement de sa présentation. « Et parmi cette opposition, le Front al-Nosra est … le plus efficace et gagne en force. » Ceci, a-t-il dit, « est une grave préoccupation pour nous. Si rien n’est fait, je suis très inquiet que les éléments les plus radicaux » – il a également cité Al-Qaïda en Irak – « prennent le pouvoir ». La guerre civile, a-t-il ajouté, « ne fera que s’aggraver au fil du temps … la violence incommensurable est encore à venir. » Shedd n’a fait aucune mention d’armes chimiques dans son intervention, mais il n’en avait pas l’autorisation: les rapports reçus à son bureau étaient hautement confidentiels.

Une série de dépêches secrètes sur la Syrie pendant l’été ont signalé que des membres de l’ASL se plaignaient auprès des services de renseignement américains d’attaques répétées sur leurs forces par les combattants d’al-Nosra et al-Qaïda. Les rapports, selon le consultant du renseignement qui les avait lus, fournissaient la preuve que l’ASL est « plus préoccupée par les cinglés que par Assad ». L’ASL est composée en grande partie de transfuges de l’armée syrienne. L’administration Obama, déterminée à faire tomber le régime d’Assad et à poursuivre le soutien aux rebelles, a cherché dans ses déclarations publiques depuis l’attaque à minimiser l’influence des factions salafistes et wahhabites. Au début de Septembre, John Kerry a abasourdi un auditoire du Congrès en affirmant soudainement qu’al-Nosra et d’autres groupes islamistes étaient des acteurs minoritaires au sein de l’opposition syrienne. Plus tard, il a retiré ses propos.

Après le 21 Août, à la fois lors des séances d’information publiques et privées, l’administration a ignoré les informations disponibles sur l’accès potentiel d’al-Nosra au sarin et a continué à prétendre que le gouvernement Assad était le seul à détenir des armes chimiques. Tel est le message véhiculé dans les différents briefings secrets que les membres du Congrès ont eus dans les jours qui ont suivi l’attaque, lorsque Obama cherchait du soutien pour son offensive par missile contre des installations militaires syriennes. Un législateur avec plus de 20 ans d’expérience dans les affaires militaires m’a dit qu’il est reparti d’une de ces séances avec la conviction que « seul le gouvernement Assad possédait du sarin et pas les rebelles. » De même, après la publication du rapport de l’ONU le 16 Septembre qui confirmait que du sarin avait été utilisé le 21 Août, Samantha Power, l’ambassadrice américaine à l’ONU, a déclaré lors d’une conférence de presse: « Il est très important de noter que seul le régime [Assad] possède du sarin, et nous n’avons aucune preuve que l’opposition en possède ».

On ne sait pas si le rapport hautement confidentiel sur al-Nosra a été mis à la disposition de Power, mais son commentaire était à l’image de l’attitude qui prévalait au sein de l’administration . « L’hypothèse première était que Assad avait fait le coup, » m’a dit l’ancien responsable du renseignement . « Le nouveau directeur de la CIA [John] Brennan, a sauté à cette conclusion… s’est pointé à la Maison Blanche et a dit: « Regardez ce que j’ai » C’était verbal, ils ont juste brandi la chemise tachée de sang. Il y avait beaucoup de pression politique pour convaincre Obama d’aider les rebelles, et il y avait un vœu pieu que ce [lien entre Assad et l’attaque au gaz sarin ] forcerait la main d’Obama: « Voici le télégramme de Zimmermann de la rébellion syrienne et à présent Obama peut réagir ». Un vœu pieu partagé par les partisans de Samantha Power au sein de l’administration. Pas de chance, certains membres des chefs d’état-major ont été alertés qu’il allait attaquer et ont fait savoir que ce n’était peut-être pas une si bonne idée que ça. »

