Willsummer: Les suites du rassemblement de Saint-Michel du 10 août à Paris

Dimanche 12 août 2012


C’est ce soir que se terminent les premiers Jeux Olympiques ouvertement cyberpunk de l’histoire, où des athlètes se font sponsoriser en se faisant tatouer le logo d’une marque sur le corps, et où des sandwicheries londoniennes ont été contraintes de changer le nom de leur enseigne, parce qu’il contenait l’adjectif « olympique ».

Alors que des drones armés provenant d’un Etat se déclarant en guerre contre un ennemi invisible ravagent les zones tribales du Waziristan tuant hommes, femmes et enfants non-combattants, des « féministes » occidentales paradent sur Tower Bridge à Londres pour appeler à l’exclusion des pays pratiquant la Charia des JO, et à l’obscénité de la sur-consommation érigée en sacro-saint modèle, s’ajoute le foulement aux pieds des principes olympiques: ce sont les USA qui empochent le plus grand nombre de médailles, et ils sont « en guerre » à travers le monde, soit ouvertement soit par moyens détournés.

Ceci est une réalité que depuis maintenant plusieurs années WikiLeaks et Julian Assange ont contribué à rendre évidents par des éléments devenus irréfutables, et qui constituent un faisceau de présomptions tellement large et solide qu’il contient de quoi faire trembler jusqu’à ses bases l’infernal édifice de la bestiale mentalité prédatrice qui infecte la société des hommes tel un cancer.

Car WikiLeaks est une organisation journalistique. En tant que telle, elle s’est donné la mission de fournir au grand public les informations qu’il réclame: la vérité, de quoi lui faire comprendre les événements qui interviennent dans sa vie et celle de ses pairs, de manière à ce qu’il puisse agir en connaissance de cause, pour la présence et le maintien d’un environnement propice à son épanouissement et à celui de sa famille, comme de ses pairs.

Or, voici que l’organisation dont Julian Assange est l’un des co-fondateurs nous explique depuis des années, preuves à l’appui (ces fuites par millions n’ont pas été contestées, et les poursuites contre Manning et Assange sont la preuve de leur véracité), que ce gouvernement à l’aigle chauve, dont le siège du pouvoir est à Washington, qui se présente dans nos foyers à travers la petite lucarne de nos téléviseurs comme le parangon de la justice – fût-elle armée jusqu’aux dents, de la défense des opprimés et des Droits de l’Homme, se révèle être le plus grand assassin en masse que l’histoire contemporaine ait portée.

Qu’ils flattent la docilité du peuple pour lui imposer une loi féroce – faire garder des moutons par des loups – et lui mentent sur toutes les informations qu’ils lui laissent voir au travers de sa petite lucarne pour lui en servir une version adaptée à leur discours et à la gloutonnerie de leurs entreprises. Qu’ils n’ont cure de la valeur d’une vie humaine, qu’ils sont capables de dévaster des régions entières pour l’accès aux ressources et de violer des sociétés dans leur plus profonde intimité pour y asseoir une mainmise tentaculaire…

Il y a des centaines de milliers de CableGate Files, d’Iraq et d’Afghanistan War Logs, cinq millions et demi de Stratfor Files et plus de deux millions de Syria Files. Il y a quelques sites web composés de journalistes professionnels, et d’autres personnes actifs et actives à éplucher, examiner, vérifier ces documents afin d’en extraire ce qui en fait la moëlle épinière: les éléments qui ne pourront pas être contestés devant un tribunal. Lorsqu’elle sera entre nos mains, nous la jetterons sur la place publique pour qu’elle y soit brûlée vive sous le regard furieux de la population…

Nous venons chacun(e) de notre horizon particulier, pour défendre Assange, Manning et WikiLeaks (et Jeremy Hammond, hacker Anonymous risquant 20 ans de prison pour avoir aidé WikiLeaks); nous partageons certaines choses, et pas d’autres: les goûts et les couleurs, c’est une affaire personnelle. Mais nous sommes unis par l’indéfectible refus de l’injustice, du mensonge et de l’irrespect de la vie humaine. Julian Assange est notre ami, et nous sommes à ses côtés. Devant la volonté du peuple de savoir, il n’y a pas de secret qui tienne: les affaires, leurs ramifications et implications sont beaucoup trop graves, et notre silence équivaudrait à une complicité.

Quand Fred Barton, le patron de Stratfor, disait de Julian Assange: « Assange sera un beau gibier en prison. Bousillez le terroriste. Il bouffera à jamais de la pâtée pour chien », je sais qu’il ne veut pas du bien à mon ami. Je sais aussi que je n’en voudrais pas comme ami, car je n’ai pas de plaisir à penser au mal, ou à le commettre. Ainsi les parties en présence sont définies, et c’est ma plus intime conviction que nous triompherons de ces êtres malfaisants, dont Fred Barton n’est qu’un des molosses, dans le domaine de la collecte de renseignements.

Dès demain, avec le conseil des anges et de sa bonne conscience, l’Equateur devra se prononcer en faveur ou non de son soutien à Julian Assange. Ce n’est pas un acte sans conséquences que d’accorder l’asile politique à l’homme le plus recherché des services secrets des USA, ils ne seront pas contents… J’ai bon espoir que l’Equateur accède à la requête du fondateur de WikiLeaks. Correa, le président de l’Equateur, est un homme qui comprend bien l’importance, à son niveau, d’actes en accord avec les justes aspirations des peuples; l’Equateur, comme beaucoup de nations latino-américaines, a beaucoup souffert des ingérences états-uniennes.

Par willsummer

WikiLeaks: La guerre bancaire avec des géants – Entretien avec Kristinn Hrafnsson

Par John Robles, 6 août 2012

WikiLeaks s’efforce d’emmener les grandes puissances financières en procès et de les faire payer une compensation pour les immenses dommages qu’ils ont causés. Dans un entretien avec « The Voice of Russia », le porte-parole officiel de WikiLeaks Kristinn Hrafnsson affirme que c’est pour le salut de toutes les autres organisations comprenant des médias qui pourraient être confrontées à un tel blocus. Il parle également des Syria Files et d’Assange attendant une réponse équatorienne une fois que les Jeux Olympiques seront terminés.

Pouvez-vous un peu renseigner nos auditeurs sur la situation de WikiLeaks, avec la nouvelle diffusion et le scandale bancaire?

KH: Nous menons un grand combat sur beaucoup de fronts en ce moment. Bien sûr, nous surveillons à une certaine distance la tentative du gouvernement US de poursuivre des membres de WikiLeaks. Il est devenu apparent au cours des dernières semaines que ceci est une situation très très sérieuse. Des personnes ont été citées à comparaître devant un Gand Jury à Alexandria en Virginie, sur la base de possibles violations de l’Espionage Act de 1917 des États-Unis qui permet des peines allant jusqu’à la peine de mort.

Il a aussi été révélé que le FBI a rassemblé plus de 40.000 documents dans l’enquête sur WikiLeaks. Donc, nous sommes très inquiets des tendances ici et pensons que l’accusation formelle est imminente à l’encontre de Julian Assange et peut-être pour d’autres personnes associées à WikiLeaks. Vous avez mentionné, bien sûr, le blocus bancaire sur lequel nous avons mis un accent très fort, non seulement à cause de WikiLeaks, mais pour toutes les autres raisons. C’est la première fois que les principales puissances financières – MasterCard, Visa, PayPal, Western Union, Bank of America, – se sont liguées contre l’organisation qui se bat simplement pour la transparence et la responsabilité. Donc le blocus bancaire est un problème à prendre très au sérieux. Nous avons dépensé beaucoup de nos ressources et de temps à le combattre. Et maintenant nous voyons la première indication que ce combat va livrer un bon résultat. Il y a juste quelques semaines, nous avons gagné un procès à Reykjavik, en Islande, contre Valitor, qui est l’ex-Visa Iceland. Ce fut une décision judiciaire qui ouvrit la passerelle de traitement.  Ils ont fait appel de ce dossier et nous les confronterons devant la Cour Suprême islandaise.

WikiLeaks a ouvert une passerelle pour cartes de crédit en France par le système Carte Bleue pour transférer les donations. L’environnement légal en France est tel qu’il est extrêmement compliqué pour les géants basés aux USA de le fermer. Et s’ils essaient, nous avons des dossiers de plaintes en procès qui sont prêtes et nous les emmènerons en procès en France. Donc c’est toujours un cas ouvert. La possibilité est là pour faire des dons à WikiLeaks. Nous avons, bien sûr, d’autres procès en attente, un – au Danemark, cet automne, et en Angleterre, aux USA, en Australie et ailleurs.

