56 haut-fonctionnaires français complices de criminels et terroristes (Jean-Loup IZAMBERT)

Conférence de Jean-Loup IZAMBERT à Ille sur Têt le 18 décembre 2015 sur son dernier ouvrage: «56 – Tome 1: (L’État français complice de groupes criminels) », comportant 386 pages (youtube)

Les attentats de Paris révèlent la stratégie étrange de l’Etat Islamique (ISIS) et la stratégie de la tension de l’OTAN en Europe

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Joe Quinn, Sott.net, dimanche 15 novembre 2015

« C’est tellement choquant. Quand Charlie Hebdo est arrivé, c’était une attaque ciblée, spécifique. Mais cette fois, c’est terrifiant parce que ce sont juste des personnes au hasard, des personnes innocentes vaquant à leurs occupations. Je connais beaucoup de gens à Paris – Il y a la panique et le désordre ici, personne ne peut comprendre ce qui se passe. Nous sommes tous dans un état de choc complet ».

Ainsi s’est exprimé Quentin, 27 ans, qui travaille pour une société en ligne à Paris, et dont le plus vieil ami a été visé plusieurs fois par balles au Bataclan.

Les attaques terroristes comme celles-ci ne sont jamais faites «au hasard», du moins pas dans le sens où ils n’ont pas de raison. Si elles semblent faites au hasard, c’est sans aucun doute une partie de la stratégie qui les anime. Les gouvernements et les groupes utilisent le terrorisme pour atteindre un objectif spécifique, donc il y a toujours une raison. Pour en connaître la raison, vous avez juste à comprendre qui en est réellement responsable.

Nous avons déjà été dit que [l’Etat Islamique] «ISIS» a revendiqué la responsabilité des attentats à Paris, une revendication en partie confortée par la découverte accomodante d’un passeport syrien sur le corps de l’un des « kamikazes » (pourquoi ces terroristes portent toujours une carte d’identité dans leurs missions de suicide?). Mais étant donné que la plupart des terroristes d’ISIS en Syrie sont des mercenaires étrangers, ce n’est pas vraiment une preuve de quoi que ce soit, sauf peut-être que certains terroristes d’ISIS ont été cachés parmi les réfugiés syriens qui ont transité par la Grèce cet été.

On nous dit qu’ISIS vise à établir un califat sur la plus grande partie possible du Levant. Mais réaliser cet objectif implique nécessairement le retrait du gouvernement Assad, [un retrait] pour lequel les pouvoirs occidentaux ont fait un lobby pendant plusieurs années. Au cours des 4 dernières années de la « révolution syrienne », et jusqu’à il y a environ six semaines, le groupe avait parcouru un long chemin vers l’atteinte de cet objectif, avec l’armée arabe syrienne sérieusement attaquée et les zones de contrôle du gouvernement Assad limitées à de petites zones dans et autour de Damas. Après 6 semaines de frappes aériennes russes cependant, ISIS est en train de perdre du terrain plus rapidement qu’un âne à 3-pattes dans une course de chevaux, et leurs bailleurs de fonds en Arabie Saoudite, au Qatar et à Washington DC ne semblent pas canaliser assez d’argent et d’armes pour faire la différence.

ei« Regardez ce que nous avons trouvé dans le désert! »

Ceci est le point clé, et il n’y a pas de théorie du complot: ISIS et d’autres « rebelles syriens » sont presque entièrement les créations du gouvernement américain et de leurs alliés au Moyen-Orient. Sans leur soutien, comme l’ont noté de nombreux organes de presse traditionnels, ISIS aurait depuis longtemps disparu des pages de l’histoire. Dans un précédent article, j’ai souligné la stratégie géopolitique poursuivie par Washington et ses alliés au Moyen-Orient dans le financement d’une « révolution syrienne » pour renverser le gouvernement Assad; tout cela tourne autour des pipelines de pétrole et de gaz vers l’Europe et l’Asie, et pour contrecarrer l’expansion russe.

Donc, étant donné qu’ «ISIS» est effectivement tracé par des frappes aériennes russes et celles de l’armée arabe syrienne, pourquoi le leadership d’ISIS choisirait d’ajouter à leurs malheurs en massacrant des civils français et en provoquant une intervention militaire française attendue contre ISIS en Syrie et en Irak. Je veux dire, est-ce que ces gens se réjouissent effectivement d’avoir des bombes occidentales, en plus de celles de la Russie, qui tombent sur leurs têtes?

Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, à peu près tous les attentats terroristes musulmans présumés depuis le 11 septembre ont été immédiatement utilisés par le gouvernement américain et leurs alliés pour justifier une action continue dans leur «guerre contre le terrorisme». Ceci en dépit du fait que, la plupart du temps, les terroristes musulmans ont mené leurs attaques dans le but explicite d’intimider les gouvernements occidentaux pour mettre fin à leurs bombardements et à l’invasion de pays musulmans.

Les gouvernements occidentaux ne se préoccupent clairement pas de tuer des civils, en particulier les civils d’autres pays. Des groupes comme ISIS partagent la même idéologie, de toute évidence. Vous pourriez penser que, maintenant, les djihadistes auraient compris que le «grand Satan» ne se laissera pas influencer dans ses desseins impériaux par quelques attaques terroristes contre ses serviteurs. Au contraire, cela sert simplement à l’encourager pour semer l’enfer dans les pays musulmans. Là encore, il est possible que, pour une très bonne raison, les djihadistes veulent réellement une attaque à part entière de l’OTAN sur la Syrie.

Lire l’intégralité de l’article: http://www.sott.net/article/306401-Paris-Attacks-Reveal-Bizarre-ISIS-Strategy-and-NATOs-Strategy-of-Tension-in-Europe

La guerre en Syrie orchestrée en 2006, réflexions sur l’empire américain et sur les méthodes utilisées pour renverser un régime politique

Les espions missionnaires du Pentagone – L’armée américaine a utilisé une ONG chrétienne comme front pour l’espionnage en Corée du Nord

political art_corée du nordIllustration: carte postale de Corée du Nord (creative commons)

The Intercept, Matthew Cole, 26 octobre 2015

Le 10 mai 2007, dans l’East Room [salle Est] de la Maison Blanche, le président George W. Bush a présidé une cérémonie en l’honneur des dirigeants les plus accomplis des services communautaires de la nation. Parmi ceux qui ont reçu la distinction présidentielle pour les services volontaires cet après-midi se trouvait Kay Hiramine, le fondateur d’une organisation humanitaire de plusieurs millions de dollars située au Colorado.

L’ONG de Hiramine, le Groupe Humanitaire des Services Internationaux, ou HISG, a gagné l’éloge spécial du président pour avoir démontré comment un organisme caritatif privé pouvait intervenir rapidement en réponse à une crise. « Dans la foulée de l’ouragan Katrina, » dit la citation de Hiramine, « l’équipe de HISG a lancé un centre d’opération du secteur privé à Houston qui a mobilisé plus de 1500 bénévoles dans la zone de la catastrophe, un mois après l’ouragan ».

Mais alors que le chrétien évangélique Hiramine traversait la scène pour serrer la main du président Bush et qu’il recevait son prix, il cachait un élément essentiel à ceux qui étaient présents: Il était un espion du Pentagone, dont l’ONG était financée grâce à un programme hautement classifié du Département de la Défense.

Le lieutenant-général William « Jerry » Boykin donnant un discours à l’Université chrétienne du Colorado, le lundi 2 mai 2011

Le programme secret du Pentagone, qui remonte à Décembre 2004, a bien continué sous la présidence d’Obama. Il a été conçu par un haut fonctionnaire du renseignement appartenant au Département de la Défense de l’administration Bush, le lieutenant-général William « Jerry » Boykin. Boykin, un chrétien évangélique qui a été sous le feu de la critique en 2003 pour ses déclarations sur l’islam, a établi la ruse de l’ONG, alors qu’il était à la recherche de nouveaux moyens peu orthodoxes pour pénétrer la Corée du Nord.

Longtemps source de grande préoccupation pour les Etats-Unis et l’Europe occidentale en raison de son programme nucléaire, la Corée du Nord a été la cible la plus difficile du renseignement pour les Etats-Unis « Nous n’avions rien à l’intérieur de la Corée du Nord », m’a dit un ancien responsable militaire familier avec les efforts américains dans le pays. « Zéro ». Mais l’ONG de Hiramine, en offrant de l’aide humanitaire à la population désespérée du pays, était capable d’aller là où les autres ne pouvaient pas aller.

