Matthew Dunn, ancien agent du MI6, parle des services secrets agissant en Libye en 2011

Vidéo mise en ligne le 26 août 2011

Texte de présentation sur youtube:

Tiré de la télévision néerlandaise – les extraits dans lesquels Michael Dunn parle sont en anglais. Dans le Paradigme Fantaisiste de l’OTAN, il est parfaitement normal d’avoir des services secrets en Libye qui travaillent pour lutter contre le méchant dictateur.

Dans le nouveau paradigme, c’est un autre exemple de la façon dont l’Occident fait tout son possible pour prendre le contrôle des biens de la Libye, en donnant un entraînement à l’opposition et en ignorant les nombreuses personnes en Libye qui ne veulent pas de l’OTAN et de leurs Rebelles. Il n’y a pas justification pour cela de la part du Conseil de sécurité des Nations Unies, mais personne ne semble se faire de soucis du lavage de cerveau qu’ils ont avec le Paradigme de l’OTAN.

Dans une autre vidéo, vous pouvez entendre [des informations] sur le rôle des agents du MI6 et de la CIA dans la lutte contre les journalistes indépendants qui ne sont pas d’accord avec le Paradigme de l’OTAN.

Voici quelques extraits de l’interview de Matthew Dunne:

« Je suis Matthew Dunne, je suis un ancien agent de terrain du renseignement britannique du Mi6. J’ai passé 5 ans à voyager autour du monde typiquement dans des positions ennemies. Si j’avais été au tribunal, j’aurais été torturé et exécuté.

J’ai la permission de parler à un certain niveau, mais évidemment je dois être très courtois au sujet de ce que je dis. Mais oui, c’est la première interview à la télévision avec un ancien agent du Mi6. Oui, certainement pour ce qui est de ma génération.

Ce que je peux dire, et ceci sans trahir aucun secret particulier, c’est que la situation en Libye serait suivie de très près par le Mi6 et évidemment d’autres services secrets occidentaux. Tout le monde sait qu’ils auraient probablement placé des gens sur le terrain, et qu’il y aurait d’autres manières de contrôler la situation sur place. Beaucoup de ce qu’ils essaient de faire serait de recueillir du renseignement, des informations secrètes, pas uniquement au sujet des actions spécifiques qui sont menées, comme les combats à Tripoli, à Benghazi ou ailleurs en Libye, mais aussi d’essayer vraiment de comprendre les groupes d’opposition.

La situation en Libye est une situation inhabituelle. Une chose que je peux dire, car tout le monde le sait, c’est qu’un agent du Mi6 avec son équipe de protection de 12 hommes du SAS ont été attrapés, si je puis dire, en allant en Libye aux premières étapes du conflit avec le but de chercher à engager un dialogue avec les groupes rebelles sur place. Cette situation était assez inhabituelle pour un agent du Mi6, parce qu’il allait là, non seulement pour recueillir de l’information de leur part, mais il était aussi clairement un représentant du gouvernement britannique.

Les Britanniques, les Américains, les Européens ont tous appris dans le passé qu’envoyer de l’argent, des armes ou de l’aide dans une situation, peut parfois rendre une situation plus difficile, à moins de la cibler de manière spécifique et de comprendre les gens que vous ciblez. Est-ce que les gens qui vont utiliser cet argent, ces armes ou n’importe quoi d’autre, vont les utiliser de la bonne manière?

J’aurais pensé que de nouveau, avec la vitesse des événements, il me semble que les rebelles avaient renouvelé un sens de l’objectif, ils ont été rassemblés, ils semblaient être hautement motivés, et ceci a manqué pendant les derniers mois. Et je pense qu’il y a une force motrice, et que cela aurait pu venir du soutien du Mi6, aussi bien que d’autres organisations.

Vous devez comprendre que, chaque fois que des questions sont soulevées au sujet du Mi6, le commentaire sera toujours celui qui a été fait et il n’y aura en effet pas de commentaire, donc ce commentaire [officiel, selon lequel il n’y a personne sur le terrain] ne me surprend pas du tout. Il peut y avoir des conséquences sévères: des opérations peuvent échouer, mais aussi des vies peuvent être perdues.

