Lutte anti-corruption en Ukraine (reportage France 24)

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Un témoin clé de la Fondation Clinton a accepté de témoigner dans une cour de justice contre Hillary Clinton

Explore the world via The Sean Hannity Show, 18 août 2016

L’auteur américain Ed Klein a révélé qu’un témoin clé de la Fondation Clinton a accepté de témoigner devant un tribunal de justice contre Hillary Clinton, alors que l’enquête du « pay-to-play » continue de monter son affaire contre elle. S’exprimant sur The Sean Hannity Show, Klein a déclaré qu’Hillary Clinton est sur le point de faire face à certaines de ses questions juridiques les plus difficiles à ce jour.

Les rapports sur les ennuis judiciaires de la fondation ont commencé la semaine dernière, quand The Daily Caller a communiqué qu’une enquête conjointe du FBI et du procureur américain concernant la Fondation Clinton était actuellement en cours. L’accusation est appuyée par un certain nombre de courriels récemment publiés par Judicial Watch, qui suggèrent que la Fondation Clinton s’est engagée dans « pay-to-play » quand Hillary Clinton était secrétaire d’État.

« Nous sommes loin de voir Hillary Clinton glisser à la Maison Blanche, sans avoir de sérieux et réels problèmes juridiques avant cette élection », a déclaré Klein à Hannity.

Lors de son interview, Klein, auteur du livre à paraître Guilty As Sin, a laissé tomber un certain nombre de bombes:

– Klein a confirmé que l’enquête en cours est menée par Preet Bharara, procureur américain du district sud de New York. Bien qu’il ait été nommé par Barack Obama, Bharara est connu comme avocat à la réputation impitoyable et il a les faits pour le prouver. Bharara a poursuivi avec succès des dizaines de cadres de Wall Street et des politiciens puissants, y compris l’ex-président de l’Assemblée démocrate de New-York, Sheldon Silver, qui a été envoyé en prison pour 12 ans sur des accusations de corruption fédérale.

Lire la suite: http://iwanttoexplore.com/2016/08/19/key-clinton-foundation-witness-agreed-testify-court-law-hillary-clinton/ et http://www.hannity.com/articles/election-493995/bombshell-clinton-foundation-witnesses-coming-forward-15023820/

WikiLeaks: La nouvelle guerre sale pour l’uranium et les minerais d’Afrique

carteareva-ffb52Ce vendredi 5 février à 08h30, WikiLeaks publie une collection de documents révélant une guerre indigne pesant des milliards de dollars menée par des entreprises occidentales et chinoises pour s’emparer des droits d’exploitation minière -uranium et autres- en République centrafricaine, en évitant de payer pour les conséquences environementales. Parmi les centaines de pages de cette publication figurent les cartes détaillées des exploitations minières, ainsi que des contrats miniers avec commissions illégales et les rapports secrets d’enquête. Ces documents sont convoités par les enquêteurs sur ces fraudes. En décembre 2015, une enquête judiciaire a démarré contre Areva, soupçonnée de corruption liée à l’achat pour 1.8 milliard d’Euros en 2007 de trois mines d’uranium.

Lire la suite du communiqué: https://wikileaks.org/car-mining/index.fr.html

Areva et le scandale Uramin: https://wikileaks.org/car-mining/index.fr.html#areva

Wikileaks accuse le groupe français Areva de graves négligences en Centrafrique (RT): https://francais.rt.com/france/15220-wikileaks-accuse-areva-negligences

Pour se préparer à rejoindre les guerres américaines, le Japon démantèle la liberté de la presse

Freedom of the Press Foudation, le 10 décembre 2015, Par Jon Mitchell

800px-Shinzo_Abe_with_Obama_laughing_2014En 2010, le Japon a été classé #11 à l’index Reporters sans Frontières de la liberté de la presse mondiale. En Février 2015, ce nombre avait chuté à #61 – et l’année prochaine, il sera probablement encore plus bas.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2012, le Premier ministre Shinzo Abe et son Parti démocratique libéral se sont lancés dans une guerre d’usure contre les libertés de la presse au Japon.

