Ciaron O’Reilly, garde du corps de Julian Assange et militant pacifiste


Ciaron O’Reilly, garde du corps de Julian Assange et militant pacifiste

Nous avons pu parlé avec Ciaron O’Reilly, un des deux gardes du corps volontaires de Julian Assange, mardi 21 août 2012, devant l’ambassade d’Equateur, deux jours après son discours et l’accord de l’asile politique. Revenu d’Australie, Ciaron O’Reilly s’est installé désormais à Londres pour défendre et soutenir Julian Assange, qui est pour lui, en quelque sorte, un symbole de paix et de lutte contre les injustices de la guerre, des injustices qu’il a lui-même vécues pendant la Guerre en Irak, dans les années 90, comme il nous le raconte. Ciaron est un militant de la paix, et son combat tout comme celui de Julian Assange, est de dénoncer la guerre. Originaire du Queensland, où Julian Assange est également né, Ciaron explique dans cette vidéo « avoir passé 30 mois en prison pour avoir désarmé un bombardier B-52 au début de la Guerre en Irak, en 1991 », autrement dit la Guerre du Golfe (1990-1991). Ciaron O’Reilly explique que la Guerre du Golfe n’était que la première étape de cette guerre qui dure depuis 20 ans, une guerre où les sanctions permettent et justifient aux yeux des Etats les bombardements.

Le conflit au Moyen-Orient dure depuis 20 ans

Selon Ciaron O’Reilly, le conflit actuel au Moyen-Orient se situe dans la continuité de ce qui s’est passé en 1990-1991. Le conflit s’est même étendu, comme on le sait, il concerne des pays comme la Syrie, où des milliers de personnes sont mortes ces derniers mois, et il pourrait désormais s’étendre à l’Iran. On retrouve l’idée que les sanctions, sans doute, vont justifier des bombardements et une intervention militaire des Etats, mais comment l’éviter ? La seule chose à espérer est qu’il n’y aura pas d’intervention militaire en Iran, car le même scénario qu’en Syrie pourrait se répéter : des milliers de civils tués, des milliers de femmes et d’enfants victimes des bombardements, des infrastructures et une économie détruites, tout un pays à reconstruire. C’est cela, la guerre. Avant d’apporter quoi que ce soit, comme les Etats prétendent qu’elle est utile, rappelons que la guerre est avant tout une destruction, un anéantissement, une mise à mort de milliers de civils innocents, dans des conflits injustifiés qui pourraient trouver une issue diplomatique ou se résoudre par le dialogue, par un effort réel de communication, par une volonté commune. Ciaron O’Reilly considère que « Julian Assange et Bradley Manning sont tous deux des prisonniers politiques, parce qu’ils ont dénoncé la vraie nature de la Guerre en Irak, et cette guerre dure depuis 20 ans », si on prend comme point de départ l’année 1990, début de la Guerre du Golfe. Les conflits dans cette région du monde durent depuis 20 ans et des millions de personnes sont mortes, « principalement des femmes et des enfants », explique Ciaron O’Reilly. « Ils ont tué des millions d’enfants de moins de 5 ans. » C’est sans doute d’avoir vu cette atrocité de la guerre et ces crimes qui ont fait de Ciaron un militant si dévoué à la cause pacifiste et à la dénonciation de toute forme de guerre.

Julian Assange et Bradley Manning sont tous deux en détention

« Julian Assange et Bradley Manning sont en détention, des formes différentes de détention » pour avoir dénoncé la même chose, la Guerre en Irak. « Ils ne sont pas les seuls à être emprisonnés et torturés. Des milliers et des milliers de gens sont torturés. » Bradley Manning, soupçonné d’être à l’origine des fuites de WikiLeaks, paie déjà d’un lourd tribut le fait d’avoir dénoncé la guerre. « Bradley, bien sûr, est torturé. » Il est en prison à l’heure actuelle et son procès en cours martiale commencera en février, mais beaucoup redoutent pour lui la peine de mort. Et pourtant son combat était aussi de dénoncer la guerre, et avec elle, les crimes de guerre. Des milliers de gens sont contre la guerre, dans tous les pays, et on se demande finalement pourquoi tant de conflits perdurent sur la planète, alors que la majorité des peuples voudraient simplement la paix. Et ce que vit aujourd’hui Julian Assange est aussi « une forme de détention », ajoute-t-il, lié sans doute à ce qu’il a dénoncé aussi l’injustice de la guerre, « et c’est important d’être là pour soutenir Julian Assange ». Cette persécution d’un homme qui défend la paix est intolérable et injustifiable. Réfugié dans l’ambassade d’Equateur, Julian Assange a déjà passé plus d’un an en résidence surveillée, avec un bracelet électronique à son pied. Ainsi, sans jugement, la situation qu’il vit au quotidien s’apparente déjà à une forme de détention, à un emprisonnement, et à vrai dire, ce qu’il a vécu nécessiterait qu’on l’acquitte en Suède de toute charge contre lui et qu’on le laisse retrouver sa liberté, au nom du combat pour la paix.

