Yahoo rejoint Google, Facebook, Twitter pour avertir les utilisateurs d’attaques parrainées par des Etats

Softpedia, par Catalin Cimpanu, le 22/12/15

Yahoo va maintenant vous informer quand des gouvernements tentent de pirater votre compte email Yahoo, tout comme Gmail

Yahoo! est le dernier géant de la Silicon Valley à ajouter son soutien pour un système d’alerte qui envoie des notifications aux utilisateurs lorsque la société soupçonne une attaque soutenue par un État sur leur compte.

Le premier à mettre en œuvre un tel système était Google, Gmail, en 2012, et ces derniers mois, à la fois Facebook et Twitter ont décidé de fournir de même cette fonctionnalité.

Avec l’activité des groupes APT [advanced persistent threat] se développant de plus en plus au cours des dernières années, et aucune semaine qui ne passe sans un rapport de fournisseur en cyber-sécurité sur une ou plusieurs campagnes néfastes de cyber-espionnage, la menace d’attaques soutenues par des États devient une chose plus commune, qui affecte de plus en plus de personnes.

Alors que la plupart des utilisateurs ne seront jamais ciblés ou ne verront jamais une notification venant d’un Etat à partir de l’un des services mentionnés ci-dessus, des journalistes, des dissidents politiques, des militaires, ou des personnes travaillant dans les organismes gouvernementaux peuvent être concernés par ce type d’alertes.

Les utilisateurs doivent prendre des mesures actives pour sécuriser leurs comptes après avoir reçu une alerte.

Lire la suite: http://news.softpedia.com/news/yahoo-joins-google-facebook-twitter-in-warning-users-of-state-sponsored-attacks-497999.shtml

Carte de l’Internet: quelle hiérarchie des puissances ? (Revue Diploweb)

Geopolitique_internet_hierarchie_puissances_C_Bezamat-Mantes

Source: http://www.diploweb.com/Carte-de-l-Internet-quelle.html

Est-ce que les Anonymous travaillent pour le gouvernement américain?

Les Anonymous sont un collectif décentralisé de hacktivistes
Formé sur 4chan en 2003, ils sont maintenant un mouvement politique…
Qui lance des cyber-attaques contre des sociétés et des gouvernements
Officiellement ils travaillent pour la démocratie, contre le pouvoir en place
Toutefois, en 2012, le FBI a annoncé que le hacker « Sabu » des Anonymous…
… avait travaillé pour leur bureau pendant une année
Le vrai nom de Sabu est Hector Xavier Monsegur
La coopération de Monsegur a conduit à l’arrestation de 8 autres hackers Anonymous…
Privant le groupe de certains de ses meilleurs talents
Lors de son procès, le FBI a déclaré que Monsegur les a alertés sur les cibles des hackers…
Et a permis au gouvernement d’informer les victimes « autant que possible »
Toutefois, en 2014, les dossiers top secrets des historiques de conversation de Monsegur ont été divulgués
Ils révèlent que le rôle de Monsegur était de faire des listes de cibles potentielles…
Et de les transmettre à d’autres hackers, qui les attaqueraient
Il a fait tout cela en travaillant pour le FBI
Les milliers de cibles étaient pour la plupart des sites Web de gouvernements étrangers…
Dans des endroits comme le Brésil, la Syrie, l’Iran, le Nigeria, le Pakistan et la Turquie
Le FBI ne confirmera pas avoir eu connaissance des attaques orchestrées par Monsegur…
Mais les autres hackers prétendent qu’ils ont été emprisonnés à tort…
Parce que les crimes qu’ils ont commis ont été organisés par le FBI
Monsegur a été remis en liberté en échange d’avoir agi comme informateur du FBI
Il est juste l’un des dizaines de hackers Anonymous que le FBI a arrêtés
Mais par sa nature même, personne ne sait pour qui travaillent les Anonymous.

(youtube)

Le cyber-espionnage est plus difficile à rattacher à un Etat que l’espionnage dans le monde physique

piratage_internetL’Internet nous a tous rapproché les uns des autres… malheureusement.

The Conversation, 21 octobre 2014

Par Siraj Ahmed Shaikh

Qui est dans votre réseau, en train de vérifier vos données? La dernière créature numérique invasive est Sandworm, un malware dont on a découvert qu’il utilise une vulnérabilité de Windows jusqu’alors inconnue pour infiltrer les réseaux gouvernementaux, espionner les systèmes de l’OTAN, l’Union européenne, le gouvernement ukrainien et d’autres.

