L’ancien président américain Jimmy Carter donne une nouvelle fois son opinion sur WikiLeaks

wikileaks_3_12-300x200Après être intervenu en novembre 2010 dans une interview où il disait notamment, au sujet des révélations de WikiLeaks, que « Quand vous prenez les choses comme ça hors du contexte, je pense que cela n’aide personne, mais que ça heurte diplomatiquement » (CBS News) à cause des personnes mises en danger par certains documents, l’ancien président américain Jimmy Carter – aujourd’hui atteint d’un cancer au cerveau – a précisé sa pensée dans une nouvelle interview, en août 2015, où il se montre plus tolérant et soucieux de la vérité face aux organisations qui publient des documents confidentiels.

Il déclare, en effet, à la question posée:

Quelle est votre opinion sur WikiLeaks? Pensez-vous que le secret, ou ce qu’on appelle les « activités de renseignement », permettent de renforcer ou d’affaiblir une nation?

Vous savez, mon avis est un avis minoritaire, parce que la plupart des Américains sont en désaccord avec moi. Je ne déplore pas les révélations de WikiLeaks. Celles-ci ont juste rendu public ce qui était, en fait, vrai. Le plus souvent, la révélation de la vérité, même si elle est désagréable, est bénéfique.

Le Centre Carter, par exemple, que je dirige aujourd’hui, a un grand projet sur la liberté d’information pour encourager les nations individuelles à adopter des lois pour permettre à leurs citoyens de connaître les décisions que prennent les responsables du gouvernement. Et cela est parfois embarrassant pour le gouvernement. Mais nous faisons ça partout dans le monde.

Je pense que, presque invariablement, le secret est conçu pour dissimuler des activités inappropriées et non conçu pour le bien-être de la population en général. Donc, il peut y avoir eu quelques problèmes avec certaines des révélations de WikiLeaks, mais je pense qu’en général la révélation forcée de la vérité est le plus souvent utile.

Lire l’intégralité de l’article: http://theelders.org/article/only-us-president-who-didnt-wage-war#Truth

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L’affaire Wikileaks en Suède a-t-elle un lien avec la scientologie?

WIKILEAK ASSANGE SWEDENPhoto: Julian Assange en Suède (Cleveland.com)

Qu’est-il arrivé en Suède?

Julian Assange est allé en Suède le 11 Août 2010, depuis l’Angleterre. Seulement deux semaines avant, depuis une base temporaire en Angleterre fin juillet, sa publication, WikiLeaks, avait publié les Afghan War Logs, soixante quinze mille documents secrets du Pentagone sur la guerre en Afghanistan, qui comprenaient la mort de près de vingt mille personnes. Plus tôt cette année, Wikileaks avait publié les images militaires américaines d’un crime de guerre à Bagdad, Collateral Murder. (Justice 4 Assange)

L’affaire de la présumée agression sexuelle en Suède (et l’accusation de viol émise par la justice suédoise en août 2010) intervient entre deux épisodes importants de publication de l’organisation Wikileaks: la publication des journaux de guerre en Afghanistan en juillet 2010, suivis par les journaux de guerre en Iraq en octobre 2010 et la publication du Cablegate en novembre-décembre 2010.

Mais alors, pourquoi parler de la scientologie, dans une affaire qui semble uniquement concerner les problèmes personnels de Julian Assange avec deux femmes qu’il a rencontrées en Suède?

Julian Assange vs. la scientologie

Le combat de Julian Assange contre la scientologie ne date pas d’hier. On retrouve, en effet, dans plusieurs articles sur Internet les traces de ce combat qui remonte aux années 1990. Julian Assange n’a jamais été un ami de la scientologie, comme on peut le constater.

Sans donner de date précise, un article cite, par exemple, que:

« [Julian Assange] a fait une incursion précoce contre le culte de la Scientologie et a échoué » (The Australian)

De même:

« En Mars 1996, Assange a lancé un appel à se joindre à une manifestation antiscientologie. » (The Monthly)

Le 24 mars 2008, Wikileaks publie des documents sur la scientologie, ce qui semble n’être finalement que la continuité d’un combat commencé depuis plusieurs années dans la vie de Julian Assange.

En publiant par la suite, à partir de 2010, des documents diplomatiques américains, Wikileaks s’est non seulement attiré des ennemis au sein du gouvernement des Etats-Unis, mais également des ennemis au sein de tous les gouvernements, organisations et services secrets qui collaborent avec les Etats-Unis, ainsi que des ennemis au sein de la scientologie qui, comme on le sait, a eu pour objectif l’infiltration du gouvernement américain.

La scientologie et la censure Internet

La scientologie a toujours essayé de contrôler les publications sur Internet et a même été considérée comme un ennemi d’internet. En juillet 2013, un article de la BBC évoque cette situation:

« Le mois dernier, des militants des droits numériques à l’influente Electronic Frontiers Foundation (EFF) ont placé l’Église de Scientologie sur leur mur de la honte pour ce qu’ils disent avoir été des actes répétés contre les libertés Internet. »

On apprend aussi dans cet article que, pendant de nombreuses années, bien avant les publications de Wikileaks, la scientologie a tenté de contrôler le contenu relatif à son sujet sur Internet.

Des « innovateurs de la censure », selon un témoin cité dans l’article. La scientologie a même été bannie de Wikipedia en 2009.

La scientologie: la censure au nom du copyright

La scientologie représente exactement ce que combat l’organisation Wikileaks en ce qui concerne la liberté d’expression sur Internet. Ce sont deux visions du monde qui s’affrontent à notre époque moderne: d’un côté, les hackers ultra-libéraux qui voudraient que tout contenu puisse être partagé gratuitement et librement sur Internet, et d’un autre côté, les gouvernements et les sociétés qui veulent garder un contrôle sur tous les produits de la culture et de la civilisation qui sont à l’origine de leurs profits financiers.

