Les câbles de WikiLeaks confirment les collusions entre le Vatican et des dictateurs

Le Vatican et la collusion avec les dictatures

WikiLeaks, le site de publication de documents confidentiels fondé par Julian Assange, a publié lundi dernier une nouvelle archive de 1,3 millions de communications diplomatiques et de rapports des services de renseignement.

Elle recouvre les années 1973 à 1976, et est nommée « The Kissinger Cables ».

Cette base de données comprend des documents révélant les opérations impitoyables menées par les États-Unis dans le monde entier, à une époque où la classe ouvrière internationale était à l’offensive et où la bourgeoisie menait une contre-attaque brutale.

Parmi ces câbles, une série de communications diplomatiques révèle la relation entre le Vatican et un certain nombre de régimes dictatoriaux, du Chili d’Augusto Pinochet à l’Argentine de Jorge Rafael Videla ou à l’Espagne de Francisco Franco.

Le 11 septembre 1973, un coup d’Etat soutenu par la CIA et mené par le général Pinochet fit tomber le gouvernement élu du président issu du Parti socialiste, Salvador Allende. Durant la dictature de Pinochet qui dura 17 ans, des milliers de militants de gauche, des étudiants, syndicalistes et toute personne suspectée de s’opposer au capital chilien ou international furent tués ou enlevés par le régime. Des centaines de milliers furent emprisonnés et torturés, ou envoyés en exil.

Les noms de ces opérations criminelles de l’État, comme « Opération Condor » ou « La caravane de la mort » sont inscrits pour toujours dans la conscience des travailleurs chiliens. La « lutte contre le marxisme » de Pinochet reste l’un des développements les plus violents de l’histoire du 20e siècle.

Le but principal d’une telle lutte était de détruire la classe ouvrière et ses organisations, à la fois physiquement et par l’imposition d’une politique économique agressive de privatisation et de dérégulation. Cela créa un modèle d’enrichissement par une petite oligarchie pour les décennies à venir.

De nombreux gouvernements se joignirent à cette « lutte, » les États-Unis prenant la tête de la meute. Le président Richard Nixon et son conseiller à la Sécurité nationale Henry Kissinger allouèrent 8 millions de dollars à la campagne visant à déstabiliser Allende. Tout en maintenant une apparence de réformes libérales et une politique plus détendue envers l’URSS, lancée par Jean XXIII, le Vatican, sous la direction du Pape Paul VI, accorda son soutien au dictateur chilien.

Dans un câble daté du 18 octobre 1973, l’Archevêque Giovanni Benelli, vice-ministre des affaires étrangères du Vatican, niait les crimes commis par la junte de Pinochet, exprimant « ses graves inquiétudes et celles du Pape au sujet de la campagne internationale réussie des gauchistes pour déformer complètement les réalités de la situation chilienne. »

Plus précisément, ce câble documente les conceptions de Benelli sur « la couverture exagérée des événements comme étant probablement le plus grand succès de la propagande communiste, et souligne le fait que même les cercles modérés et conservateurs semblent assez disposés à croire les mensonges les plus éhontés sur les excès de la junte chilienne. »

Sa source d’information était le Cardinal Raùl Silva, ardent opposant au communisme. D’après ce câble, « le Cardinal Silva et l’épiscopat Chilien en général ont rassuré le Pape Paul que la junte fait tout son possible pour revenir à la normale et que les histoires alléguant de représailles brutales dans les médias internationaux sont infondées. »

Le rôle joué par des figures comme Silva ou Paul VI lui-même – qui étaient présentés comme des « progressistes » à l’époque – émerge très clairement de ces documents. Benelli affirme que « la validité et la sincérité du Cardinal Silva ne peuvent être mis en cause puisque Silva est connu internationalement comme l’un des principaux progressistes de l’Église qui, de plus, a accordé son soutien tacite au président Allende. »

Cette preuve ne montre pas seulement la négation des crimes de Pinochet par le Vatican et l’Église chilienne : il révèle la faillite du gouvernement Allende, lequel s’appuyait sur des relations avec des couches de l’Église lui étant complètement hostiles.

