Un personnage lié à WikiLeaks dit qu’un démocrate « dégoûté » a fuité les emails de la campagne Clinton

Washington Times, Dave Boyer, 14/12/2016

craigmurray_c0-194-1234-913_s885x516Un personnage lié à WikiLeaks prétend qu’il a reçu les emails de la campagne Clinton d’un lanceur d’alerte démocrate « dégoûté », tandis que la Maison Blanche a continué d’accuser des hackers russes, mercredi, de s’être mêlés aux élections présidentielles et a affirmé que Donald Trump était « évidemment conscient » des efforts de Moscou en son nom.

Craig Murray, ancien ambassadeur britannique en Ouzbékistan et associé proche du fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, a déclaré dans un article du Daily Mail qu’il avait pris l’avion pour Washington pour un transfert clandestin avec l’une des sources des emails, en septembre.

Il a dit avoir reçu un paquet dans une zone boisée près de l’université américaine. »Aucune [des fuites] ne vient des Russes », a déclaré M. Murray au journal britannique. « La source avait un accès légal à l’information. Les documents provenaient de fuites internes, pas de piratages ».

Lire la suite: http://www.washingtontimes.com/news/2016/dec/14/craig-murray-says-source-of-hillary-clinton-campai/

C’est confirmé: des agents du renseignement américain ont divulgué les emails de la campagne Clinton, pas la Russie

021116emailsDes initiés tentent de sauver l’Amérique d’une présidence d’Hillary

Infowars, Paul Joseph Watson et Alex Jones, 02/11/2016

Il est maintenant clair, venant de nombreuses sources, que le piratage Podesta ayant conduit Wikileaks à publier des dizaines de milliers d’emails de la campagne Clinton, ainsi que d’autres piratages ciblant le Parti démocrate, ont été le travail d’agents du renseignement américain tentant de sauver l’Amérique d’une présidence Clinton.

La campagne Clinton a plusieurs fois insinué que des agents russes étaient responsables de la divulgation des emails, mais la réalité est bien différente.

Les hackers étaient des individus préoccupés qui étaient alarmés par la corruption rampante d’Hillary Clinton et par la mauvaise gestion des documents classifiés dès 2009, lorsque les responsables de l’Administration nationale des Archives et des Registres (NARA) ont pris connaissance des violations de procédures de tenue de dossiers au Département d’Etat sous la Secrétaire Clinton.

Les sources qui ont parlé en privé à Alex Jones, mais qui ne veulent pas être nommées, ont confirmé que les agents du gouvernement et du renseignement ont travaillé en tandem pour fournir à l’organisation de Julian Assange les emails Podesta.

Cette [version] est soutenue par l’ancien ambassadeur britannique Craig Murray, qui a été informé par des personnes internes à la sécurité que la fuite d’emails « vient de l’intérieur des cercles officiels de Washington DC. »

Lire la suite: http://www.infowars.com/confirmed-us-intel-operatives-leaked-clinton-campaign-emails-not-russia/

Source: https://twitter.com/PrisonPlanet/status/793841161982980096

WikiLeaks publie la vidéo d’Assange à l’Oxford Union

WikiLeaks a publié sur sa chaîne officielle Youtube la vidéo de l’intervention de Julian Assange à l’Oxford Union, le 23 janvier 2013. Celui-ci a parlé des publications de WikiLeaks, des documents de la guerre en Irak, de sa situation de réfugié politique à l’ambassade d’Équateur. Il a aussi évoqué les révélations pour 2013, des révélations qui concerneraient aussi le gouvernement du Royaume-Uni.

Dans la première version de la vidéo, l’Oxford Union a censuré le fond d’écran qui faisait apparaître, derrière Julian Assange, les images de la vidéo « Collateral Murder ». Pendant son discours, devaient ainsi apparaître les images de la guerre en Irak. WikiLeaks a dénoncé cette censure sur son compte Twitter. Désormais, la vidéo est disponible sur le compte officiel de WikiLeaks, dans sa version non-censurée.

Comme le rappelle le Guardian, si le journal a « difficilement trouvé des alliés » d’Assange à l’extérieur de la salle, l’Oxford Union était pourtant remplie de 400 personnes venues parfois de très loin pour l’écouter, pour le soutenir et pour en savoir plus que ce qu’on entend dans les médias officiels. Les personnes présentes à l’Oxford Union ont pu poser des questions à la fin du discours. Parmi ces 400 personnes, étaient présents à l’avant du public: les « Associés Sam Adams » pour l’intégrité dans le renseignement, Ann Wright, colonel de l’armée américaine à la retraite et agent du service extérieur du département d’Etat américain, Ray McGovern, analyste retraité de la CIA, Elizabeth Murray, analyste retraitée de la CIA, Coleen Rowley, agent retraitée du FBI, Annie Machon, ancien officier de renseignement du MI5 (Military Intelligence, section 5), Thomas Drake, ancien fonctionnaire de la NSA (National Security Agency), Craig Murray, ancien ambassadeur britannique, David MacMichael, analyste retraité de la CIA, Brady Kiesling, ancien officier du service extérieur, au département d’Etat américain, Todd Pierce, major de l’armée américaine à la retraite, juge-avocat, au conseil de la défense de Guantanamo.

Toutes ces personnes étaient venues assister à la remise du 10ème prix « Sam Adams Award » un prix remis par les « Associés Sam Adams » et qui récompense une personnalité du renseignement ayant défendu l’intégrité et l’éthique au cours de sa mission. Le nom de ce prix vient de Sam A. Adams, lanceur d’alerte de la CIA pendant la guerre du Vietnam. Cette année, le bénéficiaire du prix a été Thomas Fingar, pour son travail à la supervision de la National Intelligence Estimate, en 2007, qui a révélé l’absence d’un programme militaire nucléaire iranien depuis 2003.

Source: http://www.guardian.co.uk/media/2013/jan/29/assange-allies-oxford-union

L’ancien ambassadeur britannique Craig Murray s’exprime sur Assange


L’affaire Assange

Par craig, 2 septembre, 2012, 11:32 dans Entrevues

Un grand merci en effet à “Me in Us” pour cette transcription.

00:12 ONN : Bonjour. Nous sommes ici aujourd’hui à la maison de Craig Murray, le lanceur d’alerte et ancien ambassadeur en Ouzbékistan. Craig, je vous remercie d’être ici avec nous sur ONN aujourd’hui. Le dimanche, vous avez parlé publiquement en défendant Julian Assange dans un discours devant l’assemblée équatorienne. Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous lever et d’être compté comme parmi ses partisans?

Craig Murray : Eh bien, la raison principale est que j’ai été moi-même un lanceur d’alerte, actif avec d’autres lanceurs d’alerte, et j’ai vu tant de lanceurs d’alerte soumis à de fausses accusations, et dès que quelqu’un donne l’alerte, en particulier sur les aspects, si vous voulez, de la politique étrangère et de guerre des néoconservateurs, vous allez être une cible et vous allez être diffamé avec de fausses accusations, et si vous êtes un homme, je pense que dans tous les cas ces accusations vont impliquer des allégations sexuelles. Alors je pourrais juste voir, si vous voulez, un déni de justice dans ce processus, et je voulais faire quelque chose que je peux pour aider à y mettre fin.

