Des câbles WikiLeaks révèlent que Paul Manafort, le directeur de campagne de Trump, était une source secrète de l’ambassade américaine en Ukraine

Source: https://twitter.com/wikileaks/status/760111699936550912 Voir la liste des documents: https://search.wikileaks.org/?query=manafort&exact_phrase=&any_of=&exclude_words=&document_date_start=&document_date_end=&released_date_start=&released_date_end=&include_external_sources=True&publication_type[]=6&publication_type[]=2&new_search=False&order_by=most_relevant#results

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Exclusif: le gouvernement britannique exhorté à révéler son rôle dans l’accession de l’Arabie Saoudite au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies

arabie_saoudite_cameronPhoto: Le premier ministre David Cameron rencontre le ministre saoudien des affaires étrangères le Prince Saud al-Faisal au 10 Downing Street

Independent.co.uk, Adam Withnall, Charlie Cooper, 3 janvier 2016

Les leaders [du parti] Libéral Démocrate et du Green Party demandent à David Cameron de révéler si le gouvernement britannique a soutenu l’offre de l’Arabie Saoudite

David Cameron a été invité à « clarifier » le rôle que le gouvernement britannique a joué dans le vote en faveur de l’Arabie Saoudite au Conseil des droits de l’homme de l’ONU dans une entente secrète présumée.

Le gouvernement saoudien a exécuté 47 personnes, samedi, provoquant l’indignation à travers le Moyen-Orient et en suscitant un regain d’inquiétudes sur son bilan des droits de l’homme.

En réponse, les leaders [du parti] Libéral Démocrate et du Green Party ont exigé une enquête publique afin de déterminer si la Grande-Bretagne a été impliquée dans une entente secrète en échange du vote en 2013 pour assurer aux deux pays une place sur un panel influent de l’ONU.

Des câbles diplomatiques publiés par Wikileaks l’an dernier tendent à montrer que le Royaume-Uni a entamé des négociations secrètes, en demandant à l’Arabie Saoudite son soutien avant un scrutin.

Les échanges n’ont jamais été commentés par les responsables britanniques. La Grande-Bretagne et l’Arabie saoudite ont tous deux plus tard été nommés parmi les 47 Etats membres du CDH de l’ONU à la suite du scrutin secret.

Après l’exécution de dizaines de personnes, y compris celle de l’éminent chef religieux chiite le cheikh Nimr al-Nimr, M. Cameron a été accusé par des militants des droits de l’homme de « fermer les yeux » sur les abus saoudiens.

Lire l’intégralité de l’article: http://www.independent.co.uk/news/uk/politics/uk-government-urged-to-reveal-its-role-in-getting-saudi-arabia-a-key-un-human-rights-role-a6794801.html

WikiLeaks révèle comment les Etats-Unis ont poursuivi de manière agressive le changement de régime en Syrie, en provoquant le début d’un bain de sang

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Le 9/10/2015, par Robert Naiman, Verso Books (extrait du livre)

Ce qui suit est le chapitre 10 des documents WikiLeaks:

Le 31 Août 2013, le président américain Barack Obama a annoncé qu’il avait l’intention de lancer une attaque militaire contre la Syrie en réponse à une attaque aux armes chimiques dans ce pays que les États-Unis ont attribué au gouvernement syrien. Obama a assuré le public américain que ce serait une action limitée uniquement destinée à punir le gouvernement Assad pour l’utilisation d’armes chimiques; l’objectif de l’action militaire américaine ne serait pas de renverser le gouvernement Assad, ni de changer l’équilibre des forces dans la guerre civile interconfessionnelle en Syrie.

L’histoire montre que la compréhension du public face à la politique étrangère des États-Unis dépend de façon cruciale de l’évaluation des motivations des responsables américains. Il est plus que probable que les responsables américains se présenteront aux yeux du public comme ayant des motivations plus nobles que ce qu’ils partagent avec d’autres en privé, et donc que si les membres du public avaient accès aux motivations partagées en privé, ils pourraient faire des évaluations différentes de la politique américaine. Ceci est la raison principale pour laquelle la publication des câbles diplomatiques américains par WikiLeaks était si importante.

Les câbles ont donné au public une ouverture récente sur les stratégies et les motivations des responsables américains telles qu’ils les ont exprimé entre eux, pas comme ils ont l’habitude de les exprimer au public. Dans le cas de la Syrie, les câbles montrent que le changement de régime avait été un objectif de longue date de la politique américaine; que les Etats-Unis ont fait la promotion du sectarisme en soutien à leur politique de changement de régime, contribuant ainsi à jeter les bases de la guerre civile interconfessionnelle et à l’effusion massive de sang que nous voyons aujourd’hui en Syrie; que les éléments clés de la politique de changement de régime par l’administration Bush sont restés en place alors même que l’administration Obama s’est tournée publiquement vers une politique d’engagement; et que le gouvernement américain était beaucoup plus intéressé par la politique étrangère du gouvernement syrien, notamment sa relation avec l’Iran, que par les droits de l’homme à l’intérieur de la Syrie.

Un câble du 13 Décembre 2006, «Influencer le SARG [Gouvernement Syrien] à la fin de 2006″, indique que, d’aussi loin que 2006 – cinq ans avant les manifestations du «Printemps arabe» en Syrie – déstabiliser le gouvernement syrien était une motivation centrale de la politique américaine. L’auteur du câble était William Roebuck, à ce moment chargé d’affaires à l’ambassade américaine à Damas. Le câble souligne les stratégies pour déstabiliser le gouvernement syrien. Dans son résumé du câble, Roebuck écrit:

Nous croyons que les faiblesses de Bachar sont dans la façon dont il choisit de réagir à des questions imminentes, à la fois dans la perception et dans la réalité, comme le conflit entre les étapes de la réforme économique (cependant limitée) et des forces corrompues, bien enracinées, la question kurde, et la menace potentielle pour le régime de la présence croissante d’extrémistes islamistes en transit. Ce câble résume notre évaluation de ces vulnérabilités et suggère qu’il peut y avoir des actions, des déclarations, et des signaux que le gouvernement US peut envoyer et qui permettront d’améliorer la probabilité de telles opportunités qui se manifestent.

