WikiLeaks: Quand l’Elysée rendait visite à Bachar al-Assad – Le Liban, Israël et l’Union Pour la Méditerranée

640px-Palais_de_l'Elysée_EntréeCâble n°08PARIS1139 du 16 juin 2008: « Lecture de la présidence française sur la visite Guéant/Levitte du 15 juin à Damas »

ns 1.4. (b), (d).

1. (C) Le conseiller NEA [New Enterprise Allowance] de la présidence française, Boris Boillon, nous a donné une lecture rapide de la visite du 16 juin effectuée à Damas, un jour plus tôt, par le SecGen [Secrétaire Général] de l’Elysée, Claude Guéant, le conseiller diplomatique Jean David Levitte, et Boillon. Le trio a rencontré le président syrien Bachar al-Assad pendant environ une heure, suivi d’un déjeuner organisé par le FM [Ministre des Affaires étrangères] Mu’allim. Assad, « comme d’habitude », était « sincère et un peu ouvert » sur le plan de son attitude générale. (Note: Les Français, en remontant à l’initiative de l’Elysée sur le Liban, l’année dernière, ont toujours décrit Assad en ce qu’ils reconnaissent comme des termes étonamment positifs.) Assad a commencé par soulever [la question de] l’Union pour la Méditerranée (UPM), confirmant sa présence au sommet du 13 juillet à Paris. Assad a demandé, cependant, le changement de nom, puisqu’«union» impliquait pour lui une relation politique normale de travail avec Israël. Boillon a déclaré que les français ont fermement refusé et ont souligné que l’union était moins une structure rigide qu’un cadre pour un «processus». Assad a ensuite demandé des références encore plus claires dans l’UPM au processus de Barcelone existant. Boillon a ajouté, avec un clair regret, qu’Assad a confié que le résultat-clé du récent mini-sommet de Tripoli serait probablement la présence de Kadhafi au sommet de Paris du 13 juillet pour qu’il puisse exprimer ses doutes au sujet de l’UPM en personne. (Commentaire: Boillon a qualifié cette perspective de «malheureuse», et cela rappelle sans doute de nombreux souvenirs amers de la lutte constante qu’il menait avec les Libyens sur la visite longue et controversée de Kadhafi en décembre dernier. Fin de commentaire)

2. (C) Sur les relations bilatérales, Assad a demandé une réunion bilatérale avec le Président français Nicolas Sarkozy avant les activités du sommet du 13 juillet. Boillon a déclaré que les français ont accepté en principe, mais ont dit qu’ils auraient à soumettre la question à Sarkozy. (Commentaire: Nous soupçonnons que, en plus de comprendre les optiques difficiles d’une telle réunion, les Français n’ont pas encore décidé de la manière de gérer des réunions bilatérales avec les nombreux chefs d’Etat dont la présence est attendue. Fin de commentaire) Assad a soulevé [la question] de l’amélioration des relations économiques, mis l’accent sur l’accroissement du commerce et de l’investissement français en Syrie, ainsi que la mise à niveau de l’accord d’association entre la Syrie et l’Union européenne pendant la présidence française de l’UE. La réponse française a été que les progrès dans tous ces domaines dépendent du contexte global des relations bilatérales et en particulier:

— Les progrès sur les relations diplomatiques complètes entre la Syrie et le Liban: Assad a dit qu’il attendrait un nouveau gouvernement libanais pour envoyer Mu’allim à Beyrouth pour inviter «les trois présidents» à Damas pour discuter et annoncer officiellement la mise en place de relations diplomatiques complètes. Selon Boillon, Guéant et Levitte ont soulevé avec Assad et Mu’allim des préoccupations partagées par l’USG [Gouvernement US]/France sur la renégociation des Syriens pour les accords actuels (par exemple, sur le commerce) qui étaient favorables au Liban. En outre, Boillon n’est pas certain de savoir comment les Libanais réagiront à l’engagement d’Assad d’éliminer le conseil suprême actuel entre la Syrie et le Liban qui gère efficacement la relation «bilatérale» et remplace l’établissement d’ambassades dans les capitales respectives.

— L’évolution des pourparlers Syrie/Israël: Assad les a ouvertement décrit comme «très sérieux» et dans l’intérêt de la Syrie. Il s’est dit optimiste sur leur progrès et a affirmé que la Syrie attend la réponse d’Israël à un document de deux pages sur des questions de sécurité (Boillon ne savait pas si cela incluait les frontières ou quelles questions spécifiques ont été couvertes) pour juger des intentions israéliennes. Selon Boillon, Assad a déclaré que la Syrie comptait sur un éventuel parrainage des États-Unis et/ou de l’Europe des possibles pourparlers directs. Mu’allim a indiqué que, afin de prévenir les problèmes de Palestiniens entravant les pourparlers Syrie/Israël, Damas était en contact avec le Hamas pour dire au Hamas, qu’il n’avait pas envie d’une escalade de la violence et pour encourager la libération du soldat israélien Gilad Shalit (un double national français/israélien).

