Comment le wahhabisme saoudien est la source du terrorisme islamiste

Le Dr. Yousaf Butt est un conseiller senior auprès du Conseil américano-britannique de l’information sur la sécurité et directeur à l’Institut de l’intelligence culturelle. Les opinions exprimées ici sont les siennes.

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Huffpost.com, le 20 janvier 2015

LONDRES – Les attentats terroristes horribles contre l’hebdomadaire Charlie Hebdo à Paris ont conduit à des spéculations quant à savoir si les tueurs – les frères Chérif et Saïd Kouachi – étaient des loups solitaires ou s’ils étaient liés à des cerveaux au sein d’ISIS ou de son rival, Al-Qaïda. Bien qu’Al-Qaïda au Yémen ait revendiqué l’attaque, il n’est pas clair de savoir à quel degré l’affilié a effectivement dirigé l’opération. Peu importe que les connexions de l’organisation (le cas échéant) soient finalement avérées vraies, une chose est claire: la source de l’extrémisme islamique qui encourage et légitime cette violence se trouve dans la souche de l’islam du « wahhabisme » fanatique centré en Arabie Saoudite. Et si le monde veut tasser et éliminer un tel extrémisme violent, il doit se confronter à cet hôte primaire et facilitateur.

Paradoxalement, alors que l’ambassadeur d’Arabie Saoudite au Liban, Ali Awad Asiri, a participé au rassemblement de solidarité « je suis Charlie » à Beyrouth à la suite des attentats de Paris, de retour à la maison, le blogueur saoudien Raif Badawi a reçu les 50 premiers coups de fouet des 1000 qui lui sont dûs chaque vendredi sur les 20 prochaines semaines. Son crime? La gestion d’un site libéral pour promouvoir la liberté d’expression. (Heureusement, ces derniers jours, il semble que les autorités saoudiennes ont cédé à la pression internationale et suspendu la sentence.)[…]

Par exemple, un câble Wikileaks [09STATE131801] cite clairement la secrétaire d’État de l’époque, Hillary Clinton, qui dit que « les donateurs en Arabie Saoudite constituent la plus importante source de financement des groupes terroristes sunnites dans le monde entier. » Elle continue: « Plus de choses doivent être faites étant donné que l’Arabie saoudite reste une base de soutien financier essentiel pour al-Qaïda, les talibans, le LeT et d’autres groupes terroristes. » Et ce ne sont pas seulement les Saoudiens: le Qatar, le Koweït et les Émirats arabes unis sont également impliqués dans le mémo. D’autres câbles publiés par Wikileaks décrivent comment les sociétés écran saoudiennes sont également utilisées pour financer le terrorisme à l’étranger.

Lire l’intégralité de l’article: http://www.huffingtonpost.com/dr-yousaf-butt-/saudi-wahhabism-islam-terrorism_b_6501916.html

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L’affaire Wikileaks en Suède a-t-elle un lien avec la scientologie?

WIKILEAK ASSANGE SWEDENPhoto: Julian Assange en Suède (Cleveland.com)

Qu’est-il arrivé en Suède?

Julian Assange est allé en Suède le 11 Août 2010, depuis l’Angleterre. Seulement deux semaines avant, depuis une base temporaire en Angleterre fin juillet, sa publication, WikiLeaks, avait publié les Afghan War Logs, soixante quinze mille documents secrets du Pentagone sur la guerre en Afghanistan, qui comprenaient la mort de près de vingt mille personnes. Plus tôt cette année, Wikileaks avait publié les images militaires américaines d’un crime de guerre à Bagdad, Collateral Murder. (Justice 4 Assange)

L’affaire de la présumée agression sexuelle en Suède (et l’accusation de viol émise par la justice suédoise en août 2010) intervient entre deux épisodes importants de publication de l’organisation Wikileaks: la publication des journaux de guerre en Afghanistan en juillet 2010, suivis par les journaux de guerre en Iraq en octobre 2010 et la publication du Cablegate en novembre-décembre 2010.

Mais alors, pourquoi parler de la scientologie, dans une affaire qui semble uniquement concerner les problèmes personnels de Julian Assange avec deux femmes qu’il a rencontrées en Suède?

Julian Assange vs. la scientologie

Le combat de Julian Assange contre la scientologie ne date pas d’hier. On retrouve, en effet, dans plusieurs articles sur Internet les traces de ce combat qui remonte aux années 1990. Julian Assange n’a jamais été un ami de la scientologie, comme on peut le constater.

Sans donner de date précise, un article cite, par exemple, que:

« [Julian Assange] a fait une incursion précoce contre le culte de la Scientologie et a échoué » (The Australian)

De même:

« En Mars 1996, Assange a lancé un appel à se joindre à une manifestation antiscientologie. » (The Monthly)

Le 24 mars 2008, Wikileaks publie des documents sur la scientologie, ce qui semble n’être finalement que la continuité d’un combat commencé depuis plusieurs années dans la vie de Julian Assange.

En publiant par la suite, à partir de 2010, des documents diplomatiques américains, Wikileaks s’est non seulement attiré des ennemis au sein du gouvernement des Etats-Unis, mais également des ennemis au sein de tous les gouvernements, organisations et services secrets qui collaborent avec les Etats-Unis, ainsi que des ennemis au sein de la scientologie qui, comme on le sait, a eu pour objectif l’infiltration du gouvernement américain.