On ne sait pas combien de cadres de l’HISG au-delà de Hiramine connaissaient l’opération; Hiramine n’a pas répondu aux demandes répétées de commentaires et aucun de ses anciens collègues n’en a fait. Peu, sinon aucun, parmi le reste du personnel et des bénévoles de l’organisation n’avait de connaissance de son rôle comme un front du Pentagone, selon d’anciens employés de HISG et d’anciens responsables militaires.

La révélation que le Pentagone a utilisé une ONG et des bénévoles humanitaires à leur insu pour la collecte de renseignements est le résultat d’une enquête de plusieurs mois par The Intercept. Au cours de l’enquête, plus d’une dizaine d’actuels et anciens responsables de l’armée et du renseignement, de travailleurs humanitaires, missionnaires, fonctionnaires américains et d’anciens employés de HISG ont été questionnés. Les représentants du gouvernement des États-Unis qui étaient familiers avec l’opération du Pentagone et le rôle de l’HISG ont demandé l’anonymat parce qu’ils évoquaient des questions militaires et de renseignement qui pourraient les exposer au risque de poursuites judiciaires. Le Pentagone n’a fait aucun commentaire sur l’HISG ou les opérations d’espionnage en Corée du Nord.

Avant d’avoir été finalement démantelée en 2013, l’organisation de Hiramine a reçu des millions grâce au financement du Pentagone à travers un réseau complexe d’organisations destinées à masquer l’origine de l’argent, selon l’un des anciens responsables militaires familiers avec le programme, ainsi que d’après la documentation examinée pour cet article.

Lire l’intégralité: https://theintercept.com/2015/10/26/pentagon-missionary-spies-christian-ngo-front-for-north-korea-espionage/

WikiLeaks révèle comment les Etats-Unis ont poursuivi de manière agressive le changement de régime en Syrie, en provoquant le début d’un bain de sang

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Le 9/10/2015, par Robert Naiman, Verso Books (extrait du livre)

Ce qui suit est le chapitre 10 des documents WikiLeaks:

Le 31 Août 2013, le président américain Barack Obama a annoncé qu’il avait l’intention de lancer une attaque militaire contre la Syrie en réponse à une attaque aux armes chimiques dans ce pays que les États-Unis ont attribué au gouvernement syrien. Obama a assuré le public américain que ce serait une action limitée uniquement destinée à punir le gouvernement Assad pour l’utilisation d’armes chimiques; l’objectif de l’action militaire américaine ne serait pas de renverser le gouvernement Assad, ni de changer l’équilibre des forces dans la guerre civile interconfessionnelle en Syrie.

L’histoire montre que la compréhension du public face à la politique étrangère des États-Unis dépend de façon cruciale de l’évaluation des motivations des responsables américains. Il est plus que probable que les responsables américains se présenteront aux yeux du public comme ayant des motivations plus nobles que ce qu’ils partagent avec d’autres en privé, et donc que si les membres du public avaient accès aux motivations partagées en privé, ils pourraient faire des évaluations différentes de la politique américaine. Ceci est la raison principale pour laquelle la publication des câbles diplomatiques américains par WikiLeaks était si importante.

Les câbles ont donné au public une ouverture récente sur les stratégies et les motivations des responsables américains telles qu’ils les ont exprimé entre eux, pas comme ils ont l’habitude de les exprimer au public. Dans le cas de la Syrie, les câbles montrent que le changement de régime avait été un objectif de longue date de la politique américaine; que les Etats-Unis ont fait la promotion du sectarisme en soutien à leur politique de changement de régime, contribuant ainsi à jeter les bases de la guerre civile interconfessionnelle et à l’effusion massive de sang que nous voyons aujourd’hui en Syrie; que les éléments clés de la politique de changement de régime par l’administration Bush sont restés en place alors même que l’administration Obama s’est tournée publiquement vers une politique d’engagement; et que le gouvernement américain était beaucoup plus intéressé par la politique étrangère du gouvernement syrien, notamment sa relation avec l’Iran, que par les droits de l’homme à l’intérieur de la Syrie.