01:16 ONN : Vous avez dit que les personnes qui sont des lanceurs d’alerte ne sont pas accusées de délits politiques, ils sont accusés avec des délits criminels. Souhaitez-vous nous en dire plus à ce sujet?

Craig Murray : Oui, certainement, et je vais vous donner quelques exemples. James Yee, qui était aumônier à Guantanamo Bay, il a dénoncé les actes de torture et de mauvais traitements de détenus à Guantanamo Bay. Il a d’abord été accusé d’espionnage et des actes d’espionnage au profit d’un pays étranger. Ensuite, ces accusations ont été abandonnées et il a été accusé d’adultère, ce qui, apparemment, en vertu du droit militaire américain est un délit, et il a été accusé d’avoir eu de la pornographie sur son ordinateur du gouvernement, au travail, et il a été reconnu coupable de ces deux choses, et puis plus tard la condamnation a été annulée.

La brigadière Janis Karpinski était la dame en charge de tous les prisonniers de guerre irakiens en Irak, et pas seulement à Abou Ghraib. Elle était en charge de toutes les installations militaires. Elle n’était pas vraiment à Abou Ghraib, et en fait, elle avait seulement été à Abou Ghraib une fois. Lorsque l’histoire a éclaté à propos de toutes les tortures à Abou Ghraib, elle s’avança et elle a dit qu’elle avait personnellement vu un document signé par Donald Rumsfeld détaillant les formes de torture qui devaient être utilisées à Abu Ghraib, y compris les positions de stress, y compris la menace de prisonniers nus avec des chiens. Elle a dit que ces techniques ont été détaillées dans le document qui a été signé par Donald Rumsfeld. Elle a été rappelée aux Etats-Unis, et le jour suivant son retour aux États-Unis, elle a été surprise en train de voler à l’étalage et accusée de vol à l’étalage.

Scott Ritter a été inspecteur d’armes irakiennes dans la même équipe ONU avec David Kelly. Il était capitaine dans la marine américaine. Il a déclaré qu’il n’y avait pas d’armes de destruction massive irakiennes. À son retour aux États-Unis, il a été emprisonné dans un piège de miel sexuel, via l’ordinateur, par un agent du FBI, et cela a été admis en justice, que c’était un agent du FBI qui l’a piégé.

03:51 ONN : Pour ceux qui ne connaissent pas, qu’est-ce que ce terme « piège de miel » signifie?

Craig Murray : Un piège de miel, c’est quand vous mettez, si vous voulez, un leurre sexuel dans le but d’attraper quelqu’un, pour inciter quelqu’un à un acte sexuel qu’il pourrait autrement ne pas avoir commis, si vous n’aviez pas mis une tentation sur son chemin. C’est un terme fréquemment utilisé dans les cercles d’espionnage et cercles diplomatiques, parce que c’est une technique bien connue des services de sécurité. Et Scott Ritter est tombé dans ce piège de miel et il a été en fait reconnu coupable de pédophilie, parce que même si l’agent concerné était une femme adulte, elle utilisait la profil Internet d’une personne mineure. Mais – et le cas de Scott Ritter est le seul où je pense qu’il peut y avoir une part de vérité dans ces allégations, et dans son cas, ça n’aurait pas eu lieu – tout cela ne serait pas arrivé si le FBI n’avait pas mis cette situation en place et sorti pour le chercher.

Et je dois dire que ce sont tous des gens que je connaissais personnellement. Deux d’entre eux sont des gens que je connaissais avant qu’ils soient accusés. Et cela arrive à tout le monde. Et la même chose m’est arrivé. J’ai sonné l’alarme sur la complicité britannique dans la torture, la complicité du MI6 dans la torture en Ouzbékistan et sur les restitutions extraordinaires. J’ai été immédiatement accusé d’allégations sexuelles, en effet avec l’extorsion sexuelle des demandeurs de visa. Il m’a fallu, vous savez, 18 mois de véritable enfer, pour être honnête, pour laver mon nom. Parce que, vous savez, je sais que lorsque les gens jettent ce genre d’allégations sur vous, cela ternit votre nom à jamais. Il est très facile de détruire la réputation de quelqu’un par des allégations sexuelles.

Donc, pour moi, la chose absolument extraordinaire, c’est que, vous savez, après que cela soit arrivé à James Yee, c’est arrivé à moi, c’est arrivé à Scott Ritter, c’est arrivé à Janis Karpinski, ils ont utilisé le même truc encore et encore, et maintenant, ils le font avec Julian Assange, et quiconque prend au sérieux ces accusations, cela m’étonne, parce que l’idée que les gens ne peuvent pas voir ce qui se passe dans le monde et la façon dont les lanceurs d’alerte sont persécutés, pour moi, c’est étonnant. Et le fait que rien de ce que je viens de vous dire, vous ne le trouverez pas dans les médias traditionnels, vous savez, cela devrait vraiment, vraiment alarmer les gens sur le genre de monde dans lequel nous vivons.

06:30 ONN : Oui, il semble y avoir un échec plutôt général des grands médias pour faire face à ces questions. Je veux dire, à votre avis, est-ce que les journalistes font leur travail correctement?

Craig Murray : Non. Je veux dire, il me semble qu’il y a très peu de journalisme réel dans ce qu’on pourrait appeler les médias payants. Et une partie de cela, bien sûr, tient à ce que, vous savez, les médias appartiennent à un très petit nombre de gens, et vraiment, les gens doivent écrire ce que leurs patrons veulent qui’ils écrivent. C’est très, très difficile de trouver la vérité dans les médias sur n’importe quel sujet que ce soit. Par dessus tout, bien sûr, les journaux, qui en réalité emploient beaucoup moins de journalistes qu’auparavant. Il y avait une époque où les journaux individuels dans la rue Fleet avaient 30 ou 40 correspondants à l’étranger par journal. Maintenant, il n’y a pas 30 ou 40 correspondants à l’étranger pour l’ensemble de l’industrie de la presse britannique.

Donc, leur nombre a baissé, et la plupart du temps ils passent leur temps, vous savez, à couper et coller des communiqués du gouvernement et en relâchant l’histoire, l’histoire que les gens qui possèdent les journaux veulent qu’ils entendent.

Il en va de même pour les médias audiovisuels, qui ont à nouveau exactement le même cercle restreint de propriétaires privés, sauf s’ils appartiennent au gouvernement. Quoique le gouvernement, bien sûr, est possédé par les mêmes personnes qui possèdent les journaux, il n’y a pas vraiment beaucoup de différence.

08:10 ONN : Alors, que pensez-vous des allégations réelles, la substance même des allégations formulées contre Julian Assange? Je veux dire, existe-t il aucune preuve du tout, que vous pouvez voir?

Craig Murray : Je veux dire, dans une certaine mesure, cela n’a presque pas d’importance parce que, comme je le dis, après avoir vécu cela moi-même et après avoir vu tous les lanceurs d’alerte que je connais subir la même chose, ce n’était qu’une question de temps avant qu’ils le fassent à Julian Assange. Alors, la question de ce dont ils l’ont accusé ou quelles accusations ils ont réussi à falsifier, cette question est presque sans importance.