Au cours des dernières années, un certain nombre de ces attaques ont concerné l’espionnage: le vol d’informations sensibles, ou la perturbation d’infrastructure essentielle dont dépendent les nations. Faisant usage de techniques sophistiquées et des exploitations zero-day (failles de sécurité qui n’ont pas été annoncées publiquement), elles sont le résultat de compétences et de ressources considérables.

Avec des objectifs plus politiques que commerciaux ou criminels en nature, le soupçon est que, en raison de leur poursuite délibérée et persistante d’objectifs alignés avec les intérêts nationaux, les attaques ont des sponsors d’Etat.

C’est une tendance inquiétante. Les cyber-attaques peuvent être lancées avec relativement peu de logiciels, de matériel et de compétences, mais peuvent avoir un impact énorme en termes de coût et de perturbation de réseaux. Comme les réseaux mondiaux se développent en termes de trafic, vitesse et cible, la situation ne fera qu’empirer.

Un grave problème est la difficulté d’attribuer avec certitude une attaque particulière à sa nation d’origine. L’architecture technique de l’Internet a été construite pour fournir une connectivité ouverte, mais pas de responsabilité.

La situation est compliquée sur la façon dont les attaques en plusieurs étapes, qui concernent la plupart des cyber-attaques modernes, rendent quasi-impossible d’affirmer une attribution fiable. Ces opérations sont mises en place, afin que l’attaquant compromette d’abord l’ordinateur d’un tiers dans le but de l’utiliser comme une plate-forme de proxy pour lancer une attaque sur la cible finale.

Il peut y avoir plusieurs de ces machines, chacune utilisée pour compromettre une autre, créant un réseau complexe de connexions qui obscurcissent l’origine de l’attaque. Cette chaîne peut être maintenue, afin de permettre aux données d’être extraites de la cible et ramenées, sous infiltration, vers l’attaquant.

Pointer du doigt

Certains pays, dont la Russie, la Chine et Israël sont considérés comme maintenant des équipes de cyber-guerre et menant des attaques soutenues par l’État. Par exemple, l’entreprise de recherche sur la sécurité Mandiant a récemment identifié une équipe chinoise soupçonnée de cyberguerre militaire, l’Unité 61398, jusqu’à l’emplacement de son bâtiment. Cela a conduit le gouvernement américain à déposer des accusations criminelles de piratage contre cinq officiers militaires chinois.

L’attribution des cyber-attaques suit le principe de sophistication, en examinant le niveau de compétences et de ressources nécessaires pour réaliser une attaque. L’utilisation d’exploitations zero-day, par exemple, démontre que beaucoup de temps et d’efforts ont été consacrés à l’essai pour une vulnérabilité inconnue contre laquelle la cible aura peu de protection. Ce n’est pas susceptible d’être quelque chose qu’un pirate de chambre pourrait atteindre.

Les attaques qui sont persistantes, en essayant de vaincre les défenses plutôt que de chercher ailleurs des cibles plus faciles, sont aussi un signe de possible soutien d’un Etat. C’est surtout le cas lorsque l’objectif est de voler des informations sensibles – comme les détails de l’avion de combat furtif US F-35 apparemment perdu au cyber-espionnage chinois – plutôt que le gain financier.

Dans le cas de Sandworm, le contexte du conflit en Ukraine est un autre indice révélateur, à en juger par les organisations militaires et politiques ciblées et les documents recherchés en matière de renseignement.

Des signaux dans le bruit

Les caractéristiques du trafic Internet rendent son attribution encore plus difficile. Le volume croissant du trafic non-productif, telles que la numérisation en réseau, les vers [informatiques], le trafic résultant de routeurs ou de systèmes mal configurés, et les robots d’indexation Web tels que Googlebot, créent un bruit de fond.

Le problème est que ce bruit de fond peut aussi ressembler à de véritables attaques malveillantes – en fait, il est difficile de déterminer ce qui est accidentel et ce qui est délibéré. Cela laisse un grand nombre de faux positifs enregistrés dans les journaux de pare-feu qui ne font que rendre plus difficile le repérage de véritables attaques.