Oui, c’est un risque pour tout le monde. Vous opérez à l’étranger, vous n’êtez pas en territoires sûrs: tout le business de l’espionnage est extrêmement sérieux et extrêmement dangereux. Beaucoup de gens qui font partie du personnel ne feraient jamais l’actualité, parce que clairement en tant qu’agent, vous faites des choses que vous espérez ne jamais voir dans l’actualité pour des raisons évidentes. Donc oui, j’y pense. Est-ce que cela me manque? Non. Mes conditions sont très différentes maintenant. J’aimais faire ce travail à ce moment, mais mes conditions ont désormais changé. Je pense que ce serait très difficile de revenir vers ce monde.

Je ne peux pas commenter sur ce que le Mi6 fait en ce moment, mais en termes de savoir si Kadhafi sera trouvé, oui, il sera trouvé. Il n’y a pas de doute sur cette question. Au moment où le pays aura tout un plan, où plus de soldats loyalistes rejoindront le côté des rebelles, que les populations dans les villes et les villages se rendront compte qu’ils ne peuvent plus être persécutés, alors Kadhafi n’aura plus nulle part où aller, et il pourrait être trouvé dans un village par un berger avec un fusil, ou piégé par des soldats spécialisés, des forces spéciales, ou des agents du renseignement. »

[Comme le prédit Matthew Dunne dans cette interview, Kadhafi a effectivement été capturé par la suite, le 20 octobre 2011, à Syrte, où il meurt suite aux échanges de tirs].

Câbles Kissinger: La psychologie politique de Kadhafi en Libye, selon un document de 1973

Mouammar Kadhafi (1986)

Dans un câble diplomatique secret n°1973TRIPOL00512_b, datant du 23 avril 1973, les diplomates américains dressent un portrait de Kadhafi.

Quelques jours avant cette date, le 16 avril 1973, à Zouara, Kadhafi annonce dans un discours un plan pour mettre en place une Révolution Populaire en Libye, autrement dit une révolution culturelle, et dans les étapes de cette révolution, l’un des points consiste notamment à se libérer des influences étrangères.

Il demande ainsi au peuple libyen de « brûler les livres qui contiennent des idées importées de la réaction capitaliste ou du communisme juif », et que « La seule idéologie qui sera autorisée sera celle émanant du Livre de Dieu, le Coran. ».

Ce discours est sans doute la raison de l’analyse psychologique à laquelle se livrent les diplomates américains, inquiétés par l’annonce d’un changement politique en Libye. Ils essaient donc de comprendre la personnalité de Kadhafi et si cela peut représenter un danger pour leurs intérêts politiques au Moyen-Orient.

Voici la traduction de ce document dans son intégralité.

LA PSYCHOLOGIE POLITIQUE DE KADHAFI EN LIBYE

Date: 23 avril 1973, 8h32
(lundi)
ID: 1973TRIPOL00512_b
Classification d’origine: SECRET
Classification actuelle: DECLASSIFIE

Résumé:

On nous a fréquemment posé la question dans le passé, de savoir si le président du RCC [Conseil de Commandement de la Révolution], Mouammar Al-Kadhafi, était tout à fait sain d’esprit. La réponse de base que nous avons donné est « oui », bien qu’il doive être jugé selon ses propres standards, sa vision de l’Islam, etc. Nous nous demandons désormais, plus qu’à moitié sérieux, si cette réponse doit être révisée. Ses perceptions exprimées en public sont souvent réalistes, et souvent dans un sens dévastateur, mais sa posture devient de plus en plus incompatible avec les réalités politiques à la fois en Libye et dans le monde arabe. Fin du résumé.