Les agressions ont inclus: l’intégration des néo-nationalistes à des postes clés de la chaîne de diffusion publique, NHK; la profération de menaces voilées contre des réseaux de télévision dont la couverture critique du gouvernement pourrait leur coûter leur licence de radiodiffusion; et l’acusation envers un journaliste allemand – qui avait écrit à propos du révisionnisme historique du Premier ministre [Shinzo] Abe – d’avoir accepté un pot de vin en provenant de la Chine.

Cette semaine, David Kaye, Rapporteur spécial de l’ONU sur la liberté d’opinion et d’expression, a été programmé pour une visite à Tokyo – un voyage qui aurait attiré l’attention internationale sur la répression des médias par le gouvernement japonais. Mais au dernier moment, les responsables du gouvernement japonais ont annulé son voyage affirmant qu’ils étaient trop occupés pour le rencontrer.

Le LDP [Parti Libéral-Démocrate] est particulièrement soucieux d’éviter un examen de la loi sur les secrets d’État qu’il s’est précipité de faire passer au parlement à la fin de 2013.

800px-Abe_Bush_Heiligendamm_G8_2007_002La loi donne libre cours au gouvernement japonais de classer comme secret d’État toute information relative à la sécurité et à la diplomatie – avec aucun contrôle indépendant. L’information peut rester classée pour une période indéfinie, y compris ce qui concerne les rapports relatifs aux triples fusions à la centrale nucléaire de Fukushima.

Selon la nouvelle loi, les lanceurs d’alerte du gouvernement peuvent être emprisonnés pour 10 ans, tandis que les membres des médias publiant des informations font face à 5 ans d’emprisonnement; les journalistes étrangers – comme moi – vont probablement être expulsés.

Conscient que l’avenir de leur liberté de la presse était en jeu, le public japonais – environ 80% d’entre eux s’opposent à la loi – ont organisé certaines des plus grandes manifestations vues ici depuis des décennies.

Des directeurs de journaux, journalistes, éditeurs et avocats ont dénoncé la loi comme une atteinte à la liberté de la presse protégée par la Constitution du Japon. Reporters Sans Frontières a déclaré: « le parlement rend le journalisme d’investigation illégal, et bafoue les principes fondamentaux de la confidentialité des sources des journalistes et de ‘l’intérêt public' ».

L’opposition à la Loi sur les secrets d’Etat a été unanime – à une exception près: les Etats-Unis.

Peu de temps après l’adoption de la loi, l’ambassadrice américaine au Japon, Caroline Kennedy, a exprimé l’approbation de Washington:

Nous soutenons l’évolution des politiques de sécurité du Japon, car elles créent une nouvelle stratégie de sécurité nationale, établissent un Conseil de sécurité nationale, et prennent des mesures pour protéger les secrets de la sécurité nationale.

Pendant de nombreuses années, les maîtres du Japon à Washington ont pressé Tokyo d’introduire une législation répressive pour protéger les secrets concernant l’alliance de sécurité nippo-américaine. Plus particulièrement, Richard Armitage et Joseph Nye ont inclus ces lois sur leur liste de souhaits dans le rapport 2012 du CSIS [Center for Strategic and International Studies] sur l’alliance américano-japonaise.

Une telle ingérence du gouvernement américain dans la politique intérieure japonaise n’a rien de nouveau; la CIA a fourni de l’argent au LDP au cours des années 1950 et ’60 pour s’assurer un allié servile dans la région. Au cours des dernières années, cette pression a augmenté avec les exhortations de Washington à plusieurs reprises pour que le Japon permette aux membres de ses Forces d’autodéfense de se joindre aux guerres sans fin de l’Amérique au Moyen-Orient.