L’idée d’une attaque américaine par missiles sur la Syrie n’a jamais convaincu l’opinion publique et Obama s’est rapidement tourné vers l’ONU et la proposition russe de démanteler l’industrie de guerre chimique syrienne. Toute possibilité d’une action militaire fut définitivement écartée le 26 Septembre lorsque l’administration s’est joint à la Russie pour approuver un projet de résolution de l’ONU demandant au gouvernement Assad de se débarrasser de son arsenal chimique. La marche arrière de M. Obama fut un soulagement pour de nombreux hauts responsables militaires. (Un conseiller de haut niveau pour les opérations spéciales m’a dit que l’attaque par missile, mal conçue, sur les aérodromes militaires syriens et les sites de missiles, comme initialement prévue par la Maison Blanche, aurait été « l’équivalent d’un soutien aérien rapproché pour al-Nosra. »)

La distorsion par l’administration des faits entourant l’attaque au sarin soulève une question incontournable: savons-nous tout sur l’empressement qu’Obama a eu pour ne pas mettre sa menace de « ligne rouge » à exécution et bombarder la Syrie ? Il prétendait avoir un dossier en béton, puis tout à coup a décidé de porter la question devant le Congrès, pour ensuite accepter l’offre de M. Assad de renoncer à ses armes chimiques. Il semble possible qu’à un moment donné il a été directement confronté à des informations contradictoires: des éléments suffisamment solides pour le persuader d’annuler son plan d’attaque, quitte à subir les critiques que les Républicains n’allaient pas manquer de lui faire.

La résolution de l’ONU, adoptée le 27 Septembre par le Conseil de sécurité, a indirectement avancé l’idée que les forces rebelles comme al-Nosra devaient également désarmer: « aucune partie en Syrie ne devra utiliser, développer, produire, acquérir, stocker, conserver ou transférer des armes [chimiques]. » La résolution demande également que le Conseil de sécurité soit immédiatement informé si un groupe non-étatique « acquiert des armes chimiques ». Aucun groupe n’est nommément cité. Tandis que le régime syrien poursuit le démantèlement de son arsenal chimique, l’ironie est qu’après la destruction du stock d’agents chimiques d’Assad, al-Nosra et ses alliés islamistes pourraient se retrouver comme la seule faction à l’intérieur de la Syrie capable de fabriquer du sarin, une arme stratégique différente de toute autre dans la zone de guerre. Il reste peut-être encore des choses à négocier.

Source: http://www.mondialisation.ca/syrie-le-sarin-de-qui/5361426

Nabil Antaki, Syrie: « Nous avons hâte que la guerre cesse »

Nous voulons remercier tous les amis qui nous soutiennent par leur amitié, leurs messages, leurs prières et leurs dons.

16 octobre 2013

Lettre d’Alep No 14
10 octobre 2013

Un statu quo précaire règne à Alep depuis quelques semaines, concomitamment avec la décision de suspendre les frappes aériennes qu’on devait nous infliger pour « punir » le régime d’avoir utilisé des armes chimiques. Vouloir « punir » le régime en tuant des jeunes conscrits (se trouvant sur les sites visés) ou des civils (par les bombes dites intelligentes qui manquent souvent leurs cibles comme on l’a vu ailleurs) et en bombardant une infrastructure déjà largement détruite par 2 années et demie de guerre ! Quelle bêtise. Les Alépins ont trouvé cette farce grotesque et, en d’autres circonstances, en auraient ri. Comme si la crise syrienne avait commencé avec les armes chimiques et prendrait fin avec leur destruction. Heureusement que l‘accord, qui a permis de sauver la face des va-t-en guerre occidentaux, semble être l’amorce d’un processus de paix négocié. Depuis donc cet accord, il n’y a presque plus d’action militaire en ville si ce n’est le bruit continu mais lointain des canons d’une part et les batailles à la campagne entre les bandes armées rebelles, le groupe islamiste le plus extrémiste prenant le dessus et exécutant les dirigeants de l’ASL.