Révolution Populaire en Libye

1. La psychologie anormale n’est pas notre fort, mais comme le sujet est d’une certaine importance, nous avons noté ce qui suit: plus que jamais, Kadhafi prétend être profondément frustré. Il reconnaît en public que tous les autres Etats Arabes ont rejeté le « Plan de Bataille Unifiée » pour l’extinction d’Israël qu’il leur a demandé pendant trois ans d’accepter, et qu’au lieu de cela, chaque Etat Arabe sauve la LAR [Ligue des Républiques Arabes] poursuit un objectif séparé, limité et « régional », acceptant au moins tacitement l’existence d’Israël. Il a aussi établi en public que son régime et sa créature l’ASU [Union Socialiste Arabe] ont perdu leur zèle révolutionnaire, dans la mesure où la bureaucratie et l’ASU sont maintenant tous deux soumis aux initiatives de comités populaires invités à les compléter, ou même à les remplacer sur des niveaux locaux. En attendant, il sous-entend que la fusion avec l’Egypte est une question de vie ou de mort, exécutoire au risque de la guerre civile, et que la purification de son régime doit être accomplie par l’écrasement de toute opposition, ou il quittera la scène.

2. Il y a à la fois de la réalité et de l’illusion dans ces perceptions et ces postures. Bien sûr, chaque Etat Arabe poursuit ses propres intérêts, et le peuple libyen a peu d’appétit que ce soit pour la révolution sociale ou pour l’union avec l’Egypte. Ils sont pour la plupart toujours aussi conservateurs, plus renfermés et xénophobes que jamais. Donc les perceptions de Kadhafi de ses problèmes fondamentaux sont en majeure partie réalistes. Les illusions interviennent quand il déclare en effet qu’il a échoué, à la fois en internet et en externe, et que par conséquent il doit redoubler ses efforts dans les deux directions ou bien partir. A vrai dire, Kadhafi a eu beaucoup de succès selon ses propres standards. Il a placé la Libye sur la carte, politiquement, militairement et économiquement; l’a libéré de plusieurs influences étrangères; a forgé des alliances et envahi les souverainetés d’autres nations, dans des manières difficilement concevables il y a trois ans; et a apporté des changements d’envergure dans l’économie libyenne, remarquables par des standards ordinaires. S’il était un homme ordinaire, il ne menacerait pas de partir pour un manque de progrès, mais douterait de professer une satisfaction considérable dans ses réalisations.

3. Le fait est que nous pensons, que Kadhafi n’est pas un homme ordinaire ou susceptible d’auto-satisfaction. Pendant longtemps, nous lui avons donné le bénéfice du doute sur ce fond: peut-être était-il « fou comme un renard » — pour être sûr d’exprimer des idéaux chimériques, toujours hors de portée, mais cherchant seulement en secret cette part qu’il demandait à être réalisable. Cela était particulièrement plausible car il semblait partager le pouvoir authentiquement avec les autres membres du RCC [Conseil de Commandement de la Révolution], dont aucun ne semblait particulièrement messianique. Cependant, il est de plus en plus apparu que, même collectivement, les autres membres du RCC [Conseil de Commandement de la Révolution] sont incapables d’imposer plus qu’un frein temporaire sur les accès de Kadhafi. Le dossier veut qu’il mène en bateau, mystifie et induit constamment en erreur.

4. Le projet comme révélé en mars 1972, octobre 1972, et maintenant avril 1973, et aucun doute qu’il a été joué en privé à beaucoup d’autres occasions, est le suivant: Kadhafi veut quelque chose qui soit au-dessus de ce que les autres membres du RCC [Conseil de Commandement de la Révolution] pensent être intelligent ou désirable. Quand il ne parvient pas à obtenir un consensus, il se retire du groupe, en colère, et disparaît peut-être dans le désert. Ses collègues « le dissuadent surtout » de partir, une réaction à laquelle il peut tout à fait s’attendre. Il retourne alors dans l’enclos et annonce au monde qu’une nouvelle ère, faite d’idéaux élevés et d’une nouvelle activité, a commencé. Cela doit commencer au niveau populaire, et toute opposition doit être écrasée — ou il va partir, comme il a menacé de le faire.

