Les millions de Carl Bildt

Publié par Rixstep.com

Le Ministre des Affaires Etrangères de la Suède a propagé l’idée de l’invasion de l’Irak et en profita. À partir de 2007.

BAGDAD (Rixstep) – Carl Bildt a gagné des millions avec l’invasion américaine de l’Irak. Il a siégé au conseil d’administration de la société d’investissement Legg Mason, faisant la gestion d’énormes participations financières dans le secteur de l’armement US, et en même temps était un lobbyiste pour le géant des armes Lockheed Martin.

Pendant tout ce temps, il a également été embauché par l’ONG américaine «CLI» pour «vendre» l’invasion au monde.

«C’est tout à fait remarquable que le ministre suédois des affaires étrangères ait fait du lobbying pour l’invasion américaine de l’Irak, tout en profitant aussi personnellement de cette invasion», explique Rolf Lindahl, secrétaire politique de la Paix Suédoise et Société d’Arbitrage (Svenska Freds).

Legg Mason et Lockheed Martin

Le 17 Septembre 2002, Carl Bildt, prend un siège au conseil d’administration de Legg Mason, un des plus grands gestionnaires d’actifs aux États-Unis, avec une part importante de leur portefeuille placé dans la haute-technologie. Bildt s’intéresse aux plans de stock-options de Legg Mason.

Trois mois plus tard, Carl Bildt est recruté au Comité pour la libération de l’Irak (CLI) par Randy Scheunemann. Bildt tente ensuite de prétendre le contraire, mais Scheunemann et d’autres à la CLI de préciser que Bildt savait que son travail consistait à «vendre» l’invasion américaine au monde entier. L’article de Bildt pour le Forum Européen de la Sécurité du CEPS/IISS [Rencontre du 13 janvier 2003 sur L’Action militaire préventive et l’utilisation légitime de la force] tente de justifier – des frappes militaires préventives

Le débat actuel sur la légitimité de l’action militaire préventive a été déclenché par la nouvelle stratégie de sécurité nationale des États-Unis et il a été alimenté par le débat sur la légitimité d’une action armée contre l’Irak. Ainsi, je vais concentrer ce document principalement sur les questions de l’usage préventif de la force militaire qui ont été portées à l’avant-garde du débat international à travers cela.

Le président du CLI à l’époque est Bruce P. Jackson, dont le poste précédent était responsable de la planification stratégique chez le géant des armes Lockheed Martin, l’un des principaux investissements de Legg Mason. Il y a beaucoup d’argent qui dépend de l’invasion américaine de l’Irak. Si les Etats-Unis mènent finalement l’invasion, Lockheed Martin peut gagner des contrats pour 1 milliard de dollars.

Des bombes sur Bagdad

Les bombes sont tombées avec choc et effroi sur la capitale irakienne à partir du 19 Mars 2003; La valeur des actions de Lockheed Martin a plus que doublé en deux ans, passant de 45 $ à plus de 100 $, ce qui justifie son inscription comme l’un des investissements les plus réussis de Legg Mason. L’analyste de Legg Mason, William Loomis, a admis que l’invasion a été un grand coup de pouce pour l’ensemble de l’industrie de haute-technologie des États-Unis. «L’augmentation est la plus importante que nous avons vu en 20 ans», a-t-il dit. Cela a conduit à son tour à un pic dans le stock de Legg Mason, et de ce fait même dans le portefeuille de Carl Bildt, évalué à l’époque à 1.78 millions de dollars.

«Les connexions de Carl Bildt avec le complexe militaro-industriel des États-Unis sont gênantes: cela ne fait pas bonne impression, quand le ministre suédois des Affaires étrangères encourage activement l’invasion d’un pays souverain, une chose que le Parlement suédois et le ministère suédois ont condamné comme un crime contre l’humanité» , explique Rolf Lindahl.

Carl Bildt, actions Legg Mason et Lockheed MartinLes millions de Carl Bildt: la ligne rouge est le stock de Legg Mason, la ligne bleue Lockheed Martin.

Source: http://rixstep.com/1/20140502,00.shtml

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La presse suédoise révèle les liens du ministre Carl Bildt avec les Etats-Unis: espionnage et lobby de la guerre en Irak

220px-Carl_bildt_0c178_8327Wikileaks a publié aujourd’hui sur son compte Twitter les liens de deux articles qui mettent en cause le ministre suédois Carl Bildt, qui aurait été tour à tour un espion au services des Etats-Unis (selon AftonBladet), mais aussi un membre du CLI [Comité pour la Libération de l’Irak], un puissant lobby qui aurait influencé l’invasion américaine de l’Irak (selon les révélations d’Expressen).