— Geste positif sur les droits de l’homme: Guéant et Levitte ont dit à Assad que la France souhaite un geste positif sur les droits de l’homme avant le 14 juillet, une occasion qui en France, entre autres, célèbre la France comme le lieu de la naissance des conceptions occidentales des droits de l’homme. Ces gestes pourraient inclure la libération de détenus de l’opposition et permettre à Riadh Saif et à d’autres dirigeants malade de quitter la Syrie pour un traitement médical. Assad a répondu avec un non « ferme et sanglant », en faisant valoir que la France doit comprendre comment accepter la conduite de la Syrie sur les droits de l’homme et de traiter cela dans le contexte approprié. Il était, en tout cas, un non-starter, puisque les droits de l’homme sont une affaire interne. Lorsque nous avons demandé à Boillon ce qu’était la réponse française, il a indiqué que l’Elysée serait susceptible d’accepter qu’il n’y ait pas lieu d’appuyer cette question comme un préalable absolu à de meilleures relations.

3. (C) Sur le Liban, Assad a déclaré que la Syrie n’interférerait pas dans les efforts pour former un nouveau gouvernement et laisserait les Libanais arriver à un accord par eux-mêmes. Il a ajouté que sa compréhension de l’obstacle principal était l’insistance d’Aoun pour être nommé ministre des Finances, et que c’était à Aoun et Siniora de résoudre cette impasse.

4. (U) L’Elysée a publié un communiqué annonçant la visite Guéant/Levitte du 15 juin à Damas, et leurs rencontres avec Assad et Mu’allim. Il était noté que les envoyés avaient transmis à Assad un message du président Sarkozy et ont discuté des relations bilatérales, de la situation au Proche-Orient (en particulier le Liban, les contacts Israël/Syrie, et le «processus de paix»), ainsi que l’Union pour la Méditerranée. Le communiqué a caractérisé les discussions comme «utiles et constructives», avec les deux parties étant d’accord sur la nécessité de renforcer les relations bilatérales, de poursuivre les efforts coordonnés pour instaurer une paix juste globale dans la région, et de continuer à encourager les Libanais à appliquer l’accord de Doha.

5. (C) Commentaire: le grand absent de la lecture de Boillon était une mention de la spéculation des médias que Sarkozy espère organiser une réunion Assad/Olmert sur ​​les marges du sommet du 13 juillet. Fin de commentaire

STAPLETON

Source: http://www.wikileaks.org/plusd/cables/08PARIS1139_a.html

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Stratfor Files: la France était prête à livrer un réacteur nucléaire à Kadhafi, en Libye

[OS] FRANCE/LIBYE – MoU [Memorandum of Understanding, Mémorandum d’Entente] sur le projet d’énergie nucléaire Re: [OS] FRANCE/LIBYE: Sarkozy signe des contrats avec Kadhafi

Email-ID 350244
Date 2007-07-26 11:25:52
From os@stratfor.com
To analysts@stratfor.com

http://in.reuters.com/article/2007/07/25/idINIndia-28656520070725

France et Libye signent un accord sur le projet d’énergie nucléaire

Jeu. 26 juil. 2007, 05h38 GMT

Accord sur le nucléaire entre Sarkozy et KadhafiTRIPOLI (Reuters) – La Libye et la France ont signé mercredi un mémorandum d’accord pour la coopération sur un projet d’énergie nucléaire au cours d’une visite du président français Nicolas Sarkozy, a dit un collaborateur de Sarkozy.

Sarkozy s’est rendu en Libye en cherchant à approfondir les relations avec le pays Nord-Africain, après avoir aidé à résoudre une impasse diplomatique qui a heurté les liens de l’exportateur de pétrole avec l’Occident.

« L’objectif est de coopérer afin de travailler sur l’installation en Libye d’un réacteur nucléaire pour fournir de l’eau potable à partir d’eau de mer dessalée, » a déclaré aux journalistes Claude Guéant, secrétaire général au palais présidentiel français.

Guéant a indiqué que la compagnie française Areva pourrait fournir le réacteur.

« Quant à ce qui concerne les centrales nucléaires, il n’y a pas 50 constructeurs en France. Il n’y en a qu’un seul, c’est Areva », a-t-il dit.