Ce câble indique que l’objectif des États-Unis en Décembre 2006 a été de saper le gouvernement syrien par tous les moyens, et que ce qui importait était de savoir si l’action des États-Unis permettrait de déstabiliser le gouvernement, pas de savoir ce que pourraient être les autres impacts de l’action. En public, les Etats-Unis étaient en faveur de la réforme économique, mais en privé les États-Unis ont vu le conflit entre la réforme économique et « les forces corrompues, retranchées » comme une « opportunité ». En public, les États-Unis étaient opposés aux « extrémistes islamistes » où que ce soit; mais en privé, ils ont vu la « menace potentielle pour le régime de la présence croissante d’extrémistes islamistes en transit » comme une « opportunité » que les Etats-Unis devraient considérer dans leur champ action pour essayer de l’augmenter.

Lire la suite: http://www.truth-out.org/progressivepicks/item/33180-wikileaks-reveals-how-the-us-aggressively-pursued-regime-change-in-syria-igniting-a-bloodbath

Les Etats-Unis nient les affirmations faites par WikiLeaks d’un complot pour renverser le président bolivien

TelesurTV.net, le 6 octobre 2015

Coroico_townLa Bolivie dit qu’elle lance une enquête approfondie sur des révélations rendues publiques par un rapport de WikiLeaks

Les États-Unis ont réfuté les rapports selon lesquels ils prévoyaient de renverser le gouvernement de Bolivie.

La controverse a commencé après qu’un rapport ait fait surface sur WikiLeaks selon lequel le gouvernement américain avait comploté une tentative d’assassinat contre le président Evo Morales, en 2008.

Un représentant a décrit les accusations de WikiLeaks comme « absolument fausses et absurdes ».

Dans un communiqué très ferme, l’ambassade américaine en Bolivie a déclaré: « Le gouvernement des États-Unis n’a été impliqué dans aucun complot, ni tentative de renverser le gouvernement de la Bolivie ou d’assassiner le président Morales. Ce genre d’allégations sans fondement ne contribue pas à améliorer les relations bilatérales », a déclaré un porte-parole.

Malgré les dénégations, le gouvernement bolivien a annoncé qu’il continue en lançant une enquête approfondie.

Un ministre du gouvernement a révélé sur la télévision d’Etat, mardi matin, de nouvelles informations provenant d’un rapport de WikiLeaks.

Carlos Romero a rapporté des réunions qui ont eu lieu entre les dirigeants de l’opposition avec des représentants de l’ambassade des États-Unis entre 2007 et 2008. Romero a déclaré à TV Bolivia que les révélations montrent l’implication « catégorique » des Etats-Unis dans la coordination des « théories de conspiration » contre le gouvernement d’Evo Morales.

Lire l’intégralité de l’article: http://www.telesurtv.net/english/news/US-Denies-WikiLeaks-Claims-of-Plot-To-Topple-Bolivian-President-20151006-0019.html

L’ancien président américain Jimmy Carter donne une nouvelle fois son opinion sur WikiLeaks

wikileaks_3_12-300x200Après être intervenu en novembre 2010 dans une interview où il disait notamment, au sujet des révélations de WikiLeaks, que « Quand vous prenez les choses comme ça hors du contexte, je pense que cela n’aide personne, mais que ça heurte diplomatiquement » (CBS News) à cause des personnes mises en danger par certains documents, l’ancien président américain Jimmy Carter – aujourd’hui atteint d’un cancer au cerveau – a précisé sa pensée dans une nouvelle interview, en août 2015, où il se montre plus tolérant et soucieux de la vérité face aux organisations qui publient des documents confidentiels.

Il déclare, en effet, à la question posée:

Quelle est votre opinion sur WikiLeaks? Pensez-vous que le secret, ou ce qu’on appelle les « activités de renseignement », permettent de renforcer ou d’affaiblir une nation?

Vous savez, mon avis est un avis minoritaire, parce que la plupart des Américains sont en désaccord avec moi. Je ne déplore pas les révélations de WikiLeaks. Celles-ci ont juste rendu public ce qui était, en fait, vrai. Le plus souvent, la révélation de la vérité, même si elle est désagréable, est bénéfique.

Le Centre Carter, par exemple, que je dirige aujourd’hui, a un grand projet sur la liberté d’information pour encourager les nations individuelles à adopter des lois pour permettre à leurs citoyens de connaître les décisions que prennent les responsables du gouvernement. Et cela est parfois embarrassant pour le gouvernement. Mais nous faisons ça partout dans le monde.

Je pense que, presque invariablement, le secret est conçu pour dissimuler des activités inappropriées et non conçu pour le bien-être de la population en général. Donc, il peut y avoir eu quelques problèmes avec certaines des révélations de WikiLeaks, mais je pense qu’en général la révélation forcée de la vérité est le plus souvent utile.

Lire l’intégralité de l’article: http://theelders.org/article/only-us-president-who-didnt-wage-war#Truth

Géopolitique de la 3ème Guerre mondiale: Etats-Unis, Russie, Arabie Saoudite, pétrole et cours du dollar

Veterans Today, 19 septembre 2014

Traduction intégrale:

[Charles Krauthammer, chroniqueur affilié] Nous avons, comme vous le dites, Isis, l’Etat islamique, au cœur du Moyen-Orient, l’Iran qui fait le nucléaire, la Russie en mouvement, la Chine réclamant un territoire qu’elle n’a pas vraiment le droit de réclamer.