Un câble du 13 Décembre 2006, «Influencer le SARG [Gouvernement Syrien] à la fin de 2006″, indique que, d’aussi loin que 2006 – cinq ans avant les manifestations du «Printemps arabe» en Syrie – déstabiliser le gouvernement syrien était une motivation centrale de la politique américaine. L’auteur du câble était William Roebuck, à ce moment chargé d’affaires à l’ambassade américaine à Damas. Le câble souligne les stratégies pour déstabiliser le gouvernement syrien. Dans son résumé du câble, Roebuck écrit:

Nous croyons que les faiblesses de Bachar sont dans la façon dont il choisit de réagir à des questions imminentes, à la fois dans la perception et dans la réalité, comme le conflit entre les étapes de la réforme économique (cependant limitée) et des forces corrompues, bien enracinées, la question kurde, et la menace potentielle pour le régime de la présence croissante d’extrémistes islamistes en transit. Ce câble résume notre évaluation de ces vulnérabilités et suggère qu’il peut y avoir des actions, des déclarations, et des signaux que le gouvernement US peut envoyer et qui permettront d’améliorer la probabilité de telles opportunités qui se manifestent.

Ce câble indique que l’objectif des États-Unis en Décembre 2006 a été de saper le gouvernement syrien par tous les moyens, et que ce qui importait était de savoir si l’action des États-Unis permettrait de déstabiliser le gouvernement, pas de savoir ce que pourraient être les autres impacts de l’action. En public, les Etats-Unis étaient en faveur de la réforme économique, mais en privé les États-Unis ont vu le conflit entre la réforme économique et « les forces corrompues, retranchées » comme une « opportunité ». En public, les États-Unis étaient opposés aux « extrémistes islamistes » où que ce soit; mais en privé, ils ont vu la « menace potentielle pour le régime de la présence croissante d’extrémistes islamistes en transit » comme une « opportunité » que les Etats-Unis devraient considérer dans leur champ action pour essayer de l’augmenter.

Lire la suite: http://www.truth-out.org/progressivepicks/item/33180-wikileaks-reveals-how-the-us-aggressively-pursued-regime-change-in-syria-igniting-a-bloodbath

Le stratège de l’Etat Islamique, ex-espion de Saddam Hussein, a eu pendant des années des contacts avec les services de renseignement d’Assad

Le stratège de la Terreur: des documents secrets révélent la structure de l’Etat islamique (extraits)

Der Spiegel, Par Christoph Reuter, 18 avril 2015

Un officier irakien a planifié la prise de contrôle de l’État islamique en Syrie et SPIEGEL a obtenu un accès exclusif à ses papiers. Ils décrivent une organisation qui, en apparence entraînée par le fanatisme religieux, calcule froidement en réalité.

200px-Haji_Bakr_ISIS[…] Samir Abd Muhammad al-Khlifawi était le vrai nom de l’irakien, dont les traits maigres étaient adoucis par une barbe blanche. Mais personne ne le connaissait sous ce nom. Même son pseudonyme le plus connu, Haji Bakr, n’a pas été largement connu. Mais c’était précisément une partie du plan. L’ancien colonel du service de renseignement de la force de défense aérienne de Saddam Hussein tirait secrètement sur les ficelles de l’EI [IS] depuis des années. Les anciens membres du groupe avaient à plusieurs reprises parlé de lui comme de l’une de ses figures de proue. Pourtant, ce qu’était exactement son rôle n’a jamais été clair.

Mais quand l’architecte de l’État islamique est mort, il a laissé quelque chose derrière lui qu’il avait l’intention de garder strictement confidentiel: le projet de cet Etat. C’est un dossier plein de graphiques organisationnels, de listes et d’horaires, écrits à la main, qui décrivent comment un pays peut être progressivement contrôlé. SPIEGEL a obtenu un accès exclusif aux 31 pages, certaines composées de plusieurs pages collées ensemble. Elles révèlent une structure sur plusieurs niveaux et des directives pour l’action, dont certaines déjà testées et d’autres nouvellement conçues pour la situation anarchique dans les territoires tenus par les rebelles de Syrie. Dans un sens, les documents sont le code source de l’armée terroriste la plus efficace de l’histoire récente. […]

schema_etat_islamiqueCe document est le schéma de Haji Bakr pour une structure possible de l’administration de l’État Islamique.