La scientologie et la censure Internet

La scientologie a toujours essayé de contrôler les publications sur Internet et a même été considérée comme un ennemi d’internet. En juillet 2013, un article de la BBC évoque cette situation:

« Le mois dernier, des militants des droits numériques à l’influente Electronic Frontiers Foundation (EFF) ont placé l’Église de Scientologie sur leur mur de la honte pour ce qu’ils disent avoir été des actes répétés contre les libertés Internet. »

On apprend aussi dans cet article que, pendant de nombreuses années, bien avant les publications de Wikileaks, la scientologie a tenté de contrôler le contenu relatif à son sujet sur Internet.

Des « innovateurs de la censure », selon un témoin cité dans l’article. La scientologie a même été bannie de Wikipedia en 2009.

La scientologie: la censure au nom du copyright

La scientologie représente exactement ce que combat l’organisation Wikileaks en ce qui concerne la liberté d’expression sur Internet. Ce sont deux visions du monde qui s’affrontent à notre époque moderne: d’un côté, les hackers ultra-libéraux qui voudraient que tout contenu puisse être partagé gratuitement et librement sur Internet, et d’un autre côté, les gouvernements et les sociétés qui veulent garder un contrôle sur tous les produits de la culture et de la civilisation qui sont à l’origine de leurs profits financiers.

Le meilleur outil pour garder le contrôle d’une création culturelle, c’est le copyright. Mais la propriété intellectuelle n’est pas un problème en soi. Le problème, c’est quand cette propriété intellectuelle est utilisée pour censurer. C’est ce qu’a fait la scientologie vis-à-vis de Wikileaks et des personnes qui ont voulu lancer l’alerte sur cette secte: invoquer le copyright pour censurer des contenus et des informations. Mais, c’est un argument qui est encore utilisé de nos jours par des gouvernements. Les actions passées de la scientologie n’ont fait que donner une idée de ce que les gouvernements sont prêts à faire pour imposer la censure contre des informations gênantes à leur sujet: Hadopi, Loppsi, Acta ont été autant de manières pour chercher à mettre en place une censure indirecte des contenus en invoquant la propriété intellectuelle. Les dangers de ces lois ne se posent pas directement pour la culture, mais surtout pour le droit à l’information et la liberté d’expression.

La scientologie au sein du gouvernement américain

Dans Wikipedia, un article consacré à la scientologie aux Etats-Unis explique comment a été mise en place dans les années 1970 une opération visant à infiltrer le gouvernement des Etats-Unis.

L’Opération Snow White était le nom d’un projet de l’Église de Scientologie dans les années 1970 pour purger les dossiers défavorables sur la scientologie et son fondateur L. Ron Hubbard. Ce projet comprenait une série d’infiltrations et de vols dans 136 organismes gouvernementaux, des ambassades et consulats étrangers, ainsi que des organismes privés critiques de la Scientologie, réalisés par les membres de l’Église, dans plus de 30 pays.

On peut imaginer que la scientologie a infiltré toutes sortes d’organismes gouvernementaux aux Etats-Unis et qu’elle continue encore aujourd’hui sa traque contre ses opposants à travers le monde. On peut aussi imaginer que Wikileaks, en publiant des documents sur la scientologie en 2008, a aussi été ajouté à cette liste d’opposants que la scientologie cherche à tout prix à éliminer.

Graham Berry a expliqué dans un discours les méthodes de la scientologie pour censurer les opposants:

Dans ce discours, j’ai dit que la Scientologie pourrait être réduite à trois concepts fondamentaux; le pouvoir, la purge et la punition. Le pouvoir réfère à l’objectif de la Scientologie de « nettoyer » la planète, et d’éliminer toute opposition à la scientologie. La purge réfère à la Scientologie qui supprime tous les documents négatifs et les informations critiques depuis les fichiers du gouvernement et l’accès public. La punition, je l’ai dit, était le plus sombre de tous les aspects de la Scientologie. Elle a pris deux formes; une forme orwellienne interne d’élimination de toute dissidence ou pensée critique, et une forme externe de punition des critiques et des responsables gouvernementaux non-coopératifs avec les politiques de terreur et de psycho-terreur sur le copyright pour le traitement des « personnes suppressives »; des personnes qui entravent ou s’opposent aux objectifs de la Scientologie. (Wikipedia)

Quand on lit ce texte, on se rend compte que la scientologie n’est pas une simple Eglise, mais qu’elle utilise des méthodes avancées pour censurer et porter atteinte à la liberté d’expression, de la même manière que peuvent le faire certains services secrets ou gouvernements à l’égard de leurs opposants.

La scientologie en Suède

scientologie dans le mondeC’est peut-être un choix malchanceux qu’a fait Julian Assange en s’installant en Suède, en 2010. Pour une organisation qui avait dévoilé des documents sur la puissante Eglise de scientologie, il se trouve que Wikileaks a justement choisi de trouver refuge dans l’un des pays européens qui est un proche allié américain et qui autorise la scientologie (aux côtés de l’Espagne, du Portugal, Hongrie, Slovénie, Croatie, Albanie).

Le 13 mars 2000, la Suède reconnaît la scientologie comme une communauté religieuse, comme on peut le voir dans ces statuts par pays. C’est toujours étonnant de constater que Wikileaks a choisi de s’installer dans un pays comme la Suède, ne serait-ce que par rapport à la présence de la scientologie.

