Les humains ne sont pas les seules victimes de la guerre au Yémen, une campagne de dons pour sauver les animaux du zoo de Taiz

taiz_zooUn lion affamé au zoo de Taiz

Bien loin des sommes dépensées par des Etats pour acheter de l’armement et des bombes, une campagne récolte des dons pour sauver les animaux du zoo de Taiz, au Yémen. Victimes collatérales de la guerre, ces animaux sont restés abandonnés dans leurs cages et privés de nourriture. 281 animaux demandent de l’aide urgente.

Lien pour faire un don: https://www.generosity.com/animal-pet-fundraising/help-starving-animals-in-abandoned-yemen-zoo-now–2

Sur Facebook: https://www.facebook.com/Taiz-Zoo-Animal-Welfare-731536583612869/timeline

FuturePerfect Ö Festival, Suède: Contribution de 
Julian Assange au forum des Droits et de l’Activisme

Vaxholm, Suède, 26 août 2012: Contribution de 
Julian Assange, l’éditeur en chef de WikiLeaks, au forum des Droits et de l’Activisme au FuturePerfect Ö Festival. N’ayant pas pu assister au festival en Suède, ni participer à un vidéo-chat en direct, Assange a participé via un enregistrement audio, aux côtés de John Manoochehri, Jennifer Robinson, Richard Reynolds, Tom Strömberg, Samuel Jarrick, et Blaine O’Neill.

Hey, Ö Festival, mon nom est Julian Assange et je vous parle depuis l’ambassade d’Equateur à Londres. Cette ambassade qui est devenue mon lieu de résidence temporaire est aussi un lieu de travail bien occupé. Il est donc possible que vous entendiez des bruits de bureau, et je vous demande pardon si l’audio n’est pas de bonne qualité. Je suis ravi que ce festival existe toujours en Suède, alors que ce n’est une surprise pour personne que je sois malheureusement au regret de certains des changements politiques survenus en Suède au cours des 20 dernières années. Je suis content que des festivals comme celui-ci, qui représentent le meilleur aspect des traditions suédoises, soient encore possibles. Aujourd’hui, je ne veux pas parler des difficultés auxquelles je fais face. Si nous devons changer notre société, pour en faire une société meilleure, une société plus civilisée, alors nous devons tout d’abord comprendre quels sont les ingrédients principaux de la civilisation. Avec civilisation, je ne veux pas parler d’ »industrialisation », je veux parler de la partie « civile » qui repose dans la civilisation.

Donc je dis que si nous nous intéressons de près à ce terme de « média », et à ce que cela devrait vraiment être, et ce que c’est dans son essence, nous arrivons à la conclusion qu’il n’y a pas de civilisation, qu’il n’y a pas de société sans média. Ce qui veut dire : enlevons tous les médias, enlevons tous les « médiums », enlevons toute aptitude pour les êtres humains de communiquer entre eux dans le présent, et cela aussi nous apprendra à partir des expériences passées à comprendre le futur. S’il n’y a pas de communication entre les gens, si toute personne est isolée comme un arbre au milieu de la forêt, clairement il n’y a alors aucune civilisation et il n’y a pas de société. En ce moment, nous utilisons l’air pour communiquer avec nos amis, quand nous les rencontrons en personne, c’est le medium d’une communication humaine ordinaire ; nous utilisons internet pour communiquer dans la distance, les lignes de téléphones, le courrier, la presse écrite, les chaînes de télé, etc, et par dessus tout, les bibliothèques, pour la communication à long terme. Nous comprenons clairement que si toutes ces communications sont supprimées, la société s’effondre complètement et nous sommes réduits à une errance individuelle, d’animaux isolés sur la planète. Nous n’avons pas la capacité d’apprendre l’un de l’autre comment nous en sortir dans notre monde, et aucune capacité à apprendre du passé comment s’en sortir avec le monde dans lequel nous vivons, et le monde dans lequel nous vivons est le seul que nous ayons, et c’est avec ce monde que nous devons nous en sortir.