Au niveau politique, toute accusation de piratage parrainé par un État doit être soutenue par des preuves. Le plus souvent, cependant, les rampes de lancement de proxy pour la plupart des attaques multi-étages sont basées dans des Etats non-hostiles. Le Manuel de Tallinn, livret de règles le plus complet de la cyberguerre juridique, déclare que ceux sur l’extrémité de réception d’une cyber-attaque ne peuvent que répondre par l’application du test «ne veut ou ne peut pas ». Il s’agit d’un principe fondamental du droit international qui affirme que les représailles contre un Etat intermédiaire utilisé par un ennemi pour lancer une attaque ne sont autorisées que si l’intermédiaire est réticent ou incapable d’empêcher l’agresseur responsable de le faire.

Peut-être que la plus grande difficulté posée par toute cyber-attaque de représailles est la géopolitique du jour. Les alliances politiques, le partage de renseignement, les considérations juridiques et éthiques, et la sensibilité potentielle des opérations offensives, font qu’il est très difficile pour les Etats-nations de lancer de telles opérations. Le résultat est que le genre d’accusations publiques de cyberattaques vues dans la presse et se voulant un outil de dissuasion sont presque entièrement inutiles – comme on le voit dans les démentis fréquents et faciles de la Russie et de la Chine.

Source: http://theconversation.com/cyber-espionage-is-more-difficult-to-pin-to-a-state-than-spying-in-the-physical-world-32977

Attention, si vous soutenez WikiLeaks: toutes vos données finiront publiées, comme celles des Anonymous

wikileaks_humour_anonymous

« Nous sommes Anonymous. Nous sommes Légion. Nous ne sommes personne et nous sommes tout le monde. Et nous sommes ici pour nous battre pour WikiLeaks.

WikiLeaks: Nouvelle publication. Noms, adresses, IPs et numéros de téléphone de tous les Anonymous. Télécharger maintenant.

…Bordel de merde, Julian. »

Source: http://www.zertrin.fr/wp/wp-content/uploads/2010/12/wikileaks.png

Un informateur du FBI, lié à des cyberattaques à l’étranger

Hector Xavier Monsegur a aide le FBI apres son arrestationPhoto: Hector Xavier Montsegur (Sabu) a aidé le FBI après son arrestation

New York Times, par Mark Mazzetti, 23 avril 2014

WASHINGTON – Un informateur travaillant pour le FBI a coordonné une campagne 2012 de centaines de cyberattaques sur des sites internet étrangers, dont certains exploités par les gouvernements de l’Iran, la Syrie, le Brésil et le Pakistan, selon des documents et des interviews avec des personnes impliquées dans les attaques.

Exploitant une vulnérabilité dans un logiciel d’hébergement web populaire, l’informateur a ordonné à au moins un pirate d’extraire de grandes quantités de données – de relevés bancaires jusqu’aux informations de connexion – des serveurs gouvernementaux d’un certain nombre de pays et de le transférer à un serveur contrôlé par le FBI, selon les déclarations de la cour.

Lire la suite: http://mobile.nytimes.com/2014/04/24/world/fbi-informant-is-tied-to-cyberattacks-abroad.html

Médiapart: « La NSA américaine a piraté Orange »

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Posté sur Médiapart

29 décembre 2013 |  Par JeromeHourdeaux

Selon des documents fournis par Edward Snowden, une unité spéciale de hackers de l’agence américaine a introduit un virus dans le réseau informatique d’un consortium de seize sociétés – dont Orange –, gérant le câble sous-marin qui achemine les communications téléphoniques et internet depuis Marseille vers l’Afrique du Nord, les pays du Golfe et l’Asie.

Lire la suite sur Médiapart: http://www.mediapart.fr/journal/international/291213/la-nsa-americaine-pirate-orange

Sondage humoristique: Et si vous pouviez vous réincarner en virus informatique?…

Ce sondage est réalisé pour relaxer l’esprit des lecteurs de ce blog. Nous pensons que sur Wikileaks Actu, votre esprit est souvent sollicité par des articles trop sérieux et pénibles à lire, des articles qui surchauffent dangereusement votre cerveau, c’est pourquoi il est temps de prendre un peu de repos! Vous pouvez choisir 3 réponses maxi par vote.

