Un ado de 14 ans aurait pu pirater les emails Podesta, selon Assange

Ray McGovern est interviewé sur RT

Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, a récemment déclaré à Fox News qu’un adolescent aurait pu pirater les emails de John Podesta et que la Russie n’était pas la source des emails divulgués. Manila Chan, de RT America, est accompagnée d’un ancien analyste de la CIA, Ray McGovern, pour évoquer les questions, discuter de la sympathie du président élu Donald Trump pour Assange et de l’incroyable disparité entre le récit des médias traditionnels aux États-Unis et les preuves du contraire. (youtube)

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L’artiste Kim Dotcom interpelle Donald Trump au sujet des lanceurs d’alerte Assange, Snowden, Manning

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Cher @realDonaldTrump, un tweet indiquant la volonté de résoudre les affaires Assange, Snowden, Manning, vous ferait gagner le vote Internet et la présidence

Source du tweet: https://twitter.com/KimDotcom/status/792497412291956736

Réponse au titre de l’article du New York Times sur WikiLeaks paru le 1er septembre 2016

communiqué paru sur le compte @wikileaks, le 01/09/2016

assange_nytRéponse à l’article du New York Times publié jeudi « Comment la Russie trouve souvent des avantages quand Julian Assange révèle les secrets de l’Occident » [http://archive.is/my52v]

Les seules vraies informations dans l’article sont que « les responsables américains disent que M. Assange et WikiLeaks n’ont probablement aucun lien direct avec les services de renseignement russes. »

Wikileaks a publié plus de 650.000 documents sur la Russie et le président Poutine, dont la plupart sont critiques. Voir https://search.wikileaks.org/

Il est faux que le livre Les documents Wikileaks: Le monde selon l’empire américain (qui parle de la diplomatie américaine), ne contient pas de critique de la Russie. Il contient de nombreuses références critiques à la Russie, y compris un chapitre entier sur les relations diplomatiques des États-Unis avec la Russie avec de nombreuses références à la corruption russe.

Il est faux que M. Assange « aurait évoqué aux associés de déménager » en Russie. Il a ouvertement plaisanté lors d’une conférence de presse en disant combien il serait absurde si un militant de la liberté de la presse occidentale était forcé de demander l’asile à Cuba.

Il est faux que WikiLeaks ou M. Assange n’auraient pas « publiquement critiqué » les violations des droits de l’homme commises par M. Assad et les forces russes qui se battent là-bas. WikiLeaks ne fait aucun commentaire sur les événements mondiaux, à moins que les événements ne se rapportent à ses publications, à son organisation ou à ses sources présumées. Mais, par exemple, WikiLeaks a soutenu la critique d’Amnesty sur les civils russes tués dans leur bombardement en réponse aux partisans russes qui l’ont attaqué, en disant que l’analyse numérique d’Amnesty semblait tenir bon.

Il est trompeur de laisser entendre que WikiLeaks aurait simplement tweeté une fois au sujet de l’emprisonnement du groupe musical russe Pussy Riot. En fait, M. Assange a rencontré plusieurs fois divers membres des Pussy Riot et elles ont rejoint la Fondation Courage, qu’il a co-fondé, et qui protège les sources journalistiques. Voir http://www.dazeddigital.com/artsandculture/article/22662/1/pussy-riot-joins-julian-assange-whistleblower-foundation

Il est faux que la Russie aurait délivré un visa pour Julian Assange (ou que M. Assange aurait demandé un visa).

Il est faux que WikiLeaks n’aurait pas produit de document critique sur le gouvernement Assad. Wikileaks a publié 2,3 millions de documents du gouvernement Assad, un allié russe, y compris des emails personnels du chef de l’Etat, Bachar al Assad. WikiLeaks a également publié sur l’espionnage, par le gouvernement syrien, de militants syriens au moyen de « bluecoat » et documenté de nombreuses importations utilisées par la sécurité nationale syrienne en violation des sanctions du régime. Voir https://wikileaks.org/syria-files/ et https://twitter.com/search?f=tweets&vertical=default&q=syria%20%20from%3Awikileaks%20since%3A2012-01-01%20until%3A2012-12-31&src=typd

La théorie du complot que l’article tente d’attribuer sur le calendrier des publications de WikiLeaks est fausse et n’est pas du journalisme.

