La Lithuanie suspend une télévision russe après des commentaires anti-américains

vladimir-zhirinovsky

RFERL, 17/11/2016

La Lithuanie a coupé la diffusion d’une station de télévision de l’Etat russe après qu’un législateur russe a été vu, critiquant la politique des États-Unis dans des remarques que les régulateurs considèrent comme une « incitation à la guerre, la discorde et la haine ».

L’ordre du 16 novembre de la commission de radio et de télévision du pays suspend les émissions de RTR Planeta, le service international du radiodiffuseur d’Etat russe VGTRK, pendant trois mois.

L’ordre est intervenu après qu’une émission récente dans laquelle Vladimir Zhirinovsky, membre de la Douma russe, a été montré disant que si les troupes américaines s’approchent des frontières de la Russie, « ils vont brûler avec l’équipage ».

Lire la suite: http://www.rferl.org/a/lithuania-suspends-russian-tv-anti-american-comments/28124570.html

Les 3 murs pour comprendre les problèmes de liberté d’expression dans nos sociétés

three walls

Le 1er mur, c’est celui de la liberté de penser [Free Thinking]; c’est ce mur intellectuel qui est le 1er barrage vers nos libertés, c’est notre éducation et notre culture qui parfois sont un frein à notre liberté de penser. La culture peut engendrer des réflexes de pensée, des automatismes dans notre manière de percevoir le monde.

Le 2ème mur, c’est celui de la liberté d’expression [Free Speech], notamment quand on vit dans un pays où les médias sont contrôlés par l’Etat et où la conscience d’un pays entier est réduite à ce qui peut être dit dans les relais officiels de la presse, occultant ainsi les opinions réelles de la population dans toute leur diversité.

Le 3ème mur, c’est le mur de la technologie et de l’accès libre [Free Access] aux technologies qui permettent le développement de nos sociétés. Ainsi en est-il des technologies de cryptage qui permettent de protéger l’anonymat et la vie privée des citoyens, ainsi en est-il d’Internet qui est une technologie qui favorise la liberté d’expression et la liberté de penser, etc.

Ce schéma est intéressant, car dans n’importe quel régime autoritaire, on retrouvera une atteinte à l’une ou à plusieurs de ces libertés. En Chine, par exemple, la censure s’applique à travers le contrôle d’Internet et des médias. Tout comme en Arabie Saoudite, où on a affaire à « l’un des environnements médiatiques les plus censurés au monde », selon Freedom House. Mais en Occident, où les pays sont réputés pour leur démocratie, on voit que l’atteinte à la vie privée à travers des technologies de surveillance est en fait une atteinte aux libertés fondamentales, et que ces technologies de surveillance ont un impact sur nos libertés de penser et sur notre liberté d’expression, dans la mesure où ces technologies de surveillance sont intrusives dans nos vies privées, qu’elles conduisent à un espionnage de masse et peuvent favoriser une persécution contre des individus ou des groupes humains (militants politiques, groupes religieux ou autres).

Il y a donc peu de pays, peut-être d’ailleurs aucun, où la liberté d’expression serait totale et où ces 3 murs auraient été intégralement dépassés pour arriver à des démocraties où nous avons à la fois la liberté de penser, la liberté d’expression et la liberté d’accès aux technologies.

Source de l’image: https://www.flickr.com/photos/isaacmao/139714481

Depuis Edward Snowden aux enlèvements récents des 5 éditeurs à Hong-Kong: les menaces contre la liberté d’expression en Chine et ailleurs – par Jean-Jacques M’u, éditeur d’ABC Editions

Menaces sur l’information: le casse-tête hongkongais

Blog Mediapart, JJMU, 13 janvier 2016

La capitale financière chinoise avait reçu en juin 2013 Edouard Snowden que les USA poursuivaient pour avoir diffusé des données « Top Secret ». En automne 2014, les manifestations étudiantes « des parapluies » étaient sévèrement réprimées par le régime de Pékin en dépit du principe “Un pays, deux systèmes”. Depuis octobre 2015, ce sont des éditeurs qui sont enlevés quand ils dénoncent…

Lire la suite: https://blogs.mediapart.fr/jjmu/blog/130116/menaces-sur-l-information-le-casse-tete-hongkongais

Voir le site de l’éditeur: http://www.abceditions.net/

Censure grandissante en Chine? Pékin introduit un système d’évaluation pour les éditeurs en ligne

HKFP, 31 Décembre 2015, Vivienne Zeng

shanghai-405629_640Le gouvernement municipal de Pékin a mis en place un système de classement et d’évaluation pour les professionnels travaillant dans l’industrie des informations numériques.