5. Tout ceci est une bonne tactique, aussi longtemps que ça fonctionne. Mais cela est-il juste une tactique? Nous ne le pensons plus désormais, ni ne le pensent vraisemblablement ses collègues du RCC [Conseil de Commandement de la Révolution]. Quelle que soit leur interprétation, laquelle est sans doute qu’ils ont un leader étrangement clairvoyant et efficace, nous pensons qu’il perd de plus en plus son emprise sur la réalité — pas autant dans ses perceptions que dans ses postures. Autorisant le succès de cette posture selon ses propres standards, il s’est désormais engagé à rien de moins que de liquider la personnalité libyenne au prix de l’ordre public. Cet appel pour l’ultime sacrifice de soi, en substance aussi bien que dans la forme, ne semble guère réaliste. Il y a beaucoup de choses au sujet du régime de Kadhafi que le libyen ordinaire peut et doit accepter, d’autant qu’il n’existe pas d’apparente alternative. Mais nous croyons que la plupart des Libyens n’accepteront pas en fin de compte A) d’être repris par les Egyptiens ou par quelques étrangers que ce soient, ou B) de perdre leur prospérité relativement et raisonnablement récente pour le bien de l’idéal suicidaire de « l’Unité Arabe » qui le menace apparemment. A ce jour, toutefois, l’écrasement est seulement dans le futur.

6. Qu’en est-il du futur, dans ce cas? Théoriquement, Kadhafi pourrait quitter la scène comme il le menace. Le manque de travail effectif des nouveaux comités populaires désormais formés pourrait être la cause réelle et invoquée. En fait, il est très improbable que le peuple libyen veuille mesurer son courage aux convictions de Kadhafi. Mais ce genre de défaillance du peuple n’est pas vraiment susceptible de faire renoncer Kadhafi; il a été cruellement déçu par eux avant, mais il les a toujours appelé à suivre un nouveau but. Il est plus vraisemblable que nous voyons plus des mêmes dynamiques entre le peuple, Kadhafi et le RCC [Conseil de Commandement de la Révolution]. (Nous supposons que l’armée, la bureaucratie et l’ASU [Union Socialiste Arabe] resteront basiquement inchangés.)

7. Cependant, avec le RCC [Conseil de Commandement de la Révolution], plus de cette même chose signifie plus de pouvoir pour Kadhafi. Cela a été le résultat de toutes ses crises précédentes avec lui. La collégialité va-t-elle s’effondrer? Elle est déjà bien érodée, un point que nous avons formulé dans notre dernier rapport d’évaluation, mais un peu plus de cette collégialité pourrait encore disparaître. Très prochainement, probablement en relation avec l’union formelle avec l’Egypte, à échéance du 1er septembre, le RCC [Conseil de Commandement de la Révolution] cessera virtuellement d’exister en tant que tel. Quand cela arrivera, cela ne devra pas être considéré comme stupéfiant. Cela sera, en fait, une ratification de ce qui s’est produit — une sorte de coup de grâce à une institution improbable, mais anciennement de poids, qui a gardé Kadhafi, et le pays, relativement en équilibre. Oui, ils pourraient devenir plus instables — comme nous commençons à le voir.

Josif

Source: http://www.wikileaks.org/plusd/cables/1973TRIPOL00512_b.html

Public Library of US Diplomacy: http://www.wikileaks.org/plusd/

En fuite, Qaddafi aurait tenté de trouver refuge auprès des autorités algériennes

Initialement publié en anglais le 24-07-2012 sur Liberté-info.net

Peu d’informations étaient jusque-là disponibles concernant l’éventuelle tentative par l’ancien dictateur libyen de trouver refuge hors du pays qu’il a commandé d’une main de fer pendant quarante-deux années.

Grâce à la publication par WikiLeaks de la suite des GIFiles (les Global Intelligence Files, nom prêté à l’importante masse d’e-mails de la société de renseignement américaine Stratfor, considérée comme étant la CIA de l’ombre, car elle renseigne entre autres le Homeland Security et la Defense Intelligence Agency américains), le public, les journalistes, et les historiens vont pouvoir mieux comprendre et enquêter sur ce qui s’est passé lors de cet épisode de la révolution libyenne, et plus spécialement au regard du rôle joué par l’Algérie.