[Journaliste] Les rapports au jour le jour montrent les troupes russes qui vont plus loin dans le sud-est de l’Ukraine et aident à inverser la tendance.

[Gen. Martin Dempsey] Peuvent-ils être vaincus, sans aborder cette partie de l’organisation qui réside en Syrie? La réponse est non.

[Ben Rhodes, conseiller national adjoint de sécurité] Nous envisageons activement ce qui va être nécessaire pour faire face à cette menace et on ne va pas être limité par des frontières.
http://www.reuters.com/article/2014/08/23/us-iraq-security-usa-idUSKBN0GM1T920140823

[Juge Jeanine Pirro, vidéo] Des frappes aériennes, bombardez-les, bombardez-les, continuez de les bombarder, encore et encore…

[Howard Zinn, vidéo] Si vous êtes né hier, vous croyez à tout ce que quelqu’un vous dit là-haut, et vous n’avez aucun moyen de le vérifier. Avec un peu d’histoire, cela ne prouve pas que le gouvernement vous ment aujourd’hui, cela vous demande juste de vérifier si c’est le cas, et ensuite de décider pour vous-même.

[Narrateur] Contrairement à la croyance générale, la conduite des nations sur les scènes internationales n’est presque jamais guidée par plus de considérations. Mais plutôt par un sombre cocktail d’argent et de géopolitique, comme quand vous voyez les porte-paroles de la classe dirigeante qui commencent à diaboliser un pays étranger, la première question dans votre esprit doit toujours être: « qu’est-ce qui est réellement en jeu ici? »

Depuis quelques temps, la Russie, la Chine, l’Iran et la Syrie ont été dans le collimateur. Une fois que vous comprenez pourquoi, les événements qui se déroulent en ce moment même dans le monde prennent beaucoup plus de sens. Le dollar américain est une monnaie vraiment unique. En fait, sa conception actuelle et sa relation à la géopolitique ne ressemblent à aucune autre dans l’histoire.

Avant 1971, le dollar américain était lié au standard de l’or, du moins officiellement. Selon le FMI, en 1966, les banques centrales étrangères détenaient 14 milliards en dollars américains, mais les Etats-Unis avaient seulement 3,2 milliards $ en or alloués pour couvrir les avoirs étrangers.

Traduction: la Réserve fédérale imprimait plus d’argent que ce qu’elle pouvait rembourser.

Le résultat a été une inflation galopante et une fuite générale du dollar.

En 1971, dans ce qui est allait être appelé plus tard appelé le « Choc Nixon« , le président Nixon a supprimé le dollar du standard de l’or, intégralement.

[Richard Nixon] J’ai ordonné au Secrétaire du Trésor de prendre les mesures nécessaires pour défendre le dollar contre les spéculateurs. J’ai ordonné au secrétaire, calmement, de suspendre temporairement la convertibilité du dollar en or ou en d’autres avoirs de réserve, à l’exception du montant et des conditions déterminées à être dans l’intérêt de la stabilité monétaire et dans le meilleur intérêt des États-Unis.

[Narrateur] À ce stade, le dollar est devenu une monnaie purement fondée sur la dette. Avec des monnaies basées sur la dette, l’argent est littéralement prêté à l’existence.

Environ 70% de la monnaie en circulation est créé par les banques ordinaires qui sont autorisés à prêter plus d’argent que ce qu’elles possèdent sur leurs comptes. Le reste est créé par la Réserve fédérale, qui prête de l’argent qu’ils ne possèdent pas, la plupart du temps au gouvernement.

C’est un peu comme faire des chèques sans provision, sauf que c’est légal, pour les banques.

Cette pratique qui est désignée comme un « système de réserves fractionnaires » est prétendument réglementée par la Réserve Fédérale, une institution qui se trouve être  détenue et contrôlée par un conglomérat de banques, et aucune agence ou branche du gouvernement ne réglemente la Réserve Fédérale.

[Journaliste] Quelle est la relation appropriée, quelle devrait être la relation appropriée entre le président de la Fed et le président des États-Unis?

[Allen Greenspan, président du FMI – vidéo] Eh bien, tout d’abord, la Réserve Fédérale est une agence indépendante, ce qui signifie essentiellement qu’il n’y a pas d’autre agence gouvernementale qui peut passer outre les actions que nous prenons. Cela est en place depuis si longtemps et il n’y a aucune preuve que l’administration, ou le Congrès ou qui que ce soit d’autre demande que nous faisons des choses autres que ce que nous pensons être la chose appropriée. Alors, de savoir quelle relation, cela n’a franchement pas d’importance.

Maintenant, pour rendre les choses encore plus intéressantes, ces prêts de réserve fractionnaire ont un intérêt attaché, mais l’argent pour payer ces intérêts n’existe pas dans le système. En conséquence, il y a toujours plus de dette totale que d’argent en circulation, et afin de rester à flot, l’économie doit croître sans cesse.

Ceci n’est évidemment pas durable.

Maintenant, vous commencez peut-être à vous demander comment le dollar a maintenu une position si dominante sur la scène mondiale depuis plus de quarante ans, si c’est réellement un peu plus qu’un système de Ponzi élaboré.

Eh bien, c’est là où le dollar rejoint la géopolitique.

En 1973, sous l’ombre de la crise pétrolière artificielle de l’OPEP, l’administration Nixon entame des négociations secrètes avec le gouvernement de l’Arabie Saoudite pour établir ce qui plus tard va être appelé le système de recyclage des pétrodollars. Selon l’accord, les Saoudiens ne vendaient leur pétrole qu’en dollars américains, et investiraient la majorité de leurs profits pétroliers excédentaires dans les banques américaines et les marchés de capitaux.