Le système permettra de tester les éditeurs d’informations en ligne sur leurs «pensées politiques, l’éthique professionnelle, les connaissances théoriques, les connaissances des lois et des règlements et la capacité de mettre en oeuvre des compétences professionnelles », selon un document gouvernemental publié mardi. Ceux qui réussiront les examens et les évaluations recevront une accréditation officielle sur quatre niveaux – débutant, intermédiaire, supérieur et sénior.

Le programme pilote a pris effet le 12 Décembre.

En Chine, les systèmes d’accréditation sont un moyen pour le gouvernement de réglementer et de surveiller les professionnels. Depuis les comptables et les avocats jusqu’aux travailleurs de la logistique et artistes maquilleurs, les personnes travaillant dans presque toutes les professions sont classées à différents niveaux. Alors que les évaluations officielles ne sont pas obligatoires dans certaines industries, plus de classements supérieurs signifient de meilleurs salaires et des avantages sociaux ainsi qu’un statut social plus élevé.

Ces systèmes ont été critiqués comme inefficaces et vulnérables à la corruption. Les critiques disent aussi qu’ils sont un outil pour le contrôle politique du gouvernement. En Novembre, un professeur de droit de l’Université Renmin [de Chine] a déclaré que le gouvernement est en train de réfléchir à un système de classement pour les avocats qui empêchent les personnes à faible classement de travailler sur les affaires traitées par les tribunaux supérieurs, a rapporté Initium Media. Les précédentes tentatives de classer les avocats ont rencontré de la résistance, selon Initium.

Source: https://www.hongkongfp.com/2015/12/31/beijing-introduces-appraisal-system-for-online-editors/ et https://twitter.com/iChinadian/status/682629794090057729

Pour se préparer à rejoindre les guerres américaines, le Japon démantèle la liberté de la presse

Freedom of the Press Foudation, le 10 décembre 2015, Par Jon Mitchell

800px-Shinzo_Abe_with_Obama_laughing_2014En 2010, le Japon a été classé #11 à l’index Reporters sans Frontières de la liberté de la presse mondiale. En Février 2015, ce nombre avait chuté à #61 – et l’année prochaine, il sera probablement encore plus bas.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2012, le Premier ministre Shinzo Abe et son Parti démocratique libéral se sont lancés dans une guerre d’usure contre les libertés de la presse au Japon.

Les agressions ont inclus: l’intégration des néo-nationalistes à des postes clés de la chaîne de diffusion publique, NHK; la profération de menaces voilées contre des réseaux de télévision dont la couverture critique du gouvernement pourrait leur coûter leur licence de radiodiffusion; et l’acusation envers un journaliste allemand – qui avait écrit à propos du révisionnisme historique du Premier ministre [Shinzo] Abe – d’avoir accepté un pot de vin en provenant de la Chine.

Cette semaine, David Kaye, Rapporteur spécial de l’ONU sur la liberté d’opinion et d’expression, a été programmé pour une visite à Tokyo – un voyage qui aurait attiré l’attention internationale sur la répression des médias par le gouvernement japonais. Mais au dernier moment, les responsables du gouvernement japonais ont annulé son voyage affirmant qu’ils étaient trop occupés pour le rencontrer.

Le LDP [Parti Libéral-Démocrate] est particulièrement soucieux d’éviter un examen de la loi sur les secrets d’État qu’il s’est précipité de faire passer au parlement à la fin de 2013.

800px-Abe_Bush_Heiligendamm_G8_2007_002La loi donne libre cours au gouvernement japonais de classer comme secret d’État toute information relative à la sécurité et à la diplomatie – avec aucun contrôle indépendant. L’information peut rester classée pour une période indéfinie, y compris ce qui concerne les rapports relatifs aux triples fusions à la centrale nucléaire de Fukushima.

Selon la nouvelle loi, les lanceurs d’alerte du gouvernement peuvent être emprisonnés pour 10 ans, tandis que les membres des médias publiant des informations font face à 5 ans d’emprisonnement; les journalistes étrangers – comme moi – vont probablement être expulsés.

Conscient que l’avenir de leur liberté de la presse était en jeu, le public japonais – environ 80% d’entre eux s’opposent à la loi – ont organisé certaines des plus grandes manifestations vues ici depuis des décennies.

Des directeurs de journaux, journalistes, éditeurs et avocats ont dénoncé la loi comme une atteinte à la liberté de la presse protégée par la Constitution du Japon. Reporters Sans Frontières a déclaré: « le parlement rend le journalisme d’investigation illégal, et bafoue les principes fondamentaux de la confidentialité des sources des journalistes et de ‘l’intérêt public' ».