Lire l’intégralité de l’article: https://freedom.press/blog/2015/12/preparation-join-us-wars-japan-dismantles-freedom-press

Les SpyCables déchiffrés: Épisode Un

Al Jazeera, 27 février 2015

Les SpyCables ont fait les titres de l’actualité dans le monde entier – et ont été décrits comme massifs et sans précédent dans les journaux d’aussi loin que la Chine comme en Amérique du Sud.

LES SPYCABLES

Une fuite de centaines de documents secrets du renseignement [provenant] des agences du monde entier, offrant un aperçu sur le monde trouble de l’espionnage. L’Unité d’Enquête d’Al Jazeera publie une sélection de documents et des histoires qu’ils contiennent.

La preuve que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a induit en erreur les Nations Unies comme informations importantes dans un certain nombre de pays. Le désir de la CIA de discuter avec le Hamas; la surveillance du responsable de Greenpeace; un complot visant à tuer le chef de l’Union africaine; tout a retenu l’attention mondiale.

Dans la première des deux émissions, nous évaluons l’impact de la publication par Al Jazeera de centaines de documents classifiés – allant de confidentiels à top secret – la fuite la plus vaste de documents du renseignement jamais publiée.

Présentateur: David Foster

Invités:

David Maynier, à Cape Town – Membre du Parlement sud-africain et ministre adjoint dans l’opposition [chargé] de la Sécurité d’Etat.

Justice Malala, à Johannesburg – analyste politique

Ferial Haffajee, sur le plateau – éditrice de l’hebdomadaire sud-africain, The City Press

Source: http://www.aljazeera.com/programmes/2015/02/spy-cables-decoded-episode-1-leaks-150227132927972.html

Eradiquer la corruption: le grand défi de l’Union européenne

Euronews, The Network

Lire l’article: http://fr.euronews.com/2014/12/11/eradiquer-la-corruption-le-grand-defi-de-l-union-europeenne

La France, pays corrompu? (débat BFM Business)

BFM Business, 9/12/2014

Voir la 2ème partie du débat: http://www.dailymotion.com/video/x2c6or1_la-france-pays-corrompu-2-4-09-12_news

Voir la 3ème partie du débat: http://www.dailymotion.com/video/x2c6pm2_la-france-pays-corrompu-3-4-09-12_news

Voir la 4ème partie du débat: http://www.dailymotion.com/video/x2c6pny_la-france-pays-corrompu-4-4-09-12_news

Voir toutes les vidéos sur le même sujet: http://bfmbusiness.bfmtv.com/mediaplayer/video/la-france-pays-corrompu-14-0912-368878.html

Vous voulez aider l’Ukraine? Arrêtez d’accepter son argent volé

640px-Euromaidan_in_Kiev_2014-02-19_12-20Révolution en Ukraine (source: Wikimedia)

Foreign Policy, Oliver Bullough, 9 septembre 2014

Les nouveaux dirigeants de l’Ukraine espèrent nettoyer un pays qui est parmi l’un des plus corrompus dans le monde. Mais ils n’ont aucune chance si les banques occidentales continuent d’accepter l’argent volé de l’Ukraine.

Note: Cet article est une version abrégée d’un rapport détaillé publié par l’Institut Legatum et l’Institut de la Russie moderne, intitulé « Pillage de l’Ukraine: Comment l’Est et l’Ouest se sont associés pour voler un pays. »

Les journaux donnent pleins de détails sur comment la Russie sape l’Ukraine, comment le pays veut mettre son ex-colonie à genoux, de la faire plier à la volonté de Vladimir Poutine. Mais ils ne disent qu’une partie de l’histoire: l’Ukraine était déjà à genoux avant que la guerre dans l’est de l’Ukraine n’ait commencé, et c’est autant la faute des pays démocratiques de l’Occident que celle de Poutine. La Grande-Bretagne, l’Autriche, la Suisse, et le Delaware, ainsi que les « endroits ensoleillés pour des personnes cachées à l’ombre » que nous considérons comme des paradis fiscaux, ont permis aux dirigeants corrompus de l’Ukraine d’exporter de l’argent détourné et de jouir des droits de propriété occidentaux pendant des années. Les fonctionnaires ont tellement mis d’argent dans leur poche que le pays était sur le point de s’effondrer avant même que Poutine n’annexe la Crimée.