Le FMI utiliserait alors cet argent pour faciliter les prêts aux pays importateurs de pétrole qui avaient des difficultés pour couvrir l’augmentation des prix du pétrole. L’intérêt et les paiements sur ces prêts seraient évidemment libellés en dollars américains.

Cet accord a été formalisé dans la « Commission mixte américano-saoudienne sur la coopération économique » mise en place par le secrétaire d’État de Nixon, Henry Kissinger, en 1974.

[Un autre document publié par le Congressional Research Service révèle que ces négociations avaient un avantage pour eux, alors les responsables américains discutaient ouvertement de la possibilité de saisir des champs de pétrole en Arabie Saoudite militairement.]

Le système a été élargi pour inclure le reste de l’OPEP, en 1975.

Bien que présenté comme un tampon pour les effets récessifs de la hausse des prix du pétrole, cet arrangement a eu un effet caché. Il a supprimé les contraintes traditionnelles sur la politique monétaire américaine.

La Réserve Fédérale était maintenant libre d’augmenter l’offre de l’argent à volonté. La demande toujours croissante de pétrole permettrait d’éviter une fuite du dollar, tout en distribuant les conséquences inflationnistes sur l’ensemble de la planète.

Le dollar est passé d’une monnaie basée sur l’or à une monnaie basée sur le pétrole. Il est également devenu le premier produit d’exportation de l’Amérique.

Vous êtes-vous déjà demandé comment l’économie américaine a été en mesure de rester à flot, tout en gardant plusieurs milliards de déficits commerciaux en dollars pendant des décennies? Vous êtes-vous jamais demandé comment il se fait que les États-Unis détiennent une telle quantité disproportionnée de la richesse mondiale, quand 70% de l’économie américaine est fondée sur le consommateur?

Dans l’ère moderne, les combustibles fossiles font tourner le monde. Ils se sont intégrés dans tous les aspects de la civilisation: l’agriculture, le transport, les matières plastiques, le chauffage, la défense et la médecine, et la demande ne cesse de croître.

Aussi longtemps que le monde aura besoin de pétrole, et aussi longtemps que le pétrole sera vendu uniquement en dollars américains, il y aura une demande pour le dollar américain, et cette demande est ce qui donne sa valeur au dollar.

Pour les États-Unis, c’est une très bonne affaire. Les dollars sortent, soit en papier ou en chiffres dans un système informatique, et des produits et services réels et tangibles arrivent. Toutefois, pour le reste du monde, c’est une forme très sournoise d’exploitation.

En ayant un commerce mondial principalement en dollars, cela confère également à Washington une puissante arme financière à travers les sanctions. Cela est dû au fait que la plupart des transactions en dollars à grande échelle sont forcées de passer par les Etats-Unis.

Ce système de pétrodollars restera incontesté jusqu’en septembre 2000, lorsque Saddam Hussein a annoncé sa décision de faire passer les ventes de pétrole de l’Irak du dollar vers l’euro. Ce fut une attaque directe sur le dollar, et facilement, l’événement géopolitique le plus important de l’année, mais seulement un article dans les médias occidentaux l’a mentionné.

Dans le même mois où Saddam a annoncé qu’il s’éloignait du dollar, une organisation appelée « Le Projet pour un Nouveau Siècle Américain » [PNAC], dont Dick Cheney s’est juste avéré être un membre, a publié un document intitulé « Reconstruire les défenses de l’Amérique. Stratégie, Forces et Ressources pour un Nouveau Siècle« . Ce document a appelé à l’augmentation massive des dépenses militaires américaines et à une politique étrangère beaucoup plus agressive afin d’étendre la domination américaine dans le monde. Cependant le document a déploré que la réalisation de ces objectifs prendrait de nombreuses années dans « l’absence d’un événement catastrophique et catalyseur – comme un nouveau Pearl Harbor ».

Un an plus tard, ils l’avaient.

Surfant sur la réaction émotionnelle du 11 septembre, l’administration Bush a réussi à envahir l’Afghanistan et l’Irak, et à passer le Patriot Act, sans aucune résistance significative.

Wesley Clark: Le plan US post 11/9: envahir 7 pays dont l’Irak, la Lybie, la Syrie et l’Iran

Il n’y avait pas d’armes de destruction massive en Irak, et ce ne fut pas une question de mauvaises informations. Ce fut un mensonge froid et calculé, et la décision d’envahir a été faite en pleine connaissance de la catastrophe qui allait suivre.

[Dick Cheney en 1994, vidéo]

[Journaliste]: Pensez-vous que les Etats-Unis, ou les forces de l’ONU, auraient dû venir à Bagdad?

[Dick Cheney]: Non

[Journaliste]: Pourquoi non?

[Dick Cheney]: Parce que si nous étions allés à Bagdad, nous aurions été tout seuls. Il n’y aurait eu personne d’autre avec nous. Il y aurait eu une occupation américaine en Irak. Aucune des forces arabes prêtes à se battre avec nous au Koweït n’étaient prêtes à envahir l’Irak.

Une fois que vous êtes en Irak et que vous en avez pris le contrôle, que vous faites tomber le gouvernement de Saddam Hussein, alors qu’est-ce que vous allez mettre à sa place? Voilà une partie très instable du monde, et si vous faites tomber le gouvernement central de l’Irak, vous pourriez très facilement finir par voir des morceaux de l’Irak s’envoler: une partie, les Syriens aimeraient en avoir à l’ouest, une partie de celui-ci – l’est de l’Irak – les Iraniens aimeraient le récupérer, ils se sont battus pour ça pendant huit ans. Dans le nord, vous avez les Kurdes, et si les Kurdes se rassemblent et rejoingnent les Kurdes en Turquie, alors vous menacez l’intégrité territoriale de la Turquie.