L’opposition à la Loi sur les secrets d’Etat a été unanime – à une exception près: les Etats-Unis.

Peu de temps après l’adoption de la loi, l’ambassadrice américaine au Japon, Caroline Kennedy, a exprimé l’approbation de Washington:

Nous soutenons l’évolution des politiques de sécurité du Japon, car elles créent une nouvelle stratégie de sécurité nationale, établissent un Conseil de sécurité nationale, et prennent des mesures pour protéger les secrets de la sécurité nationale.

Pendant de nombreuses années, les maîtres du Japon à Washington ont pressé Tokyo d’introduire une législation répressive pour protéger les secrets concernant l’alliance de sécurité nippo-américaine. Plus particulièrement, Richard Armitage et Joseph Nye ont inclus ces lois sur leur liste de souhaits dans le rapport 2012 du CSIS [Center for Strategic and International Studies] sur l’alliance américano-japonaise.

Une telle ingérence du gouvernement américain dans la politique intérieure japonaise n’a rien de nouveau; la CIA a fourni de l’argent au LDP au cours des années 1950 et ’60 pour s’assurer un allié servile dans la région. Au cours des dernières années, cette pression a augmenté avec les exhortations de Washington à plusieurs reprises pour que le Japon permette aux membres de ses Forces d’autodéfense de se joindre aux guerres sans fin de l’Amérique au Moyen-Orient.

Lire l’intégralité de l’article: https://freedom.press/blog/2015/12/preparation-join-us-wars-japan-dismantles-freedom-press

Julian Assange en vidéo-conférence à Cambridge Union évoque la liberté d’expression, la censure occidentale et le piratage de Sony

Julian Assange a commencé son intervention en parlant du journaliste australien Wilfred Burchett, « le premier correspondant étranger à être entré à Hiroshima après que la bombe atomique ait explosé, et il a attiré la controverse pour ses activités pendant les guerres de Corée et du Vietnam ». (Wikipedia)

Assange a évoqué différents aspects liés aux problèmes de liberté d’expression dans le monde, mais aussi de ceux qui se posent dans le monde occidental et l’impact d’Internet dans les communications globales.

On relèvera quelques-uns de ses commentaires sur la situation générale de la liberté d’expression qui vont dans un sens positif: « L’Internet signifie que le fait de publier est plus accessible qu’il ne l’a jamais été auparavant ». C’est ce qui a pu conduire aux nombreuses publications de WikiLeaks, selon Julian Assange et à la « plus belle période d’éducation politique qui soit jamais arrivée ». « Il n’y a aucune période de l’histoire où la propagation latérale de l’information à travers le monde – depuis des gens qui savent quelque chose vers des gens qui veulent savoir quelque chose – n’aura été aussi géniale ». « Si vous parlez de la population mondiale, il n’y a jamais eu une génération qui a été éduquée aussi rapidement en résultat de cela ».

Une partie de la censure a été marginalisée dans le schéma traditionnel que l’on connaissait, mais la plus grande liberté d’expression dans le monde actuel conduit à de nouveaux équilibres et à de nouveaux conflits au sein des classes sociales qui disent plus librement ce qu’elles pensent des élites au pouvoir.

Julian Assange a également évoqué des aspects plus négatifs: « ce nouvel âge d’or de la liberté d’expression revient maintenant en arrière, à cause de son succès, en permettant à autant de gens de parler. Cela a généré à l’intérieur de lui-même une pression pour refermer de nouveau la liberté d’expression à l’intérieur d’une bouteille et l’empêcher de causer tant d’irritations aux groupes qui contrôlent d’une manière ou d’une autre l’infrastructure sous laquelle nous communiquons ».

Julian Assange a également répondu à des questions sur l’impact des publications de WikiLeaks, le piratage de Sony et l’influence de cette société dans la sphère politique, et sur sa situation personnelle vis-à-vis de l’Australie, etc.

L’achat du silence: Comment le ministère des Affaires étrangères saoudien contrôle les médias arabes (WikiLeaks)

Obama Saudi ArabiaLundi, l’Arabie saoudite a célébré la décapitation de son 100ème prisonnier, cette année. L’histoire n’était présente nulle part dans les médias arabes, même si l’histoire a circulé dans les services de presse. Même les médias internationaux ont été relativement muets sur cet épisode, par rapport à ce que cela aurait été si cela avait concerné un pays différent. Comment une histoire comme celle-ci a pu passer inaperçue?

