L’achat du silence: Comment le ministère des Affaires étrangères saoudien contrôle les médias arabes (WikiLeaks)

Obama Saudi ArabiaLundi, l’Arabie saoudite a célébré la décapitation de son 100ème prisonnier, cette année. L’histoire n’était présente nulle part dans les médias arabes, même si l’histoire a circulé dans les services de presse. Même les médias internationaux ont été relativement muets sur cet épisode, par rapport à ce que cela aurait été si cela avait concerné un pays différent. Comment une histoire comme celle-ci a pu passer inaperçue?

La publication par WikiLeaks, aujourd’hui, des « Câbles saoudiens » provenant du ministère saoudien des Affaires étrangères montre comment cela est fait.

Le royaume riche en pétrole de l’Arabie saoudite et sa famille régnante adoptent une approche systématique pour maintenir une image positive du pays sur la scène internationale. La plupart des gouvernements du monde entier se livrent à des campagnes de relations publiques pour repousser les critiques et bâtir des relations dans les lieux influents. L’Arabie Saoudite contrôle son image par la surveillance et l’achat d’allégeances depuis l’Australie jusqu’au Canada et partout ailleurs.

Les documents révèlent les vastes efforts pour surveiller et coopter les médias arabes, en veillant à corriger tout écart dans la couverture régionale de l’Arabie saoudite et les questions qui y sont liées. La stratégie de l’Arabie saoudite pour coopter les médias arabes prend deux formes, correspondant à l’approche de la «carotte et du bâton», mentionnée dans les documents comme «neutralisation» et «confinement». L’approche est personnalisée en fonction du marché et des médias en question.

Lire la suite du communiqué: https://wikileaks.org/saudi-cables/buying-silence

Les 8 théories de la conspiration gouvernementale. Conspiration #8: Le gouvernement manipule les médias

La vérité: De 1948 à 1972, plus de 400 journalistes ont secrètement effectué des missions pour la CIA.

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Si vous pensez que la propagande sur les chaînes d’information aujourd’hui est mauvaise, imaginez ce que ce serait si la CIA avait toujours dirigé le navire. Dans le cadre de l’Opération Mockingbird, les doigts collants de la CIA ont touché à plus de 300 journaux et magazines, dont le New York Times, Newsweek, et le Washington Post.

Plus de 400 journalistes étaient de mèche avec la CIA. Ils ont promu le point de vue de l’agence et ont fourni des services: l’espionnage dans des pays étrangers, la collecte de renseignements, et la publication de rapports rédigés par l’agence. Parfois, le chef de la CIA, Frank Wisner, a commandé aux journalistes d’écrire des articles pro-gouvernementaux dans le pays et à l’étranger. Et, comme si la propagande de la CIA ne suffisait pas, l’agence a également versé aux éditeurs de garder des pièces anti-gouvernementales hors des publications de presse. Les journalistes ayant des liens avec la CIA ont également planté de faux renseignements dans les rédactions, afin que des journalistes sans liens les prennent et écrivent à ce sujet.

La CIA faisait équipe avec des journalistes, parce que de nombreux journalistes ont eu des liens forts à l’étranger. Un journaliste faisant des rapports depuis l’étranger pouvait recueillir des informations que la CIA ne pouvait pas recueillir, et il pouvait planter de la meilleure propagande, également.

Même si une audience du Congrès dans les années 1970 a mis fin aux emplois à l’intérieur, Big Brother manipule encore et toujours d’autres marchés. En 2005, le gouvernement a dépensé 300 millions $ pour placer des messages pro-américains dans les médias étrangers points-une tentative d’entraver les extrémistes et d’influencer le soutien.

Source: http://mentalfloss.com/article/33497/8-government-conspiracy-theories-and-how-they-could-be-right

Makaila Nguebla: « Mobiliser la jeunesse africaine contre les dictatures en Afrique »

Makaila NgueblaPhoto: Makaila Nguebla a reçu l’asile politique en France le 11 juillet 2013

Mercredi 24 juillet 2013, par Assanatou Baldé

Après avoir été expulsé du Sénégal, où il s’était réfugié depuis 2005, il a séjourné en Guinée. Le célèbre blogueur tchadien, Makaila, très critique à l’égard du régime d’Idriss Déby, a finalement obtenu son visa pour la France, où il a atterri vendredi 12 juillet. Dans son nouveau moment de répit, il raconte à Afrik.com son long périple pour la liberté.