Notre objectif est d’amener les géants en procès et de les faire payer des dommages et intérêts pour les immenses torts qu’ils ont causés à l’organisation. Mais laissez-moi souligner, ceci n’est pas seulement pour le salut de WikiLeaks, c’est pour la sauvegarde de toutes les autres organisations, même des organisations médiatiques qui pourraient faire face à de tels blocus. Il est extrêmement important de répliquer et d’arrêter ce processus ici et maintenant afin que nous ne voyions pas à l’avenir ces géants de la finance décider du sort de ceux qui vivent de ce secteur.

Pouvez-vous répondre à une question? Comment les États-Unis appliquent-ils une loi US telle que l’Espionage Act à des citoyens d’autres nations?

KH: Nous savons juste que des personnes ont été citées à comparaître sur les bases de cette loi. Quand la politique entre dans la partie, les lois peuvent être tordues. La manière dont ils vont essayer de l’appliquer à des citoyens d’autres nations suscite beaucoup d’inquiétudes. C’est au-delà de ma compréhension. Mais je suis sûr qu’ils vont essayer de trouver le moyen de le faire.

Pouvez-vous nous parler de votre dernière diffusion? Et je sais que vous avez été questionné à propos de Julian beaucoup, beaucoup de fois. Pouvez-vous dire à nos auditeurs quelque chose que vous pourriez savoir sur l’affaire?

KH: Pour ce qui est de votre question sur la diffusion actuelle, les Syria Files, c’est un lot de courriels concernant le gouvernement syrien éclairant non seulement les rouages internes du gouvernement syrien et des responsables, mais aussi sur le sujet de l’opposition en Syrie. Ce que nous, bien sûr, espérons avec cette diffusion, c’est que l’information apporte à la connaissance de la situation actuelle en Syrie qui est très grave et qu’elle puisse mener à une issue acceptable.

Vous m’avez demandé pour Julian Assange. Il est toujours dans l’ambassade équatorienne et attend la décision des autorités équatoriennes pour savoir s’ils acceptent sa demande d’asile politique en Équateur. Les autorités équatoriennes ont indiqué qu’elles attendraient après la fin des Jeux Olympiques pour donner leur réponse finale. Ils se sont servis de ce temps pour rassembler des informations sur les menaces imminentes des USA, sur l’affaire suédoise et sur la position des autorités du Royaume-Uni. Nous n’en connaissons donc pas l’issue, jusqu’à ce que les autorités équatoriennes soient prêtes à annoncer leur décision. Pour ce qui est de Julian – ce n’est évidemment pas une chose facile d’être enfermé à l’intérieur pendant des semaines, mais il tient plutôt bien le coup.

Une dernière question. Vous avez dit que des membres de WikiLeaks étaient ciblés par le gouvernement US.

KH: Sept individus – fondateurs et membres de WikiLeaks – font l’objet d’enquêtes par le FBI. Ceci a été révélé pendant une audience de l’affaire Bradley Manning. Nous n’avons pas davantage de détails sur leurs identités. Mais nous savons bien par contre que des personnes qui ont été associées à WikiLeaks même juste comme volontaires ou supporters, – ils ont été détenus, leurs ordinateurs ont été confisqués, etc. Alors c’est une situation extrêmement sérieuse.

Vous avez dit que le Grand Jury avait eu lieu.

KH: Nous avons la confirmation qu’il est en cours. Évidemment, c’est à huis clos, donc les seules informations qui en aient filtré proviennent de personnes qui y ont été citées à comparaître. Mais cela a été confirmé. C’est une partie archaïque de notre système qui ne peut que rester corrompue. Et il devrait apparaître étrange pour toute saine démocratie de garder des systèmes où ceux qui font l’objet d’enquêtes n’ont absolument aucune représentation et aucune possibilité de surveiller ce qui se fait.

Source: http://english.ruvr.ru/2012_08_06/WikiLeaks-banking-war-with-giants-interview-with-Kristinn-Hrafnsson/

Pour faire un don à WikiLeaks depuis la France: https://secure.fdn2.org/fdn2/nouser

Et ailleurs… (en anglais): http://shop.wikileaks.org/donate

Traduit depuis le web par willsummer

Télégramme entre Bachar el-Assad et le Pape, daté du 12 avril 2011

Pope

Email-ID 2098007
Date 2011-04-07 00:26:15
From n.yasin@mopa.gov.sy
To hamzeh.a-h@mopa.gov.sy
الأستاذ حمزة، البرقية مرفقة. تحياتي نايف —- Msg sent via @Mail – http://atmail.com/

Attached Files

# Filename Size
321755 321755_Telegram to the Pope-12-4-2011.doc 27KiB

La République Arabe Syrienne

Le Président

Damas, le 12 avril 2011

Votre Sainteté,

C’est une grand plaisir de vous offrir les félicitations du peuple syrien, ainsi que les miennes, au sixième anniversaire de votre Inauguration.

Je souhaite me saisir de cette opportunité pour exprimer mes meilleurs vœux de bonheur et de bonne santé à Votre Sainteté.

Les relations de longue date entre la République Arabe Syrienne et le Vatican sont un témoignage des liens forts qui unissent nos deux peuples. Ceci me donne l’espoir que nos relations deviendront encore plus fortes dans les prochaines années sous les auspices de Votre sainteté.

Veuillez agréer ma plus haute estime et affection,

Bachar el-Assad,

Président de la République Arabe Syrienne

Sa Sainteté, le Pape Benoît XVI

Le Vatican

Source: http://wikileaks.org/syria-files/docs/2098007_pope.html

Traduit par willsummer

Dow avait payé des entreprises américaines pour espionner des activistes de Bhopal: les e-mails WikiLeaks

Par Priscilla Jebaraj | 27 février 2012

Même pendant que Dow Chemical a résisté à toutes les demandes d’indemnisation à l’égard de la fuite de gaz catastrophique de l’Union Carbide à Bhopal, la firme a trouvé l’argent pour embaucher une société de renseignements privée pour surveiller intensivement toutes les ONG et activistes qui travaillent sur la question.

Ce lundi, WikiLeaks a publié une cache de 5,5 millions d’e-mails de Stratfor, une agence de renseignements basée au Texas, qui a révélé que les rapports de suivi réguliers des activités des ONG ainsi que la couverture médiatique ont été envoyés à Dow et aux directeurs de la communication de Union Carbide.

Dow Chemical, qui a acheté Union Carbide en 2001, insiste qu’il ne porte aucune responsabilité pour indemniser les victimes ou pour nettoyer le site contaminé par la catastrophe en 1984. Toutefois, ces e-mails prouvent qu’ils sont encore très investis dans le suivi des retombées de la catastrophe, et de son impact sur l’image de Dow.

Un rapport de suivi typique commence avec un tour d’horizon de tous les articles d’actualités faisant référence à Dow, Union Carbide ou Bhopal dans les dépêches, journaux, chaînes de télévision et sites web d’actualités d’Inde et de l’étranger. Il comporte un dossier complet sur les activités militantes – qui couvre des affaires judiciaires, pétitions en ligne, projections de films, collectes de fonds et événements publicitaires, communiqués de presse, blogs, articles sur des forums de discussion, e-mails à des listes de diffusion, et des pages de Facebook et des fils d’actualités Twitter. Aucune activité ou déclaration ne semble avoir été trop obscure pour Allis Information Management, l’entreprise basée au Michigan qui a préparé les rapports de suivi pour Dow. Des analystes de renseignement qui vont jusqu’à suivre des signataires de pétitions, des commentateurs sur des blogs, ou ceux qui auraient pu re-tweeté un article lié à Dow. Des noms comme ceux des activistes de Bhopal Rachna Dhingra et Satinah Sarangi sont fréquemment mentionnés, ainsi que les Yes Men, les farceurs anti-corporatistes. Dans la dernière partie de 2011, beaucoup d’attention a été accordée à la campagne qui proteste contre le parrainage des Jeux Olympiques de Londres par Dow.

Dans le cadre des préparatifs du 25e anniversaire de la catastrophe de Bhopal, les analystes de Stratfor ont également discuté ses tendances dans les stratégies activistes, spéculant si des joueurs ONG principaux seront capables de connecter Bhopal à la grande question de l’irresponsabilité des entreprises, la question « d’autres Bhopals ».

Les activistes Yes Men ont accusé Dow d’utiliser des « tactiques sinistres d’espionnage » et de paranoïa corporatiste. « Ces fuites semblent montrer que ce dont le pouvoir corporatiste a le plus peur est tout ce qui révèle le ‘plus grand ensemble’ et les ‘thèmes plus vastes’, c’est-à-dire tout ce qui amène les comportements criminels systémiques à la lumière », dit une déclaration faite lundi par les Yes Men.

