« Nous ne devons pas confondre l’ordre international avec celui des Etats-Unis »: le ministre russe de la Défense répond à son homologue américain

RT, 12/09/2016

220px-official_portrait_of_sergey_shoigu_with_awardsLes États-Unis confondent l’ordre international avec celui qui [serait] « américain », a déclaré le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, remettant en question les politiques de Washington. Cela vient en réponse aux accusations d’Ash Carter selon qui Moscou veut éroder les principes de l’ordre international.

Dans la déclaration, Choïgou a fait remarquer que de nombreuses interventions dirigées par les Etats-Unis ont, en réalité, contribué aux problèmes de sécurité que la communauté internationale doit actuellement affronter.

« Ce sont les Etats-Unis, aux côtés de leurs partenaires occidentaux, qui ont été constamment en train de détruire les fondements du monde existant, en commençant par la Bosnie, le Kosovo jusqu’à l’Irak et la Libye ».

Lire la suite: https://www.rt.com/news/359115-carter-american-order-shoigu/

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Une image publiée sur Twitter dénonce l’inaction des Nations Unies en Syrie

bla bla nations

Source: https://twitter.com/Raqqa_SL/status/681923630792482816

Un accord (Iran) en cache un autre (Grèce) et masque le troisième (Corée du Nord) – par Farid DAOUDI

800px-Iran_negotiations_about_Iran's_nuclearPhoto: Accords sur le nucléaire iranien (Wikipédia)

     Beaucoup de confrères de la presse internationale, experts patentés, critiques littéraires, attitrés ou non, seraient enclin d’avoir une réaction épidermique en pensant que les médias laissaient l’essentiel de côté. On a tendance à oublier que les sanctions ont été votées au Conseil de Sécurité par la Russie aussi, comme pour l’Irak et l’Afghanistan… ou encore pour la connivence USA-Russie concernant la Palestine. La presse ne retient que les contradictions actuelles entre ces deux pays. On oublie encore qu’il y a à travers le monde des dizaines et des dizaines de pays et de peuples qui aspirent à l’accès à la science, à la culture et à la suffisance matérielle… et que cela ne leur sera pas facilité par le condominium du monde par les membres permanents du C.S. et leurs alliés directs (Japon, Allemagne, Inde, Pakistan, Israël). Et on oublie le rôle révolutionnaire de la Corée du Nord. Kadhafi a renoncé à l’arme atomique et il a fini tué comme un chien par des agents spéciaux…  Que va-t-il advenir en Iran si le pays ne se couche pas progressivement devant les USA et la Russie ?

L’accord, neutralisant l’Iran à toute prolifération nucléaire militaire, milite pour un équilibre sécuritaire régional assez énigmatique pour la paix mondiale. La Russie, pour cause d’hégémonie, privilégiant, à raison, ses intérêts géostratégiques, est pour autant responsable de la situation présente: en échange de la promesse occidentale de la laisser accéder à l’Organisation Mondiale du Commerce, elle a voté et légitimé les sanctions contre l’Iran qu’il est si difficile d’annuler totalement.

Et en plus, elle s’est gardée anachroniquement de dénoncer le nucléaire israélien, fermant les yeux sur le droit des Palestiniens à se libérer par les armes. Selon la Russie, on peut revenir sur la coupure de l’Allemagne en deux en 1945 et sur beaucoup de frontières depuis 1945, mais s’abstenant de revenir sur la création malhonnête d’Israël par l’ONU coloniale de 1947.

Maintenant, la Russie sait qu’accéder à l’OMC, refuser unilatéralement de vendre des missiles  S-300 à l’Iran, n’empêche pas des « sanctions » économiques contre elle-même.

L’accord imposé ce 14 juillet à l’Iran est un accord inégal, au détriment de tous les pays non nucléaires et non balistiques. Les Iraniens ont accepté faute de mieux, pour le moment. La vérité est que tous les pays du monde ont droit de tirer profit de la science, y compris militairement: pourquoi le droit au nucléaire serait-il naturel pour un pays comme les USA qui ont assassiné des millions de personnes à travers le monde depuis 1945? Et pourquoi les 180 autres États de la planète devraient en être privés et au surplus soumis au bon vouloir de celui-ci?