La Suède et les Etats-Unis

Les relations militaires de la Suède avec l’OTAN et les Etats-Unis ne sont pas un secret. Mais, comme nous l’apprend un article de mars 2011, ce serait aussi l’origine des problèmes de Wikileaks et d’une tentative de faire taire l’organisation:

« la vendetta suédoise contre Julian Assange remonte à la révélation d’événements dans les câbles Wikileaks autour de la vente de données privées de la Suède à l’OTAN mentionnant principalement la population immigrée (les accords secrets à Stockholm entre les fonctionnaires du gouvernement suédois et les représentants de la CIA et du FBI, s’est ajouté à la loi de surveillance pro-OTAN directement établie sur les autorités suédoises par les USA). »

Les révélations de Wikileaks ont ébranlé le système américain, non seulement à travers les révélations diplomatiques, mais en touchant au coeur du système américain, à savoir l’industrie de l’armement et les révélations sur la guerre en Irak (Afghan war logs et Irak war logs).

Des sites Internet pro-Wikileaks ont ainsi pu révéler le lien entre les Etats-Unis, l’industrie de l’armement, le gouvernement suédois et la guerre en Irak. « [Carl Bildt] Le Ministre des Affaires Etrangères de la Suède a propagé l’idée de l’invasion de l’Irak et en profita. À partir de 2007. » C’est ce qu’on apprend dans un article de Rixstep:

« Carl Bildt a gagné des millions avec l’invasion américaine de l’Irak. Il a siégé au conseil d’administration de la société d’investissement Legg Mason, faisant la gestion d’énormes participations financières dans le secteur de l’armement US, et en même temps était un lobbyiste pour le géant des armes Lockheed Martin. »

En plus de l’Irak, l’intervention de la Suède et le soutien à la guerre en Libye ont aussi été mis en évidence:

Aussi peu d’intérêt que ce qui a été démontré par les mêmes Suédois sur les «dommages collatéraux» (le massacre des populations civiles) en Irak et en Afghanistan – où la Suède a également eu des troupes sous la direction de l’OTAN – ils semblent ne pas en démontrer plus dans le cas de la Libye.

Pour résumer, Wikileaks est mis en cause pour une affaire d’agression sexuelle en Suède, dans un pays partenaire de l’OTAN, proche des Etats-Unis, qui accueille l’Eglise de Scientologie, qui a des liens avec l’industrie de l’armement et dont un membre du gouvernement s’est personnellement enrichi grâce aux ventes d’armes lors de la guerre en Irak et aurait travaillé comme espion des Etats-Unis. L’affaire d’agression sexuelle en Suède, c’était peut-être le bon prétexte pour faire taire Julian Assange, celui qui s’était attaqué aux intérêts communs de toutes ces personnes. (On notera aussi une coïncidence plus tardive: la visite de la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton en Suède, quatre jours après le verdict sur l’extradition de Julian Assange, en juin 2012.)

Wikileaks a pu se retrouver, depuis l’année 2010, comme un ennemi commun à la fois aux Etats-Unis, en mettant en cause la diplomatie américaine, et en Suède, où l’industrie de l’armement avait des intérêts auprès des Etats-Unis, sans parler de la scientologie qui a aussi été affectée à travers les publications de Wikileaks, ces dernières années, et dont les membres se retrouvent parfois au sein de ces gouvernements infiltrés.

Sans aller jusqu’à dire qu’il y a eu un complot contre Julian Assange, la Suède a pu cependant bénéficier d’un rôle particulier par rapport à Wikileaks, en étant à la fois un très bon allié du gouvernement américain, en ayant des liens avec l’industrie de l’armement aux Etats-Unis, et en étant un pays où la scientologie a aussi une certaine influence.

Quand on connaît la détermination de la scientologie à faire taire les opposants, comme cela a pu être décrit par plusieurs ex-membres de la secte dans des témoignages sur Internet, il est presque évident de dire que l’affaire d’agression sexuelle en Suède a pu être utilisée par la scientologie ou par le gouvernement américain (ou par les deux à la fois) pour faire taire une organisation aussi embarrassante que Wikileaks.

Même si la scientologie ou le gouvernement américain ne sont pas à l’origine des accusations, et même s’ils n’ont pas forcément construit un complot en utilisant deux militantes féministes suédoises, ils ont pu néanmoins utiliser ce prétexte pour faire pression sur la justice suédoise et pour chercher à obtenir l’extradition de Julian Assange aux Etats-Unis.

Assange, élection en Australie« La Suède est l’Arabie Saoudite du féminisme » (Julian Assange, The Sunday Times, 26 décembre 2010)

Les paradoxes de la Suède…

Aujourd’hui, la Suède, qui se voulait être un pays qui protège les lanceurs d’alerte, se retrouve dans une affaire de justice contre le fondateur de Wikileaks, celui qui luttait contre la scientologie, le mettant plus ou moins dans une situation où sa liberté d’expression et la continuité de son travail sont menacés, mais cela n’empêche pas non plus le pays d’accorder un prix à Edward Snowden, tout en continuant cette « chasse aux sorcières » contre Julian Assange… Avec l’affaire Wikileaks, on a pu découvrir un nouvel aspect de l’humour suédois.

Les blogueurs du Koweït, « pas effrayés par la censure » d’après un câble Wikileaks

Night time exteriors of the Bayan Palace, Kuwait CityPhoto: Palais Bayan, siège du gouvernement koweïtien

Les blogueurs du Koweït: Voix de l’avenir

http://wikileaks.org/plusd/cables/05KUWAIT514_a.html

date: 7 février 2005
id: 05KUWAIT514
classification: non-classifié
depuis: kuweït city

Ce câble est sensible mais non classifié; merci de protéger en conséquence. Pas pour la publication sur Internet.