Le meilleur outil pour garder le contrôle d’une création culturelle, c’est le copyright. Mais la propriété intellectuelle n’est pas un problème en soi. Le problème, c’est quand cette propriété intellectuelle est utilisée pour censurer. C’est ce qu’a fait la scientologie vis-à-vis de Wikileaks et des personnes qui ont voulu lancer l’alerte sur cette secte: invoquer le copyright pour censurer des contenus et des informations. Mais, c’est un argument qui est encore utilisé de nos jours par des gouvernements. Les actions passées de la scientologie n’ont fait que donner une idée de ce que les gouvernements sont prêts à faire pour imposer la censure contre des informations gênantes à leur sujet: Hadopi, Loppsi, Acta ont été autant de manières pour chercher à mettre en place une censure indirecte des contenus en invoquant la propriété intellectuelle. Les dangers de ces lois ne se posent pas directement pour la culture, mais surtout pour le droit à l’information et la liberté d’expression.

La scientologie au sein du gouvernement américain

Dans Wikipedia, un article consacré à la scientologie aux Etats-Unis explique comment a été mise en place dans les années 1970 une opération visant à infiltrer le gouvernement des Etats-Unis.

L’Opération Snow White était le nom d’un projet de l’Église de Scientologie dans les années 1970 pour purger les dossiers défavorables sur la scientologie et son fondateur L. Ron Hubbard. Ce projet comprenait une série d’infiltrations et de vols dans 136 organismes gouvernementaux, des ambassades et consulats étrangers, ainsi que des organismes privés critiques de la Scientologie, réalisés par les membres de l’Église, dans plus de 30 pays.

On peut imaginer que la scientologie a infiltré toutes sortes d’organismes gouvernementaux aux Etats-Unis et qu’elle continue encore aujourd’hui sa traque contre ses opposants à travers le monde. On peut aussi imaginer que Wikileaks, en publiant des documents sur la scientologie en 2008, a aussi été ajouté à cette liste d’opposants que la scientologie cherche à tout prix à éliminer.

Graham Berry a expliqué dans un discours les méthodes de la scientologie pour censurer les opposants:

Dans ce discours, j’ai dit que la Scientologie pourrait être réduite à trois concepts fondamentaux; le pouvoir, la purge et la punition. Le pouvoir réfère à l’objectif de la Scientologie de « nettoyer » la planète, et d’éliminer toute opposition à la scientologie. La purge réfère à la Scientologie qui supprime tous les documents négatifs et les informations critiques depuis les fichiers du gouvernement et l’accès public. La punition, je l’ai dit, était le plus sombre de tous les aspects de la Scientologie. Elle a pris deux formes; une forme orwellienne interne d’élimination de toute dissidence ou pensée critique, et une forme externe de punition des critiques et des responsables gouvernementaux non-coopératifs avec les politiques de terreur et de psycho-terreur sur le copyright pour le traitement des « personnes suppressives »; des personnes qui entravent ou s’opposent aux objectifs de la Scientologie. (Wikipedia)

Quand on lit ce texte, on se rend compte que la scientologie n’est pas une simple Eglise, mais qu’elle utilise des méthodes avancées pour censurer et porter atteinte à la liberté d’expression, de la même manière que peuvent le faire certains services secrets ou gouvernements à l’égard de leurs opposants.

La scientologie en Suède

scientologie dans le mondeC’est peut-être un choix malchanceux qu’a fait Julian Assange en s’installant en Suède, en 2010. Pour une organisation qui avait dévoilé des documents sur la puissante Eglise de scientologie, il se trouve que Wikileaks a justement choisi de trouver refuge dans l’un des pays européens qui est un proche allié américain et qui autorise la scientologie (aux côtés de l’Espagne, du Portugal, Hongrie, Slovénie, Croatie, Albanie).

Le 13 mars 2000, la Suède reconnaît la scientologie comme une communauté religieuse, comme on peut le voir dans ces statuts par pays. C’est toujours étonnant de constater que Wikileaks a choisi de s’installer dans un pays comme la Suède, ne serait-ce que par rapport à la présence de la scientologie.

La Suède et les Etats-Unis

Les relations militaires de la Suède avec l’OTAN et les Etats-Unis ne sont pas un secret. Mais, comme nous l’apprend un article de mars 2011, ce serait aussi l’origine des problèmes de Wikileaks et d’une tentative de faire taire l’organisation:

« la vendetta suédoise contre Julian Assange remonte à la révélation d’événements dans les câbles Wikileaks autour de la vente de données privées de la Suède à l’OTAN mentionnant principalement la population immigrée (les accords secrets à Stockholm entre les fonctionnaires du gouvernement suédois et les représentants de la CIA et du FBI, s’est ajouté à la loi de surveillance pro-OTAN directement établie sur les autorités suédoises par les USA). »

Les révélations de Wikileaks ont ébranlé le système américain, non seulement à travers les révélations diplomatiques, mais en touchant au coeur du système américain, à savoir l’industrie de l’armement et les révélations sur la guerre en Irak (Afghan war logs et Irak war logs).

