La chasse aux sorcières en Turquie vise désormais le personnel turc de l’OTAN

natoLes officiers de l’OTAN venant de Turquie sont devenus des demandeurs d’asile apatrides

DW, Teri Schultz, 06/12/2016

Le régime d’Erdogan vise son propre personnel de l’OTAN, accusant les hauts fonctionnaires turcs d’être des comploteurs de coup d’Etat, leur ordonnant de rentrer chez eux. Une enquête exclusive par Teri Schultz de DW.

Des dizaines d’officiers militaires turcs de haut rang précédemment affectés au siège de l’OTAN à Bruxelles et au quartier général militaire du SHAPE à Mons comptent parmi les 125 000 personnes que le président Recep Tayyip Erdogan accuse d’avoir aidé à lancer un coup d’État contre lui en juillet. Erdogan les appelle des «soldats terroristes».

Plusieurs de ces officiers ont accepté de parler avec Deutsche Welle sous couvert d’anonymat.

Ils veulent savoir si un dignitaire en visite va demander au ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, des détails sur ce qui leur arrive, comment il va les rassurer sur l’alliance que tout aller très bien sans certains de ses spécialistes les mieux formés.

Ils sont majoritairement formés en Occident, certains avec des doctorats et plusieurs masters d’universités et d’institutions américaines, avec de nombreux exercices de l’OTAN à leur acquis. Tous disent qu’ils n’avaient rien à voir avec la tentative de renversement du gouvernement Erdogan, qu’ils l’ont dénoncé immédiatement et ont continué à travailler en tant que loyaux représentants militaires du gouvernement turc. Pourtant, un par un, leurs noms apparaissent sur l’une des presque 20 listes de suspects qui ont été distribués par Ankara aux missions de la Turquie à l’étranger, généralement le vendredi soir.

Lire la suite: http://www.dw.com/en/nato-officers-from-turkey-have-turned-into-stateless-asylum-seekers/a-36655693

La Turquie remplace ses officiers pro-OTAN par des conservateurs pro-russes https://fr.express.live/2016/12/13/turquie-remplace-officiers-otan-pro-russes/

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« Pourquoi je dis que Lech Walesa est un agent des Etats-Unis, ou de la CIA, et un traître? »

Lech Walesa et George Bush père, en 1989Photo: Lech Walesa et George Bush père, saluant la foule à Gdansk, en Pologne, en 1989.

(*Note du blog: Pour resituer le contexte de cet article, Lech Walesa avait prévu de se rendre au Vénézuéla le 13 février 2009, mais suite à la décision d’Hugo Chavez, président de l’époque, son voyage a été annulé le 12 février, ainsi que les rencontres qui étaient prévues avec des militants de la société civile. Hugo Chavez avait auparavant considéré Lech Walesa comme « persona non grata » au Vénézuéla, en 2008)

Par Oscar Heck

Publié le jeudi 12 février 2009

Le commentariste de VHeadline, Oscar Heck, a écrit:

Lech Walesa a le culot de dire: « Est-ce que Chavez est fort s’il a peur de la vérité, ou s’il a peur de moi? Il n’est pas fort du tout, nous devrions le dire à nos collègues [au Vénézuéla]: n’ayez pas peur de lui, car c’est Chavez qui a peur. »

L’opposition violente du Vénézuéla a invité Lech Walesa à venir au Vénézuéla en soutien de leur « cause », mais comme nous le savons désormais Chavez a apparemment fait savoir que Lech Walesa, un agent du gouvernement US (CIA), lauréat du Prix Nobel de la Paix, et ancien leader syndical et président de la Pologne, soit ne sera pas autorisé à entrer au Vénézuéla ou alors il sera surveillé de très près.

C’est bon pour Chavez! Enfin, un leader mondial qui connaît la vérité sur les traîtres et les agents américains comme Lech Walesa, et agit sur cela sans se préoccuper de ce que disent les gens. Qui a peur de la vérité? Est-ce que Lech Walesa a peur d’être déshabillé?

Pourquoi je dis que Lech Walesa est un agent des Etats-Unis, ou de la CIA, et un traître? Je vais expliquer et apporter les preuves. Les pièces devraient bien s’ajuster ensemble.