1. (U) Résumé: le responsable économique a assisté, le 2 Février, à une réunion mensuelle de web-blogueurs koweïtiens où le groupe a discuté de leurs différents web-logs, de technologie, politique, religion, vie sociale, et une variété d’autres questions. Le groupe était composé de neuf hommes et d’une femme, la plupart dans le début-milieu de leur vingt ans, et il est représentatif d’un groupe plus large de quelques 20-30 blogueurs koweïtiens. Alors que le groupe n’est pas nécessairement représentatif de la jeune société du Koweït dans son ensemble, il représente certainement une population de plus en plus instruite, de Koweïtiens occidentalisés à la recherche d’un débouché pour leur énergie et leur créativité. Fin du Résumé.

Les Blogs koweïtiens: Contexte ————————-
2. (U) Il y a quelques dizaines de personnes qui écrivent des web-logs en ligne, ou des blogs, depuis le Koweït, et une poignée de Koweïtiens qui vivent aux États-Unis et ailleurs maintiennent aussi des blogs. (Un blog est une chronique en ligne ou un journal). Ces blogs vont de réflexions personnelles aux conversations avec des amis, et aux commentaires culturels, sociaux et politiques. Certains blogs incluent des photos. Environ les deux tiers des blogs les plus populaires au Koweït sont rédigés en anglais, et l’autre tiers est écrit en arabe, avec une poignée [de gens] utilisant les deux langues. (En terme de popularité, nous entendons les blogs qui sont liés à la plupart par d’autres blogueurs.) La plupart des blogueurs koweïtiens hébergent leurs blogs sur des sites tiers tels que Blogspot (blogspot.com); quelques-uns d’entre eux maintiennent en réalité leurs propres sites hébergés au Koweït.

De la Communauté en ligne au Café-rencontres —————————————— –

3. (SBU) Alors que certains des blogueurs les plus prolifiques l’ont été pendant plus de deux ans, l’intérêt a augmenté au cours des derniers mois. Un article de Kuwait Times d’Octobre 2004, « La révolution du Blogging arrive au Koweït, » a mis en lumière certains des blogs koweïtiens les plus populaires, et quelques-uns de ces blogs ont depuis été nominés pour les prix de blog. Avec un intérêt croissant, l’un des blogueurs koweïtiens, « Nibaq », a créé un site qui rassemble tous les blogs du Koweït et qui permet au lecteur de voir les derniers posts de chaque blog (safat.kuwaitblogs.com). Un autre blogueur, « Talal », est venu avec l’idée d’une réunion physique des blogueurs. Il a utilisé l’outil de rencontre en ligne MeetUp (meetup.com) et a invité les blogueurs koweïtiens à une rencontre. Le groupe a tenu deux réunions précédentes, auxquelles ont assisté environ 4-5 personnes à chaque fois, avant cette dernière réunion.

Les Blogueurs: Jeunes, Hommes pour la plupart, Très Intelligents —————————————- —-

4. (U) Les participants à la réunion étaient du même âge et du même milieu, mais différents dans leurs points de vue sur la religion, la société et la politique. Il y avait environ neuf hommes et une femme, bien qu’il y ait d’autres femmes dans le groupe plus large en ligne qui ont manifesté leur intérêt pour venir à la réunion mais ne pouvaient pas, pour une raison ou une autre. (La seule femme présente était une expatriée arabe de 27 ans qui était accompagnée de son grand-père.) La plupart des blogueurs étaient au début-milieu de leur vingtaine. Quelques-uns ont été à l’école aux États-Unis, et d’autres étaient diplômés de, ou fréquentent actuellement des universités, au Koweït. Aucun ne semble être représentatif de la [classe] « super-riche » du Koweït, mais ils étaient plutôt représentatifs de la « classe moyenne » koweïtienne, dans la mesure où il y ait une telle chose.

[…]

Employés au gouvernement et dans le secteur privé —————————————–

5. (SBU) Les participants qui travaillaient étaient soit indépendants comme graphistes ou web-designers, ou travaillaient dans le secteur public. Ceux qui travaillaient pour le gouvernement n’ont trouvé aucune fierté particulière dans leur travail, voyant simplement cela comme quelque chose pour passer le temps pendant la journée et pour fournir un chèque de paie. Un participant, « Abdulatif », se vantait du temps libre dont il jouissait à ce travail de saisie de données dans la fonction publique, en disant qu’il a réalisé une bonne quantité de blogging et de navigation personnelle sur le web depuis le travail. Toutes les personnes présentes ont convenu que le travail du gouvernement était une «blague» et n’offrait pas de défis ou d’incitations à travailler dur. […]

Pas effrayés par la censure ———————-

8. (SBU) Bien qu’aucun des blogueurs n’ait eu des expériences avec le Gouvernement du Koweït [GOK] pour essayer de les arrêter ou de censurer ce qu’ils disent, certains d’entre eux ont admis l’auto-censure sur certains de leurs blogs. Ce n’était pas clair, cependant, de savoir si les préoccupations des blogueurs concernaient les pouvoirs publics du Koweït ou les sensibilités de leur public au Koweït. Lorsqu’on leur a demandé, aucun des blogueurs ne pensait que le Gouvernement du Koweït censurerait jamais un de leurs blogs, mais aucun ne l’a totalement exclu comme une possibilité. La plupart des blogueurs savaient comment contourner la censure du Gouvernement du Koweït pour les autres sites.