Pourtant, tandis que la surveillance était extensive et intensive, il ne semble pas y avoir de preuves d’espionnage, ou de toute activité illégale par Dow dans cette cache de courriels. Toutes les données extraites par l’entreprise de recherche de renseignements semble être dans le domaine public, et ouvertement à la disposition de toute personne intéressée.

http://www.thehindu.com/news/national/article2939308.ece
https://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,8808.msg30069.html#msg30069

Traduit sur WikiLeaks par Arduenna Silva

Espions des sables

Le 6 mars 2012

Fin 2011, des unités d’élite occidentales, comptant des Français, auraient été déployées en Syrie. En partenariat avec OWNI, l’organisation WikiLeaks poursuit la publication des cinq millions d’emails de Stratfor, la société de renseignement privé proche des états-majors américains. Avec aujourd’hui des centaines de messages sur le Moyen-Orient.

WikiLeaks avait entamé, le 27 février, la publication progressive de cinq millions de messages internes de l’entreprise de renseignement privée américaine Stratfor. Aujourd’hui, le site dévoile des emails indiquant la présence de forces spéciales occidentales en Syrie, notamment françaises, ainsi que des emails détaillant des aspects opérationnels, jusque-là ignorés, de la guerre en Libye. Créée en 1996 à Austin, au Texas, l’agence passait jusqu’ici pour une “CIA privée”, une réputation quelque peu exagérée.

En réalité, Stratfor développe ses analyses depuis des bureaux aux États-Unis, qu’elle vend aux entreprises, en entretenant des contacts avec quantité d’officiers supérieurs et d’agents de renseignement, en particulier américains.

Forces spéciales en Syrie

En Syrie, sujet abondamment traité par Stratfor, le compte-rendu d’une réunion, daté du 6 décembre 2011 laisse entendre que des forces spéciales occidentales auraient été présentes sur le terrain dès la fin de l’année 2011. Le message évoque quatre “gars, niveau lieutenant colonel dont un représentant français et un britannique” :

Après deux heures de discussion environ, ils ont dit sans le dire que des équipes de SOF [Special Operation Forces ou forces spéciales, NDLR] (sans doute des Etats-Unis, de Grande-Bretagne, de France, de Jordanie et de Turquie) étaient déjà sur le terrain, travaillant principalement à des missions de reconnaissance et à l’entraînement des forces de l’opposition.

Les participants rejettent l’hypothèse d’une opération aérienne sur le modèle libyen, affirmant que “l’idée ‘hypothétiquement’ serait de commettre des attaques de guérilla, des campagnes d’assassinats, d’essayer de venir à bout des forces des Alaouites [le groupe confessionnel, minoritaire en Syrie, auquel appartient le président syrien Bachar al-Assad, NDLR], de provoquer un effondrement de l’intérieur.”

La situation syrienne est jugée beaucoup plus complexe que la Libye. “Les informations connues sur l’OrBat syrien [l’ordre de bataille, soit la composition des armées, NDLR] sont les meilleures qu’elles ne l’ont jamais été depuis 2001″ détaille un membre des services de renseignement de l’US Air Force, selon l’analyste de Stratfor. Les membres présents à cette réunion insistent sur les difficultés militaires d’une intervention directe :

Les défense aériennes syriennes sont bien plus robustes et denses, particulièrement autour de Damas et le long des frontières israélienne et turque. [Les participants] s’inquiètent des systèmes de défense aériens mobiles, en particulier les SA-17 [missiles sol-air, NDLR] qu’ils ont obtenus récemment. L’opération serait faisable, mais ne serait pas facile.

À ce moment de la réflexion stratégique, l’opération serait conduite depuis les bases de l’Otan à Chypre. Mais une telle campagne n’était alors pas encore entièrement d’actualité. “[Les représentants des services de renseignement] ne pensent pas qu’une intervention aérienne aurait lieu tant qu’aucun massacre, comme celui par Kadhafi à Benghazi [en Libye, NDLR], ne retiendra l’attention des médias. Ils pensent que les États-Unis auront une forte tolérance aux meurtres tant qu’ils n’atteindront pas l’opinion publique.”

Des troupes égyptiennes au sol en Libye

Parmi les centaines de milliers d’emails consacrés au Moyen-Orient, un grand nombre porte sur la guerre en Libye, sur la base de correspondance avec des militaires de haut rang. Ainsi, dans un message daté du 18 mars 2011, soit la veille du début des bombardements de la Libye par les forces de l’Otan, l’analyste Reva Bhalla partage avec force détails un “rendez-vous privé” avec “quelques colonels américains de l’US Air Force, un homologue français et un Britannique”. Le ton est donné d’entrée :

Ils sautent pratiquement de joie à l’idée de faire cette opération [le bombardement de la Libye, NDLR] — une opération de rêve comme ils l’appellent – terrain plat, proche des côtes, cibles faciles. Aucun prob.

Les militaires gradés réunis affirment alors que “les Égyptiens sont déjà positionnés au sol, qu’ils arment et entraînent les rebelles.” Un sujet pour le moins tabou. A cette date, le 18 mars, deux résolutions ont été votées par le Conseil de sécurité des Nations Unies. La première à l’unanimité le 26 février, prévoit la mise en place de sanctions économiques et financières contre le régime libyen, doublées d’un embargo sur les armes.

Le 17 mars, un jour avant le “rendez-vous privé” relaté, le Conseil de sécurité adopte la résolution 1973 qui met en place une zone d’exclusion aérienne. Le texte est adopté à l’arraché : l’Allemagne, la Chine, la Russie, le Brésil et l’Inde s’abstiennent. Selon les participants, la résolution a été “presque entièrement rédigée par les Brits [les Britanniques, NDLR]“. A ce stade, il n’est nullement question de troupes présentes au sol, ni d’en envoyer dans le futur. Des enquêtes ultérieures démontrent que des forces spéciales occidentales ont bien participé aux opérations, sur le sol libyen.

Le pétrole de la gloire

Au lendemain du blanc-seing du Conseil de sécurité, les militaires analysent les motivations de chaque participant. “De leur point de vue, l’opération entière est menée par le tandem franco-britannique. Par bien des aspects, les États-Unis ont été forcés de les suivre” écrit l’analyste de Stratfor. Côté britannique, les motifs de l’entrée en guerre sont assez prosaïques et plutôt éloignés des raisons humanitaires officiellement invoquées :

Le gars britannique dit que la Grande-Bretagne est guidée par des intérêts énergétiques dans cette campagne. Depuis la marée noire [dans le Golfe du Mexique, NDLR], BP souffre aux États-Unis . Les autres options sont d’aller vers la Sibérie (problèmes avec la Russie), le Vietnam et… la Libye. Selon eux, le renversement de Kadhafi est le meilleur moyen de remplir ces objectifs énergétiques.

Côté français, la situation est moins claire pour les intervenants de l’armée et pour les analystes de Stratfor. Le gradé français affirme que “la France a entendu parler de menaces d’AQMI [Al-Qaïda au Maghreb islamique, NDLR], soutenues par Kadhafi, contre des cibles françaises. Ça les a soûlés. Sarkozy s’est mis dans une impasse” conclut-il. Surtout, la France voulait prouver qu’elle “pouvait très bien” conduire ce genre d’opérations, “prouver sa pertinence.”

Entre Français et Britanniques, la coordination est d’abord passée par le Pentagone, rapporte la même analyste de Stratfor dans un message daté du 19 mai 2011. La veille, elle a assisté à un“briefing avec le groupe stratégique de l’US Air Force [pour] aider à préparer le séjour du chef d’État major de l’USAF en Turquie la première semaine de juin”. À cette réunion assistent deux colonels des services de renseignement américain et français, un capitaine britannique et un représentant du Département d’État. Reva Bhalla écrit:

Au début de la campagne en Libye, la France se coordonnait encore avec la Grande-Bretagne par l’intermédiaire du colonel des services de renseignement de liaison au sein du Pentagone, et non pas directement avec la Grande-Bretagne. Maintenant, les Britanniques ont enfin installé un bureau de commandement à Paris pour la coordination.

Lors de la même réunion, les participants estiment le coût de la guerre à 1,3 million “par mois”, ce qu’un expert de Stratfor corrige dans un mail en réponse : “1,3 million par jour”. “Un coût, mais pas une opération coûteuse” estiment-ils de concert.


Illustrations et couverture par Loguy pour OWNI.

Source: http://owni.fr/2012/03/06/guerre-libye-syrie-gi-files-wikileaks/
http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,11554.0.html

Les espions de Stratfor en Tunisie

Par | 1 mars, 2012

Traduit de l’arabe par Farhat Othman.

Petits papiers du renseignement mondial

Nawaat a été le premier site à publier les documents diplomatiques de WikiLeaks concernant la Tunisie, mis en ligne deux semaines avant le déclenchement de la Révolution tunisienne sur le site TuniLeaks. Aujourd’hui, Nawat ouvre avec WikiLeaks le dossier de STRATEGIC FORECASTING ou STRATFOR, l’une des sociétés privées américaines de renseignement les plus en vue au monde.