Lire la suite: http://www.foreignpolicy.com/articles/2014/09/09/want_to_help_ukraine_stop_accepting_its_stolen_cash

« Protégeons mieux les lanceurs d’alerte », quels que soient leur pays et la nature de leur combat

LE MONDE | 24.07.2013 à 20h34

Par William Bourdon (Avocat et président de Sherpa)

585px-Nasa_blue_marbleEn ce début du XXIè siècle se dressent, de véritables héros modernes, des hommes qui, bravant parfois tous les risques, semblent vouloir privilégier l’intérêt général à l’exclusion de tout intérêt personnel. Ils sont les nouveaux grands désobéissants de notre époque, ceux dont la capacité d’insurrection prolonge les fulgurances courageuses de Martin Luther King, Gandhi, pour l’émancipation de la minorité noire aux Etats-Unis et du peuple indien face à la tutelle coloniale. D’autres émancipations se mettent en mouvement aujourd’hui.

Bien sûr, il existe des nuances dans les parcours de ces hommes mais un trait d’union les regroupe dans une même confrérie, celle des grands lanceurs d’alerte qui privilégient la défense de l’intérêt supérieur à celui qui semble devoir résulter du seul respect de la loi. Des hyper-citoyens.

Tel est le destin de Paul Watson, qui fait l’objet de deux mandats d’arrêt internationaux, après avoir lancé une campagne efficace pour défendre les cétacés de l’armada militarisée des baleiniers japonais.

Tel est le destin de l’informaticien Hervé Falciani qui, écoeuré par les méthodes que la banque HSBC Genève, son employeur, a décidé de voler et de transmettre à la justice française des fichiers cryptés. Des milliers d’évadés fiscaux ont ainsi été identifiés et ces fichiers ont permis de rapporter à la France plus de 1 milliard d’euros. Une goutte d’eau si l’on peut dire en regard du potentiel qui résultera peut-être un jour de l’exploitation complète de ces fichiers qui, une fois imprimés, d’après le procureur Eric de Montgolfier, « rempliraient un train de marchandises ».

Et, plus récemment, Edward Snowden, désormais lancé dans une cavale éternelle, après avoir révélé le scandale d’espionnage Prism, a remis au centre du débat public mondial une gigantesque menace, celle d’une récolte effrayante, sournoise et insidieuse de nos données personnelles par les prouesses technologiques de l’Etat américain.

L’un défend la biodiversité. L’autre, l’idée de faire de la finance un allié de l’économie réelle et du bien-être des citoyens plutôt qu’un gigantesque gruyère de trous noirs. Enfin, le troisième défend l’un des droits de l’homme consacrés au XXè siècle, la protection de la vie privée. A cette liste s’ajoute également le soldat Bradley Manning, menacé d’une peine à perpétuité, maltraité dans les prisons américaines où il se trouve, pour avoir fourni des centaines de milliers de documents confidentiels au site WikiLeaks, qui levèrent le voile, entre autres, sur les exactions commises par l’armée américaine en Irak.

Derrière eux, un cortège d’anonymes est en train de naître partout dans le monde. Ce sont eux qui ébranlent les « kleptocrates » et secouent les illégalismes privés ou publics. Ils sont tous les acteurs, pour reprendre l’expression de Vaclav Havel, d’une « révolution existentielle ».

La France doit être à l’avant-garde de la protection des lanceurs d’alerte. Dans le champ tant public que privé. Le Parlement a retiré de la loi sur la transparence l’article qui les protégeait. Il serait indécent que leur protection ne figure pas dans le marbre de la loi, première étape d’une loi européenne qui devra s’imposer.