L’avenir: Continuez le Blogging —————————-
9. (U) La plupart des blogueurs présents avaient des plans spécifiques concernant leur avenir, y compris des objectifs de carrière, et même ceux sans plans spécifiques avaient une attitude positive pour leur avenir et l’avenir du Koweït. Aucun n’a exprimé un intérêt pour quitter le Koweït. Au contraire, quelques-uns étaient récemment revenus de l’étranger, soit depuis les États-Unis ou depuis des emplacements du Golfe comme Dubaï, pour poursuivre des opportunités d’affaires au Koweït.

Source: http://wikileaks.org/plusd/cables/05KUWAIT514_a.html

Un outil de visualisation des câbles WikiLeaks en ligne

Reference Network Visualization [Visualisation du réseau de référence]: http://wlwardiary.github.io/cable2graph/

Une visualisation interactive des références entre les câbles diplomatiques

Wikileaks-reference network visualization

INDEX

1. Parcourir la visualisation

2. Comment cela est-il conçu?

3. Quelle est la structure du réseau?

4. Quels sont les câbles manquants?

5. Que puis-je faire?

6. Comment lire le graphique?

7. Code et données

8. Contact

Cablegate et similarité de réseau  (http://dataporn.tumblr.com/post/54709089136/cablegate-and-network-similarity)

En naviguant sur les visualisations générées par le réseau de référence du cablegate, il devient évident que certaines formations de nœuds et d’arêtes apparaissent plus souvent. Le principal exemple est l’étoile, qui représente souvent une demande d’action auprès du département d’Etat et les réponses liées.

La structure du réseau peut représenter un comportement, elle peut refléter la façon dont les références dans les câbles diplomatiques sont utilisées.

Quelles sont les structures de réseau en commun et que représentent-elles?

Pour répondre à cette question, le graphe complet doit être divisé en sous-graphes plus petits. Ensuite, chaque sous-graphe est à comparer avec l’autre pour une similarité.

Cependant, même la comparaison de deux graphes identiques est coûteux.

Une solution possible est introduite par J. Bagrow et al. dans le document de 2008 « Portraits de réseaux complexes » qui décrit « les grands réseaux complexes en introduisant une nouvelle structure de matrice, unique pour un réseau donné, qui encode l’information structurelle ».

Voir une liste des graphiques disponibles: http://wlwardiary.github.io/cable2graph/v0.2/stars.html

Exemple de graphique en ligne: Graphique n°7924
http://wlwardiary.github.io/cable2graph/v0.2/star_7924.graphml.html

Wikileaks-Reference Network Visualization

Une visualisation interactive des références entre les câbles diplomatiques:

v0.3
v0.2
v0.1

Données du Cablegate: https://github.com/wlwardiary/cable2graph/wiki/data

CableWeaving: http://thedod.github.io/cableweaving/

En savoir plus: http://dataporn.tumblr.com/

La stratégie d’Israël contre le Hamas exposée dans deux câbles WikiLeaks

combats-syrieDe nombreux câbles WikiLeaks évoquent le conflit israélo-palestinien, mais il faut confronter plusieurs documents pour tenter de comprendre la vraie situation géopolitique qui s’est mise en place au Moyen-Orient. La guerre en Syrie, en effet, ne semble pas totalement étrangère au conflit israélo-palestinien. Comme nous l’avions mentionné dans un article, la Syrie avait pris la défense des Palestiniens et réclamé « l’arrêt des violations israéliennes continuelles contre les droits de l’homme des Palestiniens, [la fin du] siège injuste sur la bande de Gaza et pour l’octroi au peuple palestinien de leur droit à l’autodétermination et à l’établissement de leur Etat indépendant avec Jérusalem comme capitale ». Ces demandes n’ont jamais été entendues par l’Etat d’Israël.

Un câble WikiLeaks du 11 février 2009 (09TELAVIV363) intitulé « Le président du Likoud Netanyahu parle de l’Iran, des Palestiniens et de la Syrie avec Codel Smith » explique le point de vue israélien sur la situation géopolitique du Moyen-Orient. Ce câble est très important, car il montre que l’Etat d’Israël aurait pu avoir un intérêt direct dans la déstabilisation du régime syrien pour conduire à l’affaiblissement du Hamas en Palestine. Israël accuse l’Iran de financer les groupes terroristes au Moyen-Orient et d’être le « régime-mère » du terrorisme. Parmi ces groupes terroristes, Israël considère que c’est l’Iran – soutenu par la Syrie – qui apporte son soutien au Hamas palestinien.

La Syrie, l’Iran et le Hamas palestinien

La théorie du gouvernement israélien consiste à dire, en quelque sorte, que si le Hamas est si puissant en Palestine, c’est parce qu’il est soutenu financièrement et idéologiquement par les régimes alliés de la Syrie et de l’Iran. Autrement dit, selon Israël, le problème du conflit israélo-palestinien ne serait pas uniquement un problème entre Israël et la Palestine, mais un problème qui a sa source en Syrie et en Iran, et qui doit se résoudre par l’affaiblissement de ces deux régimes: « il [Netanyahu] prédit que le terrorisme diminuerait si on coupe la volonté et la capacité de l’Iran à soutenir des terroristes avec de l’argent, un entraînement et des directives« .