La qualité de nos médias, la qualité de notre communication, la qualité de notre habileté à apprendre chacun l’un de l’autre, et à apprendre de nos expériences passées, afin de mieux nous adapter au monde dans lequel nous vivons, c’est donc cette qualité des médias qui doit être optimisée. Avec la meilleure communication possible, avec la meilleure capacité à apprendre de nos expériences, nous avons une chance – de ne pas simplement faire un truc idiot -, nous avons la chance d’être plus civilisés les uns par rapport aux autres, nous avons la chance d’éviter les embûches qui ont été révélées dans le passé. Le média est donc extrêmement important. Maintenant, bien sûr, la description classique du média, fréquemment utilisée, se réfère à une industrie, à un corps industriel et à un lobby industriel. Tous ces gens qui vivent et qui profitent de leur propre interposition dans les communications entre un groupe et un autre. Maintenant un média, aussi loin qu’il ait du succès et qu’il soit profitable et largement distribué, il est, en tant que corps industriel, par nature corrompu. Et pour comprendre d’où vient la corruption, en tout premier lieu, voyons qu’un corps industriel, une organisation qui devient puissante pour en influencer d’autres, se trouve capable de produire le consentement et de supprimer la dissidence. Comme résultat, les gens qui travaillent à l’intérieur, et ces propriétaires qui la détiennent, sont invités à s’asseoir à la table du pouvoir et ils obtiennent certaines concessions sur leurs modes de vie et sur leur façon de faire du business. Ils deviennent de cette manière une partie du gouvernement qu’ils sont censés surveiller. Ceci est inévitable, c’est un fait inévitable pour toutes les organisations de médias qui deviennent importantes et puissantes, et qui le font ainsi pendant plusieurs années. Elles deviennent inévitablement une partie du gouvernement qu’elles sont censées surveiller.

A présent, grâce à internet, nous pouvons tous publier un instant de vérité. Bien sûr, cela peut retomber avec le temps, cela peut être difficile de faire une chose que WikiLeaks a fait, qui a publié des centaines de milliers de documents sensibles, mais nous pouvons tous en publier un. La réponse à cette menace est de brûler la vérité dans des proportions sans cesse croissante de propagande, de telle sorte que les organisations de médias soient influencées de telle manière qu’elles s’autocensurent en termes de volume. Par exemple, il est clair que la plupart des sources des médias dominants en Suède sont capables de publier un article plein de vérité sur même la plupart des sujets les plus controversés. Mais ce qu’ils ne peuvent pas faire, c’est de montrer aucun signe d’un agenda institutionnel qui y est destiné. Ils ne peuvent pas publier en volumes sur ces sujets. Bien évidemment, quand nous avons affaire au politique, nous avons affaire à des perceptions en masse. Et les perceptions en masse sont affectées par des communications en masse. Ce n’est pas suffisant de simplement révéler la vérité dans un seul article isolé ou dans un tweet isolé. Ce qui est important, c’est de voir la vérité révélée en masse, où les gens peuvent la voir en masse et où les opinions peuvent être affectées en masse.

C’est donc le mur auquel nous sommes confrontés. C’est comme lutter avec une pompe à incendie ; c’est la taille du tuyau qui importe, ce n’est pas le fait que tu aies une pompe ou pas. Ce dont nous avons besoin, c’est de nous tenir ensemble et de créer une pompe aussi grande que possible, pour pomper et faire sortir la vérité dans un volume suffisamment important pour étancher le feu. Nous devons comprendre la gravité de la situation à laquelle fait face la civilisation. Nous approchons rapidement d’une société de surveillance globale ; en fait, pour la plupart des Etats nous y sommes déjà. Nous approchons rapidement d’un état de guerre permanent ; en fait, la plupart des pays Occidentaux ont été engagés maintenant dans des guerres au cours des 10 dernières années, et ils le sont de plus en plus. Nous constatons une énorme croissance du nombre des agences de renseignement. La frontière entre la police et l’armée commence à s’écrouler, avec l’armement de la police, l’augmentation croissante de l’arsenal corporel que la police possède. A travers le monde, nous voyons un effondrement de la règle de la loi, une justice politisée et arbitraire, avec les listes d’assassinat des Etats-Unis approuvées par le Président en secret, sans processus exigé, la détention continuelle d’enfants sans accusation dans la baie de Guantanamo depuis 10 ans, sans espoir de libération. La surveillance de masse ayant été introduite dans tous les pays sans supervision effective de la part de la population.