Prenons l’exemple de premier plan dans l’article, la censure totale du diffuseur kurde Roj TV. Quand M. Assange a attiré l’attention sur cet outrage, cela coïncide avec les tentatives de Roj de faire de la publicité pour leur appel au tribunal (la grande vedette étant une publication WikiLeaks). Plus tard, lorsque le chef de l’OTAN, Rassmusen, est apparu dans les informations, cela a accroché l’attention sur les archives WikiLeaks et comment ils documentent les sordides accords derrière la destruction de Roj TV. Voir youtube

De même, dans d’autres cas, WikiLeaks a répondu aux appâts de l’information – comme tous les organes de presse le font, pour attirer l’attention sur ses archives ou pour soutenir sa mission anti-censure ou de protection de la source. Encore une fois, tout autre autre suggestion est fausse.

WikiLeaks n’a connaissance d’aucune affirmation du gouvernement américain disant que les emails du DNC publiés par WikiLeaks auraient été « volés par le renseignement russe ». En fait, le chef du renseignement américain, James Clapper, a déclaré que le gouvernement américain n’a pas été en mesure de l’attribuer à quelqu’un. Les différents piratages du DNC sur plusieurs années ne relèvent pas de la même question que la publication par Wikileaks d’emails divulgués et il est trompeur de suggérer autre chose.

Il est faux que la décision de l’ONU au sujet d’Assange serait « non-contraignante ». L’ONU a explicitement déclaré que cela est « juridiquement contraignant ». Il est faux que [cette décision] aurait été rejetée par les tribunaux britanniques. Son caractère contraignant est maintenant considéré par la Cour d’appel suédoise.

La déclaration de l’ONU en réponse aux erreurs de la presse:
NOTE AUX RÉDACTEURS EN CHEF:
Les avis du Groupe de travail sur la détention arbitraire sont juridiquement contraignants dans la mesure où ils sont fondés sur le droit international des droits de l’homme, tels que le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP). Le GTDA [Groupe de travail sur la détention arbitraire] a pour mandat d’enquêter sur les allégations d’individus privés de leur liberté de manière arbitraire ou incompatible avec les normes internationales des droits de l’homme, et de recommander des solutions telles que la libération de la détention et l’indemnisation, le cas échéant.
Le caractère contraignant de ses avis découle de la collaboration des États dans la procédure, du caractère contradictoire de ses conclusions et de l’autorité donnée au GTDA par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies. Les avis du GTDA sont également considérés comme faisant autorité par les institutions judiciaires internationales et régionales de premier plan, y compris la Cour européenne des droits de l’homme « . http://ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=17013&LangID=E

Le comité de rédaction du New York Times a appuyé Hillary Clinton, mais cela n’est pas dévoilé dans l’article. L’auteure principale, Jo Becker, a dernièrement retweeté Hillary Clinton (une campagne d’animation en sourire et en danse), le 3 mars. L’autre auteur, Eric Schmitt, a déjà écrit dans le New York Times, d’autres rapports d’enquête robustes, par exemple, que M. Assange est un « clochard » avec des « chaussettes sales » qui « puent ». Il est devenu correspondant du Pentagone en 1990.

Source: http://www.twitlonger.com/show/n_1sp2hsr et https://twitter.com/wikileaks/status/771329205594447872

Les questions que les journalistes d’Arte ne se posent pas dans leur communiqué sur les lanceurs d’alerte

640px-Open_Data_stickersJ’ai pu lire récemment sur Twitter ce beau tweet d’@ARTEInfo qui pose la question: « Les lanceurs d’alerte sont-ils les héros d’aujourd’hui? » en donnant le lien d’un communiqué publié en août 2014, « Alerte, whistleblowers en activité ». Bien sûr, la question mérite d’être posée, surtout à la télévision, où si peu de débats et d’émissions s’intéressent à ce sujet. Néanmoins, la plupart d’entre nous – nous, citoyens modernes – nous avons déjà la réponse à ce sujet. C’est dommage qu’Arte se limite à poser une question aussi simple sur les lanceurs d’alerte, alors qu’il y a des questions beaucoup plus complexes. Oui, les lanceurs d’alerte sont des héros et la majorité de la population souhaite que des citoyens, comme eux, mettent fin à la corruption, aux crimes et aux injustices commises au sein de nos gouvernements. Que les gouvernements soient directement responsables ou partiellement impliqués dans certaines affaires, il est évident que les lanceurs d’alerte accomplissent un acte utile envers la société, et qu’ils manifestent ainsi leur dévouement envers un idéal démocratique qui nous unit tous, plus ou moins.