En fait, l’archevêque affirme que, « les forces gauchistes ont largement réduit les pertes en convainquant le monde que la chute d’Allende est exclusivement due à des forces fascistes et extérieures, et non aux faiblesses de la politique d’Allende, comme c’est en réalité le cas. »

S’il y a une vérité objective dans la déclaration de Benelli, c’est le fait que Pinochet, qui avait été nommé par Allende à la tête des forces armées, ait tiré avantage du climat politique créé par le recul d’Allende sur les réformes qu’il avait promises. Allende était lui-même un politicien capitaliste, promouvant une « voie chilienne vers le socialisme » mais fondamentalement engagé à démobiliser la classe ouvrière. Cela a préparé le terrain à une prise du pouvoir par les militaires.

En novembre 1973, immédiatement après le coup d’Etat de Pinochet, un autre câble montre les négociations pour le renouvellement et la révision du Concordat, signé à l’origine en 1953, entre le Vatican et le régime fasciste de Francisco Franco en Espagne, et qui effectivement rejetait le principe de la séparation entre l’Église et l’État.

L’archevêque Agostino Casaroli, porte-parole du gouvernement du Vatican à l’époque, lui-aussi un « réformiste de l’Ostpolitik » qui développait de nouvelles relations avec les pays d’Europe de l’Est pour tenter de renforcer l’influence de l’Église dans les pays dominés par les staliniens, rencontra des responsables espagnols. Il était convenu qu’une certaine discrétion serait maintenue.

Il y avait plusieurs raisons à cela : premièrement, les événements au Chili avaient créé une immense opposition parmi les travailleurs et les étudiants, et l’Eglise risquait d’être publiquement exposée comme une alliée des régimes dictatoriaux. Deuxièmement, il y avait des désaccords au sein-même du Vatican sur la manière de sauvegarder au mieux l’image du Vatican et de la distancer des dictateurs fascistes.

Un câble du 7 novembre 1973, affirme qu’une « divergence de vues entre le Vatican et l’épiscopat espagnol est une des raisons fondamentales sur la négociation d’un nouveau Concordat. » Il montre que l’épiscopat était « ouvert à des accords de révision partielle de ceux de 1953, puisqu’ils pensent qu’un nouveau Concordat pourrait à nouveau associer l’Eglise au régime » alors qu’ils « essayent de dissocier l’Église du GoS [Government of Spain] aux yeux du public Espagnol. »

Si des couches de la hiérarchie ecclésiastique se préoccupaient de ce que, après la mort de Franco, la négociation des accords leur serait moins favorable et insistaient pour en obtenir un nouveau, la section « libérale » et « progressiste » du Vatican cherchait à « conserver son image libérale si juste quelques accords partiels sur les points de friction les plus importants » étaient négociés.

Contrairement à la demande de Casaroli de garder cette visite discrète, le régime de Franco « voulait une couverture par la presse et la télévision la plus large possible de la visite, » provoquant une réaction du Vatican. D’après le journal italien L’Espresso, Casaroli se plaignit à un ministre espagnol de « la violation offensive des assurances reçues de la part du gouvernement espagnol sur le maintien d’un profil bas. »

Quelques années plus tard, le 24 mars 1976, le Commandant argentin Jorge Rafael Videla organisait le coup d’Etat qui fit tomber la présidente Isabel Peron, épouse de l’ex-président Juan Peron. Videla dirigea un Etat policier brutal et adopta une politique libérale similaire à celle de Pinochet. Son régime, bien connu pour sa « sale guerre » et l’« Opération Condor » est devenu synonyme de disparitions, de meurtres et de tortures.

Le complice le plus proche de Videla dans le coup d’Etat et la dictature militaires qui suivirent fut l’amiral Emilio Massera. De nouveaux câbles montrent les liens étroits entre Massera et Pio Laghi, le nonce apostolique (ambassadeur du Pape) en Argentine.

Un câble daté du 7 novembre 1975 révèle que Laghi « a parlé avec l’amiral Massera tôt le 5 novembre sur le même sujet [la présidente Peron], et récemment avec de nombreux autres participants. L’analyse du Nonce [Laghi] a été que la veuve Peron doit partir aussi tôt que possible, que ce soit par un congé exceptionnel, une démission, ou golpe » – c’est-à-dire un coup d’Etat.