On voit bien comment la stratégie israélienne se met en place et pourquoi le renversement du régime syrien aurait pu servir par la suite les intérêts sécuritaires de l’Etat d’Israël, en assurant la présence de régimes favorables à Israël dans tout le Moyen-Orient. Dans la suite du câble, Netanyahu « affirma que le retrait du Hamas au pouvoir n’y produirait pas nécessairement un régime pire, étant donné que les groupes alternatifs ne sont pas aussi proche de l’Iran que le Hamas ». Ainsi, affaiblir l’Iran et la Syrie semble s’être présenté aux yeux des responsables israéliens comme un moyen possible pour obtenir la fin de la résistance du Hamas en Palestine.

Le conflit israélo-palestinien, un problème régional

A travers ce document Wikileaks, on comprend finalement que le gouvernement israélien perçoit la guerre avec le Hamas dans une logique régionale qui va au-delà des territoires de la Palestine occupée. Cette logique régionale inclut plusieurs pays: Israël, la Palestine occupée, la Syrie, l’Iran, l’Irak et le Liban. Le conflit israélo-palestinien est un enjeu pour toute cette région du Moyen-Orient, c’est un facteur de déstabilisation et c’est pourquoi beaucoup d’observateurs considèrent qu’il n’y aura jamais de paix au Moyen-Orient tant que le conflit israélo-palestinien ne sera pas résolu. Les câbles Wikileaks témoignent de cette logique.

Dans un autre câble du 4 avril 2005 (05TELAVIV2054), le gouvernement israélien évoque de nouveau le problème de la Syrie face aux groupes terroristes: « Il a dit que, bien que la Syrie ait fait de mauvaises choses, comme aider le Hamas et le Hezbollah, en compromettant la stabilité en Irak, et donnant refuge aux copains de [Saddam] Hussein, la chose la plus importante maintenant est de le sortir du Liban. » Dans ce même câble, le ministre israélien des Affaires étrangères, Silvan Shalom, évoque l’espoir que « d’autres pays de la région passent vers des systèmes démocratiques ». Ces propos témoignent d’une certaine volonté israélienne d’amener des changements de régime au Moyen-Orient, vers des régimes plus démocratiques et pacifiés, libérés du terrorisme, ou du moins d’une stabilisation politique en Irak et en Syrie, qui pourrait être favorable à la résolution du conflit israélo-palestinien.

Le câble diplomatique ne dit pas si le gouvernement israélien a eu une implication dans la déstabilisation du régime syrien, mais si tel était le cas, on constate aujourd’hui que la stratégie d’Israël a échoué au Moyen-Orient, car la déstabilisation des régimes hostiles à l’Etat d’Israël n’a pas pacifié le Moyen-Orient et n’a pas conduit à la mise en place de systèmes plus démocratiques. Au contraire, on voit aujourd’hui qu’avec la guerre en Syrie, non seulement les régimes se sont maintenus dans la violence et la répression, mais le jihadisme a aussi progressé et se répand comme une poudre sur toute la région.

Quel rôle pour la Russie?

Il semble aussi que le gouvernement israélien ait mal envisagé le rôle de la Russie dans le conflit au Moyen-Orient. Dans le premier câble (09TELAVIV363), Netanyahu présente la Russie comme un possible allié dans la stratégie de lutte contre le terrorisme en Iran et en Syrie: « La communauté internationale pourrait aussi imposer un blocus naval sur l’Iran […] avec la Russie comme pays clé dans cet effort. Le conseiller de Netanyahu, Arad, a ajouté que la Russie a été utile à certains moments […] et que les puissances occidentales pourraient avoir à faire des concessions avec la Russie sur d’autres questions pour les amener à collaborer plus étroitement contre Téhéran. »

Ce câble date d’avant le début de la guerre en Syrie, qui a commencé par les manifestations du 15 mars 2011, mais on sait aujourd’hui que la Russie n’a pas voulu s’allier avec l’Occident dans la lutte contre le régime syrien. Le câble Wikileaks montre ainsi que la stratégie prévue par le gouvernement israélien n’a pas fonctionné, car celui-ci pensait s’appuyer sur la Russie pour déstabiliser l’Iran et la Syrie. De son côté, la Russie n’a pas voulu intervenir contre le régime syrien par peur d’une extension du front islamique vers ses propres frontières: on voit que, là aussi, le raisonnement n’a pas fonctionné, car le front islamique s’est bel et bien étendu vers d’autres pays, même s’il n’atteint pas encore la Russie.

En fait, il y a beaucoup d’incertitudes sur ce qui se passe désormais dans cette région du Moyen-Orient. Il semble que toutes les stratégies gouvernementales aient échoué pour pacifier la région et que les scénarios qui se déroulent actuellement en Syrie et en Irak avec l’avancée de l’Etat Islamique n’avaient certainement pas été imaginés ni par le gouvernement israélien, ni par les gouvernements américain, européen ou russe, à un moment où ils pensaient régler le conflit avec le Hamas.

Les documents Wikileaks mettent ainsi en lumière les profondes erreurs d’appréciation des responsables gouvernementaux israéliens qui, dans leur stratégie face à l’Iran et à la Syrie, en 2005, puis 2009, ont pensé qu’ils réussiraient à affaiblir le Hamas, mais n’ont pas compris que ce qu’ils redoutaient le plus allait se produire quelques années plus tard, à savoir l’avancée actuelle du front jihadiste, la radicalisation du terrorisme et la déstabilisation du Moyen-Orient qui remet profondément en cause tout espoir de résoudre de manière pacifique le conflit israélo-palestinien.