Quant à la vie de tous les jours à Alep, elle est moins difficile qu’avant. Il y’a toujours un rationnement de l’eau, de l’électricité et du pain mais il semble que les Alépins se soient habitués à cet état et ont organisé leur vie en conséquence. Les déplacés qui s’étaient réfugiés dans les écoles, ont été évacués et les écoles ont ouvert leurs portes. Quant au blocus qui dure depuis maintenant 3 mois, il est devenu moins pénible grâce à un nouveau métier : le « maabarji » = celui qui traverse le maabar ou le point de passage entre les 2 zones. Les rebelles, qui ont imposé le blocus, laissent passer les piétons (par milliers tous les jours et dans les 2 sens). Ils leur permettent d’emporter avec eux autant de petits sacs noirs en plastique que peuvent porter leurs 2 mains (les marchandises en camion sont interdites de rentrer). Alors chaque personne rentre avec un sac de 1 kg de tomates, un autre de concombres, un 3eme de raisins etc.… Une fois dans Alep, le maabarji remet ses sacs à un associé et retraverse pour revenir avec d’autres sacs. Et comme 1 kg plus 1 kg peuvent faire des dizaines de kilo, tous les trottoirs d’Alep sont envahis par les étals de marchands, s’approvisionnant chez les maabarjis, qui vendent leurs produits à des prix exorbitants vu le nombre d’intermédiaire et le bakchich qu’on doit payer à ceux qui gardent le point de passage. Le ravitaillement est devenu, pour les bandes armées, un business très lucratif. Mais les 2 millions d’Alépins, déjà très appauvris par la guerre, payent les produits 5 fois plus chers que les mêmes produits se trouvant de l’autre côte du maabar. La majorité des habitants circulent à pied. La circulation des voitures est très difficile vu que les trottoirs sont envahis par les marchands, la chaussée par les piétons, et les voitures slalomant entre eux.

L’essence, le fuel et la farine sont toujours interdites de passage. J’ai pu remplir le réservoir de mon générateur de 1000 litres de fuel que le maabarji a fait passer, en plusieurs passages, dans 100 sacs de plastique transparent de 10 litres chacun les faisant passer pour du vinaigre !! Nous sommes restés sans téléphone pendant 3 semaines et sommes sans internet depuis 6 semaines et le blocus des personnes est en vigueur depuis 45 jours, personne ne peut entrer ou sortir d’Alep sans risquer sa vie. On nous promet une amélioration avec l’ouverture d’une nouvelle route qui contournerait les zones tenues par les rebelles et par laquelle sera acheminé tout ce qui manque et permettra le voyage des habitants.

Nos activités, avec les Maristes bleus et l’Oreille de Dieu continuent de plus belle. Nous avons décidé, début septembre, de loger en ville les familles déplacées de Djabal Al Sayde qui s’étaient réfugiées chez nous en fuyant leur quartier envahi le vendredi Saint par les rebelles. Et ce, pour 2 raisons : nous avons estimé qu’il était temps, pour ces gens, de vivre en famille alors qu’ils logeaient chez nous, depuis 5 mois, dans des dortoirs séparés et puis, la maison des Maristes étant loin des écoles de leurs enfants, nous avons jugé qu’avec la rentrée scolaire, il serait préférable qu’ils habitent près des écoles des enfants, le ramassage scolaire n’existant plus. Nous leur avons payé le loyer (pour 6 mois) des petits appartements meublés (rudimentairement) qu’ils avaient trouvés.