En plus d’être un ami proche de Massera, Laghi était très respecté dans les cercles militaires et diplomatiques. Comme le confirme le même câble, « le Nonce a beaucoup de relations et est un fin observateur. Sa conclusion générale est qu’elle est finie. Seule la manière de son départ reste en question. Cependant, il a commenté que cela pourrait durer plus longtemps que prévu et être un processus douloureux. »

En fin de compte, les véritables douleurs ont été subies par des dizaines de milliers de travailleurs, d’étudiants et de militants politiques, accusés d’être des « terroristes, » qui luttaient en réalité contre le terrorisme d’État qui caractérisait le régime de Videla, mais se faisaient tuer ou torturer, emprisonner et disparaître.

Pio Laghi était plus qu’une connaissance pour le gouvernement américain. Dans un câble du 14 mai 1974, Laghi est décrit comme « très éduqué, d’une compagnie agréable, parlant un anglais excellent, et bien disposé envers les États-Unis. »

Ces révélations jettent la lumière sur l’installation récente du nouveau Pape François, ex-archevêque de Buenos Aires, en Argentine. Le nouveau pontife est profondément impliqué dans la « sale guerre » menée par la junte militaire argentine.

Marc Wells

Source: http://cameroonvoice.com/news/news.rcv?id=10520

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WikiLeaks : le Vatican a longtemps minimisé les crimes de Pinochet

AFP, le 8 avril 2013

Des câbles diplomatiques publiés par WikiLeaks montrent que le Saint-Siège a mis au moins un an à réaliser l’ampleur de la répression lancée par le régime chilien.

(suite…)

L’affaire Assange ou l’hypocrisie de la Grande-Bretagne

Par Josefina Martínez et Alexandra Rios

Le cas Assange révèle le cynisme de Londres et la vraie nature impérialiste de la « démocratie britannique ». Mais Rafael Correa, le président équatorien, n’est pas en reste non plus dans l’instrumentalisation de cette affaire.

En septembre 1998, à la demande du juge espagnol Baltasar Garzón, le dictateur chilien Augusto Pinochet était arrêté lors d’une visite à Londres, afin d’être jugé dans l’affaire des citoyens espagnols tués par la dictature au Chili dans les années 1970. Après dix-sept mois de litige judiciaire, la Grande-Bretagne décidait de refuser l’extradition du dictateur et se chargeait de le libérer pour qu’il puisse retourner au pays, invoquant des raisons « humanitaires » (sic), liées à son état de santé. C’est donc grâce au soutien du gouvernement britannique, alors dirigé par les travaillistes, que Pinochet a pu tranquillement vivre les dernières années de sa vie à Santiago, sans avoir jamais été condamné ni même inquiété, en dépit des dizaines de milliers de victimes de la dictature chilienne à la suite du coup d’Etat de 1973 contre Salvador Allende.

« le dictateur chilien Augusto Pinochet était arrêté lors d’une visite à Londres, afin d’être jugé dans l’affaire des citoyens espagnols tués par la dictature au Chili dans les années 1970 »

Aujourd’hui pourtant, bien loin de la position qu’elle avait prise dans l’affaire Pinochet, la Grande-Bretagne entend recevoir la demande d’extradition formulée par la Suède à l’encontre de Julian Assange. Stockholm souhaite juger le fondateur de WikiLeaks dans une affaire de viol dont il serait l’auteur. Après le rejet par la Cour suprême britannique de son recours en appel, Assange s’est réfugié dans l’ambassade de l’Équateur à Londres. Dès l’annonce de la décision de l’Équateur d’accorder l’asile politique à Assange, le gouvernement de David Cameron a envoyé la police cerner le bâtiment diplomatique. Cameron a même menacé d’avoir recours à un décret de 1987 permettant de pénétrer à l’intérieur de n’importe quelle ambassade, et ce en violation de l’extraterritorialité des bâtiments diplomatiques garantis par la Convention de Vienne de 1961. Une intrusion dans l’ambassade d’Equateur représenterait un précédent dangereux pour le respect du droit d’asile. C’est en ce sens qu’il est nécessaire de dénoncer l’attitude du gouvernement britannique et son ingérence dans les affaires internes équatoriennes, qui témoigne bien de l’arrogance impérialiste de Londres.