Des sites Internet pro-Wikileaks ont ainsi pu révéler le lien entre les Etats-Unis, l’industrie de l’armement, le gouvernement suédois et la guerre en Irak. « [Carl Bildt] Le Ministre des Affaires Etrangères de la Suède a propagé l’idée de l’invasion de l’Irak et en profita. À partir de 2007. » C’est ce qu’on apprend dans un article de Rixstep:

« Carl Bildt a gagné des millions avec l’invasion américaine de l’Irak. Il a siégé au conseil d’administration de la société d’investissement Legg Mason, faisant la gestion d’énormes participations financières dans le secteur de l’armement US, et en même temps était un lobbyiste pour le géant des armes Lockheed Martin. »

En plus de l’Irak, l’intervention de la Suède et le soutien à la guerre en Libye ont aussi été mis en évidence:

Aussi peu d’intérêt que ce qui a été démontré par les mêmes Suédois sur les «dommages collatéraux» (le massacre des populations civiles) en Irak et en Afghanistan – où la Suède a également eu des troupes sous la direction de l’OTAN – ils semblent ne pas en démontrer plus dans le cas de la Libye.

Pour résumer, Wikileaks est mis en cause pour une affaire d’agression sexuelle en Suède, dans un pays partenaire de l’OTAN, proche des Etats-Unis, qui accueille l’Eglise de Scientologie, qui a des liens avec l’industrie de l’armement et dont un membre du gouvernement s’est personnellement enrichi grâce aux ventes d’armes lors de la guerre en Irak et aurait travaillé comme espion des Etats-Unis. L’affaire d’agression sexuelle en Suède, c’était peut-être le bon prétexte pour faire taire Julian Assange, celui qui s’était attaqué aux intérêts communs de toutes ces personnes. (On notera aussi une coïncidence plus tardive: la visite de la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton en Suède, quatre jours après le verdict sur l’extradition de Julian Assange, en juin 2012.)

Wikileaks a pu se retrouver, depuis l’année 2010, comme un ennemi commun à la fois aux Etats-Unis, en mettant en cause la diplomatie américaine, et en Suède, où l’industrie de l’armement avait des intérêts auprès des Etats-Unis, sans parler de la scientologie qui a aussi été affectée à travers les publications de Wikileaks, ces dernières années, et dont les membres se retrouvent parfois au sein de ces gouvernements infiltrés.

Sans aller jusqu’à dire qu’il y a eu un complot contre Julian Assange, la Suède a pu cependant bénéficier d’un rôle particulier par rapport à Wikileaks, en étant à la fois un très bon allié du gouvernement américain, en ayant des liens avec l’industrie de l’armement aux Etats-Unis, et en étant un pays où la scientologie a aussi une certaine influence.

Quand on connaît la détermination de la scientologie à faire taire les opposants, comme cela a pu être décrit par plusieurs ex-membres de la secte dans des témoignages sur Internet, il est presque évident de dire que l’affaire d’agression sexuelle en Suède a pu être utilisée par la scientologie ou par le gouvernement américain (ou par les deux à la fois) pour faire taire une organisation aussi embarrassante que Wikileaks.

Même si la scientologie ou le gouvernement américain ne sont pas à l’origine des accusations, et même s’ils n’ont pas forcément construit un complot en utilisant deux militantes féministes suédoises, ils ont pu néanmoins utiliser ce prétexte pour faire pression sur la justice suédoise et pour chercher à obtenir l’extradition de Julian Assange aux Etats-Unis.

Assange, élection en Australie« La Suède est l’Arabie Saoudite du féminisme » (Julian Assange, The Sunday Times, 26 décembre 2010)

Les paradoxes de la Suède…

Aujourd’hui, la Suède, qui se voulait être un pays qui protège les lanceurs d’alerte, se retrouve dans une affaire de justice contre le fondateur de Wikileaks, celui qui luttait contre la scientologie, le mettant plus ou moins dans une situation où sa liberté d’expression et la continuité de son travail sont menacés, mais cela n’empêche pas non plus le pays d’accorder un prix à Edward Snowden, tout en continuant cette « chasse aux sorcières » contre Julian Assange… Avec l’affaire Wikileaks, on a pu découvrir un nouvel aspect de l’humour suédois.

Les blogueurs du Koweït, « pas effrayés par la censure » d’après un câble Wikileaks

Night time exteriors of the Bayan Palace, Kuwait CityPhoto: Palais Bayan, siège du gouvernement koweïtien

Les blogueurs du Koweït: Voix de l’avenir

http://wikileaks.org/plusd/cables/05KUWAIT514_a.html

date: 7 février 2005
id: 05KUWAIT514
classification: non-classifié
depuis: kuweït city

Ce câble est sensible mais non classifié; merci de protéger en conséquence. Pas pour la publication sur Internet.

1. (U) Résumé: le responsable économique a assisté, le 2 Février, à une réunion mensuelle de web-blogueurs koweïtiens où le groupe a discuté de leurs différents web-logs, de technologie, politique, religion, vie sociale, et une variété d’autres questions. Le groupe était composé de neuf hommes et d’une femme, la plupart dans le début-milieu de leur vingt ans, et il est représentatif d’un groupe plus large de quelques 20-30 blogueurs koweïtiens. Alors que le groupe n’est pas nécessairement représentatif de la jeune société du Koweït dans son ensemble, il représente certainement une population de plus en plus instruite, de Koweïtiens occidentalisés à la recherche d’un débouché pour leur énergie et leur créativité. Fin du Résumé.