LE SPECTRE DE VICHY

On agite déjà le spectre de Vichy pour disqualifier ceux qui, par leur action, sont redoutablement plus efficaces que tous les échanges d’informations fiscales et bancaires dont on se glorifie aujourd’hui hâtivement. En effet, on sait qu’une partie du système bancaire a déjà un coup d’avance en externalisant certains comptes, en en opacifiant d’autres. Il pourra de bonne foi affirmer vouloir coopérer efficacement et, de mauvaise foi, laisser dans les tiroirs sans fond que permet l’informatique les informations les plus décisives.

Alors, bien sûr, face au dégoût et à la répugnance que peut inspirer la dénonciation anonyme quand elle est chargée de venin, il faut des dispositifs. C’est ce que la loi française doit prévoir ; c’est-à-dire, d’une part, une institution qui puisse filtrer au tamis la qualité des informations révélées et, d’autre part, une loi qui réprime durement les lanceurs d’alerte qui, emplis de mauvaise foi, se draperont dans l’intérêt général pour mieux frapper les intérêts privés. Cela demande imagination et adresse. Gageons que le législateur français en aura.

Entre les défenseurs d’une finance éthique ou de la biodiversité et le duo Snowden-Manning, il y a évidemment un saut, puisque les premiers sont célébrés par le plus grand nombre, tout en restant persécutés par ceux dont ils bousculent les intérêts, et les seconds sont durement criminalisés.

Les mêmes pays européens qui ont poussé des cris d’indignation face aux révélations de Snowden pactisent maintenant avec les Américains pour faire de l’espace aérien l’instrument de leur sourde complicité.

Cela n’est pas acceptable car, paradoxalement, MM. Snowden et Manning ne sont pas des traîtres, mais des hommes prêts à révéler la face sombre des Etats, et en première place des Etats-Unis.

S’agissant des questions sécuritaires, toutes les manipulations sont possibles. Et l’hyper-terrorisme, de ce point de vue, a donné un gigantesque coup de main à ceux qui sont à l’oeuvre pour organiser un contrôle de plus en plus étroit de la vie des citoyens.

Les questions posées sont infiniment complexes. Reste néanmoins que la société civile mondiale dit aujourd’hui sa colère face à l’immensité du cynisme qui défigure les bonnes consciences et les belles paroles des décideurs privés et publics.

Notre planète est menacée de toutes les plaies d’Egypte. La clandestinité est l’alpha et l’oméga de ceux qui s’enrichissent. Pour défendre leurs intérêts, ils cherchent également à museler les citoyens. Face à cette sinistre farce, ces nouveaux désobéissants se lèvent pour nous aider à ne pas laisser aux générations futures une humanité en lambeaux.

Le droit doit être leur allié et ainsi les protéger.

William Bourdon (Avocat et président de Sherpa)

Source: http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/07/24/protegeons-mieux-les-lanceurs-d-alerte_3453124_3232.html

Makaila Nguebla: « Mobiliser la jeunesse africaine contre les dictatures en Afrique »

Makaila NgueblaPhoto: Makaila Nguebla a reçu l’asile politique en France le 11 juillet 2013

Mercredi 24 juillet 2013, par Assanatou Baldé

Après avoir été expulsé du Sénégal, où il s’était réfugié depuis 2005, il a séjourné en Guinée. Le célèbre blogueur tchadien, Makaila, très critique à l’égard du régime d’Idriss Déby, a finalement obtenu son visa pour la France, où il a atterri vendredi 12 juillet. Dans son nouveau moment de répit, il raconte à Afrik.com son long périple pour la liberté.