Le plan général

Les plans comprennent également des domaines tels que la finance, les écoles, les centres de jour, les médias et le transport. Mais il y a un thème central récurrent, qui est soigneusement traité dans les graphiques organisationnels et les listes de responsabilité et les exigences de rapport: la surveillance, l’espionnage, le meurtre et l’enlèvement.

Pour chaque conseil provincial, Bakr avait prévu pour un émir, ou un commandant, d’être en charge des meurtres, des enlèvements, des snipers, de la communication et du cryptage, ainsi qu’un émir pour superviser les autres émirs – « au cas où ils ne font pas bien leur travail ». Le noyau de cet Etat divin serait l’horloge démoniaque d’une structure de cellule et de commando visant à répandre la peur.

Dès le début, le plan était d’avoir les services de renseignement qui fonctionnent en parallèle, même au niveau provincial. […]

Une deuxième cache de documents

Lorsque l’EI a été contraint d’abandonner rapidement son siège à Alep en Janvier 2014, ils ont essayé de brûler leurs archives, mais ils se sont heurtés à un problème similaire à celui auquel a fait face la police secrète de l’Allemagne de l’Est, 25 ans plus tôt: Ils avaient trop de fichiers.

organigramme-etat_islamiqueGraphique: Un rendu numérique de Haji Bakr pour l’organigramme de l’État islamique.

Un examen des centaines de pages de documents révèle un système hautement complexe impliquant l’infiltration et la surveillance de tous les groupes, y compris les propres membres de l’EI [IS]. Les archivistes du jihad ont maintenu de longues listes en notant quels informateurs ils avaient installés dans quelle brigade rebelle et milice gouvernementale. Il a même été noté qui parmi les rebelles était un espion pour les services de renseignement d’Assad.

graphique_etat_islamiqueUn graphique écrit à la main montre les pensées de Bakr concernant l’établissement de l’Etat islamique.

Des alliances changeantes

Mais dans les premiers mois de 2014, un autre héritage de Haji Bakr a encore commencé à jouer un rôle décisif: sa décennie de contacts avec les services de renseignement d’Assad.

En 2003, le régime de Damas était paniqué à l’idée que le président américain George W. Bush, après sa victoire sur Saddam Hussein, aurait laissé ses troupes continuer jusqu’en Syrie pour renverser aussi Assad. Ainsi, dans les années qui ont suivi, les responsables du renseignement syrien ont organisé le transfert de milliers de radicaux de Libye, d’Arabie Saoudite et de Tunisie vers al-Qaïda en Irak. 90% des kamikazes sont entrés en Irak par la voie syrienne. Une étrange relation s’est développée entre les généraux syriens, les djihadistes internationaux et d’anciens officiers irakiens qui avaient été fidèles à Saddam – une entreprise commune d’ennemis mortels, qui se sont rencontrés à plusieurs reprises à l’ouest de Damas.

À l’époque, l’objectif principal était de rendre infernale la vie des Américains en Irak. […]

Lire l’intégralité de l’article: http://www.spiegel.de/international/world/islamic-state-files-show-structure-of-islamist-terror-group-a-1029274.html

«L’Etat Islamique est un prétexte pour un changement de régime en Irak sponsorisé par les Etats-Unis»

Etat Islamique (ISIS)

Eric Draitser est un analyste géopolitique indépendant basé à New York et créateur du site StopImperialism.org

L’éviction du Premier ministre irakien Nouri al-Maliki fait partie d’un plan plus large des États-Unis pour l’Irak et le Moyen-Orient dans son ensemble.

Dans le contexte de la guerre contre l’État Islamique (IS, anciennement ISIS / ISIL), Washington a réussi à tuer deux oiseaux en faisant d’une pierre deux coups, comme dit le proverbe. Non seulement les États-Unis ont supprimé un dirigeant politique qui s’était avéré problématique en raison de son opposition à la présence militaire américaine en Irak, ainsi que pour son soutien indéfectible à la Syrie et au président Assad, mais ils ont également créé les conditions pour le démembrement de l’Etat irakien.