Les Blogs koweïtiens: Contexte ————————-
2. (U) Il y a quelques dizaines de personnes qui écrivent des web-logs en ligne, ou des blogs, depuis le Koweït, et une poignée de Koweïtiens qui vivent aux États-Unis et ailleurs maintiennent aussi des blogs. (Un blog est une chronique en ligne ou un journal). Ces blogs vont de réflexions personnelles aux conversations avec des amis, et aux commentaires culturels, sociaux et politiques. Certains blogs incluent des photos. Environ les deux tiers des blogs les plus populaires au Koweït sont rédigés en anglais, et l’autre tiers est écrit en arabe, avec une poignée [de gens] utilisant les deux langues. (En terme de popularité, nous entendons les blogs qui sont liés à la plupart par d’autres blogueurs.) La plupart des blogueurs koweïtiens hébergent leurs blogs sur des sites tiers tels que Blogspot (blogspot.com); quelques-uns d’entre eux maintiennent en réalité leurs propres sites hébergés au Koweït.

De la Communauté en ligne au Café-rencontres —————————————— –

3. (SBU) Alors que certains des blogueurs les plus prolifiques l’ont été pendant plus de deux ans, l’intérêt a augmenté au cours des derniers mois. Un article de Kuwait Times d’Octobre 2004, « La révolution du Blogging arrive au Koweït, » a mis en lumière certains des blogs koweïtiens les plus populaires, et quelques-uns de ces blogs ont depuis été nominés pour les prix de blog. Avec un intérêt croissant, l’un des blogueurs koweïtiens, « Nibaq », a créé un site qui rassemble tous les blogs du Koweït et qui permet au lecteur de voir les derniers posts de chaque blog (safat.kuwaitblogs.com). Un autre blogueur, « Talal », est venu avec l’idée d’une réunion physique des blogueurs. Il a utilisé l’outil de rencontre en ligne MeetUp (meetup.com) et a invité les blogueurs koweïtiens à une rencontre. Le groupe a tenu deux réunions précédentes, auxquelles ont assisté environ 4-5 personnes à chaque fois, avant cette dernière réunion.

Les Blogueurs: Jeunes, Hommes pour la plupart, Très Intelligents —————————————- —-

4. (U) Les participants à la réunion étaient du même âge et du même milieu, mais différents dans leurs points de vue sur la religion, la société et la politique. Il y avait environ neuf hommes et une femme, bien qu’il y ait d’autres femmes dans le groupe plus large en ligne qui ont manifesté leur intérêt pour venir à la réunion mais ne pouvaient pas, pour une raison ou une autre. (La seule femme présente était une expatriée arabe de 27 ans qui était accompagnée de son grand-père.) La plupart des blogueurs étaient au début-milieu de leur vingtaine. Quelques-uns ont été à l’école aux États-Unis, et d’autres étaient diplômés de, ou fréquentent actuellement des universités, au Koweït. Aucun ne semble être représentatif de la [classe] « super-riche » du Koweït, mais ils étaient plutôt représentatifs de la « classe moyenne » koweïtienne, dans la mesure où il y ait une telle chose.

[…]

Employés au gouvernement et dans le secteur privé —————————————–

5. (SBU) Les participants qui travaillaient étaient soit indépendants comme graphistes ou web-designers, ou travaillaient dans le secteur public. Ceux qui travaillaient pour le gouvernement n’ont trouvé aucune fierté particulière dans leur travail, voyant simplement cela comme quelque chose pour passer le temps pendant la journée et pour fournir un chèque de paie. Un participant, « Abdulatif », se vantait du temps libre dont il jouissait à ce travail de saisie de données dans la fonction publique, en disant qu’il a réalisé une bonne quantité de blogging et de navigation personnelle sur le web depuis le travail. Toutes les personnes présentes ont convenu que le travail du gouvernement était une «blague» et n’offrait pas de défis ou d’incitations à travailler dur. […]

Pas effrayés par la censure ———————-

8. (SBU) Bien qu’aucun des blogueurs n’ait eu des expériences avec le Gouvernement du Koweït [GOK] pour essayer de les arrêter ou de censurer ce qu’ils disent, certains d’entre eux ont admis l’auto-censure sur certains de leurs blogs. Ce n’était pas clair, cependant, de savoir si les préoccupations des blogueurs concernaient les pouvoirs publics du Koweït ou les sensibilités de leur public au Koweït. Lorsqu’on leur a demandé, aucun des blogueurs ne pensait que le Gouvernement du Koweït censurerait jamais un de leurs blogs, mais aucun ne l’a totalement exclu comme une possibilité. La plupart des blogueurs savaient comment contourner la censure du Gouvernement du Koweït pour les autres sites.

L’avenir: Continuez le Blogging —————————-
9. (U) La plupart des blogueurs présents avaient des plans spécifiques concernant leur avenir, y compris des objectifs de carrière, et même ceux sans plans spécifiques avaient une attitude positive pour leur avenir et l’avenir du Koweït. Aucun n’a exprimé un intérêt pour quitter le Koweït. Au contraire, quelques-uns étaient récemment revenus de l’étranger, soit depuis les États-Unis ou depuis des emplacements du Golfe comme Dubaï, pour poursuivre des opportunités d’affaires au Koweït.

Source: http://wikileaks.org/plusd/cables/05KUWAIT514_a.html

Un outil de visualisation des câbles WikiLeaks en ligne

Reference Network Visualization [Visualisation du réseau de référence]: http://wlwardiary.github.io/cable2graph/

Une visualisation interactive des références entre les câbles diplomatiques

Wikileaks-reference network visualization

INDEX

1. Parcourir la visualisation

2. Comment cela est-il conçu?

3. Quelle est la structure du réseau?

4. Quels sont les câbles manquants?

5. Que puis-je faire?

6. Comment lire le graphique?

7. Code et données

8. Contact

Cablegate et similarité de réseau  (http://dataporn.tumblr.com/post/54709089136/cablegate-and-network-similarity)

En naviguant sur les visualisations générées par le réseau de référence du cablegate, il devient évident que certaines formations de nœuds et d’arêtes apparaissent plus souvent. Le principal exemple est l’étoile, qui représente souvent une demande d’action auprès du département d’Etat et les réponses liées.