Liberté-info, association pour la défense des libertés informatiques, a pu obtenir l’accès à la suite des GIFiles, grâce à un partenariat d’investigation organisé par WikiLeaks et impliquant des journalistes, des universitaires, et des organisations de défense des droits de l’homme.

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Après son renversement et sa fuite, il y a eu beaucoup de spéculation si et où Qaddafi chercherait refuge en quittant le territoire libyen. Mais nous savons peu, sinon que finalement il n’a pas quitté le territoire, où il fût rattrapé par les frappes aériennes de l’OTAN avant de tomber et d’être tué entre les mains des rebelles révolutionnaires.

L’Algérie, pays voisin dont la classe dirigeante a observé avec effroi la propagation de la vague démocratique et révolutionnaire qui a débuté en Tunisie et s’est étendue jusqu’à la frontière ouest, au Maroc, a donné l’asile aux principaux proches de Qaddafi: sa femme Safia, ses deux fils Mohamed et Hanibal, et sa fille Aicha. La raison de ce geste seraient d’ordre « humanitaire », d’après l’ambassadeur algérien aux Nations Unies. La grossesse avancée d’Aicha – elle donnera naissance à une fille peu après avoir pénétré le territoire algérien – peut effectivement justifier son entrée à elle, mais pas celle du reste de la famille. La corruption endémique de l’Etat algérien, ainsi que la richesse amassée et probablement en partie transportée par la famille en fuite expliqueraient cet apparent excès de générosité.

Ceci eut lieu à la fin du mois d’août 2011, et mit le gouvernement algérien dans une position fâcheuse envers l’organe provisoire gouvernant la Libye, le Conseil National de Transition (CNT). En effet, la famille de Qaddafi, jugée complice de nombreux crimes du patriarche, était et est toujours voulue en Libye pour y être jugée. Les quatres proches ainsi que la fille d’Aicha se trouvent toujours en Algérie.

En dépit de ses déclarations affirmant qu’il ne quitterait jamais le territoire libyen, des informations provenant des nouvelles publications des GIFiles suggèrent le contraire: le Colonel aurait tenté de trouver l’asile au moins en Algérie.

L’e-mail dont l’identifiant est 120909, daté du 1er septembre 2011 et envoyé par un employé de Stratfor (un « watch officer », qui est le grade au-dessus d’analyste et en-dessous de directeur) à la mailing-liste interne nommée Alpha (qui comprend les analystes, les rédacteurs, et les employés de plus haut niveau) cite une source diplomatique algérienne qui aurait affirmé que Qaddafi (dont le nom de code utiilisé dans la correspondance est « Q », initiale de Qaddafi) aurait tenté de trouver refuge en Algérie en contactant le président algérien Bouteflika. La source déclare que Bouteflika a ignoré les appels répétés du dictateur déchu. Elle suggère aussi que les services de renseignement algériens auraient partagé la localisation du Colonel (qu’ils ont estimé être la ville de Béni Walid) avec leurs confrères britanniques, et aurait prédit qu’il « serait abattu tôt ou tard ».

Malgré la notation moyenne par l’employé de Stratfor de sa source (crédibilité estimée à C, A étant le mieux et F le pire) et de la crédibilité du renseignement (noté à 3-4, 1 étant le mieux sur une échelle de dix), il semblerait avec le recul que le renseignement était plutôt fiable: Qaddafi fût abattu peu après, le 20 octobre 2011 près de Syrte, à moins de 300 kilomètres de Béni Walid.

L’employé de Stratfor a précisé que sa source lui a été présentée par une autre source, ME1 (pour Middle East 1), qui semble être une importante source de Stratfor car il/elle apparaît dans de nombreux mails remontant au moins jusqu’à 2006.