« Makaila » peut désormais souffler ! Il en a fait du chemin avant d’atterrir en France, après avoir obtenu son visa. Vêtu d’une chemise bleu clair, assortie d’une veste bleu marine, il sort fièrement son récépissé de sa sacoche, qui contient une tonne de documents. « Vous voyez, c’est ce récépissé qui m’a permis d’être là aujourd’hui », dit-il fièrement, de sa voix posée. La bataille a été longue pour que le blogueur tchadien, honni par Idriss Déby qui veut toujours sa peau, puisse trouver sa nouvelle terre d’accueil. Il est encore marqué par son expulsion du Sénégal, où il s’était réfugié depuis 2005, pour fuir l’oppression du régime tchadien, qui le traquait, avant d’être conduit à Conakry. Encore ému, il tient constamment à remercier tous ceux qui l’ont soutenu. « Jusqu’en Espagne, des gens ont pleuré quand ils ont su que j’avais obtenu mon visa. Même au Sénégal, j’avais un solide comité de soutien. Des ONG comme Reporter sans frontières m’ont aussi prêté main forte. » Mais pas le temps de se dormir sur ses lauriers. Makaila pense déjà à ses projets: poursuivre coûte que coûte son combat pour un Tchad libre, qui briserait enfin la dictature installée par Idriss Déby, depuis bientôt un quart de siècle!

Afrik.com: Vous attendiez-vous à ce que la France vous délivre aussi rapidement un visa, sachant qu’elle entretient des liens très étroits avec le régime de Déby? N’est-ce pas paradoxal?
Makaila Nguebla:
Personne ne s’attendait en effet à ce que j’obtienne le visa aussi rapidement. J’ai été le premier surpris. Mais je pense que la France doit se racheter par rapport à sa politique tchadienne. Je pense que c’est ce qu’elle tente de faire. Je pense aussi que la France ne s’attendait pas à ce qu’un blogueur soit aussi médiatisé. C’est un message que la France a envoyé à Idriss Déby pour dire: « même si on te soutient, on est très regardant par rapport aux Droits de l’Homme et respect des libertés individuelles ». C’est un signal fort.

Afrik.com: D’autres pays aussi comme l’Espagne vous ont proposé l’asile politique. Pourquoi avez-vous choisi la France, alors que vous êtes très critique envers elle par rapport aux liens étroits qu’elle entretient avec le régime de Déby?
Makaila Nguebla:
Oui effectivement l’Espagne, où j’avais un très grand comité de soutien, était prête à m’accueillir. Mais ici en France aussi je dispose de beaucoup de soutiens, notamment des amis et un grand réseau. Sans compter que de nombreux responsables politiques comme le député Noël Mamère, Pascal Canfin, le ministre français délégué au Développement, Gilles Yabi, Patrick Farbiaz, ou encore l’ex-rédacteur en chef de la Lettre du Continent, Antoine Glaser m’ont tous soutenu et ont fait pression pour que les autorités françaises m’octroient le visa. Si la France s’obstinait à refuser de me donner le visa, cela n’aurait pas été bon pour son image, elle qui affirme défendre les Droits de l’Homme, sachant que j’ai été expulsé injustement du Sénégal. Et puis mon affaire a été tellement médiatisé, grâce à la pression des ONG et politiques qui m’ont soutenu, qu’au final, la France n’avait plus le choix que de me donner l’asile politique.

Afrik.com: Pouvez-vous nous raconter ce qui s’est réellement passé au Sénégal où vous avez été violemment expulsé ?
Makaila Nguebla:
Mon blog très critique à l’égard d’Idriss Déby est à l’origine de ma mésaventure au Sénégal. Lorsque le ministre de la Justice du Tchad s’est rendu au Sénégal dans le cadre du partenariat entre les deux pays sur le dossier Hissène Habré, il a demandé à Macky Sall de se pencher sur mon cas pour me régler mon compte. A la suite de l’intervention du ministre de la Justice tchadien, j’ai été convoqué par les autorités sénégalaises. On m’a interrogé. Puis on a réceptionné tous les mails des gens qui étaient en contact avec moi, notamment de nombreux journalistes. Et on m’a accusé d’incitation à la violence au Tchad via mon blog. On m’a ensuite proposé de m’expulser vers le Mali sans même me conduire devant un juge. Je leur ai dit que ce n’est pas possible que je me rende au Mali, car l’armée tchadienne combat là-bas et que si elle met la main sur moi, elle pourrait me renvoyer au Tchad, où ma vie serait en danger. Finalement, j’ai atterri à Conakry, où une maman m’a vu en train de pleurer dans l’avion. Elle m’a consolé et proposé de m’héberger chez elle.