Ce que les journalistes d’Arte ne posent pas comme question, c’est que les gouvernements eux-mêmes ont un intérêt à promouvoir la transparence politique, et à travers elle, les lanceurs d’alerte. Il en va de la survie de notre système démocratique. Tout d’abord, parce que la corruption coûte cher aux gouvernements et parce que les sommes qui sont détournées dans les affaires de corruption sont de l’argent public qui appartient à l’Etat et qui doit servir la collectivité. Les affaires de corruption dans un système démocratique sont comme des trous dans un morceau de gruyère: plus il y en a, plus le système est fragilisé. C’est pourquoi les Etats ont un intérêt certain à promouvoir la transparence politique et les lanceurs d’alerte dans cette lutte contre la corruption. Les Etats ont besoin d’économiser de l’argent, surtout en temps de crise économique, et de maîtriser les dépenses budgétaires.

Ensuite, les lanceurs d’alerte sont utiles aux gouvernements pour conduire les réformes politiques qui permettent d’améliorer notre système de gouvernance. L’open data et l’open gov ne sont pas des idées inventées par les lanceurs d’alerte, mais c’est au contraire l’idée que des gouvernements peuvent amener des réformes politiques en partageant les données publiques et en responsabilisant chaque entité de la société, où chaque citoyen peut ainsi devenir un lanceur d’alerte et un outil pour améliorer la démocratie. Quand le communiqué d’Arte dit qu’ « Assange […] semble avoir passé un deal avec le gouvernement du Royaume-Uni, dont le monde ignore encore les termes », les journalistes qui ont écrit ce texte oublient que ce « deal » avec les gouvernements peut avoir été fait bien avant l’asile politique de Julian Assange, tout simplement parce que WikiLeaks fait peut-être partie d’un programme gouvernemental destiné à promouvoir la transparence politique et la lutte contre la corruption.

En attendant, Arte annonce la diffusion de son émission, le 16 décembre: « Lanceurs d’alerte, coupables ou héros? »

Mais si vous voulez vous poser plus de questions sur les origines de la transparence politique, sur les lanceurs d’alerte et l’affaire WikiLeaks, vous pouvez en profiter pour relire nos articles:

Le présentateur américain Dan Rather estime que WikiLeaks rend un « service public » aux Etats-Unis

Pourquoi WikiLeaks est peut-être un projet gouvernemental en faveur de la transparence politique

Les liens de WikiLeaks et de l’ONU

Ce que les câbles Wikileaks ne nous disent pas

Julian Assange, en 2010: « Nous avons affaire aux agences de renseignement »

Derrière WikiLeaks, une enquête secrète sur les attentats du 11 septembre?

Julian Assange a-t-il été un hacker au service des gouvernements?

Un analyste russe pense que Julian Assange est un espion du Mi6

Comment le gouvernement US a créé WikiLeaks par inadvertance

La défense dans une affaire de fraude convoque Julian Assange en tant que témoin

Sigurdur Ingi Thordarson avec Julian Assange

Le Procureur soutient que demander à Assange de comparaître à Reykjavík est irréaliste

Haukur Már Helgason, 7 novembre 2014

L’avocat de la défense de Sigurdur Ingi Thordarson, Vilhjálmur H. Vilhjálmsson, a exigé que le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, se présente devant le tribunal de district de Reykjavík en tant que témoin dans une affaire en cours contre Sigurdur. Cela a été rapporté par DV. Sigurdur Ingi Thordarson a été familièrement connu sous le nom de Siggi Hakkari, ou Siggi le hacker. L’année dernière, il s’est démasqué comme informateur du FBI au sein de Wikileaks. Dans le procès à venir, Sigurdur est accusé de fraude financière, entre autres choses. Selon l’une des accusations, Sigurdur aurait obtenu un montant de plus de € 40 000 en trompant le propriétaire d’une boutique en ligne vendant des marchandises liées à Wikileaks.