Selon AftonBladet, le ministre Carl Bildt aurait été un espion au service des Etats-Unis pendant de nombreuses années. Carl Bildt aurait « informé les États-Unis au sujet de ce qui a été dit au cours de débats fermés du gouvernement dans les années 70 », révèle le journal. Des informations secrètes auraient ainsi été transmises au gouvernement américain et à la CIA, par l’intermédiaire de Carl Bildt. Wikileaks rappelle dans un tweet que « le Ministre des Affaires étrangères suédois Carl Bildt exposé comme informateur des États-Unis; le procureur en chef suggère des accusations d’espionnage », ce qui laisse supposer qu’il y aura peut-être une suite juridique de l’affaire en Suède.

D’autre part, on en apprend encore davantage sur le ministre suédois et ses liens avec les Etats-Unis. Wikileaks, sur la base d’un article suédois, a tweeté: « Comment le comité pour envahir l’Irak a acquis le Ministre des Affaires étrangères suédois Carl Bildt par des paiements en espèces ». Voici ce que dit le journal Expressen, auquel fait référence ci-dessus Wikileaks, au sujet du rôle de Carl Bildt dans le lobby de la guerre en Irak, dans l’article intitulé « Chef: Parce que nous avons acquis Bildt« :

« Expressen a révélé mercredi que Carl Bildt a été recruté pour le groupe américain de lobby de la guerre du Comité pour la Libération de l’Irak (CLI), qui ne se composait de rien d’autre que de « faucons » conservateurs ayant des liens avec l’industrie de l’armement. » 

Wikileaks a également partagé sur Twitter toutes ses publications ayant un lien avec la Suède et Carl Bildt, avec parfois le lien des câbles diplomatiques qui mettent en évidence les activités du ministre suédois. Avis aux journalistes qui veulent se lancer dans des investigations plus poussées des câbles Wikileaks: vous pouvez désormais consulter ces liens sur Twitter.

Sources et liens:

« Chef: Parce que nous avons acquis Bildt«  (Expressen)

Les documents prouvent: Carl Bildt a donné des informations secrètes aux États-Unis (AftonBladet)

Les tweets de @Wikileaks relatifs à l’affaire Carl Bildt: consultez le tweet ou cliquez ici pour le résultat de la recherche

La répression contre Julian Assange: une attaque contre la liberté et une farce journalistique

La menace du gouvernement britannique d’envahir l’ambassade équatorienne à Londres pour s’emparer de Julian Assange est d’une importance historique. David Cameron, ancien chargé des relations publiques d’un magnat de la télévision et marchand d’armes auprès des monarchies du Golfe, est bien placé pour déshonorer les conventions internationales qui ont protégé des Britanniques qui s’étaient retrouvés au milieu d’un soulèvement. Tout comme l’invasion de l’Irak par Tony Blair a directement mené aux attentats terroristes de Londres le 7 juillet 2005, Cameron et le Ministre des Affaires étrangères William Hague ont mis en péril la sécurité des représentants britanniques à travers le monde.

En menaçant de violer une loi prévue pour expulser des assassins d’une ambassade étrangère, tout en diffamant un homme innocent qualifié de « criminel présumé », Hague a fait de la Grande-Bretagne la risée du monde entier, même si cette information a été largement censurée dans la presse britannique. Les mêmes journaux et télévisions courageux, qui ont soutenu le rôle britannique dans les crimes sanglants historiques, depuis le génocide en Indonésie jusqu’aux invasions de l’Irak et de l’Afghanistan, et aujourd’hui une attaque contre « le bilan des Droits de l’homme » de l’Equateur dont le véritable crime a été de tenir tête aux voyous de Londres et de Washington.

Comme si les joyeuses festivités des Jeux Olympiques s’étaient transformées en l’espace d’une nuit en un étalage de férocité colonialiste. Observez l’officier de l’armée britannique devenu reporter de la BBC, Mark Urban, « interviewant » l’ancien apologiste de Blair à Washington, Sir Christopher Meyer en train de beugler devant l’ambassade équatorienne, et regardez les tous les deux exploser d’une indignation réactionnaire contre l’insociable Assange et l’inflexible Rafael Correa pour avoir exposé le système de pouvoir rapace de l’Occident. Un affront similaire est encore tout frais dans les pages du Guardian, qui a conseillé à Hague d’être « patient » et qu’un assaut contre l’ambassade provoquerait plus de problèmes qu’il n’en résoudrait. Assange n’est pas un réfugié politique, a déclaré The Guardian, parce que « ni la Suède ni la Grande-Bretagne ne déporterait quelqu’un qui risque la torture ou la mort ».