Par-delà la situation actuelle une question se pose: un pays du poids démographique et industriel de l’Iran peut-il se développer en toute indépendance, face à un boycott des principales puissances du monde?

Malgré le blocus, Cuba a continué d’exister dans des conditions très difficiles. Mais ce pays n’a pas le poids démographique, l’importance économique et les richesses naturelles de l’Iran. De plus, Cuba est une île, alors que l’Iran est un État continental et maritime, frontalier avec cinq pays. Ce pays dispose aussi d’une certaine profondeur stratégique propre, augmentée par la géographie du culte Musulman Chi’ite. Seuls les Iraniens savent si, face aux « sanctions », le régime en place pouvait encore tenir cinquante ans comme à Cuba ou s’il devenait urgent de sauver l’économie.

Une autre forme de réponse à cette question nous est apportée par l’accord de l’Euro-groupe et de l’UE avec la Grèce. La mise sous tutelle de l’Ukraine par les USA et l’UE est encore une illustration de la politique internationale actuelle: le rapport des forces économiques et militaires continue d’être le moteur des relations internationales ; le respect de la souveraineté ne pèse rien. La Grèce est humiliée, soumise à un protectorat collectif européen: à qualification égale, ses citoyens auront un niveau de vie cinq fois inférieur à celui des Allemands et cela pendant au moins quinze ans!

Cela signifie que tous les peuples ne sont pas égaux, qu’il existe une science, une finance des « Blancs » et, une science, une économie, bridées et surveillées, pour les « Coloured nations ».

À l’occasion de cette longue négociation intra-européenne et de celle concernant la Corée du Nord, on assiste à un retour au premier plan de la scène de deux protagonistes vaincus lors de la Seconde guerre mondiale: l’Allemagne et le Japon. Aujourd’hui, le Japon réclame la restitution de Sakhaline ; demain, l’Allemagne rachètera à la Pologne ou exigera tout simplement le retour des « terres de l’Est ». Pour l’Allemagne et le Japon, les vainqueurs avaient effacé la dette et allégé les réparations… On craignait de les voir basculer vers le Pacte de Varsovie.

Résultat, l’Allemagne et le Japon profitent de plus de libertés que l’Iran dans le domaine nucléaire et balistique… Cela est possible parce que ces deux pays sont à présent des alliés dociles aux USA contre la Russie et contre les pays qui aspirent à un développement indépendant, voire à échapper au contrôle et aux limitations américaines. Face à ce bloc agressif, les pays du BRICS veulent une émergence soft, sans confrontation directe aux conséquences incertaines ;  c’est ce qui explique pourquoi les USA continuent de tancer la Russie à ses frontières, alors que celle-ci continue de proposer ses services contre le « terrorisme » dans le cadre de l’ONU dominé pourtant par les Américains.

Mais, tôt ou tard, le sentiment de démocratie internationale entre États imposera la suppression du pouvoir d’intervention en meute des cinq pays du Conseil de Sécurité (chapitre 7 de la charte de l’ONU) et plus particulièrement de liquider l’interventionnisme  des USA qui  contournent à leur convenance les « lois internationales » en recourant à des « alliances » qui n’ont jamais eu valeur de légitimation universelle, dans le respect de la souveraineté des États.

L’espoir d’un changement des relations internationales perdure. Les USA, confirmant ces dernières années leur pouvoir de destruction et de sédition, ont aussi montré au monde entier qu’ils ne peuvent pas remporter plusieurs conflits simultanés de faible ou moyenne intensité.

Ce fut notamment le constat de Che Guevara: ils ne peuvent pas vaincre partout en même temps ; ils ont toujours un point faible. Tout en maintenant les autres zones de conflit, c’est ce point faible qu’il faut enfoncer. Enfin, ce point faible peut être créé à l’initiative de forces révolutionnaires ou encore par d’anciens « valets de l’impérialisme » parvenus au pouvoir et confrontés à la nécessité de développer leur pays – l’attitude récente de l’Arabie saoudite est une ébauche encore incertaine de celles d’Omar Torrijos ou Manuel  Noriegua au Panama ou encore d’Hugo Chavez au Venezuela.