Wikileaks a entamé, lundi 27 février 2012, en coopération avec 25 médias dont Nawaat, la publication de ce que le site appelle Petits papiers du renseignement mondial (The Global Intelligence Files) ou les petits papiers du renseignement mondial, comprenant un peu plus de cinq millions de messages électroniques (ou courriels) de la société américaine STRATFOR spécialisée dans le renseignement et l’analyse stratégique et dont le siège est au Texas aux États-Unis. Ces courriels entre les informateurs et les analystes de l’agence du renseignement s’étalent sur une période allant de juillet 2004 à fin décembre 2011.

Ces correspondances, dont Nawaat a eu une copie intégrale, lèvent le voile sur l’activité de renseignement tous azimuts de cette société qui se vend comme étant un «éditeur du renseignement» alors qu’elle loue ses services stratégiques à un nombre important d’appareils privés du renseignement secret, aux entreprises multinationales géantes ainsi qu’à un certain nombre d’agences gouvernementales américaines, y compris le Département américain de la Sécurité intérieure (DHS), les Marines, l’Agence du renseignement pour la défense (DIA) et d’autres agences et organes spécialisés. Cette société a, entre autres objectifs, d’« apprendre aux institutions américaines du renseignement à acquérir sa manière de fonctionner ».

Le site de WikiLeaks avait publié une annonce assurant que les messages électroniques dévoilent le recours de STRATFOR «à un réseau d’informateurs, à une infrastructure pour financer des dessous-de-table, à des techniques de blanchiment d’argent et à des méthodes psychologiques de manipulation». Cette annonce ajoute aussi que « les documents démontrent le type de fonctionnement d’une agence privée du renseignement et comment elle prend pour cible des individus les manipulant pour le compte de ses clients privés et gouvernementaux ».

STRATFOR, qu’on appelle la CIA privée (The Private CIA) ou la CIA de l’ombre (Shadow CIA), a été fondée en 1996 et est devenue célèbre au cours de la guerre du Kosovo en 1999 puis à la suite des événements du 11 septembre 2001 et ce qui s’en suivit comme « guerre contre le terrorisme ».

STRATFOR se définit comme étant « le fournisseur à ses abonnés d’un service d’analyses géopolitiques (…) leur permettant la compréhension des relations internationales, de ce qui se passe dans le monde aujourd’hui et de ce qui se passera après ».

C’est après la guerre contre l’Irak en 2003 que STRATFOR a commencé à s’intéresser au Moyen-Orient en s’employant à mettre en place un réseau d’agents, d’informateurs et d’analystes dans la région. Le rythme d’activité de l’agence s’est accéléré et son réseau s’est étendu avec la précipitation des événements du Printemps arabe et la vague de révolutions qui a secoué la région. Témoin en est la correspondance secrète reproduite en fin d’article évoquant la revalorisation du salaire des espions dans la région arabe à partir du mois d’octobre 2011.

C’est le groupe de hackers Anonymous, lors d’une attaque de LulzXmas en décembre dernier, qui a réussi à pirater la messagerie de la société, mettant la main sur la liste des contacts et des millions de correspondances secrètes entre les agents, les responsables et les analystes de la société et qui les a remis à WikiLeaks.

Comment fonctionne STRATFOR ?

STRATFOR recueille les informations auprès d’un certain nombre de sources ouvertes comme les articles publiés sur Internet, dans les magazines, les sites sociaux et de chat ainsi que les études universitaires et gouvernementales non classées confidentielles. À cela s’ajoute un réseau de ressources humaines composé d’informateurs répartis autour du monde et ayant des antécédents dans le milieu sécuritaire, militaire, économique, informationnel ou académique. STRATFOR diffuse ses rapports sous forme de correspondances auprès de 300.000 abonnées et un peu plus de deux millions agents de courriels qui reçoivent gratuitement les «mises à jour» de la société.

Dans son activité du renseignement, STRATFOR compte sur un groupe d’agents appelés «sources» dont le travail consiste à recueillir les informations et à mobiliser d’autres agents. La «source» obtient un salaire modulable selon l’importance de l’information obtenue. Et ces «sources» travaillent selon la pratique traditionnelle du renseignement, soit sous couverture diplomatique, journalistique ou académique. Les rapports de la «source» sont envoyés périodiquement par le courrier électronique au secteur des «Analystes» qui procèdent à l’évaluation de l’information, son analyse et sa classification puis son envoi par courrier électronique à d’autres listes d’adresses selon la catégorie de l’information (économique, politique, sécuritaire, terrorisme, etc.), la localisation géographique (Moyen-Orient, Asie Centrale, Amérique Latine, etc.) et son importance (L’importance de l’information se classe entre des notes allant A à F, la note A représentant l’information importante et la note F l’information sans intérêt). Les sources sont, elles aussi, classées selon une gradation préétablie de conditions comme sa crédibilité et son degré d’investissement à servir la société en informations.

Le deuxième flux d’informations est véhiculé par les «Contrôleurs» (Monitors) qui compilent les articles et les études publiées sur les journaux et sur internet et les envoient à l’«Officier de contrôle».

Le travail de cet «Officier de contrôle» est central puisqu’il procède au filtrage et à la catégorisation des informations en provenance des «Contrôleurs» par le biais du groupe des «Analystes» et à partir des «sources». Par la suite, il se charge de les envoyer à un certain nombre de listings de courriels en vue d’évaluation et d’analyse. Certains de ces listings de messagerie sont confidentiels, réservés aux analystes et directeurs de la société, d’autres ne le sont pas, en ce sens qu’elles atterrissent chez tous les employés de la société en tant qu’information.

Ensuite vient le tour des analystes qui procèdent à la collecte de tous ces renseignements et informations puis les envoient au service de la rédaction se chargeant de la mission de mettre en forme les rapports de renseignement avant de les vendre aux clients de la société.

Cas de la Tunisie

Grâce à la coopération existant entre les sites Nawaat et WikiLeaks, Nawaat procédera les prochaines semaines, en partenariat avec le site de Julian Assange et 25 médias internationaux, à la publication de ce qui pourrait se révéler d’intérêt concernant l’activité de renseignement de cette société en Tunisie ainsi que la nature des sujets ayant retenu son attention et celui de ses espions dans notre pays.

Selon une première investigation dans le contenu de ces correspondances secrètes, Nawaat est parvenu à dénombrer quelque 5000 courriels ayant trait à la Tunisie parmi les cinq millions de courriels que comprend le corpus documentaire.

Le groupe Nawaat est aussi parvenu à identifier le principal agent des informateurs de cette société en Tunisie, un jeune d’origine européenne, apparemment de nationalité allemande, gérant son activité de renseignement à partir de la capitale et ayant le grade d’«Officier de contrôle» (Watch Officer).

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Augmentation du salaire de ME1
Date 17-10-2011 21:22:41
De: holly.sparkman@stratfor.com
À: bassetti@stratfor.com
Autres MessageId: <297576380.226029.1318879361850.JavaMail.root@core.stratfor.com>
En réponse à : 4E9C5652.3060306@stratfor.com
Texte
Est-ce que Don a eu ces e-mails? Il devrait.

De: “Rob Bassetti”
À: “payroll”
Envoyé le: Lundi, 17 octobre, 2011 11:22:42 AM
Objet: Augmentation du salaire de ME1

Vient juste recevoir un mot de Meredith pour augmentation salaire de ME1 à $6000 par mois, moitié imputée sur actuel département, moitié imputée sur 570 (Stratcap).

Source: http://nawaat.org/portail/2012/03/01/les-espions-de-stratfor-en-tunisie/
http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,11578.0.html

Les sales blagues de Bachar el-Assad

Le 18 juillet 2012

Les #SyriaFiles de WikiLeaks révèlent qu’avant le déclenchement de la révolution, Bachar el-Assad draguait son assistante avec des blagues salaces, et raillait, auprès de son beau-père, la taille respective des pénis de Nicolas Sarkozy, Benyamin Netanyahou et Barack Obama. Quand la révolution syrienne a commencé, il a cessé de blaguer, et viré conspirationniste.

Le 26 février 2011, 15 jours après la fuite (et la démission) d’Hosni Moubarak, qui dirigeait l’Égypte depuis 1981, Bachar el-Assad envoie un mail intitulé “Un nouveau mot dans le dictionnaire” :

Moubarak (verbe) : accrocher, coller quelque chose. Exemple : “je vais te frapper et te moubaraker au mur”, ou “tu peux moubaraker les différentes pièces pour les faire tenir ensemble”.
Moubarak (adjectif) : long à apprendre ou comprendre. Ex : “Pourquoi avez-vous besoin d’être aussi moubarak ?”
Moubarak (nom) : ex-petite amie psychotique qui n’arrive pas à comprendre que c’est fini.

