Le président de l’Equateur annule une visite en Israël, en soutien à Gaza

Palestiniens à GazaPhoto: Des Palestiniens se tiennent au-dessus d’un bâtiment détruit dans le quartier de la ville de Gaza à Shejaiya, le 6 Août 2014

Times of Israel, 8 août 2014

Le Président de l’Equateur Raphael Correa a annulé une visite prévue en Israël concernant le conflit à Gaza.

Correa devait se rendre en Israël cette année, a rapporté le journal Prensa Latina.

« De toute évidence, après ces événements, nous avons annulé la visite », a déclaré Correa mercredi, se référant à l’opération israélienne à Gaza.
L’annulation est intervenue deux jours après que Ricardo Patino, ministre des Affaires étrangères, ait annoncé que l’Équateur allait ouvrir une ambassade dans l’Autorité palestinienne. L’Equateur a déjà une délégation diplomatique à Ramallah, en Cisjordanie, selon Prensa Latina.

Source: https://twitter.com/wikileaks/status/497551101923983361 et http://www.timesofisrael.com/ecuadors-president-cancels-israel-visit-in-support-of-gaza/?utm_source=dlvr.it&utm_medium=twitter

Témoignage dans un câble Wikileaks de la violence utilisée contre les Palestiniens lors des arrestations

Un câble Wikileaks de 2009 (09TELAVIV1125) évoque le témoignage d’un colonel israélien concernant l’usage régulier de la violence contre les Palestiniens dans des opérations menées par les brigades militaires. Le colonel en question, Itai Virov, témoigne lors du procès d’un lieutenant appartenant à la brigade Kfir, Adam Malul, « accusé dans une cour militaire [israélienne] d’avoir battu un palestinien lors d’une arrestation en Cisjordanie ». Ce débat sur la violence à l’égard des Palestiniens semble diviser au sein même de l’armée israélienne, puisqu’on apprend dans des articles datant d’août 2011 que le colonel Itai Virov « a été censuré par le chef du commandement central des forces de défense israéliennes, Gadi Shamni, a fait l’objet d’une enquête pénale contre lui avant que l’affaire soit classée par manque de preuves. »

Le colonel Itai Virov témoigne:

« Les questions sont un acte relativement agressif. Parfois, il y a des cris ou on épingle quelqu’un contre un mur, parfois il n’y a pas d’autre choix que de secouer, attacher, forcer. Dire que les questions se font sans recours à la force serait feindre l’innocence. »

Ce câble témoigne d’un problème majeur de l’armée israélienne, une armée qui tente de justifier l’usage de la violence contre les civils palestiniens en invoquant ne pas avoir d’autre choix. Malheureusement, on voit bien que ce discours n’a aucune consistance et que, notamment face à la situation actuelle catastrophique à Gaza, l’armée israélienne ressort sans cesse les mêmes arguments pour justifier le recours régulier à la violence et pour justifier les crimes contre les Palestiniens.

La violence, comme le souligne le câble diplomatique, est une « norme » dans l’armée israélienne:

Les commentaires du col. Virov reflètent la norme pour les soldats des Forces de défense israéliennes opérant en Cisjordanie. Sans doute Virov suppose en les faisant qu’il ne faisait que reconnaître les faits que tout le monde connaît, mais que peu admettent publiquement, et que ce faisant, il serait protégé par la structure de commandement des Forces de défense israéliennes qui savent aussi ce qui se passe dans les territoires et qui préfèrent souvent « feindre l’innocence. »

Il ne semble pas que le gouvernement israélien ait jamais réellement souhaité traiter les Palestiniens de manière humaine et pacifique, mais le conflit israélo-palestinien s’aggrave d’année en année, en intensité et en violence.

La seule chose qui semble avoir changé, c’est que dans le passé, les gouvernements condamnaient plus ouvertement les actes de violence de l’armée israélienne. Aujourd’hui, on constate que les Etats-Unis et les gouvernements occidentaux peinent à défendre une certaine vision des droits de l’homme et il est très difficile de comprendre pourquoi ces gouvernements ne condamnent pas des crimes commis contre des civils.

Source du câble: http://search.wikileaks.org/plusd/cables/09TELAVIV1125_a.html#efmAe-Ag_AlrApmAxBA08

Affaire Prism/NSA: Les Palestiniens ne s’étonnent pas de la surveillance numérique

« Bien sûr, nous sommes surveillés par notre gouvernement »

PRI.org, Daniel Estrin, 8 novembre 2013

Asad Ewaiwi

Asad Ewaiwi, un militant politique et professeur d’université palestinienne en sciences politiques, dit il n’est pas surprenant qu’un gouvernement espionne ses amis et ses citoyens.

La vie privée? En Israël? Il n’y en a pas beaucoup. Surtout quand il s’agit de questions de sécurité.