[…]

La maladie de l’Etat Islamique (EI)

L’EI n’est que très récemment devenu une épidémie internationalement reconnue de l’extrémisme islamiste militant qui doit être éradiqué à tout prix. Cette reconnaissance internationale n’est venue qu’une fois que l’organisation a commencé à prendre le contrôle de territoires en Irak, menaçant les intérêts pétroliers et gaziers occidentaux. Alors que l’EI menait en réalité sa guerre brutale et vicieuse contre le peuple syrien et le gouvernement, l’EI n’était qu’une simple réflexion après coup, un simple groupe d’extrémistes qui combattaient le « dictateur brutal » Assad.

Il semble donc que le danger d’ISIS [Etat Islamique en Irak et en Syrie] et de la nécessité de l’éradiquer soit directement lié aux intérêts américains. Autrement dit, l’EI est un outil utile pour la Syrie et au sud du Liban où il crée le chaos au détriment d’Assad et du Hezbollah respectivement, tandis qu’en Irak, l’EI est dangereux là où il menace le régime client des Etats-Unis au Kurdistan et les intérêts pétroliers occidentaux. Mais bien sûr, le détail systématiquement exclu de la plupart des analyses du problème de l’EI, c’est le simple fait qu’il s’agit d’une création du renseignement américain et de sa guerre secrète contre la Syrie.

Lire la suite: http://rt.com/op-edge/180544-iraq-us-syria-maliki/

Obama revoit sa stratégie anti-Daesh et fait d’Assad sa cible principale

En Syrie, selon la chaîne d’informations CNN qui cite des sources à Washington, « vaincre l’islamisme est impossible alors que le président Assad reste au pouvoir ». Mais dans la suite, Maria Finoshina de RT rapporte que renverser le leader syrien a peut-être toujours été le vrai but de l’Amérique de toute manière. (RT)

Un ancien contracteur de la CIA: « ISIS est un ennemi complètement fabriqué et financé par les États-Unis »

29 août 2014

Un ancien contracteur de la CIA, Steven Kelley, dit que le groupe terroriste ISIL [Etat Islamique en Irak et au Levant] est un ennemi fabriqué et financé par les États-Unis

« C’est un ennemi complètement fabriqué, » a-t-il déclaré dans un entretien téléphonique avec Press TV depuis Anaheim, en Californie, jeudi.

« Le financement vient entièrement des États-Unis et de ses alliés, et pour les gens qui pensent que cet ennemi est quelque chose qui doit être attaqué en Syrie ou en Irak, c’est une farce car évidemment c’est quelque chose que nous créons, que nous contrôlons et seulement maintenant c’est devenu gênant pour nous d’attaquer ce groupe comme un ennemi légitime », a ajouté Kelley.

Il a fait ces remarques, alors que le président américain Barack Obama est sous pression pour obtenir l’approbation du Congrès avant d’étendre la campagne aérienne militaire de Washington contre des cibles ISIL [Etat Islamique en Irak et au Levant] depuis l’Irak jusqu’en Syrie voisine.

Le Pentagone a déjà lancé au moins 100 frappes aériennes sur les positions d’ISIL [Etat Islamique en Irak et au Levant] dans le nord de l’Irak depuis qu’Obama a autorisé l’utilisation de la force contre le groupe terroriste au début de ce mois.

La Maison Blanche insiste qu’il n’a pas besoin d’autorisation explicite du Congrès pour les opérations, parce qu’elles sont destinées à protéger le personnel et les intérêts américains dans le pays arabe.

Le secrétaire de presse de la Maison Blanche, Josh Earnest, a déclaré lundi qu’Obama « n’hésitera pas à user de son autorité » pour garder les Américains en sécurité, mais il a ajouté que le président était « engagé à la coordination et à la consultation avec le Congrès » sur la décision de frapper des cibles ISIL [Etat Islamique en Irak et au Levant] en Syrie.

« Si vous voulez aller à la racine du problème et supprimer cette organisation, la première chose qu’ils doivent faire est de supprimer le financement et de prendre soin des entités responsables de la création de ce groupe», a déclaré Kelley.

« Je crois que ce groupe ISIS [Etat Islamique en Irak et en Syrie] disparaîtrait probablement, serait facilement vaincu par les armées du [président syrien] Bashar Assad, » a-t-il dit.