La Libye a déclaré en février qu’elle avait signé un protocole d’entente avec Areva lui permettant l’exploration et l’extraction d’uranium « à des fins pacifiques ».

Un communiqué libyen, à l’époque, n’a pas précisé si l’uranium, s’il est trouvé, serait utilisé à des fins nucléaires domestiques ou s’il serait exporté.

Areva est le premier fabricant mondial de réacteurs nucléaires et ses activités couvrent l’ensemble du cycle de l’énergie nucléaire, depuis l’extraction jusqu’aux déchets.

La Libye et la France ont également signé mercredi un accord de coopération sur un partenariat militaro-industriel et un accord sur la coopération dans les domaines de la recherche scientifique et de l’enseignement supérieur.

La Libye s’est débarrassé de plus d’une décennie d’ostracisme international en 2003, lorsqu’elle a accepté la responsabilité et a commencé à verser une indemnisation pour les attentats d’avions de ligne sur l’Ecosse et le Niger en 1988 et 1989.

Sarkozy a dit qu’il veut aider la Libye à revenir au «concert des nations» après avoir libéré six médecins étrangers déclarés coupables d’avoir infecté des centaines d’enfants libyens avec le VIH.

Source: http://search.wikileaks.org/gifiles/?viewemailid=350244

« Colères d’Arabie, le logiciel espion »: FinFisher, FinSpy et Gamma International

Le 6 septembre 2012, par Jean Marc Manach

Cruel paradoxe de ce Printemps Arabe : les défenseurs des Droits de l’homme bahreïnis utilisent les réseaux sociaux occidentaux pour manifester ; leurs tortionnaires, des systèmes de surveillance occidentaux pour les espionner.

Au printemps dernier, un Bahreïni exilé à Londres, une économiste britannique résidant à Bahreïn et le propriétaire d’une station service en Alabama, naturalisé Américain, recevaient un e-mail émanant apparemment d’une journaliste d’Al-Jazeera.

Il y était question d’un rapport rédigé par Zainab Al-Khawaja, sur les tortures infligées à Nabeel Rajab, deux des défenseurs des droits de l’homme incarcérés (et probablement torturés) à Bahreïn, suivi de cette précision :

“Merci de vérifier le rapport détaillé en pièce-jointe, avec des images de torture.“


Quelques jours plus tard, ils recevaient d’autres emails évoquant l’arrestation d’opposants bahreïnis, ou encore l’agenda du roi du Bahreïn, et systématiquement accompagnés de fichiers compressés en pièce jointe, laissant penser qu’il pourrait s’agir de virus informatiques.

Ces e-mails, transmis au journaliste de Bloomberg Vernon Silver (qui a particulièrement suivi l’utilisation de technologies de surveillance occidentales par les dictatures arabes), ont ensuite été analysés par deux chercheurs associés au Citizen Lab, un laboratoire de recherche canadien qui étudie notamment les technologies de surveillance politique.

Morgan Marquis-Boire, un ingénieur en sécurité informatique travaillant chez Google, est un spécialiste des logiciels espions utilisés par les barbouzes libyens et syriens pour pirater les ordinateurs des cyber-dissidents. Bill Marczak, un doctorat en informatique de Berkeley, fait quant à lui partie de Bahrain Watch, qui veut promouvoir la transparence au Bahreïn, et dont le site tient la comptabilité des manifestants et civils tués par les autorités, des armes (chevrotine, grenades et gaz lacrymogènes) achetées à des entreprises occidentales, et des entreprises de relations publiques anglo-saxonnes financées par le régime.

En analysant les e-mails envoyés aux défenseurs des Droits de l’homme bahreïnis, les deux chercheurs ont découvert un logiciel espion particulièrement perfectionné, utilisant une “myriade de techniques destinées à échapper à toute forme de détection“, notamment par les antivirus, dont le code n’en mentionnait pas moins, et plusieurs fois, le mot FinSpy, la société Gamma International, et le nom de plusieurs de ses responsables.

 » des serveurs utilisés pour contrôler FinSpy, et donc espionner des ordinateurs, en Estonie, Éthiopie, Indonésie, Lettonie, Mongolie, au Qatar, en République Tchèque et aux USA, mais également en Australie, ainsi qu’à Dubaï « 

FinSpy, à en croire cette proposition de contrat trouvée en mars 2011 dans l’un des bâtiments de la sécurité égyptienne après la chute du régime Moubharak, est vendu près de 300 000 euros. C’est l’un des produits phares de la gamme d’outils de “lutte informatique offensive” commercialisés par FinFisher, filiale de la société britannique Gamma, spécialisée dans les systèmes de surveillance et d’interception des télécommunications. Owni avait déjà eu l’occasion de présenter sa gamme de produits, et même de réaliser un montage vidéo à partir des clips promotionnels expliquant le fonctionnement de ses logiciels.