En réalité, ce nouvel épisode de « l’affaire Assange » dévoile au grand jour l’hypocrisie et le cynisme de la Grande-Bretagne, et plus généralement de la politique internationale des pays impérialistes. Lorsqu’elle refusa l’extradition de Pinochet en 1998, ce ne fut évidemment pas pour des raisons « humanitaires », mais en reconnaissance des « services rendus » par le dictateur qui fut toujours un défenseur des intérêts impérialistes en Amérique Latine, et notamment de l’aide apporté par la dictature chilienne à la Grande-Bretagne pendant la guerre des Malouines au début des années 1980.

« C’est donc grâce au soutien du gouvernement britannique, alors dirigé par les travaillistes, que Pinochet a pu tranquillement vivre les dernières années de sa vie à Santiago »

Aujourd’hui encore, la Grande-Bretagne protège ses propres intérêts, ainsi que ceux des États-Unis, dans « l’affaire Assange ». La demande d’extradition de la Suède est, bien entendu, fonctionnelle à ces mêmes intérêts. En diffusant des centaines de milliers de documents et de mémorandums secrets, WikiLeaks a passablement écorné l’image de la diplomatie américaine dans le monde entier. Même si les documents menaçant sérieusement la « sécurité militaire » des États-Unis n’ont pas été publiés, le site internet dirigé par Assange a permis de dévoiler de nombreux mécanismes d’espionnage et de contrôle sur des gouvernements, la piètre opinion qu’ont des chefs d’Etat et des responsables politiques de nombreux pays semi-coloniaux les ambassadeurs occidentaux en poste, des opérations de « pression » menées par tel ou tel pays pour défendre les intérêts de ses multinationales, etc. L’une des révélations les plus retentissantes concerne les assassinats, les tortures et les mauvais traitements perpétrés sur des milliers de civils en Irak et en Afghanistan de la part des troupes américaines, ainsi que de la leurs alliés…notamment britanniques. Avec plus de 400.000 documents déclassifiés et publiés, les « fichiers d’Irak » de WikiLeaks ont dévoilé le caractère planifié de la politique d’assassinat et de torture des armées impérialistes d’occupation. Le fait que ces informations étaient classées « secret défense » par Washington ou Londres n’a rien à voir avec des questions de « sécurité nationale », tel que cela a été expliqué par les politiciens démocrates et républicains aux États-Unis. Il s’agissait simplement de protéger leur image vis-à-vis de la communauté internationale. « Contrairement à ce que dit le Pentagone, expliquait le grand quotidien espagnol El País en octobre 2010, les documents sur la guerre en Irak diffusés par WikiLeaks montrent que la sécurité des troupes n’est pas la raison principale de cette rétention d’information. Dans la plupart des 400.000 rapports déclassés, on peut trouver la légende suivante : Events that may elicit political, media or international reaction [Ce sont des évènements qui peuvent provoquer des réactions politiques, des médias et internationales]. L’un des rapports marqué de cette légende concerne un affrontement ayant eu lieu le 9 juin 2007, dans la prison de Camp Bucca, au sud de l’Irak. Ce jour-là, il y eut cinquante-huit blessés et six morts du côté des irakiens, tandis qu’un seul blessé était compté du côté des forces de coalition. L’information est alors qualifiée de ‘secrète’ ».

« Avec plus de 400.000 documents déclassifiés et publiés, les « fichiers d’Irak » de WikiLeaks ont dévoilé le caractère planifié de la politique d’assassinat et de torture des armées impérialistes d’occupation »

Pour l’instant, Assange est reclus dans l’ambassade de l’Équateur et l’issue de sa situation reste incertaine. Après avoir menacé le gouvernement équatorien de Rafel Correa de pénétrer au sein l’ambassade afin d’y arrêter Assange, Cameron a dû faire marche arrière, par peur des réactions de la communauté internationale. Mais pour Assange, les choses sont claires : s’il met un pied en hors de l’ambassade, le gouvernement britannique l’arrêtera sur le champ.

Pour les avocats d’Assange, l’extradition en Suède, pour le juger dans une affaire de viol, n’est qu’un prétexte pour l’extrader vers les États-Unis. Bradley Manning, ancien soldat de l’armée américaine et accusé d’avoir envoyé un certain nombre de documents classifiés à WikiLeaks est en prison depuis deux ans sur une base militaire en attente de jugement et sera probablement condamné à la réclusion à perpétuité. C’est en ce sens aussi qu’il est nécessaire de défendre le droit d’asile de Julian Assange, que ce soit en Équateur ou dans un autre pays.