Vilhjálmur, l’avocat du Sigurdur, affirme qu’Assange est un témoin-clé dans l’affaire. Interviewé par DV, il a déclaré: « Julian était pour ainsi dire le patron de l’accusé et il lui a permis d’exécuter ce pour quoi il est maintenant poursuivi d’avoir fait sans autorisation. »

Lire la suite: http://grapevine.is/news/2014/11/07/fraud-case-defense-calls-julian-assange-as-witness/

L’Equateur envisage d’exclure les offres comme Wikileaks, bien qu’il « loge » Assange

Mike Masnick, 22 août 2013

depuis le département faites-attention-à-qui-sont-vos-amis

Nous avons toujours souligné que l’Equateur était un choix quelque peu étrange de Julian Assange pour demander l’asile, étant donné que le pays ne dispose pas d’une grande expérience sur la liberté de la presse. Et certaines actions récentes ont suggéré que, même si Assange est retranché dans l’ambassade équatorienne à Londres, la relation entre Assange et l’Equateur est tendue. Considérant cela, peut-être n’est-il pas surprenant que l’Équateur envisage maintenant un nouveau projet de loi qui criminaliserait la publication de documents classifiés, ce qui certainement ferait devenir une partie importante de Wikileaks en une opération criminelle:

Pablo Romero, le directeur de l’agence de renseignement SENAIN de l’Équateur, a demandé au Comité de la justice de l’Assemblée nationale de l’Equateur, le 8 Août d’élaborer une législation qui «criminaliserait la divulgation de renseignements confidentiels de l’Etat» et exigerait d’éventuels éditeurs à obtenir l’approbation du gouvernement avant publication. Romero a donné comme exemple la publication hypothétique des salaires des agents spéciaux.

Le projet de loi interdirait la publication de documents classifiés, même s’ils avaient déjà été publiés à l’étranger.

Ceci est, bien sûr, une belle attaque d’envergure sur la liberté de la presse, ce qui semble un peu ironique. Je sais que les gens vont probablement l’utiliser pour attaquer Assange, tout comme ils attaquent Ed Snowden de se retrouver en Russie – mais, dans les deux cas, ceci semble de la colère mal placée. La colère doit être orientée vers les pays qui mettent en place de telles terribles politiques. Le fait qu’Assange ait fini avec l’Équateur et Snowden avec la Russie a beaucoup plus à voir avec les réalités politiques de gens qui essaient de rester à l’écart d’un gouvernement américain plus agressif que jamais et qui semble tenir mordicus à placer les deux hommes en prison aussi longtemps que possible. Compte tenu de cette réalité – combinée avec le fait que les États-Unis ont retiré le passeport de Snowden – ils avaient vraiment peu de choix. Oui, ce serait bien si les croyants à la liberté de la presse pouvaient aller dans un endroit qui respecte la liberté de la presse, mais il y en a, malheureusement, très peu qui se qualifient de nos jours – et lorsque le pays qui se met en place comme le plus grand protecteur de la liberté de la presse, les États-Unis, piétine ces libertés pour essayer d’obtenir ces deux gars, leurs options sont exceptionnellement restreintes.

Source: https://www.techdirt.com/articles/20130821/22402024279/ecuador-looks-to-ban-wikileaks-like-offerings-despite-housing-assange.shtml

Un Etat dans l’Etat à une vitesse alarmante: Assange affirme que la NSA continue de croître

Interview de Julian Assange avec Afshin Rattansi sur la chaîne Russia Today

« Il y a maintenant six millions de personnes aux États-Unis détenant des autorisations de sécurité. C’est plus que la population de la Norvège, de la Nouvelle-Zélande, ou de l’Ecosse. C’est en effet un Etat dans l’Etat. Pourquoi est-ce un Etat dans l’Etat? Parce que les gens qui ont les autorisations de sécurité ont des lois supplémentaires auxquelles ils sont censés obéir. C’est extrêmement inquiétant [en ce] moment, si l’on remonte à 2010, où à l’époque le chiffre était de 2,5 millions. Il y a donc eu plus d’un doublement de la taille de l’État de sécurité nationale aux États-Unis en seulement 4-5 ans. « 