La structure du réseau peut représenter un comportement, elle peut refléter la façon dont les références dans les câbles diplomatiques sont utilisées.

Quelles sont les structures de réseau en commun et que représentent-elles?

Pour répondre à cette question, le graphe complet doit être divisé en sous-graphes plus petits. Ensuite, chaque sous-graphe est à comparer avec l’autre pour une similarité.

Cependant, même la comparaison de deux graphes identiques est coûteux.

Une solution possible est introduite par J. Bagrow et al. dans le document de 2008 « Portraits de réseaux complexes » qui décrit « les grands réseaux complexes en introduisant une nouvelle structure de matrice, unique pour un réseau donné, qui encode l’information structurelle ».

Voir une liste des graphiques disponibles: http://wlwardiary.github.io/cable2graph/v0.2/stars.html

Exemple de graphique en ligne: Graphique n°7924
http://wlwardiary.github.io/cable2graph/v0.2/star_7924.graphml.html

Wikileaks-Reference Network Visualization

Une visualisation interactive des références entre les câbles diplomatiques:

v0.3
v0.2
v0.1

Données du Cablegate: https://github.com/wlwardiary/cable2graph/wiki/data

CableWeaving: http://thedod.github.io/cableweaving/

En savoir plus: http://dataporn.tumblr.com/

Les blogs, un enjeu de liberté d’expression au Vietnam

Câble n°09HANOI378 – 22 avril 2009 – Confidentiel – Ambassade de Hanoi

TAGS: PHUM PREL PGOV ECON VM
Sujet: Les blogs et la dissidence politique au Vietnam

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RÉSUMÉ: L’Internet continue de révolutionner la communication politique et la dissidence au Vietnam. Les blogs fournissent régulièrement une voie alternative aux journalistes de presse pour publier des informations dont ils savent qu’elle n’irait pas au-delà des censeurs de l’État ou de l’autocensure d’un journal. Le GVN [Gouvernement du Vietnam] estime qu’il y a plus de 300 000 blogueurs vietnamiens ; les données de Yahoo suggèrent que le nombre est beaucoup plus élevé. En contraste de la situation en Chine, de nombreux militants politiques bien connus et des journalistes de grande envergure possèdent des blogs sous leur propre nom ou sous des pseudonymes à peine voilés qui ne sont pas bloqués par la censure Internet. Les dissidents les plus virulents du Vietnam postent régulièrement avec véhémence des opinions anti-gouvernement et anti-communistes qui les exposeraient à une arrestation à peu près certaine si elles étaient exprimées à travers d’autres moyens plus conventionnels. Les sites Internet Anti-GVN [Anti-Gouvernement du Vietnam], hébergés aux États-Unis, en France et en Allemagne, servent de chambres de compensation pour ces posts, ce qui permet à la Communauté vietnamienne en exil de se joindre à des dissidents locaux dans la critique du gouvernement. Comme le montre la liste suivante des éminents critiques en ligne basés au Vietnam, même dans l’environnement médiatique strictement restreint de cet Etat à parti unique, la dissidence trouve des débouchés pour s’exprimer. FIN DU RÉSUMÉ.

Source: http://wikileaks.org/cable/2009/04/09HANOI378.html

Un outil de recherche avancée sur Twitter pour les actualités #Wikileaks

Comme beaucoup de ceux qui passent leur temps libre sur les réseaux sociaux, il est parfois difficile de trouver l’information exacte que l’on recherche dans le chaos multilingue des messages postés depuis différentes parties du monde!

Nous conseillons donc à nos lecteurs, sur ce blog, d’utiliser un outil de recherche avancée sur Twitter, ce qui vous permettra de trouver par exemple tous les tweets relatifs à #Wikileaks en sélectionnant uniquement ceux qui ont été écrits en langue française (ou une autre langue de votre choix), ou depuis un endroit donné (outil de géolocalisation), ou selon le type d’appréciation (positive/négative).

Ceci augmentera vos chances d’accéder à une information précise, de manière beaucoup plus rapide que de suivre les tweets dans le fil d’actualités. Pour finir, voici quelques exemples de hashtags relatifs à Wikileaks sur Twitter (en dehors des deux hashtags connus #Wikileaks et #Assange):

#CableGate (révélations des câbles diplomatiques américains)

#GiFiles (Global Intelligence Files) #StratforFiles

#PlusD (révélations des câbles diplomatiques incluant les câbles Kissinger)

#AskAssange (utilisé lors de certaines conférences ou débats publics pour poser directement sa question au fondateur de Wikileaks)

#WLParty (Parti Wikileaks)

#WLsup (Wikileaks Supporters)

#transparency (tweets relatifs à la transparence politique)

#netfreedom (tweets relatifs à la défense des libertés Internet)

Voir l’outil de recherche avancée sur Twitter: https://twitter.com/search-advanced

WikiLeaks dispose désormais d’un moteur de recherche intégré

Câbles secrets américains-WikileaksAlors que des documents dérobés par Edward Snowden ont montré que WikILeaks était activement surveillé par les agences américaine et anglaise de renseignement (NSA et GCHQ), le site a lancé ce week-end un moteur de recherche. Une fonction qui peut paraître anodine, mais qui pourrait avoir un vrai impact.