Je dirais, vous savez, que choisir des allégations de viol et allégations sexuelles est très intelligent. La CIA en effet sait ce qu’elle fait. Tout d’abord, parce que rien ne ternit votre nom de cette manière. Les gens pourraient vous pardonner d’être un voleur dans une banque, ils pourraient même éventuellement vous pardonner d’être un meurtrier, si vous avez dit que vous l’avez fait dans le feu de l’action, mais personne ne pourra jamais vous pardonner d’être un violeur ou un pédophile. Donc, le choix de l’allégation est très intelligent.

En outre, il divise la gauche. Si les Six de Birmingham avaient été inculpés de viol, ils seraient encore en prison aujourd’hui, parce que personne n’aurait jamais été autorisé dans une campagne publique à mettre en cause les preuves contre eux, parce que, malheureusement, à cause des problèmes réels avec le viol, le viol authentique, qui reste impunis dans la société, la réaction est que beaucoup de gens parfaitement honnêtes pensent que la seule façon de corriger ce déséquilibre est en supprimant, essentiellement, toute protection aux personnes accusées de viol. Et ce point de vue est profondément soutenu par des personnes réelles et honnêtes qui se préoccupent de la position des femmes dans la société. Mais une fois que vous avez l’acceptation sociale selon laquelle il ne devrait pas être autorisé dans le discours public de contester les gens qui font des accusations de viol, cela constitue l’outil idéal à utiliser pour un service de sécurité, car tout le monde a convenu à l’avance que c’est le seul crime où personne ne va s’engager contre le déni de justice pour contester les éléments de preuve ou pour contester les accusateurs.

Et, comme je le dis, vous avez tellement de gens à gauche dont la principale préoccupation politique est le féminisme, qui sont utilisés comme des «idiots utiles» par la CIA, qui ont été utilisés dans des attaques au vitriol contre Julian Assange, qui appellent les gens comme moi des apologistes du viol, tout simplement parce que la CIA a été très, très attentive à choisir la seule accusation qu’ils vont toujours maintenir, que ce soit vrai ou non. C’est ça le principal problème avec les allégations.

Mais, non, je veux dire, il faut bien étudier les détails à la fois des allégations elles-mêmes et des gens qui font les allégations et les procédures qui ont été adoptées. Parce que même si vous ne saviez pas tout le contexte que je vous ai donné sur la façon dont les lanceurs d’alerte sont toujours poursuivis avec ces allégations, même si vous ne saviez pas ça, rien qu’avec un examen attentif des preuves dans cette affaire, ce qui est largement disponible sur Internet, tout le monde concluera que cela a été une manipulation. Je ne vois pas comment on peut sérieusement étudier les faits de la cause et ne pas penser que c’est une manipulation.

11:46 ONN : Vous avez mentionné l’autre jour, vous avez donné une interview, et vous avez mentionné l’un des accusateurs d’Assange par son nom, Anna Ardin, et cela a provoqué un grand tapage. J’ai fait quelques recherches et j’ai découvert qu’elle est en fait une politicienne social-démocrate. Pensez-vous que ce sont des faits qui doivent être largement diffusés auprès du public? Maintenez-vous le fait que vous avez nommé Anna Ardin comme l’une de ses accusatrices?

Craig Murray : Tout à fait. Le point le plus important à cet égard est que Anna Ardin s’est nommée elle-même. Elle a donné de nombreuses interviews à la presse sous son propre nom accusant Julian Assange, la première que je peux trouver était en Août 2010. Mais j’ai trouvé au moins 30 entrevues avec les médias qu’elle a donné, où elle est signalée comme Anna Ardin portant ces accusations, maintenant l’idée et en disant qu’elle ne travaille pas pour la CIA. Il est intéressant qu’elle ait ressenti le besoin de le dire. La plupart d’entre nous ne vont pas se promener en disant qu’ils ne travaillent par pour la CIA. Et aussi dire, vous savez, qu’Assange est un misogyne et un violeur et Dieu sait quoi d’autre.

L’idée que vous pourriez faire de telles accusations devant les médias – je ne veux pas dire en privé au tribunal- que vous pourriez sous votre propre nom faire de telles accusations devant les médias et que personne ne devrait être autorisé à vous répondre et personne ne devrait être autorisé à utiliser votre nom, même si vous l’avez placé vous-même dans les journaux, est un peu kafkaïen. En fait, je ne peux absolument pas comprendre pourquoi je ne devrais pas être autorisé à l’utiliser quand elle le met ouvertement dans le domaine public elle-même.

Et il y a, vous savez, plus de 200.000 recherches Google avec son nom, et elle a été nommée dans les grands médias de chaque pays majeur que je peux trouver à l’exception du Royaume-Uni. Elle a été nommée dans le New York Times. Elle a été nommée dans le Times of India. Elle a été nommée dans Paris Match. Elle a été nommée dans La Repubblica. Elle a été nommée dans Der Spiegel. Le Royaume-Uni est en fait le seul pays où elle n’a jamais été nommée par les grands médias, ce qui est encore une fois très étrange.

Mais, non, elle est elle-même un personnage avec une histoire très, très intéressante et des liens très, très intéressants, des liens politiques, qui ne se rapportent pas seulement au Parti Social-Démocrate en Suède, mais ce réseau de personnes dans la police, le procureur et Anna Ardin qui sont tous reliés, qui travaillent tous ensemble sur cette affaire, qui ont tous des liens de partis, c’est une chose qui pourrait elle-même rendre l’affaire irrecevable devant toute juridiction décente. Mais elle a aussi une histoire qui se rapporte à du travail avec des organismes financés par la CIA à Miami, Cuba et Buenos Aires. Donc, plus les gens étudient Anna Ardin, mieux c’est.

15:04 ONN : Vous allez faire référence, bien sûr, aux Dames en blanc, une organisation féministe à Cuba et aussi basée à Miami. Est-ce vrai?

Craig Murray : C’est vrai. Regardez, elle a un parcours intéressant et varié de travail dans des causes qui, disons, où il y a une zone d’intérêt commune en Amérique du Sud avec la CIA.

15:33 ONN : Il est également intéressant maintenant que c’est l’Équateur qui s’est dégagé, qui a initialement accordé la protection à Assange au sein de l’ambassade et lui a accordé l’asile complet. Donc, s’il est extradé vers la Suède, que serait le sort, selon vous, qui attendrait Julian Assange là-bas?