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Image: Wikimedia

Déclaration de Jeremy Hammond, hacker anarchiste et anti-guerre, condamné à 10 ans de prison dans l’affaire des Stratfor Files

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L’Atelier-médias libres, mardi 19 novembre 2013

Jeremy Hammond est connu pour ses révélations sur l’entreprise de sécurité Stratfor. Ce camarade anarchiste, soutenu par l’Anarchist Black Cross de New York, a été condamné vendredi 15 novembre 2013, aux Etats-Unis, à 10 ans de prison.

Il était inculpé pour plusieurs actes de piratage informatique. Connu sous le pseudonyme d’Anarchaos, il était accusé de s’être introduit illégalement en décembre 2011, avec d’autres, au sein des systèmes d’information de Stratfor, une entreprise américaine spécialisée dans le renseignement. Des informations confidentielles concernant environ 860 000 personnes et 60 000 cartes de crédit furent alors dérobées et 700 000 dollars versés à différentes ONG. Mais une taupe du FBI, Sabu, provoqua son arrestation.

Vendredi 15 novembre, il a pu, avant sa condamnation, lire une déclaration au tribunal. En voici une traduction adaptée de celle publiée sur le blog resistra.espivblogs.net. Les noms de société ont été retirés par son comité de soutien sur ordre du juge.

Bonjour à tous.

Je vous remercie de me laisser de m’exprimer. Mon nom est Jeremy Hammond et je suis ici pour être jugé pour des activités de piratage menées au cours de ma participation à Anonymous. Enfermé ces vingt derniers mois au MCC j’ai eu beaucoup de temps pour réfléchir à mes actes et à apporter une explication.

Avant de commencer, je voudrais prendre un moment afin d’exprimer ma reconnaissance pour le travail accompli par les personnes qui m’ont soutenu. Je tiens à remercier les avocats et toutes les autres personnes qui ont travaillé sur mon procès: Elizabeth Fink, Susan Kellman, Sarah Kunstler, Emily Kunstler, Margaret Kunstler, et Grainne O’Neill. Je tiens également à remercier la National Lawyers Guild, le Comité de Défense Hammond Jeremy et le réseau de soutien, les Anons, le Réseau de solidarité Anonymous, le Black Cross anarchiste, et tous ceux qui m’ont aidé en m’écrivant une lettre de soutien, en m’envoyant des lettres, en assistant aux différentes séances du procès et en parlant de l’affaire autour d’eux. Je voudrais aussi hurler pour tous mes frères et sœurs qui sont derrière les barreaux et pour celles et ceux encore dehors qui combattent toutes les formes de pouvoir.

Les actes de désobéissance civile et d’action directe pour lesquels je suis condamné aujourd’hui sont en accord avec les principes de communauté et d’égalité qui guident ma vie. J’ai piraté des dizaines de sociétés de haut niveau et des institutions gouvernementales, comprenant très clairement que ce que je faisais était contraire à la loi, et que mes actions pourraient m’envoyer dans une prison fédérale. Mais je sentais que j’avais l’obligation d’utiliser mes compétences pour dénoncer et lutter contre cette injustice, et de mettre en lumière la vérité.

Aurais-je pu atteindre les mêmes objectifs par des moyens légaux? J’ai tout essayé, depuis l’appel à signatures de pétitions à l’organisation de manifestations pacifiques, j’ai constaté que les personnes au pouvoir ne veulent pas que la vérité soit révélée. Quand nous exposons la vérité au pouvoir, nous sommes au mieux ignorés et au pire brutalement réprimés. Nous sommes confrontés à une structure de pouvoir qui ne respecte pas son propre système de « mécanisme régulateur », peu lui importent les droits de ses propres citoyens ou de ceux de la communauté internationale.

Mon entrée en politique coïncide avec l’élection présidentielle truquée de 2000 par Georges W. Bush qui profita, après le 11 septembre, de la vague de racisme et de patriotisme pour lancer des guerres impérialistes, sans qu’il y ait eu de provocation, contre l’Irak et l’Afghanistan. J’ai manifesté publiquement croyant naïvement que nos voix seraient entendues à Washington et que nous pourrions arrêter les guerres. Au lieu de cela, nous avons été étiquetés comme traîtres, battus et arrêtés.