Tout d’abord, nous allons commencer avec une organisation appelée la National Endowment for Democracy [Fondation Nationale pour la Démocratie] (en citant Wikipédia):

« La NED a été créée en 1983 par une loi du Congrès. Le Comité de la Chambre des Affaires Etrangères [House Foreign Affairs Committee] a proposé une législation pour fournir un financement initial de 31,3 millions de dollars à la NED, dans le cadre de la Loi d’Autorisation du Département d’Etat [State Department Authorization Act] (H.R. 2915). La NED fournit régulièrement des fonds pour les candidats de l’opposition aux élections dans les pays autres que les Etats-Unis. Selon Allen Weinstein, l’un des fondateurs de la NED, « Beaucoup de ce que nous [la NED] faisons aujourd’hui a été fait secrètement par la CIA il y a 25 ans » (Blum, L’Etat Voyou: Un guide de la seule superpuissance mondiale, 2000, 180p.)

La NED a principalement soutenu des candidats ayant des liens étroits avec l’armée et qui soutiennent les droits des entreprises américaines à investir dans ces pays avec un minimum de restrictions. La NED n’a pas soutenu les candidats qui s’opposent aux investissements des entreprises américaines ou qui promettent des restrictions sur les droits d’investissement des entreprises américaines.

Sur son site officiel, dans la section sur l’histoire [Origines], son lien avec la CIA est expliqué: « Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, face aux menaces visant nos alliés démocratiques et sans aucun mécanisme pour canaliser l’assistance politique, les décideurs politiques américains ont eu recours à des moyens détournés, en voyant secrètement des conseillers, de l’équipement, et des fonds pour soutenir des journaux et des partis assiégés en Europe. Quand il a été révélé, à la fin des années 60, que certaines PVO [Private Voluntarily Organizations], organisations privées américaines, recevaient un financement clandestin de la CIA pour mener des batailles d’idées sur les forums internationaux, l’Administration Johnson a conclu qu’un tel financement devait cesser, en recommandant l’établissement d’un « mécanisme public-privé » pour financer des activités ouvertement à l’étranger. »

Il y a beaucoup plus de choses sur la NED dans Wikipédia et sur de nombreux autres sites internet, y compris dans les documents publics du gouvernement US, que l’on peut trouver en cherchant un peu. Fondamentalement, la NED avait été créée par Ronald Reagan pour « légitimiser » le financement subversif de la CIA à l’étranger. En lisant plus de choses sur la NED, on peut trouver que la NED infiltre beaucoup d’argent aux alliés des Etats-Unis à travers des organisations fictives comme l’Institut du Syndicat Libre [Free Trade Union Institute], une filiale de l’AFL-CIO [American Federation of Labor and Congress of Industrial Organizations, ou Fédération Américaine du Travail et Congrès des Organisations Industrielles], le Centre Américain pour la Solidarité Internationale du Travail [American Centre for International Labor Solidarity] (ACILS), le Centre pour l’Entreprise Privée Internationale [Center for International Private Enterprise] (CIPE), l’Institut National Démocratique pour les Affaires Internationales [National Democratic Institute for International Affairs] (NDI), et l’Institut Républicain International [International Republican Institute] (IRI).

Certaines des organisations qui ont reçu un financement au Vénézuéla sont: la CTV [Confédération des Travailleurs du Vénézuéla] (Centrale Syndicale), Fedecamaras [Fédération de Chambres et Associations de Commerce et de Production au Vénézuéla] (Fédération de chambres de commerce), toutes deux responsables d’avoir dirigé le coup d’Etat de 2002 et le sabotage de 2002-2003, Sumate [Rejoins-nous], une organisation anti-Chavez responsable de la publication de faux résultats d’élections en 2003 et 2004, et dont le leader, Maria Corina Machado, s’est assis avec George W. Bush, l’assassin, à la Maison Blanche, et Primero Justicia [Justice d’Abord], l’un des partis politiques d’opposition au Vénézuéla dirigé par Julio Borges.

(Vous pouvez rechercher tout cela en allant sur le site de la NED, en cliquant sur « subventions » et en allant à la « base de données des projets de démocratie » (*note du blog: la NED fournit également sur son site des moteurs de recherche thématiques: Democracy Research Guide et Democracy Resource Center). Ce que vous trouverez ici est une petite portion de ce que la NED finance effectivement. Beaucoup de choses sont maintenues secrètes et peuvent seulement, parfois, être obtenues par la Loi sur la Liberté de l’Information [Freedom Of Information Act], comme Eva Golinger et ses collègues l’ont fait pendant les 3-4 dernières années, en cherchant la vérité sur l’intervention subversive du gouvernement américain dans les affaires intérieures du Vénézuéla.

Maintenant… au sujet de Lech Walesa et son lien à la NED.