A partir du 1er octobre, nous avons organisé notre action et nos activités autour de 2 axes :

Les activités de secours :

Notre programme d’aide aux déplacés de Djabal Al Sayde se poursuit. Le 14ème Panier de la Montagne (Sallet al Djabal =panier alimentaire mensuel) a été distribué aux 300 familles vendredi 4 octobre. Une distribution de vêtements d’hiver (nos déplacés avaient quitté fin mars leurs appartement n’emportant avec eux que les habits de printemps qu’ils portaient) est prévue pour fin octobre. Début novembre, nous leur donnerons des chaussures et des bombonnes de gaz (indispensables pour la cuisine). Nous avons offert les fournitures ainsi que les livres scolaires aux enfants. Nous n’oublions pas nos protégés du quartier Midane qui reçoivent aussi un panier alimentaire mensuel. Nous distribuons tous les midis un repas chaud à 250 personnes dans le besoin. Et nous poursuivons notre projet des « Blessés de Guerre » pour traiter gratuitement les civils atteints par des actes de guerre et qui n’ont pas les moyens de se faire traiter à leurs frais.

Les activités pédagogiques

Maintenant que nos locaux sont redevenus disponibles avec le départ de nos déplacés et pour revenir à la principale mission des Maristes qui est l’éducation des enfants, surtout les plus défavorisés, nous avons développé nos activités pédagogiques pour répondre aux immenses besoins créés par la guerre. « Apprendre à Grandir » s’est agrandi et a maintenant un frère jumeau. Il s’occupe des enfants d’âge préscolaire, de 3 à 6 ans, par l’éducation, l’instruction et la santé. Le projet initial continue toutes les après-midi de 15h à 19h avec 55 enfants des familles pauvres ou déplacées. Le nouveau projet a lieu tous les matins de 9h à 12h30 avec 100 enfants des familles des déplacés des écoles. En parallèle, le matin, un nouveau projet « Je veux Apprendre » va démarrer et qui visera 50 enfants déplacés en âge scolaire de 7 à 13 ans, mais qui ne vont pas à l’école, pour leur apprendre au moins à lire, écrire et compter. Le programme « Tawassol » continue 4 matinées par semaine et vise à donner aux mamans, de 20 à 35 ans, des cours d’anglais, d’informatique, de pédagogie et de travaux manuels pour leur permettre, en plus de s’épanouir, de suivre les enfants dans leurs leçons ; L’anglais et l’ordinateur sont maintenant dans le programme scolaire depuis la 1ère classe. Enfin, le programme «  Skills School » est poursuivi certains après-midi pour les adolescents (tes). Leur nombre dépasse maintenant la cinquantaine.

J’aimerai souligner que nos différents programmes sont tous destinés aux familles défavorisées et/ou déplacées et sont entièrement gratuits. Nous avons encore d’autres projets que nous aimerions réaliser ; Mais, malgré les 42 bénévoles, les 6 salariés (chauffeur, responsable des achats…) et les neuf membres de notre équipe (3 frères maristes, 6 laïcs: 4 femmes et 2 hommes), nous manquons de moyens humains.

Voilà où on en est. Nous sommes un peu plus optimistes qu’il y a 2 mois mais nous avons hâte que la guerre cesse. Avec les Maristes du monde entier, notre devise pour cette année est: sème espérance. En terminant, nous voulons remercier tous les amis qui nous soutiennent par leur amitié, leurs messages, leurs prières et leurs dons.

Nabil Antaki
Pour les Maristes Bleus
Alep, le 10 octobre 2013

URL: http://www.silviacattori.net/article4967.html

Source : Anis el Abed

Syrie: l’irakisation du conflit ?

Syrie, l'irakisation du conflit?

15/07/2013, Par Ghada Hamrouche

La Russie et les Etats-Unis affirment toujours leur volonté d’organiser une conférence pour la paix en Syrie alors que les chances de réussite de cette dernière, baptisée Genève 2, s’amenuisent de jour en jour. La Syrie s’enfonce dans une guerre civile tentaculaire.

En près de 3 années, cette guerre civile aurait fait près de 100 000 morts et des millions de réfugiés.

Les affrontements entre pro et anti-régime se poursuivent. Des affrontements qui sont aujourd’hui doublés d’une confrontation entre les différentes factions de la rébellion.