Sur les 2 434 899 mails des Syria Files révélés par WikiLeaks et auxquels Owni a eu accès, on trouve 538 e-mails envoyés par sam@alshahba.com, l’adresse e-mail utilisée par Bachar el-Assad. La majeure partie d’entre-eux ont été envoyés avant le début de la révolution en Syrie, et concernent la gestion d’affaires internes, ainsi que de nombreux échanges avec la traductrice personnelle d’el-Assad.

On n’y trouve aucun secret d’État, pas de révélations sur la main-mise des services de sécurité syriens, non plus que sur le soutien de la Russie, de la Chine ou de l’Iran. Par contre, on y trouve des blagues, plusieurs dizaines, pour la plupart en anglais, que le président-dictateur syrien envoyait à ses proches collaborateurs, et notamment à sa traductrice.Certaines sont plutôt drôles ou raffinées, la majeure partie graveleuses et misogynes. A mille lieues de l’image glamour que le régime syrien et ses communicants cherchaient à donner du couple el-Assad en mettant en avant la belle et jeune Asma, épouse de Bachar, ces blagues révèlent un homme adepte de ces blagues que s’échangent les hommes d’un certain âge au sujet de leurs femmes vieillissantes, et d’un humour peu respectueux de la femme, tout comme de l’islam. Florilège.

Une pastèque dans le c…

En février 2010, dans un email intitulé “Les femmes qui savent rester à leur place” il raconte comment la journaliste américaine Barbara Walters s’était étonnée de voir les femmes afghanes continuer à marcher plusieurs pas derrière leurs maris, comme du temps des Talibans :

Pourquoi semblez-vous si heureuse de perpétuer cette vieille coutume que vous cherchiez pourtant désespérément à abolir ?

La femme regarde Mme Walters droit dans les yeux et, sans hésitation, lui répond : “les mines antipersonnelles”.

Moralité de l’histoire : derrière chaque homme, il y a une femme intelligente !

Le 16 mars 2010, Bachar el-Assad envoie une série de blagues en arabe, se moquant notamment de Haifa Wehbe, laissant entendre que le jour où la diva d’origine libanaise mourra, elle saura enfin de ce que cela fait de se coucher toute seule… entre autres plaisanteries de bon goût.

On y trouve aussi l’histoire d’un homme qui ne parvient pas à se défaire des vers qui rongent ses viscères. Un médecin lui propose alors de couper une pastèque en deux et de s’asseoir dessus, afin que son nectar attire les vers. L’un d’entre-eux vient de fait goûter la pastèque qui, effectivement, a très bon goût. Mais plutôt que d’attirer les vers, ces derniers crient au premier : “ramène-nous la pastèque !

Cochon entier et petite saucisse

Le 8 août à 18h24, Bachar el-Assad faisait suivre une chaîne mail intitulée “Longue vie aux célibataires“, compilation de citations anti-mariage :

Je n’ai pas peur du terrorisme. J’ai été marié pendant deux ans.

J’emmène ma femme partout, mais elle arrive toujours à retrouver le chemin du retour.

Nous nous tenons toujours par la main. Si je la laisse aller, elle entre dans les magasins.

Quatre minutes plus tard, à 18h28, Bachar el-Assad envoie un autre e-mail, titré “femmes âgées“, évoquant le fait que “pour chaque femme magnifique, intelligente, bien coiffée et sexy de plus de 40 ans, il y a un chauve bedonnant qui porte des pantalons jaunes et autres reliques en guise de vêtements, et qui devient gaga devant des serveuses de 22 ans” :

Mesdames, je suis désolé. A tous ces hommes qui disent : “mais pourquoi acheter une vache quand on peut avoir du lait gratuitement ?” sachez qu’aujourd’hui, 80% des femmes sont contre le mariage. Pourquoi ? Parce qu’elles réalisent que ce n’est pas la peine d’acheter un cochon entier pour n’avoir qu’une petite saucisse !

Le 20 octobre 2010, il envoie à sa traductrice “quelques calculs mathématiques“, que l’on retrouve sur le web sous l’intitulé Romance Mathematics :

Homme intelligent + femme intelligente = Romance
Homme intelligent + femme bête = aventure
Homme stupide + femme intelligente = mariage
Homme stupide + femme bête = grossesse

Un homme qui réussit gagne plus d’argent que sa femme ne peut dépenser.
Une femme qui réussit est celle qui peut trouver un tel homme.

Le 23 décembre, il fait suivre une série de blagues “Mari vs Femme” elle aussi copiée-collée sur les interwebs :

La femme : j’aimerais être un journal, pour être dans tes mains tous les jours.
Le mari : moi aussi j’aimerais bien que tu sois un journal, histoire d’en avoir un nouveau chaque jour.

Le 5 novembre, il transmet un “guide hormonal à scotcher sur le réfrigérateur” que “les femmes comprendront (et que) les hommes devraient mémoriser“, dont la version poster est beaucoup plus explicite et qui, en résumé, explique que pour ne pas avoir de problèmes avec les femmes, le mieux est encore de les enivrer :

Le 15 décembre, Bachar el-Assad transfert un mail intitulé “générosité britannique” que lui avait envoyé Fawaz Akhras, son beau-père, et qui raille l’aide internationale apportée au Pakistan après un tremblement de terre (imaginaire) ayant fait 2 millions de mort :

Les USA envoient des troupes. L’Arabie Saoudite du pétrole. La Nouvelle-Zélande des moutons, des bovins et de la nourriture. Les pays d’Asie du sud est de la main d’œuvre pour rebâtir les infrastructures. L’Australie du matériel et des équipes médicales.

Pour ne pas être en reste, la Grande-Bretagne renvoie ses deux millions de Pakistanais. God Bless British generosity…

Le Guardian, qui a consacré un article au sujet des conseils donnés par Fawaz Akhras à son beau-fils pour minimiser la portée du nombre de morts civils en Syrie, évoque également le fait que Bachar lui avait envoyé plusieurs autres blagues depuis son iPhone, dont une portant sur la taille respective des pénis de Nicolas Sarkozy, Benyamin Netanyahu et Barack Obama.

La blague postée en date du 28 décembre est tout aussi courte, percutante, que déplacée. Une nonne va voir sa mère supérieure pour lui annoncer qu’elle a été violée :

– Que dois-je faire ?
– Buvez ce thé, amer et sans sucre
– Cela me rendra-t-il mon honneur et ma pureté ?
– Non, mais cela devrait effacer l’expression de bonheur qu’arbore votre visage.

Le 31, une histoire où un gars vient demander à Bush et Obama, qui sont assis dans un bar, ce qu’ils sont en train de préparer :

Bush : Nous préparons la 3ème guerre mondiale.
le gars : vraiment, mais qu’est-ce qui va se passer ?
Bush : cette fois, nous allons tuer 140 millions de gens, ainsi qu’Angelina Jolie.
le gars : Angelina Jolie ? Mais pourquoi Angelina Jolie ?
Bush se tourne alors vers Obama : tu vois ? Je te l’avais bien dit, tout le monde s’en fout de ces 140 millions de gens !!!!!!!!!

“Woo-hoo, quelle aventure !”

Le 20 janvier, ce n’est pas une blague, mais une vidéo en noir et blanc, et en pièce jointe, façon comédie italienne d’antan, que Bachar el-Assad envoie par mail un spot publicitaire de la société Belgacom incitant ses abonnés à ne pas la quitter. On y voit une femme en-dessous s’affoler de l’arrivée de son mari, et son amant se cacher dans une valise. Le mari, croyant que sa femme le quittait, prend la valise et la jette par la fenêtre.

Le 25, Bachar el-Assad envoie une autre vidéo en pièce jointe : Reopen911.wmv (4.1MiB), résumé de plusieurs des thèses conspirationnistes entourant les attentats du 11 septembre.

Le lendemain, Hasan Ali Akleh s’immole par le feu afin de protester contre le gouvernement syrien, évènement considéré comme annonciateur, et en tout cas emblématique, du printemps syrien.

Le 1er mars 2011, 15 jours après les premières manifestations en Libye, et une semaine après le fameux discours télévisé où Mouammar Kadhafi où il promettait de “nettoyer la Libye maison par maison” de tous ces “mercenaires, rats, bandes criminelles et drogués” manipulés par Al-Qaïda et les Américains, Bachar el-Assad envoyait un nouvel e-mail :

Kadhafi a dit :
. hé, les gens, sans électricité, nous nous assiérons pour regarder la TV dans le noir
. je ne suis pas un dictateur qui bloque Facebook, mais j’arrêterais tous ceux qui s’y connecteront
. vous pouvez protester autant que vous le voulez, mais n’allez ni dans les rues ni dans les places
. je resterai en Libye jusqu’à ma mort, ou mon destin viendra à moi.