Ecrit par kimono

Un garde du corps d’Assange redoute qu’il soit menacé de mort

Par Samantha Turnbull

*Note du blog: Cet article est paru le 7 août 2012, avant l’accord de l’asile politique de Julian Assange. Nous le publions car il dresse le portrait de Ciaron O’Reilly, un militant pacifiste qui donne ici des explications sur la Guerre en Irak et sur son soutien à Assange. L’audio de cette interview est disponible sur le site d’origine (cf. lien en fin d’article).

Un des gardes du corps de Julian Assange était récemment de passage à Lismore où il s’est exprimé pour ABC North Coast

Ciaron O’Reilly ressemble plus à une rockstar qui approche de la cinquantaine qu’à un garde du corps corpulent surveillé par les pouvoirs internationaux.

Derrière les cheveux rastas, cependant, c’est un homme farouchement passionné par le pacifisme et dévoué à la protection d’un des militants les plus connus au monde – Julian Assange, le fondateur de Wikileaks.

M. O’Reilly, originaire de Brisbane, est maintenant un londonien et a été désigné par M. Assange comme un des deux gardes du corps volontaires qui l’escortent au milieu des hordes de journalistes et de photographes affamés dans l’intervalle des apparitions au tribunal.

« C’est une sacrée meute sauvage, toute cette presse, et beaucoup de photographes veulent qu’il ait peur et qu’il ait l’air pris de perdre les pédales, donc nous formons un cordon de sécurité autour de lui pour l’amener au tribunal », dit M. O’Reilly.

« Il me fait évidemment confiance… et je suis plutôt grand. »

« Nous avons eu le rôle… je pense qu’il n’avait pas beaucoup de choix possible parmi les gens. »

M. O’Reilly a rencontré pour la première fois M. Assange en Angleterre et il s’est identifié à sa situation désespérée après avoir été lui-même emprisonné pour des activités anti-guerre.

Il a été emprisonné pendant 13 mois pendant la 1ere Guerre du Golfe pour avoir désarmé un bombardier B-52, dans l’Etat de New York, et à son retour en Australie, il a mis hors service une machine d’extraction d’uranium dans l’Etat du Nord.

Il a affirmé que le Premier Ministre Julia Gillard n’a pas menti quand elle a dit que M. Assange a reçu le même traitement que n’importe quel australien ayant des ennuis à l’étranger.

« Je pense que c’est différent pour un Australien  qui a des ennuis à cause de la drogue en Thaïlande ou à Bali, mais si tu as des ennuis avec les Etats-Unis pour des raisons politiques, le gouvernement australien va juste en profiter pour te livrer », a dit M. O’Reilly.

« Dans mon cas, ils n’ont établi aucun contact avec moi avant mon procès à New York. »

« Ils ont assisté à ma sentence mais ne se sont jamais présentés devant moi. »

« Ils étaient là pour servir le FBI en me mettant en prison. »

« C’est ce qu’ils ont fait. »

M. O’Reilly est revenu en Australie pour 3 mois afin de rendre visite à sa famille, mais il retourne à Londres dans quinze jours.

Là, il prévoit de participer à la veille à l’extérieur de l’ambassade d’Equateur où M. Assange a cherché refuge en attendant une annonce formelle au sujet de l’accord ou non de l’asile politique en Equateur.

Il a dit qu’il a été surpris quand M. Assange a demandé l’asile, mais c’était un pas important pour éviter l’extradition en Suède suivi par celle des Etats-Unis.

« Ce n’est pas quelqu’un qui cherche à réagir, c’est quelqu’un qui prend des initiatives », a dit M. O’Reilly.

« Je pense que toute cette affaire suédoise a été une manœuvre dilatoire pour les Americains, et s’il va en Suède, il ira aux Etats-Unis. »

M. Assange est accusé d’agression sexuelle en Suède, ce qu’il n’a pas eu le temps d’évoquer en détail avec M. O’Reilly.

« J’ai lu des déclarations de témoin et des choses comme ça », a dit M. O’Reilly.

« Je pense que ce qui est arrivé en Suède est que les femmes sont allées demander un test HIV et les flics, en quelque sorte, ont détourné cela en allégation d’agression sexuelle. »

Le Gouvernement US a nié qu’il ait l’intention d’extrader M. Assange depuis la Suède, mais c’est un argument que ses supporters rejettent catégoriquement.

Ils croient que le Gouvernement US veut inculper M. Assange pour la divulgation en masse de documents militaires et diplomatiques des Etats-Unis dans le domaine public.

M. O’Reilly a dit que M. Assange n’a pas été extradé depuis l’Angleterre vers les Etats-Unis, car les accusations n’étaient pas assez graves.

« Les Anglais ne vont pas extrader pour des délits passibles de peine de mort, mais les Suédois le feront, a-t-il dit. »

« Donc s’il part d’Angleterre, ils ne pourront pas l’exécuter. »

La mère d’Assange, Christine Assange, est en ce moment en Equateur pour plaider en faveur de la demande d’asile de son fils.

Elle a rencontré le Président de l’Equateur Rafael Correa la semaine dernière pendant une heure.

M. O’Reilly a dit que Mme. Assange a appris que le Gouvernement Equatorien ferait une annonce quand les Jeux Olympiques seraient terminés.

Source: http://www.abc.net.au/local/stories/2012/08/07/3562410.htm

Traduit par kimono

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