« Makaila » peut désormais souffler ! Il en a fait du chemin avant d’atterrir en France, après avoir obtenu son visa. Vêtu d’une chemise bleu clair, assortie d’une veste bleu marine, il sort fièrement son récépissé de sa sacoche, qui contient une tonne de documents. « Vous voyez, c’est ce récépissé qui m’a permis d’être là aujourd’hui », dit-il fièrement, de sa voix posée. La bataille a été longue pour que le blogueur tchadien, honni par Idriss Déby qui veut toujours sa peau, puisse trouver sa nouvelle terre d’accueil. Il est encore marqué par son expulsion du Sénégal, où il s’était réfugié depuis 2005, pour fuir l’oppression du régime tchadien, qui le traquait, avant d’être conduit à Conakry. Encore ému, il tient constamment à remercier tous ceux qui l’ont soutenu. « Jusqu’en Espagne, des gens ont pleuré quand ils ont su que j’avais obtenu mon visa. Même au Sénégal, j’avais un solide comité de soutien. Des ONG comme Reporter sans frontières m’ont aussi prêté main forte. » Mais pas le temps de se dormir sur ses lauriers. Makaila pense déjà à ses projets: poursuivre coûte que coûte son combat pour un Tchad libre, qui briserait enfin la dictature installée par Idriss Déby, depuis bientôt un quart de siècle!

Afrik.com: Vous attendiez-vous à ce que la France vous délivre aussi rapidement un visa, sachant qu’elle entretient des liens très étroits avec le régime de Déby? N’est-ce pas paradoxal?
Makaila Nguebla:
Personne ne s’attendait en effet à ce que j’obtienne le visa aussi rapidement. J’ai été le premier surpris. Mais je pense que la France doit se racheter par rapport à sa politique tchadienne. Je pense que c’est ce qu’elle tente de faire. Je pense aussi que la France ne s’attendait pas à ce qu’un blogueur soit aussi médiatisé. C’est un message que la France a envoyé à Idriss Déby pour dire: « même si on te soutient, on est très regardant par rapport aux Droits de l’Homme et respect des libertés individuelles ». C’est un signal fort.

Afrik.com: D’autres pays aussi comme l’Espagne vous ont proposé l’asile politique. Pourquoi avez-vous choisi la France, alors que vous êtes très critique envers elle par rapport aux liens étroits qu’elle entretient avec le régime de Déby?
Makaila Nguebla:
Oui effectivement l’Espagne, où j’avais un très grand comité de soutien, était prête à m’accueillir. Mais ici en France aussi je dispose de beaucoup de soutiens, notamment des amis et un grand réseau. Sans compter que de nombreux responsables politiques comme le député Noël Mamère, Pascal Canfin, le ministre français délégué au Développement, Gilles Yabi, Patrick Farbiaz, ou encore l’ex-rédacteur en chef de la Lettre du Continent, Antoine Glaser m’ont tous soutenu et ont fait pression pour que les autorités françaises m’octroient le visa. Si la France s’obstinait à refuser de me donner le visa, cela n’aurait pas été bon pour son image, elle qui affirme défendre les Droits de l’Homme, sachant que j’ai été expulsé injustement du Sénégal. Et puis mon affaire a été tellement médiatisé, grâce à la pression des ONG et politiques qui m’ont soutenu, qu’au final, la France n’avait plus le choix que de me donner l’asile politique.

Afrik.com: Pouvez-vous nous raconter ce qui s’est réellement passé au Sénégal où vous avez été violemment expulsé ?
Makaila Nguebla:
Mon blog très critique à l’égard d’Idriss Déby est à l’origine de ma mésaventure au Sénégal. Lorsque le ministre de la Justice du Tchad s’est rendu au Sénégal dans le cadre du partenariat entre les deux pays sur le dossier Hissène Habré, il a demandé à Macky Sall de se pencher sur mon cas pour me régler mon compte. A la suite de l’intervention du ministre de la Justice tchadien, j’ai été convoqué par les autorités sénégalaises. On m’a interrogé. Puis on a réceptionné tous les mails des gens qui étaient en contact avec moi, notamment de nombreux journalistes. Et on m’a accusé d’incitation à la violence au Tchad via mon blog. On m’a ensuite proposé de m’expulser vers le Mali sans même me conduire devant un juge. Je leur ai dit que ce n’est pas possible que je me rende au Mali, car l’armée tchadienne combat là-bas et que si elle met la main sur moi, elle pourrait me renvoyer au Tchad, où ma vie serait en danger. Finalement, j’ai atterri à Conakry, où une maman m’a vu en train de pleurer dans l’avion. Elle m’a consolé et proposé de m’héberger chez elle.