Lire l’article: http://rt.com/news/189764-assange-nsa-google-interview/

Assange: « Je vais bientôt quitter l’ambassade d’Equateur » (discours intégral)

Conférence de presse avec Julian Assange (discours intégral)

Julian Assange prévoit de quitter l’ambassade d’Equateur dans un futur proche, a-t-il dit lors d’une conférence de presse dans les locaux de l’ambassade à Londres, où il est réfugié depuis deux ans. Le fondateur de Wikileaks n ‘a pas donné davantage de détails. (youtube)

WikiLeaks: Julian Assange va quitter l’ambassade d’Équateur à Londres

Pancartes en soutien à Julian AssangeLe fondateur de WikiLeaks a annoncé lundi qu’il quitterait « sous peu » l’ambassade d’Équateur à Londres, où il est réfugié depuis juin 2012 pour échapper à une extradition vers la Suède, où il est accusé de délits sexuels.

Lire la suite: http://www.france24.com/fr/20140818-julian-assange-va-quitter-ambassade-equateur-a-londres-wikileaks-equateur-viol-suede-espionnage-etats-unis/

Sécurité des données, renseignement, société: ce que Wikileaks a changé (ou pas)

Lci.tf1.fr, par Fabrice Aubert, le 03 décembre 2013

Monde: Wikileaks a montré que n’importe qui pouvait désormais facilement révéler au monde entier des informations confidentielles, qu’elles proviennent de secrets d’Etat ou de sociétés privées. Mais, au-delà, qu’a vraiment changé l’affaire Manning?

Des « taupes » donnant aux médias des documents truffés d’informations confidentielles, cela a toujours existé. En 1971, Daniel Ellsberg, un analyste, fournissait ainsi au New York Times des rapports du ministère de la Défense sur l’implication des Etats-Unis au Vietnam. Il avait tout simplement photocopié plus de 7.000 pages de ces « Pentagon papers »!

Wikileaks n’a donc rien inventé. Julian Assange a en revanche facilité le processus, désormais grandement numérique, et renforcé sa caisse de résonance médiatique au niveau mondial. L’affaire Bradley Manning, qui a fourni les câbles diplomatiques du ministère des Affaires étrangères et des rapports sur les guerres en Irak et en Afghanistan, en est aujourd’hui l’exemple le plus frappant.

Sur ce point, plus rien ne sera jamais comme avant pour le journalisme, c’est une certitude. Il doit s’adapter à cette nouvelle donne. C’est en revanche moins évident dans plusieurs domaines, touchés plus ou moins directement par l’émergence du site et les révélations de  Bradley Manning. A l’occasion de la sortie du film « Le Cinquième pouvoir », MYTF1News se penche sur trois d’entre eux.

Wikileaks et la société américaine: un débat entre sécurité et liberté

Comment les Américains, plutôt patriotiques en règle générale, ont-ils perçu l’affaire? « Dans un premier temps, ils ont tout d’abord été sensibles à l’argumentation de l’administration sur la traîtrise du soldat Manning, sans voir la dimension nouvelle de l’affaire et ses implications en matière de sécurité et liberté », analyse pour MYTF1News François Durpaire, spécialiste des Etats-Unis et auteur de l’article L’historien à l’ère de Wikileaks.

« Ce n’est qu’ensuite qu’ils ont compris l’impossibilité  de l’Etat à garantir une sécurité absolue pour ses citoyens, et donc sa fragilité, même en restreignant les libertés. Ces derniers mois, l’affaire Snowden est venue se greffer à ces interrogations sur le Bien et le Mal ou la patrie et la traîtrise », ajoute-t-il. Résultat: l’opinion publique a évolué sur cette affaire Wikileaks. « Elle est aujourd’hui divisée. Mais pas au sens tranché d’un bloc pour et d’un autre bloc contre. Dans les sondages, selon la question posée ou la formule utilisée, la même personne peut en fait à la fois applaudir Manning ou le critiquer », précise François Durpaire.

Sur un plan plus sociétal, Bradley Manning, homosexuel, a aussi accéléré la fin du « tabou gay » qui régnait dans l’armée américaine. Certes, le « don’t ask, don’t tell », qui permettait aux gays d’exercer dans l’armée à condition de ne pas le révéler, était en cours d’abolition en 2010. « Mais le fait que Manning ait en partie agi pour se venger a permis au processus législatif d’aller plus vite », estime François Durpaire.