WikiLeaks a ouvert dimanche, pour la première fois, un moteur de recherche sur son site. Une fonctionnalité somme tout très classique, mais qui permet désormais de trouver beaucoup plus efficacement des informations dans la montagne de documents disponibles.

On peut donc y effectuer des recherches très simples basées sur des mots clés et trouver par exemple très facilement des documents tels que les câbles diplomatiques Kissinger. Le site met en outre en place des opérateurs particuliers et des filtres pour des recherches plus précises. Un outil qui devrait permettre un accès plus aisé à ceux qui pouvaient être rebutés.

Vincent Hermann

Source: http://www.pcinpact.com/breve/86000-wikileaks-dispose-desormais-dun-moteur-recherche-integre.htm

Autres outils de recherche des documents Wikileaks:

PlusD (Cablegate et câbles Kissinger)
GiFiles
War Diaries, journaux de guerre en Irak et en Afghanistan
Wikileaks Storage

Les liens de WikiLeaks et de l’ONU

Personne ne s’est peut-être encore posé la question, mais à observer le phénomène Wikileaks depuis plusieurs années — le combat mené pour dénoncer les crimes de guerre, les attaques de drones, ou encore la défense de Bradley Manning —, on peut remarquer que les prises de position de Wikileaks tendent à rejoindre les centres d’intérêts de l’ONU et à coïncider avec une même perception des droits de l’homme. De là, peut-on dire que Wikileaks a des liens avec l’ONU? Aucun journaliste ne s’est jamais penché sur ce problème. Il n’y a rien d’évident dans une telle affirmation, si ce n’est que Julian Assange lui-même a affirmé, un jour, que lui et son organisation « travaillent avec des services secrets ». (TheLocal.se) Alors, pourquoi ne pas imaginer qu’il travaille aussi avec l’ONU ou certains de ses représentants dans la défense d’intérêts communs? En cinq points, nous tenterons d’élucider le problème.

1. En 2010, WikiLeaks révèle l’espionnage des représentants de l’ONU

A travers les séries de révélations du Cablegate, les fuites diplomatiques des Etats-Unis, WikiLeaks a rendu public le système d’espionnage qui avait été mis en place de manière illégale à l’égard des représentants de l’ONU. En juillet 2009, comme le précise Wikipedia, Hillary Clinton avait signé une directive qui ordonnait aux diplomates américains en fonction d’espionner leurs collègues à l’ONU, de collecter leurs « emails, mots de passe Internet et intranet, numéros de cartes bancaires, numéros de cartes de fidélité de compagnies aériennes et plannings de travail « . (Le Monde) Cette directive provient du Département d’Etat américain et a pour référence le câble n°09STATE80163 sur le site Wikileaks. Tout comme l’espionnage de la NSA révélé par Edward Snowden, l’espionnage des représentants de l’ONU avait aussi suscité la colère dans le monde politique. On peut aussi constater dans le wiki de Wikileaks que, bien avant l’année 2010, l’organisation a publié certains rapports confidentiels de l’ONU, notamment « 70 rapports d’enquête des Nations Unies classés strictement confidentiel »Ceci semble confirmer que l’ONU et Wikileaks poursuivent des intérêts communs dans la défense des droits de l’homme.

2. Le soldat Bradley Manning défendu par Juan Mendez, ancien conseiller spécial de l’ONU

Autre lien entre Wikileaks et l’ONU: Bradley Manning, qui est le soldat à l’origine de la plus grande fuite de documents secrets de l’histoire, le Cablegate. Le traitement inhumain de Bradley Manning après son arrestation par les Etats-Unis a été dénoncé par Juan Mendez, ancien conseiller spécial de l’ONU et « rapporteur spécial sur la torture et autres peines ou traitements cruels » depuis 2010, comme on peut le lire dans la description de son parcours professionnel publié sur le site de l’ONU. Juan Mendez s’était exprimé au Guardian en avril 2011 sur l’affaire Manning: « Je suis profondément déçu et frustré par le manquement aux responsabilités du gouvernement américain à l’égard de mes tentatives pour rendre visite à M. Manning ».

3. Wikileaks, l’ONU et la dénonciation des attaques de drones

Une autre prise de position qui rapproche Wikileaks et l’ONU serait la dénonciation des attaques de drones et les nombreuses atteintes à la vie des civils. Les Nations Unies ont appelé par exemple à « la transparence dans l’utilisation des drones armés, en citant les risques d’une utilisation illégale » (Centre d’informations de l’ONU, 25 octobre 2013), et à ce que « la communauté internationale doit tenir compte des préoccupations du Pakistan sur les drones, selon un expert de l’ONU ». (Centre d’informations de l’ONU, 15 mars 2013) En décembre 2013, « l’ONU appelle à ce que les frappes de drones se conforment au droit international ». (Dawn.com) On se rappelle aussi qu’à la même période où l’ONU fait ces communiqués sur les attaques américaines, Julian Assange « dénonce les drones, les assassinats ciblés » et les « raisons arbitraires » qui conduisent les Etats-Unis à placer des personnes sur des listes d’assassinats programmés, dans une interview avec Bill Maher. Il avait appelé dans cette interview à ce que le gouvernement américain déclassifie les documents secrets sur les attaques de drones.