La jonction entre les compagnies internationales et les réseaux de gens influents parmi les professionnels des banques, tous ces gens prenant le contrôle démocratique et électoral des bases de leurs populations respectives. Quand la loi devient arbitraire, il n’y a rien à faire, aucun endroit où tu puisses aller pour que ta famille soit protégée, où les choses qui te tiennent à cœur puissent être protégées, car à cause de sa nature arbitraire, cela peut affecter chacun de nous. Nous entrons dans une période de guerre permanente, nous avons vu la plupart des pays de l’OTAN à présent engagés dans une guerre au cours des 10 dernières années, et cette guerre est sur une pente ascendante, et d’autres guerres commencent, par exemple la poussée au conflit avec la Syrie, la participation aux conflits en Somalie, etc. En Suède, l’industrie de la guerre a atteint un tel niveau que la Suède est désormais l’exportateur de bombes numéro 1 par habitant dans le monde, c’est presque le double d’Israël qui était jusqu’à présent le fabricant numéro 1 par habitant.

Nous faisons face à une crise globale sérieuse, nous devons donc comprendre que ce n’est pas un choix concernant la bonne chose à faire, ce n’est pas un choix concernant le fait d’être moral ou pas, ce n’est pas une question de savoir si on se fait des amis, ou si nous sommes reconnus en tant que membres de la société. Nous sommes confrontés à la question de savoir si nous aurons une civilisation qui sera civile ou pas. Nous faisons face à un choix pour savoir si nous avons quelque chose à proposer, non seulement pour nos petits-enfants, mais aussi pour nous-mêmes. La proximité de la civilisation globale a un caractère dystopien et se rapproche rapidement. Il suffit pour cela de seulement regarder les avancées technologiques déployées par les armées et les services de renseignement, et l’appui législatif. Pour chaque morceau de législation que nous menons à terme, cinq autres sont en train de lever et de se mettre en place.

Alors pour la question de savoir ce que l’on peut faire, en tout premier lieu, nous devons comprendre le problème, nous devons comprendre la sévérité du problème, nous devons avertir les autres de la sévérité du problème, nous devons expliquer que ce n’est pas un choix, que ce n’est pas quelque chose dont nous pouvons sortir, qu’il y a un vrai risque de voir apparaître une dystopie globale technologique et politique, que les éléments-clé de cette dystopie sont déjà apparus et qu’ils nous affectent déjà dans un sens négatif. Alors nous devons ensemble avec les gens nous unir dans une même compréhension, nous devons inventer de nouveaux sens technologiques pour lutter contre le feu avec notre propre forme de feu, nous devons avoir une unité et une détermination absolues dans la réponse. Si nous regardons en arrière vers les luttes de résistances antérieures, des phénomènes similaires qui se sont produits dans le passé, c’est ce qui a  été décisif pour le dernier jour. L’unité, la détermination, la compréhension et la créativité, cherchant tout lieu possible où les forces de l’obscurité puissent être tenues à distance, c’est le seul moyen par lequel nous pourrons tous survivre cette menace qui avance et qui est contre tous.

TRANSCRIPTION originale de l’anglais par Selçuk Balamir
Traduction française par kimono

Source: http://soundcloud.com/futureperfectfestival/julian-assange-on-activism-at
Plus d’infos sur le blog relatif à l’article: http://2012.futureperfect.se/activism-assange

Ciaron O’Reilly, garde du corps de Julian Assange et militant pacifiste


Ciaron O’Reilly, garde du corps de Julian Assange et militant pacifiste

Nous avons pu parlé avec Ciaron O’Reilly, un des deux gardes du corps volontaires de Julian Assange, mardi 21 août 2012, devant l’ambassade d’Equateur, deux jours après son discours et l’accord de l’asile politique. Revenu d’Australie, Ciaron O’Reilly s’est installé désormais à Londres pour défendre et soutenir Julian Assange, qui est pour lui, en quelque sorte, un symbole de paix et de lutte contre les injustices de la guerre, des injustices qu’il a lui-même vécues pendant la Guerre en Irak, dans les années 90, comme il nous le raconte. Ciaron est un militant de la paix, et son combat tout comme celui de Julian Assange, est de dénoncer la guerre. Originaire du Queensland, où Julian Assange est également né, Ciaron explique dans cette vidéo « avoir passé 30 mois en prison pour avoir désarmé un bombardier B-52 au début de la Guerre en Irak, en 1991 », autrement dit la Guerre du Golfe (1990-1991). Ciaron O’Reilly explique que la Guerre du Golfe n’était que la première étape de cette guerre qui dure depuis 20 ans, une guerre où les sanctions permettent et justifient aux yeux des Etats les bombardements.