Source: http://topinfopost.com/2014/09/30/isis-completely-fabricated-enemy-by-us-former-cia-contractor

La stratégie d’Israël contre le Hamas exposée dans deux câbles WikiLeaks

combats-syrieDe nombreux câbles WikiLeaks évoquent le conflit israélo-palestinien, mais il faut confronter plusieurs documents pour tenter de comprendre la vraie situation géopolitique qui s’est mise en place au Moyen-Orient. La guerre en Syrie, en effet, ne semble pas totalement étrangère au conflit israélo-palestinien. Comme nous l’avions mentionné dans un article, la Syrie avait pris la défense des Palestiniens et réclamé « l’arrêt des violations israéliennes continuelles contre les droits de l’homme des Palestiniens, [la fin du] siège injuste sur la bande de Gaza et pour l’octroi au peuple palestinien de leur droit à l’autodétermination et à l’établissement de leur Etat indépendant avec Jérusalem comme capitale ». Ces demandes n’ont jamais été entendues par l’Etat d’Israël.

Un câble WikiLeaks du 11 février 2009 (09TELAVIV363) intitulé « Le président du Likoud Netanyahu parle de l’Iran, des Palestiniens et de la Syrie avec Codel Smith » explique le point de vue israélien sur la situation géopolitique du Moyen-Orient. Ce câble est très important, car il montre que l’Etat d’Israël aurait pu avoir un intérêt direct dans la déstabilisation du régime syrien pour conduire à l’affaiblissement du Hamas en Palestine. Israël accuse l’Iran de financer les groupes terroristes au Moyen-Orient et d’être le « régime-mère » du terrorisme. Parmi ces groupes terroristes, Israël considère que c’est l’Iran – soutenu par la Syrie – qui apporte son soutien au Hamas palestinien.

La Syrie, l’Iran et le Hamas palestinien

La théorie du gouvernement israélien consiste à dire, en quelque sorte, que si le Hamas est si puissant en Palestine, c’est parce qu’il est soutenu financièrement et idéologiquement par les régimes alliés de la Syrie et de l’Iran. Autrement dit, selon Israël, le problème du conflit israélo-palestinien ne serait pas uniquement un problème entre Israël et la Palestine, mais un problème qui a sa source en Syrie et en Iran, et qui doit se résoudre par l’affaiblissement de ces deux régimes: « il [Netanyahu] prédit que le terrorisme diminuerait si on coupe la volonté et la capacité de l’Iran à soutenir des terroristes avec de l’argent, un entraînement et des directives« .

On voit bien comment la stratégie israélienne se met en place et pourquoi le renversement du régime syrien aurait pu servir par la suite les intérêts sécuritaires de l’Etat d’Israël, en assurant la présence de régimes favorables à Israël dans tout le Moyen-Orient. Dans la suite du câble, Netanyahu « affirma que le retrait du Hamas au pouvoir n’y produirait pas nécessairement un régime pire, étant donné que les groupes alternatifs ne sont pas aussi proche de l’Iran que le Hamas ». Ainsi, affaiblir l’Iran et la Syrie semble s’être présenté aux yeux des responsables israéliens comme un moyen possible pour obtenir la fin de la résistance du Hamas en Palestine.

Le conflit israélo-palestinien, un problème régional

A travers ce document Wikileaks, on comprend finalement que le gouvernement israélien perçoit la guerre avec le Hamas dans une logique régionale qui va au-delà des territoires de la Palestine occupée. Cette logique régionale inclut plusieurs pays: Israël, la Palestine occupée, la Syrie, l’Iran, l’Irak et le Liban. Le conflit israélo-palestinien est un enjeu pour toute cette région du Moyen-Orient, c’est un facteur de déstabilisation et c’est pourquoi beaucoup d’observateurs considèrent qu’il n’y aura jamais de paix au Moyen-Orient tant que le conflit israélo-palestinien ne sera pas résolu. Les câbles Wikileaks témoignent de cette logique.