C’est un bourbier si vous allez aussi loin et essayez de prendre le contrôle de l’Irak.

L’autre chose, c’était les victimes. Tout le monde a été impressionné par le fait que nous avons pu faire notre travail avec aussi peu de victimes que nous avons eues. Mais pour les 146 Américains tués en action, et pour leurs familles – cela n’a pas été une guerre sans prix. Et la question pour le président, pour savoir si oui ou non nous poursuivons notre présence à Bagdad, si nous prenons des pertes supplémentaires dans un effort pour obtenir Saddam Hussein, était de savoir combien de morts supplémentaires Américains vaut Saddam?

Notre jugement a été qu’il n’en vaut pas beaucoup, et je pense que nous avons eu raison.

Ils savaient exactement ce qui allait se passer, mais en 2003, ils l’ont quand même fait. Une fois que les champs de pétrole irakiens ont été sous contrôle américain, les ventes de pétrole ont été immédiatement rétablies en dollars. Mission accomplie.

Peu de temps après l’invasion de l’Irak, l’administration Bush a tenté d’étendre ces guerres à l’Iran. Soi-disant le gouvernement iranien travaillait à la construction d’une arme nucléaire. Après le fiasco en Irak, la crédibilité de Washington a été gravement endommagée, et par conséquent, ils ont été incapables de rassembler un soutien national ou international pour une intervention. Leurs efforts ont en outre été sabotés par des éléments au sein de la CIA et du Mossad qui sont venus à l’avant pour déclarer que l’Iran n’avait même pas pris la décision de développer des armes nucléaires, et encore moins d’en commencer une tentative. Cependant, la campagne de diabolisation contre l’Iran a continué même au sein de l’administration Obama.

Pourquoi?

Eh bien, cela pourrait-il avoir quelque chose en rapport avec le fait que, depuis 2004, l’Iran a été dans un processus d’organisation d’une bourse pétrolière indépendante? Les Iraniens construisaient leur propre marché du pétrole, et il n’allait pas être lié au dollar. Les premières livraisons de pétrole ont été vendues par ce marché en juillet 2011. Incapables d’obtenir la guerre qu’ils voulaient, les États-Unis ont utilisé l’ONU pour imposer des sanctions contre l’Iran. L’objectif des sanctions était de renverser le régime iranien. Bien que cela ait porté préjudice à l’économie iranienne, les mesures ont échoué à déstabiliser le pays. Cela était dû en grande partie à l’aide de la Russie dans le contournement des restrictions bancaires américaines.

En février 2009, Mouammar Kadhafi a été nommé président de l’Union Africaine. Il a immédiatement proposé la formation d’un Etat unifié avec une monnaie unique. C’est la nature de cette monnaie proposée qui l’a tué.

En mars 2009, l’Union Africaine a publié un document intitulé « Vers une monnaie unique africaine ». Les pages 106 et 107 de ce document discutent spécifiquement les avantages et les aspects techniques de l’exécution de la Banque Centrale Africaine sous un standard en or. À la page 94, il est dit explicitement que la clé de la réussite de l’Union monétaire de l’Afrique serait la « liaison éventuelle d’une monnaie unique africaine à la plus monétaire de toutes les marchandises – l’or. »[Remarque: La numérotation des pages est différente sur d’autres versions du document qu’ils ont publié]

En 2011, la CIA est venue en Libye et a commencé à soutenir des groupes militants dans leur campagne pour renverser Kadhafi, et les Etats-Unis et l’OTAN ont soutenu et appliqué une résolution de zone d’exclusion aérienne à l’ONU pour faire pencher la balance avec des frappes aériennes. La présence d’extrémistes d’Al-Qaïda parmi ces combattants rebelles a été mise sous le tapis. La Libye, comme l’Iran et l’Irak, avait commis le crime impardonnable de contester le dollar américain.

L’intervention de l’OTAN en Libye s’est transformée en une guerre secrète contre la Syrie. Le gouvernement libyen a été torpillé et les armes ont été expédiées via la Turquie aux rebelles syriens travaillant à renverser Assad. Il était déjà clair à ce stade qu’un grand pourcentage de ces combattants avaient des liens avec des organisations terroristes. Cependant l’appareil de sécurité nationale des États-Unis a considéré cela comme un mal nécessaire. En fait, le Conseil des relations étrangères a publié un article en 2012 déclarant que « L’afflux des djihadistes apporte de la discipline, de la ferveur religieuse, de l’expérience de la bataille d’Irak, du financement de sympathisants sunnites dans le Golfe, et surtout, des résultats mortels. En bref, la FSA [Armée Syrienne Libre] a maintenant besoin d’al-Qaïda ».

[Voir theantimedia.org pour lire ça]

[Soyons clairs, les Etats-Unis ont mis l’Etat Islamique (ISIS) au pouvoir]

En 2013, ces mêmes rebelles syriens liés à Al-Qaïda ont lancé deux attaques au gaz sarin. Ce fut une tentative d’encadrer Assad et de mobiliser le soutien international pour une intervention militaire. Heureusement, ils ont été exposés par les Nations Unies et les enquêteurs russes, et la poussée en faveur des frappes aériennes s’est complètement effondrée lorsque la Russie est intervenue pour négocier une solution diplomatique.

La campagne pour un changement de régime en Syrie, tout comme en Libye, a été présentée en termes de droits de l’homme. Évidemment, ce ne sont pas les véritables motifs.