Afrik.com: Comment expliquez-vous cet acharnement des autorités sénégalaises à votre encontre ?
Makaila Nguebla:
Depuis l’intervention au Mali des troupes tchadiennes, l’aura de Déby s’est agrandi dans la sous-région. Il a tous les chefs d’Etat dans sa poche! Ce qui est regrettable dans cette histoire, c’est que le Président Macky Sall ait obéi aux ordres de Déby. Cette affaire a donné une mauvaise image au Sénégal qui est considéré comme un modèle de démocratie en Afrique. Idriss Deby a profité du déploiement des troupes tchadiennes au Mali pour redorer son image en Afrique. Le régime de Déby avait déjà approché Abdoulaye Wade sur mon cas, lui demandant de fermer mon blog en 2010. Mais Abdoulaye Wade a refusé, affirmant qu’il est juriste. Il a dit à Deby: « Makaila est venu au Sénégal légalement. Je ne fermerai pas son blog. Si tu veux le faire fais-le ailleurs, mais ce sera pas au Sénégal! »

Afrik.com: Que reprochez-vous au juste à Idriss Déby?
Makaila Nguebla:
Je lui reproche son éternité à la tête du pays. Cela va bientôt faire un quart de siècle qu’il est au pouvoir, c’est trop. Je dénonce aussi son accession au pouvoir par les armes, son maintien au pouvoir par les armes, sa gestion calamiteuse et clanique du régime. Idriss Déby a une gestion familiale du régime. Tout tourne autour de lui. Il utilise les richesses du pays comme bon lui semble, et les redistribue seulement à ses proches, alors que le peuple tchadien lui vit dans la misère. Je lui reproche aussi la confiscation des libertés, le déficit démocratique au Tchad. L’armée est clanisée. Le peuple est pris en otage car aucune manifestation n’est autorisée. Ceux qui osent manifester risquent la mort, car les forces de l’ordre peuvent intervenir à tout moment pour les réprimer. Il n’y a pas d’alternance dans le pays, les postes stratégiques sont gérés par la famille de Déby. Malheureusement les médias parlent très peu du Tchad, des violations des libertés dans le pays. Les puissances étrangères ne sanctionnent pas Déby, car ils se disent que le Tchad est le plus stable pays de l’Afrique centrale, donc tout va bien. Or, le peuple tchadien souffre beaucoup.

Afrik.com: Maintenant que vous avez recouvré la liberté, quels sont vos projets?
Makaila Nguebla:
Mettre en place une plateforme pour mobiliser toute la jeunesse africaine contre les dictatures et injustices en Afrique. Nous allons utiliser internet, car aujourd’hui l’Afrique est de plus en plus connectée. Beaucoup de personnes ont été arrêtées à cause de moi, après m’avoir apporté leur soutien. De nombreuses personnes, s’opposant au régime de Déby, sont emprisonnées dans des conditions effroyables au Tchad. Il est temps de mettre un terme à l’arbitraire et l’oppression en Afrique. Pour cela, les Africains doivent se mobiliser et lutter ensemble pour la liberté et la démocratie sur le continent.

Source: http://www.afrik.com/makaila-nguebla-mobiliser-la-jeunesse-africaine-contre-les-dictatures-en-afrique

Voir le blog de Makaila: http://makaila.over-blog.com/

Suivre Makaila sur Twitter: https://twitter.com/Makbololo

Makaïla, Dakar

Anonymous essaie de déclencher le Printemps Africain et de faire tomber les dictateurs

Anonymous AfricaPar Joseph Hughes, le 23 juillet 2013

« Le printemps africain est arrivé. A bas les dictateurs! Cette fois pour l’Afrique! » (Anonymous Afrique)

Le groupe hacktiviste Anonymous envisage d’étendre ses opérations sur le continent africain, dans un effort pour destituer les dirigeants politiques corrompus. Le groupe international est tristement célèbre pour avoir fermé des sites Web du gouvernement des États-Unis à la Corée du Nord. La nouvelle branche d’Anonymous est active depuis juin et a été responsable de la fermeture de près de 50 sites internet différents du gouvernement sud-africain, y compris celui du parti au pouvoir, le Congrès National Africain [African National Congress, ANC].

Le blog du groupe a notamment dénoncé les actions du président du Zimbabwe Robert Mugabe, ainsi que la monarchie autoritaire oppressive du Swaziland. Le groupe a récemment ciblé des agences de presse zimbabwéenne pour avoir fait l’éloge notoire du président Robert Mugabe. Le Zimbabwe se prépare actuellement pour une élection présidentielle qui a été critiquée par la communauté internationale pour avoir été truquée. Anonymous Afrique a également cité ce qu’ils désignent comme l’un des «génocides non-dit de l’Afrique » dans lequel 20.000 personnes ont été tuées.

Le président Mugabe est au pouvoir depuis l’indépendance du Zimbabwe en 1963 et a toujours refusé de céder le pouvoir. Human Rights Watch a mis en garde contre d’éventuelles violences électorales si les choses ne changent pas dans le pays.