A l’occasion de l’opération SpyFiles, WikiLeaks et Privacy International avaient révélé que FinFisher faisait partie des cinq marchands d’armes de surveillance numérique spécialisés dans les chevaux de Troie. Derrière ce nom, des logiciels espions créés pour prendre le contrôle des ordinateurs qu’ils infectent afin d’activer micro et caméra, d’enregistrer toutes les touches tapées sur le clavier (et donc les mots de passe) ou encore les conversations sur Skype, par messagerie instantanée, par e-mail etc, avant de renvoyer, de façon furtive et chiffrée, les données interceptées via des serveurs situés dans plusieurs pays étranger.

Un autre chercheur en sécurité informatique a ainsi réussi à identifier des serveurs utilisés pour contrôler FinSpy, et donc espionner des ordinateurs, en Estonie, Éthiopie, Indonésie, Lettonie, Mongolie, au Qatar, en République Tchèque et aux USA, mais également en Australie, ainsi qu’à Dubaï, deux des pays placés “sous surveillance” dans le classement des Ennemis d’Internet émis par Reporters sans frontières.

Dans une seconde note, publiée fin août, CitizenLab révèle avoir identifié d’autres serveurs dans 2 des 12 pays considérés comme des “Ennemis d’Internet” par RSF : l’un au Bahreïn, l’autre contrôlé par le ministère des télécommunications du Turkménistan, considéré comme l’un des régimes les plus répressifs au monde.

Les deux chercheurs détaillent par ailleurs le fonctionnement de FinSpy Mobile, qui permet d’infecter les iPhone et autres téléphones portables Android, Symbian, Windows et Blackberry, afin de pouvoir espionner les SMS, emails et télécommunications, exfiltrer les contacts et autres données, géolocaliser le mobile, et même d’activer, à distance, le téléphone à la manière d’un micro espion, sans que l’utilisateur ne s’aperçoive de la manipulation.

A Bloomberg, qui l’interrogeait, Martin J. Muench, 31 ans, le concepteur de FinFisher, a nié avoir vendu son cheval de Troie au Bahreïn, tout en reconnaissant qu’il pourrait s’agir d’une version de démonstration de son logiciel espion qui aurait été volée à Gamma.

Au New York Times, où il démentait toute espèce d’implication, expliquant, tout comme l’avait fait Amesys, que ses produits ne servaient qu’à combattre les criminels, à commencer par les pédophiles :

« Les utilisations les plus fréquentes visent les pédophiles, les terroristes, le crime organisé, le kidnapping et le trafic d’être humain. »

Dans une déclaration publiée moins d’une heure après la publication de la deuxième note de Citizen Lab, Martin J. Muench envoyait un communiqué mentionné par le New York Times pour expliquer que l’un des serveurs de Gamma aurait été piraté, et que des versions de démonstrations de FinSpy auraient bien été dérobées. Dans la foulée, plusieurs des serveurs utilisés par FinFisher pour permettre aux données siphonnées de remonter jusqu’à leurs donneurs d’ordre ont disparu des réseaux.

« Aucune loi n’interdit donc à un marchand d’armes occidental de faire commerce avec une dictature ou un pays dont on sait qu’il se servira de ces outils pour espionner opposants politiques et défenseurs des droits humains. »

Comme notre enquête sur Amesys, le marchand d’armes français qui avait créé un système de surveillance généralisé d’Internet à la demande de Kadhafi l’avait démontré, les logiciels espions et systèmes d’interception et de surveillance des télécommunications ne font pas partie des armes dont l’exportation est juridiquement encadrée. Aucune loi n’interdit donc à un marchand d’armes occidental de faire commerce avec une dictature ou un pays dont on sait qu’il se servira de ces outils pour espionner opposants politiques et défenseurs des droits humains.

François Hollande recevant le roi Hamed ben Issa al-Khalifa de Bahreïn, le 23 juillet 2012.