La composante hétéroclite de ces combattants venus de divers horizons et pour diverses raisons accentuent la confusion et brouille les motivations des uns et des autres. Si globalement les premiers combattants de l’Armée syrienne libre (ASL) étaient des opposants au régime de Bachar al Assad, ceux qui les ont rejoints au fil du temps, veulent combattre en Syrie pour autre chose. Du Jihad, prôné par les uns, à la guerre confessionnelle, défendue par les autres, le terrorisme qu’imposent ces groupes à la société syrienne fait craindre le pire.

 Le dernier épisode de cette confrontation est indicatif à plus d’un titre. Entre les rebelles syriens dits modérés et les djihadistes venus prêter main forte contre les forces de Bachar al Assad en Syrie, il suffit d’un rien pour mettre le feu aux poudres. L’assassinat le 11 juillet de Kamal Hamami, un chef de l’Armée syrienne libre (ASL) à Lattaquié dans des circonstances floues par les combattants de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), marque l’implosion de la rébellion armée contre Assad. L’hostilité croissante entre djihadistes et l’ASL, jugée modérée n’augure rien de bon. La guerre de suprématie entre les deux clans débarque avant même que le combat contre Assad ne soit terminé.

Quel avenir pour la Syrie ?

Que va-t-il se passer en Syrie dans les mois à venir ? La fin du régime de Bachar al Assad, si l’on admet qu’il tombera tôt ou tard, ne pourrait que précipiter le pays dans une anarchie totale. Le scénario irakien semble la seule alternative qui se profile à l’horizon syrien. Certains disent même que ce scénario est déjà enclenché. La sanglante décomposition à l’irakienne, ponctuée d’attentats de plus en plus meurtriers, avec la survie plus ou moins longue du régime de Bachar al Assad tandis que le peuple cumule les affres de la guerre civile et l’embargo. La position géostratégique de la Syrie et ses soutiens internationaux de poids, notamment l’Iran, la Russie mais aussi l’Irak et le Hezbollah libanais offre une longévité au régime qui maintiendrait la situation en état. Les analystes sont convaincus, aujourd’hui que la chute de Bachar al Assad n’apporterait pas davantage la paix à la Syrie que celle de Saddam Hussein ne l’a apportée en Irak. Bien au contraire.

Une chose est certaine: le nombre croissant de victimes innocentes des combats tout autant que le nombre de réfugiés syriens dans les pays voisins et ailleurs sont une facture déjà trop lourde. Outre les personnes qui ne sont pas particulièrement visées mais seulement présentes au mauvais endroit et au mauvais moment, il y a les victimes ciblées: les minorités confessionnelles notamment les alaouites auxquels appartient le clan d’Assad, mais aussi des chiites et des sunnites ainsi que les chrétiens. Les villes syriennes se vident de leurs habitants forcés de partir, souvent sans avoir le temps de rien emporter. Celles-ci se transforment en champs de bataille où le gagnant n’est pas toujours en mesure d’asseoir son autorité sur les autres milices qui y activent.

Israël en …«sniper»

Pendant ce temps, une nouvelle attaque israélienne a ciblé une base syrienne à côté du port de Lattaquié. Selon la chaîne américaine CNN, qui cite un responsable du Pentagone, l’aviation israélienne a lancé un raid nocturne contre un dépôt de missiles antinavires Yakhont, récemment livrés par la Russie au régime syrien. D’après le magazine britannique Sunday Times, l’attaque a plutôt été menée par un sous-marin israélien de la classe Dolphin qui aurait tiré des missiles de croisière contre le dépôt.

Damas a rapporté que des explosions avaient eu lieu dans cette base après une attaque de l’ASL. Un porte-parole de l’ASL a confirmé à l’agence Reuters que d’énormes explosions avaient été observées, et la présence de missiles sur la base navale de Safira, à côté du port de Lattaquié. Mais il a démenti que l’ASL soit à l’origine de l’attaque. «Il s’agit soit d’un raid aérien, soit de missiles tirés depuis des navires en mer», a déclaré le porte-parole, Qassem Saadeddine.