La publication par WikiLeaks, aujourd’hui, des « Câbles saoudiens » provenant du ministère saoudien des Affaires étrangères montre comment cela est fait.

Le royaume riche en pétrole de l’Arabie saoudite et sa famille régnante adoptent une approche systématique pour maintenir une image positive du pays sur la scène internationale. La plupart des gouvernements du monde entier se livrent à des campagnes de relations publiques pour repousser les critiques et bâtir des relations dans les lieux influents. L’Arabie Saoudite contrôle son image par la surveillance et l’achat d’allégeances depuis l’Australie jusqu’au Canada et partout ailleurs.

Les documents révèlent les vastes efforts pour surveiller et coopter les médias arabes, en veillant à corriger tout écart dans la couverture régionale de l’Arabie saoudite et les questions qui y sont liées. La stratégie de l’Arabie saoudite pour coopter les médias arabes prend deux formes, correspondant à l’approche de la «carotte et du bâton», mentionnée dans les documents comme «neutralisation» et «confinement». L’approche est personnalisée en fonction du marché et des médias en question.

Lire la suite du communiqué: https://wikileaks.org/saudi-cables/buying-silence

Comment la télévision russe induit en erreur les téléspectateurs au sujet de l’Ukraine

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Par Stephen Ennis, 22 avril 2015

La couverture par la télévision russe des combats dans et autour du village de Shyrokyne à l’est de l’Ukraine apporte une étude de cas utile de certaines des tactiques que celle-ci utilise pour tromper les téléspectateurs sur le conflit. […]

1. Des photos trompeuses

Au cours de la dernière semaine, la télévision russe a avancé l’idée que le cessez-le feu autour de Shyrokyne a été violé par les seules forces ukrainiennes, en particulier par le bataillon de volontaires d’Azov. En fait, comme les rapports de la mission d’observation de l’OSCE le montrent clairement, les deux parties ont rompu la trêve précaire.

2. Des récits faux

Tout en blâmant les forces ukrainiennes pour les violations du cessez-le-feu à Shyrokyne, la télévision russe d’Etat les a également accusés de cibler délibérément des civils. […]

civils en ukraine_rossiya1Les images d’habitant de Shyrokyne sont présentées de manières différentes sur différentes chaînes

3. Déformation et suppression

Immédiatement après l’extrait vidéo du tir de mortier, le rapport de Bilibov a montré une femme âgée, l’une des quelques dizaines de civils toujours restants à Shyrokyne. « Est-ce qu’ils vous tirent dessus? » a demandé Bilibov. La femme lui a répondu en pleurant comment elle a été forcée de se réfugier dans une cave face aux combats. […]

Source: http://www.bbc.co.uk/monitoring/how-russian-tv-misleads-viewers-about-ukraine

Non, David [Cameron], vous n’êtes pas Charlie!

Le jour où le Guardian a dû détruire des ordinateurs contenant les documents Snowden, sous la pression du gouvernement britannique

Par Paul Bernal, 12 janvier 2015

Avec tant d’autres dirigeants du monde, David Cameron a fait un grand point de montrer sa solidarité avec les Français face aux atrocités de Charlie Hebdo, prétendant défendre la liberté d’expression – mais toute personne qui a suivi ou étudié la façon dont son gouvernement traite la presse et même la liberté d’expression sait généralement qu’il est loin d’être un champion de la liberté d’expression.

En effet, plutôt que de défendre la liberté d’expression, le gouvernement Cameron a été activement hostile. Le sien est un gouvernement qui a envoyé des agents au bureau d’un journal national pour les forcer à détruire des ordinateurs – un acte qui pourrait difficilement être interprété autrement que comme de l’intimidation brutale. C’est un gouvernement sous les auspices duquel la police a secrètement surveillé les communications entre les journalistes et leurs sources.

Lire la suite: https://paulbernal.wordpress.com/2015/01/12/non-david-vous-netes-pas-charlie/

Des gouvernements donnent des ordres pour censurer les vidéos de protestation sur YouTube

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Dans un exemple effrayant de la manière dont l’État resserre son emprise autour de l’Internet libre, il est apparu que You Tube se conforme à des milliers de demandes de gouvernements pour censurer et supprimer des vidéos qui montrent des manifestations et d’autres exemples de citoyens affirmant simplement leurs droits, tout en supprimant également des termes de recherche par mandat du gouvernement.

Lire la suite: http://worldtruth.tv/government-orders-you-tube-to-censor-protest-videos-2/