L’Equateur veut éviter l’extradition d’Assange en Suède

(Reuters) – L’Équateur veut empêcher l’extradition de Julian Assange en Suède parce qu’il est déçu que le pays scandinave ait décliné une offre d’entretien avec le fondateur de WikiLeaks à l’ambassade équatorienne de Londres, a dit un ministre mercredi.

Julian Assange est retranché à l’intérieur de l’ambassade équatorienne de Londres depuis six semaines, alors qu’il attend une décision sur sa requête de demande d’asile de la part du gouvernement gauchiste de Rafael Correa.

Le militant australien anti-secrets, qui provoqua l’ire de Washington en 2010 quand son site internet WikiLeaks publia des câbles diplomatiques secrets états-uniens, est attendu en Suède pour répondre à des accusations de crimes sexuels. Il craint que, s’il est envoyé en Suède, il puisse en être expédié vers les USA.

L’Équateur a depuis longtemps expliqué qu’il prendrait tout le temps qu’il faudra pour exécuter une analyse approfondie de la demande d’asile politique de Julian Assange avant de prendre une décision. Le ministre des affaires étrangères Ricardo Patino affirma attendre la fin des Jeux Olympiques de Londres le 12 août avant d’annoncer une décision.

Il déclara que l’Équateur avait invité les autorités suédoises à interroger Julian Assange à l’ambassade équatorienne de Londres, offrant ainsi à l’ancien hacker une chance d’éviter l’extradition vers la Suède.

Toutefois, suite à une réunion avec Correa mercredi, Patino déclara qu’il avait « officieusement » appris que la Suède avait décliné l’invitation. Il affirma qu’il était déçu par le choix de la Suède parce qu’il « rendait la situation plus compliquée. »

« Ceci fait qu’il devient plus difficile pour nous de prendre une décision comprenant que M. Assange dusse voyager vers la Suède, » déclara Patino à des journalistes à l’extérieur du palais présidentiel.

Patino n’exprima pas que l’Équateur fusse désormais davantage enclin à accorder l’asile politique à Assange, mais attesta de la décision de son pays de protéger la vie d’Assange et son droit à la liberté.

« Ceci sera un facteur à considérer dans le choix qui nous incombe. Eussions-nous eu une réponse positive de la part du gouvernement suédois que nous considérerions de prendre une autre sorte de décision, » a dit Patino.

Le ministère suédois des affaires étrangères s’abstint de commenter, mais un porte-parole du ministère public suédois déclara que l’Avocate Générale Marianne Nyh avait rejeté une invitation à interroger Julian Assange à l’intérieur de l’ambassade équatorienne de Londres.

Le porte-parole affirma que l’offre avait été faite par l’Avocat suédois de Julian Assange Per Samuelsson, mais que le ministère public n’avait pas été en contact avec des responsables équatoriens. Il attesta ne pas savoir s’il y avait eu des contacts au niveau gouvernemental.

Aucune charge

Selon la mère de Julian Assange, Christine Assange, qui est en Équateur pour plaider en faveur de la demande d’asile de son fils, les États-Unis se sont voués à obtenir l’extradition du jeune quadragénaire, ceci n’étant possible que s’il est d’abord envoyé en Suède.

Elle craint que son fils ne soit confronté à la torture ou même exécuté au cas de sa déportation aux USA.

« Je suis humblement ici en tant que mère afin de présenter certains faits. Bien sûr que je serai on ne peut mieux reconnaissante si l’asile est accordé à mon fils pour lui éviter de se faire accrocher par le gouvernement états-unien, » dit-elle à des journalistes à la suite d’un entretien mercredi avec Correa.

Ni les autorités US ni suédoises n’ont porté de quelconques charges contre Julian Assange. Les procureurs suédois veulent l’interroger au sujet d’accusations de viol et d’agression sexuelle portées par deux supportrices de WikiLeaks en 2010.

