Comment la télévision russe induit en erreur les téléspectateurs au sujet de l’Ukraine

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Par Stephen Ennis, 22 avril 2015

La couverture par la télévision russe des combats dans et autour du village de Shyrokyne à l’est de l’Ukraine apporte une étude de cas utile de certaines des tactiques que celle-ci utilise pour tromper les téléspectateurs sur le conflit. […]

1. Des photos trompeuses

Au cours de la dernière semaine, la télévision russe a avancé l’idée que le cessez-le feu autour de Shyrokyne a été violé par les seules forces ukrainiennes, en particulier par le bataillon de volontaires d’Azov. En fait, comme les rapports de la mission d’observation de l’OSCE le montrent clairement, les deux parties ont rompu la trêve précaire.

2. Des récits faux

Tout en blâmant les forces ukrainiennes pour les violations du cessez-le-feu à Shyrokyne, la télévision russe d’Etat les a également accusés de cibler délibérément des civils. […]

civils en ukraine_rossiya1Les images d’habitant de Shyrokyne sont présentées de manières différentes sur différentes chaînes

3. Déformation et suppression

Immédiatement après l’extrait vidéo du tir de mortier, le rapport de Bilibov a montré une femme âgée, l’une des quelques dizaines de civils toujours restants à Shyrokyne. « Est-ce qu’ils vous tirent dessus? » a demandé Bilibov. La femme lui a répondu en pleurant comment elle a été forcée de se réfugier dans une cave face aux combats. […]

Source: http://www.bbc.co.uk/monitoring/how-russian-tv-misleads-viewers-about-ukraine

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Vous voulez aider l’Ukraine? Arrêtez d’accepter son argent volé

640px-Euromaidan_in_Kiev_2014-02-19_12-20Révolution en Ukraine (source: Wikimedia)

Foreign Policy, Oliver Bullough, 9 septembre 2014

Les nouveaux dirigeants de l’Ukraine espèrent nettoyer un pays qui est parmi l’un des plus corrompus dans le monde. Mais ils n’ont aucune chance si les banques occidentales continuent d’accepter l’argent volé de l’Ukraine.

Note: Cet article est une version abrégée d’un rapport détaillé publié par l’Institut Legatum et l’Institut de la Russie moderne, intitulé « Pillage de l’Ukraine: Comment l’Est et l’Ouest se sont associés pour voler un pays. »

Les journaux donnent pleins de détails sur comment la Russie sape l’Ukraine, comment le pays veut mettre son ex-colonie à genoux, de la faire plier à la volonté de Vladimir Poutine. Mais ils ne disent qu’une partie de l’histoire: l’Ukraine était déjà à genoux avant que la guerre dans l’est de l’Ukraine n’ait commencé, et c’est autant la faute des pays démocratiques de l’Occident que celle de Poutine. La Grande-Bretagne, l’Autriche, la Suisse, et le Delaware, ainsi que les « endroits ensoleillés pour des personnes cachées à l’ombre » que nous considérons comme des paradis fiscaux, ont permis aux dirigeants corrompus de l’Ukraine d’exporter de l’argent détourné et de jouir des droits de propriété occidentaux pendant des années. Les fonctionnaires ont tellement mis d’argent dans leur poche que le pays était sur le point de s’effondrer avant même que Poutine n’annexe la Crimée.

Lire la suite: http://www.foreignpolicy.com/articles/2014/09/09/want_to_help_ukraine_stop_accepting_its_stolen_cash

Scandale d’espionnage en Pologne sur fond de crise ukrainienne

« On a fait une pipe aux Américains »: le chef de la diplomatie polonaise, Radosław Sikorski

Depuis le 15 juin 2014, comme le révèle Le Monde, un scandale d’écoutes bouleverse le gouvernement polonais, dont plusieurs ministres et le gouverneur de la Banque de Pologne. Les enregistrements sont divulgués par l’hebdomadaire polonais Wprost et mis en ligne dans des vidéos sur le compte du journal. Mais la phrase qui agite le plus les médias est celle qui a été prononcée par l’actuel ministre polonais des Affaires étrangères, Radosław Sikorski, qui remet en cause l’alliance américano-polonaise.

Comme le rapporte Slate, dans son article du 23 juin:

«L’alliance américano-polonaise ne vaut rien. Elle est même nuisible, car elle crée un faux sentiment de sécurité. On va entrer en conflit avec les Allemands et les Russes, et on va penser tout va bien parce qu’on a taillé une pipe aux Américains. Des pigeons, on est vraiment des pigeons.»

Les médias russes se sont emparés de l’affaire d’espionnage et citent continuellement Sikorski, qui est devenu une sorte de « héros des médias en Russie », quand il s’agit de propagande anti-américaine, comme dans cet extrait de la Revue militaire cité par le média polonais RMF24:

Nouveauté du jour. Le Ministre polonais des Affaires étrangères Sikorski, oui le même Sikorski qui aime citer Brzezinski et faire peur à la Russie avec les forces de l’OTAN et se positionner contre le fait que le Kremlin puisse acquérir des Mistrals français (soutenant la ligne de la Maison Blanche) – s’avère un grand ennemi de cette même Maison Blanche – rapporte la Revue Militaire [ВОЕННОЕ ОБОЗРЕНИЕ, article du 23 juin 2014]. L’article qui se moque de Sikorski et s’intitule « La merde, la pipe et les pigeons » contient des citations pleines de vulgarité tirées de la conversation entendue du ministre avec [Jacek] Rostowski. (RMF24)

Si l’origine de ces écoutes semble inconnue, on peut malgré tout se demander si — en pleine crise ukrainienne — la fuite de ces enregistrements n’a pas été calculée d’avance et si elle n’a pas pour vocation de lancer un débat politique sur les liens de la Pologne, et plus largement ceux de l’Union Européenne, avec les Etats-Unis. En effet, les extraits — qui sont bien choisis et pertinents — auraient très bien pu être sélectionnés, prémédités par des personnes issues du gouvernement polonais ou d’un autre gouvernement, en vue de conduire à une nouvelle situation politique en Pologne. La Pologne est dans une situation délicate, puisqu’elle doit à la fois resituer sa position vis-à-vis des Etats-Unis qui pratiquent l’espionnage illégal sur les citoyens européens (dont les citoyens polonais), et elle doit aussi s’affirmer face à la Russie dans la crise ukrainienne.

Si certains pensent en Pologne que ces fuites d’enregistrements sonores pourraient provenir d’un gouvernement étranger, comme l’évoque le Washington Post, et en particulier des services secrets russes — « Des médias et des hommes politiques ont suggéré que l’enregistrement secret pourrait avoir été effectué par les services spéciaux russes, afin de déstabiliser la Pologne sur fond de crise russo-ukrainienne » (Le Monde, 19 juin 2014) —, on peut tout aussi bien penser qu’au contraire des personnalités politiques polonaises pourraient tout autant être impliquées dans ces fuites, car comme dans tout pays, il y a aussi des éléments de l’opposition qui sont insatisfaits de la politique actuelle en Pologne et qui souhaitent changer de gouvernement.

Et n’oublions pas que, dans un monde sur écoutes, — où les services secrets ont des capacités d’espionnage presque sans limites, où les agences de renseignement collaborent entre elles et partagent des milliers d’informations chaque jour, où certains responsables politiques sont constamment surveillés au nom de leur sécurité personnelle — quoi de plus facile que d’espionner les conversations d’un ministre et de divulguer à la presse ces enregistrements? Tout cela semblerait un jeu d’enfants pour des services secrets, même la NSA aurait pu être à l’origine de ce scandale d’écoutes en Pologne.

 

 

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