Le conflit au Moyen-Orient dure depuis 20 ans

Selon Ciaron O’Reilly, le conflit actuel au Moyen-Orient se situe dans la continuité de ce qui s’est passé en 1990-1991. Le conflit s’est même étendu, comme on le sait, il concerne des pays comme la Syrie, où des milliers de personnes sont mortes ces derniers mois, et il pourrait désormais s’étendre à l’Iran. On retrouve l’idée que les sanctions, sans doute, vont justifier des bombardements et une intervention militaire des Etats, mais comment l’éviter ? La seule chose à espérer est qu’il n’y aura pas d’intervention militaire en Iran, car le même scénario qu’en Syrie pourrait se répéter : des milliers de civils tués, des milliers de femmes et d’enfants victimes des bombardements, des infrastructures et une économie détruites, tout un pays à reconstruire. C’est cela, la guerre. Avant d’apporter quoi que ce soit, comme les Etats prétendent qu’elle est utile, rappelons que la guerre est avant tout une destruction, un anéantissement, une mise à mort de milliers de civils innocents, dans des conflits injustifiés qui pourraient trouver une issue diplomatique ou se résoudre par le dialogue, par un effort réel de communication, par une volonté commune. Ciaron O’Reilly considère que « Julian Assange et Bradley Manning sont tous deux des prisonniers politiques, parce qu’ils ont dénoncé la vraie nature de la Guerre en Irak, et cette guerre dure depuis 20 ans », si on prend comme point de départ l’année 1990, début de la Guerre du Golfe. Les conflits dans cette région du monde durent depuis 20 ans et des millions de personnes sont mortes, « principalement des femmes et des enfants », explique Ciaron O’Reilly. « Ils ont tué des millions d’enfants de moins de 5 ans. » C’est sans doute d’avoir vu cette atrocité de la guerre et ces crimes qui ont fait de Ciaron un militant si dévoué à la cause pacifiste et à la dénonciation de toute forme de guerre.

Julian Assange et Bradley Manning sont tous deux en détention

« Julian Assange et Bradley Manning sont en détention, des formes différentes de détention » pour avoir dénoncé la même chose, la Guerre en Irak. « Ils ne sont pas les seuls à être emprisonnés et torturés. Des milliers et des milliers de gens sont torturés. » Bradley Manning, soupçonné d’être à l’origine des fuites de WikiLeaks, paie déjà d’un lourd tribut le fait d’avoir dénoncé la guerre. « Bradley, bien sûr, est torturé. » Il est en prison à l’heure actuelle et son procès en cours martiale commencera en février, mais beaucoup redoutent pour lui la peine de mort. Et pourtant son combat était aussi de dénoncer la guerre, et avec elle, les crimes de guerre. Des milliers de gens sont contre la guerre, dans tous les pays, et on se demande finalement pourquoi tant de conflits perdurent sur la planète, alors que la majorité des peuples voudraient simplement la paix. Et ce que vit aujourd’hui Julian Assange est aussi « une forme de détention », ajoute-t-il, lié sans doute à ce qu’il a dénoncé aussi l’injustice de la guerre, « et c’est important d’être là pour soutenir Julian Assange ». Cette persécution d’un homme qui défend la paix est intolérable et injustifiable. Réfugié dans l’ambassade d’Equateur, Julian Assange a déjà passé plus d’un an en résidence surveillée, avec un bracelet électronique à son pied. Ainsi, sans jugement, la situation qu’il vit au quotidien s’apparente déjà à une forme de détention, à un emprisonnement, et à vrai dire, ce qu’il a vécu nécessiterait qu’on l’acquitte en Suède de toute charge contre lui et qu’on le laisse retrouver sa liberté, au nom du combat pour la paix.

Ecrit par kimono

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