Interrogé lors d’un point presse ce 4 septembre, le porte-parole de l’ambassade de France au Bahreïn a expliqué avoir “appris avec déception les décisions de la Cour d’appel du Bahreïn qui confirment les lourdes peines infligées à ces opposants” :

 » Le cas de Monsieur Khawaja nous préoccupe tout spécialement. Nous espérons vivement qu’un réexamen de ces condamnations aura lieu lors d’un éventuel pourvoi en cassation. »

« Nous restons préoccupés par la persistance des tensions dans le royaume de Bahreïn et rappelons notre profond attachement aux principes de liberté d’expression et de droit à manifester pacifiquement. »

Le 23 juillet dernier, François Hollande recevait très discrètement le roi du Bahreïn, Hamed ben Issa Al Khalifa, à Paris. Etrangement, cette visite officielle ne figurait pas sur l’agenda du président, et n’a été connue que parce qu’une journaliste de l’AFP a tweeté, interloquée, leur poignée de main sur le perron de l’Elysée. Officiellement, côté français, il a été question de la situation en Syrie, et de la menace nucléaire en Iran. Jean-Paul Burdy, maître de conférences à l’Institut d’Etudes Politiques de Grenoble, relève cela dit que l’agence de presse du Bahreïn avance que de nombreux autres sujets ont été abordés, y compris la coopération entre les deux pays en matière de lutte contre “toutes les formes de terrorisme et d’extrémisme“, ainsi que de “l’importance de la promotion de la démocratie et des droits humains“.

Au lendemain de cette visite, la presse bahreïnie salue en “une” l’accord de coopération signé entre la France et le Bahreïn, et visant à mettre en place, souligne Le Monde, des réformes dans les secteurs de la presse et de la justice, ce qui fait bondir l’opposition :

 » La France prend le risque de devenir la complice des tours de passe-passe de la monarchie, s’indigne Abdel Nabi Al-Ekry, un vieil opposant de gauche. Comment peut-elle prétendre réformer la justice bahreïnie alors que 21 des dirigeants de l’opposition croupissent en prison, au terme de procès bidons ? C’est décevant de la part d’un socialiste comme Hollande. »

L’agenda de l’Élysée, dépiauté par Rue89, révèle qu’”au moins six autres représentants de pays autoritaires ou franchement dictatoriaux ont été reçus par François Hollande depuis son élection“, alors même que François Hollande avait pourtant promis de “ne pas inviter de dictateurs à Paris“. Cinq d’entre eux sont soupçonnés d’avoir voulu acheter le système Eagle de surveillance généralisé de l’Internet conçu par la société française Amesys à la demande de Kadhafi, et dont le nom de code, en interne, était Candy, comme bonbon, en anglais.

À la manière d’un mauvais polar, les autres contrats négociés par Amesys portent en effet tous un nom de code inspiré de célèbres marques de friandises, bonbons, chocolats, crèmes glacées ou sodas : “Finger” pour le Qatar (sa capitale s’appelle… Doha), “Pop Corn” pour le Maroc, “Kinder” en Arabie Saoudite, “Oasis” à Dubai, “Crocodile” au Gabon, et “Miko” au Kazakhstan, dont le dictateur-président est le seul à ne pas avoir encore été reçu par François Hollande, quand bien même il utiliserait par contre le système FinSpy de FinFisher.

 » La France prend le risque de devenir la complice des tours de passe-passe de la monarchie, s’indigne Abdel Nabi Al-Ekry »

Depuis le classement sans suite de la plainte déposée à l’encontre d’Amesys, à la veille de la présidentielle, le nouveau gouvernement ne s’est jamais prononcé sur cette affaire, par plus que sur l’implication de Claude Guéant, Brice Hortefeux et des services secrets français, non plus que sur une éventuelle interdiction, à l’exportation, de la commercialisation des armes de surveillance numérique.

Pour se prémunir de ce genre de chevaux de Troie, Citizen Lab rappelle tout d’abord que ces logiciels espions ne peuvent être installés que si le pirate a un accès physique à la machine (ordinateur ou téléphone portable), ou si la victime accepte d’ouvrir une pièce jointe ou une application que les espions prennent cela dit généralement soin de maquiller de sorte qu’elle émane d’une personne ou institution de confiance. Les chercheurs recommandent également de régulièrement mettre à jour systèmes d’exploitation et logiciels – à commencer par l’anti-virus, les suites Office, Acrobat, Java, Flash, en vérifiant que les mises à jour proviennent de sources légitimes et de confiance-, mais également d’installer des fonds d’écran protégés par mot de passe (pour éviter à un intrus de profiter d’une pause pipi pour pirater votre système), et enfin d’utiliser si possible des mots de passe forts, et des logiciels de chiffrement. Voir aussi, à ce titre, notre petit manuel de contre-espionnage informatique.

Source: http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,14457.0.html
http://owni.fr/2012/09/06/coleres-darabie-le-logiciel-espion/

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