Le principe est simple: tout ce qui nuit aux USA devient bon pour le reste de l’humanité tant que ce pays s’obstinera à vouloir régenter la planète par ses moyens militaires et financiers. Faut-il multiplier les points chauds ou tièdes? La politique US fait toujours des victimes qui n’ont plus rien à perdre ; il faut leur parler, les soutenir. Il est temps pour la « communauté internationale » d’arrêter sa politique de doubles standards et de falsifier l’Histoire. De tout temps, celle-ci  a montré que la juste cause des opprimés  triomphe toujours  de  l’arbitraire; qu’intransigeance, partialité de la loi du plus fort, diplomatique ou militaire, ne rapportent que de faibles dividendes à des ambitions irrationnelles.  Un  processus salvateur: l’avènement d’un monde multipolaire, supplantant l’hégémonie étatsunienne et desservant un support éducatif décadent.

    Farid DAOUDI – Journaliste (Tlemcen-Algérie)

Du même auteur: « Le Liban insoumis » paru sur Alterinfo.net.

Une firme US encourage « le poing et la main ouverte » en Syrie

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Le 19 mai 2011, un mémorandum intitulé “Analyse des communications en temps de crise“ a été transmis par sam@alshahba.com, un compte qui est probablement utilisé par le président syrien Bachar al-Assad, au ministre syrien des Affaires présidentielles Mansour Azzam. Le mémo a été écrit par Brown Lloyd James (BJL), une puissante firme de communication de renommée mondiale engagée par le régime syrien pour améliorer son image.

La firme de communications avait initialement envoyé le mémo à Fares Kallas, le directeur des projets et initiatives au bureau de la première dame, Asma al-Assad. Il contient une évaluation de la situation en Syrie et donne des recommandations sur comment gérer le soulèvement d’un point de vue des communications. BJL a été fondé par Peter Brown, présentement chef de direction, et Sir Nicholas Lloyd, présentement directeur, en 1997 à New York et à Londres. Mike Holtzman est présentement le président de la compagnie.

BJL a trois “bureaux principaux“ basés à New York, à Londres et à Doha, avec des “bureaux stratégiques“ à Washington DC, Hô Chi Minh-Ville, Rome, Francfort, Paris, Moscou et Madrid. La page “À propos de BJL“ sur le site web proclame “Brown Lloyd James est géré par un groupe d’élite de distingués anciens cadres du domaine des nouvelles, des conseillers politiques de haut niveau de la Maison-Blanche et du Downing Street, des cadres de haut niveau de l’industrie du divertissement et des experts des affaires internationales. Notre équipe a été le bras droit de présidents, de premiers ministres, de barons des médias, et oui, même des Beatles.”

Un nombre de clients internationaux très importants a été représenté par BJL, incluant le Royaume du Maroc, Mouammar Kadhafi, la Fondation du Qatar, la Tony Blair Faith Foundation, la ville de Londres et le ministre de l’Intérieur irakien. Elle a été impliquée dans un certain nombre de campagnes réussies, incluant la soumission gagnante du Qatar pour la tenue de la coupe du monde FIFA 2022 et le lancement d’al-Jazeera anglais aux États-Unis. L’année dernière, la firme a été impliquée dans l’embellissement de l’image du régime Assad en Occident à travers différents projets, en commençant par un portrait flatteur d’Asma al-Assad dans le Vogue publié en février 2011. Vogue a supprimé l’article de ses archives à la suite des critiques qu’il a reçu.

Le mémorandum de mai 2011 offre un guide pour les membres de la clique politique syrienne du régime pour retravailler leur image et redéfinir leur message, alors que l’armée tente d’écraser le soulèvement. En plus, le mémo contient des conseils sur une possible campagne de relation publique et sur des actions sociales qui pourraient revigorer l’image du régime de par ce processus. Il commence par noter que “l’administration Obama veut que la direction en Syrie survive“, mais reconnaît que la position du gouvernement américain a changé au fil du temps.