Le 2 mars 2011, Bachar el-Assad fait suivre les conseils d’un médecin qui préconise la sieste plutôt que l’exercice, conseille de boire de l’alcool (parce que le vin et la bière sont faits à partir de fruits et de céréales), de ne pas se restreindre sur les fritures et le chocolat (parce que faits à partir de légumes), déconseille la nage (“si la nage est bonne pour la ligne, expliquez-moi les baleines“) :

La vie ne doit pas être un long voyage destiné à arriver dans sa tombe avec une ligne et une condition physique excellente, mais plutôt une virée zigzaguante (du Chardonnay dans une main, du chocolat dans l’autre) où l’on crierait “woo-hoo, quelle aventure !” afin d’en finir complètement usé et épuisé.

Le 27 mars 2011, alors que le mouvement de libération prend de l’ampleur, et que l’AFP avance que plus d’une centaine de manifestants ont été tués par la police, un proche collaborateur de Bachar el-Assad lui envoie un mail particulièrement obséquieux lui expliquant qu’une étude aurait démontré que le cœur de la quasi-totalité des 24 millions de Syriens battrait pour Bachar el-Assad, et qu’il est impossible de geler ses avoirs puisqu’ils ne sont pas en Suisse, mais dans le cœur des Syriens…

Le 28, Bachar el-Assad fait suivre une image montrant comment la photo de gens manifestant avec le drapeau syrien en soutien au président syrien a été manipulée pour que l’on croit qu’ils réclament son départ.

Le 31, un autre collaborateur lui envoie un mail intitulé ‘J’ai aimé cette chanson” avec, en pièce jointe, une chanson (sirupeuse) attribuée (à tort) à Mick Jagger composée sur un vieux synthé et répétant (en anglais) “Bashar, We Love You“.

Le 25 juillet, il fait suivre la version traduite en arabe d’une vidéo, en français, intitulée “Sarkozy, combien d’enfants as-tu tué cette nuit ?“, l’accusant d’être responsable de la mort d’enfants tués lors d’un bombardement de l’OTAN en Libye, réalisée par Michel Collon, un journaliste belge considéré comme proche des réseaux français au service de la Syrie1 qui, après avoir publié un essai sur les “médiamensonges” de l’OTAN en Libye, a récemment préfacé un ouvrage similaire consacré, cette fois, au plan “Syriana” de remodelage du Moyen-Orient par la CIA.

Le 24 septembre, il envoie un lien vers une vidéo (en arabe) sur la proximité supposée entre Al Jazeera et la CIA. Censurée depuis, on la retrouve facilement en cherchant les mots-clefs “الجزيرة والمخابرات الأمريكية.. مين بيلعب فى دماغنا ؟؟“.

Le dernier e-mail de Bachar el-Assad présent dans les #SyriaFiles de WikiLeaks est un copié-collé d’un article de Wayne Madsen, un ancien militaire américain devenu journaliste spécialiste des services de renseignement, proche du Réseau Voltaire et conspirationniste.

Dans cet article, basé sur “plusieurs sources fiables“, Madsen affirme que l’ancien ambassadeur des États-Unis en Syrie a été chargé de recruter des “escadrons de la mort” auprès d’unités affiliées à Al-Qaïda et de les envoyer se battre contre les soldats et policiers fidèles au régime syrien. Il affirme également que ces terroristes ne se sont pas contentés d’attaquer les forces loyalistes, mais également de massacrer des civils, afin d’accuser, avec l’aide du Mossad, le gouvernement syrien.

Et cette histoire de CIA qui recrute des terroristes d’Al-Qaïda pour tuer des civils avec l’aide du Mossad, pour Bachar el-Assad, ce n’était pas une blague.


A noter que le Fonds de Défense de la Neutralité du Net, émanation du French Data Network, premier FAI indépendant français, vient de faire sauter le blocus financier de Wikileaks, et qu’il est donc de nouveau possible de lui faire un don par carte bancaire.Merci à Salam Houssam Aldeen, pseudonyme d’un journaliste syrien en exil à Paris (qui cherche du travail : contactez presse AT OWNI.fr), ainsi qu’à Pierre Leibovici (@pierreleibo sur Twitter), qui m’ont beaucoup aidé à plonger dans ces #SyriaFiles.
Photo trouvée dans les mails de Bachar el-Assad, illustration et couverture par Loguy pour Owni /-)

  1. l’auteure de cet article, Hala Kodmani, une journaliste franco-syrienne, ex-rédactrice en chef à France 24, et responsable de la rubrique Syrie à Libération, est aussi la sœur de Bassma Kodmani, porte-parole du Conseil national syrien -organe de l’opposition syrienne basé à Paris-, et préside l’association française Souria Houria -Syrie Liberté-, “groupe de soutien à la révolte du peuple syrien” qui milite pour le renversement du régime de Bachar el-Assad. []

Source: http://owni.fr/2012/07/18/les-sales-blagues-de-bachar-el-assad/ et http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,13062.0.html

Re: Jim Johnson et professeure Maxine Isaacs

Courriel-ID   2120006
Date   2010-05-19 02:53:23
De: b.shaaban@mopa.gov.sy
À: b.shaaban@mopa.gov.sy, MINDYK@brookings.edu

Le vendredi 14/05/10 5:37 PM, Martin Indyk (MINDYK@brookings.edu) écrit :

Cher Bouthaina,

J’espère que ce message vous trouvera bien. Certains de mes proches amis seront en visite touristique à Damas du 25 au 29 mai. Toutefois, ce sont des gens influents à Washington et je pense que vous et Walid bénéficieriez de les rencontrer comme ils pourraient certainement bénéficier de vous rencontrer. Jim était le chef d’état-major du vice-président Walter Mondale dans l’administration Carter. Il a également siégé en tant que Président de la Brookings Institution. J’ai joint son curriculum pour que vous puissiez obtenir une image plus complète. Simplement, il est très influent dans l’administration Obama à la Maison-Blanche et auprès du Parti démocrate. Sa femme, Maxine Isaacs, est professeure à l’université Harvard, à la Kennedy School of Government, où elle enseigne le rôle des femmes dans la politique étrangère! Donc, vous pouvez voir pourquoi j’ai pensé immédiatement les mettre en contact avec vous quand ils m’ont dit qu’ils allaient visiter Damas.  Je vous serais très reconnaissant si vous aviez le temps de les rencontrer et pour les introduir auprès de Walid.

Avec mes meilleurs vœux, Martin.

Réponse de Raghad Al-Mahrous adjoint du Dr Bouthaina Shaaban.

Cher Ambassadeur Indyk,

Dr Bouthaina Shaaban vous remercie pour votre courriel et dit qu’elle veut bien rencontrer M. James Johnson et son épouse, Mme Maxine Isaacs. Dr Shaaban dit qu’elle souhaite les accueillir pour le dîner sur l’une des dates suivantes: mardi 25, mercredi 26, jeudi 27. Veuillez nous faire savoir quelle option ils préfèrent de telle sorte que nous puissions nous organiser en conséquence. Ci-dessous vous pouvez trouver les numéros de bureau du Dr Shaaban pour votre et leurs dossiers: ligne terrestre directe: +963-11-3341716, opérateur: +963-11-3333334, Fax: +963-11-3341725.

Cordialement, Raghad Al-Mahrous adjoint du Dr Bouthaina Shaaban

Document original à consulter sur : http://wikileaks.org/syria-files/docs/2120006_re-jim-johnson-and-professor-maxine-isaacs.html et sur le forum WikiLeaks : http://www.wikileaks-forum.com/index.php?topic=13016.new#new

The GIFiles : La France espionnée par les contrôleurs de STRATFOR

Le lundi 27 février, WikiLeaks a lancé la publication des « Global Intelligence Files » (petits papiers du renseignement mondial), plus de 5 millions d’emails de la société de renseignement privée Stratfor, basée au Texas. Les emails couvrent une période allant de juillet 2004 à fin décembre 2011. Ils révèlent le fonctionnement interne d’une entreprise qui annonce être un service de renseignement privé, mais qui fournit des services de renseignement confidentiels à de grandes entreprises, comme Dow Chemical Corporation à Bhopal (Inde), Lokheed Martin, Northrop Grumman, Raytheon, ainsi qu’à des agences gouvernementales, telles que le Département de la Sécurité intérieure des États-Unis (DHS), les « Marines » et l’Agence du renseignement pour la défense (DIA). Les emails dévoilent le réseau d’informateurs de Stratfor, sa structure de financement, les techniques de blanchiment d’argent et les méthodes psychologiques employées.

Comment fonctionne STRATFOR ?