Craig Murray : Eh bien, sa crainte est qu’il serait très rapidement extradé de la Suède vers les Etats-Unis, soit extradé soit restitué. Et les Suédois ont maintenant réellement une sorte de droit à des restitutions version légale pour des restitutions temporaires rapides aux États-Unis, comme on les appelle. C’est ce qui inquiète Julian Assange. Bien que je dois dire, je veux dire, mon expérience de la façon dont ils traitent les lanceurs d’alerte et mon expérience de ce que nous avons vu du processus en Suède, je dirais qu’il doit y avoir une aussi grande peur qu’il va être injustement reconnu coupable de viol, et je suis sûr qu’il ne l’a pas fait. Mais s’il arrive en Suède, il sera immédiatement mis en prison. Il n’y a pas de provision pour caution. Et la chose que la plupart des gens ne comprennent pas, c’est que les procès pour viol en Suède ont lieu entièrement en secret, que personne ne verra jamais aucune des preuves. La prochaine chose que nous allons entendre est le verdict. À mon avis, le scénario le plus probable est que celui-ci a été concocté à l’avance et que le verdict sera qu’il est coupable. Et il est très possible de le faire parce que non seulement le procès est tenu en secret, mais il n’y a pas de jury.

Maintenant, je ne suis pas de ceux qui croient que seul le système judiciaire britannique est correct. De nombreux pays ont des systèmes différents et souvent ces systèmes fonctionnent très bien. Mais ce que vous avez avec le système du jury est une situation où les hommes et les femmes ordinaires, en effet, ont cette chance de tenir tête aux autorités et de dire ce qu’ils croient d’être vrai. Cela peut ne pas être une chance qu’ils prennent très souvent, mais cette possibilité est là. Lorsque vous ne disposez pas de jury, comme en Suède, les chances du gouvernement de sérieusement influencer le résultat, s’il le souhaite, sont assez fortes.

18:15 : Je prends l’exemple de l’enquête de Jean Charles de Menezes, par exemple, au Royaume-Uni. Dans ce cas, le juge, qui est nommé par le gouvernement – et souvenez-vous qu’il s’agit essentiellement d’une décision du gouvernement non seulement quels juges se font nommer mais aussi l’affectation des juges aux cas particuliers. Dans ce cas, le juge, et malheureusement, son nom m’a échappé parce qu’il était une disgrâce complètement sanglante, il a donné un résumé qui était totalement tendancieux et dans lequel il dit que le jury ne serait pas autorisé à rendre un verdict d’homicide illégal, et il voulait seulement leur donner le choix entre deux verdicts, dont l’un était un verdict ouvert, et l’autre était que le meurtre avait été légal, mais il ne voulait pas laisser leur permettre d’apporter un verdict d’homicide illégal, qu’il prononcerait ce verdict hors de l’ordre, ce qui est encore une disgrâce complète. Il a fait très clairement le verdict qu’il voulait, et c’était qu’il était légal. Mais ce n’est pas arrivé. Le jury est revenu et a dit non, nous allons ramener un verdict ouvert. Et ils l’ont fait, au grand dam du juge.

19:37 : L’affaire Clive Ponting, quand il fuit le fait que le Belgrano avait effectivement navigué loin des Îles Falkland au moment où il a été détruit avec des centaines de personnes qui ont été tuées, il a été inculpé avec ça en vertu de la Loi sur les secrets officiels. Il n’y avait aucun doute sur le fait qu’il était coupable. Il était sans aucun doute techniquement coupable. Le juge l’a dit, plutôt bien, dans son résumé de l’affaire. Et le jury a essentiellement dit au juge d’aller se faire voir et l’a déclaré non coupable. Donc, il y a toujours cette possibilité avec un système de jury.

Assange n’aura pas de jury. Il sera jugé par un juge professionnel et deux assesseurs non professionnels. Et les assesseurs non professionnels sont en fait littéralement des nominations des partis politiques. L’un sera nommé par le Parti conservateur suédois et l’autre par le parti social-démocrate suédois. Le Parti conservateur suédois est très fortement aligné avec George Bush et les néo-conservateurs, et le Parti social-démocrate est précisément d’ou viennent Anna Ardin, le procureur, l’enquêteur de la police et l’avocat d’Anna Ardin. Donc, il y a toutes les chances pour que ce procédé secret se traduise par un coup monté complet.

Et je pense que c’est bien que les gens aient mis l’accent sur la crainte qu’il puisse être extradé de la Suède vers les Etats-Unis, et je pense que c’est vrai et je pense que c’est légitime, mon opinion personnelle est qu’il y a un danger encore plus grand, un procès secret où personne ne peut avoir accès aux preuves et où ils annoncent aux médias complaisants qu’il a été reconnu coupable de viol à la fin.

21:17 ONN : Et puis c’est un fait accompli et on ne peut pas l’éviter.

Craig Murray : Exactement. Ensuite, c’est un fait accompli et ils le jettent en prison pour 10 ans. Puis, quand à la fin de cette période, il sort, il est envoyé vers les Etats-Unis et jugé pour des accusations de terrorisme, et à ce stade, bien sûr, il est un violeur condamné dans la mesure où les médias sont concernés, et de toute façon 10 ans ont passé et personne ne s’en soucie plus.

21:40  ONN : Ce serait un résultat terrible. Que penseriez-vous, que pensez-vous que serait le résultat si William Hague réalisait sa menace de prendre d’assaut l’ambassade équatorienne à ce point?

Craig Murray : Eh bien, c’est une menace absolument étonnante. Je dois dire que je sais avec certitude de la part des collègues, d’anciens collègues au sein du Foreign Office, qu’en faisant cette menace, William Hague a été très étroitement poussé par les Américains. Il a été soumis à une forte pression des Etats-Unis d’Amérique pour envoyer Assange en Suède. Ce qui, encore une fois, vous savez, contredit plutôt ceux qui disent qu’il n’y aurait aucune crainte d’extradition s’il se rendait en Suède. Pourquoi les Américains sont si désireux de l’envoyer là-bas? Pourquoi sont-ils si intéressés?

Mais ce serait une menace étonnante, car tout le monde dans le monde, sauf peut-être les chefs de gouvernement du Royaume-Uni et des États-Unis, considéreraient cela comme un acte extrêmement illégal. Ce serait un scandale diplomatique absolu et ce serait, vous savez, un crime d’agression contre l’Equateur.
Les répercussions diplomatiques seraient étonnantes pour le Royaume-Uni. Tout d’abord, aucune ambassade britannique ne serait en sécurité dans le monde, car tout le monde dirait: « Eh bien, nous pouvons faire la même chose que vous, nous pouvons changer la désignation de votre ambassade, et entrer, et en prendre le contrôle. » Et d’autre part, nos relations avec non seulement l’Amérique latine, mais la plupart des pays en développement, seraient au moins très, très sérieusement, en retrait.

Et vous devez vous rappeler que nous avons déjà assez de problèmes en Amérique latine. Tout d’abord nous avons le chauvinisme fou, des deux côtés, à propos des Îles Falkland. Ensuite, vous avez le fait que nous ne voulions pas extrader Pinochet alors que nous sommes si désireux d’extrader Assange pour des infractions qui, même si elles étaient vraies, ne s’additionnent pas à un cent millième de ce que Pinochet a fait. Et puis vous avez, bien sûr, comme je l’ai dit plus tôt, la mort de Jean Charles de Menezes. L’idée que la police métropolitaine, ayant tué Jean Charles de Menezes, nous permettrait de lancer une attaque physique sur une ambassade latino-américaine, est une idée tout simplement étonnante.