En 2009, le Qatar a mis en avant une proposition visant à lancer un pipeline de gaz naturel à travers la Syrie et la Turquie vers l’Europe. Assad l’a toutefois rejeté, et en 2011, il a forgé un pacte avec l’Irak et l’Iran pour construire un pipeline en coupant complètement le Qatar et l’Arabie saoudite de la boucle. Sans surprise, le Qatar, l’Arabie saoudite et la Turquie ont été les joueurs régionaux les plus agressifs dans la poussée pour renverser le gouvernement syrien.

Mais pourquoi ce pipeline aurait mis la Syrie dans la ligne de mire de Washington?

Trois raisons:
1. Cet arrangement du pipeline permettait de renforcer de manière significative la position de l’Iran, leur permettant d’exporter vers les marchés européens sans avoir à passer par l’un des alliés de Washington. Cela réduisait évidemment le levier du gouvernement américain.
2. La Syrie est le plus proche allié de l’Iran. Son effondrement aurait intrinsèquement affaibli l’Iran.
3. La Syrie et l’Iran ont signé un accord de défense mutuelle, et une intervention américaine en Syrie pourrait ouvrir la porte à un conflit ouvert avec l’Iran.

En février 2014, ce jeu d’échecs mondial a chauffé dans un nouveau lieu: l’Ukraine. La véritable cible était cependant la Russie.

Vous voyez, la Russie se trouve être juste le deuxième plus grand exportateur de pétrole au monde, et non seulement ils ont été une épine dans le pied de Washington au niveau diplomatique, mais ils ont aussi ouvert une bourse de l’énergie en 2008, avec des ventes libellées en roubles et en or. [Ce projet était en cours depuis 2006. Ils ont également travaillé avec la Chine pour se retirer du dollar dans l’ensemble de leur commerce bilatéral.]

La Russie a également été dans un processus d’organisation d’une Union Economique Eurasienne, qui comprend des plans pour adopter une unité monétaire commune, et qui est prévue pour avoir son propre marché indépendant de l’énergie.

Avant la crise, l’Ukraine a été face à un choix: soit rejoindre l’UE en vertu d’un accord d’association ou rejoindre l’Union eurasienne. L’UE a insisté que ce n’était pas une proposition optionnelle. L’Ukraine ne pouvait pas rejoindre les deux. La Russie, d’autre part, a affirmé que l’adhésion aux deux ne posait pas de problème. Le Président Ianoukovitch a décidé d’aller avec la Russie.

[Cet article du Guardian vaut aussi la peine d’être lu.]

En réponse, l’appareil de sécurité nationale des États-Unis a fait ce qu’il fait le mieux: ils ont renversé Ianoukovitch et installé un gouvernement fantoche. Pour voir la preuve complète de l’implication de Washington dans le coup d’Etat, regardez « La crise en Ukraine: ce qu’on ne vous dit pas ».

Bien que tout cela semblait aller bien au début, les États-Unis ont rapidement perdu le contrôle de la situation. La Crimée a organisé un référendum et le peuple a voté massivement pour faire sécession de l’Ukraine et pour une réunification avec la Russie. La transition a été ordonnée et pacifique. Personne n’a été tué, mais l’Occident a immédiatement encadré tout l’événement comme un acte d’agression russe, et cela est devenu le point de mantra à partir de là.

La Crimée est importante sur le plan géostratégique en raison de sa position sur la mer Noire, qui permet la projection de la puissance navale en Méditerranée. [Elle a aussi été un territoire russe dans une grande partie de l’histoire récente.]

Les Etats-Unis ont fait pression pour l’inclusion de l’Ukraine dans l’OTAN depuis des années maintenant. Une telle démarche aurait placé les forces américaines juste sur la frontière de la Russie et aurait potentiellement pu aboutir à la perte pour la Russie de leur base navale en Crimée. C’est la raison pour laquelle la Russie a immédiatement accepté les résultats du référendum de Crimée et a rapidement consolidé le territoire.

Pendant ce temps, dans l’Est de l’Ukraine, deux régions ont déclaré l’indépendance face à Kiev et ont tenu des référendums de leur propre côté. Des résultats qui ont plébiscité l’autonomie.

Kiev a répondu à cela avec ce qu’ils appelaient des opérations anti-terroristes. Dans la pratique, ce fut une campagne massive et aveugle de bombardements qui ont tué des milliers de civils. Apparemment, tuer des civils n’était pas considéré comme une agression pour l’Occident. En fait, le FMI a explicitement mis en garde le gouvernement provisoire que leur enveloppe de prêts de 17 milliards de dollars pourrait être en danger, s’ils ne sont pas en mesure de mettre un terme au soulèvement en Ukraine orientale.

Alors que la guerre contre l’Ukraine orientale faisait rage, les élections ont eu lieu et Petro Porochenko a été élu président. Il se trouve que Porochenko a été exposé par un câble diplomatique publié par Wikileaks en 2008, pour avoir travaillé comme taupe pour le Département d’État des États-Unis depuis 2006. Ils se sont référés à lui comme « Notre homme en Ukraine » et la plupart du câble fait référence à l’information qu’il fournissait. [Un autre câble montre que les Etats-Unis savaient que Poroshenko était corrompu même à ce moment.]

Avoir une marionnette en place n’a cependant pas été suffisant pour donner à Washington la haute main dans cette crise. Qu’est-ce que Washington fait quand ils n’ont pas d’autre effet de levier? Ils imposent des sanctions, ils diabolisent et ils font des tentatives d’intimidation.

Cela n’est pas une très bonne stratégie lorsqu’ils traitent avec la Russie. En fait, cela s’est déjà retourné contre eux. Les sanctions ont simplement poussé la Russie et la Chine à une coopération plus étroite et a accéléré l’agenda dé-dollarisation de la Russie. Et en dépit de la rhétorique, cela n’a pas conduit la Russie à être isolée. Les États-Unis et l’OTAN ont creusé un fossé entre eux et la Russie, mais pas entre la Russie et le reste du monde.