4. L’ONU défend et veut assurer la protection des lanceurs d’alerte

Comme nous l’avions traduit dans un article du 12 juillet 2013, « La Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, a souligné vendredi la nécessité de protéger ceux qui révèlent des violations des droits de l’homme, citant le cas de l’Américain Edward Snowden », et plus largement se référant à tout type de lanceurs d’alerte qui pourraient révéler des abus sur les droits de l’homme. Les lanceurs d’alerte sont bien plus que de simples héros solitaires de la société, comme le décrivent certains médias: au contraire, rejoignant la vision de l’organisation Wikileaks, l’ONU voit clairement en eux des militants utiles à la défense des droits de l’homme, des citoyens qui doivent donc être protégés comme les autres par la Déclaration universelle des Droits de l’homme et bénéficier des mêmes droits à l’asile politique ou au statut de réfugié, etc. Les lanceurs d’alerte sont aussi perçus dans leur dimension pacificatrice, à savoir que les révélations politiques peuvent aussi aider à résoudre des conflits, à trouver l’origine réelle de certaines guerres et à favoriser ainsi la paix dans le monde. La moindre information, si insignifiante soit-elle, peut parfois changer le destin du monde — c’est pourquoi chaque lanceur d’alerte est important, et c’est pourquoi chaque être humain peut devenir un lanceur d’alerte.

5. L’ONU, comme Wikileaks, dénonce la surveillance numérique

Dans la suite du scandale de la NSA, l’ONU a pris la défense d’Edward Snowden, mais a aussi entamé toute une réflexion sur le droit à la vie privée à l’ère numérique. Dans notre dernier article, nous nous sommes penchés sur les récents communiqués de l’ONU qui proposent des résolutions pour que les droits de l’homme soient mieux pris en compte et respectés dans le cadre de la surveillance. Voici donc encore un point qui rapproche Wikileaks et l’ONU, même si beaucoup d’autres organisations défendent aussi le droit à la vie privée. Vous pouvez lire le document A/C.3/68/L.45 dont il est question sur le site de l’ONU (disponible en différentes langues, en cliquant ici). Tout cela fait beaucoup de points communs entre Wikileaks et l’ONU: la défense de Bradley Manning, Edward Snowden, la défense du statut des lanceurs d’alerte, la défense des droits de l’homme, la défense des droits à l’asile politique et au statut de réfugié (Julian Assange et Edward Snowden ne sont-ils pas aussi des demandeurs d’asile politique?), la dénonciation de la surveillance numérique, la dénonciation des guerres et des abus de toutes sortes commis pendant les conflits. A travers certains aspects, l’ONU apparaît comme une instance internationale qui permet de réguler les droits de l’homme et d’instaurer un équilibre politique entre les pays. Wikileaks a aussi eu un rôle semblable: en rendant publics l’espionnage des diplomates ou les crimes de guerre, l’organisation Wikileaks a permis de mettre fin à des abus et à réguler la politique internationale en faveur de plus de justice et d’une prise de conscience face aux enjeux de la démocratie dans le monde.

Finalement, ce qu’on peut en conclure, c’est qu’au vu de toutes les questions qui concernent les droits de l’homme, il est à peu près évident que l’ONU a des liens avec Wikileaks. Que tant de choses les rapprochent uniquement par le hasard serait peu probable. Comme les pièces d’un puzzle, tous les éléments prennent sens dans ce tableau: Wikileaks et l’ONU, on dirait que c’est un peu la même chose, avec un but commun dans la défense des droits de l’homme et l’instauration d’une paix mondiale. Mais de là à savoir si l’ONU a pu être à l’origine d’une idée comme Wikileaks, avoir incité ou eu une influence dans la création de l’organisation, lui fournir des documents secrets ou une quelconque forme d’assistance — pour le savoir, il faudrait le demander à Julian Assange lui-même, si seulement il se sentait le courage de faire toute la transparence sur son organisation! Si Wikileaks avait des liens avec l’ONU, pourquoi l’aurait-il caché? Est-ce que la défense des droits de l’homme serait une chose que l’on cache et que l’on dissimule au public?… Ce serait somme toute assez bizarre de se dire que Wikileaks a peut-être bénéficié de l’assistance d’une organisation internationale telle que l’ONU: d’un côté, cela paraîtrait normal puisqu’ils défendent tous deux les droits de l’homme; d’un autre côté, pourquoi Wikileaks se décrirait comme une organisation non-gouvernementale? S’il y avait un lien avec l’ONU, ce serait certainement préférable de dire les choses clairement au grand public et aux médias, pour permettre à chacun de comprendre le vrai sens du combat de Wikileaks.

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CC BY-SA

WikiLeaks: Russia Today publie l’intégralité du documentaire MEDIASTAN

Documentaire Mediastan

Qu’auraient en commun un ancien détenu de Guantanamo, un journaliste dans un petit journal d’Asie centrale et un éditeur d’une grande publication occidentale? Ils obtiennent des documents de Wikileaks sur la politique de la région, mais que vont-ils faire avec?

En savoir plus: http://rt.com/news/mediastan-wikileaks-asia-release-505/
et http://wikileaks.org/Watch-MEDIASTAN.html

Les câbles Wikileaks confirment que les Etats-Unis et le Pakistan ont coordonné des attaques militaires contre les insurgés pakistanais

Les câbles Wikileaks confirment que le gouvernement du Pakistan a mené, en accord avec les Etats-Unis, une politique de répression contre des groupes présumés terroristes, en acceptant un financement américain de matériel militaire, et en autorisant notamment les survols et les tirs de drones américains sur le territoire pakistanais. La question est de savoir: comment un gouvernement qui se dit « indépendant » et se considère comme une « république » (le Pakistan) peut-il autoriser une force étrangère (les Etats-Unis) à bombarder son propre pays et à tuer des civils sur son propre territoire? C’est pourtant la triste réalité du 21ème siècle: quand un gouvernement tue et fait assassiner sa propre population, car les raids de l’armée visent aussi bien les terroristes que les civils, sans pour autant trouver de solution politique.