Manif de solidarité en juin 2012 à New York

J’ai été arrêté pour de nombreux actes de désobéissance civile commis dans les rues de Chicago et c’est en 2005 que j’ai utilisé mes compétences en informatique pour enfreindre la loi en signe de protestation politique. J’ai été arrêté par le FBI pour piratage du système informatique d’un groupe d’extrême droite pro-guerre appelé « Guerrier militant » (« Protest Warrior »), une organisation qui vendait en ligne des t-shirts racistes et avait harcelé des groupes anti-guerre. J’ai été poursuivi en vertu de la loi sur la fraude informatique, et pour les pertes occasionnées. Dans mon cas, celles-ci ont été calculées arbitrairement en multipliant par 500 $ les données des 5 000 cartes de crédit trouvées dans la base de données de « Guerrier militant »: 2,5 millions de dollars de perte. La condamnation fut calculée sur la base de ces « pertes occasionnées », alors qu’aucune carte ne fut utilisée ou distribuée par moi ou quelqu’un d’autre. J’ai été condamné à deux ans de prison.

En prison, j’ai pu voir la triste réalité et la façon dont le système pénitentiaire détruit la vie de millions de personnes retenues en captivité. Cette expérience conforte mon opposition à toutes les formes de répression du pouvoir, et l’importance de se battre pour ses idéaux.

Sorti de prison j’étais pressé de poursuivre mon engagement dans les luttes pour le changement social. Je ne voulais pas retourner en prison, alors je me suis concentré sur l’organisation des mouvements publics, à visage découvert. Au fil du temps, je me suis senti frustré par les limites de la manifestation pacifique, la considérant comme réformiste et inefficace. L’administration Obama a continué les guerres en Irak et en Afghanistan, a intensifié l’utilisation de drones, et n’a pas réussi à fermer Guantanamo Bay.

À cette époque, je suivais le travail de groupes comme Wikileaks et Anonymous. C’était très stimulant de voir les idées de piratage informatique se concrétiser. J’ai été particulièrement ému par les actions héroïques de Chelsea Manning, qui avait dénoncé les atrocités commises par les forces américaines en Irak et en Afghanistan. Elle a pris un risque personnel énorme pour divulguer cette information – croire que le public avait le droit de savoir et espérer que ses révélations permettraient de mettre fin à ces abus. Il est déchirant d’entendre parler de son traitement cruel en cellule militaire.

J’ai longuement réfléchi sur l’opportunité de reprendre ce chemin. Je devais m’interroger: si Chelsea Manning, depuis le fond cauchemardesque et abyssal de sa prison se battait pour la vérité, pouvais-je en toute conscience l’abandonner? En étais-je capable? J’ai alors pensé que la meilleure façon d’être solidaire était de poursuivre le travail de révélation et de dénonciation de la corruption.

J’ai été attiré par Anonymous, parce que je crois en l’action directe autonome et décentralisée. Anonymous était impliqué dans des opérations de soutien aux soulèvements du printemps arabe, contre la censure et pour la défense de Wikileaks. J’avais beaucoup à leur apporter, en compétences techniques que dans les moyens d’exprimer les idéaux et objectifs. C’était une époque passionnante – la naissance d’un mouvement de contestation numérique, où la définition et les capacités du piratage informatique ont été façonnées.

J’étais particulièrement intéressé par le travail des hackers de LulzSec qui pirataient des cibles importantes et devenaient de plus en plus politiques. À cette époque, j’ai commencé à parler à Sabu, qui était très ouvert sur les piratages informatiques qu’il avait supposément commis et encourageait les pirates à s’unir et à attaquer le gouvernement central et les grandes entreprises sous la bannière d’« Antisec ». Mais très vite après mon entrée dans le groupe, les autres hackers Lulzsec furent arrêtés, me laissant m’introduire dans les systèmes et rédiger des communiqués de presse. Plus tard, j’apprendrais que Sabu avait été la première personne arrêtée et qu’à l’époque où j’étais en contact avec lui, il était un informateur du FBI.