Ce nouvel axe anti-dollar va plus loin que l’économie. Ces pays comprennent ce qui est en jeu ici. Voilà pourquoi, dans le sillage de la crise ukrainienne, la Chine a proposé un nouveau pacte de sécurité eurasienne qui inclurait la Russie et l’Iran.

Considérez les implications ici, alors que l’administration Obama commence les bombardements en Syrie, un pays qui a également un accord de défense mutuelle avec l’Iran.

Cela n’est pas la guerre froide 2.0. C’est la guerre mondiale 3.0. Les masses n’ont peut-être pas encore compris, mais l’histoire s’en souviendra de cette manière.

Les alliances se consolident et une guerre chaude prend son cours sur de multiples fronts. Si les provocations et les guerres par procuration continuent, c’est seulement une question de temps avant que les grands joueurs s’affrontent directement, et ceci est une recette pour un désastre.

Est-ce que tout cela résonne de manière folle pour vous? Eh bien, vous avez raison. Les gens qui dirigent le monde en ce moment sont fous, et le public est comme un somnambule dans une tragédie. Si vous voulez modifier le cours où nous sommes, il n’y a qu’une seule façon de le faire. Nous devons réveiller ce public. Même les armes les plus puissantes de la guerre sont neutralisées, si vous atteignez l’esprit de l’homme derrière la détente.

Comment pouvons-nous réveiller les masses, demandez-vous? N’attendez pas que quelqu’un d’autre réponde pour vous. Faites preuve de créativité. Agissez comme si l’avenir de vos enfants et de vos petits-enfants était en jeu, parce que c’est le cas.

Transcription originale en anglais: http://www.veteranstoday.com/2014/09/19/the-geopolitics-of-world-war-iii/

WikiLeaks: Une traduction du document des Câbles saoudiens pour «faire tomber» le régime syrien

saudi-king-abdullah-syria-bashar-assad-afpLe roi saoudien Abdallah et le président syrien Bachar al-Assad au Palais d’al-Shaab à Damas, le 7 octobre 2009

Albawaba.com, le 7 juillet 2015 via SyndiGate.info

WikiLeaks est revenu avec un autre rapport, lundi, qui semble montrer les sentiments saoudiens à l’égard du régime syrien; un télégramme révèle que les responsables saoudiens ont dit du président Bachar al-Assad qu’il doit tomber avant qu’il ne se venge sur l’Arabie saoudite.

Une traduction exacte de la note semble montrer que l’Arabie saoudite a fait des plans pour rencontrer des responsables russes et essayer de les persuader de mettre un terme à leur soutien au régime. Dans l’intérêt des objectifs diplomatiques du royaume, le télégramme a parlé d’interdire aux médias locaux la couverture défavorable de la Russie.

Voici une traduction de la partie la plus pertinente du document saoudien:

Le royaume a pris une position ferme et il n’y a plus de place pour se retirer. Il faut mettre l’accent sur la vérité que le premier but du régime syrien, pour contourner la crise actuelle, est la revanche contre les pays qui se dressent contre lui, et le royaume et certains des pays du Golfe sont en haut de la liste. Si nous prenons en considération l’ensemble de la cruauté de ce régime, son inhumanité et son manque d’hésitation à utiliser n’importe quel moyen pour réaliser ses objectifs, alors il y a un haut degré de danger pour le royaume, ce qui rend crucial de le viser – avec toutes les méthodes possibles et connues – pour faire tomber le régime actuel en Syrie.

Et voici la note originale en arabe. Le mémo semble incomplet:

saudi-cables-syria-regime-russia-twitter

Par Hayat Norimine

Source: http://www.albawaba.com/loop/saudi-cables-translation-document-bring-down-syrian-regime-716790

L’achat du silence: Comment le ministère des Affaires étrangères saoudien contrôle les médias arabes (WikiLeaks)

Obama Saudi ArabiaLundi, l’Arabie saoudite a célébré la décapitation de son 100ème prisonnier, cette année. L’histoire n’était présente nulle part dans les médias arabes, même si l’histoire a circulé dans les services de presse. Même les médias internationaux ont été relativement muets sur cet épisode, par rapport à ce que cela aurait été si cela avait concerné un pays différent. Comment une histoire comme celle-ci a pu passer inaperçue?

La publication par WikiLeaks, aujourd’hui, des « Câbles saoudiens » provenant du ministère saoudien des Affaires étrangères montre comment cela est fait.

Le royaume riche en pétrole de l’Arabie saoudite et sa famille régnante adoptent une approche systématique pour maintenir une image positive du pays sur la scène internationale. La plupart des gouvernements du monde entier se livrent à des campagnes de relations publiques pour repousser les critiques et bâtir des relations dans les lieux influents. L’Arabie Saoudite contrôle son image par la surveillance et l’achat d’allégeances depuis l’Australie jusqu’au Canada et partout ailleurs.

Les documents révèlent les vastes efforts pour surveiller et coopter les médias arabes, en veillant à corriger tout écart dans la couverture régionale de l’Arabie saoudite et les questions qui y sont liées. La stratégie de l’Arabie saoudite pour coopter les médias arabes prend deux formes, correspondant à l’approche de la «carotte et du bâton», mentionnée dans les documents comme «neutralisation» et «confinement». L’approche est personnalisée en fonction du marché et des médias en question.