Selon les informations que j’ai trouvé, M. Lech Walesa est ou était le président de NSZZ « Solidarité » [NSZZ Solidarnosc]. Selon le site de la NED, la NED a financé NSZZ Solidarité et quelques autres organisations orientées vers le « Travail » en Pologne. Voici quelques des nombreux exemples que vous pouvez trouver sur le site de la NED:

Donateur: NATIONAL ENDOWMENT FOR DEMOCRACY (NED)
Bénéficiaire: Free Trade Union Institute (FTUI)
Sous-bénéficaire: NSZZ Solidarity à l’étranger
Pays: Pologne
Région: Europe Centrale et de l’Est
Sujet(s): Travail
Subvention Accordée: 1991
Montant: $ 250,000
Résumé du Programme: Pour assister le Bureau de Coordination de NSZZ Solidarité à l’étranger, dans le maintien des contacts avec les syndicats à l’Ouest et pour la conduite des affaires de NSZZ Solidarité avec les organisations multilatérales comme l’International Labor Organization [Organisation Internationale du Travail] et l’International Confederation of Free Trade Unions [Confédération Internationale des Syndicats Libres].

Donateur: NATIONAL ENDOWMENT FOR DEMOCRACY (NED)
Bénéficiaire: Free Trade Union Institute (FTUI)
Pays: Pologne
Région: Europe Centrale et de l’Est
Sujet(s): Travail
Subvention Accordée: 1993
Montant: $170,640
Résumé du Programme: Pour fournir un soutien pour les programmes de renforcement des institutions des sections de NSZZ Solidarnosc représentant les travailleurs dans les industries de la santé, des transports et de la construction, pour la formation des leaders de niveau intermédiaire dans les techniques d’organisation des travailleurs et dans le renforcement des capacités des structures nouvelles dans la représentation des travailleurs et dans le fournissement d’un leadership efficace.

Donateur: NATIONAL ENDOWMENT FOR DEMOCRACY (NED)
Bénéficiaire: Free Trade Union Institute (FTUI)
Sous-bénéficaire: Institute for Democracy in Eastern Europe (IDEE)
Pays: Pologne
Région: Europe Centrale et de l’Est
Sujet(s): Travail
Subvention Accordée: 1990
Montant: $340,000
Résumé du Programme: Pour assister le « Bureau de Coordination de Solidarnosc à l’étranger », basé à Bruxelles, l’Institut pour la Démocratie en Europe de l’Est et d’autres engagés dans le travail de soutien à l’intérieur de la Pologne.

Donateur: NATIONAL ENDOWMENT FOR DEMOCRACY (NED)
Bénéficiaire: Free Trade Union Institute (FTUI)
Sous-bénéficaire: Solidarity Social Fund
Pays: Pologne
Région: Europe Centrale et de l’Est
Sujet(s): Education; Médias et Publications
Subvention Accordée: 1990
Montant: $1,493,550
Résumé du Programme: Pour soutenir les sièges nationaux de Solidarité, les bureaux régionaux et son Centre d’Etudes Sociales et Professionnelles; pour assister Solidarité dans ses programmes de publications et d’éducation, et les programmes d’efforts personnels.

Donateur: NATIONAL ENDOWMENT FOR DEMOCRACY (NED)
Bénéficiaire: Free Trade Union Institute (FTUI)
Sous-bénéficaire: Economic Foundation of NSZZ Solidarnosc
Pays: Pologne
Région: Europe Centrale et de l’Est
Sujet(s): Travail
Subvention Accordée: 1990
Montant: $75,000
Résumé du Programme: Pour assister la Fondation Economique de NSZZ Solidarnosc en Pologne, qui soutient la réforme économique et fournit un soutien économique individuel et collectif aux membres de Solidarité qui luttent pour supporter les difficultés causées par la transition vers une économie orientée sur le marché.

Donateur: NATIONAL ENDOWMENT FOR DEMOCRACY (NED)
Bénéficiaire: Free Trade Union Institute (FTUI)
Sous-bénéficaire: Coordinating Office Abroad of NSZZ Solidarnosc
Pays: Pologne
Région: Europe Centrale et de l’Est
Sujet(s): Travail
Subvention Accordée: 1992
Montant: $100,000
Résumé du Programme: Pour soutenir le Bureau de Coordination à l’étranger de NSZZ Solidarnosc à Bruxelles, en Belgique, pour aider Solidarnosc à réorganiser et renforcer ses structures (industrielles et régionales) dans le but de fonctionner de manière plus efficace et pour travailler avec les syndicats européens et les organisations multilatérales comme l’International Labor Organization [Organisation Internationale du Travail] (ILO) et l’International Confederation of Free Trade Unions [Confédération Internationale des Syndicats Libres] (ICFTU).