Anonymous fut impliqué, dès le début, dans le mouvement « Occupy Wall Street ». J’étais régulièrement dans les rues dans le cadre d’ « Occupy Chicago » et très heureux de voir qu’un mouvement de masse, dans le monde entier, se levait contre les injustices du capitalisme et le racisme. Très vite les mouvements « Occupy » prirent fin, détruits par la répression policière et les arrestations massives de manifestant-e-s qui furent chassés de leurs propres parcs publics. La répression des Anonymous et des mouvements « Occupy » a donné le ton à « Antisec » dans les mois qui suivirent – la majorité de nos piratages furent alors dirigés contre la police en représailles à l’arrestation de nos camarades.

J’ai ciblé le système judiciaire en raison du racisme et de l’inégalité avec laquelle la loi pénale est appliquée. J’ai ciblé les fabricants et distributeurs d’équipements militaires et les policiers qui utilisent leur armement pour promouvoir les intérêts politiques et économiques américains à l’étranger et réprimer les gens à l’intérieur du pays. J’ai ciblé les entreprises de sécurité informatique parce qu’elles travaillent en secret pour protéger le gouvernement et les intérêts des entreprises, au détriment des droits individuels, sapent et discréditent les militants, les journalistes et autres chercheurs de vérité, et propagent de la désinformation.

Je n’avais même jamais entendu parler de Stratfor [1] jusqu’à ce que Sabu attire mon attention dessus. Sabu encourageait les pirates à envahir les systèmes en les aidant à élaborer des stratégies pour faciliter les attaques. Il m’a même fourni les vulnérabilités existantes des cibles visées par les pirates, donc ce fut une grande surprise quand j’ai appris que Sabu avait travaillé avec le FBI tout ce temps.

Le 4 décembre 2011, Sabu a été approché par un autre hacker qui avait déjà piraté la base de données des cartes de crédit de Stratfor. Sabu, sous l’œil vigilant de ses correspondants gouvernementaux, a alors été introduit au sein du collectif Antisec, invité sur notre forum privé de discussion, où il a fourni, en téléchargement, des liens vers la base de données complète des cartes de crédit ainsi que le point d’accès de la vulnérabilité du système Stratfor.

J’ai effectué de nombreuses recherches sur Stratfor, ses activités et revu toutes les informations que nous possédions ; j’en ai conclu qu’elle était une cible intéressante. J’ai trouvé ironique que les cartes de crédit de la riche et puissante clientèle de Stratfor soient utilisées pour donner de l’argent à des organisations humanitaires, mais mon principal rôle fut de récupérer des boîtes de messagerie privée afin de connaître tous les sales secrets de cette entreprise qui généralement s’y trouvent.

Il m’a fallu plus d’une semaine pour avoir accès au système interne de Stratfor et j’ai finalement fait irruption dans leur serveur de messagerie. La quantité d’informations était si importante qu’il nous fallu plusieurs serveurs pour transférer les mails. Sabu, qui participa à chaque étape de l’opération offrit un serveur fourni et surveillé par le FBI. Au cours des semaines suivantes les mails furent transférés, les cartes de crédit utilisées pour les dons, et les systèmes de Stratfor brouillés et détruits. Pourquoi le FBI nous a fourni le pirate qui a trouvé la vulnérabilité initiale du système et a permis à celui-ci de continuer, demeure un mystère.

À la suite du piratage de Stratfor, certains des dangers de l’industrie de renseignement privé, non réglementée, sont maintenant connus. Ce sont Wikileaks et d’autres journalistes à travers le monde qui ont révélés que Stratfor a maintenu un réseau mondial d’informateurs qui avaient l’habitude de se livrer à des activités de surveillance intrusive et éventuellement illégales au nom de grandes multinationales.

Après Stratfor j’ai pénétré d’autres cibles, en utilisant une puissante « faille zero day » [2] donnant un accès administrateur pour les systèmes exécutant la populaire plateforme d’hébergement Plesk. Sabu m’a demandé à plusieurs reprises de pouvoir accéder à cette faille, ce que je lui ai toujours refusé. Sans son propre accès indépendant, Sabu continua à me fournir des listes de cibles vulnérables. J’ai pénétré de nombreux sites Web qu’il avait fourni, téléchargé les comptes et bases de données e-mail volés sur le serveur FBI de Sabu, et lui remis les mots de passe et les backdoors, ce qui permis à Sabu (et, par extension, à ses correspondants au FBI) ​​de contrôler ces cibles.