Lire la suite du communiqué: https://wikileaks.org/saudi-cables/buying-silence

WikiLeaks publie les câbles saoudiens

wikileaks_3_12-300x200Aujourd’hui, vendredi 19 Juin à 13 heures GMT, WikiLeaks a commencé à publier les câbles saoudiens: plus d’un demi-million de câbles et autres documents du ministère saoudien des Affaires étrangères qui contiennent des communications secrètes de diverses ambassades saoudiennes à travers le monde. La publication comprend des rapports « Top Secret » d’autres institutions de l’État saoudien, dont le ministère de l’Intérieur et les Services du Renseignement Général du Royaume. Le cache massif des données contient également un grand nombre de communications email entre le ministère des Affaires étrangères et des entités étrangères. Les Câbles saoudiens sont en cours de publication par tranches de dizaines de milliers de documents au cours des prochaines semaines. Aujourd’hui WikiLeaks publie environ 70.000 documents de ce trésor dans une première tranche.

Julian Assange, l’éditeur de WikiLeaks, a déclaré: «Les câbles saoudiens lèvent le voile sur une dictature de plus en plus erratique et secrète qui a non seulement célébré sa 100ème décapitation cette année, mais qui est aussi devenue une menace pour ses voisins et pour elle-même. »

Lire l’intégralité du communiqué: https://wikileaks.org/saudi-cables/press

Accéder au moteur de recherche: https://wikileaks.org/saudi-cables/search

WikiLeaks: Quand le Kazachstan considérait la scientologie comme un « instrument des Etats-Unis »

Kazachstan

Un câble diplomatique américain publié par le site WikiLeaks démontre la peur qu’ont certains gouvernements face à l’Eglise de Scientologie, reconnue comme religion ou comme secte selon les pays. Ici, il s’agit du Kazachstan. Le câble WikiLeaks 09ASTANA818, daté du 8 mai 2009, évoque la rencontre entre un conseiller de l’USAID [Agence des États-Unis pour le développement international] et des représentants de la scientologie et des témoins de Jéhovah à Almaty, au Kazachstan. Le principe même de la rencontre pose question, puisqu’on peut se demander pourquoi une agence travaillant pour les Etats-Unis défendrait ou s’inquiéterait de la « liberté de religion » de mouvements accusés d’être des sectes dans d’autres pays.

Pour cela, il faut essayer de comprendre en quoi il y aurait un avantage pour les Etats-Unis à vouloir défendre la liberté de religion de ce genre de mouvements: il peut s’agir essentiellement d’un enjeu politique, dans des régions du monde dominées par l’islam ou d’autres religions majoritaires. Dans le cas du Kazachstan, les musulmans représentent 70% de la population, 26% pour le christianisme. L’intérêt des Etats-Unis pour ces mouvements sectaires pourrait révéler des intentions politiques cachées (par exemple: étendre l’influence américaine, limiter la propagation de l’islam, etc), notamment quand on considère que des bouleversements religieux peuvent conduire à des changements politiques importants — comme on le constate aujourd’hui au Moyen-Orient avec l’Etat Islamique.

Kazachstan: Les scientologues, témoins de Jéhovah ont des vues contrastées sur la liberté de religion (09ASTANA818)

2. Résumé: Le 22 Avril [2009], le conseiller d’Etat et de la société de l’USAID a rencontré des représentants de l’Église de Scientologie et des Témoins de Jéhovah à Almaty. Les deux organisations ont offert des vues contrastées sur le progrès de la liberté de religion et l’ingérence du gouvernement dans leurs activités. FIN DU RÉSUMÉ.

3. L’Église de Scientologie a commencé ses activités au Kazakhstan en 1996, à Almaty. L’Eglise revendique 10.000 membres à Almaty, et environ 15 000 membres supplémentaires à l’échelle nationale. L’Eglise prétend également avoir une composition ethnique d’environ 50 pour cent de Russes ethniques et 50 pour cent de membres d’autres nationalités. La membre de l’Eglise Anastasia Minayeva et d’autres membres du personnel que le conseiller de l’USAID a rencontré ont prétendu que l’Eglise est sous forte pression du gouvernement du Kazakhstan. L’an dernier, l’Église a reçu la visite de procureurs, des autorités fiscales, et, éventuellement, du Comité pour la sécurité nationale (KNB). Les procureurs ont ouvert une procédure contre l’Eglise en raison de son utilisation de suppléments de vitamines en conjonction avec une thérapie de sauna. Selon l’Eglise, la pratique vitamines/sauna est commune en Scientologie et est utilisée pour « détoxifier » le corps.

4. L’examen par le bureau du procureur a conduit à un raid sur l’Église de Scientologie, le 8 octobre, ont dit les scientologues. Les membres de la Scientologie ont affirmé que tous leurs fichiers « confessionnels » ont été pris. Les fichiers confessionnels sont les observations écrites d’un membre de l’Eglise en « audit » d’un autre membre de l’église. Il s’agit de l’enregistrement des réponses aux questions posées par un membre de l’Église, qui sont conservées dans un dossier confidentiel. Les membres ne peuvent pas poursuivre leurs confessionnaux sans les fichiers confisqués, et l’information doit également être analysée par un membre plus élevé de l’Église, de sorte que le progrès et la santé spirituelle des membres de l’église puissent être suivis. Minayeva a déclaré qu’elle soupçonnait que les raids ont eu lieu, parce que le gouvernement du Kazakhstan estime qu’ils sont un instrument des États-Unis, et peut-être une organisation subversive. (COMMENTAIRE: Il y a des indications selon lesquelles le gouvernement pourrait croire que l’Eglise est engagée dans des activités commerciales lucratives incompatibles avec son statut d’organisation religieuse FIN DE COMMENTAIRE..) Minayeva a déclaré que l’Eglise est entièrement financée par des dons et des revenus provenant de sources originaires du Kazakhstan, et l’Église ne reçoit aucun financement de sources étrangères.

Voir l’intégralité du document: http://www.wikileaks.org/plusd/cables/09ASTANA818_a.html