Afrik.com: Comment expliquez-vous cet acharnement des autorités sénégalaises à votre encontre ?
Makaila Nguebla:
Depuis l’intervention au Mali des troupes tchadiennes, l’aura de Déby s’est agrandi dans la sous-région. Il a tous les chefs d’Etat dans sa poche! Ce qui est regrettable dans cette histoire, c’est que le Président Macky Sall ait obéi aux ordres de Déby. Cette affaire a donné une mauvaise image au Sénégal qui est considéré comme un modèle de démocratie en Afrique. Idriss Deby a profité du déploiement des troupes tchadiennes au Mali pour redorer son image en Afrique. Le régime de Déby avait déjà approché Abdoulaye Wade sur mon cas, lui demandant de fermer mon blog en 2010. Mais Abdoulaye Wade a refusé, affirmant qu’il est juriste. Il a dit à Deby: « Makaila est venu au Sénégal légalement. Je ne fermerai pas son blog. Si tu veux le faire fais-le ailleurs, mais ce sera pas au Sénégal! »

Afrik.com: Que reprochez-vous au juste à Idriss Déby?
Makaila Nguebla:
Je lui reproche son éternité à la tête du pays. Cela va bientôt faire un quart de siècle qu’il est au pouvoir, c’est trop. Je dénonce aussi son accession au pouvoir par les armes, son maintien au pouvoir par les armes, sa gestion calamiteuse et clanique du régime. Idriss Déby a une gestion familiale du régime. Tout tourne autour de lui. Il utilise les richesses du pays comme bon lui semble, et les redistribue seulement à ses proches, alors que le peuple tchadien lui vit dans la misère. Je lui reproche aussi la confiscation des libertés, le déficit démocratique au Tchad. L’armée est clanisée. Le peuple est pris en otage car aucune manifestation n’est autorisée. Ceux qui osent manifester risquent la mort, car les forces de l’ordre peuvent intervenir à tout moment pour les réprimer. Il n’y a pas d’alternance dans le pays, les postes stratégiques sont gérés par la famille de Déby. Malheureusement les médias parlent très peu du Tchad, des violations des libertés dans le pays. Les puissances étrangères ne sanctionnent pas Déby, car ils se disent que le Tchad est le plus stable pays de l’Afrique centrale, donc tout va bien. Or, le peuple tchadien souffre beaucoup.

Afrik.com: Maintenant que vous avez recouvré la liberté, quels sont vos projets?
Makaila Nguebla:
Mettre en place une plateforme pour mobiliser toute la jeunesse africaine contre les dictatures et injustices en Afrique. Nous allons utiliser internet, car aujourd’hui l’Afrique est de plus en plus connectée. Beaucoup de personnes ont été arrêtées à cause de moi, après m’avoir apporté leur soutien. De nombreuses personnes, s’opposant au régime de Déby, sont emprisonnées dans des conditions effroyables au Tchad. Il est temps de mettre un terme à l’arbitraire et l’oppression en Afrique. Pour cela, les Africains doivent se mobiliser et lutter ensemble pour la liberté et la démocratie sur le continent.

Source: http://www.afrik.com/makaila-nguebla-mobiliser-la-jeunesse-africaine-contre-les-dictatures-en-afrique

Voir le blog de Makaila: http://makaila.over-blog.com/

Suivre Makaila sur Twitter: https://twitter.com/Makbololo

Makaïla, Dakar