Le ministre de la Défense de l’État hébreu, Moshe Yaalon, s’est contenté de rappeler qu’Israël avait tracé des lignes rouges, conformément à ses propres intérêts, et ils les font respecter.

Ce n’est pas la première agression de l’Etat sioniste sur la Syrie fragilisé par une guerre de près de trois ans. En janvier 2013, l’aviation israélienne avait lancé plusieurs raids contre des dépôts d’armes près de Damas. Le 5 mai 2013, d’autres attaques aériennes avaient été lancées, cette fois contre des bases situées sur les hauteurs de la capitale syrienne. Les Américains avaient confirmé tous ces raids tout en soutenant le droit d’Israël de se défendre. Même quand Tel Aviv n’apporte aucune preuve sur sa sécurité menacée.

Washington, qui coopère étroitement avec Israël, ne craint qu’une escalade militaire impliquant l’Iran. Téhéran, cerné par les salafistes et wahabites qui dominent les pays du Golfe, n’a d’allié stratégique dans la région que Damas. Aussi, les Iraniens affirment qu’ils ne laisseront jamais tomber le régime de Damas. Le Hezbollah, importante pièce sur l’échiquier de la résistance dans la région, refuse de se laisser entrainer dans des problèmes interlibanais qui l’éloigneraient du grand jeu qui se trame en terre syrienne. Il reste, pour le moment, l’allié indéfectible de l’armée syrienne régulière. Un soutien actif depuis la bataille de Qosseir en juin dernier.

A travers ces tiraillements internes et externes, la nouvelle carte du nouvel Moyen-Orient que l’on veut dessiner sans une Syrie forte et surtout sans un axe de résistance viable, permet de voir plus clairement la partie qui en tire le plus grand profit.

Source: http://www.latribune-online.com/suplements/international/85401.html

Syrie: Les USA et l’OTAN ont soutenu des terroristes d’al-Qaeda dotés d’armes de destruction massive contre le peuple syrien

Par Tony Cartalucci, le 19 mars 2013

Après une guerre et une occupation sur 10 ans en Irak, la mort de plus d’un million de personnes dont des milliers de soldats US (et de la coalition, ndt), toutes basées sur des allégations pertinemment fausses de possession d’armes de destruction massive (ADM), c’est d’une outrageante hypocrisie que de voir l’Occident armer, financer, et soutenir politiquement des terroristes en Syrie qui en fait détiennent, et maintenant utilisent de telles armes contre le peuple syrien.

Au moins 25 personnes sont rapportées avoir été tuées après qu’une attaque chimique contre des soldats syriens fut lancée par des terroristes soutenus par l’OTAN dans la ville d’Alep, au nord.

Alep est située près de la frontière turco-syrienne. Si les stocks d’armes chimiques pillés en Libye avaient été envoyés en Syrie, ils seraient passés à travers la Turquie avec des armes envoyées de Libye par les USA et des milliers de terroristes libyens qui de leur propre aveu opèrent à l’intérieur de la Syrie, et seraient certainement utilisés pour cibler des villes comme Alep.

Encore pire, toute arme chimique importée à l’intérieur du pays impliquerait l’OTAN soit directement soit par négligence caractérisée, puisque les armes auraient dû transiter par la Turquie membre de l’OTAN, au nez et à la barbe d’agents de la CIA qui opèrent de façon connue le long de la frontière et aux côtés de terroristes soutenus par l’Occident à l’intérieur de la Syrie.

L’arsenal syrien était tombé aux mains d’extrémistes sectaires avec l’assistance de l’OTAN en 2011 au cours des points culminants des efforts menés pour renverser la nation nord-africaine. Depuis, les militants libyens menés par les chefs du LIFG (Libya Islamic Fighting Group, Groupe Libyen Islamique Armé, ndt) d’al-Qaeda ont armé des extrémistes sectaires à travers le monde arabe, aussi loin à l’ouest que le Mali, et à l’est qu’en Syrie.