« Aujourd’hui encore, la Grande-Bretagne protège ses propres intérêts, ainsi que ceux des États-Unis, dans l’affaire Assange »

Nous entendons des arguments avancés par les défenseurs d’Assange. Nous défendons le droit de WikiLeaks de publier les documents et nous dénonçons l’hypocrisie des gouvernements des États-Unis et de la Grande-Bretagne. Mais en tant que militantes révolutionnaires, nous ne pouvons ignorer les accusations de crime sexuel qui pèsent sur Assange. La seule façon d’y répondre, pour Assange et ceux qui le soutiennent, serait de demander à ce qu’elles soient examinées par une commission d’enquête indépendante, constituée par des personnalités reconnues dans le domaine de la défense des droits humains et des droits des femmes, sans aucune collusion avec les gouvernements impliqués dans cette affaire. Dans le cas inverse, la suspicion continuera à peser sur le fondateur de WikiLeaks.

« Nous défendons le droit de WikiLeaks de publier les documents et nous dénonçons l’hypocrisie des gouvernements des États-Unis et de la Grande-Bretagne »

Le président équatorien a réussi à obtenir le soutien de l’UNASUR, l’Union des nations sud-américaines, ainsi que le soutien moins explicite de l’OEA, l’Organisation des États américains, qui, en raison de la pression exercée par les États-Unis, ne fait aucune mention des menaces émanant de la Grande-Bretagne concernant le droit d’asile. Avec cette affaire, Correa veut s’afficher en défenseur de la liberté d’expression et des droits humains. C’est une façon pour lui de regagner du crédit face aux critiques qui sont formulées contre son gouvernement en Equateur, aussi bien de la part de l’opposition de droite que de la part des secteurs du mouvement étudiant, paysan et ouvrier. Même s’il se prétend défenseur de la liberté d’expression à l’étranger, cela ne l’a pas empêché de limiter l’expression des médias qui critiquent sa gestion gouvernementale. C’est ainsi que Correa a fermé pas moins de dix-sept stations de radio depuis son élection en janvier 2007 et pas moins de cent cinquante journalistes ont été agressés, ce qui a été également été dénoncé par les organisations qui défendent WikiLeaks et Julian Assange.

Par-delà le dénouement de l’affaire Assange, avec une négociation entre Quito et Londres ou une réclusion de longue durée pour Assange dans l’ambassade équatorienne, il est clair que ce nouvel épisode de la saga WikiLeaks révèle un nouvel aspect de la profonde hypocrisie qui préside aux « relations internationales ». Et nous ne sommes qu’au début de l’affaire…

23/08/12

Source: http://www.ccr4.org/L-affaire-Assange-ou-l-hypocrisie-de-la-Grande-Bretagne#nb1
http://www.clasecontraclase.org/El-caso-Assange-y-la-hipocresia-de-Gran-Bretana

Le Royaume-Uni ne peut pas empêcher le vol d’Assange vers l’Equateur

Par willsummer, 5 août 2012

Dans un reportage diffusé hier, samedi 4 août, sur al-Jazeera English, la rédaction prend acte du constat que les autorités britanniques, en cas d’accord des autorités équatoriennes sur sa demande d’asile, n’auront comme unique choix que de le laisser y partir – et j’ajoute ceci personnellement, dans les meilleures conditions possibles, responsabilité incombant à la réputation d’une puissance telle que le Royaume-Uni devant l’audience publique mondiale. Ci-dessous la vidéo, et ensuite la transcription, en français, des commentaires s’y trouvant:

Emma Hayward pour al-Jazeera, devant l’ambassade équatorienne de Londres, ce samedi 4 août 2012

Transcription française de l’anglais original:

Julian Assange a passé presque sept semaines retranché à l’intérieur de l’ambassade de l’Équateur à Londres. Non pas à cause de liens personnels avec le pays, mais parce qu’il espère que celui-ci lui offrira un havre sûr. Ses supporters sont partis de devant l’ambassade, mais il a trouvé un nouveau soutien fort et disposant de beaucoup d’influence.

L’ancien Juge espagnol Baltasar Garzon a dit qu’il défendrait Julian Assange gratuitement, et que son client n’est « ni un pirate, ni un terroriste ». Garzon n’est pas étranger aux controverses, puisqu’il avait mené l’accusation contre l’ancien leader du Chili, Augusto Pinochet.