La chose surprenante est que ce petit échantillon s’élève à plus de 2,4 millions de dollars sur une période comprise environ sur 2 ou 3 ans, ce qui était par coïncidence pendant les années où Lech Walesa était président de la Pologne (1990-1995).

De plus, Lech Walesa a gagné la Médaille de la Liberté de la National Endowment for Democracy, à Washington, en 1999, et la Médaille Présidentielle de la Liberté du Gouvernement Américain en 1989. Il a aussi remporté le Prix Nobel (de la Paix) en 1983, mais ainsi l’ont remporté d’autres traîtres, assassins et criminels qui travaillent pour l’intérêt de l’élite mondiale:

Albert Einstein, dont, « En 1939, l’émigré hongrois Leo Szilard, ayant échoué à susciter l’intérêt du gouvernement américain sur lui-même, a travaillé avec Einstein pour écrire une lettre au Président américain Franklin Delano Roosevelt, qu’Einstein a signé, exhortant le développement américain d’une telle arme. En août 1939, Roosevelt recevait la lettre d’Einstein-Szilard et il autorisa la recherche secrète dans l’exploitation de la fission nucléaire à des fins militaires »

et Menachem Begin, Henry A. Kissinger, Yitzhak Rabin, Shimon Peres, tous étant connus pour avoir été impliqués dans des massacres, et Kofi Annan, qui se tenait là et regardait et n’a absolument rien fait alors que les Etats-Unis et Israël étaient en train de massacrer (et massacrent encore) des milliers de gens innocents

et le 14ème Dalaï-Lama (Tenzin Gyatso), qui a serré la main et eu des sourires partagés avec l’assassin George W. Bush à la Maison Blanche.

Pour moi, quiconque sert la main et partage des sourires avec George W. Bush (ou son père ou ses alliés), au lieu de lui donner un coup dans les couilles et dans les dents comme il mérite au minimum, est un traître envers la race humaine et un complice dans le meurtre, un criminel de droit commun, et ceci inclut Joseph Alois Ratzinger, soit le Pape Benoît XVI, soit le représentant de Dieu sur terre.

Pourquoi Dieu aurait envoyé son représentant pour dîner et parler avec le Diable?

 Quelle arnaque. Voyons!

Lech Walesa a rencontré George Bush père, se serrant l’un et l’autre, et souriant ensemble. Je pense que l’image est claire maintenant que vous savez pourquoi Chavez a voulu empêcher Walesa d’entrer au Vénézuéla et s’il ose le faire il serait surveillé de très près. Le vénézuéla n’a pas besoin de participer ou de partager avec, ou d’obliger des gens comme Walesa, des traîtres et des « vendepatrias » (des vendeurs de leur propre nation et de leur peuple). Ce sont de dangereux criminels qui n’ont pas de coeur et qui sont prêts à vendre leurs propres mères pour le « puissant » dollar américain.

L’évidence parle d’elle-même, le lien entre la NED et Lech Walesa, et entre la NED et l’opposition vénézuélienne, et le lien entre la NED et la CIA sont tous clairs.

Viva Chavez!

Viva le Vénézuéla libre des vendepatrias, comme ces Vénézuéliens qui ont invité Lech Walesa au Vénézuéla. Des traîtres, des criminels.

Oscar Heck

Source: http://www.vheadline.com/readnews.asp?id=77643 (*note du blog: le lien originel de l’article n’est plus accessible, mais le texte est disponible sur le forum, dont le lien apparaît ci-dessous)

https://deeppoliticsforum.com/forums/showthread.php?774-Venezuela-says-no-to-CIA-s-Polish-puppet-Walesa

Les câbles de WikiLeaks confirment les collusions entre le Vatican et des dictateurs

Le Vatican et la collusion avec les dictatures

WikiLeaks, le site de publication de documents confidentiels fondé par Julian Assange, a publié lundi dernier une nouvelle archive de 1,3 millions de communications diplomatiques et de rapports des services de renseignement.

Elle recouvre les années 1973 à 1976, et est nommée « The Kissinger Cables ».

Cette base de données comprend des documents révélant les opérations impitoyables menées par les États-Unis dans le monde entier, à une époque où la classe ouvrière internationale était à l’offensive et où la bourgeoisie menait une contre-attaque brutale.