Ecouter les témoignages: http://www.pri.org/node/61633/popout

Les révélations sur la NSA continuent à venir. Les documents classifiés publiés par l’ancien contracteur de la NSA Edward Snowden ont révélé l’énorme appétit de la National Security Agency pour les données des Américains, et vraiment pour tous les peuples du monde. Tout cela a beaucoup inquiété les Américains au sujet de la vie privée, mais en Israël et dans les Territoires palestiniens, tout le monde s’imagine que quelqu’un est toujours sur l’écoute.

Si Israël met sur écoute des gens aujourd’hui en Israël, qui pourraient-ils être en train d’écouter? Qui pourraient-ils être en train d’espionner?

« Les amis israéliens des Palestiniens », a déclaré Hila Mann, un soldat de 20 ans. « S’ils ont besoin de trouver quelque chose sur des Palestiniens qui entrent en Israël ou essayent de faire quelque chose, ils vont mettre sur écoutes les citoyens israéliens qui sont en contact avec ces personnes. Je pense que c’est horrible, mais tout ici est pour la sécurité d’Israël ».

Mais qu’est-ce qui se fait? Combien d’écoutes domestiques ont lieu en Israël?

Personne ne sait vraiment.

« Il y a vraiment très peu d’informations à la disposition du public sur les écoutes téléphoniques de sécurité », a déclaré Lila Margalit, une avocate avec l’association d’Israël pour les droits civiques [Association for Civil Rights in Israel]. Elle a présenté une demande d’accès à l’information au bureau du premier ministre l’année dernière, pour essayer et obtenir même une idée générale de ce que fait le gouvernement. Il y a quelques mois, sa demande a été rejetée.

« La société israélienne est une société qui a beaucoup d’expérience avec le terrorisme, la guerre, ce qui tend à placer beaucoup de confiance dans ses agences de sécurité (et) être généralement disposés à faire des compromis en matière de sécurité », a déclaré Margalit.

Ce qui est clair, c’est que la loi autorise le Shin Bet – le FBI d’Israël – de recueillir toutes les données des compagnies de téléphone israéliennes et des fournisseurs d’accès Internet. Aucun mandat judiciaire n’est nécessaire. Mais, contrairement aux Etats-Unis, la surveillance nationale n’est pas devenue ici un sujet de débat. C’est en fait la première fois que Margalit a même été approchée pour une interview sur le sujet.

« Les gens pensent généralement qu’ils ne sont pas la cible », dit-elle. « Les écoutes téléphoniques, si elles sont faites pour des raisons de sécurité, ne sont pas faites pour eux. »

Les Palestiniens pensent exactement le contraire.

« La Palestine est la plaque tournante de l’espionnage. En tant que Palestinien, vous n’avez pas la moindre protection venant des lois. Ce téléphone, n’importe qui pourrait vous espionner et personne ne l’arrêterait. Sur Internet, c’est la même chose », a déclaré Saeed Amjad, un travailleur de 24 ans oeuvrant dans la construction à al-Bireh, une ville de Cisjordanie.

Un autre jeune homme qui travaille dans une pâtisserie, Abdullah Mohammed, 23 ans, semblait au bord des larmes quand il a parlé de ses craintes d’être surveillé.

« Ces jours-ci, c’est tout à fait naturel. Je pourrais être en train de marcher dans la rue et quelqu’un derrière m’espionnerait », a-t-il dit.

La paranoïa sur l’espionnage n’est pas sans fondement. Israël a cultivé un vaste réseau de collaborateurs palestiniens, payés pour espionner leurs communautés – parfois même leurs familles. Asad Ewaiwi, un militant politique et professeur d’université en sciences politiques, a déclaré qu’il est certain que la sécurité israélienne a mis sur écoutes ses appels téléphoniques. Un responsable de l’armée israélienne dans la ville d’Hébron en Cisjordanie a également essayé de le recruter.

Ewaiwi a dit que le gouverneur militaire d’Hébron l’a appelé à plusieurs reprises, en demandant de se joindre à lui pour une tasse de thé ou de café afin de parler.

« J’ai dit, Je ne suis pas un homme d’affaires qui a besoin de votre aide. Vous tuez mon peuple, et je ne vais pas m’asseoir avec vous et prendre une tasse de café avec vous« , a-t-il rappelé.

Mais Israël n’est pas le seul à avoir dressé les oreilles. Les services de sécurité palestiniens sont également connus pour surveiller les communications des Palestiniens de Cisjordanie, principalement dans le but de rassembler le Hamas et les militants du Jihad islamique.

Ironie du sort, les responsables de la sécurité palestinienne ont été formés et financés par des agents de renseignement américains en Turquie, Jordanie et même aux États-Unis.

« Il est compréhensible et il est attendu que l’Autorité palestinienne, les agences de sécurité palestiniennes, adoptent des méthodes américaines de surveillance à l’égard de leur propre peuple », a déclaré Ewaiwi.

Les Palestiniens ne savent pas comment, exactement, les responsables de la sécurité palestinienne les surveillent. Mais ils peuvent obtenir un indice, en se réglant sur les révélations en cours au sujet de la surveillance intérieure aux États-Unis – le pays qui a formé leurs agents de sécurité.

Source: http://www.pri.org/stories/2013-11-08/course-were-being-spied-our-own-government

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