[Le Juge Baltasar Garzon] M. Assange n’a pas peur d’aller devant un tribunal pour faire face aux accusations qui seraient hypothétiquement portées contre lui, une fois qu’il serait en Suède: ce qui lui fait peur, c’est la situation actuelle et sa manière d’évoluer. Elle porte clairement le risque d’être une couverture, ou un écran de fumée, pour l’envoyer aux USA.

Julian Assange est détenu au Royaume-Uni depuis plus d’une année et demie, un an après que son mandat d’arrêt ait été émis. Un Procureur en Suède dit qu’il doit y répondre d’accusations de crimes sexuels ; des accusations qu’Assange a toujours démenties.

Alors que WikiLeaks continue d’opérer, son fondateur a fait tout ce qu’il a pu pour éviter de se faire extrader. Ses supporters disent que s’il était envoyé en Suède, il pourrait bien en être extradé vers les USA, où il aurait à répondre à des questions concernant WikiLeaks.

Julian Assange s’est retrouvé ici à la mi-juin. En vertu des règlements diplomatiques, à moins qu’il n’en parte, il ne peut pas être arrêté.

L’Équateur est toujours en train de considérer sa position sur la demande d’asile d’Assange. Ses supporters affirment que, si celui-ci est accordé, le Royaume-Uni n’aura d’autre choix que de lui permettre de partir – Emma Hayward, al-Jazeera, Londres.

Traduction depuis le web par willsummer

Un célèbre juge espagnol défendra WikiLeaks

Nouveau coup de théâtre dans la saga judiciaire au cœur de laquelle se trouve le créateur de WikiLeaks : l’ancien juge espagnol ultra-médiatisé Baltasar Garzon va diriger l’équipe d’avocats qui défendront Julian Assange.

L’un est connu pour avoir été le tombeur d’Augusto Pinochet, le dictateur chilien, l’autre a défié l’intelligence américaine en rendant publics sur Internet des documents classés « Secret défense ». Le site WikiLeaks annonce que Baltasar Garzon sera le grand artisan de la défense de Julian Assange dans la procédure d’extradition vers la Suède qui le vise.

Depuis le 19 juin, Julian Assange s’est réfugié à l’ambassade d’Equateur à Londres afin d’échapper à son extradition pour une affaire de viol présumé. Clamant son innocence, il réclame l’asile politique à ce pays latino-américain. Le fondateur de WikiLeaks redoute en effet par dessus tout le scénario d’un retour en Suède qui pourrait ensuite entraîner une extradition vers les Etats-Unis où il risque la peine capitale pour avoir divulgué, via son site Internet, 250 000 télégrammes diplomatiques américains.

Dans ce feuilleton judiciaire qui dure depuis bientôt deux ans, Baltasar Garzon, ancien magistrat espagnol, va s’employer à « montrer comment des procédures secrètes américaines contre Julian Assange et Wikileaks ont compromis et contaminé d’autres procédures légales, dont la procédure d’extradition contre M. Assange », indique WikiLeaks. Toujours selon ce texte, le juge aurait récemment rencontré Julian Assange pour mettre en place sa nouvelle stratégie de défense.

Retour à la lumière

Baltasar Garzon revient ainsi sur le devant de la scène après avoir été condamné à onze ans d’interdiction d’exercer la fonction de magistrat dans son pays. Il aurait ordonné des écoutes entre des suspects incarcérés et leurs avocats dans le cadre d’une enquête sur un réseau de corruption qui avait éclaboussé la droite espagnole en 2009 .

Mais avant cette condamnation, Baltasar Garzon s’est également illustré sur la scène internationale comme un défenseur acharné des droits de l’homme. Avec des décisions particulièrement médiatisées telle que le mandat d’arrêt lancé contre Augusto Pinochet pour meurtre et tortures sur des citoyens espagnols dans les années 70 au Chili ou les poursuites pour génocide contre des militaires de la junte argentine durant la dictature de 1976 à 1983.

C’est donc un beau coup pour le clan Assange, tant sur le plan médiatique que juridique, qui en recrutant Baltasar Garzon s’adjoint les services d’un des plus grands spécialistes des libertés fondamentales au monde.

Source: http://www.metrofrance.com/info/baltasar-garzon-assurera-la-defense-de-julian-assange/mlgy!YLmqVcnMLjY/

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