Parmi ces câbles, une série de communications diplomatiques révèle la relation entre le Vatican et un certain nombre de régimes dictatoriaux, du Chili d’Augusto Pinochet à l’Argentine de Jorge Rafael Videla ou à l’Espagne de Francisco Franco.

Le 11 septembre 1973, un coup d’Etat soutenu par la CIA et mené par le général Pinochet fit tomber le gouvernement élu du président issu du Parti socialiste, Salvador Allende. Durant la dictature de Pinochet qui dura 17 ans, des milliers de militants de gauche, des étudiants, syndicalistes et toute personne suspectée de s’opposer au capital chilien ou international furent tués ou enlevés par le régime. Des centaines de milliers furent emprisonnés et torturés, ou envoyés en exil.

Les noms de ces opérations criminelles de l’État, comme « Opération Condor » ou « La caravane de la mort » sont inscrits pour toujours dans la conscience des travailleurs chiliens. La « lutte contre le marxisme » de Pinochet reste l’un des développements les plus violents de l’histoire du 20e siècle.

Le but principal d’une telle lutte était de détruire la classe ouvrière et ses organisations, à la fois physiquement et par l’imposition d’une politique économique agressive de privatisation et de dérégulation. Cela créa un modèle d’enrichissement par une petite oligarchie pour les décennies à venir.

De nombreux gouvernements se joignirent à cette « lutte, » les États-Unis prenant la tête de la meute. Le président Richard Nixon et son conseiller à la Sécurité nationale Henry Kissinger allouèrent 8 millions de dollars à la campagne visant à déstabiliser Allende. Tout en maintenant une apparence de réformes libérales et une politique plus détendue envers l’URSS, lancée par Jean XXIII, le Vatican, sous la direction du Pape Paul VI, accorda son soutien au dictateur chilien.

Dans un câble daté du 18 octobre 1973, l’Archevêque Giovanni Benelli, vice-ministre des affaires étrangères du Vatican, niait les crimes commis par la junte de Pinochet, exprimant « ses graves inquiétudes et celles du Pape au sujet de la campagne internationale réussie des gauchistes pour déformer complètement les réalités de la situation chilienne. »

Plus précisément, ce câble documente les conceptions de Benelli sur « la couverture exagérée des événements comme étant probablement le plus grand succès de la propagande communiste, et souligne le fait que même les cercles modérés et conservateurs semblent assez disposés à croire les mensonges les plus éhontés sur les excès de la junte chilienne. »

Sa source d’information était le Cardinal Raùl Silva, ardent opposant au communisme. D’après ce câble, « le Cardinal Silva et l’épiscopat Chilien en général ont rassuré le Pape Paul que la junte fait tout son possible pour revenir à la normale et que les histoires alléguant de représailles brutales dans les médias internationaux sont infondées. »

Le rôle joué par des figures comme Silva ou Paul VI lui-même – qui étaient présentés comme des « progressistes » à l’époque – émerge très clairement de ces documents. Benelli affirme que « la validité et la sincérité du Cardinal Silva ne peuvent être mis en cause puisque Silva est connu internationalement comme l’un des principaux progressistes de l’Église qui, de plus, a accordé son soutien tacite au président Allende. »

Cette preuve ne montre pas seulement la négation des crimes de Pinochet par le Vatican et l’Église chilienne : il révèle la faillite du gouvernement Allende, lequel s’appuyait sur des relations avec des couches de l’Église lui étant complètement hostiles.

En fait, l’archevêque affirme que, « les forces gauchistes ont largement réduit les pertes en convainquant le monde que la chute d’Allende est exclusivement due à des forces fascistes et extérieures, et non aux faiblesses de la politique d’Allende, comme c’est en réalité le cas. »

S’il y a une vérité objective dans la déclaration de Benelli, c’est le fait que Pinochet, qui avait été nommé par Allende à la tête des forces armées, ait tiré avantage du climat politique créé par le recul d’Allende sur les réformes qu’il avait promises. Allende était lui-même un politicien capitaliste, promouvant une « voie chilienne vers le socialisme » mais fondamentalement engagé à démobiliser la classe ouvrière. Cela a préparé le terrain à une prise du pouvoir par les militaires.

En novembre 1973, immédiatement après le coup d’Etat de Pinochet, un autre câble montre les négociations pour le renouvellement et la révision du Concordat, signé à l’origine en 1953, entre le Vatican et le régime fasciste de Francisco Franco en Espagne, et qui effectivement rejetait le principe de la séparation entre l’Église et l’État.