Source: http://blogs.mediapart.fr/blog/mehdi-taileb/260712/exclusif-alors-quil-etait-en-fuite-kadhafi-aurait-tente-en-vain-de-tro

http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,13271.0.html

Publié sur Mediapart par Mehdi Taileb

Qaddafi a cherché refuge en Algérie avant de se faire rattraper en route

L’email ayant l’ID 120909 rendu public ce lundi 24 juillet 2012 par WikiLeaks, daté du premier septembre 2011 et échangé entre l’Officier de contrôle (Watch officer) Ben Preisler et les services de la société de renseignement privée Stratfor, reflète un peu de lumière sur les derniers jours du dictateur libyen déchu, Mouammar Qaddafi.

Selon des informations recueillies par un des agents de Stratfor auprès d’un diplomate algérien, le guide libyen Mouammar Qaddafi a tenté de trouver refuge en Algérie ; l’email daté du 1 septembre 2011, soit deux jours après l’arrivée la famille Qaddafi en Algérie, nous révèle que le président algérien Abdelaziz Bouteflika a refusé de répondre aux appels répétés de Qaddafi, la source diplomatique algérienne avait affirmé aussi que les services de renseignements algériens ont localisé l’emplacement du guide libyen et ils l’ont transmis à l’intelligence britannique, cette information a permis à des unités spéciales britanniques de l’attraper et de l’exécuter.

Le document original du site WikiLeaks est accessible ici :
http://wikileaks.org/gifiles/docs/120909_-alpha-insight-libya-algeria-q-seeking-refuge-in-algeria-me1.html

Email-ID : 120909
Date : 2011-09-01 17:07:49
De : ben.preisler@stratfor.com
A : alpha@stratfor.com
Liste-Nom : alpha@stratfor.com

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SOURCE : Sous-source via ME1 (Middle East 1)
ATTRIBUTION: STRATFOR source
SOURCE DESCRIPTION: Diplomate algérien via ME1
PUBLICATION: Oui
FIABILITÉ DE LA SOURCE: C
CRÉDIBILITÉ DE L’ÉLÉMENT: Pourrait être un cover-up (un camouflage) puisque l’Algérie été sous pression pour avoir soutenu Q (Qaddafi)
TRAITEMENT SPÉCIAL : Alpha
GESTIONNAIRE DE SOURCE : Reva
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La source confirme des nouvelles sur les tentative de Mouammar Qaddafi a cherché refuge en Algérie. Le président algérien Abdulaziz Boutafliqa a refusé de répondre aux appels répétés de Qaddafi. La fille et la première épouse de Qaddafi ont été autorisés à rentrer en Algérie après que le conseil provisoire libyen avait renoncé à son opposition à l’affaire. Les services de renseignements algériens ont déterminé la localisation du Qaddafii dans la ville de Bani Walid, qui se trouve à environ 100 miles (160 kilomètres) au sud-ouest de Tripoli. Il (La source) dit que les Algériens ont transmis l’information à l’intelligence britannique. La tâche de chasser Qaddafi a été confiée à des unités spéciales britanniques. Il (la source) est convaincu que les britanniques finiront par l’attraper (Qaddafi).

Qaddafi sera abattu tôt ou tard. La question en cours est la sécurisation de l’approbation des anciens de la tribu Warfala (une tribu libyenne) qui fournit un sanctuaire au Qaddafi. Le problème avec Warfala devra être résolu pacifiquement, car elle est la plus grande tribu de la Libye et aussi parce que beaucoup de ses jeunes hommes ont combattu aux côtés des forces du Conseil provisoire. L’Algérie a un intérêt direct dans l’élimination de Qaddafi afin de l’empêcher de s’allier avec Al-Qaeda au Maghreb.


Benjamin Preisler
+216 22 73 23 19

Source: https://operationleakspin.wordpress.com/2012/07/26/the-the-gifiles-alpha-insight-libyealgerie-q-qaddafi-a-cherche-refuge-en-algerie-me1/
http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,13286.0.html

Publié par W sur WikiLeaks

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