L’irresponsabilité de cette déclaration est parfaitement dans la lignée du rôle perfide joué par the Guardian dans toute l’affaire Assange. Le journal sait parfaitement que les documents révélés par WikiLeaks montrent que la Suède a constamment cédé aux pressions des États-Unis en matière de droits civiques. En décembre 2001, le gouvernement suédois a brutalement révoqué le statut de réfugié politique de deux Égyptiens, Ahmed Agiza et Mohammedel-Zari, qui ont été remis à un escadron de la CIA à l’aéroport de Stockholm et « remis » à l’Égypte où ils ont été torturés. Une enquête par le médiateur de la justice suédois a conclu que le gouvernement avait « gravement violé » les droits humains de ces deux hommes. Dans un câble de l’ambassade US de 2009 obtenu par WikiLeaks, intitulé « WikiLeaks jette la neutralité dans les poubelles de l’histoire », la réputation tant vantée de la neutralité de l’élite suédoise se révèle une arnaque. Un autre câble US révèle que « l’étendue de la coopération [de l’armée et des services de renseignement suédois avec l’OTAN] n’est pas très connue » et devait être tenue secrète « au risque de provoquer des critiques contre le gouvernement ».

Le ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt, a joué un rôle notoire dans le Comité pour la Libération de l’Irak de George W. Bush et entretient des relations étroites avec l’extrême-droite du Parti Républicain. Selon l’ancien procureur en chef suédois, Sven-Erik Alhem, la décision suédoise de demander l’extradition d’Assange sur accusation de « délit sexuel » est « déraisonnable et peu professionnel, ainsi qu’injuste et disproportionnée. » S’étant porté volontaire lui-même pour être interrogé, Assange a été autorisé à quitter la Suède pour Londres où là encore il s’est proposé pour être interrogé. Au mois de mai, lors d’un dernier appel contre l’extradition, la Cour Suprême britannique a rajouté dans la farce en faisant référence à des « charges » qui n’existent pas.

Le tout a été accompagné d’une campagne virulente contre la personne d’Assange. Une bonne partie de cette campagne est venue du Guardian qui, tel un amoureux éconduit, s’est retourné contre son ancien informateur assiégé, après avoir énormément profité des révélations de WikiLeaks. Un livre du Guardian a fait l’objet d’un contrat lucratif à Hollywood, et ni Assange ni WikiLeaks ne toucheront un centime. Les auteurs, David Leigh et Luke Harding, insultent gratuitement Assange en le qualifiant de « caractère fêlé » et d’ »insensible ». Ils ont révélé aussi le mot de passe secret qui avait été confié au journal et qui était censé protéger le fichier informatique qui contenait les câbles US. Le 20 août, Harding se trouvait devant l’ambassade équatorienne, jubilant sur son blog que « Scotland Yard pourrait bien avoir le dernier mot ». Quelle ironie, mais en même temps assez logique, que de constater que l’éditorial du Guardian, qui assène le dernier coup en date contre Assange, s’inspire de la presse (à scandale – NdT) de Murdoch en surenchérissant de manière prévisible dans la bigoterie. Au temps pour Leveson, le Hackgate et tous les discours sur le journalisme respectable et indépendant et qui n’auront duré qu’un temps.

Ce sont les assaillants d’Assange qui révèlent toute l’étendue de la persécution dont il fait l’objet. Accusé d’aucun crime, il n’est donc pas un fugitif de la justice. Les pièces versées au dossier, dont les textos envoyés par les femmes impliquées, démontrent à toute personne douée d’un minimum de raison toute l’absurdité des accusations de viol – accusations qui ont pratiquement été totalement écartées par la procureure en chef de Stockholm, Eva Finne, avant que n’intervienne un politicien, Claes Borgström. Au cours des auditions préliminaires de Bradley Manning, un enquêteur de l’armée US a confirmé que le FBI ciblait secrètement « les fondateurs, propriétaires ou dirigeants de WikiLeaks » pour espionnage.

Il y a quatre ans, un document du Pentagone qui est passé pratiquement inaperçu, et révélé par WikiLeaks, décrivait comment WikiLeaks et Assange allaient être détruits par une campagne de calomnies et un procès intenté pour « crime ». Le 18 août, le (quotidien australien) Sydney Morning Herald a révélé, grâce à des documents officiels obtenus dans le cadre de la loi sur la liberté d’information, que le gouvernement australien a régulièrement reçu la confirmation que les Etats-Unis menaient une persécution « sans précédent » contre Assange, mais n’a formulé aucune objection.

Parmi les motifs invoqués par l’Equateur pour accorder l’asile à Assange, se trouve celui d’avoir été abandonné « par l’Etat dont il est citoyen ». En 2010, une enquête de la Police Fédérale Australienne a conclu qu’Assange et WikiLeaks n’avaient commis aucun délit. Sa persécution est une attaque contre nous tous et contre la liberté.

23 août 2012

John Pilger

Source: http://www.legrandsoir.info/la-repression-contre-julian-assange-une-attaque-contre-la-liberte-et-une-farce-journalistique.html
http://www.johnpilger.com/articles/the-pursuit-of-julian-assange-is-an-assault-on-freedom-and-a-mockery-of-journalism

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