Donc, vous savez que les répercussions seraient énormes. Et je pense que Hague a absolument fait une folie de lui-même parce qu’il a fait une menace qui serait totalement désastreuse, s’il venait à la réaliser.

24:24 ONN : Et que dire de la légalité d’une telle chose? Utiliser la loi des locaux consulaires diplomatique de 1987 est ce que Hague a dit… le projet de loi qu’il a dit qu’il utiliserait?

Craig Murray : Eh bien, ce n’est qu’une absurdité totale, car il ne peut pas l’emporter sur le droit international. Vous ne pouvez pas avoir une législation nationale en conflit avec le droit international, en particulier un traité international dont nous faisons partie. Nous étions en fait, je crois, le deuxième signataire de la Convention de Vienne de 1961, et c’est le traité international le plus signé dans le monde. Et curieusement, même la loi de 1987 elle-même dit que ses dispositions doivent être conformes au droit international, et en fait cela dit la même chose dans la loi de 1987. Eh bien, il serait tout à fait contraire au droit international pour Hague de faire ce qu’il a prévu de faire. L’article 22 de la Convention de Vienne, partie 1, stipule absolument sans détour, sans aucune qualification supplémentaire, que les locaux diplomatiques sont inviolables. Un point, c’est tout. Et ils le sont. Vous savez, vous n’êtes pas autorisé à entrer dans les locaux diplomatiques de n’importe quel autre pays.

Même dans le chaos de l’Afghanistan, la Grande-Bretagne a abandonné son ambassade en Afghanistan, elle a retiré tous ses diplomates. Je ne suis pas sûr de cela. Je ne pense pas que nous ayons été jeté dehors. Je pense que nous avons quitté volontairement les lieux. Mais au moment de l’invasion soviétique de l’Afghanistan, la Grande-Bretagne s’est retiré, et notre ambassade est restée vide pendant des décennies, pendant l’occupation soviétique, pendant le régime des talibans en Afghanistan, et le bâtiment de l’ambassade n’a été ouvert – bien que finalement nous ayons déménagé dans de nouveaux locaux, ce n’est pas l’édifice où nous sommes maintenant – mais le bâtiment originel de l’ambassade a été seulement ouvert à nouveau après l’invasion en 2001, 2002. Mais il avait été… pendant 20 ans, il était resté là, vide, sous le régime soviétique et sous les talibans, et ni les Soviétiques, ni les talibans, ne sont entrés dans l’ambassade britannique. Même si il n’y avait personne, sauf un gardien résident afghan, ils ont accepté l’inviolabilité des locaux des ambassades et ils ne sont pas entrés, ni les Soviétiques, ni les talibans. Maintenant, William Hague nous propose d’agir bien pire que sous les Soviétiques ou les talibans, et cela me paraît tout à fait étonnant. Il faut le voir pour le croire.

27:18 ONN : Ok, juste une dernière question avant de conclure ici, sur ce qui a été, que pensez-vous des chances réelles pour Julian Assange de faire une course d’obstacles, pour ainsi dire, et de se rendre en Équateur en toute sécurité? Voyez-vous pour lui un moyen de quitter la Grande-Bretagne maintenant et de se rendre en Amérique du Sud en toute sécurité?

Craig Murray : Physiquement, ça va être très difficile. Les chances d’aller en Equateur depuis l’ambassade dans le centre de Londres sans l’accord des autorités britanniques sont limitées. Vous pouvez, vous savez, nous pouvons tous penser à des sortes de scénarios d’évasions physiques, mais ils ne sont pas faciles. Il va falloir trouver une solution diplomatique. Je dirais que cela prendra un certain temps, je pense d’ici six mois. Il n’y aura pas beaucoup de sensibilisation du public pour que quelque chose ait changé, bien que des discussions aient été poursuivies dans les coulisses.

La solution évidente pour les Suédois est de dire qu’ils ne vont pas l’extrader vers les Etats-Unis, mais les Suédois refusent absolument de faire cela, et les États-Unis refusent de dire qu’ils ne chercheront pas l’extradition, parce que franchement il n’y a aucun doute du tout sur le fait que les États-Unis ont convoqué un grand jury pour chercher à poursuivre en justice Assange et WikiLeaks, et qu’ils ont bien l’intention de l’extrader vers les Etats-Unis. Donc, tout cela est très, très difficile.

Vous pouvez voir une sorte de solution de Lockerbie. L’auteur présumé de Lockerbie, M. Megrahi, a été jugé à La Haye en vertu du droit écossais par des juges écossais, car ils ne voulaient pas l’envoyer en Ecosse et ils ont convenu de tenir le procès dans des locaux communs. Les Hollandais ont accepté qu’un procès à La Haye puisse se ternir en vertu du droit écossais pour la période du procès. Ce n’est pas le plus heureux des précédents, parce que je pense que le procès était lui-même un coup monté et un déni de justice, mais il crée effectivement un précédent pour quelqu’un, d’être jugé par un Etat sur le territoire d’un d’autre, donc il existe un précédent en droit international si les gens recherchent cela.

Maintenant, comme je l’ai dit moi-même, mon opinion personnelle est que la condition de tout procès doit être que cela devrait être public. Je pense que cette affaire est de si haut niveau que les gens ont le droit de savoir quelle preuve a été donnée, ils sont en droit de savoir ce qu’est la défense, et franchement la défense est si forte qu’il serait très, très difficile de faire un coup monté pour la condamnation. Donc, quelque chose dans cet ordre d’idées.

Je ne sais vraiment pas à ce stade ce qu’est le jeu final. L’espoir du gouvernement britannique est que le gouvernement équatorien va changer. Il y a une élection en Equateur qui approche dans un avenir pas si lointain. Les gouvernements britannique et américain comptent sur les adversaires du président Correa – et ses adversaires sont bien sûr soutenus par la CIA, de toute façon – ils vont réussir à gagner cette élection et ensuite annuler sa demande d’asile diplomatique et de le remettre, et c’est la fin du jeu dans la mesure où les Britanniques et les Américains sont concernés. Donc je suppose qu’ils vont attendre le résultat de l’élection équatorienne. Je ne pense pas qu’ils vont faire de compromis du tout jusqu’après l’élection équatorienne, dans l’espoir que le gouvernement de l’Équateur change et qu’ils obtiendront essentiellement une administration fantoche américaine en Equateur qui va tout simplement le lui remettre.

31:49 ONN : Eh bien, je vous remercie beaucoup pour avoir parlé avec nous aujourd’hui, M. Murray. Cela a été fascinant et très instructif. Et merci à nos téléspectateurs. Merci de regarder cette interview ONN. J’espère que vous avez apprécié. Ok.

Craing Murray : Merci.

————
La transcription originale sur le site de Craig Murray : http://www.craigmurray.org.uk/archives/2012/09/the-assange-case/

Sur le forum : http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,15680.0.html

Le cas Assange: Le record du mensonge

L’Expresso, Stefania Maurizi, 28 août 2012

Ces jours derniers, beaucoup de fausses nouvelles ont été publiées au sujet de WikiLeaks et de son histoire… quand ce n’étaient pas des mensonges… L’Expresso les contredit: une a une.