STRATFOR ou STRATEGIC FORECASTING recueille les informations auprès d’un certain nombre de sources ouvertes comme les articles publiés sur Internet, dans les magazines, les sites sociaux et de chat, ainsi que les études universitaires et gouvernementales non classées confidentielles. À cela s’ajoute un réseau de ressources humaines composé d’informateurs répartis autour du monde et ayant des antécédents dans le milieu sécuritaire, militaire, économique, informationnel ou académique. STRATFOR diffuse ses rapports sous forme de correspondances auprès de 300.000 abonnées et un peu plus de deux millions d’agents de courriel qui reçoivent gratuitement les «mises à jour» de la société.

Image

Dans son activité de renseignement, STRATFOR compte sur un groupe d’agents appelés «sources» dont le travail consiste à recueillir les informations et à mobiliser d’autres agents. La «source» obtient un salaire modulable selon l’importance de l’information obtenue. Et ces «sources» travaillent selon la pratique traditionnelle du renseignement, soit sous couverture diplomatique, journalistique ou académique. Les rapports de la «source» sont envoyés périodiquement par le courrier électronique au secteur des «Analystes» qui procèdent à l’évaluation de l’information, son analyse et sa classification, puis à son envoi par courrier électronique à d’autres listes d’adresses selon la catégorie de l’information (économique, politique, sécuritaire, terrorisme, etc.), la localisation géographique (Moyen-Orient, Asie Centrale, Amérique Latine, etc.) et son importance (l’importance de l’information se classe entre des notes allant A à F, la note A représentant l’information importante et la note F l’information sans intérêt). Les sources sont, elles aussi, classées selon une gradation préétablie de conditions comme sa crédibilité et son degré d’investissement à servir la société en informations.

Le deuxième flux d’informations est véhiculé par les «Contrôleurs» (Monitors) qui compilent les articles et les études publiées sur les journaux et sur internet et les envoient à l’«Officier de contrôle ».

Le travail de cet «Officier de contrôle» est central, puisqu’il procède au filtrage et à la catégorisation des informations en provenance des «Contrôleurs» par le biais du groupe des «Analystes» et à partir des «sources». Par la suite, il se charge de les envoyer à un certain nombre de listings de courriels en vue d’une évaluation et d’une analyse. Certains de ces listings de messagerie sont confidentiels, réservés aux analystes et directeurs de la société, d’autres ne le sont pas, en ce sens qu’elles atterrissent chez tous les employés de la société en tant qu’information.

Ensuite vient le tour des analystes qui procèdent à la collecte de tous ces renseignements et informations, puis les envoient au service de rédaction se chargeant de la mission de mettre en forme les rapports de renseignement avant de les vendre aux clients de la société. (Source : www.nawaat.org un des 25 médias partenaires de WikiLeaks).

 

Image

L’email ayant l’ID 286265, envoyé le 21 juillet 2009 à zucha@stratfor.com nous présente les guides du contrôleur de Stratfor répartis autour du monde. Le guide complet est composé de 6 fichiers (en anglais), chacun de ces fichiers est destiné aux guides dans une région précise.

Stratfor a divisé le monde en cinq régions, l’Europe-Asie, le Moyen-Orient et l’Asie centrale, l’Afrique, l’Asie orientale et l’Amérique latine ; aujourd’hui, on va présenter une partie du guide destiné aux contrôleurs dans la région Europe-Asie, la partie qui concerne les contrôleurs en France.

Le document original du site WikiLeaks et accessible ici.

FW: Guide du Contrôleur (Monitor).

Email-ID 286265
Date 2009-07-21 02:01:51
A zucha@stratfor.com

Fichiers attachés.

# Nom du fichier Volume
20529 20529_Eurasia.doc 117.5KiB
20531 20531_mesa.doc 123.5KiB
20532 20532_Africa.doc 144KiB
20534 20534_East Asia.doc 121.5KiB
20537 20537_briefers.doc 43KiB
20539 20539_Latam.doc 107KiB

FRANCE :

Sécurité

  • Protestations des musulmans, les groupes musulmans, tout sur les musulmans… Cela inclut également tous les mouvements du gouvernement pour freiner le port du foulard et les interdictions de constructions de mosquées.
    Les attaques de l’extrême-droite anti-migrants. Déclarations des groupes politiques d’extrême droite.
    Les actions des syndicats, toutes les allusions à d’éventuelles émeutes ou grèves.
    Le crime organisé dans le sud de la France, toute information en relation avec Marseille.
    Les nouvelles lois et règlements anti-terroristes.
    Les mouvements séparatistes :  Basques et Corses.

Politique

  • Toutes les élections doivent être surveillées attentivement, y compris les élections régionales mineures qui peuvent annoncer des changements dans l’opinion publique.
    Nous avons besoin de surveiller ce qui se passe avec le Parti socialiste. Guerre de leadership et ainsi de suite.
    Les choses qui peuvent sembler être des histoires d’ « intérêt humain », comme qui couche avec qui et ainsi de suite, important en France. Je voudrais savoir si quelqu’un avait des aventures au sein du (texte manquant, ndlr).
    Surveillez tout ce que le Ministre de l’Intérieur dit, il contrôle une grande partie de ce qui se passe dans le pays, en plus est en charge de l’appareil de sécurité intérieure, qui est probablement le plus puissant en Europe.
    Traquez les mouvements antimondialisation, ATTAC et autres ONG.
    Tous signes d’éventuelles acquisitions militaires ou de réarmement.

Relations Internationales

  • La France a des relations avec TOUT LE MONDE. Nous avons besoin de savoir où les responsables français du Ministère des Affaires Etrangères vont et ce qu’ils font là-bas.
    La France et l’Afrique, bien qu’il y ait beaucoup moins d’activité de la France en Afrique, ils ont encore beaucoup d’intérêts clés, surtout dans des endroits comme le Niger où Areva dirige pratiquement le pays. Mais la nouvelle base française aux Emirats Arabes Unis est emblématique d’une réévaluation française de sa politique étrangère, dans les deux activités à cette nouvelle base et le mandat d’évolution dans l’ensemble, en regardant de près.
    Tout ce qui se passe entre la France et l’Iran est d’un intérêt particulier.

Relations U.S./France :

  • Nicolas Sarkozy est une bonne impulsion sur ce qui se passe en France, particulièrement en ce qui concerne les États-Unis. Essayons d’avoir une idée de ce qu’il pense sur les États-Unis.
    Toutes les initiatives prises par la France sur l’Iran, la Russie, la Corée du Nord, l’Afrique, qui pourrait être faites à la demande des États-Unis. Nous devons être conscients de ce que fait la France et ce qu’elle pourrait faire pour les États-Unis.
    Concurrence entre Airbus et Boeing.
    Concurrence entre Areva et GE (pas vraiment une compétition, Areva a botté le cul de GE).

Relations Russie/France :

  • Toutes les visites de dirigeants français en Russie.
    Affaires commerciales, en particulier le secteur de l’énergie doit être surveillé attentivement.
    Les actions françaises dans la périphérie russe (Caucase, Asie centrale, la Biélorussie) doivent être suivies attentivement.

Relations Union Européenne/France :

  • Ce que dit Sarkozy sur le dernier président de l’Union Européenne.
    Tout signe de clivages entre la France et l’Union Européenne. Comme avec l’Allemagne: surveiller toutes les déclarations qui semblent inhabituelles, ou qui semblent en confrontation soit avec la Commission Européenne, la France, la Banque Centrale Européenne, ou la Cour de Justice de l’Union Européenne. Les déclarations du premier ministre sont particulièrement importantes.
    Les agendas soutenus par la France à l’intérieur de l’Union Européenne ? En relation avec l’énergie nucléaire.

Économie :

  • Nous sommes au milieu de la récession, TOUT est essentiel. Lorsqu’une nouvelle donnée sera publiée, elle devra être portée à notre attention.
    Les faillites et les sauvetages bancaires sont importants.
    Toutes les affaires nucléaires ou militaires à l’étranger.

STRATFOR.

Ici pour consulter l’article original – auteur, W:
https://operationleakspin.wordpress.com/2012/03/02/the-global-intelligence-files-la-france-espionnee-par-les-controleurs-de-stratfor/

Et ici sur le forum de WikiLeaks: http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,9010.0.html

WikiLeaks déshabille Stratfor

Le 27 février 2012

En partenariat avec WikiLeaks, OWNI met en évidence le fonctionnement de l’un des leaders du renseignement privé, la société Stratfor, basée au Texas. Sorte de mercenaire du renseignement, particulièrement soucieux de ses secrets de fabrication. Cinq millions de courriers de cette société seront progressivement mis en ligne par WikiLeaks.