Wikileaks et les protections des données: une prise de conscience

Même si la victime est l’armée américaine, qui possède probablement les meilleures défenses informatiques, le monde de la protection des données n’a pourtant pas été fondamentalement surpris. « L’affaire Wilikeaks n’a pas révélé ce que l’on ne connaissait déjà pas en matière de violation de protection de données sur le plan technique. Nous discutions déjà depuis un certain temps de possibles infractions similaires », explique à MYTF1News Lazaro Pejsachowicz, président du Clusif (Club de la sécurité de l’information française), l’association qui regroupe les responsables de sécurité informatique.

Grâce à son retentissement médiatique, l’affaire a eu cependant un mérite selon Lazaro Pejsachowicz: « elle a fait prendre conscience aux dirigeants d’entreprises et d’organismes publics des risques encourus ». « Certes, ils connaissent les dangers. Mais il est leur parfois difficile d’arbitrer sur le plan financier face à d’autres priorités. Notre dialogue avec eux a donc été facilité. Depuis, des projets ont été mis en route plus rapidement qu’ils ne l’auraient été », révèle-t-il.

Lazaro Pejsachowic souligne également que les professionnels de la sécurité ont quant à eux pris conscience que le « monde est une gigantesque database ». Avec pour conséquence de rendre l’information encore plus vulnérable car le risque ne peut être limité au risque technique confiné à l’intérieur de la seule entreprise. « Sur ce point, le maillon faible restera l’humain, rouage essentiel de la sécurité. Sensibiliser le personnel est donc primordial », conseille le patron du Clusif. Rappelons en effet que Bradley Manning était habilité à accéder aux informations qu’il a données à Julian Assange… Tout comme Edward Snowden, qui a révélé l’espionnage de la NSA, pour celles publiées par The Guardian. « Plus globalement, sans faille humaine, il est aujourd’hui très difficile de lancer une attaque ou piratage informatique », martèle Lazaro Pejsachowicz.

Wikileaks et le monde du renseignement: circulez, il n’y a rien à voir

Pour le monde du renseignement, l’affaire Wikileaks n’est tout simplement pas… une affaire. « Certes, elle a eu un retentissement médiatique et ceux qui en sont à l’origine se prennent pour des chevaliers blancs », explique à MYTF1 News Eric Denecé, patron du Centre français sur la recherche et le renseignement (CF2R).

« Mais rappelons que d’un point de vue technique, il ne s’agit pas d’une opération de piratage. C’est tout simplement un homme seul, bénéficiant de certaines habilitations -une lacune-, qui a voulu mettre le bazar pour des raisons personnelles. Le paradoxe, c’est qu’il avait l’intention de nuire. Or, contrairement à Edward Snowden,  il ne l’a pas vraiment fait puisqu’aucune information capitale n’a été révélée. Il aurait pu donner à Julian Assange le carnet intime d’une adolescente, cela aurait eu le même effet. La seule chose que cette affaire a peut-être changée, c’est la manière dont le ministère des Affaires étrangères protège désormais ses télégrammes diplomatiques », ajoute-t-il.

Sur le plan diplomatique justement, en dehors des protestations de circonstances pour la forme à destination de leur opinion publique, Eric Denecé rappelle que cela n’a pas créé de réelles tensions entre les Etats-Unis et leurs alliés. Avant d’avancer une théorie développée dans les milieux du renseignement: beaucoup s’y étonnent de la concomitance entre la publication de ces télégrammes diplomatiques dans lesquels les dictateurs arabes comme Ben Ali apparaissent peu à l’avantage et les révolutions arabes. Les Etats-Unis auraient-ils alors en fait manipulé Manning et Wikileaks pour « préparer » le printemps arabe -ou du moins ont-ils exploité le contenu des révélations ? « Il n’y a pas de preuve, mais cela reste une possibilité », note le patron du CF2R.

Vidéo: Wikileaks: « Tout se sait ou se saura un jour »

Vidéo: Wikileaks, tempête médiatique dans un verre d’eau?

Source: http://lci.tf1.fr/monde/securite-des-donnees-renseignement-societe-ce-que-wikileaks-8322249.html