L’archevêque Agostino Casaroli, porte-parole du gouvernement du Vatican à l’époque, lui-aussi un « réformiste de l’Ostpolitik » qui développait de nouvelles relations avec les pays d’Europe de l’Est pour tenter de renforcer l’influence de l’Église dans les pays dominés par les staliniens, rencontra des responsables espagnols. Il était convenu qu’une certaine discrétion serait maintenue.

Il y avait plusieurs raisons à cela : premièrement, les événements au Chili avaient créé une immense opposition parmi les travailleurs et les étudiants, et l’Eglise risquait d’être publiquement exposée comme une alliée des régimes dictatoriaux. Deuxièmement, il y avait des désaccords au sein-même du Vatican sur la manière de sauvegarder au mieux l’image du Vatican et de la distancer des dictateurs fascistes.

Un câble du 7 novembre 1973, affirme qu’une « divergence de vues entre le Vatican et l’épiscopat espagnol est une des raisons fondamentales sur la négociation d’un nouveau Concordat. » Il montre que l’épiscopat était « ouvert à des accords de révision partielle de ceux de 1953, puisqu’ils pensent qu’un nouveau Concordat pourrait à nouveau associer l’Eglise au régime » alors qu’ils « essayent de dissocier l’Église du GoS [Government of Spain] aux yeux du public Espagnol. »

Si des couches de la hiérarchie ecclésiastique se préoccupaient de ce que, après la mort de Franco, la négociation des accords leur serait moins favorable et insistaient pour en obtenir un nouveau, la section « libérale » et « progressiste » du Vatican cherchait à « conserver son image libérale si juste quelques accords partiels sur les points de friction les plus importants » étaient négociés.

Contrairement à la demande de Casaroli de garder cette visite discrète, le régime de Franco « voulait une couverture par la presse et la télévision la plus large possible de la visite, » provoquant une réaction du Vatican. D’après le journal italien L’Espresso, Casaroli se plaignit à un ministre espagnol de « la violation offensive des assurances reçues de la part du gouvernement espagnol sur le maintien d’un profil bas. »

Quelques années plus tard, le 24 mars 1976, le Commandant argentin Jorge Rafael Videla organisait le coup d’Etat qui fit tomber la présidente Isabel Peron, épouse de l’ex-président Juan Peron. Videla dirigea un Etat policier brutal et adopta une politique libérale similaire à celle de Pinochet. Son régime, bien connu pour sa « sale guerre » et l’« Opération Condor » est devenu synonyme de disparitions, de meurtres et de tortures.

Le complice le plus proche de Videla dans le coup d’Etat et la dictature militaires qui suivirent fut l’amiral Emilio Massera. De nouveaux câbles montrent les liens étroits entre Massera et Pio Laghi, le nonce apostolique (ambassadeur du Pape) en Argentine.

Un câble daté du 7 novembre 1975 révèle que Laghi « a parlé avec l’amiral Massera tôt le 5 novembre sur le même sujet [la présidente Peron], et récemment avec de nombreux autres participants. L’analyse du Nonce [Laghi] a été que la veuve Peron doit partir aussi tôt que possible, que ce soit par un congé exceptionnel, une démission, ou golpe » – c’est-à-dire un coup d’Etat.

En plus d’être un ami proche de Massera, Laghi était très respecté dans les cercles militaires et diplomatiques. Comme le confirme le même câble, « le Nonce a beaucoup de relations et est un fin observateur. Sa conclusion générale est qu’elle est finie. Seule la manière de son départ reste en question. Cependant, il a commenté que cela pourrait durer plus longtemps que prévu et être un processus douloureux. »

En fin de compte, les véritables douleurs ont été subies par des dizaines de milliers de travailleurs, d’étudiants et de militants politiques, accusés d’être des « terroristes, » qui luttaient en réalité contre le terrorisme d’État qui caractérisait le régime de Videla, mais se faisaient tuer ou torturer, emprisonner et disparaître.

Pio Laghi était plus qu’une connaissance pour le gouvernement américain. Dans un câble du 14 mai 1974, Laghi est décrit comme « très éduqué, d’une compagnie agréable, parlant un anglais excellent, et bien disposé envers les États-Unis. »

Ces révélations jettent la lumière sur l’installation récente du nouveau Pape François, ex-archevêque de Buenos Aires, en Argentine. Le nouveau pontife est profondément impliqué dans la « sale guerre » menée par la junte militaire argentine.

Marc Wells

Source: http://cameroonvoice.com/news/news.rcv?id=10520

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