Une saga pleine de mensonges. Des informations inexactes, et des analyses sans fondement. La superficialité de la presse est une des démonstrations les plus étonnantes de la guerre qui est menée contre Julian Assange et WikiLeaks.

Mais que d’erreurs! Si l’organisation commençait à intenter des procès, elle pourrait devenir millionnaire et résoudre le blocage financier illégal qui écrase le groupe et qui a été mis en place par les cinq géants financiers: Visa, Mastercard, Bank of America, Western Union, et PayPal , dès que WikiLeaks a commencé de publier les télégrammes diplomatiques Américains.

L’épidémie de balivernes a impliqué les médias du monde entier, et Julian Assange a demandé et obtenu des douzaines de mises au point, du Royaume-Uni aux USA. Et en Italie? Dans un article sévère de La Stampa, Gianni Riotta a récemment esquissé ce qu’est la parabole de WikiLeaks pour lui: « Une mauvaise histoire qui va de mal en pis », écrit-il, dénonçant le fait que la valeur fondamentale de l’organisation, la transparence, est devenue de l’opacité.

Riotta a écrit que Assange insiste sur « l’affaire politique contre lui pour ne pas affronter un procès pour viol », et que « pour éviter le procès à Stockholm », il s’est jeté dans les bras de gens comme le Président de l’Equateur, Rafael Correa. Il y a un petit détail qui semble échapper à l’éditorialiste: il n’y a pas de procès pour viol, il n’y a pas de convocation à la barre du tribunal, Julian Assange n’a jamais été mis en examen, et toute cette saga judiciaire commencée en août 2010 n’est que l’étape préliminaire d’une investigation qui dure depuis deux ans parce que les procureurs suédois ont refusé toutes les demandes d’Assange d’être interrogé à Londres, plutôt que d’être extradé à Stockholm.

Telle est la controverse dont tout le monde parle: la Suède ne demande pas l’extradition d’Assange pour le juger ou parce qu’il doit purger une peine. Depuis deux ans, la Suède insiste pour obtenir l’extradition seulement pour l’interroger et pour établir si les accusations des deux filles sont vraies: Assange doit donc être jugé ou alors l’accusation doit être abandonnée, lavant ainsi le nom d’Assange de cette tache infamante qu’est le viol. Personne n’est au-dessus des lois, Julian Assange non plus. Il doit répondre devant les juges des allégations de ces femmes.

Et la Suède est entièrement dans son droit d’avoir ses propres lois qui punissent un comportement comme un viol alors que d’autres pays ne le considéreraient pas comme tel, (le fait d’avoir une relation sexuelle consentie, mais sans utiliser de préservatif malgré la demande du partenaire). Mais, ce que le reste du monde ne comprend pas, c’est pourquoi Stockholm persiste à extrader Assange, alors qu’ils pourraient l’interroger à l’ambassade de Suède à Londres, comme demandé par son équipe d’avocats depuis le début. De même, ils pourraient l’interroger à l’ambassade d’Equateur, où il est réfugié, comme l’Equateur l’a proposé il y a quelques semaines. Assange ne demande pas à être interrogé dans un pub ou une salle de bingo: il est immédiatement disponible pour être interrogé à l’ambassade de Suède, ou à Scotland Yard. Mais la Suède a toujours refusé toutes ces solutions sans explication.

Riotta accuse Assange de mélanger « son combat initial avec le procès pour agression sexuelle ». Il ne mentionne pas qu’Assange a été défini comme un terroriste High Tech par le vice-président des Etats-Unis Joe Biden. Que la candidate républicaine Sarah Palin a publiquement demandé qu’Assange soit traité « comme un membre opérationnel d’Al-Qaïda ». Que Bob Beckel (Fox TV) était d’avis de « buter illégalement cet enfoiré de fils de pute ».  Qu’un plan anti-WikiLeaks a vu le jour publiquement en février 2011 , et qu’il portait la marque de Palantir Technologies d’Alto Palo, une des plus inquiétantes compagnies High Tech en affaires avec le Pentagone, et soutenue par l’entreprise In-Q-Tel de la CIA.

Il n’y a pas de preuve pour affirmer que les accusations de viol contre Assange sont juste un coup monté. Mais il est intéressant de lire ce que l’agence privée de renseignements Stratfor pense de cela dans ses mails internes et privés (aussi publiés par l’Expresso) qui maintenant sont publics parce qu’un collectif Anonymous a attaqué ses serveurs, emportant 5,3 millions de mails. « C’est très rare que les accusations de violences sexuelles soient gérées par Interpol par une notice rouge, comme dans ce cas » écrit Stratfor en se référant au mandat d’arrêt émis par Interpol le 30 Novembre 2010 qui a fait d’Assange un homme recherché dans le monde entier. « Il n’y a donc pas de doute que cela a pour but d’empêcher la fuite des documents du Gouvernement par WikiLeaks ».

C’est un point de vue très intéressant, parce qu’il ne peut pas être suspecté de sympathie envers WikiLeaks. Sans aucun doute Stratfor n’aime pas WikiLeaks, au point que dans le secret de ses échanges internes, un analyste de l’agence écrit : « Le fondateur devrait être soumis au waterboarding ». Et aussi : « Je suis d’accord pour utiliser n’importe quelle accusation inventée pour faire disparaître cet homme et son site. Et je voudrais donner la putain de tête de ce soldat, Bradley Manning, aux chiens, ou peut-être lui faire subir les choses que les Iraniens font à nos sources en Iran ».

Pour Riotta, Julian Assange utilise « le génie des relations publiques qui le caractérise » pour mélanger l’affaire de Stockholm et celle de Washington, manipulant la situation à son avantage. Il n’y a pas d’espace pour la crainte d’Assange que l’extradition en Suède puisse être seulement le prélude à celle vers les Etats-Unis.

Ses détracteurs écartent cette crainte avec une rage qui étonne. D’où leur vient une telle conviction ? Ils assènent qu’il n’y a aucune preuve que les Etats-Unis veuillent l’extrader. Qu’est-ce qu’il leur faut ? Un SMS d’Obama? Toute l’affaire des dossiers secrets du Pentagone et du gouvernement des Etats-Unis relève de la Sécurité Nationale, donc, c’est secret.

Il y a des personnes en relation à des degrés divers avec WikiLeaks appelées à témoigner devant le Grand Jury d’Alexandrie, Etat de Virginie, à propos de la publication des télégrammes diplomatiques. En juin 2011, l’Expresso a rencontré l’un d’entre eux, ancien chercheur au MIT à Boston, David House.

« Si les investigations du Grand Jury ne sont plus en cours et ont été closes, pourquoi les Etats-Unis ne le déclarent pas sans ambiguïté, au regard du contexte diplomatique autour du cas Assange? » explique, à L’Expresso, Michael Ratner (Centre pour les droits constitutionnels de New York) qui assiste Bradley Manning et WikiLeaks. Il ne paraît étrange à personne que le Royaume-Uni en soit arrivé à menacer de violer l’immunité de l’ambassade d’Equateur, et ce, d’après les estimations publiées dans les journaux anglais, au moyen d’un siège des forces de police au prix de 50 000 livres par jour ?