En plus des armes légères, des armes lourdes trouvent également leur chemin au travers de ce réseau étendu. Le Washuington Post dans son article, « Des missiles libyens en cavale« , rapportait:

Deux anciens officiers du renseignement anti-terroristes m’ont dit la semaine dernière que des techniciens avaient récemment restauré 800 de ces systèmes de défense anti-aérienne portables par l’homme (connus comme des MANPADS) – quelques-uns pour un groupe djihadistes africain qui s’appelle Boko Haram qui est souvent vu comme un allié d’al-Qaeda – pour un possible usage contre des avions commerciaux entrant au Niger, au Tchad et peut-être au Nigéria.

Bien que ces armes soient sans aucun doute aussi destinées au Niger, au Tchad, et peut-être au Nigéria, elles sont véritablement destinées à la Syrie. Il est confirmé que des terroristes libyens du LIFG débarquent en Syrie depuis la Libye. En novembre 2011, le Telegraph rapportait dans son article, « Un Islamiste libyen majeur a rencontré le groupe d’opposition de l’Armée Syrienne Libre« :

Abdulhakim Belhadj, chef de Conseil Militaire de Tripoli et ancien leader du LIFG, « a rencontré des chefs de l’Armée Syrienne Libre à Istanbul et le long de la frontière avec la Turquie », a dit un officiel de l’armée travaillant avec M. Belhadj. « Mustapha Abdul Jalil (le président libyen par intérim) l’y a envoyé.

Un autre article du Telegraph, « Les nouveaux dirigeants libyens offrent des armes aux rebelles syriens« , reconnaissait que:

Des rebelles syriens ont tenu des discussions secrètes avec les nouvelles autorités libyennes vendredi, cherchant à s’assurer d’armement et de financement pour leur insurrection contre le régime du président Bachar al-Assad, a appris le Daily Telegraph.

Lors de la réunion, qui s’est tenue à Istanbul et comprenait des officiels turcs, les Syriens ont demandé une « assistance » de la part des représentants libyens et il leur fut offert des armes, et potentiellement des volontaires.

« Il y a quelque chose qui est planifié pour envoyer des armes et même des combattants libyens en Syrie », a dit une source libyenne, parlant sous condition d’anonymat. « Il y a une intervention militaire à venir. D’ici quelques semaines vous verrez. »

Plus tard ce mois-là, quelques 600 terroristes libyens seraient entrés en Syrie pour commencer des opérations de combat et continueraient depuis à arriver en nombre dans le pays.

Le Libyen Mahdi al-Harati, de l’organisation terroriste listée par le Département d’Etat US, l’ONU et le Home Office britannique (page 5, .pdf) LIFG, s’adressant à des collègues terroristes en Syrie. Harati commande maintenant une brigade libyenne en opération à l’intérieur de la Syrie et cherchant à détruire le gouvernement syrien et à soumettre la population syrienne. Traditionnellement, cela s’appelle une « invasion étrangère ».

Les « missiles en cavale » relatés par le Washington Post en Libye apparaissent maintenant sur le champ de bataille en Syrie. Bien que des médias comme le Guardian, dans son article « Armes et Manpads: les rebelles syriens obtiennent des missiles anti-aériens« , rapportent que les missiles sont déployés à travers la Syrie, ils ont tenté de dénigrer toute connexion à l’arsenal libyen pillé et aux terroristes d’al-Qaeda qui les ont importés. Par contraste, le magazine Time a publié des confessions ouvertes de la part de terroristes eux-mêmes admettant qu’ils reçoivent des armes lourdes, y compris des missiles sol-air depuis la Libye.

Dans l’article de Time, « Les combattants libyens exportent leur révolution en Syrie« , il est rapporté que:

Quelques Syriens sont plus francs sur l’assistance que fournissent les Libyens. « Ils ont des armes plus lourdes que nous, » note Firas Tamim, qui a voyagé dans des zones contrôlées par les rebelles pour garder le contact avec les combattants étrangers. « Ils ont amené ces armes en Syrie, et elles servent sur le front, au combat. » Parmi ces armes, qu’a vu Tamim se trouvent des missiles sol-air de fabrication russes, connus sous le nom de SAM-7.