Dans un autre câble du 4 avril 2005 (05TELAVIV2054), le gouvernement israélien évoque de nouveau le problème de la Syrie face aux groupes terroristes: « Il a dit que, bien que la Syrie ait fait de mauvaises choses, comme aider le Hamas et le Hezbollah, en compromettant la stabilité en Irak, et donnant refuge aux copains de [Saddam] Hussein, la chose la plus importante maintenant est de le sortir du Liban. » Dans ce même câble, le ministre israélien des Affaires étrangères, Silvan Shalom, évoque l’espoir que « d’autres pays de la région passent vers des systèmes démocratiques ». Ces propos témoignent d’une certaine volonté israélienne d’amener des changements de régime au Moyen-Orient, vers des régimes plus démocratiques et pacifiés, libérés du terrorisme, ou du moins d’une stabilisation politique en Irak et en Syrie, qui pourrait être favorable à la résolution du conflit israélo-palestinien.

Le câble diplomatique ne dit pas si le gouvernement israélien a eu une implication dans la déstabilisation du régime syrien, mais si tel était le cas, on constate aujourd’hui que la stratégie d’Israël a échoué au Moyen-Orient, car la déstabilisation des régimes hostiles à l’Etat d’Israël n’a pas pacifié le Moyen-Orient et n’a pas conduit à la mise en place de systèmes plus démocratiques. Au contraire, on voit aujourd’hui qu’avec la guerre en Syrie, non seulement les régimes se sont maintenus dans la violence et la répression, mais le jihadisme a aussi progressé et se répand comme une poudre sur toute la région.

Quel rôle pour la Russie?

Il semble aussi que le gouvernement israélien ait mal envisagé le rôle de la Russie dans le conflit au Moyen-Orient. Dans le premier câble (09TELAVIV363), Netanyahu présente la Russie comme un possible allié dans la stratégie de lutte contre le terrorisme en Iran et en Syrie: « La communauté internationale pourrait aussi imposer un blocus naval sur l’Iran […] avec la Russie comme pays clé dans cet effort. Le conseiller de Netanyahu, Arad, a ajouté que la Russie a été utile à certains moments […] et que les puissances occidentales pourraient avoir à faire des concessions avec la Russie sur d’autres questions pour les amener à collaborer plus étroitement contre Téhéran. »

Ce câble date d’avant le début de la guerre en Syrie, qui a commencé par les manifestations du 15 mars 2011, mais on sait aujourd’hui que la Russie n’a pas voulu s’allier avec l’Occident dans la lutte contre le régime syrien. Le câble Wikileaks montre ainsi que la stratégie prévue par le gouvernement israélien n’a pas fonctionné, car celui-ci pensait s’appuyer sur la Russie pour déstabiliser l’Iran et la Syrie. De son côté, la Russie n’a pas voulu intervenir contre le régime syrien par peur d’une extension du front islamique vers ses propres frontières: on voit que, là aussi, le raisonnement n’a pas fonctionné, car le front islamique s’est bel et bien étendu vers d’autres pays, même s’il n’atteint pas encore la Russie.

En fait, il y a beaucoup d’incertitudes sur ce qui se passe désormais dans cette région du Moyen-Orient. Il semble que toutes les stratégies gouvernementales aient échoué pour pacifier la région et que les scénarios qui se déroulent actuellement en Syrie et en Irak avec l’avancée de l’Etat Islamique n’avaient certainement pas été imaginés ni par le gouvernement israélien, ni par les gouvernements américain, européen ou russe, à un moment où ils pensaient régler le conflit avec le Hamas.

Les documents Wikileaks mettent ainsi en lumière les profondes erreurs d’appréciation des responsables gouvernementaux israéliens qui, dans leur stratégie face à l’Iran et à la Syrie, en 2005, puis 2009, ont pensé qu’ils réussiraient à affaiblir le Hamas, mais n’ont pas compris que ce qu’ils redoutaient le plus allait se produire quelques années plus tard, à savoir l’avancée actuelle du front jihadiste, la radicalisation du terrorisme et la déstabilisation du Moyen-Orient qui remet profondément en cause tout espoir de résoudre de manière pacifique le conflit israélo-palestinien.

Source des documents Wikileaks: http://search.wikileaks.org/plusd/cables/09TELAVIV363_a.html et http://search.wikileaks.org/plusd/cables/05TELAVIV2054_a.html