Toutes ces intrusions, qui ont été suggérées par Sabu coopérant avec le FBI, touchèrent des milliers de noms de domaine et se composaient en grande partie de sites gouvernementaux étrangers, comme ceux de XXXXXXX, XXXXXXXX, XXXX, XXXXX XXXXX, XXXXXXXX, XXXXXXX et le XXXXXX XXXXXXX. Dans un cas, Sabu et moi-même fournirent les accès aux pirates qui allèrent défacer et détruire de nombreux sites Web du gouvernement XXXXXX. J’ignore comment les autres informations que je lui ai fournies furent utilisées, mais je suis convaincu que la collecte et l’utilisation de ces données par le gouvernement doivent être étudiées.

Le gouvernement célèbre ma condamnation et mon emprisonnement, en espérant fermer la porte sur l’histoire. J’ai reconnu la responsabilité de mes actions, en plaidant coupable, mais quand le gouvernement répondra t-il de ses crimes ?

Julian Assange - Free Jeremy Hammond

Julian Assange en soutien à Jeremy Hammond

L’État américain exagère la menace des pirates informatiques pour justifier les milliards de dollars dépensés dans l’industrie de la cyber sécurité, mais elle est responsable du même comportement que celui qu’elle pourchasse agressivement tout en prétendant faire de la prévention. L’hypocrisie de « la loi et l’ordre » et les injustices causées par le capitalisme ne peuvent pas être résolues par la réforme des institutions, mais par la désobéissance civile et l’action directe. Oui j’ai enfreint la loi, mais je crois que, parfois, les lois doivent être enfreintes pour permettre le changement.

Dans sa citation immortelle, Frederick Douglass déclare: “Le pouvoir ne concède rien qui ne soit exigé. Il ne l’a et ne le fera jamais. Observez simplement à quoi n’importe quel peuple se soumet tranquillement et vous découvrirez la mesure exacte de l’injustice et du mal qui leur sera imposés, et ceux-ci continueront jusqu’à ce qu’il leur soit résisté avec des mots ou avec des coups ou avec les deux. Les limites des tyrans sont prescrites par l’endurance de ceux qu’ils oppriment.”

Cela ne veut pas dire que je n’éprouve aucun regret. Je me rends compte que j’ai publié les renseignements personnels de personnes innocentes, qui n’avaient rien à voir avec les opérations contre les institutions que j’ai visées. Je m’excuse pour la publication de ces données préjudiciable aux individu-e-s, et non pertinentes vis-à-vis de mes objectifs. Je crois au droit des personnes à la vie privée – de la surveillance gouvernementale ou d’individus comme moi – et mesure l’ironie de ma propre implication dans le piétinement du respect de ces droits. Je m’engage à lutter pour faire de ce monde un endroit meilleur pour tous et toutes. Je crois en l’importance de l’hacktivisme comme forme de désobéissance civile mais il est temps pour moi de chercher d’autres formes de résistance pour le changement. Mon emprisonnement a un impact négatif sur les membres de ma famille, mes amis et ma communauté. Je sais que l’on a besoin de moi à la maison, dans ma famille. Il y a 7 ans, je me retrouvais devant un juge fédéral différent faisant face à des accusations similaires mais cela ne diminue en rien ma sincérité d’aujourd’hui.

Cela a été dur pour moi d’écrire ce texte, d’expliquer mes actions, sachant qu’en le faisant– de façon honnête – il m’en coûterait plus d’années. Je suis conscient que je risque jusqu’à 10 ans de prison, mais j’espère ne pas en arriver là, car je crois qu’il reste encore beaucoup de choses à faire.

RESTEZ FORT-E-S ET CONTINUEZ LA LUTTE

P.-S.

Pour écrire à Jeremy :

Jeremy Hammond #18729-424
Metropolitan Correctional Center
150 Park Row
New York, New York 10007
États-Unis.

Le site de son comité de soutien liste également une série de détenus, politiques ou non, antifas, anarchistes, queers, trans, hacktivistes, avec lesquels Jeremy se solidarise.

Notes

[1] NdT: sur cette affaire, voir l’article d’Owni.

[2] NdT: une faille zero day est une faille informatique qui n’est pas encore connue des fabricant-e-s (normalement) et des utilisateurs et utilisatrices.