Est-il jamais arrivé auparavant qu’autant de ressources et d’énergies aient été dépensées pour interroger un homme pour seulement des soupçons de viol? Le jour où l’Equateur a accordé l’asile à Julian Assange, l’ancien ambassadeur britannique en Ouzbékistan, Craig Murray, a révélé cette information sur ​​son site: « Je suis venu en Angleterre aujourd’hui et j’ai appris avec consternation, de ma source au sein du bureau des Affaires étrangères, que le gouvernement britannique a vraiment décidé – après une forte pression  par l’administration Obama – d’entrer à l’ambassade de l’Équateur et d’arrêter Assange ». Pendant plus de 20 ans, Murray a été un membre du personnel diplomatique de Sa Majesté. Il ne manque pas de sources, bien sûr.

Riotta pense que Assange est coupable d’avoir demandé l’asile à l’Equateur, dont le président réprime les médias. « Si vous n’êtes pas d’accord avec Correa, vous ne pouvez pas parler à la radio ou à la télévision », écrit-il. Il mentionne des défections au sein d’experts informatiques de WikiLeaks, « déçus par les comportements égocentriques de l’ancien dirigeant ». Ce sont de vieilles histoires de deux ans et chaque journaliste qui travaille avec WikiLeaks peut dire qu’elles sont dépassées. Après la grande rupture entre Assange et l’ancien numéro deux de l’organisation, Daniel Domscheit Berg, WikiLeaks est stable aujourd’hui et si elle travaille moins, c’est parce que sa situation financière est bloqué du fait de l’affaire des cartes de crédit.

Les gens qui travaillent à plein temps pour WikiLeaks doivent être payés, mais comme l’argent fait défaut, WikiLeaks a dû se passer de techniciens expérimentés sur des projets cruciaux. L’embargo économique a causé des problèmes dévastateurs. Ce pourrait être un précédent dangereux, parce que cela affecte WikiLeaks aujourd’hui, mais cela pourrait affecter n’importe quelle ONG ou média  que les banques ou les groupements de cartes de crédit n’aiment pas.

WikiLeaks est une organisation parfaitement légale qui n’a jamais été condamnée, ni accusée d’aucun crime. Pourquoi Visa, MasterCard, Bank of America, Western Union et PayPal ont-ils bloqué les donations quand WikiLeaks a commencé à publier les télégrammes diplomatiques? L’éditorialiste de La Stampa voudrait égratigner Assange pour sa requête d’asile à l’Equateur, ennemi de la liberté de la Presse, mais ne mentionne pas cet embargo qui est une sérieuse atteinte à la liberté d’expression.

Mais la bête noire de tous les journalistes occidentaux, y compris Riotta, c’est Russia Today TV, le ventriloque du Kremlin. Julian Assange et WikiLeaks ont travaillé avec des douzaines de médias ces deux dernières années, journaux, radios et TV. De Asahi Shimbun au New York Times, du Monde à Der Spiegel, de Al-Akhbar au Liban à The Indu en Inde, du pakistanais Dawn à l’égyptien Al Masry Al Youm et au malaisien Malaysia Today. L’Expresso a collaboré avec WikiLeaks depuis 2009, quand l’organisation nous a donné un fichier audio sur le rôle supposé des services secrets italiens dans le scandale des poubelles de Naples.

Depuis lors, L’Expresso a travaillé sur toutes les publications, des dossiers Afghans jusqu’aux actuels fichiers syriens. Pendant ces trois années, il a vu la naissance et la mort d’accords entre WiKiLeaks et des médias des cinq continents. Et il a vu des attaques contre Assange pour n’importe quoi qu’il décide de publier, ou non. Le dernier projet, les fichiers syriens, a conduit la Pravda à publier un article délirant contre Assange pour avoir choisi de rendre publics ces documents sur la dictature d’Assad.

Mais actuellement, WikiLeaks est mis sur la croix pour sa collaboration avec Russia Today. La seule voix isolée a été Glenn Greenwald, chroniqueur du Guardian. Il a écrit: « Il y a apparemment une règle qui dit qu’il est tout à fait correct pour un journaliste de travailler pour un média détenu et contrôlé par un fabricant d’armes (GE / NBC / MSNBC), ou par les gouvernements américain et britannique (BBC / Stars & rayures / Voice of America), ou par Rupert Murdoch et le prince saoudien Al-Walid Bin Talal (Wall Street Journal / Fox News), ou par une société bancaire qui depuis longtemps possède des liens avec des gouvernements de droite (Politico)… », estime Greenwald. « Mais c’est une violation intrinsèque de l’intégrité journalistique de travailler pour un média appartenant au gouvernement russe ».

Personne n’avait rien à redire lorsque l’ancien directeur du New York Times, Bill Keller, a révélé le contexte de la publication des câbles dans son e-book sur WikiLeaks, intitulé « Open Secrets » (Secrets Ouverts). Keller a indiqué que, neuf jours avant le grand scoop, le rédacteur en chef du New York Times de Washington, Dean Baquet, avait averti la Maison Blanche. Immédiatement après, Baquet et deux journalistes ont été invités dans « une pièce sans fenêtre au Département d’Etat, où ils ont rencontré un groupe de personnes qui ne rigolaient pas du tout: les représentants de la Maison Blanche, du Département d’Etat, le Bureau du directeur des renseignements nationaux , la CIA, la Defense Intelligence Agency, le FBI, le Pentagone, se sont réunis autour d’une table. D’autres, qui ne se sont jamais présentés, étaient présents à la réunion, s’ adossant aux murs ». La réunion était hors procès-verbal (« off-the-record »), alors Keller n’avait pas révélé ce qu’ils ont dit. Mais il révèle cependant que, dans les jours suivants, les réunions ont été plus calmes avec la rédaction du New York Times de Washington qui « avant toute discussion, envoyait une série de câbles destinés à être publiés dans les prochains jours ». En d’autres termes, le journal le plus grand et plus puissant de l’Occident, l’icône mondiale du journalisme, a publié les câbles sous la supervision du gouvernement américain. Vive la liberté de la presse.

Traduit par Irien et Arduenna Silva

Lien vers l’article italien sur le Forum WikiLeaks : http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,14202.0.html

Lien vers la version anglaise sur le Forum WikiLeaks : http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,14292.0.html

Lien vers l’article original : http://espresso.repubblica.it/dettaglio/caso-assange-il-record-di-falsita/2189846//0

1ère journée à Londres avec les supporters de Julian Assange, le 19 août 2012

Je suis restée 4 jours à Londres, du 19 au 23 août, avec les supporters de Julian Assange, avec l’envie de découvrir ce qui se passait devant cette mystérieuse ambassade d’Equateur et la curiosité de découvrir les londoniens qui le soutiennent. Anthony Timmons a passé un appel par mail le vendredi soir, en expliquant que cette journée serait décisive et que tous les supporters étaient invités à venir à Londres pour ce jour important. C’est donc dans la spontanéité la plus totale que je suis arrivée à Londres, avec très peu d’affaires et sans savoir ce qui allait exactement se passer.