Julian Assange, que sa chevelure argentée et les amis haut-placés ont rendu une célébrité mondiale, affirme qu’il a eu des rapports sexuels mutuellement consentis avec ces femmes.

« Bien qu’il n’y ait pas de procès, qu’il n’y ait pas de procédure judiciaire à son encontre, la Suède veut l’emprisonner… C’est pourquoi nous avons demandé au gouvernement suédois de le questionner où il se trouve actuellement, » annonça Patino alors qu’il exprimait son incrédulité que la Suède ait décliné cette offre.

(Reportage par Jose Llangari; reportage additionnel par Anna Ringstrom à Stockholm; édition par Cynthia Osterman et Stacey Joyce)

Source: http://www.reuters.com/article/2012/08/01/us-ecuador-assange-idUSBRE8701KH20120801

Traduit depuis le web par willsummer

La mère du fondateur de WikiLeaks lance un appel au soutien

La mère de Julian Assange s’adressant à la presse. Source : Hackernews. DR.

Par Pierre Fontaine, le 19 juillet 2012

Dans une lettre ouverte au peuple australien, Christine Assange lance un appel pour la vérité et pour le renforcement du soutien de son fils. Un appel qui, de fait, devient international…

Julian Assange, toujours réfugié au sein de l’ambassade de l’Equateur à Londres, pour éviter son extradition vers la Suède, peut compter sur un soutien indéfectible, celui de sa mère. Christine Assange a, en effet, un petit quelque chose d’une mère courage.

Comme le rapporte le site Hackernews, elle vient d’adresser une lettre ouverte (PDF) à ses concitoyens. Cette missive est accompagnée d’un courrier destiné aux membres du parlement australien et signé par des membres de WikiLeaks. Ce dernier message rappelle, entre autres, que Julian Assange, sans avoir jamais commis aucun crime, a déjà été incarcéré 540 jours. Que l’extradition vers la Suède serait synonyme de procès plus ou moins secret, de confinement et très rapidement d’une extradition vers les Etats-Unis, où « Julian pourrait être enfermé indéfiniment dans une prison militaire, pendant que les Etats-Unis constituent un dossier contre lui pour la diffusion des câbles diplomatiques américains ».

Liberté ?

Et cette liberté de parole, comme un crime de lèse-majesté contre les Etats-Unis, est également au cœur de la lettre de Christine Assange. Un courrier qui commence par un constat simple : « Un grand nombre de déclarations publiques faites à propos de Wikileaks et de son rédacteur en chef, Julian Assange, sont factuellement inexactes. » Et de continuer : « Certaines de ces déclarations sont dues à une mauvaise information, mais d’autres sont destinées à entacher Julian, à réduire le nombre de ses soutiens publics, à discréditer le travail de Wikileaks et à éviter la publication d’autres vérités inconfortables. »
Ces contre-vérités, elle va tenter de les terrasser en donnant des informations complémentaires, non sans avoir rappelé, incidemment, que, pour beaucoup, le gouvernement australien, resté muet sur l’affaire Assange, donne l’impression d’être une chambre d’écho pour les grandes entreprises et le gouvernement américains.

Une cible à abattre ?

Elle rappelle ensuite ce qu’est WikiLeaks et l’impact qu’il a eu en termes de liberté de communication de données, notamment dans la presse ; tout en prenant soin de préciser que personne n’a été blessé physiquement à cause des informations révélées et que leur authenticité n’a jamais été mise en doute, même par les gouvernements incriminés.
Christine Assange évoque ensuite rapidement les faits constituant l’affaire suédoise qui pourrait faire tomber son fils. Non sans mettre en avant quelques détails assez troublants qui laissent entendre que Julian Assange est l’homme à abattre, et avec lui, WikiLeaks. Un site dont on peut discuter les méthodes mais dont on ne peut nier le rôle important depuis son lancement en 2006, pour le journalisme en particulier mais aussi, et surtout, pour la liberté d’expression en ligne en général.
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