En témoignent les paroles du 1er ministre pakistanais, Youssuf Raza Gilani, dans un câble Wikileaks du 23 août 2008 (réf. 08ISLAMABAD2802):

« Beaucoup diront que nous avons passé un accord avec les Etats-Unis, mais je continue de comprendre que nous devons le faire. » (9.C)

« Je ne m’inquiète pas qu’ils le fassent, pour autant qu’ils attrapent les bonnes personnes. Nous protesterons à l’Assemblée Nationale, puis nous l’ignorerons. » (11.C)

Dans un autre câble daté du 9 octobre 2009 (réf. 09ISLAMABAD2449), on peut encore lire:

« L’Armée Pakistanaise vient juste pour la deuxième fois d’approuver le déploiement d’éléments des opérations spéciales des Etats-Unis pour soutenir les opérations militaires pakistanaises. »

Quelques jours avant cette décision d’approuver la présence d’éléments américains pour mener conjointement des opérations militaires, le Pakistan a demandé et reçu une aide de 300,000 $ des Etats-Unis, pour du matériel militaire destiné à la reconnaissance de nuit des cibles potentielles (réf. 09ISLAMABAD2380):

« Le Groupe des Services Spéciaux de l’Armée Pakistanaise (SSG) a demandé 25 appareils d’imagerie thermique (Renegade 320) pour ses unités à un coût de 300,000 dollars. » (2)

Justification pour la vente:

(SBU) Les opérations de contre-insurrection requièrent la capacité à conduire toute la gamme de la collecte de renseignements et des activités de combat 24 heures par jour, afin d’empêcher les militants ennemis de couvrir l’obscurité. » (3)

Considération sur les droits de l’homme:

(U) « Il n’y a pas de considérations relatives aux droits de l’homme qui exclueraient la livraison de NVD [Dispositifs de Vision de Nuit] à l’armée pakistanaise. » (8)

Dernièrement, en novembre 2013, deux chefs talibans ont été ciblés dans des attaques meurtrières, qui ne sont elles-mêmes que la continuation de cet accord passé entre les Etats-Unis et le Pakistan dans la lutte anti-terroriste.

Hakimullah MehsudLe 1er novembre 2013, les drones américains ont tué le chef des Talibans pakistanais, Hakimullah Mehsud, recherché notamment depuis l’attentat qui avait tué 7 militaires américains dans la province de Khost. La violence et les drones, c’est malheureusement la seule manière dont les Etats-Unis pensent résoudre le problème du terrorisme au Moyen-Orient. Or, on sait très bien que cela ne résout rien. Au contraire, à chaque assassinat, les Talibans choisissent un nouveau chef: « Hakimullah Mehsud enterré, les talibans choisissent un successeur », comme le titre le journal Le Monde. De plus, les combattants tués par les drones américains sont tous considérés comme des martyrs par la population et cela ne fait qu’accroître le sentiment anti-américain: « Hakimullah a été martyrisé« , témoigne un commandant taliban dans India Times, et comme on peut lire aussi dans l’article de Marie-France Calle, « Hakimullah Mehsud, ‘héros’ et ‘martyr’ au Pakistan« . Donc, le problème du terrorisme n’est en rien résolu. Les Etats-Unis jettent seulement de l’huile sur le feu en assassinant les talibans, car cela ne fait qu’augmenter leur motivation ainsi que la colère de la population contre leur gouvernement et contre l’armée américaine qui sont tous deux responsables de ces crimes.

Nasiruddin HaqqaniLe deuxième assassinat qui a visé un chef taliban est celui qui a eu lieu dimanche 10 novembre 2013 contre Nasiruddin Haqqani, fils de Jalaluddin Haqqani, le fondateur du réseau Haqqani, un réseau d’insurgés qui opéraient contre les forces de l’OTAN et des Etats-Unis sur la frontière afghano-pakistanaise. « Au moins quatre hommes armés ont ouvert le feu sur lui » a déclaré un représentant des Talibans à Miranshah. Les deux raisons invoquées de cet assassinat sont d’une part la responsabilité de Nasiruddin Haqqani dans le financement de cette organisation, et d’autre part, le fait qu’il était un soutien au chef taliban Hakimullah Mehsud, considéré par les Etats-Unis comme l’un des terroristes les plus recherchés. Même si la mort de Nasiruddin Haqqani n’a pas été revendiquée dans le cadre de la lutte anti-terroriste, on peut néanmoins considérer que cette mort est la résultante des accords communs passés entre les Etats-Unis et le Pakistan, comme ce fut le cas pour Hakimullah Mehsud: « Un cadavre fantôme, une police absente et des espions affairés: les suites de la mort au Pakistan de Nasiruddin Haqqani, figure des Talibans afghans, renforcent les forts soupçons de complicité d’Islamabad avec des groupes accusés de terrorisme« .

Sources de l’article:

http://www.wikileaks.org/plusd/cables/08ISLAMABAD2802_a.html

http://www.wikileaks.org/plusd/cables/09ISLAMABAD2449_a.html

http://www.wikileaks.org/plusd/cables/09ISLAMABAD2380_a.html

http://www.liberation.fr/monde/2013/11/11/pakistan-l-argentier-d-un-reseau-taliban-assassine_946139

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2013/11/11/pakistan-le-financier-du-reseau-haqqani-tue_3511815_3216.html

http://www.indiatimes.com/news/asia/us-drones-kill-pakistan-taliban-chief-hakimullah-mehsud-109826.html

http://blog.lefigaro.fr/inde/2013/11/hakimullah-heros-et-martyr-au.html

http://mediarabe.info/spip.php?breve20697