Source des documents Wikileaks: http://search.wikileaks.org/plusd/cables/09TELAVIV363_a.html et http://search.wikileaks.org/plusd/cables/05TELAVIV2054_a.html

Témoignage dans un câble Wikileaks de la violence utilisée contre les Palestiniens lors des arrestations

Un câble Wikileaks de 2009 (09TELAVIV1125) évoque le témoignage d’un colonel israélien concernant l’usage régulier de la violence contre les Palestiniens dans des opérations menées par les brigades militaires. Le colonel en question, Itai Virov, témoigne lors du procès d’un lieutenant appartenant à la brigade Kfir, Adam Malul, « accusé dans une cour militaire [israélienne] d’avoir battu un palestinien lors d’une arrestation en Cisjordanie ». Ce débat sur la violence à l’égard des Palestiniens semble diviser au sein même de l’armée israélienne, puisqu’on apprend dans des articles datant d’août 2011 que le colonel Itai Virov « a été censuré par le chef du commandement central des forces de défense israéliennes, Gadi Shamni, a fait l’objet d’une enquête pénale contre lui avant que l’affaire soit classée par manque de preuves. »

Le colonel Itai Virov témoigne:

« Les questions sont un acte relativement agressif. Parfois, il y a des cris ou on épingle quelqu’un contre un mur, parfois il n’y a pas d’autre choix que de secouer, attacher, forcer. Dire que les questions se font sans recours à la force serait feindre l’innocence. »

Ce câble témoigne d’un problème majeur de l’armée israélienne, une armée qui tente de justifier l’usage de la violence contre les civils palestiniens en invoquant ne pas avoir d’autre choix. Malheureusement, on voit bien que ce discours n’a aucune consistance et que, notamment face à la situation actuelle catastrophique à Gaza, l’armée israélienne ressort sans cesse les mêmes arguments pour justifier le recours régulier à la violence et pour justifier les crimes contre les Palestiniens.

La violence, comme le souligne le câble diplomatique, est une « norme » dans l’armée israélienne:

Les commentaires du col. Virov reflètent la norme pour les soldats des Forces de défense israéliennes opérant en Cisjordanie. Sans doute Virov suppose en les faisant qu’il ne faisait que reconnaître les faits que tout le monde connaît, mais que peu admettent publiquement, et que ce faisant, il serait protégé par la structure de commandement des Forces de défense israéliennes qui savent aussi ce qui se passe dans les territoires et qui préfèrent souvent « feindre l’innocence. »

Il ne semble pas que le gouvernement israélien ait jamais réellement souhaité traiter les Palestiniens de manière humaine et pacifique, mais le conflit israélo-palestinien s’aggrave d’année en année, en intensité et en violence.

La seule chose qui semble avoir changé, c’est que dans le passé, les gouvernements condamnaient plus ouvertement les actes de violence de l’armée israélienne. Aujourd’hui, on constate que les Etats-Unis et les gouvernements occidentaux peinent à défendre une certaine vision des droits de l’homme et il est très difficile de comprendre pourquoi ces gouvernements ne condamnent pas des crimes commis contre des civils.

Source du câble: http://search.wikileaks.org/plusd/cables/09TELAVIV1125_a.html#efmAe-Ag_AlrApmAxBA08

WikiLeaks: « Plus de paiements à Gaza? »

Câble WikiLeaks 08TELAVIV2447
Date: 3 novembre 2008
Classé : Secret
De: Israël Tel Aviv
A: Département du Trésor/Egypte-Caire/Israël Jérusalem/Secrétaire d’Etat

Les responsables israéliens ont confirmé aux responsables de l’ambassade à plusieurs reprises qu’ils ont l’intention de maintenir le fonctionnement de l’économie à Gaza au niveau le plus bas possible, dans la mesure où cela est compatible avec le fait d’éviter une crise humanitaire. […]

Dans le cadre de leur plan d’embargo total contre la bande de Gaza, les autorités israéliennes ont confirmé aux responsables économiques, à plusieurs reprises, qu’ils ont l’intention de maintenir l’économie de Gaza au bord de l’effondrement.

Source: http://www.wikileaks.org/plusd/cables/08TELAVIV2447_a.html#efmAgJAjaBHcBKa

WikiLeaks: La CIA ou la « Central Incompetence Agency »

the-new-cia-seal-obama-directs-the-cia-the-wrong-way-political-poster-1261477606Illustration: « Le nouveau sceau de la CIA – Ne pas entendre de mal – Ne pas voir le mal – Ne pas faire de mal » (politifake.org)

Voici l’extrait du câble 05PARIS2210 daté du 4 avril 2005, provenant de l’ambassade américaine de Paris: les diplomates américains analysent les réactions de la presse française face à un rapport sur la CIA qui met en évidence l’incompétence et les erreurs commises par l’agence de renseignement américaine sur la présence d’armes de destruction massive en Irak. Ce rapport intégral peut être consulté en ligne sur le site du Washington Post (« Les doutes sur les armes ont été rejetés »). Les réactions de la presse insistent notamment sur le fait que les erreurs de la CIA ont concerné deux événements récents majeurs, à savoir les attentats du 11 septembre et la guerre en Irak.