Une brève évaluation de la gestion du soulèvement par les autorités politiques syriennes, strictement basée sur ses talents au niveau de la communication, s’en suit. Il est écrit, “La Syrie a eu un déséquilibre dans son approche des communications depuis le début de la crise.” ”Si le pouvoir dur est nécessaire pour apaiser la rébellion, la puissance douce est aussi nécessaire pour rassurer le peuple syrien et l’extérieur que cette réforme se poursuit rapidement, que les griefs légitimes sont pris en compte et pris au sérieux, et que les actions de la Syrie visent ultimement à créer un environnement dans lequel le changement et le progrès peuvent avoir lieu. »

BJL a averti que l’agenda de la réforme a été largement perçu comme étant dépourvu de volonté et semblait avoir « pris l’arrière-plan face à la crise politique immédiate ». Ainsi, le résultat continuera très probablement à être « une recette pour des énervements et de l’instabilité à l’avenir » à l’intérieur de la sphère domestique, en même temps que d’ »enhardir les critiques et le renforcement de ceux qui ne croient pas que la réforme est sincère » en dehors de la Syrie.

Ainsi, le mémo de BJL a recommandé un équilibre entre les “deux mains“ du régime: “La règle de droit est un poing. La réforme est une main ouverte. Maintenant, le poing apparaît pour l’extérieur, et probablement à beaucoup de Syriens, comme si elle est dix fois plus grande que la paume tendue. Ils doivent être mis en meilleur équilibre. »

« La réforme axée sur la sensibilisation doit être radicalement améliorée, à la maison et à l’étranger, ou bien la crédibilité de ces efforts – et un élément clé de l’appel du Président et de sa popularité parmi le peuple – sera diminuée. Le recentrage de la perception de l’extérieur et des Syriens sur la réforme fournira une couverture politique au gouvernement des États-Unis en général sympathique, et délégitimer les critiques tant à la maison qu’à l’étranger. » Pour ce faire, l’entreprise a fait cinq recommandations stratégiques essentielles pour surmonter l’échec du régime dans les  relations publiques. Il s’agit d’exploiter l’image de Bachar et d’Asma à travers des actions telles que des visites inopinées et bien prévues, des rencontres médiatisées avec des familles et des jeunes, ainsi que l’utilisation de promesse de réforme sur la condition de la stabilité, et en plaçant un accent particulier sur l’avenir.

En outre, il est recommandé que l’administration tienne l’armée et les forces de sécurité responsables, faisant « un spectacle visible, très public, de punir/congédier/ inculper les troupes qui ne respectent pas les ordres [d’Assad] » de ne pas tirer sur des civils, de dépeindre un sentiment d’équité et indiquer ses sérieuses intentions face à la réforme. Aussi, il est recommandé d’établir un système de surveillance médiatique, opérant 24 heures, pouvant combattre les récits négatifs contre le régime.

Finalement, l’entreprise a souligné que « des efforts devraient être faits pour convaincre de la “normalité“ pour faire contraste aux nouvelles actuelles représentant la Syrie comme étant sur le bord du chaos. » Le mémorandum prend fin en conseillant la direction politique “de continuer à exprimer sa confiance dans l’avenir et que la crise est en déclin. » Essentiellement, le mémo appelle le régime Assad à réorganiser ses messages afin de convaincre la communauté internationale et le peuple syrien que des erreurs ont été faites et que le régime essaye de changer si on lui en donnait la chance.

Ce n’était pas la dernière fois que BJL et le régime d’Assad interagissait. Selon un courriel d’Assad qu’a reçu The Guardian plus tôt cette année, Mike Holtzman a été en contact avec un conseiller de la direction syrienne en janvier 2012, dans laquelle il a exprimé sa fierté au sujet d’un événement de relation publique réussi qui a impliqué une visite surprise d’Assad et de sa femme à une manifestation pro-régime.

Traduit sur WikiLeaks par Nicolas1

Article original : http://english.al-akhbar.com/content/us-firm-encourages-fist-and-open-hand-syria et sur le forum WikiLeaks http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,12786.0.html

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