Le mouvement, bien que noble, pourrait se révéler faire plus de mal que de bien. L’Afrique est connue pour les violences post-électorales (voir le Mali, le Kenya, le Zimbabwe pour ne citer qu’eux). La rébellion à grande échelle du Printemps Arabe pourrait conduire à encore plus d’instabilité et de violence sur une échelle massive. Les gouvernements africains n’ont tout simplement pas les capacités de construire de nouveaux gouvernements à partir de la base émanant du haut de la rébellion politique. Si Anonymous veut vraiment faire la différence, il faut y aller doucement et examiner les conséquences de ses actions.

Source: http://www.policymic.com/articles/56041/anonymous-attempts-to-spark-african-spring-and-bring-down-the-dictators

“Au Brésil, six familles contrôlent 70% de l’information” dit le fondateur de Wikileaks

Non à la corruption, protestation au Brésil

Folha de Maringá (Brésil)

Réfugié à l’ambassade d’Équateur à Londres, Julian Assange, le fondateur de Wikileaks, a reçu le journaliste Jamil Chade, correspondant de l’Estado de São Paulo, pour parler du livre Cypherpunk, Liberté et futur d’Internet. Dans l’interview, Assange dit que l’un des principaux problèmes en Amérique Latine est la concentration des médias. “Au Brésil, six familles contrôlent 70% de l’information”.

Voici les principaux extraits de la conversation :

Le web comme arme

La technologie produit le pouvoir, au point que l’histoire de la civilisation humaine est l’histoire du développement des diverses armes de types différents. Par exemple, lorsque les fusils étaient les armes dominantes, ou les navires de guerres ou encore les bombes atomiques. Depuis 1945, les relations entre les supers puissances étaient définies par qui possédait l’arme atomique. Aujourd’hui, internet a redéfini les relations de forces auparavant définies par les armes. Toutes les sociétés qui ont un développement technologique, qui sont des sociétés influentes, se sont fondues dans l’internet. Il n’y a donc plus de séparation entre la société, les individus, les Etats et internet. Internet est aujourd’hui le fondement de la société et connecte les Etats au delà des frontières. La connaissance est le pouvoir.

Surveillance globale

La communication entre individus se fait par internet. Les systèmes de téléphonie sont sur internet, les banques et les transactions utilisent internet. Nous mettons nos pensées les plus intimes sur internet, des détails comme des conversations entre mari et femme et même notre localisation géographique. Enfin, tout est exposé sur internet. Cela signifie que les groupes qui agissent dans la surveillance des masses s’approprient une énorme connaissance. Cela est le plus grand vol de l’histoire.

Google et Facebook

Google sait ce que vous pensez, et sait ce que vous pensiez auparavant, car lorsque vous cherchez des informations, vous utilisez Google. Les sites qui ont Google Adds, c’est à dire tous les sites, enregistrent votre visite. Google sait quels sont les sites que vous avez visités, il sait tout ce que vous avez cherché. Il vous connait mieux que vous même. Vous savez ce que vous avez cherché il y a deux jours ? Non. Mais Google le sait. Certains disent que Google ne cherche qu’à vendre de la publicité. Mais en réalité, toutes les agences d’intelligence des États-Unis ont accès aux données de Google. Ils ont eu accès à ces données dans notre cas. (…) Des pays comme l’Islande ont une pénétration sur Facebook de 88%. Même si vous n’êtes pas sur Facebook, votre frère y est et parle de vous.

L’utilisation par la CIA

Les gens veulent partager quelque chose avec leurs amis et les amis de leurs amis, mais pas avec la CIA. Les gens sont trompés.

Concentration des médias

[Rafael Correa, le président de l’Équateur] devrait attaquer plus. La première responsabilité de la presse est la précision et la vérité. Le grand problème en Amérique Latine est la concentration des médias. Il y a six familles qui contrôlent 70% de la presse au Brésil, mais le problème est bien pire dans divers autres pays. En Suède, 60% de la presse sont contrôlés par un éditeur. En Australie, 60% de la presse écrite sont contrôlés par (Ruppert) Murdoch. Donc, lorsque nous parlons de liberté d’expression, nous devons inclure la liberté de distribution, une des choses les plus importantes qu’internet nous a données.

Des révélations sur le Brésil

Oui. Nous publierons beaucoup sur le Brésil cette année.

Traduction par Chico Libri

Source: http://raoni.com/actualites-562.php

http://www.folhademaringa.com.br/no-brasil-seis-familias-controlam-70-da-informacao-diz-fundador-do-wikileaks/#!prettyPhoto

Image: http://agenciabrasil.ebc.com.br/galeria/2012-04-21/movimento-brasil-contra-corrupcao-grupo-apartidario-realiza-marcha-contra-corrupcao-na-esplanada-dos-

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