Le matin du 19 août, j’arrive sur place, très tôt, dans Hans Crescent Street, près du célèbre magasin Harrods, comparable à nos Galeries Lafayette. On reconnaît le lieu grâce à la présence des policiers et de quelques fourgons, qui sont ceux de la police ou ceux des médias venus pour le discours de Julian Assange. Face à l’ambassade d’Equateur, des grilles et un modeste camp de supporters, 10 à 20 personnes, dont certains sont membres du mouvement Occupy London. Ambiance paisible, avec le soleil qui réchauffe l’atmosphère. Beaucoup de pancartes et d’indignation exprimée dans les messages.

Les premiers supporters avec lesquels je discute sont Elvis, Arthur et Josh, tous militants et appartenant à Occupy London. C’est là qu’on comprend que Julian Assange n’est pas vraiment soutenu par les riches, comme veulent le faire croire les médias. Non, Julian Assange est soutenu par des gens simples, des jeunes et des moins jeunes qui ont des idéaux révolutionnaires et qui veulent renoncer au monde capitaliste. Il y a peu d’espoir pour eux, pour nous, dans ce monde capitaliste qui ne laisse plus de place à l’humain. Ici, j’ai trouvé cette chaleur humaine, ces rêves de liberté inscrits sur de simples morceaux de cartons « Free Assange ». Se peut-il que le rêve d’une société meilleure soit si simple à exprimer qu’il suffise, en effet, d’écrire ces simples mots et de les partager avec les autres ? La société matérialiste et productiviste est si loin de nous à cet endroit, et nous sommes pourtant si proches de l’humain, à nous parler, à nous écouter, à partager.

Arthur a 28 ans, Elvis en a 24. Et Josh à peine 18 ans. A 18 ans, j’avais aussi des idéaux révolutionnaires, mais je ne campais pas encore devant une ambassade pour soutenir une cause. Je me dis qu’il y a déjà une différence de génération, même si je suis à peine plus âgée qu’eux, à 28 ans.

Arthur est ici depuis 3 jours, depuis la tentative des policiers d’envahir l’ambassade. Tout cela est très récent. Il n’a dormi qu’une nuit sur place. Il soutient Julian Assange car, comme il dit, « c’est une bonne chose pour la transparence, et si on veut voir un changement c’est une chose importante ». Il n’a aucune confiance dans le système juridique de son pays et dans la corruption qui y règne. Il a rejoint le mouvement Occupy depuis le 15 octobre 2011. Les médias sont toujours là, mais comme en France, les images sont peu nombreuses et il y a peu d’informations au sujet de Julian Assange (du moins, avant le discours de l’après-midi qui va refaire parler de lui). L’ambassade est un grand bâtiment en brique, de 5 ou 6 étages, mais seuls les 2 premiers correspondent aux locaux de l’ambassade. Arthur m’explique où dort Julian Assange : il dort du côté gauche de l’ambassade, dans l’impasse, où des policiers surveillent une possible tentative de fuite. Il va parler au balcon cet après-midi, à la fenêtre du rez-de-chaussée.

Elvis et Josh, eux, sont là depuis 4 jours pour les mêmes raisons qu’Arthur. La veille, sur Twitter, j’avais lu une anecdote au sujet d’une pizza qui n’avait pas pu être livrée à l’ambassade à cause des policiers. On m’explique l’histoire : les millitants qui dorment sur place ont commandé une pizza pour Julian Assange, mais comme tout est filtré, les policiers ont tout simplement jeté la pizza à la poubelle. Ainsi, ce qui venait du cœur de ces gens, a fini à la poubelle : triste reflet de notre société moderne ! Ce qui vient du cœur n’a pas le droit d’exister. Voici ce que nous offre comme avenir cette société qui se veut démocratique.

Je reste marquée par ces jeunes qui tout comme moi semblent abandonnés de la société, sans travail et parfois sans logement. Ceux qui nous ont élevés ne nous ont pas offert d’avenir et ils nous ont juste laissés avec nos rêves de liberté à bâtir. Et nous sommes tous là à soutenir Julian Assange, parce qu’il représente ce rêve de liberté et d’un monde meilleur que nous sommes venus réclamer aux gouvernements, puisque leurs promesses étaient vides. Mais maintenant nous sommes là, et nous savons que nous avons le droit de clamer cette liberté et ces rêves, afin qu’ils se réalisent.

D’autres jeunes sont là aussi : Lee, Gena, Anthony, et tant d’autres. La place se remplit au fur et à mesure des heures, et vers midi des discours commencent, notamment ceux de Craig Murray et de Tariq Ali, qui ce dernier explique que la majorité des pays d’Amérique Latine soutiennent l’asile politique de Julian Assange. Ensuite, vers 14h, ce fut le discours de Julian Assange, très applaudi et admiré, par une foule de 200 ou 300 personnes. Difficile de dire exactement. Les médias ont rabaissé le chiffre à 100 personnes, mais c’est peu crédible. En tout cas, le nombre de policiers était impressionnant, mais tout autant impressionnantes leur froideur et leur indifférence à ce discours mémorable et porteur d’un immense espoir. Après ce discours, la majorité des gens ont compris que le Royaume-Uni ne pouvait pas envahir l’ambassade. C’est illégal et, en plus, les policiers pourraient être poursuivis par la loi de l’Equateur et y être extradés. Ce dernier argument a été très applaudi : les gens étaient fous de joie à l’idée d’entendre cela, que les policiers soient extradés en Equateur ! Je pense que certains d’entre eux ont dû effectivement prendre peur et que cela a marqué un point non-négligeable dans le conflit entre le Royaume-Uni et la République de l’Equateur.

Le soir, dormi avec les supporters sur des cartons, face à l’ambassade. Mais impossible de s’endormir avec le bruit régulier des camions de police et les voitures qui circulent à longueur de temps. Il faut vraiment être courageux pour passer tout ce temps pour la protection et le bien-être de Julian Assange. Il est quelque part ici, derrière des rideaux. Nous sommes de l’autre côté de la rue, et pourtant c’est comme si un monde entier s’interposait entre lui et nous, les supporters. Ce sont ces hommes, des policiers, qui empêchent ceux qui rêvent ensemble de se rencontrer, ceux que des rêves communs unissent, ceux qui luttent pour la démocratie et la vérité : comment est-ce possible que des lois nous empêchent de communiquer et de construire ces rêves de liberté, pourquoi ces lois existent-elles, ces lois qui interdisent aux peuples de réaliser leurs rêves de justice et de paix? C’est un mur irréel qui nous sépare de Julian Assange : le mur de l’absurdité, le mur de l’incompréhension et le mur du silence, qui sont le symbole même de l’absurdité, de l’incompréhension et du silence de nos gouvernements.

Ecrit par kimono

Vue sur la foule devant le magasin Harrods

Policiers devant l’ambassade

Craig Murray (discours devant l’ambassade)

Tariq Ali (discours devant l’ambassade)

Tariq Ali (discours devant l’ambassade)

kimono

Texte et images CC BY-SA

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