RAPPORT DE LA CIA

Les erreurs des espions américains stigmatisées dans un rapport

« Les correspondants de Washington, pour le [journal] de centre-droit le Figaro, ont émis comme opinion (01/04): « les espions américains n’avaient aucune idée que le 11 septembre 2001 était imminent, ils ont eu tort à propos des armes de destruction massive que Saddam Hussein était censé avoir, vont-ils faire preuve du même niveau d’incompétence en ce qui concerne les arsenaux nucléaires iranien et nord-coréen? C’est la question que nous lisons entre les lignes des 600 pages du rapport présenté hier au président Bush.

« CIA: Central Incompetence Agency [Agence Centrale de l’Incompétence] »

Thomas de Rochechouart dans le [journal] populaire de centre-droit France Soir (01/04): « CIA: ces trois lettres symbolisent le pouvoir et la puissance des États-Unis. Et dans une certaine mesure son invincibilité. Mais dans le rapport qui a été présenté à George W. Bush, les espions ont plus de ressemblance avec l’inspecteur Gadget qu’avec les espions des romans de John Le Carré ou de Tom Clancy. Quelle Explication peut être trouvée pour cette faute énorme. Qui n’est pas la première erreur, si on prend en compte le 11 septembre? Le Renseignement américain semble être responsable de deux grands crises qui ont eu des répercussions internationales et qui ont déstabilisé la planète au cours des dernières années ».

Source: https://wikileaks.org/cable/2005/04/05PARIS2210.html

Lire l’article du Washington Post du 1er avril 2005: « Les doutes sur les armes ont été rejetés » : http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/articles/A17211-2005Mar31.html

Lire le rapport intégral sur les armes de destruction massives en Irak, du 31 mars 2005 (pdf): http://www.washingtonpost.com/wp-srv/nation/nationalsecurity/wmd/wmd_report.pdf

Des données de géolocalisation dans un câble Wikileaks

Câble Wikileaks-géolocalisation

Un mystérieux câble Wikileaks n°08HAVANA791 (daté du 3 octobre 2008) rapporte les données de géolocalisation d’un individu depuis Cuba et à travers plusieurs villes des Etats-Unis. Sans qu’on puisse identifier de qui il s’agit — car cet individu, Evan Handy, n’est pas une personnalité connue et son nom n’est pas référencé sur Internet —, on peut néanmoins supposer que cette information revêt de l’importance aux yeux du gouvernement américain. Les diplomates indiquent dans ce câble l’itinéraire complet de cette personne, mais on ne sait pas pour autant comment ces diplomates ont obtenu ces données. En dehors du titre du document qui mentionne « DS Tracking/Localisateur », le câble ne donne pas de précision sur l’origine de ces informations: l’individu a-t-il été localisé grâce à des données des services secrets? ou bien est-il en relation avec le gouvernement américain et les diplomates en question? Ce câble est daté de l’année 2008, soit près de 5 ans avant les révélations d’Edward Snowden. Il semblerait donc que, bien avant le scandale de la NSA, les diplomates américains utilisaient déjà ce genre de procédés qui ont été révélés ces derniers mois par le lanceur d’alerte, à savoir la géolocalisation des individus à travers le monde et sur le territoire même des Etats-Unis.

Voir le câble sur le site Wikileaks: http://search.wikileaks.org/plusd/cables/08HAVANA791_a.html

Rechercher un câble: http://wikileaks.org/plusd/index.php

A lire sur le même sujet:

La NSA piste plusieurs centaines de millions de portables par jour (LeMonde.fr)

Les blogs, un enjeu de liberté d’expression au Vietnam

Câble n°09HANOI378 – 22 avril 2009 – Confidentiel – Ambassade de Hanoi

TAGS: PHUM PREL PGOV ECON VM
Sujet: Les blogs et la dissidence politique au Vietnam

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RÉSUMÉ: L’Internet continue de révolutionner la communication politique et la dissidence au Vietnam. Les blogs fournissent régulièrement une voie alternative aux journalistes de presse pour publier des informations dont ils savent qu’elle n’irait pas au-delà des censeurs de l’État ou de l’autocensure d’un journal. Le GVN [Gouvernement du Vietnam] estime qu’il y a plus de 300 000 blogueurs vietnamiens ; les données de Yahoo suggèrent que le nombre est beaucoup plus élevé. En contraste de la situation en Chine, de nombreux militants politiques bien connus et des journalistes de grande envergure possèdent des blogs sous leur propre nom ou sous des pseudonymes à peine voilés qui ne sont pas bloqués par la censure Internet. Les dissidents les plus virulents du Vietnam postent régulièrement avec véhémence des opinions anti-gouvernement et anti-communistes qui les exposeraient à une arrestation à peu près certaine si elles étaient exprimées à travers d’autres moyens plus conventionnels. Les sites Internet Anti-GVN [Anti-Gouvernement du Vietnam], hébergés aux États-Unis, en France et en Allemagne, servent de chambres de compensation pour ces posts, ce qui permet à la Communauté vietnamienne en exil de se joindre à des dissidents locaux dans la critique du gouvernement. Comme le montre la liste suivante des éminents critiques en ligne basés au Vietnam, même dans l’environnement médiatique strictement restreint de cet Etat à parti unique, la dissidence trouve des débouchés pour s’exprimer. FIN DU RÉSUMÉ.

Source: http://wikileaks.org/cable/2009/04/09HANOI378.html

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