Source: http://atelier.mediaslibres.org/Declaration-de-Jeremy-Hammond.html#forum1295

Anonymous #NOV5TH2013 – « Le lion ne dort plus »

« Le lion ne dort plus », vidéo postée par Anonymous le 28 juin 2013

Message de la vidéo:

Greetings world
[Salutations au monde]
We are Anonymous We are the people
[Nous sommes Anonymous Nous sommes le peuple]
Governments of the world, take this as your last will and testament
[Gouvernements du monde, prenez ce message comme votre dernière volonté et testament]
The game is officially over
[Le jeu est officiellement terminé]
Social media has given birth to something new
[Les médias sociaux ont donné naissance à quelque chose de nouveau]
Now its time to set the record straight
[Maintenant, il est temps de remettre les pendules à l’heure]
This video was intended as that spark that gets delivered straight into the hearts and minds of the world
[Cette vidéo a été conçue comme cette étincelle qui soit délivrée droit aux coeurs et aux esprits du monde]
This video is an idea, a shared idea, so listen very carefully
[Cette vidéo est une idée, une idée partagée, alors écoutez très attentivement]
And make sure you are sitting down
[Et assurez-vous d’être bien assis]
On the 5th of November 2013, Anonymous calls for a GLOBAL day of civil dosobedience
[Le 5 Novembre 2013, Anonymous appelle à un jour MONDIAL de désobéissance civile]
This time we target all government facilities across the globe, calling on all free thinkers
[Cette fois, nous ciblons toutes les installations des gouvernements à travers le monde, en appelant tous les libres penseurs]
The time for global civil disobedience is now
[Le temps de la désobéissance civile mondiale est venu]
This time it seems that Unions from around the world are also supporting this action
[Cette fois, il semble que les Unions à travers le monde soutiennent aussi cette action]

THE LION SLEEPS NO MORE
[LE LION NE DORT PLUS]
Ask yourself « Where will you be, when we make history? »
[Posez-vous la question « Où serez-vous, quand nous écrirons l’histoire? »]
November 5th 2013, worldwide
[Le 5 Novembre 2013, partout dans le monde]
Now it’s a Vendetta, now it’s personal, now it’s time to occupy everywhere
[Maintenant c’est une Vendetta, maintenant c’est personnel, maintenant c’est le moment d’occuper partout]
It’s time to throw everything we have at November 5th
[C’est le moment de jeter tout ce que nous avons pour le 5 Novembre]
It’s time to re-light the flame of protest till our demands are met
[C’est le moment de faire revivre la flamme de la protestation jusqu’à ce que nos demandes soient satisfaites]
Now it’s time for our brothers and sisters of the awakening to take to the streets
[Le moment est venu maintenant pour nos frères et nos soeurs du réveil de prendre les rues]
Austerity means WAR
[L’austérité signifie la GUERRE]

Here’s to the dreamers, the ones who stand for human freedom
[Voici pour les rêveurs, ceux qui défendent la liberté humaine]
The Occupiers, the ones who change things
[Les militants Occupy, ceux qui changent les choses]

It’s about solidarity, but more than that, it’s about the people
[Il s’agit de solidarité, mais plus que ça, il s’agit des gens]
The people we can help, the people we meet, the people of this once great nation standing together for a common goal
[Les gens que nous pouvons aider, les gens que nous rencontrons, les gens de cette nation qui fut grande et qui se rejoignent dans un but commun]
Concerned by numerous ecological and social problems, we stand united
[Concernés par de nombreux problèmes sociaux et écologiques, nous sommes unis]
As long as there are young and idealistic people out there who share the ideas of ultimate human freedom
[Tant qu’il y aura dehors des jeunes gens idéalistes qui partagent les idées de la liberté ultime de l’homme]
There will always be hope for the world
[Il y aura toujours un espoir pour le monde]

We are Anonymous
[Nous sommes Anonymous]
We are Legion
[Nous sommes Légion]
We do not Forgive
[Nous ne pardonnons pas]
We do Not Forget
[Nous n’oublions pas]
On November 5th 2013
[Le 5 Novembre 2013]
EXPECT US!
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Le 5 Novembre 2013, la nuit aux 1 million de masques

L’Assemblée du Peuple: Message d’Anonymous (avec John Reese, historien, écrivain et penseur de gauche, qui s’est exprimé lors de l’assemblée dans un discours contre l’austérité et qui a appelé à mener des actions le 5 Novembre)

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