WikiLeaks met à jour la correspondance d’une des plus importantes entreprises de renseignement privé au monde, Stratfor, en partenariat, notamment, avec Rolling Stones aux États-Unis, la chaîne ARD en Allemagne, la Republica et l’Espresso en Italie, Publico en Espagne et OWNI en France.

À travers cette opération, WikiLeaks met en place une base de données de cinq millions d’emails, rédigés entre juillet 2004 et décembre 2011, et décrivant les petits secrets de cette société très particulière, basée à Austin au Texas, et fondée en 1996. Autour d’elle gravitent d’anciens agents secrets, d’ex-diplomates, des militaires en retraite, ou des fonctionnaires en poste soucieux de préparer leurs vieux jours.

Au mois de décembre dernier, des Anonymous avaient expliqué qu’ils avaient pénétré sur les serveurs de cette entreprise chef de file du secteur aux États-Unis, et qu’ils avaient pu copier quantité de fichiers permettant de mieux connaître ses activités.

Fabrication du renseignement privé

À terme, l’exploitation de la base de données constituée par WikiLeaks devrait mettre à jour les procédés de fabrication du renseignement privé, facturé par Stratfor aux plus offrants dans des proportions industrielles (à des entreprises comme à des administrations, dans le monde entier), entretenant des liens pour le moins ambigus avec les services étatiques.

Dans un premier temps, nous avons voulu comprendre les supports et la matière première des notes et des rapports vendus par l’entreprise. Car elle apporte un soin tout particulier à son marketing, volontairement construit dans un registre proche de celui de l’espionnage.

Ainsi, dans cet échange d’emails du 1er octobre 2009 entre plusieurs hauts responsables de l’entreprise, il est question de diffuser des informations brutes en direction des clients. Après quelques réflexions, la réponse des dirigeants résume le décalage entre l’image d’une telle société – teintée de mystère – et la réalité de son fonctionnement :

« Du point de vue de la marque, fondée sur la Qualité, le Statut et l’Aura mystique, je pense que montrer trop de notre travail interne dévaluerait notre aura mystique. Personne ne sait comment nous collectons nos informations. C’est l’un des aspects les plus cools et mystérieux de Stratfor. Rendre public de l’information brute serait cool pour quelques semaines, mais cela rendrait notre travail plus attendu et nous perdrions un peu de notre aura mystique sur la collecte d’informations. »

Officiellement, Stratfor se targue de diffuser des informations confidentielles, mais les messages internes montrent qu’une gradation existe. La note A sanctionne une information qu’on “ne peut trouver nulle part ailleurs” et la note B une information disponible uniquement “dans des cercles limités”. Les autres notes renvoient à des informations accessibles dans des sources ouvertes avec une analyse pertinente qui fait leur valeur ajoutée (note C), dont le contenu est resté néanmoins peu connu (note D), ou qui est accessible à de nombreux endroits différents (note F).

Dans les correspondances internes, les analystes ajoutent plusieurs champs quand ils rapportent leurs échanges avec des sources: son code, l’attribution (comment citer le source), une description de la source pour un usage interne, la possibilité de publier l’information ou non, des précautions particulières et le nom de la personne chargée du suivi.

Ministres et sources ouvertes

Dans la réalité de ses échanges au quotidien cependant, peu de sources de Stratfor justifient un tel mystère. D’abord, dans la majorité des cas, il s’agit simplement d’articles lus sur des sites. Quand ce n’est pas le cas, les fonctions et qualités des sources apparaissent au fil de la lecture. Il s’agit de journalistes, d’hommes d’affaires, parfois de membres de la communauté du renseignement ou de l’armée, plus rarement de diplomates ou d’hommes politiques.

Ainsi, le 2 septembre 2011, un analyste raconte son entretien avec le Premier conseiller et l’attaché de défense de l’ambassade tchèque à Washington. Le Premier conseiller devait devenir secrétaire d’Etat aux affaires étrangères. Un entretien en off sur le rôle de l’Otan qui sera attribué à des sources de Stratfor à Prague et à Washington.

Le directeur de Stratfor, Georges Friedman, a accès à des sources plus haut placées, mais qui partagent davantage des analyses que des informations précises. Dans un email daté du 20 février 2010, il raconte une réunion avec Henry Kissinger, l’ancien secrétaire d’État de Reagan, Paul Volcker, ancien directeur de la réserve fédérale américaine et ancien conseiller d’Obama, ainsi que Nicholas Brady, secrétaire d’Etat au trésor sous Reagan et Bush. En juillet 2011, il mentionne un entretien avec le ministre des affaires étrangères du Kazakhstan à propos de la situation régionale.

Néanmoins, la plupart des échanges se fonde sur des informations obtenues en sources ouvertes. Les discussions tentent ensuite de faire émerger une analyse pertinente et inédite de la situation, en mêlant des informations difficiles à étayer.

Dans un email du 13 septembre 2010, un analyste, Sean Noonan, envoie un article de The New York Observer sur la construction d’un centre islamique à proximité de Ground Zero. Un autre, Fred Burton, lui répond que l’imam responsable du projet est un informateur du FBI, une affirmation difficilement vérifiable, mais qui modifie le sens de l’article.

Sources ouvertes

De manière bien plus ordinaire donc, ce sont des sources ouvertes qui servent à rédiger des fiches synthétiques pour des clients prêts à dépenser beaucoup d’argent pour se sentir informés. En septembre 2009 par exemple, Stratfor rédige deux rapports sur les offres formulées au Brésil par trois fabricants d’avions de chasse.

Mais ces documents de 7 et 17 pages reprennent en réalité des articles de presse récents consacrés aux propositions commerciales du Suédois Saab et du Français Dassault, ainsi que des extraits de leur site Internet.

En février 2008, des recherches sur le secteur de l’industrie chimique sont commandées. Le client, dont le nom n’est pas précisé, veut des informations sur “les risques actuels ou futurs” que pourraient courir des entreprises du secteur. En particulier, l’attention est portée sur le prix du pétrole, le risque de nationalisation dans certains pays et la législation en vigueur sur les produits chimiques. Des informations disponibles en source ouverte.

Stratfor se nourrit aussi de documents obtenus avant publication. Un analyste de la section Eurasie envoie ainsi un rapport de l’agence de notation Moody’s sur la crise de la dette irlandaise avant sa sortie officielle.

Meilleure note

Le classement des quelques sources fermées, laissant supposer des liens ambigus avec des personnes en poste dans des services de renseignement étatique, obéit à d’autres règles. Sont pris en compte la vitesse de réaction à une demande (“Source Timeliness”), le degré de proximité avec le sujet traité (“Source accessibility”), et la disponibilité (“Source availability”). De même pour la qualité des informations transmises.

La crédibilité et l’exclusivité (“Uniqueness”) sont aussi mesurés. Chaque catégorie est ensuite notée sur une échelle de A (la meilleure note) à F (la plus mauvaise), sans utiliser le E. Une source répondant dans les 24 heures sera créditée d’un A, tandis qu’une source dont on a de “la chance de recevoir une réponse tout court” hérite de la plus mauvaise note.

Le degré de proximité commence à “la connaissance intime” d’un sujet (note A). Vient ensuite la connaissance proche (“demander à quelqu’un de l’industrie pétrolière son avis sur le gaz naturel”). Le classement le plus bas renvoie à “quelqu’un qui n’a aucune connaissance du tout d’une industrie en particulier”.  L’information que l’on peut “déposer à la banque” a la meilleure note de crédibilité. La plus mauvaise sanctionne celle qui “s’apparente à de la désinformation”.

Rumeurs

Le champ d’expertise de Stratfor se veut large. Il va de l’intelligence économique à la géopolitique. Mais l’agence de renseignement privé traite aussi de politique intérieure, en diffusant des messages dans lesquels les interlocuteurs ne semblent pas discerner entre la rumeur et l’information vérifiée. Ainsi, au lendemain de l’élection présidentielle américaine de 2008, un responsable rapporte que John McCain, candidat républicain malheureux, a décidé de ne pas entamer de poursuites pour des cas de fraudes en Ohio et en Pennsylvanie car ce “serait au détriment [du] pays”.

Deux jours plus tard, un autre message revient sur les conditions du scrutin. Fred Burton, un haut responsable de Stratfor, affirme que des “Démocrates noirs ont été surpris en train de bourrer les urnes à Philly [Philadelphie, NDLR] et dans l’Ohio” mais il assure que McCain aurait choisi de ne pas se battre, ce qui ne ferait pas consensus au sein de son parti.

Une hypothèse qui, ainsi formulée, tient quasiment de la conspiration. Au-delà de l’aura de mystère, de tels messages laissent planer sur la production de ce marchand d’études des risques et d’analyses géopolitiques comme une aura d’esbroufe.

Sources: http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,8958.0.html et http://owni.fr/2012/02/27/stratfor-wikileaks-gi-files/

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