Les combattants ignorent en général les questions sur le transfert d’armement, mais en décembre ils ont affirmé que c’est précisément ce qu’ils faisaient. « Nous sommes en train de collecter des armements en Libye, » a dit un combattant libyen en Syrie au quotidien français Le Figaro. « Une fois que c’est fait, nous devrons trouver un moyen de les amener ici. »

Clairement, l’intervention de l’OTAN en Libye a laissé un vaste arsenal dévastateur entre les mains d’extrémistes sectaires, menés pas le LIFG, et qui exporte désormais cet armement et les militants vers l’autre front de l’OTAN en Syrie. Il est confirmé qu’à la fois des terroristes libyens et des armes passent la frontière turco-syrienne avec l’assistance de l’OTAN, et il est dorénavant clair que des armes lourdes, comprenant des armes anti-aériennes ont aussi traversé la frontière.

Le Guardian a rapporté dans un article de novembre 2011, « Les stocks d’armes chimiques libyennes sont intacts, affirment les inspecteurs« , que:

Les stocks libyens de gaz moutarde et de produits chimiques servant à produire de l’armement sont intacts et n’ont as été dérobés au cours du soulèvement qui a renversé Mouammar Qaddafi, ont déclaré les inspecteurs.

Mais tout en rapportant que:

L’abandon ou la disparition d’armement de l’ère Qaddafi a suscité des inquiétudes selon lesquelles une telle puissance de feu pourrait éroder la sécurité régionale si elle tombait entre les mains de militants islamistes ou de rebelles en Afrique du Nord. Certains craignent que des loyalistes à Qaddafi répandent l’instabilité en Libye.

Le mois dernier Human Rights Watch a pressé le conseil national de transition libyen au pouvoir de prendre des mesures au sujet des grandes quantités d’armes lourdes, comprenant des missiles sol-air, que l’organisation a dit étaient laissées sans surveillance plus de deux mois après que Qaddafi ait été renversé. Mercredi le secrétaire-général de l’ONU, Ban Ki-Moon, a dit que l’ONU enverrait des experts en Libye pour s’assurer que des matériaux nucléaires et des armements chimiques n’étaient pas tombées entre les mauvaises mains.

Et alors que les inspecteurs affirment que les armes chimiques en Syrie sont « entre les mains du gouvernement » et pas entre celles « d’extrémistes », il est clair de par l’aveu du gouvernement libyen lui-même, qu’ils sont eux-mêmes impliqués dans l’envoi de combattants et d’armement en Syrie.

Il reste à voir d’où provenaient ces armes chimiques. Si il s’avérait qu’elles viennent de l’arsenal libyen, l’OTAN, et surtout les USA et la Turquie, seraient impliqués dans la fourniture d’armes de destruction massive à des terroristes d’al-Qaeda, précisément le scénario face auquel l’Occident a depuis 10 ans été paralysé de peur, a délaissé ses propres libertés et répandu le sang de milliers de ses propres soldats, aux fins de l’empêcher.

Les implications de terroristes soutenus par l’Occident se servant d’armes chimiques, quelque soit leur origine, coûtent à l’Occident sa légitimité déjà affaiblie, mis ses institutions en danger, et a davantage ébranlé la confiance de beaucoup des actionnaires qui ont investi chez eux – politiquement, financièrement, industriellement, et stratégiquement. De tels actionnaires seraient sages de commencer à rechercher des issues et à cultiver des alternatives externes à l’ordre international Wall Street – Londres.

Source: http://www.globalresearch.ca/syria-us-nato-backed-al-qaeda-terrorists-using-wmds-chemical-weapons-against-the-syrian-people/5327507

Traduit depuis le web par Will Summer